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Full text of "Eneas, texte critique, publié par Jacques Salverda de Grave"

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BIBLIOTHECA  NORMANNICA. 


I 


BIBLiOTHECA  NORMANNICA. 

Denkmàler 
Normannischer  Literatur  und  Sprache 

herauagegeben 


Hermann  Suchier. 


Die  Normannen  —  durch  ihre  An- 
schauungen,  Sitten  und ganze  Cultur 
die  ersten  Repràsentanten  des  Ritter- 
thums. 

Ten  Brink,  Gesck.  d.  Engl.  Ut.  S.  161. 


IV. 

ENE  AS. 


HALLE. 
MAX  NIEMEYER. 

1891. 


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E  N  E  A  s 


Texte  critique 


pnblié 


par 

Jacques  Salverda  de  Grave 

docteur  es  lettres 
de  l'Université  de  Groningue. 


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IV'  I  a4- 


HALLE. 

MAX  NIEMEYEB 

1891. 

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A  MES  CHERS  MAITOES 

GASTON    PARIS 

ET 

A.-G.  VAN  HAMEL. 


Avant -Propos. 

Lorsque,  il  y  a  près  de  trois  ans,  je  publiai  ma  thèse  ,  In- 
troduction à  une  édition  critique  du  Roman  d'Enéas",  je  saisis 
l'occasion  pour  remercier  tous  ceux  qui,  d'une  manière  ou 
d'autre,  avaient  facilité  mes  recherches  sur  l'Énéas,  en  premier 
lieu  mes  chers  maîtres  MM.  A.-6.  van  Hamel,  Gaston  Paris, 
Paul  Meyer,  Fritz  Neumann.  Qu'on  me  permette  d'ajouter  à 
ces  noms  celui  d'un  savant  dont  je  serai  pour  toujours  l'obligé. 
M.  Hermann  Suchier  ne  s'est  pas  contenté  d'abriter  ma  publi- 
cation dans  sa  „Bibliotheca  Normannica",  il  a  encore  eu  l'ex- 
trême bonté  de  revoir  les  feuilles,  à  mesure  qu'elles  s'impri- 
maient, et  de  faire  profiter  mon  travail  de  ses  vastes  connais- 
sances de  l'ancienne  langue. 

En  dehors  de  ma  thèse,  l'Énéas  a  été  traité  dans  r„Hi8toire 
littéraire  de  la  France"  XIX  671  (A.  Duval);  dans  r„ Essai  sur  le 
Roman  d'Énéas"  par  M.  Alexandre  Pey  (Paris  1856),  où  l'on  trouve 
un  aperçu  du  poème  avec  de  nombreux  extraits  du  manuscrit 
G;  dans  le  volume  II  p.  1  suiv.  du  ,Jahrbuch  fUr  Romanische 
und  Englische  Literatur"  (c'est  encore  M.  Pey  qui,  à  cet  endroit, 
compare  entre  eux  le  poème  français  et  la  traduction  qu'en 
a  faite  Henri  de  Veldeke);  et  dans  l'Introduction  à  l'édition 
critique  de  l'Eneit  de  Veldeke  par  M.  Behaghel. 

J'aurais  voulu  ajouter  à  mon  Introduction  un  chapitre  sur 
l'histoire  ultérieure  de  l'Énéas,  sur  l'influence  qu'il  a  exercée  sur 
la  poésie  du  moyen  âge.  Malheureusement,  je  manque  ici  des 
livres   indispensables  à  une  pareille   recherche  et  je  me  vois 


vni 


donc  réduit  à  remettre  à  plus  tard  ce  travail  attrayant.  Pour 
le  moment,  on  se  contentera  facilement  de  la  belle  Introduction 
de  M.  Behaghel,  quant  à  l'influence  de  l'Énéas  sur  la  poésie 
allemande.  On  trouvera  dans  l'édition  de  l'Eneydos  de  Caxton 
par  M.  Furnivall  (Old  English  Texts),  quelques  pages  de  ma 
main  sur  les  rapports  entre  l'Énéas  et  le  roman  en  prose 
,Eneydos%  l'original  de  Caxton. 

Septembre  1891,  Loo  (Hollande). 

J.  J.  Salverda  de  Grave. 


INTRODUCTION. 


Bibliotheca  Normaimica.  IV. 


Chapitre  I. 

Les   Manuscrits. 

Je  connais  du  Roman  d'Énéas  les  manuscrits  suivants: 

A  Bibl.  Laurentienne  à  Florence.  Plut.  XLI.  cod.  44 
C'est  un  petit  manuscrit,  datant  de  la  fin  du  Xlle  s.  ou  du  com- 
mencement du  XlIIe.  Il  compte  60  feuillets  à  deux  colonnes, 
de  42  vers  chacune.  Le  manuscrit,  qui  ne  contient  que  le 
Roman  d'Énéas,  est  mentionné  par  M.  Paul  Heyse,  dans  ses 
„Romanisclie  Inedita  auf  Italiânischen  Bibliotheken  (1856)",  où 
il  en  publie  quelques  centaines  de  vers  (V.  p.  31  suiv.).  A  la  fin 
du  poème  se  trouvent  en  écriture  courante  les  phrases  sui- 
vantes: flper  vos  donna  vallenz  cheu  non  aus  dir  ni  non  pos 
dir  a  vos  ma  desiranza  . . .  en  am  plus  vos  de  bon  cor  lial- 
menz  che  Cliges  non  ama  Fenices  verament  ne  Floire  Blanca- 
flor  ne  Alixandre  Soredamors  .  . . 

B  British  Muséum,  Add.  14100.  Voyez  la  description  très 
détaillée  et  très  exacte  dans  le  „  Catalogue  of  Romances  in  the 
Department  of  mss.  at  the  British  Muséum,  by  H.  L.  D.  Ward", 
Vol.  I  p.  82.  Le  manuscrit  est  complet,  sauf,  à  la  fin  du  poème 
depuis  le  vers  10035,  une  lacune,  provenant  d'un  feuillet 
perdu. 

C  Spalding,  Lincolnshire,  ayant  appartenu  à  feu  le  Ré- 
vérend Edw.  Moore.  Voir  sur  ce  manuscrit  la  note  de  M.  Paul 
Meyer,  dans  la  Romania  V  p.  2.  Le  Roman  d'Énéas  y  occupe 
les  feuillets  106-164  (ro.  col.  II). 

D  Bibl.  Nat.,  f  fr.  60.  Fin  du  XlVe  s.  Voir  la  description 
chez  Paulin  Paris,  „Les  manuscrits  frauçois  de  la  Bibliothèque 
du  Roi"  T.  I  p.  67 — 72,  et  chez  M.  Joly,  dans  son  édition  du 
Roman  de  Troie  p.  3.  Le  manuscrit  contient  le  Roman  de 
Thèbes,  le  Roman   de  Troie  et  le  Roman  d'Énéas  (depuis  le 


IV  INTRODUCTION 

feuillet  148  r").  Le  copiste  a  divisé  le  texte  en  sept  chapitres, 
au  début  desquels  se  trouve  une  miniature  et  qui  chaque 
fois  sont  précédés  d'un  résumé  de  leur  contenu  (aux  vers:  1, 
3771,  4559,  5053,  5775,  6229,  9309,  9631). 

Au  vers  9997  le  manuscrit  abandonne  le  texte  des  autres 
et  présente  une  fin  du  poème  tout  à  fait  différente,  que  nous 
donnons  comme  appendice,  à  la  suite  de  notre  édition. 

E  Bibl.  Nat.,  f.  fr.  12603.  ^  XlVe  s.  (cf.  Leroux  de  Lincy, 
Roman  de  Brut  p.  V,  qui  le  met  au  XlIIe  s.).  Le  Roman  d'Énéas 
s'y  trouve  en  entier,  sauf  deux  lacunes  considérables,  qui  pro- 
viennent de  feuillets  perdus,  et  qui  vont,  la  première  du  commen- 
cement jusqu'au  vers  1769,  la  seconde  du  vers  3565  au 
vers  5954.  Notre  roman  y  est  soudé  au  Roman  de  Brut;  après 
le  vers  10130  E  abandonne  la  leçon  des  autres  manuscrits,  qui, 
dans  les  derniers  vers  du  poème,  parlent  des  successeurs 
d'Énéas  jusqu'à  Romulus.  Voici  la  transition  que  fait  E  au 
Roman  de  Brut  après  le  vers  10130: 

Apres  gaires  ne  demora, 

Li  rois  du  siècle  trespassa. 

Et  la  terre  ot  toute  Eneas, 

S'ot  a  mouUier  Lavinias. 

Puisqu'Eneas  Lavine  ot  prise, 

Et  la  terre  toute  conquise,  etc. 

où  il  a  repris  le  vers  67  du  Brut: 

Puisqu'Eneas  Lavine  ot  prise 
Et  toute  la  terre  conquise  etc. 

F  Bibl.  Nat,  f.  fr.  1416.  XlIIe  s.  (l'an  1252  y  est  nommé). 
Voyez  Leroux  de  Lincy,  Roman  de  Brut  p.  LXIIL  Picard. 
Le  Roman  d'Énéas  précède  le  Roman  de  Brut. 

G  Bibl.  Nat.,  f.  fr.  1450.  Voir  la  description  du  manuscrit 
chez  Leroux  de  Lincy,  Roman  de  Brut,  p.  XVIII,  et  dans 
l'édition  de  Cligés  par  M.  Foerster,  p.  XXIX  (,XIIIe  g.  Stark 
geânderter  und  interpolirter  Text,  pikardisch").  Le  Roman 
d'Énéas  y  occupe  les  feuillets  83—112  et  précède  le  Roman 
de  Brut. 

H  Bibliothèque  de  l'École  de  Médecine  à  Montpellier, 
No.  251.  Milieu  XlIIe  s.  V.  Joly,  1.  cit.  p.  6  (à  cause  d'une  co- 
quille sans  doute  le  manuscrit  y  est  placé  au  XVe  s.).     Le 


LES  MANUSCRITS  V 

Koman  de  Troie  y  occupe  les  feuillets  1 — 147  v.,  le  Roman 
d'Énéas  fo.  147  v.  — 207  v.,  le  Roman  de  Brut  207  v.— 242  v. 
(fin  du  volume).  Les  pages  sont  à  deux  colonnes  de  40  vers. 
Dans  le  texte  du  Roman  de  Troie  seul  il  y  a  des  têtes  de 
chapitre. 

I  Bibl.  Nat.,  f.  fr.  784.  Voir  Paulin  Paris  „Les  manuscrits 
françois  de  la  Bibliothèque  du  Roi"  T.  VI  p.  163  et  M.  Joly, 
,1e  Roman  de  Troie",  p.  4.  Note  (Comparez  Constans,  La 
Légende  d'Oedipe,  p.  160  et  161).  Le  manuscrit  contient 
le  Roman  de  Thèbes  et  l'Enéas.  Celui-ci  y  est  complet,  sauf 
une  lacune,  provenant  de  neuf  feuillets  perdus,  qui  va  du 
vers  8335  au  vers  9993.  Le  manuscrit  date  de  la  fin  du  XlIIe  s. 
ou  du  commencement  du  XlVe  s.  (Comparez  Romania  X. 
p.  272). 

En  résumé:  il  existe  du  Roman  d'Enéas  neuf  manuscrits, 
dont  le  plus  ancien  (A)  est  de  la  fin  du  Xlle  s.;  dans  trois  de 
ces  manuscrits  le  Roman  se  trouve  accompagné  du  Roman 
de  Brut  (HFE;  dans  E  il  ne  forme  qu'un  seul  poème  avec  le 
Brut);  dans  H  et  dans  D  il  fait  suite  au  Roman  de  Troie, 
dans  I  C  et  D  il  est  associé  au  Roman  de  Thèbes;  dans  AB 
enfin  ne  se  trouve  que  le  Roman  d'Énéas. 


Tâchons  de  trouver  les  rapports  qui  existent  entre  nos 
manuscrits. 

AB  A,  le  plus  ancien  de  ces  manuscrits,  se  trouve  dans 
un  rapport  intime  avec  B.  Cette  relation  est  prouvée  surtout 
par  les  vers  2567  et  2568,  qui,  étant  placés  dans  A  après  le 
vers  2576  (faute  que  A  a  corrigée  par  des  jsignes  à  la  marge) 
se  trouvent  au  même  endroit  dans  B,  sans  qu'ici  on  ait  re- 
dressé l'en-eur.  Il  est  possible  que  B  soit  une  copie  directe 
de  A;  alors  la  correction  dans  A  doit  être  d'une  main  posté- 
rieure; dans  tous  les  cas,  je  me  crois  autorisé  à  considérer  A 
comme  représentant  de  la  famille  x  que  j'accepte  pour  AB.  Je 
ne  crois  pas  qu'il  soit  nécessaire  de  prendre  toutes  les  variantes 
dans  B:  les  différences  que  m'a  montrées  une  comparaison 
minutieuse  des  deux  manuscrits  ne  sont  d'aucune  importance. 

Les  deux  manuscrits  ont  en  commun  une  lacune  assez 
importante  (vss.  3021—3105);  l'épisode  des  , tables  mangées". 


VI  INTRODUCTION 

qui  se  trouve  raconté  dans  ces  vers,  fait  par  conséquent  défaut 
dans  AB,  qui  le  remplacent  par  huit  vers. 

HI  Le  rapport  entre  ces  deux  manuscrits  est  également 
très  intime;  ils  ont  en  commun,  outre  des  fautes,  des  inter- 
polations et  de  nombreuses  lacunes.  Citons  une  faute  pro- 
bante: au  vers  3761  tous  les  deux  lisent:  „AschaniU8  a  son 
cerf  pris*  et  pour  faire  concorder  ce  changement  avec  les 
vers  qui  suivent,  ils  ont,  tous  les  deux,  altérés  les  vers  3766 
et  3767. 

A  quelques  rares  endroits  ils  suivent  des  leçons  de  manu- 
scrits différents;  ainsi  aux  vers  302,  6550,  6840. 

Lès  nombreuses  lacunes  que  présentent  HI,  ont  une  parti- 
cularité que  je  veux  relever.  Très  souvent  quand  l'original  a 
une  leçon  peu  usitée,  ils  omettent  tout  simplement  les  vers 
où  se  trouve  la  difficulté,  tandis  que  z  les  altère,  mais  les 
garde  du  moins.  Cp.  les  vers  3547,  7455,  7671,  8215,  9139. 
Dans  les  grandes  descriptions,  où  il  se  trouve  naturellement 
beaucoup  de  mots  techniques,  les  lacunes  sont  également  fort 
nombreuses,  en  vertu  de  ce  système  d'abstention  dans  le  doute. 

Nous  admettons  donc  pour  HI  une  source  commune  z'. 

EF  Le  rapport  entre  ces  deux  manuscrits  est  attesté  par 
les  vers  suivants:  6274,  6741,  6742  et  9948,  et  par  les  inter- 
calations  après  les  vers  2144,  8900,  10052, 

Nous  acceptons  pour  EF  une  source  commune  z. 

z(j!  La  relation  qui  existe  entre  G  et  z  ressort  des  vers 
suivants:  2441,  6055  et  6056,  6650,  7174,  7709  suiv. 

Pourtant  G  paraît  avoir  consulté  HI.  Voyez  au  vers  7224. 
Mais  j'ose  pourtant  affirmer  qu'il  tient  de  plus  près  à  la  fa- 
mille z. 

Nous  nommerons  l'original  de  2G  y'. 

z' y'  Le  rapport  de  HI  d'un  côté  et  GEF  de  l'autre  est 
attesté  par  les  vers  suivants:  5795  et  5796,  6159,  6438, 
6489  suiv.,  6617,  6650,  6667,  7434.  Ensuite  par  les  interpola- 
tions après  les  vers  6194,  6290,  6374,  7022,  7171,  7204. 

Mentionnons  encore  quelques  vers  où,  a:D  ayant  la  meil- 
leure leçon,  HI  et  GEF  changent  de  façons  différentes,  mais 
où  se  montre  pourtant  leur  rapport:  1584,  2033  suiv.,  5943  et 
5944,  7394. 


LES  MANUSCRITS  VII 

D  Quelle  place,  dans  la  classification,  faut -il  donner  au 
manuscrit  D  ?  Avec  x  il  n'a  pas  de  faute  commune  i)  ;  avec 
?/  il  en  a  quelques-unes.  Au  vers  1639  il  a  fallu  accepter  la 
leçon  de  A,  parce  qu'il  est  probable  que  c'est  elle  qui  repré- 
sente la  bonne  leçon.  En  effet,  on  ne  comprendrait  pas  pour- 
quoi A  eût  remplacé  une  rime  très  ordinaire  par  une  rime  inu- 
sitée. Remarquons  cependant  que  cette  faute  est  peu  probante, 
parce  que  le  changement  s'offrait  de  lui-même.  —  Au  vers  1584 
la  faute  de  DG  (HI  changent  d'une  façon  différente)  semble 
avoir  été  occasionnée  par  le  mot  à  la  rime:  contor,  qui, 
peut-être,  semblait  étrange  aux  copistes  de  ces  manuscrits. 
Ce  vers  1584  nous  montre  encore  que  D  se  place  plus  prés 
de  GEF  que  de  HI.  Enfin  les  vers  7671  et  7672  achèvent  de 
montrer  la  relation  de  GEFD  (HI  omettent  ces  vers). 

Restent  quelques  interpolations  de  GFD  (E  manque  en- 
core dans  cette  partie  de  l'Énéas),  entre  les  vers  470 — 471 
514—515,  544-545,  700—701,  722—723,  826—827.  Sans 
nous  prononcer  encore  sur  la  question  si,  d'après  la  classi- 
fication, ces  vers  doivent  être  acceptés  ou  non  dans  le  texte, 
faisons  remarquer  que  leur  contenu  les  rend  fort  suspects. 
Non  seulement  ils  interrompent  la  marche  du  récit,  mais  il  s'y 
ti'ouve  en  outre  de  nombreuses  répétitions  et  bien  des  contra- 
dictions. Ainsi  il  y  est  que  Didon  se  trouve  devant  le  temple, 
et  on  y  raconte  comment  elle  est  vêtue:  or,  là  où  les  autres 
manuscrits  reprennent,  on  retrouve,  dans  un  rapport  plus  logi- 
que (les  messagers  d'Énée  arrivent  et  la  voient)  cette  mention 
de  Didon,  qui  se  trouve  devant  le  temple;  évidemment,  la 
première  fois,  elle  est  de  trop.  Tandis  que  tous  les  autres 
manuscrits  disent  qu'Énée  se  prépare  à  aller  à  Carthage  et 
s'apareilla  bien  de  dras  et  monta  en  un  palefrei  (au  vers  700), 
DGF  intercalent  entre  ces  deux  vers  une  description  détaillée 
de  la  personne  et  du  costume  d'Énée"^). 


')  A  moins  qu'on  ne  veuille  regarder  comme  telle  le  mot  venu  an 
vers  3S98,  qui  se  trouve  dans  AD,  mais  qui,  dans  D,  a  été  exponctué  et 
remplacé  par  meii.  Il  se  pourrait  bien  qu'il  n'y  eût  là  qu'un  simple  lapstis 
calami. 

2)  M.  Behaghel,  dans  son  Édition  de  l'Eneit  de  Veldeke,  a  déjà  fait 
remarquer  que  ce  passage,  qui  ne  se  trouve  pas  dans  son  auteur,  est 
nganz  unmotivirt  und  zwecklos". 


vin  INTRODUCTION 

N'oublions  pas  un  certain  nombre  de  passages  où  D  montre 
un  rapport  assez  intime  avec  F.  C'est  aux  vers  249,  339  et 
340,  404,  946,  8574. 

Nous  voici  en  face  d'une  difficulté  presque  inextricable. 
D'une  part  il  est  bien  certain  que  GEF  et  HI  remontent  à  une 
même  famille  ;  d'autre  part  ces  mêmes  manuscrits  GEF  offrent 
des  rapports  fréquents  avec  D.  Il  est  impossible  de  ramener 
D  à  la  famille  y,  car  alors  les  fautes  de  ij  devaient  s'y  trouver 
aussi;  il  est  également  impossible  de  le  faire  remonter  à  une 
seule  famille  avec  GEF  (car  il  faut  bien  que  GEF  soit  membre 
de  y  ou  qu'elle  ne  le  soit  pas;  elle  ne  peut  pas  dériver  en 
même  temps  de  y  et  d'une  autre  famille). 

Remarquons  que  D,  bien  que  postérieur  en  date  aux  autres 
manuscrits,  n'a  que  relativement  peu  de  fautes.  Dans  la  de- 
scription du  tombeau  de  Camille,  par  exemple,  il  se  concorde 
presque  toujours  avec  A,  tandis  que  GEF  donnent  parfois  des 
remaniements  fantaisistes.  Pour  la  constitution  du  texte  il  est 
d'une  importance  très  réelle:  le  plus  souvent  la  concordance 
entre  A  et  D  sufjfit  pour  montrer  la  bonne  leçon. 

On  se  demande,  en  face  de  ces  faits,  s'il  ne  faut  pas  faire 
remonter  D  à  une  famille  à  part,  tout  en  admettant  qu'il  a 
connu  GEF,  ou  du  moins  un  d'entre  eux;  ce  sera  alors  F  (à 
cause  des  passages  où  c'est  avec  ce  manuscrit  seul  qu'il 
s'accorde)  et  il  faudra  donc  supposer  que  ces  fautes  et  ces 
interpolations  se  soient  glissées  dans  D  par  l'intermédiaire 
de  F. 

Le  manuscrit  D  soulève  encore  une  question,  difficile  à 
résoudre.  Dans  la  première  partie  de  l'Enéas  et  vers  la  fin 
du  poème,  il  fournit,  à  plusieurs  endroits,  une  version  tout-à- 
fait  différente  de  celle  des  autres  manuscrits,  et,  ce  qui  est 
assez  curieux,  on  constate  que  ces  changements  tendent  à 
rapprocher  le  Roman  d'Énéas  de  son  original  latin.  Ainsi  il 
a  au  vers  55  la  leçon:  „Enz  en  son  col  porta  son  père".  Puis, 
le  récit  du  jugement  de  Paris,  qui  ne  se  trouve  pas  dans 
l'Enéide,  ne  se  trouve  pas  non  plus  dans  D,  et  l'épisode  de 
Vénus  et  d'Ascagne  y  est  complètement  différent  et  plus  rap- 
proché du  latin:  on  sait  que,  dans  l'Enéide,  Vénus  fait  occuper 
par  Cupidon  la  place  d'Ascagne  auprès  de  Didon  ;  or,  tous  les 
manuscrits,  sauf  D,  représentent  Vénus  comme  donnant  à  As- 


LES  MANUSCRITS  IX 

cagne  lui-même  le  pouvoir  de  Cupidon;   D,  au  contraire,   suit 
le  récit  latin  d'un  bout  à  l'autre  (v.  la  note  du  vers  764). 

Quoi  de  plus  naturel  que  de  croire  que,  de  tous  les  manus- 
crits, D  remonte  le  plus  près  de  l'original?  Ce  n'aurait  donc 
été  que  plus  tard  que  ces  détails  avaient  été  altérés.  On  pour- 
rait même  admettre,  au  besoin,  que  l'auteur  eût  lui-même  ré- 
digé des  versions  différentes  de  sa  traduction,  ainsi  que  cela 
a  été  prouvé  pour  Wace  par  M.  Gaston  Paris.  Pourtant  il 
me  semble  qu'il  n'en  est  pas  ainsi.  En  effet,  n'oublions  pas 
que  ce  ne  sont  pas  là  les  seuls  passages  où  D  diffère  des 
autres  manuscrits,  que,  notamment  vers  la  fin  du  poème,  il 
introduit  un  changement  complet.  Quelle  raison  aurions -nous 
de  séparer  ce  remaniement-là  des  autres  passages  où  D  diffère 
des  autres  manuscrits  et  de  ne  pas  les  attribuer  à  la  même 
main?  Et  pourtant  ce  n'est  qu'en  les  séparant  qu'on  pourrait 
considérer  les  passages  dans  la  première  partie  du  poème 
comme  authentiques  et  ceux  de  la  fin  comme  postiches;  s'ils 
sont  dûs  au  même  copiste  il  faudrait  les  rejeter  ou  les  ac- 
cepter ensemble.  Or,  pour  les  altérations  de  la  fin,  cela  est 
inadmissible  ;  pour  s'en  convaincre,  on  n'a  qu'à  les  lire  (v.  l'Ap- 
pendice). 

C  Comme  pour  B,  je  me  crois  autorisé  à  ne  pas  prendre 
en  considération  les  variantes  de  C,  pour  la  constitution  du 
texte.  Voici  pourquoi.  D'abord,  il  ne  nous  apprend  rien  sur 
l'authenticité  de  vers  que  ne  donne  qu'une  partie  des  manus- 
crits, car,  comme  nous  allons  voir,  il  représente,  en  même 
temps,  des  versions  de  familles  différentes,  et  il  est  évident 
qu'il  s'est  complété,  d'une  manière  assez  maladroite,  par  un 
manuscrit   d'une   autre   famille  que  celle  de  laquelle  il  relève. 

Nous  avons  déjà  dit  que,  dans  la  première  partie  du 
Roman,  D  suit  souvent  une  version  différente  des  autres  ma- 
nuscrits. Eh  bien,  C  donne  la  même  version  que  D,  mais,  à 
côté  d'elle,  il  montre  celle  de  x  et  des  autres:  il  lui  arrive 
donc  de  raconter  les  mêmes  choses  deux  fois.  Déjà  dans  les 
premiers  vers  nous  en  voyons  un  exemple  curieux  :  au  vers  25 
commence  une  description  de  Troie,  qui  va  jusqu'au  vers  38. 
Le  manuscrit  C  la  donne  d'abord  d'après  la  version  de  D, 
puis   il  reprend  la  description,  mais  cette  fois  en  suivant  de 


X  INTRODUCTION 

près  les  autres  manuscrits.  De  même  on  y  trouve  deux  fois 
le  vers:  Ja  vendeit  on  le  vair,  le  gris'^,  d'abord  au  vers  450 
(donc  dans  le  même  rapport  que  A  et  les  autres,  sauf  D),  puis 
dans  l'interpolation  que  D  intercale  après  448,  et  qu'il  inter- 
cale après  le  vers  514.  Mais  l'exemple  le  plus  curieux  se 
trouve  au  vers  561.  Quand  les  messagers  d'Enée  viennent 
auprès  de  Didon,  Dx  lisent: 
Ilioneus  parla  premiers 

li  plus  sages  des  mesagiers  (x:  ki  fu  plus  sages  et  plus  fiers) 
tandis  que  y  a  les  vers: 

Ilioneus  parla  por  toz 

ki  m  oit  esteit  sages  et  proz. 
I  nous  donne  la  leçon  suivante: 

Ilioneus  parla  premiers, 

li  plus  sages  des  mesagiers; 

il  a  parlé  por  els  trestoz, 

ki  molt  estéit  sages  et  proz. 
Puis  il  donne  le  discours  d'Ilioneus  d'après  la  version  de 
AGHFI.    Mais,  à  la  fin  du  discours,  au  vers  599,  il  le  donne 
une  seconde  fois  d'après  la  version  de  D.    Ainsi: 
597     et  ses  nés  alkes  redreciez 

que  la  tormente  a  dépeciez. 

Ulioneus  esteit  molt  sage, 

molt  par  li  dist  bien  son  message: 

„Dame",  fait  il,  „a  ceste  rive  etc." 
où  il   a  repris   la  version   de   D.     Le   discours   de  Didon  s'y 
trouve  également  deux  fois. 

Il  est  assez  rare  qu'on  puisse  attraper  un  copiste  en 
flagrant  délit  de  combinaison.  Dans  tous  les  cas,  on  admettra 
facilement  que  le  manuscrit  C  ne  mérite  pas  d'être  pris  en 
considération  où  il  s'agit  de  savoir  si  tels  vers  sont  authen- 
tiques ou  bien  s'ils  ont  été  interpolés. 

J'ai  collationné  E  avec  les  autres  manuscrits  depuis  le 
commencement  jusqu'au  vers  2145,  et  ensuite  pour  les  passages 
où  sont  décrits  les  tombeaux  de  Pallas  et  de  Camille,  deux 
passages  où  il  se  trouve  beaucoup  de  mots  techniques  et  diffi- 
ciles et  qui  montrent  clairement  le  rapport  des  différents  ma- 
nuscrits. Voici  ce  que  j'ai  trouvé.  Avant  la  vers  2145  là  où 
il  ne  suit  pas  complètement  D  (aux  passages  dont  nous  avons 


LES  MANUSCRITS  XI 

parlé)  ils  se  tient  tout  près  de  A.  Seulement  il  est  excessive- 
ment difficile  de  prouver  qu'il  se  trouve  dans  un  rapport  intime 
avec  A,  car,  pour  cela  il  faudrait  trouver  des  fautes  communes; 
or  A  a  peu  de  fautes  évidentes.  Aux  descriptions  des  tombeaux 
il  suit  également  A  de  très  près  et  j'ai  réussi  à  trouver  une 
faute  commune  aux  deux  manuscrits.  Au  vers  8475  j/D  lisent: 
Amors  t'a  pointe  (D  tainte)  (Le  vers  précédent  est:  ,4es  vis  en 
est  pales  et  teinz^'').  AC  lisent:  ,,Fille,  tu  aimes''':  Ce  vers  se 
retrouve  quelques  vers  plus  haut,  et  ne  va  évidemment  pas  aussi 
bien  dans  ce  rapport  que  celui  de  yD.  C  appartient  donc  à  la 
famille  a-,  et  s'est  complété  par  D  (ce  qui  explique  les  quelques 
vers,  dans  la  description  des  tombeaux,  où  il  se  range  auprès 
de  D  et  s'écarte  de  A),  Étant  de  beaucoup  postérieur  à  A, 
offrant  une  compilation  évidente  de  leçons  de  familles  diffé- 
rentes, C  peut  être  négligé,  à  notre  avis,  pour  la  constitution 
du  texte,  d'autant  plus  que  nous  avons  dans  A  un  type  ex- 
cellent de  la  famille  dont  C  provient. 

Il  nous  reste  à  mentionner  une  particularité  de  notre  ma- 
nuscrit, qui  consiste  à  omettre  les  endroits  inconvenants;  les 
accusations  de  la  mère  de  Lavinie  contre  Enée  (aux  vers 
8565 — 8613),  que  répète  Lavinie  elle-même  (aux  vers  9130 — 
9171),  ne  se  trouvent  pas  dans  I;  il  paraît  que  le  copiste  a 
trouvé  ces  passages  dans  le  manuscrit  qu'il  copiait,  car  il 
leur  a  réservé  une  place,  en  laissant  quelques  colonnes  en 
blanc. 

Enfin,  le  copiste,  ou  un  de  ses  prédécesseurs,  a  tâché  de 
subvenir  à  une  prétendue  lacune.  Il  s'agit  de  l'histoire  connue 
des  tables  mangées.  A  peine  arrivés  en  Italie,  les  Troyens 
prennent  leur  repas,  en  se  servant  de  pain  au  lieu  de  plats, 
et  Ascagne  dit:  ,,nous  mangeons  nos  tables".  A  ce  mot  Enée 
s'écrie  qu'il  est  convaincu  d'avoir  trouvé  à  présent  le  pays 
qu'il  cherchait;  son  père  lui  avait  dit  que,  quand  ils  mange- 
raient leurs  plats,  ils  auraient  atteint  le  terme  de  leurs  voy- 
ages. Il  ne  se  trouve  dans  l'Enéide  que  la  prédiction  de  la 
nymphe  Celaeno  (III.  255)  qu'ils  mangeraient  leurs  tables, 
mais  il  n'y  est  pas  parlé  de  l'occasion  où  Anchise  dit  à  Enée 
que  ce  serait  là  la  fin  de  ses  aventures.  Le  copiste  de  C  a  in- 
troduit dans  la  conversation  d'Énée  avec  Anchise,  dans  l'enfer, 
une   question   d'Énée   et  une  réponse  d'Anchise  ayant  rapport 


XII 


INTRODUCTINN 


à  cette  prédiction  (entre  les  vers  2996  et  2997).    Nous  donne- 
rons ce  passage  à  la  suite  du  texte. 


Voici  donc  comment,  à  mon  avis,  les  manuscrits  se  rap- 
portent entre  eux: 


ABC 


DÉ       F 


Pour  contrôler  cette  classification  la  traduction  de  Henri 
de  Veldeke  ne  peut  nous  rendre  aucun  service.  Car,  ayant 
une  tendance  à  abréger  son  original,  il  ne  peut  être  utile 
à  faire  reconnaître  une  interpolation  ;  quand  même  un  passage 
ne  se  trouve  pas  dans  Veldeke,  ceci  ne  prouve  rien  contre  son 
authenticité.  D'autre  part,  le  fait  que  tel  ou  tel  vers  se 
trouve  dans  Veldeke  n'est  pas  une  preuve  absolue  en  faveur 
de  son  authenticité.  Car  bien  que,  d'après  M.  Behaghel,  la 
traduction  ait  été  faite  entre  1183 — 1190  et  qu'elle  soit  donc 
antérieure  à  notre  plus  ancien  manuscrit,  qu'est  ce  qui  nous 
assure  que  les  vers  dont  il  s'agit  n'aient  pas  été  introduits 
postérieurement  dans  un  manuscrit  de  Veldeke,  par  un  copiste 
qui,  ayant  sous  les  yeux  l'original  français,  a  voulu  compléter 
l'allemand?  Il  y  a  même  un  passage  qui  indique  assez  clai- 
rement un  pareil  manège. 

Parmi  les  peuples  qui  viennent  en  aide  à  Turnus  DGEF 
nomment  (au  vs.  3951): 

.  .  .  li  Sabarin 

li  Puilleis  et  li  Latin, 

li  Geneveis  et  li  Pisan 

et  li  Hongreis  et  li  Toscan, 

cil  de  Naples,  cil  de  Salerne, 

et  cil  i  viennent  de  Volterne. 


LES  MARUSCRITS  XIH 

Or,  xBI  omettent  le  3e  et  4e  vers,  mais  chez  Veldeke  on 
lit  (v.  5121): 

...  die  Barbarîne, 
die  Pulloise  end  di  Latine, 
di  van  Naples  ende  van  Salerne, 
van  Calabrie  end  van  Volterne, 
die  Genevoise  end  die  Pisâne, 
die  Ungere  end  die  Veneciane. 
Cette  interversion  de  l'ordre  des  vers  s'explique   aisément 
en  admettant  que  les  deux  vers  qui  ne  se  trouvent  pas  dans 
aHI,  donc,   d'après  la  classification,  non   plus  dans  l'original, 
aient  été,  postérieurement,  introduits  dans  la  marge  d'un  ma- 
nuscrit de  Veldeke  par  un   copiste   qui  les  trouvait  dans  un 
manuscrit  de  la  famille  D  ou  y,  qu'il  avait   sous  les  yeux  en 
même  temps  que  le  manuscrit  de  Veldeke  qu'il  copiait  et  qui, 
étant  plus  ancien,  n'avait  pas  ces  deux  vers.     Un  copiste  sub- 
séquent les  aurait  alors  insérés  dans  le  corps  même  du  texte, 
mais  non  pas  au  bon  endroit. 


Nous  avons  donc  trois  familles;  l'accord  de  deux  d'entre 
elles  doit  donc  nous  indiquer  la  bonne  leçon;  seulement  n'ou- 
blions pas  que  nous  ne  devons  nous  servir  du  manuscrit  D  qu'avec 
beaucoup  de  réserve,  vu  ses  rapports  avec  F.  C'est  pourquoi 
les  vers,  se  trouvant  seulement  dans  DGEF,  ou  les  leçons,  par 
eux  seuls  données,  n'auront  pas  la  même  importance  qu'une  con- 
cordance entre  x  et  un  manuscrit  de  la  famille  y.  —  Même  si 
nous  avons  devant  nous  la  distribution  suivante  :  A  . . .  HI  .  . . 
DGEF,  nous  ne  prendrons  pas  la  leçon  de  DGEF.  Plutôt  nous 
nous  déciderons  en  faveur  de  A,  le  manuscrit  que  nous  prenons 
pour  base  de  notre  édition  et  dont  nous  nous  écarterons  aussi 
peu  que  possible;  c'est  sans  doute,  non  seulement  le  plus  an- 
cien, mais  aussi  le  plus  correct  de  tous  nos  manuscrits. 

Quand,  par  suite  de  l'omission  de  D,  nous  n'avons  que 
deux  familles,  x  et  y,  voici  comment  nous  avons  fait:  pour 
les  leçons,  nous  avons  pris  celles  de  a:,  à  moins  d'une  faute 
évidente  (par  exemple  au  vers  576);  mais,  lorsque,  dans  y,  il 
y  avait  des  vers  qui  ne  se  trouvaient  pas  dans  x^  nous  n'avons 
pas  osé  les  rejeter  (par  exemple  aux  vers  116,  547)  parce  que 
la  seule  omission  dans  A  ne  prouve  pas  qu'ils  soient  postiches. 


XIV  INTRODUCTION 

En  effet,  il  y  a  d'autres  vers,  parfaitement  authentiques  (c'est- 
à-dire  attestés  par  la  concordance  de  y  avec  D),  qui  ont  été 
omis  dans  A. 


Chapitre  II. 

La  Langue. 

Aucun  de  nos  manuscrits  n'est  de  la  même  époque  ni  n'est 
écrit  dans  le  même  dialecte  que  l'original;  il  n'y  a  donc  que 
les  rimes  et  le  mètre  qui  puissent  nous  renseigner  sur  la 
langue  et  sur  les  formes  grammaticales  de  l'auteur. 

1.   Phonétique. 

Voyelles. 

A.  Des  mots  en  -alis  il  n'y  a  que  hospitale  qui  montre 
à  côté  de  la  forme  en  -el  celle  en  -a/;  au  vers  1955  il  rime 
à  vasal,  et  au  vers  3541  à  tUtretel.  De  morlalis  il  y  a  aux 
vers  2107,  2519,  2719,  7475  une  rime  en  -al.  La  forme  crual 
qui  a  été  signalée  dans  le  Roman  de  Troie  et  dans  la  Chronique 
ne  se  trouve  pas  dans  notre  poème;  au  contraire  la  rime 
crueus  :  deus  (au  vers  1713)  atteste  la  forme  cruels  mais  c'est 
le  seul  vers  où  cruel  se  trouve  à  la  rime. 

an  -f-  eons.  est  rigoureusement  séparé  de  en  -{•  cons.  Il 
n'y  a  que  talent  qui  soit  admis  aux  deux  rimes;  voir  les 
vers  1537  talant  :  devant  \  7731  talent  :  etisement.  Les  autres 
exceptions  fréquentes  à  la  séparation  de  an  +  cons.  et  en  + 
cons.,  que  cite  M.  Suchier  (Reimpredigt  p.  69  suiv.),  ne  se 
trouvent  pas  dans  l'Enéas. 

femme  ne  rime  qu'à  règne,  jamais  en  -ame. 

E.  Le  manuscrit  A  a  au  vers  1639  la  rime  de  (deum)  : 
esguaré,  où  les  autres  manuscrits  ont  comandè  :  esgnaré.  Cette 
rime  est  probablement  authentique,  parce  que  A  est  très  an- 
cien, et  qu'il  n'y  a  pas  de  raison  pour  changer  une  rime  fré- 
quente en  une  rime  plus  rare. 


LA  LANGUE  XV 

ère  (eram)  se  trouve  à  la  rime  avec  e  provenant  de  a  libre 
tonique.  La  forme  analogique  iere  n'est  pas  attestée  par  les 
rimes. 

A  côté  de  empire  se  trouve  la  forme  empere,  au  vers  2942, 

Il  ne  se  trouve  pas  un  seul  exemple  du  mélange  de  e  fermé 
entravé  avec  e  ouvert  entravé  (au  vers  3043  mes  (missus)  :  oes 
(opus)  ne  rentre  pas  dans  cette  catégorie).  Dans  le  Roman  de 
Troie  et  dans  la  Chronique  ce  mélange  se  trouve  exception- 
nellement. Il  est  évident  que  l'on  trouve  souvent  des  rimes 
comme  bêle  :  vaissele  (453):  d'après  M.  Bohmer  nous  avons  ici 
affaire  au  suffixe  -ellum  (V.  Stock.  Die  Phonetik  des  „Roman 
de  Troie"  und  der  „ Chronique  des  Ducs  de  Normandie". 
Roman.  Stud.  III  (1878)  p.  449  et  surtout  Cohn ,  Suffixwand- 
lungen  p.  42  ss.). 

e  ne  devient  pas  ea  devant  /,  comme  dans  Marie  de  France 
(Warnke,  Die  Lais  der  Marie  de  France  p.  XXXI). 

I.  A  côté  des  formes  régulières  {foleie  :  veie  (viam)  1577  ; 
otrei  :  tei  4741),  on  rencontre  au  vers  3839  aiiënt  :  ociënt  et  au 
vers  5287  coniraliënt  :  diënt.  Donc  comme  chez  Benoît  et 
chez  Chrétien  (Cligés,  éd.  Forster  LVI  ;  Settegast,  Benoit  de  Ste 
More  p.  16). 

Le  suffixe  -Uinm  donne  la  forme  -ise,  ainsi  au  vers  1269 
sacrifise  :  aprise.  On  sait  d'ailleurs  que  service  est  une  forme 
postérieure  (Cligés  LVII), 

0.  La  diphtongaison  de  ô  libre  tonique  est  attestée  par 
les  rimes  suivantes  :  5093  cuens  :  Volcens  ;  3949  cuens  :  Sabiëns  ; 
8789  muert  :  requiert  ;  9431  requièrent  :  muèrent  (nous  gardons 
la  leçon  de  G.  A  lit  descovrent  :  muèrent  ;  D  requièrent  :  fiè- 
rent, EF  changent  un  peu  et  lisent  s' entre  fièrent  :  requièrent). 
Cp.  Brut  9746  la  même  rime.  Ces  rimes  prouvent  que  la  diph- 
tongue était  ascendante. 

On  trouve  les  exceptions  connues:  fors  (:  cors  935),  vole 
(volât)  {:  parole  1543),  hom  (:  non  3675),  bon  {peisson  4507). 
Demore  rime  en  o  (:  sore  9217).         _^ 

Faut-il  accepter  pour  notre  texte  la  diphtongaison  de  o 
devant  l  mouillée?  M.  Suchier  (Reimpredigt  XVI)  a  observé 
qu'en  normand  dans  les  graphies  (les  mots  rimant  toujours 
entre  eux  il  n'y  a  que  les  manuscrits  que  l'on  puisse  consulter) 
0  reste  généralment  intact  dans  ce  cas.    Je  crois  devoir  laisser 


XVI  INTRODUCTION 

également  Vo  intact.  Ce  n'est  qu'au  vers  6551  que  j'ai  intro- 
duit la  forme  avec  ue,  pour  indiquer  la  différence  du  parfait 
et  du  présent. 

Mot  à  0  (1809:  m'ot  (me  audit).  Remarquez  que  dans  le 
Roman  de  Troie  mot  a  ô  (V.  Stock  454,  Settegast  16),  à  une 
exception  près. 

Escole  a  o  (8211:  foie). 

Les  noms  propres  en  -or  ont  o  (4269  or  (aurum):  Hector 
(Settegast  p.  17). 

Les  imparfaits  en  -of  ne  riment  qu'entre  eux  et  aux  par- 
faits ot,  pot,  sot.  Dans  Wace  la  forme  -out  est  attestée  par 
la  rime  Herout  :  out  (V.  le  vers  4649  dans  l'édition  de  M.  An- 
dresen,  et  cp.  T.  II  p.  529). 

0  fermé  libre  tonique  rime  avec  o  tonique  entravé,  p.  e. 
nevoz  :  toz  au  vers  2925. 

Corl  (:  tort  4205),  estros  (:  espos  1303)  ont  o. 

Diphtongues.  AI.  Les  rimes  qui  présentent  le  mélange 
de  ai  avec  f  sont  rares;  on  ne  saurait  donc  affirmer  que  la 
monophtongaison  de  ai  existait  déjà  dans  toute  son  étendue 
à  l'époque  de  notre  Roman. 

1.  ai  +  trois  consonnes  ;  par  exemple  maislre  :  estre  (au 
vs.  2203);  maistre  :  senestre  (77).  Il  y  deux  cas  de  mélange 
contre  environ  25  rimes,  où  ai  n'est  lié  qu'avec  lui-même  de- 
vant trois  consonnes. 

2.  ai  -\-  deux  consonnes,  laisse  :  presse  2463  ;  laist  :  for  est 
283;  lerme  :  terme  8319. 

3.  ai-\-cons.  -aire  ne  rime  qu'avec  lui-même,  -ais;  deux 
cas  de  mélange  sur  environ  40,  enprés  :  fais  2965;  après: 
mais  2397. 

4.  -ai  final,  -aie  ne  rime  qu'avec  lui-même. 

5.  ai  devant  nasale,  ei  devant  nasale  et  e  devant  nasale 
riment  ensemble: 

a)  devant  nasale  simple  :  peine  :  semaine  1433  ;  cp.  peine  : 
rené  {règne)  2523. 

b)  devant  n  mouillé  plaigne  {plangat)  :  règne  1427. 

On  sait  que  Wace  ne  confond  pas  encore.  Le  Roman  se 
place  entre  lui  et  Chrétien;  tandis  que  (Cligés  LIX)  la  rime 
de  ai  -\-  trois  cons.  en  ç  est  la  règle  chez  Chrétien,  nous  n'en 


LA  LANGUE  XVII 

avons  trouvé  dans  le  Roman  d'Enéas  que  peu  d'exemples. 
L'étape  où  l'Énéas  se  trouve,  quant  à  ce  son,  est  donc  la  même 
que  celle  de  Philippe  de  Thaon  (Mail  p.  59). 

Au  vers  20C  se  ti'ouve  à  la  rime  la  forme  certan. 

lE.     La  diphtliongue  ie  ne  rime  jamais  avec  e. 

Le  suffixe  -ianum  se  montre  sous  différentes  formes;  d'abord 
ien  (1495  Troïen  :  bien),  puis  en  (9487  Trdiens  :  rens),  enfin  -an 
1699  Troïan  :  oan  ;  2131  Tiriane  :  chnne).  Dans  le  Roman  de 
Troie  et  dans  la  Chronique  Troiamim  rime  en  uen,  ain,  ein. 

La  terminaison  iee  ne  se  réduit  pas  à  ie. 

EL  Je  n'ai  pas  remarqué  de  mélange,  à  la  rime,  de  ei 
et  oi.  Au  vers  7091,  il  est  vrai,  A  a  moneie  :  bloie,  mais  les 
autres  ont  la  bonne  leçon  Troie  :  bloie.  C'est  à  tort  que,  dans 
le  Roman  de  Troie,  M.  Settegast  a  vu  un  exemple  de  confusion 
entre  ces  deux  sons  dans  la  rime  besoigne  :  poigne  (prov.  ponhà) 
au  vers  6219. 

Le  suffixe  -itia  se  montre  sous  deux  formes:  -eise  (3965 
richeise  :  corteise)  et  ece  (7083  proece  :  blece). 

EU  provient: 

1.  de  uo  dans  deus  (5415:  eus,  illos)  et  de  ol  dans  sens 
{solus)  (:  deus  7839).  Dans  les  poèmes  de  Benoît  également 
(V.  Settegast  p.  26). 

2.  de  0  +  w  dans  les  mots  connus  feu,  leu,  jeu,  Greus, 
sarqueu.    Feu  (focus)  ne  se  trouve  pas  à  la  rime. 

OL  paucum  donne  pot:  6317  ol  (habni)  :  poi\  la  même 
rime  au  vers  10047. 

A  côté  de  la  forme  bois  (6055  chois  :  bois\  on  trouve  bos 
(2163  repos  :  bos). 

UL     0+/  donne  ui,  par  exemple  4707  enui  :  sui. 

Consonnes. 

Liquides.  Est-ce  que,  pour  l'Énéas,  nous  devons  accepter 
la  vocalisation  complète  de  /?  Bienqu'il  y  en  ait  quelques 
exemples,  je  ne  crois  pourtant  pas  qu'elle  se  fut  delà  accom- 
plie tout- à -fait,  car  les  exemples  que  nous  en  trouvons  sont 
rares.    Les  voici: 

a-\-l-\-s.    3139  esmaus  :  Menelaus;  3293  maus  :  Menelaus. 

e-\-l-\-s.  2637  deus  :  infernem\  7839  seus  {solus)  :  deus; 
9443  deus  :  teus  et  puis  aux  vers  1797.  4371.  4503.  5415.  6855. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  h 


XVIII  INTRODUCTION 

Le  changement  de  /  en  r  est  attesté  par  la  rime  Itaire  : 
contraire  114:1. 

La  forme  veille  (voile)  avec  /  mouillée  n'est  pas  prouvée 
pour  l'Énéas. 

Entre  w  et  r  un  <?  est  intercalé  :  2121  tendre  :  deffendre. 

r  devant  consonne  est  muet  au  vers  83  rivages  :  barges;  r 
après  consonne  au  vers  4511  diaspre  :  jaspe. 

n  après  r  était  déjà  tombé  à  l'époque  de  notre  auteur: 
jor  :  amor^  rime  très  fréquente. 

règne  rime  avec: 

1.  femme  3,  379  etc. 

2.  n  mouillé  1427  (:  plaigne  (plangat)). 

3.  eine  2523  {'.peine). 

Mélange  de  n  simple  avec  n  mouillé  se  trouve  dans  l'Énéas 
comme  chez  Benoît  :  4523  enseigne  :  demeine  ;  6983  plaigne  :  com- 
paigne. 

Après  0,  à  la  fin  d'un  mot  *,  la  prononciation  de  m  n'est 
pas  distincte  de  celle  de  «:  6109  limon  :  som  {summum). 

Après  ai  la  confusion  de  w  et  m  n'est  pas  attestée  par  les 
rimes.  V.  pour  -ain  les  vers  1393.  2829.  3547.  3691.  3821.  5371. 
6887.  6897  et  7041;  pour  -aim  les  vers  2749.  7749.  8097.  9947. 

Labiales.  La  rime  aheivre  :  desseivre  (2915)  atteste  la 
conservation  de  la  labiale  dans  hibere  ;  la  rime  descrire  :  dire 
(7891)  montre  qu'ici  elle  est  tombée. 

Dentales.  La  dentale  finale  de  la  3.  sg.  parf.  en  -it  et 
en  -ai  était  tombée:  4883  issiihoni;  9779  tendi  :  merci]  7459 
trïbola  :  sozleva. 

fut  et  fu  se  trouvent  tous  les  deux  à  la  rime.  4351  jut  : 
fut  ;  785  fu  :  receU. 

Comme  dans  la  Chronique,  on  trouve  dans  le  Roman 
d'Enéas  le  fém.  laie  au  lieu  de  laide  p.  e.  2581  laie  :  fraie 
(Cp.  Stock:  Phonetik  der  Chronique  p.  478). 

Les  3e  pers.  en  e{t),  lat  -at,  ont  gardé  à  plusieurs  endroits 
la  trace  du  t,  en  tant  que  Ve  ne  s'élide  pas  devant  une  voyelle 
suivante.  Seulement,  à  côté  de  ces  cas  de  non-élision  se 
trouvent  plusieurs  vers  qui  montrent  l'élision. 

Exemples  de  la  non-élision:  231.  1063.  1223.  1230.  1231. 
1249.  1509.  1732.  1910.  1958.  1968.  2081.  2123.  2426.  2470. 
2779.  4402.  6791.  7982.  8494.  9178.  9679.  9740.  9895.  10019. 


LA  LANGUE  XIX 

Exemples  de  l'élision:  685.  1403.  1879.  2233.  2252.  4956. 
8073.  8612.  9485.  9682. 

Remarquons  la  forme  cuier  à  côté  de  cuidier,  attestée  par 
les  rimes:  5705.  6159.  7803. 

s.  z  sont  rigoureusement  séparés  à  la  rime.  —  On  trouve 
une  double  forme  pour  ahaw.  3187  [ahanz  :  «wz);  2619  {chans 
ahans).  Ou  bien  est-ee  que  an  a  une  double  forme,  de  sorte 
que,  au  vers  3187,  il  faut  écrire  ahans:  ansl  Jor  a  s:  3537 
{ramors  :  jors)',  1199  (dolors  :  j'ors). 

Il  est  malaisé  de  se  prononcer  sur  la  question  si  s  est 
déjà  devenue  muette  devant  consonnes.  Il  n'y  a  qu'une  seule 
rime  d'où  ce  fait  semble  ressortir:  485  cocadrille  :  ille^  pour  s 
devant  liquides.  S  devant  muette  semble  encore  avoir  été  pro- 
noncée par  le  poète;  du  moins,  à  la  rime,  ou  ne  trouve  pas 
de  mélange  de  -it,  isl  et  de  -ut,  us  t. 

Au  vers  8129  se  trouve  la  rime  sache  :  menace,  et  au 
vers  8487  sache  :  place. 

2.  Flexion. 

Substantif.  Nous  acceptons  la  division  de  M.  Suchier,  dans 
le  jGrundriss  der  romanischen  Philologie"  I  62I. 

Masculins.  1.  Les  mots  qui  ont  la  même  forme  au  cas 
sujet  qu'au  cas  régime.  Exemple  père.  Ces  mots  n'ont  pas 
encore  pris  s  au  Nominatif.  M.  Suchier  relève  dans  l'Essai  de 
Pey  (p.  52):  „Si  sui  ses  frères  et  il  miens'-'-  (c'est  le  vers  8945). 
Cependant,  c'est  là  la  leçon  de  G,  mais  A  fournit  la  bonne 
leçon:  ,,5/  sui  ses  frère  et  il  est  miens'-''.  Les  rimes  père  :  ère, 
ancestre  :  eslre  sont  très  nombreuses. 

2.  Les  masculins  et  neutres  dont  le  nominatif  se  distingue 
du  cas  régime  par  s.  Il  n'y  a  que  peu  à  remarquer  sur  ces 
mots,  sinon  que  souvent  l'accusatif  remplace  le  nominatif,  par 
exemple  238.  244.  709.  1274.  1296.  1508.  1569.  1616.  1753. 
2112.  2160.  2324.  2641.  2720.  2877.  3866.  6009.  8051.  9979. 

Fil  est  la  forme  du  cas  régime  singulier  (non  pas  fiz, 
comme  dans  le  Rou  (Andresen  IL  556)  et  dans  le  Roman  de 
Troie  (Settegast  p.  46));  elle  est  attestée  par  le  vers  57,  /il  :  essil. 

Les  Infinitifs  employés  substantivement  ont  5,  par  exemple 
au  vs.  2299  legiers  :  repairiers. 

Les  Neutres  latins  ont  s  ;  ainsi  au  vs.  2515  enfers  :  convers. 

b* 


XX  INTRODUCTION 

Au  vers  890  le  neutre  pluriel  latin  paria,  paire  a  gardé 
sa  forme  correcte. 

3.  Les  mots  masculins  à  deux  formes  ont  gardé  leur  dé- 
clinaison intacte.  Le  Roman  d'Énéas  est  plus  régulier  sous 
ce  rapport  que  les  poèmes  de  Benoît. 

Féminins.  1.  Les  féminins  de  la  première  déclinaison 
latine  n'ont  naturellement  pas  subi  de  changement. 

2.  Les  féminins  qui  proviennent  de  la  2e  et  de  la  5e  décli- 
naison latine,  et  se  ne  terminent  pas  en  e,  montrent  la  même 
hésitation  entre  une  étape  antérieure  et  un  développement  plus 
avancé  de  la  langue  que  nous  avons  remarquée  pour  l'hiatus 
après  -e{t). 

En  face  des  vers  2759.  2961.  4503,  5107.  5922.  6926.  7916. 
10135  où  la  forme  postérieure  avec  s  au  nomin.  est  assurée, 
il  y  a  les  suivants  où  le  nominatif  n'a  pas  encore  de  s:  906. 
1202.  1419.  1764.  1990.  2475.  2578.  2611.  2650.  3210.  3995. 
4006.  4341.  4773.  6796.  8510.  8596.  9060.  9697.  9242. 

3.  suer,  seror.  Il  n'y  a,  dans  notre  poème,  pas  de  fautes 
contre  le  développement  régulier.  Voyez  par  exemple  aux 
vers  1273.  1326. 

Adjectifs.  Voici  les  formes  féminines  analogiques  que 
j'ai  remarquées:  88  dolce\  634  comune(J)\  24^4:1  grandes',  3965  cor- 
teise;  8707  dolente;  2574.  4413  teles^).  La  dernière  forme  avait 
été  déjà  remarquée  par  M.  Suchier  dans  l'Essai  de  Pey:  les  deux 
autres  exemples  de  tele  qui  y  sont  cités,  doivent  être  écartés; 
la  première  fois  M.  Pey  a  lu  tele  au  lieu  de  tote  que  donne  le 
ms.  G  (d'après  lequel  il  cite)  au  vers  8615:  ,,que  mis  i  a  tote 
s' entente'''.  L'autre  passage  se  trouve  au  vers  9236.  GDH  lisent: 
„re/e  garde  a  en  celé  ^or";  A  ,,Tel  gardant  a  en  celé  tof*''y~^ 
„Il  a  tel  garde  en  celé  tor'-'",  E  „Ja  tel  gart  a  en  celé  tor'"''.  On 
voit  donc  qu'ici  on  n'est  pas  obligé  d'admettre  la  forme  tele. 

A  un  autre  endroit  encore  G,  seul  de  tous  les  manuscrits, 
présente  la  forme  tele.  C'est  au  vers  7526  où  C  lit:  „iVe  cuit 
que  al  mont  tele  seif,  tandis  HIE  lisent:  „Ne  croi  que  tel  al 
siècle  seii'^  (Il  est  vrai  qu'ils  écrivent  tele,  mais  la  voyelle  qui 
suit  fait  supposer  que  dans  leur  original  il  y  avait  tel);  dans 
A  on  trouve:  .N^ot  si  beie  en  cest  siècle  a  dreit". 


')  îci  on  peut  corriger  teles  en  itels. 


LA   LANGUE  XXI 

Le  neutre  (sans  *■)  s'est  conservé  dans  les  participes  et 
adjectifs,  qui  fonctionnent  comme  prédicat  de  pron.  neutres  ou 
de  phrases  entières:  8586. 

Pronom.  Après  les  prépositions  le  pronom  personnel  se 
place  sous  sa  forme  accentuée:  1053.  7727. 

Le  pronom  personnel  féminin  est  le  plus  souvent  el\  aussi 
ele.  Exemples  de  el  aux  vers  3314.  7142;  exemples  de  ele 
2018.  2022. 

Verbe.  Personnes,  le  personne  pluriel  indicatif  et 
subjonctif:  il  n'y  a  que  les  formes  en  -on  à  la  rime.  Dans 
le  Roman  de  Tbèbes  également.  Chez  Benoît  ons,  on.  Au 
vers  6693  seul  se  trouve  une  le  personne  en  -ornes. 

La  le  personne  singulier  de  l'indicatif  et  du  subjonctif  n'a 
ni  s  ni  e  non-étymologiques. 

La  2e  p.  pers.  fut.  et  subj.  en  eh.  Un  seul  exemple  à 
la  rime:  6617.    La  famille  y  change  ici. 

Les  3e  pers.  pi.  de  l'imparfait  subjonctif,  accentuées  sur 
la  terminaison,  que  M.  Settegast  a  observées  chez  Benoît,  ne  se 
trouvent  pas  dans  l'Énéas.  Il  n'y  a  que  HI  qui,  au  vers  5347, 
ont  la  rime  peiissent  ;  veraiemenl,  mais  la  classification  s'oppose 
à  introduire  cette  leçon  dans  noti*e  texte. 

Vait  est  la  seule  forme  à  la  rime,  jamais  va.  Chez  Chré- 
tien au  contraire  va  (Cligés  LXXV). 

La  3e  personne  de  l'imparfait  de  être  est  ei'e  (2160.  3928) 
ou  ert  (18.  2814.  3926). 

Temps.  Présent.  Le  présent  du  subjonctif  de  prendre 
a  la  terminaison  -ge  aux  vers  3496.  6669  {prenne). 

Imparfait.  Les  imparfaits  en  -ot  sont  attestés  par  les 
rimes  de  l'imparfait  de  la  le  conjugaison  avec  des  parfaits 
comme  sot  etc.,  et  par  le  fait  que  les  imparfaits  de  la  le  con- 
jugaison ne  sont  pas  en  rime  avec  des  imparfaits  d'autres  con- 
jugaisons. 

Impératif  Au  lieu  de  l'impératif  (avec  la  négation)  on 
emploie  quelquefois  l'infinitif,  par  exemple  8680. 

B.   Hiatus  et  Élision. 

Les  règles  connues  de  l'élision  (voyez  Alexis  p.  131)  sont 
observées   dans  le  Roman.    La  voyelle  de  wa,  /a,  sa.,  we,  te., 


XXII  INTRODUCTION 

se,  le,  ne  (=  lat.  no7i)  s'élide  devant  les  voyelles.  La  chute 
est  facultative  dans  se  (lat.  si),  ne  (lat.  nec),  que,  li  (l'article  du 
masc.  sing.),  par  exemple:  4949.  5423. 

La  voyelle  de  ço,  j'o  peut  s'élider,  mais  ne  le  fait  qu'ex- 
ceptionnellement; dans  ço  seulement  devant  est.  Comparez  les 
vers  1282  et  1759  et  les  vers  636  et  1739. 

L'hiatus  se  trouve  à  quelques  endroits  où  il  semble  bien 
qu'il  provient  de  l'original.  Ainsi  180.  2484.  2797.  7617. 
Aussi  je  n'ai  pas,  pour  cela,  considéré  les  vers  comme  fautifs. 

Il  y  a  enclise  de  le,  les  (article)  après  de,  a,  en  (préposi- 
tion), de  le,  les  (pron.),  après  ne,  si,  ki,  ge  (v.  le  Glossaire)  et 
après  un  infinitif  au  vers  1852  {fairel  =  faire  le),  de  en  {ijide) 
après  si  (8529). 

4.  Le  Mètre. 

-ion  et  -iër  (le  et  2e  p.  pi.  Imp.  Ind.-  et  Cond.)  sont  bisyl- 
labiques,  de  même  que  la  terminaison  iën.  V.  par  exemple 
anciens  3529.  11  n'y  a  qu'une  exception  au  vers  2157:  cil 
ert  de  la  Troiëne  geste.  Neient  est  également  bisyllabique 
partout. 

Dans  les  noms  propres  eus  et  lus  sont  comptés  tantôt 
pour  une,  tantôt  pour  deux  syllabes: 

2525     Enprès  i  vint  danz  ThesëUs 

2670  Polinices  et  Tideils 

2671  Fpomedon   Partheyiopeus, 
Amphlaraus  et  Capaneus. 

2940     Et  Silvius  a  nom  avra 
2947     Silvius  Eneas  ait  a  non. 

5.   Conclusion. 

Ces  données  permettent  de  voir  dans  le  Roman  d'Enéas 
un  poème  normand  (les  imparfaits  de  la  le  conjugaison  en  ot 
le  prouvent).  Le  changement  de  o  -\-  i  en  ui  (au  vers  4707) 
atteste  que  le  poème  n'appartient  pas  au  groupe  d'Estienue  de 
Fougères  c.  s.,  qui  développent  cette  combinaison  d'une  autre 
manière. 

Comparons  l'étape  de  la  langue  que  représente  notre  poème 
à  celle  où  se  trouvent  les  Lais  de  Marie  de  France.    Un  seul 


LA   LANGUE  XXIII 

regard  sur  les  conclusions  auxquelles  ses  recherches  ont  porté 
M.  Warnke,  suffit  pour  établir  l'identité  de  leur  dialecte;  en 
effet,  ils  s'accordent  sur  tous  les  points  cardinaux  et  même  en 
quelques  détails  (ainsi,  par  exemple,  dans  la  forme  Jors,  avec  s). 
Seulement  il  me  semble  que  l'Enéas  lui  est  antérieur;  d'abord, 
bien  qu'il  hésite  dans  la  conservation  de  l'hiatus  après -e(/),  il 
en  donne  plus  d'exemples,  relativement,  que  les  Lais;  mais  sur- 
tout parce  que  la  forme  des  féminins  de  la  2e  déclinaison  est 
encore  fréquemment  sans  s  (fait  qui  ne  se  produit  plus  dans 
les  Lais),  il  faut  qu'il  ait  été  composé  avant  les  Lais.  Il  est 
vrai  que,  en  revanche,  le  Roman  d'Enéas  donne  plus  d'exemples 
de  la  vocalisation  de  /;  mais  cette  différence  peut  n'être 
que  fortuite.  D'ailleurs,  je  puis  être  plus  affirmatif  sur  ce 
point. 

Il  y  a  entre  les  Lais  et  l'Enéas  une  telle  ressemblance 
de  formes  et  de  style  qu'on  ne  saurait  nier  qu'ils  se  soient 
connus.  Pour  le  style  et  le  caractère  littéraire  en  général, 
cette  ressemblance  est  difficile  à  prouver;  on  ne  la  sent,  qu'eu 
les  lisant  l'un  après  l'autre.  Quant  à  la  ressemblance  de  dé- 
tails, qu'on  veuille  bien  parcourir  la  concordance  suivante: 

En.  4076:  Guigemar  172: 

. .  .  furent  de  l'oevre  Saleraon,  .  . .  furent  a  l'uevre  Salemun 

a  or  taillié  de  blanc  ivoire,  taillié  a  or,  tut  a  triffoire, 

l'entaille  en  ert  tote  trifoire.  de  ciprés  e  de  blanc  ivoire. 

En.  t)85:  Guigemar  538: 

Fortune  tome  en  molt  poi  d'ore  . . .  Mes  Fortune,  qui  nés  oblie, 

si  corn  el  tome  sa  roele;  sa  roe  tumii,  en  poi  d'ure, 

cui  el  met  a  l'un  jor  desus,  l'un  met  desuz,  l'altre  desore. 
a  l'altre  le  retome  jus. 

En.  7321:  Lanval  87: 

Une  aigle  d'or  ot  en  som  mis.  Un  aigle  d'or  ot  desus  mis. 

En.  dblb:  Guigemar  85: 

son  arc  porta  uns  suens  vaslez  sun  arc  li  porte  uns  valiez, 

et  uns  altrc  son  berserez.  sun  hansac  et  sun  berserez. 

En.  855:  Guigemar  312: 

Mais  quant  vos  plaist  que  ge  le  die.  Mes  si  vus  plest  que  ieo  vus  die. 

En.  8427:  Guigemar  660: 

le  jor  ai  mal  et  la  nuit  pis.  Le  jur  a  mal  e  la  nuit  pis. 

En.  1760:  Les  Dous  Amanz  43: 

ki  ont  sorti  et  destiné.  sorti  esteit  et  destiné. 

En.  249:  Guigemar  156: 

ronpent  chevilles  et  clostures.  N'i  out  cheville  ne  closture. 


XXIV  INTRODUCTION 

Ed.  337:  Guigeinar  687: 
sofrant  travail  et  mal  et  peine.  Asez  suefre  travail  e  peine. 

Eu.  8374:  Equitan  162: 
.  . .  noveliere  fusse  d'amors.  qu'el  ne  seit  mie  noveliere. 

En.  2870:  Equitan  213: 
por  lui  estreindre  et  acoler.  baisier,  estreindre  e  acoler. 

En.  4513:  Fraisne  129: 

jagonce,  De  fin  or  i  aveit  une  unee 

.  .  en  or  asis,  chascuns  d'une  once.         jagunce. 

En.  4357:  Bisclavret  23: 
amot  sa  femme  e  ele  lui.  H  amot  li  e  ele  lui. 

En.  3529:  Eliduc  93: 

. .  .  mais  vielz  et  anciens  esteit.  vielz  huem  e  anciens  esteit. 

En.  7759:  Eliduc  592: 
li  quels  que  seit,  morir  estuet,  ...  un  de  nus  estuvra  mûrir 

o  anbesdeus,  se  estre  puet.  u  ambedous,  estre  ceo  puet. 

Qu'ils  se  soient  connus,  voilà  qui  me  semble  résulter  de  ce 
qui  précède.  Il  s'agit  à  présent  de  savoir  si  Marie  a  consulté 
l'Énéas,  ou  bien  notre  traducteur  les  Lais.  Or,  il  y  a  deux 
faits  qui  rendent  vraisemblable,  sinon  certaine,  la  première 
de    ces    deux   hypothèses.      Dans   le  Prologue  Marie  dit  (au 

vers  28)  : 

Pur  ceo  començai  a  penser 

d'alkune  bone  estoire  faire 

e  de  Latin  en  Romanz  traire; 

mais  ne  me  fust  guaires  de  pris: 

itant  s'en  sunt  altre  entremis. 
Puis  (au  vers  584  de  Lanval): 

Tant  granz  bealtez  ne  fu  veiie 

en  Venus,  qui  esteit  reïne, 

ne  en  Dido  ne  en  Lavine. 
Cette  seconde  citation,  à  mon  avis,  rend  très  probable  que, 
dans  les  vers   du  prologue,  Marie  a  fait  allusion  à  la  ti-aduc- 
tion  de  l'Enéide.    Ainsi  nous  avons,  en  faveur  de  l'antériorité 
de  l'Énéas,  une  preuve  linguistique  et  une  preuve  littéraire. 
Nous  pouvons  donc  placer  l'Enéas  environ  1150. 
Déjà  M.  Suchier  avait  énoncé  des  doutes  (v.  Reimpredigt 
p.  XXXIII)   sur  la  part  qui,   dans  la  composition  de  l'Enéas, 
revient  à  Benoît  de  Ste  More,  l'auteur  du  Roman  de  Troie  et  de 
la  Chronique  de  Normandie;  jusqu'alors  on  l'avait  généralement 
considéré  comme  le  poète  de  l'Énéas.    Ici  encore  il  faut  exa- 
miner la  question  au  point  de  vue  de  la  langue  et  à  celui  de 
la  littérature. 


LA   LANGUE  XXV 

Il  est  vrai  qu'une  conclusion  tirée  de  la  comparaison  avec 
le  Koman  de  Troie,  dont  nous  n'avons  pas  d'édition  critique, 
n'est  pas  assurée;  pourtant,  il  y  a  un  trait  lequel,  d'après 
M.  Paul  Meyer  dans  un  essai  de  classification  des  manuscrits 
du  Roman  de  Troie  (Romania  18  p.  71),  est,  sans  aucun  doute, 
propre  à  l'original.  C'est  la  forme  us  pour  vos.  Cette  forme 
ne  se  trouve  pas  dans  notre  Roman. 

Et  remarquez  comment,  parmi  les  traits  qu'ont  en  commun 
le  Roman  de  Troie  et  la  Chronique  des  Ducs  de  Normandie, 
en  opposition  à  d'autre  poèmes,  il  n'y  a  que  peu  qui  se  retrou- 
vent chez  noti'e  poète.  Mot  qui  rime,  contrairement  à  l'habi- 
tude, en  0  dans  ces  deux  poèmes,  se  trouve  dans  le  Roman 
d'Enéas  en  rime  avec  o;  Troien  n'y  rime  pas  en  «m;  la  troi- 
sième pers.  pi.  de  l'Imparfait  du  Subjonctif  avec  l'accent  sur  la 
terminaison  manque  chez  notre  poète. 

Dans  tous  les  cas  il  est  antérieur  à  ces  deux  poèmes.  Les 
rimes  de  ui  :  /  qui  se  trouvent  dans  le  Roman  de  Troie  comme 
dans  la  Chronique  font  défaut  à  notre  poème;  la  combinaison 
ai  :  ei  ne  se  trouve,  chez  notre  poète,  que  devant  nasale,  dans 
les  deux  poèmes  aussi  devant  les  autres  consonnes;  le  mélange 
de  5,  z  ne  se  trouve  pas  dans  l'Enéas,  mais  bien  dans  le  Roman 
de  Troie  et  la  Chronique. 

Voyons  le  côté  littéraire  du  problème.  —  Ce  qui  a  porté 
MM.  Paris,  Comparetti  et  autres  à  attribuer  l'Enéas  à  Benoît, 
c'est  surtout  la  circonstance  que,  dans  notre  poème,  il  n'y  a 
pas  de  préambule  du  tout;  contrairement  à  l'habitude  des  poètes 
du  moyen  âge  qui  aiment  à  débuter  par  la  citation  de  leurs 
sources  et  de  leurs  noms,  accompagnés  le  plus  souvent  de 
l'énumération  de  leurs  œuvres  antérieures,  notre  traducteur 
commence  par  le  récit  très  succinct  du  siège  de  Troie.  Puis,  il 
y  avait  les  changements  du  début  même  du  poème;  pourquoi 
notre  poète  aurait-il  déplacé  des  détails  du  Livre  II  de  l'Enéide 
aux  premiers  vers  de  son  poème,  sinon  pour  faire  une  transi- 
tion du  Roman  de  Troie  au  Roman  d'Enéas?  Ce  furent  là 
déjà-  les  arguments  de  Paulin  Paris  (Bibl.  du  Roi  I.  p.  72)  et, 
quand  on  pense  aux  nombreuses  concordances  d'arrangement 
dans  les  deux  poèmes,  on  ne  saurait  nier  que  l'opinion  d'après 
laquelle  le  Roman  d'Enéas  est  une  œuvre  postérieure  de  Benoît 
de  Ste  More  soit  bien  appuyée.    Enfin,  il  y  a,  entre  les  deux 


XXVI  INTRODUCTION 

poèmes,  de  nombreuses  concordances  d'arraugement.  N'oublions 
cependant  pas  que  même  une  complète  concordance  de  langue 
et  d'arrangement  ne  prouverait  pas  absolument  l'identité  des 
deux  poètes;  on  pourrait  aussi  bien  avoir  affaire  à  un  imitateur; 
il  n'y  a  qu'une  seule  circonstance  qui  alors  pourrait  motiver 
une  affirmation  décisive,  c'est  la  mention  du  nom  de  Benoît 
au  début  du  poème,  et  ce  fait  ne  se  présente  pas:  nous  avons 
vu  que  tous  les  manuscrits  sont  d'accord  pour  garder  l'anonyme 
de  l'auteur.  Aussi  je  crains  que  jamais  on  ne  puisse  affirmer 
à  ce  sujet  plus  que  ne  le  fait  M.  ten  Brink  qui  en  parle  avec 
le  jugement  qu'on  lui-connaît  dans  son  Histoire  de  la  littérature 
anglaise  '). 

M.  Joly,  dans  l'introduction  à  son  édition  du  Roman  de 
Troie  (p.  93),  considère  le  Roman  d'Énéas  comme  antérieur  à 
l'œuvre  de  Benoît;  son  argument  cependant  ne  nous  parait  pas 
probant.    Il  cite  le  v.  28127: 

Et  Eneas  s'en  fu  râlez, 

Issi  con  vos  oï  avez, 

Par  mainte  mer  o  sa  navie. 

Tant  qu'il  remest  en  Lombardie. 
Mais  il  est  très  peu  vraisemblable  (en  admettant  que  ces 
vers  sont  authentiques,  ce  que  je  n'ai  pas  eu  l'occasion  de  vé- 
rifier) que  Benoît  ait  renvoyé  si  laconiquement,  et  une  seule 
fois  dans  tout  le  poème,  à  une  œuvre  aussi  importante  que  la 
traduction  de  l'Enéide.  Il  me  paraît  plus  probable  que  le 
poète  n'a  voulu  que  renvoyer  au  vers  27129,  où  il  raconte 
qu'on  exila  Énée,  qui  partit  avec  les  vingt-deux  barques  dans 
lesquelles  Paris  était  allé  en  Grèce.  Il  est  vrai  qu'à  cet  endroit 
la  Lombardie  n'est  pas  mentionnée,  mais  ceci  ne  constitue  pas 
une  objection  sérieuse. 

Parlons  des  points  de  ressemblance  des  deux  poèmes.  Je 
crois  qu'il  n'est  pas  superflu  de  faire  remarquer  d'abord  com- 


^)  Ten  Brink,  Englische  Literatur  p.  208:  ^Unter  den  —  schon  ihreui 
Kern  uach  der  Dichtiing  angehorigen  —  Sagen  des  klassischen  AlterUuims 
lag  die  Aeneassage  bei  Vergil,  die  thebanische  bei  Statius  vor,  beide  dern 
Mittelalter  gelaufige  und  geliebte  Dichter.  Vergils  Aeneide  fand  schon 
ziemlich  friih  —  ich  vermuthe  in  den  sechziger  Jahren  des  XII.  Jhd.  — 
einen  Nachdichter,  der  mit  grossem  Talent  begabt,  leider  seinem  klassi- 
schen Autor  zu  selbststlindig  gegenUber  steht. 


LA   LANGUE  XXVII 

ment  un  certain  nombre  de  situations  analogues  dans  les  tra- 
ductions s'expliquent  par  la  ressemblance  de  leurs  originaux. 
Prenons  un  détail:  l'énumération  pédantesque  des  différents 
chefs  d'armée.  Dans  le  Roman  de  Troie  comme  dans  le  Roman 
d'Énéas  l'auteur  aime  à  donner  des  listes  de  noms  et  de  dé- 
tails biographiques  (comparez  par  exemple  la  liste  des  capi- 
taines de  Turnus  au  dénombrement  des  navires  et  de  leurs  com- 
mandants dans  le  Roman  de  Troie  (v.  5569)),  et  cette  particularité 
pourrait  être  considérée  comme  un  point  d'accord  entre  les 
deux  poètes  français.  Cependant  il  n'en  est  rien;  ces  énumé- 
rations  se  trouvent  déjà  dans  leurs  originaux.  Imitations  faites 
par  Virgile  et  par  Darès  de  la  liste  des  vaisseaux  dans  le 
second  livre  de  l'Iliade,  elles  ne  constituent  pas  un  terme  de 
comparaison  entre  le  Roman  de  Troie  et  le  Roman  d'Énéas. 

Voici  un  point  capital:  de  même  que  le  traducteur  du 
Roman  de  Troie  a  ajouté  de  son  crû  l'épisode  amoureux 
de  Troïlus  et  de  Briseida,  de  même  notre  Roman  est  enrichi 
d'une  description  détaillée  des  scènes  d'amour  de  Lavinie  et 
d'Énée. 

Penthésilée,  la  reine  des  Amazones,  ressemble  en  tous 
points  à  Camille.  Comme  elle,  Camille  est  exposée  aux  in- 
jures d'un  agresseur,  auxquelles  elle  répond,  également  comme 
Penthésilée,  en  tuant  l'insulteur. 

Quand  Enée  ou  Camille  font  leur  entrée  dans  la  ville,  les 
dames  se  mettent  aux  fenêtres;  Benoît  n'oublie  jamais  ce  détail 
(V.  par  exemple  10527).  Les  descriptions  de  tombeaux  mer- 
veilleux qu'on  trouve  dans  le  Roman  d'Énéas  ressemblent  tout 
à  fait  a  celles  du  Roman  de  Troie. 

Comparez  encore  Troie  10535  à  Énéas  917: 
Troie:  Enéas: 

Li  mis  la  mostre  à  l'autre  au  dei,         Li  tins  mostrot  a  Valtre  al  dei: 
as  dciz  mostrent:  vez  la  Paris,  la  fu  li  pavillons  le  rei, 

la  rest  Hector,  co  m'est  avis,  la  fu  la  herberge  Achillés, 

et  rest  de  ça  Polidamas.  la  sist  Aiaus,  la  Ulixés, 

ça  erent  li  tomei  tenu  .  .  . 

Dans  le  Roman  de  Troie  il  est  dit  de  Médée,  qu'elle 
les  eues  feseit  cwre  artère  (Vs.  1215). 

Dans  notre  Roman  nous  lisons  au  vers  1918  que  la  sor- 
cière savait  faire 

.  . .  l'eue  ariere  r  et  orner. 


XXVIII  INTRODUCTION 

Dans  l'Enéide  ce  vers  se  trouve  (IV  489)  sislere  aquam 
fluviis  ;  la  traduction  est  un  peu  libre,  mais  pourtant  il  est  cer- 
tain que  ce  n'est  pas  notre  traducteur  qui,  de  son  crû,  a  ajouté 
le  détail;  c'est  le  cas  au  contraire  de  Benoît,  et  l'on  pourrait 
se  demander  si  c'est  là  un  emprunt  de  Benoît  à  notre  Roman; 
on  aurait  alors  une  preuve  de  plus  en  faveur  de  l'antériorité 
du  Eoman  d'Énéas. 

M.  Dnnger  i)  voit  dans   le  vers  de  Benoît  une  traduction 
du  vers  d'Ovide  (Met.  VIL  199)  où  Médée  dit  d'elle-même: 
^cum  volui  ripis  mirantibus  amnes 
In  fontes  rediere  suos^ 

Si  cette  supposition  était  la  vraie,  on  y  aurait  un  argu- 
ment contre  l'antériorité  de  notre  Koman;  car  alors  la  traduc- 
tion peu  exacte  du  vers  de  Virgile  par  notre  poète  pourrait 
trouver  son  explication  dans  un  souvenir  qu'il  avait  du  vers 
de  Benoît. 

A  côté  de  ces  ressemblances  d'arrangement  on  remarque 
entre  les  poèmes  des  rapports  fréquents  de  style;  il  y  a  des 
formules  typiques  dont  notre  traducteur  fait  un  abus  aussi 
grand  que  l'auteur  du  Eoman  de  Troie  et  de  la  Chronique. 
M.  Settegast  en  a  réuni  un  certain  nombre  à  la  page  66  suiv. 
de  son  travail  sur  Benoît  et  beaucoup  des  expressions  qu'il 
cite  des  poèmes  de  Benoît  se  trouvent  également  dans  le 
Roman  d'Enéas  (Ainsi  les  tautologies:  cesser  fèner  1392;  braire 
crier  plorer  2081;  travail  mal  peine  337;  targier  demorer  9957; 
plorer  giendre  braire  crier  8079). 

Enfin  il  y  a  des  emprunts  évidents  entre  les  deux.  Au 
vers  6467  notre  poète  décrit  comment,  dans  les  narines  du  ca- 
davre de  Pallas,  on  introduit  deux  tuyaux,  que,  par  les  deux 
bouts  opposés,  on  place  dans  deux  tubes  pleins  de  baume;  ainsi 
les  mauvaises  odeurs,  au  lieu  de  se  répandre,  rentrent  dans  le 
cadavre  par  les  narines  mêmes  dont  elles  sortent;  un  appareil 
analogue  est  installé  dans  le  tombeau  d'Hector  (Troie  16723  suiv.). 
Dans  le  tombeau  de  Camille,  comme  dans  celui  de  Pallas,  il 
y  a  une  lampe  qui  brûle  perpétuellement;  cette  lampe  se  re- 
trouve dans  le  tombeau  d'Hector: 

16755.     Teus  est  li  feus  ja  n'es  teindra. 

^)  „Die  Sage  vom  Trojanischeu  Kriege  in  den  Bearbeitungen  dos 
Mittelalters  und  ihren  antiken  Quellen"  Leipzig  1869. 


LA  LANGUE  XXIX 

Égalemont,  on  y  trouve  aussi  une  statue  d'archer  qui  tient 
un  arc  tendu  à  la  main,  et  qui,  au  moindre  souffle  d'air  qui 
entrera  dans  la  tombe,  tirera  la  flèche;  un  archer  identique  est 
placé  dans  la  Chambre  de  Beauté  à  Troie  ^). 

On  ne  saurait  donc  nier  que  l'un  des  deux  ait  connu  le 
travail  de  son  prédécesseur,  et,  à  mon  avis,  c'est  l'auteur 
d'Enéas  qui  a  servi  d'exemple  à  Benoît. 

Avant  de  terminer  cette  briève  comparaison  de  l'Énéas  et 
du  Koman  de  Troie,  relevons  une  circonstance  qui,  sans  être 
absolument  probante,  rend,  du  moins,  invraisemblable  que  les 
deux  poèmes  soient  du  même  auteur.  Dans  l'Enéas  comme 
dans  le  Roman  de  Troie,  on  raconte  en  détail  le  jugement  de 
Paris,  mais  d'une  façon  différente.  Si  les  deux  traductions 
étaient  de  la  même  main,  on  ne  s'expliquerait  pas  pourquoi, 
dans  le  Roman  de  Troie,  l'auteur  revient  sur  un  récit  qui  se 
trouvait  déjà  dans  l'Enéas.  Et  quand  même  on  admettrait  cette 
répétition,  on  se  demanderait  pourquoi,  la  seconde  fois,  il  a 
traité  le  sujet  d'une  façon  différente. 


*)  11  est  curieux  qu'une  lampe  qui  brûle  toujours  et  un  archer  ar- 
rangé comme  celui  des  tombeaux,  soient  mentionnés  parmi  les  miracles  que, 
d'après  les  légendes  populaires,  Virgile  a  faits  à  Naples  (V.  Comparetti 
„Virgilio  nel  medio  evo*  T.  II  passim  et  Francisque  Michel:  ,Quae  vices 
quaeque  mutationes  et  Virgilium  ipsum  et  eius  carmina  per  mediam  aeta- 
tem  exceperiut"  Paris  IS46).  Pourrait-  on  supposer  que,  par  une  singulière 
combinaison  d'idées,  le  poète  du  Roman  d'Enéas,  ait  voulu  mettre  en  rap- 
port Virgile  et  son  œuvre?  Parmi  les  merveilles  de  Carthage,  que  nomme 
notre  poète,  il  parle  au  vers  537  du  Capitole  où,  quelque  bas  qu'on  y 
parlât,  on  était  entendu  partout  ;  ce  même  trait  est  raconté  du  palais  que 
construit  dans  la  légende  le  poète  latin.  La  concordance  me  paraît  cu- 
rieuse. Si  l'on  osait  en  tirer  des  conclusions,  on  pourrait  y  voir  une  preuve 
de  l'antériorité  du  Roman  d'Enéas;  ici  l'intercalatiou  serait  quelque  peu 
expliquable  par  le  rapport  entre  le  poème  et  Virgile;  ce  rapport  fait  dé- 
faut pour  le  Roman  de  Troie. 


XXX  INTRODUCTION 


Chapitre  III. 

Les  Sources. 

1. 

Le  Roman  d'Enéas  est  le  premier  poème  français  imité 
directement  de  l'Enéide.  On  sait  qu'il  n'est  pas  le  dernier,  et 
que,  du  moyen-âge  à  la  Renaissance  et  de  la  Renaissance  aux 
temps  modernes,  tous  les  poètes  français  qui  ont  abordé  l'épo- 
pée, ont  vu  dans  le  poème  de  Virgile  le  chef-d'œuvre  du  genre. 
Il  y  aurait  de  l'intérêt  à  établir  une  comparaison  entre  ces 
différentes  imitations  et  à  suivre  l'évolution  des  idées  littéraires 
marquée  par  l'attitude  que  les  poètes  d'époques  différentes  ont 
prise  vis  à  vis  de  leur  modèle.  Mais  une  étude  de  cette  na- 
ture, pour  attrayante  qu'elle  soit,  nous  entraînerait  trop  loin  au 
delà  des  limites  que  me  trace  le  caractère  spécial  de  mon 
travail. 

Parlons  du  Roman  d'Enéas.  Ce  qui  caractérise  cette  tra- 
duction, c'est  la  façon  dont  le  traducteur  considère  l'Enéide.  Pour 
lui  l'histoire  d'Énée  était  surtout  remarquable  par  les  aventures 
merveilleuses  dont  celui-ci  fut  le  héros  et  par  les  grands  ex- 
ploits qui  rendirent  le  Troyen  maître  de  l'Italie;  il  ne  voit  pas 
l'idée  religieuse  de  la  glorification  de  Rome  et  d'Auguste  qui 
domine  l'Enéide;  encore  moins  remarque-t-il  la  gravité  sculp- 
turale et  la  tranquillité  élevée  qui  constituent  pour  nous  l'émi- 
nence   de  l'œuvre  classique.     Il  ne  prend  de  l'Enéide  que  la 

[  trame  et  la  marche  du  récit;  sous  ses  mains  le  poème  antique 

(  s'est  transformé  en  un  roman  d'aventures. 

Et  voilà  qui  rehausse  l'intérêt  littéraire  du  Roman  d'Enéas; 
dans  ce  Virgile,  travesti  de  bonne  foi,  s'accuse  cette  façon  ori- 
ginale et  indépendante  de  s'approprier  les  monuments  littéraires 
d'une  autre  époque,  qui  montre  la  force  vitale  d'une  civilisation 
se  suffisant  à  elle-même.  Ou  plutôt,  il  n'y  a  pas  de  traves- 
tissement du  tout.  C'est  avec  la  même  naïveté  et  la  même 
spontanéité  que  les  événements  d'époques  antérieures  ont  été 
conçus  par  les  peintres  de  l'École  florentine:  ni  les  Botticelli 
ni  les   Lippi   n'ont   hésité   à  donner  aux  guerriers  romains  le 


LES  SOURCES  XXXI 

costnme  des  soldats  florentins;  ils  n'éprouvaient  pas  le  besoin 
de  couleur  locale  et  de  fidélité  historique  que  sentent  toujours 
le  plus  fort  les  peuples  qui  doutent  de  leurs  propres  forces 
créatrices  dans  .l'art 

11  en  est  de  même  du  Roman  d'Énéas,  qui  est  plutôt  une 
adaptation  qu'une  traduction  '). 

Ce  qui  donne  au  Roman  d'Énéas  un  intérêt  littéraire  plus 
grand  que  celui  du  Roman  de  Troie,  c'est  la  circonstance  qu'il 
a  été  traduit  sur  un  chef  d'œuvre  classique,  tandis  que  l'épopée 
grecque  n'était  connue  de  Benoît  de  Ste  More  qu'à  travers  une 
imitation  dont  la  valeur  littéraire  était  nulle  ■^). 

Écartons  tout  de  suite  la  supposition  d'une  rédaction  en 
prose  qui  aurait  pu  servir  d'original  direct  à  notice  traducteur, 
et  où,  parce  qu'elle  était  destinée  aux  écoliers  ou  pour  une 
autre  raison  quelconque,  on  aurait  principiellement  omis  tout 
ce  qui  touchait  à  des  faits  mythologiques  et  surnaturels.  M,  Con- 
stans  accepte  ainsi  une  rédaction  latine  en  prose  de  la  Thé- 
baïde  de  Stace,  laquelle  aurait  l'été  l'original  immédiat  du 
Roman  de  Thèbes;  ces  traductions  alors,  „ semblent  avoir  eu  pour" 
but  de  mettre  à  la  portée  d'un  plus  grand  nombre  de  lecteurs,  en 
les  abrégeant  et  souvent  aussi  en  les  dénaturant,  les  grandes 
œuvres  de  l'antiquité  classique"  3).  Ce  qui  pour  le  Roman  d'Énéas 
pourrait  nous  arrêter  un  moment  à  une  supposition  analogue 
est  le  fait  étrange  que,  même  quand  notre  auteur  rend  des 
discours  ou  des  conversations  qui  se  trouvent  dans  l'original, 
et  où  il  dit  les  mêmes  choses  que  nous  donne  le  latin,  il  les 
rend  en  termes  si  différents,  en  omettant  tel  détail  et  en  le 
remplaçant  par  un  autre,  sans  raison  apparente^). 


')  ,Le  raoyen-âge  n'a  jamais  eu  conscience  de  ce  qui  le  distinguait 
profondément  de  l'antiquité;  il  s'est  toujours  représenté  le  monde  comme 
ayant  été  de  tout  temps  ce  qu'il  le  voyait  être"  (M.  Gaston  Paris.  La 
littérature  française  au  Moyen-âge.  p.  75). 

2)  On  sait,  en  effet,  que  le  poème  de  Benoît  de  Ste  More  est  une 
traduction  du  journal  du  siège  tenu  par  le  Phrygien  Darès  et  de  mémoires 
du  Cretois  Dictys,  un  des  assiégants,  tous  les  deux  datant  de  l'époque 
de  la  décadence. 

^)  M.  Constans,  La  Légende  d'Œdipe  p.  277. 

*)  Par  exemple,  au  vers  71G1,  l'armure  de  Chloreus,  bien  que  décrite 
en  détail  dans  l'Enéide,  se  trouve  mentionnée  dans  le  Roman  en  termes 
et  avec  des  détails  tout  à  fait  différents. 


XXXII  INTRODUCTION 

Mais  de  cette  littévature  spéciale  il  ne  nous  est  rien  resté, 
et  nous  aimons  mieux  croire  à  une  traduction  directe,  si  libre 
qu'elle  soit,  qu'à  l'existence  d'une  rédaction  en  prose,  toujours 
passablement  hypothétique. 

Avant  d'aborder,  dans  la  deuxième  partie  de  ce  chapitre, 
la  comparaison  détaillée  entre  ces  deux  poèmes,  tâchons  de 
fixer  en  gros  traits  ce  qui  les  distingue  et  ce  qui,  du  latin,  a 
été  gardé  intact  par  notre  traducteur. 

Nous  avons  déjà  dit  que  la  trame  du  récit  a  été  rigou- 
reusement observée.  Comme  on  verra  plus  loin,  il  est  possible 
de  faire  un  parallèle  suivi,  d'un  bout  à  l'autre,  entre  l'original 
et  la  traduction.  Il  n'y  a  que  deux  endroits  où  l'ordre  des 
faits  ait  été  changé.  Dans  l'Enéide,  au  Livre  VIII,  l'épisode  du 
voyage  d'Enée  à  Euander  alterne,  dans  ses  différentes  parties, 
avec  le  récit  de  la  réconciliation  de  Vulcain  et  de  Vénus  et 
de  la  fabrication  de  l'armure  pour  Enée.  Ces  deux  épisodes, 
dans  le  Roman,  sont  traités  l'un  après  l'autre.  Egalement,  au 
Livre  XI,  tout  ce  qui  concerne  la  mort  de  Pallas  (le  cortège 
funèbre,  l'accueil  à  Pallanteum)  est  détaché  du  récit  de  l'aiTivée 
d'Aventinus  et  des  autres  messagers  auprès  d'Énée.  Dans  ces 
deux  cas  le  traducteur  a  donc  apporté  de  l'ordre  dans  le  récit 
latin,  qui  est  un  peu  confus,  mais  aussi  plus  vif  que  ce  pas- 
sage du  poème  français.  Rappelons  que  le  traducteur  a  égale- 
ment apporté  une  modification  dans  la  marche  du  récit  au 
début  du  poème,  oà,  pour  éviter  le  ,rapere  médias  in  res"  du 
début  de  l'Enéide,  il  a  pris  dans  le  Livre  II  des  détails  du 
siège  de  Troie,  pour  servir  d'introduction. 

Quant  aux  détails  de  description  le  traducteur  ne  se  fait 
pas  scrupule  de  les  déplacer,  parfois  de  les  employer  dans  un 
autre  rapport  que  le  latin.  Je  trouve  un  exemple  assez  curieux 
de  cette  dernière  façon  d'agir  au  vers  3937  de  l'Énéas,  où  sont 
décrits  les  chevaux  de  mer  miraculeux  qu'amène  avec  lui  Me- 
sapus;  je  suppose  que  l'idée  de  ce  détail  lui  est  venue  du 
vers  VII  699  de  l'Enéide,  où  l'armée  de  Mesapus  est  comparée 
à  des  cygnes  •).  Pour  le  déplacement  de  détails  citons,  par 
exemple,  le  vers  185  de  l'Énéas,  où  le  traducteur  nous  raconte 
qu'Énée  a  erré  pendant  sept  ans  avant  de  venir  à  Carthage, 


*)  Nous  reviendrons  plus  loin  sur  ces  chevaux  de  mer. 


LES   SOURCES  XXXIII 

lequel  nombre  n'est  relevé  qu'une  fois  dans  l'Enéide,  à  l'avant- 
dernier  vers  du  Livre  I:  ^nam  te  jam  septima  portât  aeslas". 

On  peut  dire  qu'en  général  le  récit  est  simplifié  par  le 
traducteur.  Le  plus  souvent  c'est  lui  qui  supprime  des  noms 
(surtout  dans  les  descriptions  de  batailles)  et  des  détails;  ce 
n'est  que  par  exception  qu'il  en  ajoute  de  son  côté.  En  effet, 
je  ne  sache  que  le  nom  du  Troyen  Naptanabus  et  son  combat 
avec  Turnus  (v.  9496),  qui  ne  se  trouvent  pas  dans  l'Enéide;  et 
quant  aux  détails  qu'il  invente,  ils  sont  également  ti'ès  rares, 
abstraction  faite  des  additions  dans  le  style  du  moyen  âge, 
dont  nous  parlerons  tout  à  l'heure,  mais  qui  ne  portent  pas 
sur  la  marche  du  récit  •).  En  revanche,  les  omissions  sont 
fréquentes:  ainsi,  des  peintures  sur  les  murs  du  temple  de  Car- 
thage  (I  456),  des  ornements  du  bouclier  que  fait  Vulcain  pour 
Enée,  il  ne  se  trouve  pas  de  traces  dans  le  Roman,  et  de  même 
ni  le  nom  d'Amata  ni  ceux  de  Juturna,  de  Sulmo,  pour  n'en 
citer  que  quelques-uns,  ne  se  trouvent  dans  le  français. 

C'est  surtout  l'omission  des  scènes  mythologiques  qui  rétrécit 
démesurément  l'ampleur  du  poème  latin.  Il  est  évident  que  quel- 
ques traits  surnaturels  devaient  être  gardés,  comme  l'apparition 
d'Anchise  à  Enée,  qui  seule  pouvait  motiver  la  descente  d'Énée 
dans  l'enfer;  mais  le  traducteur  en  retranche  autant  que  pos- 
sible. En  général  il  omet  des  détails  qui  lui  paraissent  ab- 
surdes (ainsi  les  barques  qui  se  changent  en  nymphes  (IX  120)), 
ou  bien  il  attribue  à  des  causes  humaines  ce  qui,  dans  l'Enéide, 
résulte  d'une  intervention  immédiate  des  dieux.  C'est  ce  der- 
nier changement  qui  est  le  plus  intéressant  pour  constater  la 
différence  entre  l'esprit  du  traducteur  et  les  idées  qui  dominent 
l'Enéide:  ce  qui  pour  Virgile  n'était  qu'un  ornement,  qu'une 
manière  de  dire,  choque  le  bon  sens  du  poète  du  Xlle  siècle. 
Ainsi,  ce  n'est  pas  en  poursuivant  le  fantôme  d'Énée  que 
Turnus  entre  dans  la  barque  qui  l'éloignera  du  champ  de  ba- 


•)  Voici  deux  traits  que  le  traducteur  a  ajoutés  à  son  original.  Quand 
dans  l'enfer  Enée  rencontre  ses  anciens  compagnons  de  guerre,  il  est 
honteux  devant  eux,  parce  qu'il  s'est  enfui  de  Troie.  Il  tâche  de  se 
cacher  (v.  2677). 

Au  vers  1046  le  traducteur  explique  que  Sinon  a  eu  l'occasion  de 
s'échapper  par  suite  d'une  querelle  entre  deux  barons,  laquelle  attire  l'atten- 
tion des  assistants.    Cela  ne  se  trouve  pas  dans  l'Enéide. 

Bibliotheca  Nonuannica  IV.  q 


XXXIV  INTRODUCTION 

taille,  mais  un  ^archier"  tire  sur  lui  et  il  veut  se  venger;  ce 
n'est  pas  Juturna,  sous  l'apparence  d'un  guerrier,  qui  incite  les 
Latins  au  combat  sacrilège  du  Livre  XII,  mais  ,un  chevalier". 
S'il  est  impossible  d'éliminer  un  fait  surnaturel  ou  de  le  ramener 
à  des  proportions  humaines,  le  traducteur  l'atténue  du  moins. 
Voyez,  par  exemple,  comment  au  v.  778  Vénus  donne  à  Ascagne 
lui-même  le  pouvoir  d'exciter  à  l'amour  par  les  baisers  qu'on 
lui  donne,  tandis  que,  dans  l'Enéide,  Vénus  le  remplace  par 
Cupidon  et  l'attire  lui-même  dans  le  ciel.  On  pourrait  citer 
encore  nombre  de  ces  changements. 

Notons  une  troisième  façon  de  traiter  la  mythologie  et  le 
surnaturel  dans  l'Enéide.  La  prêtresse  qui  devra  guérir  Didon 
du  mal  d'amour  devient  dans  le  Roman  une  sorcière,  qui  sait 
tous  les  arts  et  exécute  les  mêmes  tours  de  force  que  mentionne 
le  latin;  mais  ce  qui  pour  le  poète  latin  n'était  pas  moins  une 
influence  des  dieux  et  ne  touchait  pas  moins  à  la  religion  que 
par  exemple  le  secours  de  Vénus  à  son  fils,  se  présente  à 
l'esprit  du  poète  du  moyen  âge  comme  „ enchantement",  c'est- 
à-dire  pour  lui  l'opposé  de  la  religion.  De  là  cette  nature 
hybride  des  poèmes  français  qui  sont  traduits  du  latin;  d'un 
côté  les  interventions  de  dieux,  dont  le  traducteur  n'a  pas  su 
se  débarasser  tout-à-fait,  de  l'autre  l'idée  religieuse  chrétienne, 
se  montrant  par  ci  par  là,  non  clairement  et  exprimée  en  mots 
directs,  mais  dans  l'acception  de  certains  faits  et  de  certaines 
idées. 

Nous  arrivons  au  moyen  par  lequel  le  poète  français  sub- 
vient d'un  côté  aux  retranchements  qu'il  fait  de  l'autre.  Con- 
formément au  goût  du  moyen  âge  il  ne  néglige  aucune  occasion 
d'orner  le  récit  de  descriptions  de  tombeaux  merveilleux  et 
enchantés,  de  costumes  brillants,  d'oiseaux  artificiels,  enfin  de 
tout  l'appareil  ornemental  de  son  temps. 

Le  milieu  du  récit  a  changé;  le  traducteur  fait  des  com- 
pagnons d'Énée  des  „ barons",  des  , chevaliers";  les  repas 
sont  entièrement  conformes  à  ceux  que  nous  racontent  les 
épopées  du  moyen  âge;  Énée  ne  prendra  pas  de  résolution, 
sans  avoir  dûment  consulté  les  barons,  et  Latin  dit  expressé- 
ment (V.  6622):  „Siurai  tôt  vostre  loement".  Mais  la  dififéience 
est  frappante  surtout  dans  une  description  de  bataille.  Pour 
en  donner  une   idée   au   lecteur  je  copierai  ici  la  bataille  de 


LES   SOURCES 


XXXV 


Pallas  et  de  Tumns  dans  la  version  latine  et  dans  la  traduc- 
tion française. 


5717.  „Andui  furent  el  plain  gravier; 
l'nns  vers  l'altre  point  le  destrier. 
Pallas  le  fiert  parmi  l'escn, 
que  tôt  li  a  frait  et  fendu, 
et  le  halberc  li  desmailla; 
près  del  costé  li  fers  passa, 
li  cols  s'en  escola  defors, 
qu'il  nel  navra  neient  el  cors. 
Grant  colp  li  redona  Tumus; 
il  chaïrent  anbedui  jus. 
Tumus  se  lieve  en  es  le  pas, 
tantost  refu  en  piez  Pallas; 
il  ont  andui  lor  lances  fraites, 
si  vont  avant  espees  traites. 
Granz  cols  se  sont  entreferuz, 
hasteles  font  de  lor  escuz. 
Pallas  le  fiert  en  l'elme  amont, 
treze  des  pierres  ki  i  sont 
et  un  quartier  o  tôt  l'esmal 
en  abatié  jus  contreval, 
si  qu'il  en  chancela  trestoz; 
por  poi  qu'il  ne  chaï  desoz. 
Tumus  a  le  grant  colp  sentu, 
bien  sot  que  cil  a  grant  vertu; 
s'une  altre  feiz  i  puet  geter, 
n'i  estovra  plus  demorer. 
Il  s'est  coverz,  hurter  le  vait; 
tant  reidement  Pallas  s'estait, 
ne  remua  por  lui  plein  pié; 
dessoté  l'a  et  aguaitié, 
desoz  l'escu  li  a  botee 
parmi  le  cors  tote  s'espee. 
Pallas  chaï,  ki  navrez  fu, 
gete  l'espee,  lait  l'escu, 
eschalcira  et  sengloti, 
l'ame  del  cors  li  départi". 

Tout  à  fait  dans  le  style  du  moyen  âge  et  non  moins  in- 
téressante pour  constater  la  différence  entre  les  deux  poèmes, 
est  la  description  de  l'accueil  fait  par  Euander  au  corps  de 
son  fils.  Non  seulement  ses  plaintes  sont  plus  longues  que 
dans  l'Enéide,  mais  encore  le  poète  a  trouvé  bon  d'introduire 
la  personne  de  la  mère  de  Pallas  (qui,  dans  l'Enéide,  est  déjà 


X.  474.  ,At  Pallas  magnis  emittit  vi- 

ribus  hastam 
Vaginaque  cava  fulgentem  deripit 

ensem. 
Illa  volans,  nmeri  surgunt  qua 

tegmina  summa, 
Incidit  atque  viam  clipei  molita 

per  oras 
Tandem  etiam  magno  strinxit  de 

corpore  Turni. 
Hic  Tumus  ferro  praefixum  robur 

acuto 
lu  Pallanta  diu  librans  iacit  atque 

ita  fatur: 
„Aspice,  num  mage  sit  nostrum 

penetrabile  telura" 
Dixerat,  at  clipeum,  totferri  terga, 

tôt  aeris, 
Quem  pellis  totiens  obeat  circum- 

data  tauri, 
Vibranti   cuspis   médium   trans- 

verberat  ictu 
Loricaeque  moras  et  pectus  per- 
forât ingens. 
Ille  rapit  calidum  frustra  de  vol- 

nere  telum: 
Una  eademque  via  sanguis  anim- 

usque  sequuntur". 


XXXVI  INTRODUCTION 

morte.  XI  159)  et  de  la  faire  se  répandre  en  lamentations, 
deux  fois  plus  longues  que  celles  de  son  époux. 

Disons  encore  un  mot  de  la  partie  technique  de  la  tra- 
duction. On  a  déjà  eu  l'occasion  de  se  convaincre  que  les  vers 
traduits  littéralement,  doivent  être  extrêmement  rares.  Nous 
avons  pris  soin  de  les  citer,  toutes  les  fois  qu'il  s'en  présentait, 
dans  la  comparaison  en  détail  entre  les  deux  poèmes  qu'on  va 
lire.  Le  traducteur,  tout  en  prenant  le  thème  d'un  discours  ou 
d'une  conversation  qu'il  trouvait  dans  original,  le  développe  à 
sa  façon.  Je  n'ai  remarqué  qu'un  seul  endroit  où  il  recourt 
à  la  même  comparaison  que  Virgile,  c'est  au  vers  5386,  où  le 
poète  compare  Turnus  à  un  loup  qui  rôde  autour  d'une  ber- 
gerie; encore  le  traducteur  la  met-il  ailleurs  que  dans  l'Enéide, 
où  elle  se  trouve  IX  59  et  564.  En  général  le  traducteur  est 
chiche  de  comparaisons.  Une  de  ses  particularités  consiste  à 
répéter  le  contenu  d'un  discours  ou  plutôt  à  récapituler  ce  que 
vient  de  dire  tel  ou  tel  personnage  du  poème.  Nous  en  voyons 
un  exemple  au  vers  231  suiv.;  de  même  l'explication  de  la  fête 
que  célèbrent  Euander  et  les  siens,  se  trouve  deux  fois  dans 
le  français;  la  première  fois  elle  est  donnée  par  le  poète,  la 
seconde  fois  par  Euander  lui-même,  qui  en  instruit  Énée. 

Je  crois  avoir  rassemblé  ainsi  les  gros  traits  de  l'image 
que  nous  offre  la  traduction  de  l'Enéide.  Je  répète  ce  que 
j'ai  dit  plus  haut:  ni  le  Roman  de  Troie,  ni  le  Roman  de 
Thèbes,  ne  nous  permettent,  au  même  degré  que  l'Enéas,  de 
saisir  la  différence  entre  l'inspiration  d'un  poète  classique  et 
celle  d'un  poète  du  moyen  âge. 

2. 

Avant  d'aborder  dans  le  détail  la  comparaison  entre  notre 
poème  et  l'Enéide,  j'indiquerai  brièvement  comment  je  compte 
l'instituer.  Du  côté  droit  de  la  page  je  donnerai  en  extrait 
le  poème  français  et,  toutes  les  fois  que  le  latin  a  un  endroit 
correspondant,  je  le  citerai  du  côté  gauche.  Ainsi  nous  aurons 
à  la  fin  un  aperçu  détaillé  du  Roman  et,  chaque  fois  qu'on  ne 
voit  en  face  du  français  pas  de  vers  latin  cité,  on  en  conclura 
que  c'est  là  une  addition  du  poète  français.  Par  contre,  il  ne 
me  paraît  pas  nécessaire  d'en  faire  autant  pour  l'Enéide  ;  c'est 
seulement  par  exception  que  j'indiquerai  les  vers  qui  se  trou- 


LES   SOURCES 


XXXVII 


vent  dans  l'Enéide  mais  qui  font  défaut  au  poème  français. 
Par  exemple,  une  fois  le  fait  posé  que  notre  traducteur  omet 
autant  que  possible  les  endroits  mythologiques,  il  est  inutile 
d'indiquer  cette  omission  toutes  les  fois  qu'elle  se  présente. 
Ce  sera  seulement  dans  les  cas  d'inversion  ou  quand  il  y  a 
une  omission  de  quelque  importance  de  la  part  du  Roman, 
que  je  citerai  expressément  le  passage  du  poème  latin. 

Je  mettrai  entre  crochets  les  passages  du  latin  qui  ont 
changé  de  place  dans  le  Roman,  et  je  ferai  imprimer  en  itali- 
ques ceux  des  passages  ajoutés  par  le  traducteur  ou  ne  se 
trouvant  que  dans  l'Enéide,   qui   ont  une  certaine  importance. 


Livre  I. 
Énéas  1—845. 


pi  353—587]. 

[Il  593—620.  Vénus  ne  parle  que  de 
la  fuite]. 


[II  798,  où  cependant  ils  disent 
d'eux-mêmes  qu'ils  veulent  aller 
partout  où  il  va]. 

[II  693]. 

[III  5  où  ils  construisent  une  flotte 

eux-mêmes]. 
I  26  ...  jManet  alta  mente  repostum 
judicium  Paridis". 

[I  755  „Nam  te  iam  septima  portât 

aestas"]. 
I  81-92. 
194—101. 


I  113  (La  barque  d'Oronte). 

I  1 57. 

[I  170.  „Hue  septem  Aeneas  coUectis 
navibus  omni 
Ex  numéro  subit"]. 


42 


Siège  de  Troie. 

Euée  y  assiste.  Vénus  arrive 
pour  lui  dire  qu'il  doit  fuir  et 
que  les  dieux  lui  commandent 
d'aller  en  Italie. 
Enée,  étant  à  deux  lieues  de 
sa  maison,  rentre,  prend  ses 
trésors. 

61.  Lui  et  ses  compagnons,  s'as- 
semblent sous  un  arbre.  Enée 
demande  leur  avis  et  ils  se  con- 
fient à  lui. 

Ils  voient  une   étoile   qui  leur 
montre  le  chemin. 
Ils  trouvent  des   barques   que 
les  Grecs  y  ont  laissées. 
Junon  hait  les  Troyeus  à  cause 
du  jugement  de  Paris. 

101 — 183.  Récit  du  jugement. 

185.  Junon  le  contraria  pendant  sept 
ans. 

183.  La  tempête. 

210.  Enée  se  plaint. 

Il    voudrait,    que    „Titides    ou 
Achille  l'eût  tué". 

242.  Une  barque  sombre. 

264.  La  tempête  dure  trois  jours. 

275.  Ils  viennent  en  Lybie  avec  sept 
navires. 


78, 


83, 


93 


XXXVIII 


INTRODUCTION 


1162. 

[I  186.   Enée  va  à  la  chasse  avec 

Achates]. 
I  174.  Achates  fait  du  feu. 
I  180.  Enée  regarde  la  mer. 


I  198. 


I  223.  Après  une  entrevue  de  Jupiter 
et  de  Vénus,  celle-ci  descend  à  la 
terre,  va  à  la  rencontre  de  son 
fils  Enée  et  lui  raconte  l'histoire 
de  Sychée  et  de  Didoii. 

1410.  Enée,  invisible,  voit  Cartilage. 

[I  14.  „Studiisque  asperrima  belli".] 


[1  14.  „dives  opum"]. 
I  422.  „et  strata  viarum". 


1441. 

[I  17.  „.  .  .  hoc  regnum  dea  gentibus 
esse, 
si  qua  fata  sinant  iam  tum  tendit- 
que  fovetque. 
Progeniem   sed  enim  Troiano  a 
sanguine  duci 
Audierat  .  .  ."]. 
[I  426.  „Sanctuiuque  senatum"]. 


I  509.  Euée,  invisible  dans  Carthage, 
voit  arriver  deux  de  ses  com- 
pagnons qu'il  croyait  perdus. 

[I  505J. 


280.  Le  pays  est  sauvage. 

284.  Enée  va  à  la  chasse  avec  un 
„meschin". 

289.  Ils  allument  les  feus. 

292.  Ils  regardent  la  mer,  pour  voir 
si  les  compagnons  perdus  re- 
viennent. 

311—357.  Discours  d'Enée. 

357.  Énée  envoie  dix  chevaliers  pour 
explorer  le  pays. 

375.  Ils  voient  Carthage. 

381.  Le  traductexir  raconte  VhhiovcQ 
de  Sychée  et  de  Didon  et  la  ruse 
de  la  peau  de  taureau. 


407.  Description  de  Carthage,  d'un 
côté  des  marais,  de  l'autre  la  mer. 

433.  Les  aimants,  qui  attirent  les 
assiégeants. 

448.  Un  chemin  va  sur  les  murs. 

449.  Le  marché. 

459.  „Granz  rues  ot  en  la  cité". 
465.  Les  tours,  protégées  par  des 

contes. 
471.  Les  poissons  de  pourpre  et  les 

crocodilles   dans   la  mer  autour 

de  Carthage. 
497.  La  forteresse. 
505.  Le  palais. 
515.  Le  temple  de  Junon. 

„La  déesse  Juno  voleit 

que  Cartage  fust  chief  del mont. . . 

mais  ni  pot  onkes  mètre  fin, 

tôt  altrement  ert  destiné". 


528.  Le  capitole,  avec  les  sénateurs 
qui  y  sont  assis  pour  faire  droit. 
On  ne  pouvait  y  parler  si  bas, 
qu'on  ne  l'entendit  partout. 

549.  Les  messagers  arrivent  dans 
Carthage. 

557.  Ils  trouvent  la  reine  au  château. 


LES   SOURCES 


XXXIX 


I  520.  (Le  contenu  de  son  discours 
est  naturellement  tout  autre  dans 
le  français  car,  dans  l'Enéide,  llio- 
neus  ne  sait  rien  d'Énée  etc.). 

1561. 

I  574.  ,Tros  Tyriusque  mihi  nullo 
discrimine  agetur". 


I  586,  Enée  sort  du  nuage  qui  l'en- 
veloppe. 


[I  509]. 


1631.  ,Simul  Aeneaninregiaducit*. 


I  643.  Énée  envoie  Achates  dans  le 
même  but. 


I  650.  „Le  manteau  a  appartenu  à 

Hélène'^ . 
I  657.  Ici  Vénus  met  Cupidon  à  la 

place  d'Ascagne,  qu'elle  attire  à 

elle  dans  le  ciel. 
I  697. 

1712. 

[I  701.  Dantmanibusfamulilymphas]. 

[I  705J. 

1  753.  (Cp.  I  698). 


561.  Ylioneus  parle. 


599.  Réponse  de  Didon. 

633.  „Ma  gent  et  la  soe  seit  une; 
se  il  vuelt  aveir  ma  comuue, 
n'avrai  plus  chier  le  Tiriën, 
que  jo  avrai  le  Troiën. 


64 1 .  Les  messagers  retournent  et  ren- 
dent compte  à  Enée  de  l'accueil 
qu'ils  ont  trouvé  chez  Didon. 

663,  Les  barques  perdues  arrivent. 
Il  en  manque  une. 

674.  Digression  sur  Fortune. 

700.  Enée  se  pare.  Il  monte  à  che- 
val avec  140  chevaliers. 

709.  Il  excite  l'admiration  générale. 

721.  Didon  vient  à  sa  rencontre. 

724.  Elle  l'entraîne  dans  l'embrasure 
d'une  fenêtre  et  lui  fait  des  ques- 
tions sur  ses  aventures. 

729.  Enée  envoie  son  chambellan 
chercher  Ascague,  qui  doit  ap- 
porter les  trois  vêtements  que 
son  père  veut  donner  à  Didon. 

741.  Description  du  manteau,  qui  a 
appartenu  à  Hecuba. 

764.  Vénus  vient  à  Ascagne  et  lui 
donne  le  pouvoir  d'enflammer  le 
cœur  de  ceux  qui  l'embrassent. 

781.  Ascagne  arrive  avec  les  ca- 
deaux, que  Didon  accepte. 

804.  Didon  embrasse  Ascagne  et 
l'Amour  s'empare  d'elle. 

826.  Ils  demandent  de  l'eau  pour 
se  laver  les  mains. 

828.  Le  dîner. 

839,  Quand  le  dîner  est  fini,  Didon 
se  place  au  „maistre  deis"  et 
prie  Enée  de  raconter  son  his- 
toire. 


XL 


INTRODUCTION 


III. 

II  3.  „Iiifaiidum,  legina,  jubcs  reno- 
vare  dolorein''. 

II  15. 


[II  234. 
II  21. 
II  26. 


„rotarum  lapsus"]. 


II  29.  „Hic  Dolopum  manus,  hic  sae 
vus  tendebat  Achilles". 

II  40— 50.  Prédiction  de  Laocoon. 


II  56.  ^Troiaque  nunc  staret" 


II  57.  „Ecce  .  .  .  iuvenem 
res  trahebant". 

II  76. 


Livre  IL 
Énéas  845—1193. 

845.  Tous  se  taisent. 

849.  „Dame",  fait  il,  ,ma  grant  dolor 
me  remembrez  et  ma  tristor". 

859.  Description  de  Troie. 

879.  Lorsque  Ménélas  eut  assiégé 
T.  pendant  dix  ans  *),  il  fit  dresser 
un  cheval, 

890.  sur  cinquante  paires  de  roues. 

900.  Les  Grecs  s'en  vont  à  une  ile. 

906.  Les  Grecs  s'en  vont  en  Grèce 
et  les  Troyens  sortent  de  la  ville. 

918.  „La  fu  li  pavaillons  le  rei, 
la  fu  la  herberge  Achilles, 
la  sist  Aiaus,  la  Ulixés". 

929.  jMolt  en  parlèrent  li  plusor 
et  esguarderent  tôt  entor, 
les  devinailles  en  diseient, 
mais  la  vérité  n'en  saveient. 
Il  fust  aie  tôt  altrement, 
s'il  fust  seii  certainement 
cui  li  chevals  aveit  el  cors". 

948.  Sinon  amené  par  des  pâtres. 


pasto- 


II  129.   ,.  .  .   et,   quae   sibi  quisque 
timebat, 
Unius  in  miseri  exitium  conversa 
tulere". 


II  144. 

II  153. 

II  166. 

La 

cause  de  son  indignation 

est 

la 

seule    circonstance 

que 

statue 

a    été    touchée   par 

des 

mains  i 

sanglantes. 

II  198. 

Mort  de  Laocoon. 

II  233. 

953.  „Li  reis  premiers  Varaisona". 
967.  Récit  de  Sinon. 
1024.  Le  tirage  au  sort. 
1031.  „Chascuns  ki  se  dota  de  sei, 
l'otreia  volentiers  de  mei". 


1040.  La  querelle  de   deux  barons, 

qui   fournit   à  Sition  l'occasion 

de  s'enfuir. 
1069.  Sinon  délié. 
1077.  Il  explique  le  cheval.   Vol  du 

Palladium. 
1097.Pallas  est  indignée  parce  qu'on 

a  brisé  le  Palladium. 


1136.  Le  cheval  tiré  dans  Troie.  Si- 
non est  caché  dessous. 


')  Dans  GF  VII.  ans,  dans  D  IX.  ans,  dans  Veldeke  (941)  ,tlen  jàr" 


LES   SOURCES 


XLI 


II  249. 

II  297. 
II  525. 

II  566.  Énce  est  sur  le  point  de  tuer 

Hélène,  quand  Vénus  lui  apparaît. 

II  724. 

[II  587]. 


1153.  Sinon    ouvre    le    cheval;    les 

Grecs  reviennent. 
1160.  La  destruction  de  Troie. 
1173.  Mort  de  Priam. 
1175.  Heleine  traistrent  de  la  tor. 


III  693.  ,Sicanius  sinus".  [V  24.  „Si- 
„canos  portus"]. 


1180.  Creusa. 

1186.  „  Venus  ma  mère  me  vint  dire, 
de  par  les  deus,  que  m'en  tor- 
nasse". 

Livre  III. 
Énéas  1193—1197. 

Le  traducteur  résume  tout  le 
Livre  III  en  ces  vers: 
1 193.  One  puis  ne  final  de  maltraire, 
puis  ai  eii  niolt  grant  contraire; 
près  a  un  an  qu'as  Sichains porz 
fu  Anchisés  mes  père  morz. 


Livre  IV. 

Énéas  1197—2145. 

IV  1-5. 

[III  718.  „facto  fine  quievit"]. 


IV  5.  ,neque  placidam  dat  cura  quie- 

tem*. 
IV  6—54. 

IV  24.  „Sed  mihi  vel  tellus   optem 
prius  ima  dehiscat". 
IV  74. 

IV  86. 


IV  128. 

IV  144. 
IV  I6.'> 


1197.  Didon  amoureuse. 

1207.  Elle  conduit  Énée  à  la  cham- 
bre où  les  lits  sont  apprêtés  pour 
lui  et  ses  compagnons. 

1219.  Nuit  d'inquiétude  pour  Didon, 
décrite  en  détail. 

1272.  Conversation  entre  Didon  et 
Anna. 

1312.  „Anceis  parte  terre  soz  mei". 

1393.  Elle  montre  la  ville  à  Enée. 

Description  de  sa  passion. 
1409.  Elle  néglige  le  gouvernement 
de  ses  états. 
1432.  „En  tel  dolor  et  en  tel  peine 

fu  la  reine  une  semaine''. 
1434.  Amour  de  Didon. 
1457.  La  chasse. 

1486.  „Ce  li  (à  Énées)  fu  vis  que  fust 
Diane". 
1499.    „Ce   vos   semblast   que   fust 

Febus". 
1519.  „.  . .  a  une  crote  sunt  venu. 
Iluec  sont  andui  descendu". 


XLII 


INTRODUCTION 


IV  172.  ,Coniugium  vocat:hocprae- 

texit  Domine  culpam". 
IV  173. 
IV  189.  „IIaec  . . ,  canebat  . . . 

Venisse    Aeneam    Troiano 

sanguine  cretiim 
cui  se  pulchra  viro  dignetur 
coniungero  Dido. 


Nunc  hiemem  inter  se  luxu, 
quam  longa,  fovere 
regnorum  immemores." 
IV  196.  (Jarbas  est  nommé). 
IV  219.  Jupiter  ordonne  à  Mercure 
d'aller  à  Énée. 

IV  29B. 

„. . .  quis  fallere  possit  amantem." 
IV  305. 

IV  309  ,quin  etiam  hiberno  raoliris 

sidère  classem". 
IV  320.  ,te  propter  Lybicae  gentes 
Nomadumque  tyranni 
Odere". 
IV  327.  ,Saltem  si  qua  raihi  de  te 
suscepta  fuisset 
Ante  fugam  suboles  .  . .". 
IV  362.  „aversa  tuetur". 
IV  365.  „Nec  tibidiva  parens  geiieris 
nec  Dardanus  auctor, 
perfidi,  sed  duris  genuit  to 

cautibus  horrens 
Caucasus  Hyrcanaeque  ad- 
morunt  ubere  tigres". 

IV  391.  ^Suscipiunt  faraulae  conlap- 
saque  membra 
Marmoreo  referuntlhalamo*. 

IV  424. 

IV  483.  „IIinc  mihi  Massylae  gentis 
monstrata  sacerdos". 


1534.  ,Ele  diseit  qu'ele  est  s'espose, 
ainsi  covreit  sa  félonie". 

1538.  Description  de  la  ,Fame". 

1567.  flPar  Libe  nonce  ceste  famé 
la  félonie  de  la  dame, 
dit  que  de  Troie  esteit  venu 
uns  oem,  Dido  l'a  retenu 
ensemble  sei  enz  en  Cartage; 
or  la  maintient  cil  en  putage. 
En  luxure  andui  se  demeinent; 
le  tens  d'iver,  d'el  ne  se  peinent; 
la  dame  en  laisse  son  afaire". 

1582.  Les  nobles  du  pays  en  colère. 

1615.  Un  messager  des  dieux  vient 

à  Enée. 

Énée  s'apprête  à  s'en  aller. 
1660.  Didon  l'apprend. 

„Car  ki  aime  toz  tens  mescreit". 
1675.  Conversation  entre  Didon  et 

Énée. 
1 709.  Jl  est  ivers  molt  fait  lait  tens*. 

1723.  ,Nen  a  baron  en  cest  païs, 
ne  seit  por  vos  mes  enemis". 

1739.  ,Se  g'eusse  de  vos  enfant". 


1791.  „E1  le  reguardë  en  travers". 

1797.  flOnc  u'apartenistes  as  deus, 
car  molt  estes  fels  et  crueus; 
ne  ne  fustes  d'ome  engendrez, 
anceis  fustes  de  pierre  nez; 
norrirent  vos  tigres  salvages 
o  alcunes  bestes  boschages*. 

1857.  Didon  tombe  en  pâmoison. 

1861.  „Scs  puceles  l'en  ont  portée 
des  i  qu'en  sa  chambre  pavée". 

1886.  Didon  envoie  Anna  à  Énée. 
1905.  Elle  mande  la  sorcière. 

1 908.  „. . .  molt  forz  chose  li  est  legiere; 
el  resuscitë  homes  morz 
et  devine  et  gete  sorz, 
et  le  soleil  fait  resconser 


LES   SOURCES 


XLIII 


IV  489.  „. . .  et  vertere  sidéra  rétro". 


IV  489.  „.  .  .  sistere  aquam  fluviis". 


IV  491.  „. . .  et  descendere  montibus 
ornos^. 

[IV  490.  „Mugire  videbis  sub  pedi- 
bus  terram"]. 


IV  503. 
IV  534. 

,. .  rursusne  procos  inrisa  priores 
Experiar    Nomadumque     petam 
conubia  supplex, 
Quos  ego  sim  totiens  iam  dedig- 
nata  maritos". 
IV  553. 
IV  584. 


IV  672. 


en  dreit  midi,  et  retorner 
tôt  ariere  vers  orient; 
de  la  lune  fait  ensement, 
ele  la  fait  novele  o  pleine 
treis  feiz  o  quatre  la  semaitie, 
et  les  oisels  fait  el  parler, 
et  l'eue  ariere  retorner; 
d'enfer  trait  les  infernalsFuires 
ki  li  anoncent  les  auguires". 

1921.  „.  . .  les  chasnes  fait  des  monz 
descendre, 
et  les  serpenz  donter  et  prendre; 
la  terre  fait  soz  ses  piez  muire, 
enchanters  et  et  bien  d'auguire, 
el  fait  amer  o  fait  haïr, 
de  tote  rien  fait  son  plaisir". 

1951.  Anna  apprête  le  bûcher. 

1975.  Didon  se  plaint. 

„Quant  ne  m'avra  cist  a  moillier, 
irai  ge  donkes  mais  preier 

cels  dont  ne  voil  nul  a  seignor?" 

1971.  Énée  part. 

2015.  Elle  vient  dans  la  chambre  où 
le  bûcher  est  apprêté.  Elle  se 
frappe.  Ses  lamentations.  Elle 
pardonne  à  Enée. 

2075.  Sa  sœur  revient.  Les  flammes 
se  répandent.  Elle  ne  peut  pliis 
rien  dire  que  le  nom  „Eneas". 

2130.  Enterrement. 

2139.  L'épitaphe. 


[V  24.  „Sicanos  portus"]. 

V  12.  Palinurus  et  ses  prédictions. 
V35. 

V  45.  Discours  d'Enée. 

V  104.  Description  des  sacrifices 
courses,  luttes. 

V  602.  Les  femmes  mettent  le  feu 
aux  barques,  sur  l'instigation  de 
Junon. 


Livre  V. 
Énéas  2145—2261. 

2152.  Ils  arrivent  à  „Sichains  porz". 


2155.  Acestes  les  reçoit. 

2158.  „Eneas  fist  une  grant  feste 
et  geus  a  la  tombe  son  père: 
l'anniversaire  idonkes  ère". 


XLIV 


INTRODUCTION 


V721. 
V724. 


V735. 


„. .  .  Hue  casta  Sibylla 
Nigranim  inulto  pecndum  te 
sanguine  ducef. 


V738.  „...  torquetmediosNoxumida 
cursus". 

[V  709.  Nautes  conseille  de  laisser 
les  gens  des  barques  brûlées  et 
de  leur  bâtir  une  villej. 

V  777. 

V  826.  Le  voyage  d'Enée,  Palinurm 

tombe  à  Veau  et  se  noie. 


2165.  Anchise  apparaît  à  Énée. 
2169.  Son  discours. 

2187.  „La   fille    al  rei  prendras    a 
femme". 

2199.  jSibilla  fi  porra  conduire, 
une  femme  ki  set  d'auguire; 
de  Gumes  est  devineresse, 
et  molt  i  a  sage  prestresse. 
El  set  quant  qu'est  et  qu'est  a 
estre, 
de  deviner  ne  sai  son  maistre; 
del  soleil  set  et  de  la  lune, 
et  des  esteiles  de  chascune, 
de  nigremance  et  de  fusique, 
de  retorique  et  de  musique, 
de  dialectique  et  gramaire". 

2218.  „Li  jors  me  haste  de  l'aler". 

2221.  Enée  rassemble  ses  gens.  Il 
demande  à  ses  barons  s'ils  con- 
sentent à  ce  qu'on  laisse  là  „la 
feible  gent". 

2254.  Ils  s'en  vont. 


Livre  VL 
Énéas  2261—3021. 


VI  9. 


VI  36.  Enée  doit  sacrifier.    La  si- 
bylle en  fureur  prophétique. 
VI  103. 
VI  119,  122,  123. 


VI  126.  „...facilis  desccnsus  Averna 
Noctes  atque  dies  patet  atri 
janua  Dites, 
Sed  revocare  gradum  .  . . 
Hoc  opus,  hic  labor  est". 
VI  175. 

VI  190.  Vénus  lui  envoie  deux 
pigeons  qui  le  conduisent  à  la 
branche. 


2263.  Énée,  accompagné  d'Achates, 
va  chercher  la  sibylle. 


2275.  Énée  lui  parle. 

2283.  Orphée,  Hercule,  Thésée  men- 
tionnés. 

2297.  Réponse  de  la  Sibylle. 
„L'entrers  i  est  asez  legiers, 
mais  molt  est  griés  li  repairiers, 
et  nuit  et  jor  i  a  entranz, 
molt  i  a  poi  de  retornanz". 

2333.  Énée  va  chercher  la  branche. 

2337.  Vénus  la  lui  montre 

„par  merveillose  demostrance 
et  par  molt  grant  senefiance*. 


LES   SOURCES 


XLV 


VI  212.  Il  sacrifie  en  l'honneur  de 
Misenus,  dont  lui  et  Achates  ont 
trouvé  le  corps  (cp.  162). 

VI  236. 

VI  242.  Sacrifice  à  Proserpine. 


VI  272.  Description  des  Furies,  des 
Harpies  et  des  Gorgones. 

VI  277. 

VI  293.  ,. .  .  et  frustra  ferro  diver- 
beret  umbras". 


VI  295. 


VI  316. 

[VI  702  sqq.]. 

VI  336.  Rencontre  avec  Palinmits. 

VI  386. 

VI  416. 


VI  419.  Elle  lui  jette  un  appas  pour 

le  dompter. 
VI  425. 
VI  431. 

VI  433.  Les  suicidés. 
VI  440. 

Beaucoup  de  noms. 
VI  449. 
VI  476. 


2348.  „Un  sacrefise  ot  apresté, 
al  deu  d'infer  sacrefia 
et  raolt  humblement  le  preia". 

2351.  La  fosse  de  l'enfer.  La  vapeur 
infecte  qui  en  sort. 

2375.  Conseils  de  la  Sibille. 
2393.  „Un  oignement  li  a  doné, 
qu'ele  aveit  o  sei  aporté; 
onc  puis  qu'il  en  senti  l'odor 
ne  li  fist  mal  la  forz  puor". 
2401.  Enumération  des  maux  qu'on 
y  trouve. 
,some  ki  est  cosins  a  mort". 
2427.  Enée  veut  chasser  les  ombres 
par  son  épée.    La  Sibille  l'aver- 
tit que  son  épée  ne  doit  servir 
qu'à  éclairer. 
2435.  Ils  viennent  à  „rinfemal  onde". 
Caron.    Les  âmes  de  ceux  qui 
n'ont  pas  été  enterrés. 
2468.    Enée    demande   l'explication 

de  ce  qu'il  voit  à  la  Sibille. 
25u4.  Elle  nomme  le  Léthé. 

2511.  Caron  leur  parle.    La  Sibille 

répond. 
2561.  Cerbère. 

2580.  „De  sa  boche  chiet  une  escume, 
une  erbe  en  naist  mortels  et  laie, 
nus  oem  n'en  beit,  a  mort  nel 

traie, 
senz  mort  n'en  puet  nus  oem 
goster; 
aconita  l'oï  nomer: 
ço  est  Verbe  que  les  marastres 
donent  a  beivre  a  lor  fillastres". 
2598.  La  Sibylle  chante  une  formule 
magique  pour  endormir  Cerbère. 
2607.  Les  enfants  morts. 
2615.  Minos. 

2623.  Les  amoureux. 

2625.  Didon  et  Énée. 
2663.  Les  guerriers. 


XL  VI 


INTRODUCTION 


Troie 


[VI  494.  Deiphobus], 


VI  478.  Tydeus. 

Parthenopeus. 
VI  479.  Adrastiis. 


VI  488. 

VI 493.    Conversation    d'Enée   avec 

Deïphobe. 
VI  546. 
VI  549. 
VI  561. 
VI  594. 


(Est  ce  qu'il  y  a  confusion  entre 
l'histoire  de  Tantale  et  celle  {VI 
600)  de  Pirithous  et  d'Ixion,  qui, 
devant  des  tables  couvertes  des 
mets  les  plus  délicieux,  ne  peu- 
vent y  toucher?). 


Le  traducteur  n'a  pris  que  les 
noms  connus  et  y  a  ajouté  quel- 
ques autres. 

Agamemnon. 
Aiax. 
Achille. 
Ulysse. 
Ménélas. 
Hector. 
Deiphobe. 
Protésilas. 
Hypomedon. 
Polynice. 
Amphiaras. 
Capanée. 
Tydée. 
Parthénopée. 
Adraste. 
,(Enée)   ne   lor    oseit    tomer 
son  vis, 
tant  corn  poeit  se  resconsot, 
et  envers  els  se  vergondot, 
por  ce  qu'il  s'en  enbla  fuitis 
d'entr'els,  quant  il  furent  ocis". 
2691.  Les  ombres  effrayées. 


2699.  La  ville  des  géants. 
2704.  Le  fleuve  Phlegéton. 
2720.  Explication  de  la  Sibylle. 
27.37.  „Un  en  i  a  H  volt  gésir 

0  Diane  et  li  honir; 

icil  ot  a  nom  Ticiiis". 
2747.  Tantalns. 


Thèbes 


2680. 


Jusqu'au  vers  2757  le  traducteur  résume  (avec  beaucoup 
d'omissions  comme  d'habitude)  la  description  qui  se  trouve 
dans  l'Enéide.  Puis  il  donne  jusqu'au  vers  2783  un  passage 
indépendant. 


VI  636. 
VI  678. 


2791.  Les  champs  Elysées. 
2817.  Enée  rencontre  Anchise. 


LES   SOURCES 


xLvn 


VI  718. 

VI  759.  Plus  de   noms  que  dans  la 

traduction. 
VI  892. 


2883.  Question  d'Énée  sur  le  pas- 
sage des  ombres  à  la  terre. 

2923.  Anchise  lui  montre  sa  progé- 
niture. 

2996.  Les  portes  de  l'enfer. 


Livre  VIL 
Énéas  3021—4101. 


VII 37.  Description  de  Latinus  et 
récit  de  la  prédiction  du  mariage 
de  Lavinie  avec  un  étranger. 

VII 106. 


VII  153. 

[VII  243.  „Dat  tibi  praetcrea  fortunae 

parva  prioris 
Munera,  reliquias  ïroia  ex 

ardente  receptas. 
Hoc  pater  Anchises   auro 

libabat  ad  ares; 
Hoc  Priami  gestamen  erat, 

cum  iura  vocatis 
More  daret  populis,  scep- 

trumque  sacerque  tiaras 
Iliadumque  labor  vestes"]. 


3021.   Ils   arrivent  en   Italie.     Bon 

mot  d'Ascagne,  par  lequel  Énée 

est  assuré  d'avoir  trouvé  le  pays 

où  les  dieux  veulent  qu'il  reste. 

3127.   Énée  envoie    des   messagers 

au  roi  Latin.    Les  cadeaux: 
3134.  „Li  enveie  riche  présent, 
une  corone  et  un  mantel 
et  un  esceptre  et  un  anel 
que  li  dona  par  druerie 
Dido,  quant  el  devint  s' amie, 
et  une  cope  a  chiers  esmaus 
que  li  dona  reis  Menelaus 
desoz  Troie  sor  le  rivage, 
qimnt  vint  a  lui  en  un  mesage". 


vn  157. 

3152.  Ils  bâtissent  une  forteresse. 

VII  160. 

Description  du  palais. 

vn  195. 

Discours  de  Latin. 

Vn2l2. 

3175.  Discours  d'Ylioneus. 

VII  249. 

3226.  Latin  parle. 

Il  mentionne  Turnus  et  la  reine 
et  dit  qu'il  donnera  des  chevaux, 
qu'il  décrit. 

VII  274. 

3257.  Les  chevaux  qu'il  donne. 

VII  359. 

Le  nom  de  la  reine  Amata 

3277.  Latin  et  la  reine. 

Énéas. 
VII  375.  3351.  La  reine  furieuse. 

Remarque.  Ici  la  différence  entre  l'original  et  la  traduction 
est  très  grande.  Amata,  inspirée  par  les  Furies,  est  folle  de 
désespoir.  Le  traducteur  l'a  représentée  comme  fort  en  colère, 
mais  ne  parle  naturellement  pas  de  l'intervention  des  dieux. 


XLVIII  INTRODUCTION 

VII 415.  Turniis  apprend  tout  par      S385.   Elle    envoie   un   messager  à 
les  dieux  pendant  son  sommeil.  Tnruns.    Turnus  est  à  table. 

345".   Discours  de   Turmis.     Il  de- 
mande conseil  à  ses  amis. 
VII  455.  Alecto  l'excite  à  la  guerre. 
VII  479.  Alecto  exite  les  chiens  d'As- 
cagne. 

3525.  Le  château  de  Tyrus  et  le  cerf. 
3543.  „La  dameisele  o  lui  joeit 
et  il  tant  bien  la  conoisseit 
que,  des  que  ele  Vapelot, 
devant  ses  piez  s'agenoillot, 
les  piez  li  tochot  a  sa  main, 
a  son  escoz  manjot  son  pain, 
a  molt  grant  trait  beveit  le  vin. 
por  seissante  livres  d'or  fin 
nel  volsist  perdre  la  mescine. 
Tant  ert  li  cers  de  buene  orine, 
VII  49(».  JUe  manum  patiens  mensae  que  la  nuit  serveit  al  mangier, 

que  adsuetus  erili".  s*  ^»'^  f**  ^cw  de  chandelier 

devant  le  père  a  la  pucele. 
Merveilles  ert  sa  teste  bêle, 
quant  uns  granz  cierges  li  ar- 
deit 
sor  chascun  rain  que  il  aveit. 
Ainsi  serveit  chascune  nuit, 
molt  l'ot  la  meschine  bien  duit, 
et  des  que  li  sire  beveit. 
si  se  levot  li  cers  tôt  dreit; 
ne  fu  beste  si  serviable, 
nus  oem  ne  vit  si  entendable". 
3565.  Ascagne  demande  à  son  père 
la  permission  d'aller  à  la  chasse. 
VII  500.  3597.  Le  cerf  blessé. 

VII  521.  „indomiti  agricolae".  3631.  ,Li  païsant  de  la  contrée  . . . 

les  Troïëns  ont  envaiz". 
VII  531.  Le  nom  d'Almo  ne  se  trouve      3649.  Le    fils    aîné    de   Tyrus   tué 

pas  dans  la  traduction.  par  Ascagne. 

VII  535.  3675.  „DanzGalessus,  uns  riches  hom, 

„. . .  seniorque  Galaesus  dum  paci  n'i  ert  venuz  se  por  bien  non 

médium  se  offert».  et  por  desfaire  la  meslee^ 

3685.  Les  Troyens  envoient  à  Enée, 

pour  demander  du  secours. 
3720.  Tyrus  s'enfuit  et  se  retranche 

derrière  les  murs  du  châte/iu. 
3727.  Son  château  assailli  par  les 
Troyens. 


SOURCES 


XLIX 


YII  540.  Conversation  de  Jiinon  et 

d'Alecto. 
YII  585. 


VII  586. 


VII  647. 

VII  648. 

VII  651.  «diicit  .  . .  mille  viros". 

VII  656.  Aventiuus,  portant  un  bou- 
clier avec  l'hydre  et  une  peau 
de  lion. 

\ll  670.  Catillm  et  Coras  de  Tibur. 

VII  678.  Caeculus  de  Preneste. 


YII  691. 

VII  706.  Clausus  avec  les  Sabins. 
Suivent  dans  l'Enéide  quinze 
nxnns  de  peuples  dont  seulement 
le  peuple  de  Latium  et  aninis 
Yolturnus  se  trouvent  dans  Eneas. 


YII  723.  Halesus,  Oebalus,  Ufens, 
Umbro,  Virbi-ns,  Turmis. 

VII  803. 

VII  805.  „. . .  non  illa  colo  calathisve 
Minervae 
Feniineas  adsueta  manus". 

BibUotlioca  Xormannica.  IV. 


3739.  Tyrrn  chassé.  ' 

3757.  Les  Troyens  pillent  le  château 

et  vont  manger  le  cerf. 
3771.  Au  retour,   ils   détruisent   la 

contrée. 
37S3.  La  nouvelle  se  répand. 


3793.  Les  bourgeois  vont  se  plaindre 

ù  Latin. 
3823.  Discours  de  Turnus. 
3869.  Attitude  de  Latin. 
3875.  Il  propose  un  combat  singulier 

entre  Turnus  et  Énée. 
3881.  Turnus  avec  ses  barons,  qui 

lui   conseillent  de  „mander  ses 

hommes". 

3909.  Enumération  des  chefs  de  l'ar- 
mée de  Turnus. 

3910.  Mesencius. 

3913.  Lausus,  avec  500  guerriers. 
3916.  Aventinus   avec   un    bouclier 
couvert  d'une  peau  de  lion. 


3929.  „Li  dus  de  Prenestine". 
Remarquez   cette    forme    singu- 
lière causée  par  le  latin:  „Prae- 
nestinae  urbis  fundator". 

3930.  Li  sire  de  Palatine. 

3931.  Mesapus. 

3935.  Les  chevaux  de  mer. 
3941.  Claudus  avec  les  Sabiens. 


3952.  .  .  .  et  li  Latin. 

3954.  et  vindrent  i  cil  de  Yolterne. 

3952.  Il  y  vient  en  outre: 
Les  Puillains  (ApuUens?) 

3953.  Ceux  de  Naples. 

-      „   Salerne. 


3959.  Camille. 

3971.  „Onc   d'oevre   a   femme    nen 
ot  cure, 
ne  de  filer  ne  de  costure". 
d 


INTRODUCTION 


VII  810.  „Vel  mare  per médium  fluctu 
suspensa  tumentî 
Ferret  (se.  Camilla)  iter  céleris 
nec  tingueret  aequore  plantas". 

VII  812. 

„IUam  omnis  tectis  agrisque  ef- 

fusa  iiiventiis 
Turbaque  miratur  matrnm  et  pro- 
spectât eimtem". 


31)80.  Elle  est  chaste. 

3987.  Description  de  sa  beauté. 

4012.  Son  „pourpre". 

4035.  L'ourlet  de  son  manteau,  fait 
d'un  oiseau  miraculeux  qui  s'as- 
sied sur  l'eau. 

4047.  Son  cheval. 

4085.  Son  arrivée. 

„.  . .  temolte  ot  en  la  ville  grant, 
borgeis  montoent  sus  as  estres, 
dames,  meschincs  as  fenestres". 

4099.  Elle  passe  par  la  ville  et  dresse 
son  pavillon  de  l'autre  côté. 


Livre  VIII. 
Eneas  4107—4825. 


VIII  1.  Mesentiiis,  Mesapiis  ravagent 
le  pays. 


VIII  9.  Turnus  envoie  à  Diomède. 


[VIII  370J. 


[VIII  620.  «Terribilem  galeam"]. 

[VIII  624.  ,tum  levis  ocreas  electro 

auroque  recocto 

hastamquc  et  clipei  non  enarra- 

bile  textum"]. 

[VIII  620.  ^flammas  que  vomentem 

fatiferumque  ensem  ..."]. 


4107.  Conseil  de  guerre  de  Turnus. 

Son  discours. 
4183.   Discours   de   Mesentius,   qui 

tâche    de    calmer    la   fureur   de 

Turnus;  Mesapus,  au  contraire, 

l'excite. 

4244.  Description  du  château  d'Enée. 
4270.  Le  pavillon: 

„Soz  Troie  le  conquist  Hector, 

quant  il  Protheselaus  ocist, 

ki  la  première  joste  fist  .  .  .". 
4297.  Vénus  prie  Viilcain  de  forger 

des  armes  pour  son  fils. 
4355.  Récit  de  l'adultère  de   Vénus 

et  de  Mars. 
4394.  Vulcain  se  met  à  forger. 
4415.  Le  hauberc. 
4425.  Les  genouillères. 
4427.  Le  casque,  „de  coste  d'un  peis- 

son  de  mer". 
4445.  Le  bouclier   de   la   côte   d'un 

poisson  de  mer,  nommé  „cetus". 


4469.  L'épée. 


SOURCES 


LI 


[VIII  626.  Vnlcain  y  peint  les  évé- 
nements de  l'histoire  de  Rome]. 


[VIII  608.  Vénus  les  lui  porte  elle 

même] 
VIII  25.  Le  dieu  du  Tibre  conseille  à 

Enée  de  se  rendre  chez  Euander. 


[IX  40.  „namqne  ita  discedens  prae- 
ceperat  optimus  armis 
Aeneas"J. 

[VIII  102]. 
[VIII  18.5]. 
VIII  KM.  Les  Troyens   sont  sortis 

des  barques  et  se  rendent  à  la 

ville. 
VIII  109. 

VIII126. 


VIII  15S.  Euander  raconte  que  Pria- 
mus  est  venu  jadis  à  Salamis 
avec  Anchise,  à  quelle  occasion 
lui  (Euander)  y  était  également, 
encore  jeune  (160). 


VIII  166.  „.  . .  insignem  pharetram 
Lyciasque  sagittas". 

VIII  167.  „.  .  .  chlamydemque  auro 

intertextam 
frenaque  bina  nnnc  meus 

q^uie  habet  aurea  Pallas". 
[VIII  515]. 

VIII  175. 


4491.  Vulçain  l'essaie. 
4507.  Le  fourreau,  de  la  dent  d'un 
poisson  de  mer. 


4515.  La  lance. 

4523.  L'enseigne,  cadeau  de  Mars  à 
Vénus,  faite  par  Pallas,  après 
qu'„Arannes"  l'eut  défiée. 

4543.  Vénus  envoie  les  armes  à  son 
fils  par  un  messager. 

4555.  Enée  prend  les  armes  et  dit 
à  ses  barons  que  sa  mère  lui 
a  conseillé  de  se  rendre  chez 
Euander. 

4599.  Enée  s'en  va  et  conseille  à 
ceux  qui  restent,  de  ne  pas  se 
laisser  séduire  à  combattre,  quand 
Turnus  voudra  les  y  engager. 

4623.  La  fête  que  célèbre  Euander 
et  l'explication  de  cette  fête. 

4047.  Ils  voient  les  barques  d'Enée 
s'approcher. 

4654.  Accueil  de  Pallas  et  d'Euan- 

der. 
4701.  Enée  parle. 
4741.  „Tote  m'enor  tendrai  de  tei". 

Enée  y  décrit  sa  2)osition  actuelle. 
4747.  „a  mon  jovent    a   Troie  fu" 

raconte  Euander. 


4751.  „Et  Anchisés  conui  ge  bien, 
ton  père  ;  il  me  dona  un  chien, 
un  arc  et  un  bon  cuivre  a  or 
et  dis  saietes  et  un  cor; 
sor  toz  les  altres  m'enora. 


476 1 .  Euauder  donne  son  fils  Pallas 

comme  compagnon  à  Enée. 
4771.  Ils  dinent. 

d* 


LU 


INTRODUCTION 


VIII  285.  Sacrifices  et  choeurs. 


VIII  360. 
VIII  366. 

[VIII  338]. 


npauper  Euander". 
^Angusti  tecti  fastigia". 


VIII  470.  Le  lendemain  Enander  ra- 
conte à  Enée  que  les  Etruriens 
se  sont  révoltés  contre  Mesen- 
tius  et  se  joindront  à  l'armée 
Troyenne. 

VIII  546.  Enée  envoie  une  partie 
de  ses  gens  pour  aller  par  voie 
d'eau  à  Ascagne  lui  porter  la  nou- 
velle de  son  arrivée  prochaine, 
tandis  que  les  autres  le  suivront 
par  terre. 


4780.  Enée: 

„.  .  .  si  apela  un  chevalier, 
si  fist  venir  ses  tombeors, 
ses  gcnz  et  ses  enchanteors". 

4803.  Ils  retournent  à  la  ville,  qui 
„petite  et  povre  ert  et  desclose  ; 
encor  adonc  ert  poi  de  chose, 
mais  puis  sist  Rome  iluec  endreit, 
ki  tôt  le  mont  ot  en  destreit". 


4810.  Le  lendemain,  Enée  ceint 
Vépée  à  Pnllas.  —  Le  troisième 
jour  le  roi  rassemble  vingt  mille 
de  ses  gens;  il  donne  cent  bar- 
ques à  Enée  avec  des  vivres 
pour  treize  mois. 


Livre  IX. 
Eneas  4825—5595. 


IX  5.  Turnus  l'apprend  par  Iris. 

1X25. 

IX  40.  / 


IX  51.  Son  allocution  aux  guerriers. 
IX  69.  Ils  vont  aux  barques,  qu'ils 

veulent   incendier.     Jupiter    les 

change  en  nymphes. 
IX  159. 
IX  168.  Conseil  de  guerre  des  Tro- 

yens. 
IX  176. 
IX  224. 

IX  257.  Les  cadeaux  qu'il  leur  des- 
tine. 

IX  280.  Euryalus  parle  de  sa  mère. 

IX  308.  „.  . .  qnos  omnis  euntis 
primorum  manus  ad  portas,  iii- 
venumque  senumque 
prosequitur  votis". 


4825.  Turnus  apprend  le  voyage 
d'Enée  par  un  espion. 

4832.  Il  prépare  l'attaque. 

4855.  Il  est  mécontent  que  les  Tro- 
yens  ne  sortent  pas  de  leur 
château.  Il  ne  trouve  nullepart 
un  endroit  assez  faible  pour  y 
risquer  une  attaque. 

4885.  Ils  incendient  les  navires  des 
Troyens. 

4897.  Orgie  de  l'armée  de  Turnus. 


4906.  Nisus  et  Euryalus. 
4975.  Ils  se  rendent  auprès 
cagne  et  de  ses  barons. 


5039.  „Ascanius  les  conveia 
jusqu'  la  porte  .  . .". 


d'As- 


SOURCES 


LHI 


IX  325.  „Rhaiiinetem  adgreditur,  qui 

forte  tapetibus  altis 
exstructus  toto  proflabat  pectore 

somnum, 
rex  idem  et  régi  Turno  gratis- 

simus  augur; 
sed  non  augiirio  potuit  depellere 

pcsteui". 


1X351. 
IX  367. 
IX  412.    Le    nom    de   ce   guerrier, 

Sulmo,  n'est  pas  mentionné  dans 

l'Eneas. 
IX  472.  Désespoir  de  la  mère  d'Eu- 

ryalus. 
IX  503. 
IX  535.  ,princeps  ardentum  coniecit 

lampada  Turnus". 

[IX  59].  [IX  565]. 

IX  530.  La  tour. 
IX  544. 


IX  553.  Il  se  jette  lui-même  parmi 
les  ennemis. 

IX  559.  Turnus  tue  Lycus. 
IX  566.  De  nouveaux  détails. 
IX  590. 

IX  602.  „Non  hic  Atridae  nec  fandi 
fictor  Ulixes". 


1X672. 

IX  677.  ,Ipsi  intus  dextra  ac  laeva 
pro  turribus  adstant". 
IX  702.  Bicias  tué. 
IX  716.  Les  Troyens  ont  peur. 


5055.  „.  .  .  il  vindrent  al  paveillon 
o  Rannes  jut,  ki  molt  ert  sages, 
d'oisels  saveit  toz  les  langages  . . 
soz  ciel  n'aveit  meillor  devin, 
mais  la  nuit  ot  tant  beii  vin, 
que  tôt  en  ot  son  sens  troblé 
et  son  saveir  ot  obli'c  ; 
cil  ki  des  altres  devinot 
de  sei  meïsme  rien  ne  sot, 
que  sa  morz  li  fust  si  prochaine, 
mais  bien  aveit  dit  la  semaine 
que  ce  saveit  il  bien  senz  faille, 
qu'il  ne  morreitpas  en  bataille'^. 

5075.  Dans  le  pavillon  de  Mesapus. 

5093.  Volcens  s'empare  d'Euryalus. 
Lamentations  de  Nisus,  qui  tue 
un  guerrier  de  Volcens. 


5343.  Turnus  renouvelle  l'attaque. 
Il  leur  lance   le  feu  grec,   mais 
les  assiégés   sont   munis   de   vi- 
naigre. 

5370.  Comparaison  de  Turnus  avec 
le  loup. 

5391.  La  colline  fortifiée. 

54 1 5.  Lycus  et  Helenor. 

5418.   Jadis    Helenor    „fu   escuiers 
Hector". 


5422.  Turnus  tue  Helenor. 
5426.  Un  archer  tue  Lycus. 

5453.  Ascagne  et  Romulus. 
5472.  „Cuidiez  vos   que   ce   seicnt 
Greu?  ... 
Ça  fors  n'est  pas  Diomedés, 
Protheselaus  ne  Ulixés*. 
5495.   Pandarus   et  Bicias,   deux 

géants. 
5505.  „Pandarus  fu  de  devers  destre 
et  Bicias  fu  a  senestre". 

5531.  Les  Troyens  viennent  au  se- 
cours des  deux  frères. 


LIV 


INTRODUCTION 


IX  722.  Pandarus  seul  le  fait. 


IX  724.  Pandarus  en  fureur  par  la 
mort  de  son  frère.  Il  attaque 
Turnus  et  il  est  tué. 

IX  778.  Les  princes  des  Troyens 
viennent  et  les  encouragent. 

IX  788. 


IX  815.  T.  se  jette  à  l'eau. 


5540.  Les  deux  guerriers  ferment 
la  porte.  Turnus  est  enfermé  avec 
les  assiégés. 

5554.  Les  deux  héros  sont  tués. 


5561.  Ylioneus  encourage  les  Tro- 
yens. 
5569.  Les  Troyens  attaquent. 
5575.  Un  Troycn  ouvre  la  porte,  de 
sorte   que   les    amis   de    Turnus 
peuvent  le  délivrer. 
5581.  Turnus  s'échappe. 
5587.  „As  herberges  s'en  retorna, 
et  ses  guaites  apareilla, 
lii  deveient  la  nuit  veillier, 
et  prie  lor  de  miélz  guaitier 
qu'il  n'orent  fait  la  nuit  devant". 


Livre  X. 
Eneas  5595—5999. 


X  1.  Jupiter  et  les  déesses. 

X  146.  Les  Troyens  découragés. 
Enée  arrive  par  eau,  avec  le  se- 
cours de  Tarcon.  Il  rencontre 
les  nymphes  qui  étaient  autre- 
fois des  barques. 

X  260. 


X  308.  T.  divise  son  armée  en  deux 
parties,  l'une  contre  Enée,  l'autre 
contre  les  Troyens  qui  sont  dans 
la  forteresse. 

X  332.  Enée  s'avance  avec  Achafes. 

X  365. 

X  378.  ,Pelagns  Troiamne  petemus". 


5595.  Turnus  attaque  les  murs. 

5602.  Les  Troyens  voient  arriver 
Enée. 

5608.  Le  traducteur  remarque  que, 
si  les  Troyens  n'avaient  pas  crié 
à  l'approche  d'Enée,  celui-ci  au- 
rait pu  débarquer  inaperçu,  ce 
qui  leur  aurait  donné  un  grand 
avantage. 

5623.  Turnus  se  dirige  vers  Enée 
avec  toutes  ses  forces. 


5647.  Enée  s'avance. 

5674.  Pallas  arrête  les  Troyens  qui 

fuient. 
5684.  „Revolez  vos  a  Troie  aler? 
Vos  n'i  passereiz  pas  si  tost". 


LES   SOURCES 


LV 


5697.  „Amez  vos  mielz  asaoler 

les    granz  peissons   celé   mer 
en  ...?" 


X  379.  Exploits  de  Pallas. 

X  433.  Il  rencontre  Lausus,  à  qui 
Turnus  vient  en  aide,  à  la  de- 
mande de  Jutîirna.  Turnus  dit 
qu'il  veut  Pallas  pour  lui  seul. 

X474. 

[X  363.  d'où  il  résulte  qu'on  se  bat 
à  pied  à  cause  du  terrain]. 

X  496.  , immania  pondéra  baltei*. 


X  503.  jTurno  tempus  erit,  magno 

cum  optaverit  emptum 

intactum    Pallanta    et    cum 

spolia  ista  diemque 
Oderit". 
X  636.  En  poursuivant  le  fantôme 
d'Enée,   Turnus   entre   dans   la 
barque. 
X  668. 
X  6S7. 


X  689.  Mesentius  et  ses  exploits. 


X  783. 
X  789. 
X  823.  Douleur  d'Enée  d'avoir  tué 

Lausus. 
X  833. 


X  856.  Mesentius  est  tué. 


5709.  Turnus  et  Pallas. 

5718.  „L'uns  vers  l'altre  point  le 
cheval". 

5764.  .  .  .  un  anel  choisi  en  son  dei, 
que  Eneas  li  ot  doné"; 
Description  de  la  bague. 

5771.  ,. . .  puis  fu  tels  j ors,  se  il  seiist, 
que  ja  par  lui  bailliez  ne  fust, 
se  il  s'en  peiist  repentir, 
car  par  l'anel  l'estut  morir". 

5775.  Un  archer  attire  Turnus  dans 
une  barque,  qui  tout  à  coup  se 
met  à  voguer  vers  la  mer. 

5805.  Plaintes  de  Turnus. 

5839.  Apres  un  voyage  de  trois  jours 
il  vient  dans  le  pays  de  son  père 
Daunus. 

5847.    Enée    devant   le    cadavre    de 

Pallas. 
5861.  Mesentius  et  Enée. 
5878.  Lausus  et  Enée.  Lausus  est  tué. 


5928.  Mesentius  couché  au  rivage 
du  Tibre  reçoit  la  nouvelle  de 
la  mort  de  son  fils. 

5959.  Le  nouveau  combat  entre  Me- 
sentius et  Enée  reste  indécis. 


Livre  XL 
Eneas  5999—7725. 


[XI 100.  Aventinus  n'est  pas  nommé]. 


[XI  101]. 


6007.  Aventinus  vient  avec  d'autres 
messagiers  demander  des  trêves 
pour  enterrer  les  morts. 

6025.  Discours  d'Aventinus. 


LVI 


INTRODUCTION 


[XI  108. 

„Equidem  et  vivis  condere  vellem"]. 
[XI  185]. 


XI  64. 


XI  74.  ^Ipsa  suis  quondain  manibus 
Sidonia  Dido 
fecerat". 


[XI  42]. 

[XI  68.  ,qualem  virgines  demessum 
pollice  florem 
seu  luoUis  violac  seu  languentis 

hyacinthi, 
cui  neque  fnlgor  adluic  ncc  dum 
sua  forma  recossit, 
non   iam   mater  alit  tellus  viris- 
que  ministrat"]. 
XI  139. 


XI  148. 

XI  152. 

XI  164.  „nec  vos  arguerim,  Teucri", 
dit  Euan(Jer. 


XI  225.  Les  messagers  qui  sont  allés 

à  Diomède,  reviennent. 
XI  235. 
XI  302. 


6059.  Éucc  répond. 

„Nos  les  donrion  bien  as  vis, 
se  il  voleient,  a  toz  dis  . .  ,". 

6075.  L'enterrement  des  morts. 

6097.  Turnus   revient   et   est  fâché 
à  cause  des  trêves. 

6107.  La  bière  de  Pallas. 

6115.  „Mist  i  un  feltre  Tiri'én 
et  un  tapiz  Galaci'èn; 
de  desus  ot  coite  de  paile, 
Paris  Vaporta  de  Tessaile  . . .". 

6121.  „Pallas  vestent  d'un  vestemcnt, 
tissu  a  or  molt  maistrement: 
a  Eneas  le  présenta 
Dido,  quant  ele  l'enama". 

6127.  „. .  .  desor  lui  mist  un  covertor 
(onkes  nuls  reis  nen  ot  meillor, 
Prianz  li  dona  o  sa  fille)  .  .  .". 

6147.  Plaintes  d'Énée. 

6193.  ,Bele  faiture,  gcntiz  chose, 

si  com  solelz  flestrist  la  rose, 
si  t'a  la  mort  molt  tost  plaissié 
et  tôt  flestri  et  tôt  changic". 

6229.  Le  cortège  arrive  à  Pallanteum. 

6242.  ,,Li  reis  ert  amont  el  chastel, 
el  bore  oï  la  noise  grant, 
il  i  enveia  tost  corant, 
saveir  dont  celé  noise  esteit". 

6255.  Désespoir  d'Euander. 

6259.  La  mère  de  Pallas  s'approche. 

6301.  Plaintes  du  père. 

6317.  Plaintes  de  la  mère. 

Elle  accuse  les  Troyens. 

(i3T5.  Enterrement  de  Pallas. 

6393.  „. . .  blialt  dex)orpre  li  vestirent 
que  treis  de  lor  déesses  firent . .". 

6409.  Le  tombeau. 

6509.    Utie  lampe  qui  brûle  perpé- 
tuellement. 


6537.  Latin  assemble  ses  barons. 
6545.  Discours  de  Latin. 


LES   SOURCES 


LVII 


XI  336. 
XI  370. 
XI  376. 

XI  447. 


sed  frigida  bello  dextera" 


XI  481. 


XI  498. 


XI  513. 

XI  532.  Opis  et  Diane.    Histoire  de 

Camille. 
XI  648. 


Larine  est  nommée  XI  (155. 
XI  690.  Camille  tue  Orsilocbus. 


XI  725.  Jupiter  encourage  Tarco. 
XI  729. 


XI  741.  Exploits  de  Tarco  qui  n'est 
pas  tm. 

Tarpée  est  nommée  XI  656. 


6633.  Drdnces  parle 

„. . .  mais  n'esteit  pas  chevaleros". 
6695.   Il   conseille   le   combat    sin- 
gulier. 
6707.  Discours  de  Turnus;  il  accepte 

le  combat. 
6753.  Drancés  répond. 
6805.  Turnus  donne  son  gage  au  roi. 
6831.  Un  messager  arrive  en  disant 

que  les  Troyeus  sont  arrivés. 
6841.  Remarque  du  traducteur: 
„Tote  la  fins  est  obliëe 
que  il  aveient  porparlee; 
Turnus  toz  seuls  et  Eneas 
par  lor  deus  cors  nel  feront  pas, 
ainz  i  feront  ensenble  tuit''. 
6853.  „Dames,  borgeises  et  puceles 
vont  as  tenples  et  as  chapeles 
et  sacrefiënt  as  alteus  . . .". 
6871.    Drances   refuse    de  pretidre 

part  au  combat. 
6907.  Camille. 

6914.  Description  de  son  armure. 
6947.  Projet  de  rcmbuscadc. 


6979.  Exploits  de  Camille. 

6984.  Les  Troyens  fuient  devant  elle 

et  ses  compagnes. 
7000.  Orsilocus  tue  Larine. 

7007.  Les  Troyens,  encouragés, pour- 
suivent les  guerneres  jusqu'  là 
la  ville. 

7014.  Les  portes  sont  bouchées  par 
les  cadavres,  qui  les  empêchent 
d'entrer. 

7035.  De  nouveau  Camille  fait  re- 
culer les  Troyens. 

7061.  Tarco  les  retient. 
7073.  Tarco  invective  Camille. 
7107.  Elle  lui  répond  et  le  tu£. 

7126.  Deux  chevaliers  s'approchent 
d'elle.  Tarpée  vient  à  son  se- 
cours et  les  tîie. 


LVIII  INTRODUCTION 

XI  759.  7139.  Arrons  épie  Camille. 

XI  7G7.  7161.  Chloreus, 

«Olirn  sacerdos".  „prestre  de  la  lei". 

XI  769.  7164.  Description  de  son  armure. 

7181 .  Camille  le  tue  et  descend  de  son 
cheval  pour  prendre  son  casque. 
XI  785.  Arruns  prie  Apollon. 

XI  803.  7197.  Camille  tuée  par  Arrons. 

„sub  exertam  papillam".  „. . .  de  joste  la  senestro  aissele 

la  fiert  al  cuer  soz  la  mamele". 
7203.  Les  Troyens  joyeux. 
XI  822.  Camille  parle  à  Acca  et  lui 

dit  d'aller  à  Turnus. 
XI  836.  Arrons  tué  par  Opis.  7207.  Arrons  tué  par  une  „pucelle". 

7213.  Camille   morte.     Douleur   de 
sa  „maisniee".     La  bataille  est 
suspendue. 
XI  868.  Les   Troyens  attaquent  la 

ville. 
XI  896,  7225.  Turnus  sort  du  ravin,  de  sorte 

qu'Énée,  en   y  arrivant,  le  tra- 
verse   tranquillement.     Le    soir 
empêche  la  combat. 
7240.    Douleur   de    Turniis    et    des 
autres   à   cause   de  la   mort    de 
Camille. 
7257.   Énée   a   des   sentiments   très 
hostiles.    La  plupart  des  barons 
du  pays  s'allient  à  lui. 
7273.  On  hd  demande  sept  jours  de 

trêve,  qu'il  accorde. 

7281.  A  un  endroit,  où  il  y  avait 

jadis  une  forteresse,   Enée   fait 

dresser  en  une  seule  nuit  sa  tente, 

,  „que  il  conquist  d'un  Grcu"  (7312). 

7331.    Terreur   de   ceux  dedans   en 

voyant  l'habileté  des  Troyens. 
7355.  Ils  blâment  Latin  de  ne  pas 
faire  la  paix.     Turnus  ordonne 
d'enterrer  les  morts. 
7365.   Plaintes   de    Turnus   sur    la 

mort  de  Camille. 
7430.  Enterrement  de  Camille. 
7441.  Description  de  la  bicrc. 
7467.  L'oiseau  Calade. 
7506.  Turnus  accompagne  le  cortège 
funèbre. 


LES   SOURCES  LIX 

7531.  Le  tombeau. 

7663.  L'épitaphe. 

7669.  Une  lampe  qui  brûle  toujours; 

une   colombe   (7685);    un  archer 

(7695). 

Livre  XII. 
Eneas  7725  — fin. 

XII  10.  7725.   Conseil  de  Latin  et  de   ses 

barons.    Turnus  offre  le  combat 
singulier. 
XII  18.  7785.  Latin  veut  que  Turnus  fasse 

la  paix  sans  combat. 
XII  48.  7813.  Réponse  de  Turnus. 

XII  54.  Amata  est  inquiète  de  ce  qui 

attend  Turnus,  qui  la  console. 
XII  76.  Combat  le  lendemain.  7835.   Messagers   à  Énée.     Combat 

dans  huit  jours. 
7838.  Latin  sait  une  île,  où  le  comr- 

bat  peut  avoir  lieu. 
7850.  Énée  accepte. 
7857 — 9275.  Amours  de  Lavinie  et 
d'Énée. 

Remarque.    Est-ce  que  le  point  de  départ  de  cette  addi- 
tion du  traducteur  se  trouverait  dans  les  vers  XII  64: 

Accepit  vocem  lacrimis  Lavinia  matris 
Flagrantis  perfusa  gênas,  cui  plurimus  ignem 
Subiecit  rubor  et  calefacta  per  ora  cucurrit. 

Ou   est-ce   que   ces  vers  parlent   de  l'amour   de  Lavinie 

pour  Turnus? 

7857.  La  reine  vient  voi  sa  fille  pour 
lui  parler  de  Turnus.  Elle  lui 
explique  ce  que  c'est  que  l'amour. 

8025.  Énée  sort  de  sa  tente  et  La- 
vinie, en  le  voyant,  compreiul 
tout  à  coup  ce  que  sa  mère  lui 
a  dit  sur  l'amour. 

8083.  Ses  plaintes  amoureuses. 

8335.  En  voyant  qu'Énée  ne  fait 
pas  attention  à  elle,  elle  tombe 
en  défaillance,  et  quand  elle  est 
revenue  de  pâmoison,  elle  se  ré- 
pand en  plaintes  plus  vives. 

8399.  Elle  passe  une  nuit  inquiète. 


LX  INTRODUCTION 


8445.  Le  lendemain  sa  mère  revient 
et  voit  à  sa  mine  défaite  qu'elle 
aime.  Lavinie  lui  avoue  que 
c'est  Énée  qu'elle  préfère. 
8565.  La  reine  furieuse.  Elle  ac- 
cuse Énée  de  ne  pas  se  soucier 
de  femmes,  mais  de  garçons.  Elle 
quitte  Lavinie  qui  tombe  comme 
morte. 
8666.  Revenue  à  elle,  elle  se  demande 

ce  qu'il  faut  faire. 
8713.   Elle   se   résout  à  écrire   mie 

lettre  à  Enée. 
8779.  La  lettre. 
8801.  Elle  voit  venir  Enée. 
8812.  Elle  appelle  un  archer  pour 
tirer  la  flèche  à  laquelle  elle  a 
attaché  la   lettre.     L'archer  s'y 
refuse,  parce  qu'il  y  a  des  trêves, 
mais  il  finit  par  se  rendre  à  son 
désir. 
8845.  Énée  aperçoit  la  lettre,  et  après 
l'avoir  lue,  il  se  tourne  vers  La- 
vinie, qui  est  dans  la  tour,  et  la 
salue  légèrement,  pour  que  ses  com- 
pagnons ne  s'en  aperçoivent  pas. 
8900.   Il  retourne  à  sa  tente  et  se 
sent    tellement   malade    d'amour 
qu'il  doit  se  coucher. 
9119.  Le  lendemain  Lavinie  attend 
dans  la  tour,  pour  le  voir  arriver 
sous  les  murs.    Ne  sachant  pas 
qu'il    est    malade    et    attribuant 
son  absence  au  manque  d'amour, 
elle  commence  à  croire  aux  vile- 
nies dont  sa  mère  l'a  accusé. 
9196.  Énée,  'bienque  faible  et  pâle, 
monte  à  cheval  et  se  montre  à 
Lavinie. 
9205.  Lavinie  se  repcnt  de  l'avoir 
accusé.      Ils    se   regardent   dou- 
cement. 
9233.  Les  compagnons  d'Énée  s'aper- 
çoivent des  regards  qu'il  échange 
avec  Lavinie.    Leurs  railleries. 
9262.  Enée  doit  s'en  aller  et  lui  et 
Lavinie  se  mettent  à  trembler. 


LES   SOURCES 


LXl 


XII  81.  Turnus  s'apprête. 
XII  113. 

XII  119.  Ils  préparent  un  sacrifice. 
XII  175.  Énée  prie. 


[XII  134.  Junon  excite  Jntunia]. 
XII  222.  Juturna  nommée. 

[XII  216]. 


XII  2  C.  „Fiigit  ipse  Latinus 

pnlsatos    referens    infecto 
foedere  divos". 
XII  311. 


XII  383. 

XII  391.  Vénus  apporte  un  remède, 

qu'applique    Japyx   sans    savoir 

qu'il  vient  des  dieux. 
XII  412. 
XII  414. 

XII  430. 

XII  4G8.  Juturna  engage  Turnus  à 

faire  une  fin  au  carnage. 
XII  554. 
XII  676. 

XII  697. 

XII  714.  „. . .  fors  et  virtus  miscen- 

tur  in  unum". 
XII  896. 
XII  926. 
XII  931.  Turnus  demande  seulement 

que   son   cadavre  soit  rendu   à 

son  père  Daunus. 
XII  940.  ,et  iam  iamque  magis  cunc- 
tantem  flectere  sermo 
Coeperat". 
XII  942.  ,balteus^ 

XII  948.  ,Pallas  te  immolât*. 


9275.  Le  roi  Latin  prépare  le  champ 

de  bataille.  Ils  arrivent. 
9313.  Lavinie  dans  la  tour. 
9343.  Énée  défend  ses  droits. 

9395.  Le  roi  lai  promet  que,  s'il 
meurt,  son  fils  et  les  siens  pour- 
ront rester  un  mois  à  Montalban. 

9403.  Un  chevalier  excite  les  Latins 

au  combat. 
9413.  „sor  un  ome  nos  somes  mis". 
9425.  „Atant  s'eslaisse,  si  feri 
un  Troïën,  mort  Vabati; 
cil  fu  en  es  le  pas  vengiez". 
9439.  Latin  fuit  en  emportant  les 
dieux. 

9468.  Énée  blessé. 

9496.  Naptanabus  invective  Turnus 

et  est  tué  par  lui. 
9543.  Énée  est  conduit  à  sa  tente. 
9552.  Le  „mire"  Japis. 


9561.  Le  dictame. 

9567.  Le  chevreuil  s'en  guérit  ton- 
jours. 

9575.  Énée  rentre  au  combat.  Ses 
exploits. 

9615.  Énée  attaque  la  ville. 

9643.  Turnus  s'effraie   et  crie  qu'il 

accepte  le  combat  singidier. 
9690.  Combat  d'Énée  et  de  Tumiis. 
9728.  „Combat  sei  fortune  o  vertu". 

9757.  Turnus  prend  une  pierre. 

9771.  Il  tombe. 

9777.  Il  demande  grâce. 

„Tes  oem  serai,  a  tei  me  rent"  (9791). 

9793.  Énée  hésite. 


9796.  Il  voit  l'anneau  que  Turnus 

a  pris  à  Pallas. 
9810.  ..mais  de  tei  se  venche  Pallas". 


LXII  INTRODUCTION 

XII  948.  9811.  Il  le  tue. 

Fin  de  l'Enéide. 

9825.  Les  barons  jurent  fidélité  à 
Enée. 

9839.  Lavinie,  voyant  qii'Enée  ne 
vient  pas  hii  parler,  conçoit  des 
doutes  sur  son  amour. 

991.5.  Enée  amoureux.  Il  se  plaint 
et  trouve  bien  longs  les  huit  jours 
qu'il  lui  faudra  attendre  avant 
son  mariage  sont. 

10105.  Sacre  d'Enée.    Son  mariage. 

10131.  Sa  progénitxire. 

3. 

Dans  cette  comparaison  du  Roman  d'Énéas  avec  son 
original  on  a  pu  remarquer  les  changements  et  les  additions 
qui  sont  de  la  main  du  traducteur.  Pour  les  changements, 
nous  en  avons  rendu  compte  dans  la  première  partie  de  ce 
chapitre.  Parlons  à  présent  des  sources  où  a  puisé  le  tra- 
ducteur pour  les  additions. 

On  a  supposé  que  le  traducteur  eût  travaillé  sur  un  ma- 
nuscrit glosé  de  Virgile,  auquel  il  aurait  emprunté  en  partie 
les  descriptions  et  les  détails  qu'il  ajoute  à  son  original.  A 
priori  cette  supposition  semble  très  vraisemblable.  Ces  scholies, 
resposant  sur  Donat,  quand  elles  sont  grammaticales,  et  remon- 
tant à  Servi  us,  lorsqu'elles  traitent  de  rhétorique,  se  sont  éloig- 
nées de  plus  en  plus  de  ces  deux  sources  par  les  interpola- 
tions et  les  changements  des  copistes  i).  Cependant,  dans  les 
manuscrits  que  j'ai  vus,  je  n'ai  trouvé  aucune  glose  qui  eût 
pu  donner  lieu  à  une  addition  de  notre  traducteur.  Prenons 
le  récit  du  jugement  de  Paris;  si  jamais  un  glossateur  avait 
l'occasion  de  montrer  son  érudition  et  de  donner  vent  à  ses 
connaissances  de  la  mythologie,  c'est  ici.  Pourtant  je  n'ai 
pas   réussi   à  en  trouver   un  récit  détaillé  dans  un  manuscrit 


*)  Comparetti.  Virgilio  nel  medio  evo.  I  1 70  :  „Come  fra  î  grammatici 
Donato,  cosi  fra  i  conimentatori  Scrvio  domina  nelle  scuole,  quale  satellite 
del  grande  poeta;  ma  la  massa  di  note  clie  il  medio  evo  ha  trasmosso 
a  noi  con  quel  nome,  se  in  gran  parte  appartiene  a  Servio,  in  buona 
parte  anche  appartiene  al  medio  evo  stesso,  che,  fino  ail'  ultima  sua  fine 
nel  XV  seculo,  non  cessù  di  interpolare  e  di  guastare  quel  testo". 


LES   SOURCES  LXIII 

de  Virgile,  et  il  me  paraît  donc  bien  probable  que  le  traduc- 
tenr  l'a  emprunté  d'ailleurs.  Servius  ne  dit  que  ceci:  ,,Nota 
fabula  est  de  malo  aureo,  Paridem  pro  Venere  contra  Junonem 
Minervamque  judicasse  de  forma"  *),  et  se  répand,  après  ces 
légères  indications,  en  raisonnements  de  rhétorique.  Il  en  est 
de  même  pour  le  récit  des  amours  de  Vénus  et  de  Mars. 

Peut-être  que  d'autres  que  moi  seront  plus  heureux  et 
rencontreront  des  gloses  dans  le  genre  des  intercalations  de 
notre  poète,  aussi  fantastiques  et  portant  aussi  exclusivement 
sur  des  descriptions  merveilleuses.  Mais  cela  me  paraît  bien 
douteux  et  j'aime  mieux  tâcher  d'expliquer  chaque  intercalation 
en  elle-même,  sans  remonter,  dans  l'histoire  de  la  composition 
de  notre  poème,  à  une  étape  hypothétique  où  l'Enéide  et  les 
additions  se  seraient  trouvées  déjà  réunies  dans  un  seul 
manuscrit. 

Dans  la  suite  nous  ramènerons  ces  additions  sous  de  cer- 
taines rubriques,  dont  la  première  est  fonnée  par: 

Les  poètes  classiques.  M.  Dunger  1, 1.  a  recherché  ce  qui, 
dans  le  Roman  de  Troie,  indique  que  sou  auteur  a  connu 
Ovide  2);  d'après  lui  Benoît  l'a  souvent  utilisé.  Ainsi  l'expé- 
dition des  Argonautes,  qu'il  ne  trouvait  pas  dans  DarèSf  semble 
avoir  été  prise  du  Livre  VII  des  Métamorphoses,  car  dans  le 
Roman  de  Troie,  pas  plus  que  dans  Ovide,  on  ne  parle  de  la 
fuite  de  Médée,  qui  constitue  pourtant  une  partie  essentielle 
du  conte  antique. 

Un  emprunt  à  Ovide  par  le  traducteur  de  l'Enéide  ne 
saurait  donc  nous  étonner.  Aussi,  je  crois  que  le  récit  inter- 
calé des  amours  de  Mars  et  de  Vénus  repose  sur  les  Méta- 
morphoses IV  171 — 189;  il  y  a  entre  le  latin  et  le  français 
une  ressemblance  qui  met  ce  rapprochement  hors  de  doute. 

Je  vois  également  une  preuve  du  fait  que  je  discute  dans 
la  mention  faite  d'Arachne.  Il  est  dit  de  l'enseigne  que  donne 
Vénus  à  Énée  (v.  4530): 


*)  Servii  grammatici  qui  fenintur  in  Virgilii  carmina  commentarii 
recensuerunt  Georgius  Thilo  et  Hermann  Hagen.  Lipsiae  Teubner  1878, 
ad  I  27. 

2)  Bartsch  (Albrecht  von  Halberstadt  und  Ovid  im  Mittelalter 
p.  LXXXIII)  hésite  à  accepter  un  emprunt  direct  à  Ovide  de  la  part  de 
Benoît. 


LXIV  INTRODUCTION 

yiiW  envie  la  fisl  Pallas; 

ele  l'ovra  par  grant  merveille, 

quanl  Arannes  l'ot  aatie  .  .  .". 
C'est  une  allusion  à  Métamorphoses  VI  5  sqq.,  où  Araebne 
veut  en   effet  se   mesurer  avec  Minerve  dans   l'art   de  tisser, 
forfait  qui  lui  vaut  d'être  changée  en  araignée. 

Pour  le  récit  intercalé  du  jugement  de  Paris  les  choses 
sont  plus  compliquées.  Voici  la  version  de  cet  épisode  mytho- 
logique dans  l'Eneas:  les  trois  déesses  sont  en  querelle  à 
cause  d'une  pomme  que  ,, Discorde"  leur  avait  jetée  et  où 
était  écrit  „en  Grezeis"  qu'elle  était  destinée  à  la  plus  belle. 
Elles  viennent  à  Paris  pour  lui  demander  de  se  prononcer  sur 
ce  point,  et  ensuite  chacune  d'elles  retourne  le  voir  en  secret 
et  lui  promet  tout  ce  qu'elle  peut:  Vénus  l'emporte  sur  ses 
compagnes.  Le  traducteur  ne  peut  pas  avoir  pris  ce  récit 
dans  Ovide,  car  aux  deux  endroits  où  celui-ci  en  parle 
(Héroides  XVI  53,  XVII  116)  il  ne  fait  pas  mention  de  la 
pomme. 

J'ai  déjà  dit  (p.  XXIX)  que  le  récit  se  trouve  également 
dans  le  Roman  de  Troie  (v.  3828),  mais  sous  une  autre  forme. 
Ici  c'est  Mercure,  qui,  étant  venu  avec  les  déesses,  parle  pour 
elles  à  Paris;  en  revanche,  il  n'y  est  pas  parlé  de  la  Discorde. 
Benoît  trouvait  ce  récit  dans  Darès,  chez  qui  manque  cepen- 
dant la  mention  de  la  pomme  et  des  promesses  que  font  les 
déesses  à  Paris  i).  M.  Meybrinck^)  suppose  que  Benoît  a  pris 
ces  détails  dans  ce  que  Servius  remarque  à  En.  I  27  ^).  Mais 
si  Benoît  n'avait  connu  la  pomme  que  par  les  quelques  mots 
qu'en  touche  ce  commentaire,  comment  aurait-il  pu  deviner  le 
rôle  qu'elle  joue  dans  le  récit?  Puis,  d'où  aurait-il  pris  sa 
connaissance   des  promesses   que  font  les  autres  déesses?    Il 

^)  Il  est  vrai  que  chez  Benoît  seulement  la  promesse  de  Vénus  est 
nommée  expressément  ;  pourtant  Paris  (qui  y  raconte  l'histoire  lui-môme)  dit  : 
Chascune  cunseilla  a  mei, 
Priveement  et  en  segrei; 
Suz  ciel  n'a  rien  que  je  vousisse, 
Qu'a  icele  ure  n'eu  traisisse. 
2)  „Die  Auffassung  der  Autike  bei  Jacques  Milet,  Guido  de  Colonna 
nnd  Benoit  de  Ste  More"  (Ausgaben  nnd  Abhandlungen  ans  dem  Gebiete 
der  romanischen  Philologie  LIV)  p.  7. 
")  Cp.  ci  dessus  p.  LXII. 


LES  SOURCES  LXV 

est  évident  qu'il  a  ajouté  au  récit  de  Darès  quelques  détails 
qu'il  savait  d'ailleurs,  et  probablement  il  a  complété  sa  version 
du  récit,  en  puisant  à  la  source  où  le  traducteur  de  l'Enéide 
a  pris  le  sien  entièrement;  ce  qui  le  prouve,  c'est  la  concor- 
dance dans  la  description  de  la  pomme,  où  il  y  avait  écrit 
„en  Grezeis"  qu'elle  était  destinée  à  la  plus  belle  des  trois. 
Quelle  peut  être  cette  source  commune? 

Remarquons  que  la  pomme  ne  fait  partie  du  récit  du  juge- 
ment de  Paris  que  dans  la  littérature  très  postérieure,  de  sorte 
qu'il  n'est  que  naturel  qu'elle  manque  dans  Ovide  et  dans 
Darès  ').  Dans  les  fables  qui  vont  sous  le  nom  de  Hygin,  le 
rapport  entre  les  noces  de  Peleus  et  de  Thétis  (où  Eris,  n'ayant 
pas  reçu  d'invitation,  causa  la  querelle  des  trois  déesses  au 
sujet  de  la  pomme)  et  le  jugement  de  Paris  est  établi  2).  Dans 
Lucien  également,  et  ici  il  est  dit  expressément  qu'on  avait 
écrit  sur  la  pomme  qu'elle  était  destinée  à  la  plus  belle  des 
trois  déesses  3),  Apulée  (Métamorphoses  10)  raconte  le  juge- 
ment au  large,  mentionne  la  pomme,  mais  ne  parle  ni  des 
noces  de  Thétis  et  de  Peleus  ni  de  l'inscription  sur  la  pomme. 
Tous  les  trois  font  accompagner  les  déesses  de  Mercure. 

Le  résultat  de  cette  constatation  n'est  pas  concluant  pour 
la  question  qui  nous  occupe.  La  seule  chose  que  nous  puis- 
sions affirmer,  c'est  que,  par  la  mention  expresse  qu'il  y  avait 
une  inscription  sur  la  pomme,  la  version  des  poèmes  français  se 
rapproche  le  plus  de  Lucien.  Comme  Mercure  ne  fait  défaut 
dans  aucune  des  versions  antiques  du  récit,  nous  pouvons  ad- 
mettre que  le  traducteur  de  l'Enéide,  bien  qu'il  ne  le  nomme 
pas,  l'a  trouvé  cependant  dans  l'original  qu'il  suivait. 
Au  vers  1911  du  Roman  nous  lisons: 

.  . .  et  le  soleil  fait  resconser  (se.  la  sorcière) 

en  plein  midi  et  retorner 

tôt  ariere  vers  orient; 

de  la  lune  fait  ensement  . .  . 
L'Enéide  ne  donne  que   ceci  (IX  488):   „et  vert  ère  sidéra 


^)  V.  sur  le  rôle  de  la  pomme  comme  attribut  de  Vénus,  l'artiicle  de 
M.  Frankel  dans  r„Archâologische  Zeitung"  T.  31  (1874)  p.  38. 

'■*)  Hygini  fabulas  edidit  Mauricius  Schmidt,  Jena  1872,  p.  87. 

2)  Mar.  dial.  5  :  èvè^aXsv  èq  xo  ^vfinôaiov  fi^Xôv  ri  TtâyxaXov,  XQ^' 
aovv  okov  ■  ènsyéyçaTizo  ai  „!]  xaXij  ka^éz<o".    Cp.  Symp.  35. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  q 


LXVI  INTRODUCTION 

rétro".    Serait -il   aller  trop  loin  que  de  voir  dans  la  mention 
faite  de  la  lune  un  souvenir  des  Métam.    VII  207  y,te  quoque, 

T uYiCL    trciho'^   !• 

Je  place  sous  cette  rubrique  l'endroit  où  notre  traducteur 
montre  qu'il  a  connu  l'histoire  des  Sept  contre  Tlièbes.  Est- 
ce  par  la  Thébaïde  de  Stace  ou  par  le  Roman  de  Thèbes? 
Pour  le  moment  une  réponse  à  cette  question  est  impossible; 
peut-être  que  la  prochaine  édition  du  Roman  de  Thèbes  nous 
édifiera  sur  ce  point.  Voici  les  vers  en  question.  Parmi  les 
personnes  qu'Énée  rencontre  dans  l'enfer,  se  trouvent  les  sept 
héros  du  siège  de  Thèbes,  bien  qu'ils  ne  soient  pas  nommés 
dans  l'Enéide  (v.  2669): 

En  icel  camp  ert  Adrastus, 
Polinicés  et  Tydëus, 
Ipomedon,  Parthenopeus, 
Amphiaraus  et  Capeneiis. 
Il  est  à  remarquer  que  le  traducteur  les  nomme  l'un  après 
l'autre,   sans  les   confondre  avec  les  héros  du  siège  de  Troie, 
qu'il   cite   au  môme  endroit,  de  sorte  que,   pour  lui,  c'étaient 
plus  que  des  noms;  il  se  rendait  bien  compte  que  ces  person- 
nages rentraient  dans  un  autre  cadre  que  Ménélas  et  ses  com- 
pagnons. 

Les  chansons  de  {/este.  Cette  nibrique  devrait  renfermer 
les  détails  de  combats,  d'armure  et  de  vie  chevaleresque  qui 
se  trouvent  dans  les  parties  que  le  poète  a  ajoutées  à  l'Enéide. 
Cependant,  ayant  dit  au  début  de  ce  chapitre  que  tout  le 
poème  est  imprégné  des  idées  du  moyen  âge,  nous  n'avons 
plus  besoin  d'insister  sur  les  passages  où  cet  esprit  se  révèle. 
Je  ne  veux  que  relever  deux  endroits.  Le  premier  à  été  déjà 
cité  par  M.  Parodi2);  c'est  le  vers  8769  suiv.,  où  Lavinie  envoie 
une   lettre  à  Énée  par   une-  flèche.     M.  Parodi  en  rapproche 

1)  Herbert  de  Fritzlar,  un  des  traducteurs  de  Benoît  de  Ste-More,  a 
ajouté  ce  tour  de  force  à  ceux  dont  Médée  est  capable.  M.  Dunger  (1.  c.) 
y  voit  un  emprunt  direct  à  Ovide.  On  serait  tenté  d'y  chercher  un  em- 
prunt à  Veldeke;  M.  Behaghel  donne  à  la  page  CCVI  de  son  édition  de 
rEnéide  une  liste  des  détails  qu'Herbert  a  pris  dans  l'œuvre  de  Veldeke. 
Mais  celui-ci  ne  traduit  pas  le  vers  1913  du  Roman 

2)  I  rifacimenti  e  le  traduzioni  italiane  dell'  Enéide  di  Virgilio 
prima  del  rinascimento  p.  U8  Note.    Studj  di  Filol.  romanza. 


LES   SOURCES  LXVn 

l'endroit  dans  Girbert  de  Metz  où  la  fille  de  Fromont  se  sert 
de  ce  moyen  pour  ne  pas  prendre  part  à  la  trahison  contre 
Hernaut  (Hist,  litt.  de  Fr.  XXH  625). 

Au  vers  7838  Latin  dit  qu'il  sait  une  île  où  le  combat 
singulier  entre  Turnus  et  Enée  pourrait  avoir  lieu.  Cette  île 
n'est  pas  mentionnée  dans  l'Enéide,  et,  ce  qui  est  assez  curieux, 
dans  Enéas  le  combat  se  fait  pourtant  sur  la  terre  ferme, 
comme  la  suite  le  montre  (v.  9290).  Nous  avons  donc  ici  affaire 
à  un  thème,  introduit  incomplètement  par  le  traducteur  et  imité 
des  chansons  de  geste,  où  l'île  pour  le  combat  singulier  était 
typique:  le  „holmgang"  de  la  poésie  Scandinave. 

Contes  orientaux.  On  sait  que  le  moyen  âge  a  beau- 
coup chéri  les  contes  Orientaux.  M.  Bartsch,  dans  son  In- 
troduction au  poème  moyen-haut-allemand  de  „Herzog  Ernst", 
rend  à  peu  près  certain  que  le  ^Voyage  de  Sindbad"  a  fourni 
de  la  matière  à  l'auteur  de  ce  poème,  et,  dans  une  revue  néer- 
landaise „de  Gids*  (Année  1889,  Août  p.  278 — 312),  le  savant 
professeur  de  langue  et  littérature  arabes  à  l'université  de  Leyde, 
M.  de  Goeje,  se  rallie  à  cette  opinion.  —  Lui  aussi,  trouve  -pro- 
bable l'existence,  au  Xlle  siècle,  d'un  livre  latin  où  les  merveilles 
de  ce  voyage  ont  été  décrites  et  qui  a  servi  de  source  au  poète 
allemand.  Que  ce  soit  par  ce  livre  on  d'une  autre  manière,  ce 
qui  est  certain,  c'est  que  le  traducteur  de  l'Enéide  a  également 
connu  ces  contes.  Il  y  a  deux  détails  qui  prouvent  un  em- 
prunt au  „ Voyage  de  Sindbad":  d'abord  les  murs  aimantés 
de  Carthage  (au  vers  433),  dont  l'idée  lui  est  venue  sans  doute 
par  la  montagne  aimantée  (V.  Gids  1. 1.  p.  288)  i),  et  puis  les 
juments  de  mer  (au  vers  8935)  (V.  Gids  p.  282)  2). 

Les  Bestiaires.  Bien  que  les  quelques  détails  merveilleux 
de  l'Enéas  que  j'ai  retrouvés  dans  le  Bestiaire  de  Philippe  de 
Thaiin,  proviennent  probablement  aussi  de  l'Orient,  et,  du 
moins,  ne  sont  pas  du  crû  de  ce  poète,  j'en  fais  une  catégorie 
à  part,  parce  qu'il  m'est  impossible  de  remonter,  pour  ces  dé- 


^)  Cette  montagne  aimantée  a  été  très  goûtée  au  moyen  âge.  Sir 
John  de  Maundeville  y  croit  encore.  V.  Revue  des  deux  Mondes.  Liv- 
raison du  15.  Nov.  1889. 

2)  D'après  une  remarque  judicieuse  de  M.  de  Goeje,  les  chevaux 
de  mer  doivent  leur  existence  à  la  circonstance  que,  dans  l'Inde,  les  meil- 
leurs chevaux  étaient  importés  d'outre  mer. 

e* 


LXVm  INTRODUCTION 

tails,  plu8  haut  que  Philippe,   et  d'indiquer  avec  précision  la 
source  où  il  les  a  pris. 

Qu'on  compare  à  la  description  des  crocodiles,  au  vers  471, 
les  vers  suivants  du  Bestiaire  (330)  i): 

„Cocodrille  signefie 

diable  en  ceste  vie, 

quant  huche  overte  dort, 

dune  mustre  enfern  et  mort. 

Idrus  est  heste  e  nage 

d'un  estrange  curage;  .  .  . 

dune  vient  a  cocodrille 

la  u  il  dort  en  le  idle 

en  la  bûche  se  met 

petit  et  pelitet. 

Or  oez  quel  merveile; 

H  cocodrille  s'esveille, 

itant  par  est  glut 

que  tut  vif  festranglut. 

Idrus  el  cors  H  entre, 

la  buele  de  sa  ventre 

li  trenche,  e  départ, 

si  l'ocit  par  tel  art. 

Puis  s'en  ist  vif  del  cors, 

sa  huele  eti  g  et  hors'^^). 
On  retrouve   l'oiseau  Calade  du  vers  7467,  dans  Philippe, 

au  vers  1058: 

Et  Phisiologus 

dit  que  Caladrius 

en  curt  a  rei  deit  estre 

et  de  une  chose  est  maistre, 

que  il  set  bien  choisir 

hume  ki  deit  mûrir, 

*)  Edition  de  Wright.  Popular  Treatises  on  Science  written  during 
the  Middle  Ages.    London  1844. 

^)  Cp.  Apulée  „Bellua  immanis  cocodrilliis  ille,  qui  in  Nilo  gignitur, 
ea  quoqe,  uti  comperior,  purgandos  sibi  dentés  innoxio  hiatu  praebet. 
Nam  quod  est  ore  amplo,  sed  elingui,  et  plerumque  in  aqua  recluso, 
multae  hirudines  dentibus  implectuntur;  eas  illi,  quum  egressus  in  praeripia 
fluminis  hiavit,  una  ex  avibus  —  arnica  avis  —  injecto  rostro  sine  noxiae 
periculo  exscalpit". 


l'édition  du  texte  lxix 

de  enfermete  que  hum  ad, 

kl  devant  lui  vendrai. 

Se  il  deit  mûrir  par  veir, 

nel  deignerad  veeir; 

mais  se  il  volt  veer., 

très  bien  saces  pur  veir, 

que  par  sun  veement 

le  mal  de  fhume  prent, 

tut  le  mal  a  sei  trait, 

et  H  hum  sain  se  vait  .  .  . 
Le  monstre  de  mer,  appelé  „cetu8",  qui,  dans  l'Énéas,  est 
mentionné  au  vers  4446,  est  également  nommé  dans  le  Bes- 
tiaire (au  vers  108),  et  l'on  se  demande  si  l'on  est  en  droit  de 
rapprocher  des  oiseaux  qui  pondent  en  mer  (Enéas  4032), 
l'oiseau  „Fullica"  du  Bestiaire  (1351): 

Fullica  est  valable 

et  oisel  entendable  ... 

En  eve  fait  sun  ni. 


Chapitre  IV. 

L'édition  du  texte. 

Comme  base  de  mon  édition,  j'ai  pris  le  manuscrit  A,  qui, 
non  seulement,  est  le  plus  ancien,  mais  aussi  le  plus  correct 
de  tous  mes  manuscrits.  Il  a  été  copié  par  un  scribe  lorrain 
(ainsi  il  écrit  lo  pour  le),  sur  un  manuscrit  normand  (c'est,  du 
moins,  une  hypothèse  qui  expliquerait  1.  la  graphie  de  wn  pour 
on,  laquelle  s'y  rencontre,  quelquefois;  2.  la  conservation,  à  quel- 
ques endroits,  de  ei  pour  oi',  3.  celle  de  la  terminaison  ot 
pour  oit  dans  quelques  vers). 

Je  m'en  suis  tenu  le  plus  près  possible  pour  l'orthographe 
du  texte,  et,  en  général,  je  ne  m'en  suis  écarté  que  quand  les 
résultats  de  mes  recherches  au  Chapitre  II  m'y  autorisaient. 

Je  vais  indiquer  maintenant  quels  sont  les  changements 
que  j'ai  apportés.    Pour  simplifier,  je  les  divise  en  deux  grou- 


LXX  INTRODUCTION 

pes.  D'abord  les  changements  constants:  quand  le  manuscrit 
note  un  mot  ou  un  son  régulièrement  par  la  même  graphie,  que, 
régulièrement,  j'ai  dû  changer,  il  serait  oiseux  de  citer  tous  les  cas 
où  ce  mot  ou  ce  son  se  présentent.  Je  range  dans  cette  catégorie 
les  mots  et  les  sons  où  j'ai  rétabli  l'orthographe  étymologique, 
tandis  que  le  manuscrit  se  sert,  tantôt  de  cette  orthographe, 
tantôt  d'une  autre  plus  moderne.  Ce  n'est  que  dans  le  cas  que 
le  mot  serait  douteux,  qu'il  importe  de  savoir  l'orthographe  dont 
se  sert  le  manuscrit,  et,  alors,  le  mot  sera  cité  dans  le  second 
groupe;  mais  qu'il  écrive  à  tel  vers  mes,  à  tel  autre  mais, 
voilà  qui  n'a  qu'à  être  constaté  une  seule  fois  pour  toutes, 
sans  qu'il  soit  nécessaire  de  citer  les  vers  où  il  écrit  mes  et 
ceux  où  il  rend  ce  mot  par  mais.  Dans  le  second  groupe 
figureront,  dans  l'orthographe  de  A,  les  mots  dont  j'ai  changé 
la  graphie,  changements  isolés,  qui  ne  se  laissent  pas  ramener 
à  la  première  catégorie. 

I.  Changements  constants. 

A.  Phonétique. 
I.  Voyelles. 

a.  an  et  en  sont  confondus  par  le  copiste,  qui  écrit  pres- 
que partout  a«,  très  rarement  en  (par  exemple  8459  deme?ide, 
5394  entrée,  5403  dedenz).    J'ai  rétabli  la  différence. 

Famé  (que  le  manuscrit  écrit  rarement  femme^  par  exemple 
au  vers  6789)  a  été  remplacé  par  femme. 

al,  el.  Pour  les  mots  qui,  en  ancien  français,  ont  les  deux 
formes,  j'ai  gardé  la  graphie  du  manuscrit. 

e.  el,  els,  elz,  ell  sont  notés  dans  le  manuscrit  par  al  {al 
8056,  fealtez  9827),  iau  (iaude  6972),  iaics  (oisiaus  429),  als  (cals 
180),  ials  {biais  717),  ialt  {bialté  175,  aquialt  257),  aux  {solauz 
10033),  iauz  {miauz  75).  Comme  les  rimes  ne  prouvent  pas 
que,  dans  le  dialecte  de  l'auteur  de  l'Enéas,  un  a  se  soit 
développé  entre  e  et  /,  j'ai  rétabli  els,  elz  etc. 

Quelquefois  il  rend  la  voyelle  par  o,  qui  correspond  tou- 
jours à  un  ^  latin,  par  exemple:  cols  (5546),  chevox  (2011), 
artolz  (2566). 

el  {en  le)  est  régulièrement  écrit  ou  dans  le  manuscrit. 

Le  manuscrit  écrit  partout  ee  pour  eee  (7523  effree,  7740 
agrée).    J'ai  partout  rétabli  eee. 


l'édition  du  texte  lxxi 

J'ai  gardé  la  forme  de,  Gre  pour  deu,  Greu,  là  où  elle  se 
trouvait  dans  le  manuscrit.  Qu'on  veuille  corriger  les  vers  37, 
38.  339.  2232. 

L'accusatif  de  l'article  est  écrit  lo  dans  A.  J'ai  restitué 
la  forme  le. 

giter,  gita,  gitot  a  été  partout  changé  en  geter  etc. 

e  protonique  a  été  rétabli  (en  dehors  des  mots  cités  dans 
le  second  groupe)  dans  oU  (144  aust,  1655  Dlaust.  583  aUmes 
etc.).     Le  manuscrit  écrit  partout  au. 

0.  q  tonique,  dans  le  manuscrit,  est  tantôt  diphtongue 
{sesmuet  319),  tantôt  il  s'écrit  o  {înove  3397,  avoc  5548).  J'ai  par- 
tout imprimé  ue,  parce  que  les  rimes  attestent  la  diphtongaison 
dans  l'original.  Au  commencement  du  mot  j'ai  imprimé  oe  au 
lieu  de  ue  (cp.  Cligés  éd.  Foerster  LXXI). 

Dan^  bon  (écrit  dans  A  bon  5950  ou  buen  1872)  j'aurais 
pu  m'autoriser  de  la  rime  qui  se  trouve  au  vers  4507,  pour 
me  tenir  à  la  graphie  du  manuscrit.  Mais  j'ai  préféré  égaliser 
la  graphie  ici  comme  ailleurs. 

on,  l'on  est  noté  par  A  an,  lan.  J'ai  rétabli  on  et  con- 
servé l'en. 

Devant  /  mouillée  j'ai  gardé  au  rétabli  o;  le  manuscrit  écrit 
oi  (oil  9098)  ou  ue  {duel  9097)  ou,  rarement,  uei  {dueil  8215). 
Cp.  p.  XV  de  l'Introduction, 

0  de  au  latin  s'écrit  dans  A  ou  (lou  6590,  ou  (apud)  65). 
J'ai  imprimé  o. 

0  est  noté  dans  A  ou  {prou  1591,  ou  {ubi)  6890)  ou  bien 
eu  {preu  5688).     Ici  encore  il  a  fallu  rétablir  o. 

Egalement  là  où,  par  exception,  le  manuscrit  note  o  de- 
vant nasale  par  u  (Cp.  onc  2  et  une  21,  dont  298  et  dunt  40, 
tombe  7637  et  tumbe  7644). 

ie  devait  être  rétabli  partout  {guidèrent  5328,  comencerent  3740. 

Également  iee  pour  ie,  qui  est  fréquent  dans  A  {afebleie 
7250,  redrecies  597,  depecies  598,  chient  476). 

J'ai  distingué  le  futur  iert  de  l'imparfait  ert,  ce  que  le 
copiste  de  A  ne  fait  pas  toujours  (cp.  tiert  8717  et  ert  113). 

ai.  J'ai  introduit  partout  la  graphie  étymologique.  Le 
copiste  de  A  confond  ai,  et,  e  {praignent  2886,  serement  3494, 
pleisir  1382);  il  note  ai  devant  n  par  a  {a7îsi  263,  planement 
6179,  sane  7972). 


t 


LXXn  INTRODUCTION 

ei.  Ce  son  est  écrit,  dans  A,  dans  les  syllabes  protoni- 
ques ei  {merveillos  5405,  paveillon  7335,  oreiUier  7461),  ou  oi 
(anvoier  5931);  et  oi  ou,  très  rarement,  ei  dans  les  syllabes 
toniques  {aveine  355,  merveilles  5662;  des  exemples  pour  oi  se 
trouvent  passim,  ainsi  tous  les  imparfaits  en  o«7,  poine  356, 
moins  5448). 

oi  devait  être  rétabli  dans  poi  (écrit  po  685,  9081;  pou  9882). 

eu  devait  être  rétabli  partout  dans  sol  (285),  solement  (2025), 
dous  (6844),  sarcoz  (7645),  lou  {locum  4461,  écrit  leu  6882), 
jous  (6881). 

n.   Consonnes. 

h.  Quant  à  h  latin  je  me  suis  tenu  au  manuscrit,  ex- 
cepté pour  latin  homo,  que,  au  nominatif  singulier,  j'ai  imprimé 
oem  et  partout  ailleurs  home  ou  ome^  suivant  le  manuscrit. 

/r,  g,  qu^  gu.  J'ai  noté  le  son  k  par  c  devant  les  voyelles 
gutturales,  et  par  k  devant  les  voyelles  palatales.  Ainsi  il  m'a 
fallu  changer  en  k  le  qu  des  mots  suivants:  ki  (nomin.),  onkes^ 
iluekes,  aikes  (cp.  Mail.  Comp.  p.  93). 

cui  (ace.)  et  cuidier  sont  à  quelques  rares  endroits  écrits 
dans  A  qui  (1275),  quidier  (3113). 

J'ai  noté  le  son  dz  par  g  devant  les  palatales  et  par  j 
devant  les  gutturales.  Le  manuscrit  a,  dans  le  premier  cas, 
g  {degiete  8077,  iugemant  125),  i  {luiement  113);  devant  a,  o,  u 
il  note  ce  son  par  i  (ingéra  130,  iaaii  2733)  ou  par  J  (James 
8599). 

Le  manuscrit  ne  connaît  que  la  forme  îardier,  atardier 
(tarda  1500,  atarder  1866,  atardie  5037).  La  rime  large  :  barge 
(241)  montre  qu'il  faut  partout  remplacer  d  par  g. 

Dans  les  mots  d'origine  allemande  commençant  par  ^, 
provenant  de  tv^  j'ai  noté  gu^  au  lieu  de  g.  Le  manuscrit  a 
partout  g. 

j  a  été  imprimé  au  lieu  de  i  dans  seior  (606),  seiorner 
(607)  etc. 

I.  Le  copiste  est  très  inégal  quant  à  la  vocalisation  de 
/  (baudor  1130,  altretant  1142,  mais  1281,  vasaus  1286).  Il 
fallait  régulariser.  Dans  quel  sens?  Nous  avons  vu  que,  il 
est  vrai,  notre  poème  contient  quelques  rimes  qui  attestent  la 
vocalisation;  pourtant,  pas  plus  que  M.  Warnke,  je  n'ose  ac- 


l'édition  du  texte  LXXin 

cepter  la  vocalisation   dans   toute    son  étendue  pour  l'Enéas, 
car  les  exemples  en  sont  trop  rares.    Je  rétablis  donc  partout  /. 

Quelquefois  A  omet  /  sans  le  remplacer  {cop  partout^,  as 
114,  escoterent  846,  escotez  4115,  ques  7826,  sos  7840). 

m,  n.  m  devant  h,  p  est  noté  par  n  ou  par  l'abréviation 
connue.  Dans  ce  dernier  cas  j'ai  imprimé  m;  sans  cela  j'ai 
gardé  n.  On  trouvera  la  trace  de  mon  hésitation  sur  ce  point 
dans  quelques  graphies  au  commencement  du  texte  (249,  269, 
286,  578,  719,  897  etc.),  où  il  aurait  fallu  imprimer  n  au  lieu 
de  m.     Au  glossaire  j'ai  imprimé  n  étymologique  devant  h,  p. 

m  après  ai  ne  se  confond  pas  avec  n\  il  fallait  donc  ré- 
tablir la  lettre  étymologique.  Le  manuscrit  écrit  n  (8133, 
9947,  9948). 

Après  0,  m  et  w  se  confondent.  Le  manuscrit,  là  où  m 
est  étymologique,  écrit  quelquefois  l'abréviation  {nom  1581), 
quelquefois  n.    J'ai  rétabli  partout  m  dans  ces  mots. 

t,  d.  Nous  avons  vu  que,  dans  l'Énéas,  un  d  était  inter- 
calé entre  n  et  r.  Le  manuscrit  tantôt  l'écrit  {veiidroie  5833), 
tantôt  l'omet  {vanrai  5827).     Il  fallait  l'introduire  partout. 

Entre  /  et  r  le  manuscrit  place  un  t  dans  voltrent  (112, 
1053  etc.).    Nous  avons  changé  le  t  en  d. 

Pour  les  hiatus,  occasionés  par  la  terminaison  -e{t)  de  la 
3e  pers.  sing.  indic.  prés,  le  conjug.,  dont  nous  avons  donné 
plus  haut  des  exemples,  je  me  suis  tenu  à  mon  manuscrit,  a 
quelques  rares  exceptions  près.  Tandis  que  les  autres  manus- 
crits tâchent  de  faire  disparaître  l'hiatus  par  des  chevilles,  A 
(et  c'est  une  preuve  de  son  exactitude)  le  conserve  le  plus 
souvent.  Exceptionnellement  nous  pouvons  l'attraper  sur  le 
fait  d'en  faire  disparaître;  ainsi  au  vers  1229. 

Le  /  des  parfaits  en  -«7,  -ut  étant  tombé  à  l'époque,  de 
notre  auteur,  nous  l'omettons  là  où  A  l'écrit  (par  exemple  au 
vers  9764). 

s,  z.  En  général,  le  copiste  est  exact  à  distinguer  ces 
deux  sons.  Pourtant  il  écrit  quelquefois  z  où  il  faut  s  {torz 
245)  ou  s  ou  lieu  de  z  {ces  6480).  J'ai  rétabli  partout  la  lettre 
qu'il  fallait. 

Quant  à  s  devant  consonne  (liquide  ou  forte),  A  l'écrit  par- 
tout, excepté  devant  /  (par  exemple  meller  3509)  et  /  {effroii 
3806,  efforz  5944).    Je  l'ai  rétabli  aussi  dans  ces  mots. 


LXXrV  INTRODUCTION 

2:  a  le  son  de  s  douce  dans  donzel,  donzele,  Grezeis. 
Le  manuscrit  écrit  quelquefois  x  pour  s  {repox  335,  chevox 
2082).    J'ai  rétabli  s. 

J'ai  fait  disparaître  x  pour  us. 

Doublement  de  consonnes.  En  général  je  me  suis 
tenu  au  manuscrit.  On  trouvera  dans  la  seconde  partie  de  ce 
chapitre  quelques  mots  où  j'ai  changé  l'orthographe  de  A  sur 
ce  point.  Je  place  parmi  les  „  changements  constants  les  mots 
parolle  (1566,  1813),  voilent  (2175,  2236)  et  la  terminaison  elle 
(5869,  5896),  qui  partout  sont  écrits  avec  II  et  que  j'ai  im- 
primés avec  /  simple. 

Séparation  de  mots.  Voici  les  expressions  que  le  ma- 
nuscrit écrit  toujours  en  un  mot  et  que  j'ai  toujours  séparées: 

des  i  (écrit  desi  45,  985). 

de  bot  (écrit  dehot  3861,  7703). 

en  fin  (écrit  anfin  7841). 

ja  mais  (écrit  iames  8599). 

a  seitr  (écrit  aseur  8759). 

Montalhan  (écrit  mont  auhan  passim). 

lai  enz,  lai  sus,  lai  jus  (écrit  laienz  1944,  lessus  2501  ou 
lai  sus  1876,  leissus  2913),  çai  enz,  ça  sus,  mi  Jus  (écrit  çaianz 
4968,  çaisus  2328,  caus  2502). 

or  freis  (écrit  orfrois  1474). 

B.  Flexion. 

Substantif.  Masculins  IL  La  différence  entre  le  nomi- 
natif et  l'accusatif  a  été  rétabli  dans  le  corps  de  vers. 

in.    Le  manuscrit  a  des  fautes,  par  exemple  hons  8951. 

Le  copiste  a  laissé  aux  noms  propres  (quand  il  ne  les  a 
pas  indiqués  par  l'initiale)  la  déclinaison  latine,  par  exemple 
eneam  (8049),  a  eneam  (8862),  enee  (7843),  Euriale  (5156).  Bien 
que,  au  vers  3932,  la  forme  Neptuni  soit  attestée  par  la  rime, 
j'ai  cru  devoir  rétablir  partout  les  formes  françaises. 

Féminins  IL  Nous  avons  vu  plus  haut  que  l'Eneas 
montre  tant  les  formes  anciennes  sans  5,  que  les  formes  mo- 
dernes. On  pourrait  uniformiser  dans  les  deux  sens.  Si  l'on  omet 
partout  5,  on  vieillit  le  texte;  en  ajoutant  *,  on  représente 
comme  accompli  un  développement  qui  n'est  encore  qu'en  train 


l'édition  du  texte  lxxv 

de  se  faire.    Je  me  suis  décidé  à  placer  s  partout,  excepté  dans 
les  mots  qui  se  trouvent  à  la  rime  avec  un  mot  sans  s. 

Adjectif.  Le  féminin  analogique  a  été  écarté  là  où  le 
mètre  le  permettait,  par  exemple  au  vers  4913. 

Dans  anbedos  (par  exemple  6067)  s  a  été  rétabli  après  anhe-. 

Verbe.  Personnes.  La  le  pers.  du  pluriel  a  été  im- 
primée sans  s  à  la  fin. 

Les  2e  pers.  plur.  du  subj.  en  eiz  (manuscrit  oiz\  qui  sont 
sans  doute  authentiques,  ont  été  conservées. 

vait  a  partout  remplacé  ya,  forme  qui,  d'ailleurs,  ne  se 
trouve  que  rarement  dans  A  (155). 

Temps.  Imparfait.  La  terminaison  de  l'imparfait  de 
la  le  conjugaison  est  écrit  oit,  et  quelquefois  ol  (aux  vers  1438, 
1488,  1868,  1864,  1954,  2071,  2661,  2662,  2680,  2681,  2682, 
2807,  2819,  3503,  3504,  4551,  4552,  4635,  4645,  5238,  5409, 
8416,  8417,  8418,  8420,  8421,  8422,  8423). 

Futur.  Les  futurs  en  -erra  ont  été  rétablis  dans  les 
verbes  remembrer  (écrit  remembrera  316),  membrer  {manbrera 
1783),  mostrer  {mostrerai  2213). 

Dans  le  futur  de  remaindre,  ain  a  été  rétabli  au  lieu  de 
an  qui  est  constant  dans  A  (par  exemple  remanroiz  6968,  re- 
mandront  6553). 

Imparfait  du  subjonctif.  A  côté  des  formes  poisse 
(8274),  puisi  (8672),  se  trouve  peusse  (10076).  J'ai  rétabli 
cette  dernière  forme. 

Adverbe.  A  écrit  la  négation  ne,  même  devant  les  vo- 
yelles.   J'ai  changé  ne  en  nen,  quand  ne  est  suivi  d'une  voyelle. 

Conjonction.  La  conjonction  si  est  souvent  écrite  se, 
surtout  là  où  elle  est  suivie  du  son  /.  J'ai  introduit  partout 
cette  dissimilation,  et,  quand  il  n'y  pas  de  /  qui  suit,  j'ai  ré- 
tabli la  forme  si  (par  exemple  au  vers  4961). 

ainçois  (adv.  et  conj.)  a  été  change  en  anceis. 

J'ai  rétabli  dans  le  texte  la  différence  de  donc  et  dont 
qui  ont  été  confondus  par  le  copiste  (par  exemple  au  vers  298). 

Quant  aux  alinéa,  je  me  suis  tenu  au  manuscrit,  excepté 
pour  le  cas  où  tous  les  autres  manuscrits  étaient  d'accord  à 
mettre  un  alinéa  et  où  A  seul  ne  l'avait  pas;  dans  ce  cas -là 
on  peut  croire  à  une  négligence  de  la  part  de  A  (ainsi  au 
vers  5025). 


LXXVI  INTRODUCTION 

II.  Changements  isolés. 

14  nesparnoient.  —  79  estoyle.  —  90  esquipé.  —  190 
vaucrer,  —  201  estoilles.  —  202  voilles.  —  248  decassez.  — 
251  soldeement.  —  315  deliotera.  —  365  errent.  —  400  grel- 
letes.  —  446  aers.  —  467  fie.  —  473  pesonez.  —  480  peisons. 

—  486  isle.  —  512  oiseries.  —  516  costivee.  —   522  reaime. 

—  528  Capitoille.  —  539  Capitoille.  —  545  idres.  —  558  pal- 
leor.  —  564  Antan.  —  567  astrent.  —  580  loigtaine.  —  585 
veismes.  —  591  ilues.  —  604  espenoi.  —  653  tiriene.  —  654 
libicaine.  —  674  propre.  —  676  dedevant.  —  688  roeue.  — 
730  chambellan.  —  777  quel.  —  871  raviens.  —  934  certai- 
gnement.  —  952  anginie.  —  964  anginier.  —  1064  soi.  —  1066 
toit.  —  1111  angineor.  —  1128  euverz.  —  1136  deffare.  —  1161 
davant.  —  1181  siait.  —  1286  linage.  —  1320  estuisse.  —  1331 
ussez.  —  1376  escauciee.  —  1450  e  r.  —  1451  velt.  —  1464 
coivres.  —  1475  coivre.  —  1485  tiriene.  —  1486  Diene.  —  1524 
sestorse.  —  1528  seinor.  —  1535  felenie.  —  1537  dasriere.  —  1544 
ielz.  —  1568  felenie.  —  1632  angoisos.  —  1660  anginier.  — 1692 
felenie.  —  1728  falez.  —  1729  jaceront.  —  1775  fais.  —  1840 
quan  que.  —  1845  cotie.  —  1883  velt.  —  1883  esaier.  — 
1923  mure.  —  1924  augure.  —  1937  destrure.  —  1938  augure. 

—  1970  trebuch.  —  2032  memelle.  —  2053  glore.  —  2054 
memore.  —  2065  daccordement.  —  2074  laloigne.  —  2092 
menginastes.  —  2120  larme. 2177  josne.  —  2188  renne. 

—  2189  real.  —  2195  elissiens.  —  2200  augure.  —  2206  esto- 
illes. —  2278  lessilliee.  —  2291  an  mont.  —  2292  ielz.  —  2378 
vels.  —  2408  felenie.  —  2429  san  cors.  —  2431  saiches.  — 
2441  pasaige.  —  2448  molsues.  —  2453  decassee.  —  2484  fluve. 

—  2502  caus.  —  2528  tollir.  —  2572  petrine.  —  2646  resne. 

—  2672  Amphiaras.  —  2733  iaan.  —  2734  boban.  —  2768 
puor.  —  2769  puor.  —  2801  geuent.  —  2806  deduoient.  — 
2827  liniee.  —  2863  Sichans.  —  2905  espanoi.  —  2952  es- 
cauciee. —  2988  escauciee.  —  3012  veor.  —  3123  antequite. 

—  3135  creone.  —  3142  mesaige.  —  3148  montaine.  —  3206 
linages.  —  3237  vieil  —  3238  fegne.  —  3242  real.  —  3258 
petrals.  —  3287  vels.  —  3302  vels.  —  3317  panra.  —  3319 
vels.  —  3325  tolient.  —  3340  ansin.  —  3350  escauciee.  — 
3465  velt.  —  3482  retollir.  —  3489  per.  —  3535  sen  henap. 


L'EDITION   DU   TEXTE  LXXVII 

—  3559  chescune.  —  3585  bische.  —  3599  daarriens.  —  3605 
plasseiz.  —  3609  siant.  —  3641  curiee.  —  3650  seiniee.  —  3679 
ehei.  —  3725  porpanent.  —  3751  diffension.  —  3792  lainz  ne.  — 
3815  dissoient  —  3894  aseor.  —  3898  meismes.  —  3942  eues. 

—  3961  damoisselle.  —  3991  dolgiez.  —  4006  vallent.  —  4013 
broudee.  —  4020  oissiaus.  —  4023  sorciente.  —  4057  lovinaz. 

—  4058  eostaz.  —  4062  jaues.  —  4062  james.  —  4067  james. 

—  4083  estrie.  —  4084  petriaus.  —  4122  nenaie.  —  4152 
roiume.  —  4180  velt.  —  4189  seriens.  —  4199  atroignons.  — 
4291  arbelestiers.  —  4320  velt.  —  4322  velt.  —  4336  deser. 

—  4361  soltil.  —  4362  dolgie.  —  4388  vielt.  —  4390  sosploier. 

—  4394  esoigne.  —  4405  sangoisent.  —  4416  soltilment.  — 
4420  maailles.  —  4423  eop.  —  4486  litez.  —  4459  soltiz.  — 
4567  laisier.  —  4613  voilles.  —  4614  estoilles.  —  4616  tier. 

—  4645  glore.  —  4646  victore.  —  4684  Aviez.  —  4740  panre. 

—  4804  idons.  —  4834  meignent.  —  4944  irras.  —  4997  fusiens. 

—  5009  antandisiens.  —  5017  gardant.  —  5036  peor.  —  5099 
chosi.  —  5128  espoisse.  —  5135  boison.  —  5137  esloiniez.  — 
5151  seguist.  —  5180  ilues.  —  5214  dis.  —  5229  espenoir.  — 
5272  compère.  —  5312  carriax.  —  5351  igniaument.  —  5375 
bélier.  —  5408  laceure.  —  5447  la  us.  —  5450  geui.  —  5462 
desi.  —   5492  loin.   —   5496  li  ainz  nez.  —   5510   daveneir. 

—  5545  desries.  —  5560  paseuent.  —  5568  esparnez.  —  5571 
demenois.  —  5576  raseut.  —  5594  boisines.  —  5613  destriers. 

—  5619  rivaige.  —  5620  naige.  —  5625  neis.  —  5626  remeis. 

—  5630  hantes.  —  5638  neis.  —  5643  proesces.  —  5675  loign. 

—  5676  besoign.  —  5679  eohardie.  —  5686  arrière.  —  5689 
forteresce.  —  5690  proesce.  —  5697  Enmez.  —  5700  hoisiax. 

—  5704  eant.  —  5705   cuit.  —  5715  viaut.  —   5735  cartier. 

—  5738  chei.  —  5746  agaitiie.  —  5751  eschaucirra.  —  5764 
choisist.  —   5779  broine.  —   5780  longe.  —  5816  soldeement. 

—  5843  mesnie.  —  5874  quel.  —  6003  enveiroient.  —  6058 
comunement.  —  6062  veil.  —  6066  leax.  —  6098  cart.  — 
6117   paille.  —  6118  Tessaille.  —  6209  toit.  —  6224  veor. 

—  6251  moignent.  —  6286  felenie.  —  6289  paille.  —  6330 
oirre.  —  6356  sacrefie.  —  6390  nisist.  —  6404  escberpe.  — 
6414  sarcous.  —  6445  cimesses.  —  6450  sarcou.  —  6462  reax. 

—  6463  escepre.  —  6474  torbentine.  —  6483  maurroit.  — 
6527  lus.   —  6557  linnage.  —  6576  no.  —  6585  costez.   — 


LXXVm  INTRODUCTION 

6590  doinon.  —  6605  pailles.  —  6620  sirre.  —  6641  anginos. 

—  6719  compare.  —  6754  felenie.  —  6796  su  e.  r.  —  6830 
anveissent.  —  6892  huiez.  —  6922  apoiee.  —  6925  gigue.  — 
6984  plaine.  —  6990  effroe.  —  7006  poldroier.  —  7018  eomu- 
nement.  —  7045  suoit.  —  7050  voidier.  —  7078  reeraant.  — 
7086  coldre.  —  7117  ving.  —  7147  desriere.  —  7150  en  ese. 

—  7159  desriere.  —  7160  parsurre.  —  7160  meniere.  —  7266 
dongier.  —  7287  arbeleste.  —  7295  cot.  —  7299  carrez.  — 
7341  veor.  —  7397  besoin.  —  7398  loin.  —  7530  sigie.  — 
7555  eimesse.  —  7556  seslesse.  —  7605  veor.  —  7606  aseor. 

—  7617  grelles.  —  7633  derriene.  —  7641  cepre.  —  7714 
en  islore.  —  7720  luisserie.  —  7749  claing.  ^  7750  aing.  — 
7752  chalonge.  —  7757  moire.  —  7835  mesaiges.  —  7840  hasti- 
soit.  —  7845  violt.  —  7863  vialt.  —  7864  te  elamaime.  — 
7865  vialt.  —  7872  coraige.  —  7884  colui.  —  7932  vielz.  — 
7953  lou.  —  7965  seuant.  —  7997  vials.  —  7998  dials.  — 
8002  no  loi.  —  8010  espanoir.  —  8022  lèse.  —  8023  velt.  — 
8130  menace.  —  8148  veor.  —  8155  mervoille.  —  8206  ferte. 

—  8215  plain.  —  8820  amartume.  —  8241  aing.  —  8368  pre- 
mere.  —  8387  veor.  —  8437  Antan.  —  8477  vels.  —  8483  no. 

—  8596  sigle.  —  8617  vials.  —  8649  viaut.  —  8694  vialt.  — 
8722  viltaige.  —  8782  cal  1.  s.  —  8806  tries.  —  8837  chei.  — 
8896  ielz.  —  8915  delictot.  —  8969  angoisosemant.  —  8977  nies. 

—  8979  vialt.  —  8997  nequeten.  —  8998  denginier.  —  9008  vialt. 

—  9010  felenie.  —  9021  dialt.  —  9058  chalongier.  —  9080 
velt.  —  9101  rechei.  —  9102  meniere.  —  9145  lesparnera.  —  9160 
peor.  —  9192  destrainoit.  —  9237  consilz.  —  9302  bénir.  — 
9323  cheor.  —  9346  toit.  —  9356  linage.  —  9401  vialt.  — 
9542  eschasse.  —  9596  esparnier.  —  9630  eschielles.  —  9634 
anbrassee.  ^  9636  eitean.  —  9638  fussen.  —  9654  maia.  — 
9681  vialt.  —  9687  vialt.  —  9688  vialt.  —  9730  voilèrent.  — 
9735  mitiez.  —  9738  mitie.  —  9749  desriere.  —  9835  espos- 
sera.  —  9865  dongier.  —  9879  ceille.  —  9887  chalonge.  — 
9909  vialt.  —  9919  certaignement.  —  9927  plainoit.  —  9961 
cant.  —  9973  dongier.  —  10002  demenois.  —  10010  otaive.  — 
10042  veor.  —  10070  atan.  —  10099  reaime. 


INTRODUCTION  LXXIX 


Remarque. 
Qu'il  me  soit  permis  d'ajouter  ici  quelques  mots  de  ma  part.  Quoi- 
que l'ouvrage  de  M.  Salverda  de  Grave,  lequel  lui  a  demandé  tant  de  peine, 
soit  très  méritoire,  on  ne  s'attendra  pas  à  y  trouver  un  texte  définitif, 
les  difficultés  étant  trop  nombreuses  pour  pouvoir  être  vaincues  tout  d'un 
coup.  Je  signale  ici  deux  petites  questions  auxquelles  je  crois  devoir 
répondre  autrement  que  M.  d.  G.  Déjà  avant  le  commencement  de  l'im- 
pression je  lui  fis  remarquer  que  le  vieux  poète,  soit  Benoît  soit  un  in- 
connu (il  sera  p.  ê.  réservé  à  M.  Constaus ,  qui  prépare  l'édition  critique 
d'une  partie  du  Roman  de  Troie,  de  résoudre  cette  question),  semble  ne 
pas  confondre  dans  les  rimes  le  son  provenant  de  t  latin  avec  le  son  pro- 
venant de  e  latin  +y,  ni  le  son  provenant  de  n  latin  avec  le  son  provenant 
de  o  latin  +y.  M.  d.  G.  eut  parfaitement  raison  d'objecter  (voy.  p.  XVII) 
qu'alors  il  faudrait  supposer  un  sum  à  triphtongue  {enuei  :  suei  4707).  La 
question  est  donc  restée  en  suspens.  —  L'autre  question  regarde  les  formes 
verbales  en  -et,  dont  le  ^  —  bien  des  rimes  le  prouvent  —  n'existe  plus. 
Il  s'agit  de  savoir  si  avant  une  voyelle  Ve  final  peut  s'élider.  M.  d.  G. 
admet  l'élision.  Je  constate  pourtant  que  presque  tous  les  vers  où,  dans 
le  texte  imprimé,  l'élision  est  admise  sont  très  faciles  à  corriger,  ce  qui 
me  confirme  dans  l'opinion  que  dans  le  texte  primitif  de  l'Enéas  cet  e  ne 
s'élidait  jamais. 

Suchier. 


ENEAS. 


Bibliotheo*  Kormannica  IV. 


i 


auant  Menelax  ot  Troie  asise, 
onc  n'en  torna  tresqu'il  Tôt  prise, 

guasta  la  terre  et  tôt  le  règne 

por  la  venjance  de  sa  femme, 
5    la  cité  prist  par  traïson, 

tôt  eraventa  tors  et  donjon,     --a^>y^/L^^-a-û.a- 

arst  le  pais,  destruist  les  murs: 

nus  nen  esteit  dedenz  seiirs. 

Tote  a  la  vile  deguastee, 
10    a  feu,  a  flame  l'a  livrée. 

Li  Greu  prenent  les  citaains, 

nus  n'eschapot  d'entre  lor  mains 

ne  l'estetist  morir  a  honte; 

n'espargnoent  prince  ne  conte; 
15    ne  lor  aveit  mestier  parages    ->^^k.^o^^l><n.<L^  juUjujiyx^^ 

ne  hardemenz  ne  vasalages,      c^^tt^ux^^  Z**^  <U'<xJun^ 

et  nen  esteit  leus  de  deffendre.    «^cc-A-t^Jevj 

Tote  ert  la  vile  mise  en  cendre. 

Ocis  i  fu  li  reis  Prianz 
20    0  sa  femme,  o  ses  enfanz: 

1  E  ne  commence  qu'au  v.  1769.  Les  vers  1  et  2  sont  illisibles  dans  F.  — 
2  HIF  ainz,  G  aine;  HI  tant  quil;  D  omet  V.  —  6  HI  tour.  —  7  HI  arse  et 
destruite  fu  la  terre;  G  arst  le  palais,  F  le  palais  arst.  —  8  G  nus  hom; 
A  ne,  D  ni;  HI  ainz  que  finee  fust  la  guerre.  —  9  F  tôt;  I  terre  {omet  a); 
A  cravantee.  —  10  HI  a  f.  et  a  (I  en  f.  et  en)  flanbe  alumee.  —  11  HI 
pristrent  tôt  le  pais.  —  12  HI  neschaperent  leur  anemis.  —  13  D  lestent; 
HI  nus  qui  ne  fu  mort  ou  navre  (I  q.  n.  fust  ou  m.  ou  n.).  —  14  D  ne 
prenoient;  HI  nus  ne  porroit  dire  verte.  —  15  D  ne  lui  avoir  a  panage, 
HI  de  lor  max  ne  de  lor  doûiage;  A  parage.  —  16  A  hardemant;  AD  va- 
salage;  HI  nil  ne  firent  mie  que  sage.  —  17  eM8  sont  omis  dans  A;  HI 
ce  mest  avis  des  Griex  atendre  ;  G  nil  nestoit  pas  ;  F  car  ni  estoit  nuns.  — 
18  HI  tout  fu  le  pais  mis;  G  a  c.  —  19.  G  omet  i;  F  foi.  —  20  D  H  et 
sa  femme  et  s.  e.,  HI  et  s.  f  et  s.  e.;  G  et  o  s.  e. 

1* 


4  FUITE 

onc  ne  fu  mais  tant  granz  ocise. 

Menelax  a  venjance  prise: 

toz  fist  les  murs  aplaneier    Aflù^rÙAj ,  clCrn^rit.^ 

por  le  tort  fait  de  sa  moillier. 
25        A  une  part  de  la  cité 

tint  Eneas  en  erité 

de  la  vile  bien  grant  partie. 

Quant  il  a  celé  noise  oie, 

si  reguarda  vers  le  donjon 
30     et  vit  la  grant  destrucion; 

n'est  merveille  s'il  a  peor. 

Venus  la  déesse  d'amor, 

ki  sa  mère  ert,  li  a  noneié 

que  Troïën  sont  trebuchié,   dX^eùjf^ 
U'juru  eJUx^^      35    li  deu  en  ont  pris  lor  venjance; 
V.__comanda  li,  senz  demorance 
ôAJô^  jt«û»    g';^  tort,  ainz  ^el  prengnent  li  Greu, 

et  ce  li  comandent  li  deu 

que  il  ait  la  contrée  querre,  cM^M^mO 
40    dont  Dard  anus  vint  en  la  terre, 

ki  fonda  de  Troie  les  murs. 

Eneas  n'esteit  pas  seiirs;  ôu^ 

deus  granz  Hues  et  plus  aveit 

de  la  0  sa  maisons  esteit 
45     des  i  la  0  li  Greu  ardeient; 

bien  sot,  qu'il  li  aproismereient,    'è^ o^ff^x^ocAo^ia^r^ 

ne  se  porreit  vers  els  deflfendre. 

Bel  leisir  ot  del  suen  tôt  prendre, 

21  G  aine,  FHI  ainz  (ains);  FG  si  g.;  HI  gent;  H  ocis.  —  22  H  pris. 
—  23  et  24  sont  intervertis  dans  HI;  HI  a  fait  (toz  manque);  D  t.  1.  m.  fait; 
I  appareillier.  -  24  F  p.  les  tors  fais.  -  25  G  Dune;  F  En  lune;  D  mw- 
place  les  vers  25  -  55  par  14  vers  que  l'on  trouvera  dans  les  notes.  —  26  A 
une  e.,  G  en  quitee.  -  27  HI  une  g.  —  31  HI  ot,  F  eut.  -  33  A  Chi 
es  sa  mère.  —   34  FG  detrancie.  —   35  FG  Griu.  —  36  G  comande.  - 

37  A  que  tost  san  ait  quil  prengne  li  gre;  HIF  que;  HI  nel  p.  H  Greu.  — 

38  Les  vers  38-46  sont  illisibles  dans  F.    A  et  ce  li  comande  deli  de.  — 

39  G  voist.  —  40  G  se  t.  —  43  GHI  grans  .x.  1.  —  44  de]  I  desi.  — 
45  G  desi  que  la  ou  G.  a.;  A  deuer  la;  I  estoient.  —  46  HI  b.  set 
que  se  il  laprimoient;  G  aproceioient.  —  47  G  a  als.  —  48  G  Grant, 
F  Boin;  G  a. 


DE  TROIE  5 

tote  sa  gent  fist  asenbler 
50    et  ses  trésors  en  fist  porter; 

grant  aveir  et  granz  manantises  /u-M^-aa-ca^' 

et  granz  rieheees  en  a  prises. 

Par  un  postiz  s'en  est  issuz;    perJ^ 

bien  en  torna  ,iii.  m.  eseuz. 
55     0  sei  en  fist  porter  son  père 

Anchisés,  ki  molt  vielz  oem  ère, 

et  par  la  main  mena  son  fil. 

Cil  sont  livré  a  grant  essil.  ^zM^^v^roW: 
o^^^^i^^    Soentre  lui  granz  genz  s'en  vait; 

60     la  0  il  fuit  se  sont  atrait.   -a*-  ^.ernt.  AAjnoUL.àj 

Quant  de  la  vile  fu  estors,  oxMû-pfuil    (^  e^hot-dra.^ 

desoz  un  arbre  loing  defors  ckJ^^rUi^ 

a  allé  0  lui  grant  gent; 

demande  a  toz  comunalment, 
65     s'il  se  vo'dront  o  lui  tenir 

et  bien  et  mal  o  lui  sofrir, 

0  s'en  voldront  retorner  enz 

vengier  la  mort  de  lor  parenz; 

prez  est  de  faire  lor  plaisir 
70    del  retorner  o  del  foïr.  -froù^^^ 

Cil  diënt  tuit,  del  repainer 

ne  del  combatre  n'est  mestier, 

car  n'ert  mie  granz  lor  esforz, 


49  F  fait.  —  50  HI  son  [trésor;  F  fait.  —  51  FG  grans  avoirs;  F 
manandise.  —  5.3  FG  postic;  G  en;  I  II  sen  issu  par  .i.  pertus.  — 
54    I   gita.  —    55   G   Od  lui;  D  Enz   en  son   col   porta   son  père.   — 

56  F   Ancisem;  omd  molt;  G  bien;  D  fors  de  la  ville  qui  vieux  ère.  — 

57  F  conduist.  —  58  D  Si  sont  livrez  a  g.  descil.  —  59  D  Avecques 
lui  tant  gent  sen  fuent;  HI  Apres  sa  route;  I  gente  v.;  HI  omettent  s'en, 
GF  en,  A  lan.  —  60  G  1.  o.  i.  sont,  HI  1.  o.  i.  est;  F  Le  mot  qui  rem- 
place fuit  est  illisible',  D  qui  sen  eschapent  par  la  nuit.  —  61  FHI  sans 
alinéa]  A  sunt.  —  62  D  d.  u.  a.  de  defors.  —  63  G  a  lui;  A  o  soi  a  alie 
sa  gent  ;  HI  a  assemble  o  lui  ;  F  aloient.  —  64  G  demanda  ;  GF  lor  c.  — 
65  GF  a;  D  sil  sen  voudront  o  lui  fuir.  —  66  F  et  mal  et  bien.  —  67  y 
ou  sil  V.  —  68  FHI  le  duel.  —  70  D  ou  de  combatre;  FHI  ou  du  vengier 
ou  du  souffrir;  G  et  del  sofrir.  —  71 — 76  sont  intervertis  dans  GF  en  ce 
sens:  75,  76,  73,  74,  71,  72.  D  ce  d.,  F  et  d.  Alinéa  dans  HI.  —  72  GF 
nont  m.    -  73  FHI  nest;  HI  nostre  e. 


6  JUGEMENT 

tost  les  avreient  li  Greu  morz; 
75     mielz  s'en  vuelent  o  lui  foïr 

que  retorner  enz  por  morir. 

De  lui  firent  seignor  et  maistre, 

puis  ont  guardé  devers  senestre: 

une  esteile  virent  levée 
80    ki  la  veie  lor  a  mostree; 

de  devant  els  vait  vers  la  rive: 

la  vait  fuiant  la  genz  chaitive.  >n^uJl^u)U>tL~ 

Eneas  cercha  les  rivages, 

trové  i  a  vint  de  lor  barges, 
85     que  li  Greu  i  orent  guerpies, 

bien  atornees  et  guarnies.     arxy-uk,rry£UL»^*J 

Il  i  entra  o  tôt  sa  gent; 

eue  dolee,  vin  et  froment 

trova  es  nés  a  grant  plenté. 
90    Del  rivage  sont  eschipé,  -ùjl.  .^^rrvfc.  trrrJb^j^cuxjL^ 
O'riu^  Cl,  Ia.  yjerJia^    enpaint  je_sqnt  en  halte  mer, 

car  n'esteit  tens  de  demorer. 

Juno  ki  ert  del  ciel  déesse 

esteit  vers  els  molt  felenesse,  vnAXâW^^ ,  (lajum 
95    forment  aveit  coilli  en  he  c^\^  4^r>j   i\jeû^rja^ 

toz  cels  de  Troie  la  cité 

del  jugement  que  fist  Paris; 

por  lui  haeit  tôt  le  pais. 

L'acheison  de  cel  jugement     ga^^-c^a- 
100  _voil  raconter  asez  briement. 

Juno  et  Pallas  a  un  jor, 

74  HI  nos  a.;  D  omet  li.  —  75  D  m.  vouloient;  G  volrent;  F  tenir.  — 
77  D  furent.  —  78  D  de  devers  destre.  —  81  HI  devant  eus  va  droit  vers 
la  r. ;  G  vint  a  1.  r.  —  82  G  vint;  D  sen  vait;  GF  siuant.  —  83  Alinéa 
dans  HI;  I  cherche;  D  le  rivaige.  —  84  A  trove  la  rue  de  lorb.;  GF  .xx. 
bones  b.;  HI  t.  i  a  .xxn.  barges;  D  barge.  —  8.5  A  que  li  Grezois 
avoient  g.  Les  vers  85  et  86  sont  omis  dans  D.  —  86  GF  aornees.  — 
87  DF  II  entra  enz;  HI  entre  o  toute  sa  g.;  FGD  a  tôt.  —  88  D  et  vin 
et  eve  et  forment.  —  92  HID  lieu.  Entre  les  vers  92  et  93  D  intercale 
8  vers  que  l'on  trouvera  dans  les  notes.  —  93  GF  Alinéa.  —  94  A  cals.  — 
98  HIF  hai.  Les  vers  98—183  sont  omis  dans  D.  —  99  G  loquison,  F  locise. 
—  100  G  fist  demostrer,  F  voel  iou  mostrer,  HI  vous  voil  montrer.  — 
101  y  Ele  et  P.;  G  furent  .i.  j.,  HIF  erent  .i.  j. 


DE  PARIS  7 

Venus  la  déesse  d|amor, 

estaient  a  fln_parj_ement;  &^rJhAJhja^rJ 

Discorde  i  sorvint  sodement.  j<ujj><Jt^imà^irvt. 
105     Une  pome  d'or  lor  geta 

entr'eles  ti-eis,  puis  s'en  ala. 

Il  i  et  escrit  en  Grezeis, 

qu'a  la  plus  bêle  d'eles  treis 

faiseit  de  la  pome  le  don. 
110    Entr'eles  en  ot  grant  tençon; 

chascune  la  voleit  aveir, 

mais  par  altre  voldrent  saveir 

le  jugement,  eui  iert  la  pome. 

El  s  ne  sorent  trover  nul  home, 
115     ki  mielz  en  sache  dire  dreit 

que  Paris,  ki  el  bois  esteit. 

La  parole  li  ont  mostree 

de  la  pome  ki  ert  donee 

a  la  plus  bêle  d'eles  treis; 
120    a  lui  ki  molt  saveit  des  leis 

por  jugier  en  erent  venues. 

Paris  les  a  bien  coneiies;  AAC^wrwu-i-*-^ 

chascune  d'eles  esguarda 

et  longuement  les  avisa;  dUL\tiuJ»A^A. 
125     porpensa  sei  que  jugement  JjL    -^'aa^*-*-»- 

ne  fera  pas  hastivement    ,^^  cU^rnxL^n^Leu  ^  /:^yJ.»u 

senz  grant  porpens,  et  rova  lor,   *trrJL^Li3hoJ-Lffrù 

a  lui  reviegnent  al  tierz  jor, 

102  G  et  V.  la  dame  d.,  HI  et  V.  déesse  d.  —  103  GF  jostees;  HI 
joste  orent  .i.  p.  —  104  HI  descorde;  HI  soutement,  GF  solement.  — 
106  G  entre  les;  HI  .i.  de  leur  diex;  y  torna.  —  108  y  que  la.  — 
109  F  De  le  p.  f.  1.  d.  —  110  G  Entrels  en  ot  g.  contençon,  F  Si  ot 
entrelles  g.  t.,  HI  Entrex  en  sunt  en  g.  t.  —  111  A  chascuns;  G  ch. 
dais  la  volt  a.,  F  car  cascune  le  volt  a.  —  112  GF  autrui;  GF  valrent, 
H  vodront.  —  113  G  qui,  F  quert;  H  est;  GF  en  1.  p.  —  114  G  Mais  ne 
porent;  F  Elles  ne  s.  t.  homme;  HI  II,  A  As.  —  115  y  seust  dire  voir.  — 
116  GF  q.  P.  a  lui  vont  savoir,  HI  q.  P.  lui  le  font  savoir.  —  117  Entre 
les  vers  116  et  117  A  intercale  deux  vers;  voyez  la  note.  Alinéa  dans 
HI.  —  120  HF  de  lois.  —  121  GF  por  jugement  e.  v.  —  123  y  avisa.  — 
124  y  esgarda.  —  126  G  nen  feroit;  F  point.  —  127  HI  pria.  —  128  y 
qua  lui;  GF  repair ent;  F  autre  j. 


8  JUGEMENT 

si  s'en  sera  mielz  porpensez;  ruUJauJ^L 
130    donc  jugera  de  lor  beltez. 

Par  grant  engin  le  fist  Paris,  ajuuul. 

que  il  lor  a  le  terme  mis; 

porpensa  sei  que  entre  tant  cu.jy^jU)^frJb  ul. 

l'en  vendreient  ofres  avant,     trU^ULA^     o.uf>A^i 
135    et  porreit  en  de  son  j)ro  faire.     o-vû^oJ'ïiaa. 
^  Eles  se  mistrent  el  repaire.  AjiJ-enM\/r-î^-*u.^'^ 

si i.r^!iJt^bUrrjA^  Veir  ot  pensé;  Juno  première 

est  revenue  a  lui  ariere 

et  promist  li  qu'el  li  donreit 
140    plus  que  ses  père  nen  aveit, 

et  molt  par  le  fereit  riche  ome, 

mais  qu'il  li  otreiast  la  pome, 
oliu\ffruJL        et  afichast  por  vérité 

que  ele  etist  graignor  belté. 
145     Retorna  s'en;  ejQ.e8jLe.4iaa.   ùuj^  -^  chArr^ 

en  est  venue  a  lui  Pallas, 

ki  ert  déesse  de  bataille, 

ki  pria  li  que  ne  li  faille, 

0  li  se  tiegne  al  jugement, 
150    et  el  li  donra  hardement  c^ru/utAX. 

et  tel  pris  de  chevalerie, 

ne  trovera  ja  en  sa  vie 

nul  meillor  de  sei  ne  son  per, 

ja  nel  porra  oem  sormonter. 
155     Pallas  s'en  vait.  Venus  revient, 

ki  la  bataille_d'Aiïior  tient 

et  dame  en  esteit  et  déesse. 

Celé  li  a  fait  tel  promesse: 

s'a  li  se  tient  del  jugement, 

129  HI  si  sera  molt  miex  p.;  F  si  se.  —  130  HI  et  j.  miex  loiautez.  — 
131  G  lor.  —  132  HI  leur  t.  —  133  F  qnen  e.  —  134  HI  li  v.  grans  dons  offrant, 
G  len  i  v.  offre  a.  —  135  y  bon  f.;  I  et  deles  p.  s.  b.  f.,  H  deles  p.  de  s. 
b.  f.  —  137  Alinéa  dans  G;  HI  pense  ot.  —  138  G  en  est  venue.  —  139  A  que 
p.  li  car  1.  d.  —  140  est  omis  dans  G.  —  141  HIF  et  m.  le  par.  —  143  HI  te- 
moingnast;  GF  par.  —  145  HI  isnelepas.  Alinéa  dans  y.  —  146  y  est  re- 
venue. —  147  F  est.  —  148  y  et  p.;  F  prie.  —  149  HI  tiengne  se  a  lui  du  j.  — 
150  HIF  Ele  li  d.  —  153  y  lui.  —  154  HI  nel  pourra  ja;  G  nus.  —  155  HIG 
Alinéa.  —  156  HI  la  baillie.  —  157  A  que.  —  15S  F  Ele,  —  159  HI  lui. 


DE  PARIS  9 

160    el  li  donra  prochainement    ..^^u^^  auju 

la  plus  bêle  femme  del  mont. 

Vait  s'en;  des  ofres  qu'els  li  font 

se  poi-pensa  en  maint  endreit,  '^l'uwvii.,».^ 

al  quel  de  eez  treis  se  tendreit; 
165     car  molt  coveita  la  riehece 

et  molt  desirra  la  proece, 

mais  molt  li  plot  la  femme  plus, 

que  promise  li  ot  Venus. 

Les  déesses  ne  s'atargierent, 
170    mais  a  lor  terme  repairierent. 

Le  jugement  ont  demandé. 

Que  que  Paris  en  ait  doté,   CL£nrrUn.A^r^  ^*-*^ 

la  pome  d'or  dona  Venus 

et  juja  qu'ele  valeit  plus 
175    que  les  deus  altres  de  belté. 

Puis  li  fu  bien  gueredoné,  Ajic.&rrxf^A*^<^ 

car  dame  Heleine  li  dona: 

plus  bêle  femme  ne  trova. 

Pallas  et  Juno  s'en  marrirent    .^jl.  JAxJ>jLhjLJrJc 
180    et  cels  de  Troie  en  haïrent: 

por  seul  l'acheison  de  Paris     co<  r  />  4- 

haïrent  puis  tôt  le  pais. 
Juno  vit  Eneas  en  mer, 

molt  se  pena  de  lui  grever,    •heu.^^^majnit-^j^ 
185     .vii.  anz  toz  pleins  le  travailla,  yot.4.'vy«4..*-»yû- 

par  plusors  mers  le  démena;  >ru,^»->x)L.  ^oo^  cJl.  oM  ceuu  j12. 

el  haeit  molt  tote  sa  geste.  Aati 

A  un  jor  li  mut  grant  tempeste, 

ki  molt  forment  comut  la  mer;    ou^iti,  ^  iM^J^^VL. 
190    les  nés  comeneent  a  walcrer,  Ju^^Ji^ ,   OuLlt,^   ^ 

162  G  que  li,  F  que  il,  HI  queles.  —  164  GF  Al  quel  des  .iii.;  G  il  se  t. 
—  165  G  covoitast,  F  desirast  —  166  GFH  desiroit,  A  que.  —  167  HIF 
plaist.  —  16S  Hl  li  a.  —  169  HIF  Alinéa.  H  se  targierent.  —  171  GF 
lor  j.  —  174  H  jura.  —  178  HI  nus  nen  a.  —  179  F  se  m.  —  180  GF 
Troies.  —  182  GF  greuerent;  HI  ceus  du  p.;  GF  lor  p.  —  183  D  Quant  vit 
en  mer  ses  anemis.  Sans  alinéa  dans  HF.  —  184  Les  vers  184—186  sont 
omis  dans  D.  —  186  G  em.  —  187  HI  Ele,  omettent  molt;  A  molt  an  hai; 
D  soudeement  lor  fist  moleste.  —  188  D  En  mer  leva  une  tempeste;  F  vint.  — 
1S9  D  qui  jusqua  fons  c.  1.  m.;  A  car.  —  190  G  ses;  HI  verser,  F  valer,  D  ancrer. 


10 


JUNON   ENVOIE 


/ 


200 


"TïUuMJt-oL 


i-^orurjLfJ)   tonë  et  pluet,  vente  et  esclaire, 
molt  comenee  lait  tens  a  faire, 
-/^uW-^A.*^      chieent  foldres  espessement,  LxtouU-^M.'rru.^rJc- 
Oj^tM^   comelie  est  la  mers  forment; 

195    si  fait  oscur  ne  veient  gote,  AfiuMt. 
ne  ne  sevent  tenir  lor  rote; 
ne  veient  clarté  ne  soleil. 

Il  n^seyent  d'els  nul  conseil,    .^^-r^  rO*  ^jeruM 
de  nule  part  ne  veient  port,  cUl  AJUé^ou  <: 

et  ciels  et  mers  lor  promet  mort; 
ne  veient  lune  ne  esteiles, 
rompent  les  cordes,  chieent  veiles, 
brisent  et  mast  et  governail; 
molt  vont  a  honte  et  a  travail,     à,  ûaj-ox*. 
Ne  e^chipre  ne  esturman    aXjLo'k^ 
de  lor  dreit  cors  n'erent  certan; 
il  ne  sevent  quel  part  il  tornent, 
s'il  vont  avant  o  il  retornent; 
en  aventure  ont  mis  lor  vie. 
Danz  Eneas  forment  s'escrie. 
„Par  deu",  fait  il,  „buer  furent  ne 
cil  ki  a  Troie  la  cité 
furent  detrenchié  et  ocis. 
Por  quel  m'en  tornai  ge  chaitis? 
Mielz  volsisse  que  Achillés 
m'eiist  ocis  o  Titidés, 


205 


210 


ÙO'LlAJ 


àeirJu 


215 


l'Jl  G  tone  et  si  pluet  et  si  e.,  D  vente  et  p.  tone  et  e.,  III  t.  et  p. 
(H.  t.  p.)  et  V.  et  e.  —  192  A  comanca;  G  grant  tens.  —  193  G  et  eh. 
foldre  e. ,  F  chiet  esfondres,  D  cheent  flodres.  —  194  I  esnieue.  — 
195  F  en  deux  vers,  il  f.  o.  —  196  HI  pueent.  —  167  D  lune  ne  s.  — 
198  Hl  II  ne  savoient  deus  conseill.  —  199  Entre  les  vers  198 — 99  D 
intercale  4  vers.  V.  les  notes.  G  ne  n.  p.,  F  en  n.  p.  —  201  D  II  ne 
voient  neis  une  estoelle.  —  202  G  lor  cordes  rompent;  D  r.  c.  et  c.  v.,  F 

c.  r.  ch.  lor  v.  —  203  G  debrisent  m.;  H  bruisent,  I  rompent.  —  204  G 
muèrent  a  h.,  HI  a  h.  vont.  —  205  F  Ne  esquipier  ne  estrumans,  D  Nen 
en  escipre  nen  esturmain,  HI  Ni  a  esquipe  nestrumen.  —  206  A  de  son 

d.  c.  nen  ert  certan,  D  Ne  de  son  d.  c.  nert  c,  HI  qui  de  lor  droit  cours 
soit  c.  —  207  G  corent.  -  208  F  sil  r.  —  209  F  omet  mis.  —  211  D  ohi; 
F  dist;  A  omet  il;  HI  bon  f.  n.  —  212  D  ceulz  qui  en  T.  1.  c.  furent  ocis 
et  detrenchié.  —  213  D  Helas  pourquoy  ni  fui  occis.  —  214  D  Pourquoy 
eschapai  ie  c.  —  216  I  et  T. 


UNE  TEMPÊTE  11 

la  0  furent  ocis  tant  conte, 

que  ci  morusse  a  itel  honte. 

Por  quei  ne  m'ocistrent  li  Greu? 
220    Molt  m'ont  coilli  en  he  li  deu;     'Pr-u'  ay\h  ^aÙ^  é./nJ  A^u/w 

ne  puis  en  terre  converser  AtÀiyuc^^/rjuj 
/04M>      et  noalz  ai  en  ceste  mer; 

molt  longuement  m'ont  travaillié, 

si  n'ont  de  mei  nule  pitié. 
225    Promise  m'ont  ne  sai  quel  terre, 

ne  sai  o  ge  la  puisse  querre; 

molt  ai  trové  isles  en  mer, 

de  la  terre  n'oï  parler 

que  vois  querant  a  molt  grant  peine, 
230    si  com  fortune  me  demeine." 

Molt  se  démente  Eneas,   ^^^  .Za/^-vt^Wê, 

molt  se  elaime  chaitis  et  las, 

por  ce  qu'il  eschapa  a  terre,     pau^xj».  iu^<  ^X 

por  ce  qu'en  mer  sofrist  tel  guerre.         ^ 
235    Mielz  volsist  estre  en  Troie  ocis 

0  ses  parenz,  o  ses  amis, 

la  0  Hector  et  Priamus 

furent  ocis  et  conte  et  dus. 

Molt  s'esmaient  si  compaignon,   ^  '  jUOuJmtJz. 
240    ne  desirrent  se^  la  mort  non.    yv^^^yv»  ^u-tA.    />a   ->ylir»-t^ 

Ce  lor  est  vis,  que  molt  lor  targe.  j^ti/^^ 

Devant  lor  oilz  ot  une  barge, 

ses  governalz  li  ert  brisiez 

217  A  ocis  furent.  —  218  D  quici;  A  morisse;  HI  moreusse  a  tel  h.;  GB' 
a  si  grant  h.  —  219  HI  ne  mont  ocis;  D  omet  li.  —  220  A  En  grant  he 
mont  c.  1.  d.  ;  H  en  he  coilli.  —  221  D  ne  puis  garir  nen  mer  nen  terre.  — 
222  D  de  toutes  pars  me  chace  guerre.  —  223  Les  vers  223 — 230  sont  omis 
dans  D.  A  molt  trav.  —  226  HI  voise  q.  —  228  HI  nencor  nen  ai  ci  p.  ; 
GF  noi  mais.  —  229  HI  querant  la  vois  a  m.  g.  p.  —  231  GF  Molt  par; 
A  dementot,  F  {sans  alinéa)  dementet,  HI  dementa.  —  232  A  sesclamot. 
—  233  HI  De  ce  queschapez  est;  GFHI  de  terre.  —  234  G  quant  il  en 
mer;  A  puis  que;  F  suefre  tel  haire(?);  HI  sofri.  —  235  D  voudroit;  A  a 
terre.  —  238  G  et  Troilus,  AD  contes  et  dus.  —  240  HI  deman- 
dent. —  241  HI  trop  1.  t.  —  242  D  lor  roy,  A  lo  roi;  HI  vint.  —  243  et 
suivants  intervertis  dans  Bl  dans  cet  ordre:  245,  46,  43,  44.  DSon;  G  li 
g.  i  ert  b.;  HI  li  a,  brisie;  A  est. 


12  ARRIVÉE 

et  maz  et  sigle  en  mer  plongiez; 

245    treis  tors  torna  en  molt  poi  d'ore, 
une  wague  li  vint  desore, 
ki  si  la  fiert  en  l'un  des  lez, 
les  borz  a  fraiz  et  dequassez;  ^-oXaa-^ 
rompent  chevilles  et  clostures, 

250    l'eue  i  entre  par  les  jointures, 

enplie  l'a  sodeement,  -<u.4-<i«j^tf^wa£..ry£ 
ji^rUBy\e.AJi~  afoïidee  est  en  un  moment. 

ûtJLù»  jL'lau,      leii  ont  lor  travail  fine, 

cil  ne  criement  mais  nul  oré,  p^aaa 

255    par  cels  n'iert  mais  terre  conquise 
ne  cliastels  pris  ne  tors  asise. 
Li  venz  aquelt  les  altres  nés; 
depiecent  mast,  sigles  et  très; 
par  celé  mer  les  esparpeille. 

260    Et  Eneas  molt  s'en  merveille, 
ja  ne  cuide  venir  a  port, 
et  ciels  et  mers  li  pramet  mort. 
Ainsi  ont  li  fuitif  de  Troie 
sofert  treis  jorz,  qu'il  n'orent  joie; 

265    quant  vint  al  quart,  qu'il  ajorna, 
li  venz  failli,  del  tôt  cessa, 
li  solelz  lieve,  ne  plut  mais, 
-fouJt.   à-    y<uà         del  tôt  remest  la  mers  en  pais: 
asoagiee  est  la  tempeste. 


CcJ^méJ^ 


244  HI  et  mast  et  voile  a  tôt  plongie.  —  245  D  corps  trouva.  — 

246  A  une  barge,  ID  orage;  F  onde  li  revint  desore;  HI  lor  corut  sore.  — 

247  H  la  wague  la  f.,  I  lourage  fiert.  —  248  H  le  bort,  I  le  bout.  —  249  D 
cousture,  F  costures.  —  250  G  li  ave,  F  laigue.  —  251  y  soudainement. 
—  252  G  affondree.  —  253  D  j^ci,  F  le,  A  omet  fine.  —  256  A  ne  eh.  ars;  HI 
ne  terre  a.  —  257  A  aquialt,  D  aquelt,  H  aquet,  I  aceut,  GF  akiut.  —  258  D 
brisent  mas  et  deschirent  très;  A  mars,  HI  mas;  y  cordes  et  t.  —  259  HI 
parmi  la  mer.  —  260  D  Danz;  F  sesmerv.  —  261  F  qnida;  D  Chetis  fait  il 
quel  aventure.  —  262  F  car  ;  GF  lor  pr.  ;  D  bien  say  li  dieu  de  moi  nont 
cure.  —  263  Entre,  les  vers  262  et  268  D  intercale  deux  vers.  V.  les  notes. 
Alinéa  dans  GHI.  F  Ici;  D  Ainsi  furent  li  Troyen.  —  264  G  .iii.  jors 
sofert;  D  .iii.  jors  ne  lor  souvint  de  bien.  —  265  Entre  les  vers  264  et 
265  D  intercale  deux  vers.  V.  les  notes  F  si  a.  —  266.  G  de  tôt;  HI  loure 
cessa;  D  et  si  c.  —  267  GF  pluet;  D  leva;  HI  clers  et  gais.  —  268  G  de 
tôt  li  mers  r.  a  pais  ;  D  enpres.  —  269  D  Alinéa.    Quant  remese  fu  la  t. 


EN  LIBYE  13 

270    Donc  leva  Eneas  la  teste 

et  esguarda  devant  son  vis, 

si  vit  de  Libe  le  pais. 

Toz  rehaita  ses  compaignons;    ^oc(^ou  ^  t/nc^u^a.a^/LA. 
jiek/,tiAJ(nt  nagent  a  fort  as  avirons;    A.\jac,  j^^  » 
275    tant  ont  nagié  et  tant  siglé,  ùùJ^sj^ 

qu'as  porz  de  Libe  sont  torné.  £u^rJ,A>^^L^ 

Eissu  sont  fors  com  plus  tost  porent. 

De  lor  vint  nés  que  set  nen  orent; 

celés  atachent  el  rivage. 
280    Le  pais  truevent  molt  salvage; 

ne  veient  borde  ne  maison     -it/^/rci^    CjeUxt^nM^ 

ne  bore  ne  vile,  se  bois  non; 
(uilo^  Y*^  mais  que  que  seit,  forment  lor  plaist. 

Eneas  vait  en  la  forest; 
285    un  seul  meschin  mena  o  lui, 

lor  ars  portèrent  ambedui, 

et  cers  et  biches  ont  bersé:  att/Lùn/Zt^  oa/q^  ^^iji^  -UÀcXeA, 

si  home  en  ont  asez  porté.  O 

Les  feus  alument  el  gravier,  f^^^ 
290    si  apresterent  le  mangier, 

el  bois  le  pristrent  lieement. 

En  la  mer  guardoent  sovent, 

s'il  porreient  lor  nés  choisir,  v^uo 

que  li  venz  ot  fait  départir, 

270  D  danz  Eneas  leva  sa  t.  —  271  D  Savoir  si  il  verroit  pays.  — 
272  FG  et  V.;  D  II  esgarde  devant  son  vis.  —  273  D  intercale  deux  vers 
entre  272  et  273.  V.  les  notes.  D  resbaudist.  —  274  6F  nagiez  a  force  as 
a. ,  D  et  fort  naigent  as  a.,  Hl  nagiez  dist  il.  —  275  HI  tant  ont  single; 
D  et  single.  —  276  D  quel  port;  HI  Quen  libe  sunt  a  port  tome;  DGF 
entre.  —  277  y  Issu  sen  sunt;  HI  plus  tost  que  p.;  GF  que  plus  tost; 
D  vindrent  a  rive  cora  ainz  porent.  —  278  D  greignor  ioie  onques  mes; 
GD  norent.  —  279  Entre  les  vers  278  et  279  D  intercale  6  vers,  qu'on 
trouvera  dans  les  notes.  D  II  se  colchent  par  le  rivaige.  —  280  D  le  pays 
voient  molt  savaige.  —  28 1  y  ni  truevent.  —  283  G  quil  qui,  F  quil  que, 
I  quel  quil,  H  quel  que,  D  que  quil.  —  284  HI  par.  —  285  A  uns  sols  me- 
schins  ala  o  lui.  —  286  y  et  lor  ars  pristrent  (GF  prisent).  —  287  HI  Cers  et 
biches  ont  molt  b.  —  289  F  Le  fu;  D  au  sablon.  —  290  HI  si  appareillent; 
GF  lor;  D  Si  aprestent  lor  venoison.  —  291  GF  et  puis,  HI  le  mengier. 
D  remplace  les  vers  291—304  par  d'autres  vers.  V.  les  notes.  —  293  F  otnet  les 
vers  293—304.  A  poissent;  6  les  nés.  —  294  HI  fist  deux  départir,  G  fist 
des  lor  partir. 


14  ÉNÉE  ENCOURAGE 

295    de  cels  esteient  curios, 

mais  molt  furent  plus  correços   •iA.cAâ-^^ 

de  cels  que  il  virent  neier, 

dont  il  n'atendent  recovrier: 

es  altres  ont  graignor  fiance,  carUiùmc*^ 
300    mais  es  morz  n'ont  point  d'espérance. 

Sor  les  faleises  vont  guarder, 

s'il  les  verreient  loing  en  mer; 

quant  nés  veient,  si  ont  grant  dote 

que  mers  parfonde  nés  transglote.  û^n^ifiujfté 
305    Donc  a  Eneas  asenblé 

cels  ki  0  lui  sont  arivé; 

nen  i  ot  de  sa  compaignie 

ne  mais  que  la  tierce  partie;  .L^cji-f>it^ 

cels  comença  a  conforter 
310    des  mais  qu'il  orent  en  la  mer. 

flSeignor",  fait  il,  „franc  chevalier, 

ne  vos  devez  mie  esmaier,  4-'  mIUmj^lijJ 

se  vos  avez  eti  peor 

rJ       ^     aL        ^°  ^^^^  ^^^'  ™^^  ®*  dolor; 

'  ^iîl5     ça  avant  vos  délitera,  j\Â^evuu\^ 

quant  il  vos  en  rememberra; 

buen  vos  sera  a  raconter 

les  mais  qu'avez  etiz  en  mer. 

Oem,  ki  s'esmuet  en  altre  terre    (^04^  'hneJt\jL  n 
820    por  règne  et  por  païs  conquerre,  -rw^to/^/j 

a  grant  enor  ne  puet  venir, 

296  G  angoisses.  —  298  GHI  d.  natendent  nul  r.  —  299  G  es  mors 
ont  il  forcer  i.  ;  HI  ont  il  espérance.  —  300  HI  nont  nule  fiance  ;  G  ques 
mors  nont  il  mais  recourance.  —  1101  H  Seur  la  falise;  I  sus.  —  302  ID 
sil  en  V.  nul  en  mer,  A  ses  v.  1.  en  la  mer.  —  303  G  q.  il  nés  voient 
si  ■  ont  dote.  Les  vers  303  —  4  omis  dans  D.  —  304  F  engloute.  — 
305  DHI  Danz  E.  a  a.  —  306  D  demore.  —  307  GF  not  noiant,  HI  ni 
avoit.  Les  vers  307 — 8  sont  omis  dans  D.  -•  309  D  Ses  c,  F  celles 
commence.  —  310  HI  d.  m.  quorent  enz  en  mer  (H  en  la  mer).  — 
311  dans  FD  sans  d'alinéa.  —  313  G  dolors.  —  314  A  ceste  mer;  G  et 
grans  paors,  F  maus  et  dolors,  D  mauz  et  dolor.  —  317  GF  bon  vos 
seront,  D  omet  les  vers  317— 18.  —  318  G  li  mal;  FHI  sofert.  —  319  GF 
quant;  D  qui  se  met  en  autrui  t.  —  820  GF  qui  nisun  bien  voille  c, 
D  qui  veult  ne  gain  ne  bien  conquerre.  —  321  A  an  g.  e. 


SES  COMPAGNONS  15 

se  bien  et  mal  ne  puet  sofrir. 

Ki  toz  tens  a  sa  volenté 

n'onkes  n'a  mal  espermenté,    ôyco^ru^v/^ 
325    ce  m'est  avis,  ja  ne  savra 

a  negun  jor  que  biens  sera;      ûu.UMur%/ 

mais  se  il  sofre  un  poi  mesaise,  -c/nj/^ayt^yv^ 

qu'il  nen  a  tôt  ce  que  li  plaise, 

ce  m'est  avis,  molt  prisera 
330    le  bien  après,  quant  il  l'avra. 

Or  avon  molt  sofert  ahanz    U^ruAAufuu^ ,  pnùrxjL^ 

par  plusors  mers  plus  de  set  anz 

et  molt  i  avon  travaillié  AcxxjAjLfJt. 

et  molt  getiné  et  veillié; 
335     s'avon  ja  mais  de  repos  rien, 

molt  nos  plaira  alkes  de  bien,    l^yrt^  ^ac^x. 

Sofrant  travail  et  mal  et  peine, 

si  eom  fortune  nos  demeine, 

nos  conduiront  li  deu  el  leu 
340    que  il  nos  ont  promis  en  feii,    -iiiU 

en  Lombardie  la  Maior; 

d'iluec  furent  nostre  ancessor. 

Granz  genz  somes  et  si  n'avon 
o^tv%fi--û^       de  vitaille  se  molt  poi  non;    rJU^r^    <K*^ 

345    il  nos  estuet  guarison  querre,    /y^eriH-^^^enn^ 

mais  molt  vei  ci  estrange  terre; 

ne  sai  se  onkes  i  ot  ble, 


322  A  sil.  -  323  D  (md  les  vers  323-327.  F  que;  HI  touz  iours.  — 
324  F  onques;  HI  naura  m.  endure.  —  326  G  a  nisun;  F  a  nés  .i.  j.;  HI 
en  sa  vie.  —  327  A  omet  les  vers  327—331.  —  328  D  que  il  en  ait  et  quil 
li  plaise,  F  na  tôt;  HI  que  il  nait  tôt  ce  qui  1.  p.  —  329  HI  miex  p.  — 
331  D  omet  les  vers  331—337.  —  332  I  Parmi  la  mer.  —  334  FHI  et  j.; 
6  et  mnlt  v.,  HI  et  nuit  v.  —  336  y  un  poi  de  b.  —  337  y  Sofrons; 
I  S.  le  t.  et  la  p.,  H  S.  t.  s.  la  p.  —  338  D  ensi  vendrons  en  nostre 
règne.  —  339  F  n.  menront  li  deu  el  pais,  G  li  deu  nous  ont  promis  un 
liu;  D  en  Lombardie  le  pais;  HI  ou  fie.  —  340  G  car  il  le  nous  donront 
en  fiu,  F  que  il  nous  ont  a  fief  promis,  D  que  Jupiter  nous  a  promis; 
HI  en  fie.  —  341  D  omet  341  et  342;  F  Alinéa.  —  342  G  daloc  f  li 
a.  —  343  FD  somes  si  ne  navon.  —  344  G  se  molt  poi  de  v.  non, 
D  se  mult  poi  non  de  garison.  —  345  D  vitaille  q.  —  346  D  sauage.  — 
347  A  omet  348.  349. 


oo. 


mer, 


16  IL  ENVOIE 

ne  bore  ne  vile  ne  cité; 

onkes  plus  salvage  ne  vi. 
350    Se  del  vivre  ne  trovon  ci, 
^  AA>t  Oùi'^  AuA4iMtar-!>  n*i  a  neient  del  sejorner, 
^        ^^    mais  del  mètre  nos  en  la 

et  requeron  altre  contrée 

0  vitaille  seit  mielz  trovee, 
355     eue  dolee,  feins  et  aveine 

as  chevals  ki  vivent  a  peine." 
ûuLtï^         A^  tant  Eneas  a  ehoisiz 

dis  chevaliers  proz  et  hardiz, 

ki  le  païs  aillent  cerchier 
360    et  ce  li  sachent  renoncier,  Gixif^r^A/nd/tt,, 

en  quel  païs  sont  arivé, 

se  home  i  a  ne  grain  de  blé. 

D'iluec  tornent  li  mesagier, 

ki  la  contrée  vont  cerchier; 
365     eirrent  par  vais  et  par  montaignes, 

par  boscages  et  par  champaignes; 

molt  ont  erré,  ne  virent  on, 

ki  lor  peiist  rendre  raison, 

rien  ki  vesquist  fors  salvagine.  iÀjU<L  ^«um/ao 
370    Tant  ont  erré  par  la  gualdine,  iorXt 

qu'il  entrèrent  en  un  sentier, 

d'iluec  en  un  chemin  plenier.  a^^ùmd,  A^ffwh» 
Li  mesagier  ont  tant  tenu 

le  grant  chemin  ki  larges  fu, 

349  D  omet  349 — 357,  y  plus  estrange  terre  ne  vi.  —  351  HI  ni  aura 
rien  du  s.  ;  G  de  s.  —  352  y  remetre  (HI  m.  remetre  nous  en  la  m.,  G  m. 
de  remetre  nous  en  mer).  —  353  G  et  si  q.  —  354  G  La  v.  —  355  F  vin.  — 
357  FD  sans  alinéa;  HI  Dant  (I  Quant)  Eneas  deus  a  choisi,  D  Danz  Eneas 
a  donc  c.  —  358  D  .iiii.  des  suenz  ;  HID  hardi.  —  359  IF  voisent,  G  iront.  — 
360  ID  et  si  li;  I  voisent.  —  362  G  et  sil  i  a  (F  Se  il  i  a)  noiant  de  ble; 
I  ne  ble  ;  D  et  sil  y  a  ville  ne  cite.  —  366  A  par  valees  ;  D  et  par  forez 
et  par  les  plaines.  —  367  GF  ni;  G  ont  veu;  HI  orne;  D  de  tantes  nez 
com  je  huy  oy.  —  368  A  saust;  F  poist;  G  dont  il  raison  aient  eu;  HI 
dire  la  some.  —  369  G  ne  nule  rien  f.  s.  Dans  I  sont  intervertis  369  et  370. 
quil  nont  trouée  fors  sauvagine;  H  ne  rien  vivant,  D  riens  qui  mue.  — 
370  Dans  A  il  y  a  une  déchirure  jusqu'au  vers  383.  —  373  sans  alinéa  dans 
GF;  D  ont  tant  erre.  —  374  G  le  droit  chemin  plenier  batu;  D  et  le  ferre. 


DES   ÉCLAIREURS  17 

375     Cartage  virent,  la  cité, 

dont  Dido  tint  la  dignité.  /û-a^-'»vc^oAU4^ 

Dame  Dido  tint  le  pais, 

mielz  nel  traitast  cuens  ne  mareliis; 

onc  ne  fu  mais  par  une  femme 
380    mielz  maintenue  enprs  ne  règne.   "^'*-*4*-' 

De  eel  pais  n'ert  mie  née, 

ainz  fu  de  Tire  la  contrée. 

Syeheiis  ot  a  non  ses  sire, 

uns  suens  frère  le  fist  oeire, 
385    en  essil  chaça  sa  seror,     Vd-iL 

por  ce  qu'il  volt  aveir  l'enor.   ypA^ot  clu^^ 

Celé  s'en  est  par  mer  foie, 

molt  ot  grant  gent  en  compaignie, 

porté  en  a  molt  grant  trésor, 
390    pailes  et  dras,  argent  et  or. 

En  cel  pais  est  arivee; 

al  prince  vint  de  la  contrée, 

par  grant  Qngin  li  ala  querre    /i^-tAi- 

qu'il  li  vendist  tant  de  sa  terre, 
.i)M^  ,      395     com  porprendreit  uns  cuirs^  de  tor;   ptoiM^    d^^  iW.*/iAû.*L. 
^:^9>«/^'»**»^>^J  doné  l'en  a  argent  et  or, 

et  li  princes  li  otreia,  o^ULeriAxt, 

ki  de  l'engin  ne  se  guarda.  .^^  pru^A.'^rirCL,  to^-^h^ 

Dido  trencha  par  correctes    cjtruLpùL.       f>QjKM^  C*(*vv*tfcA. 
400    le  cuir,  ki  molt  furent  graisletes.  t-njyntt^. 

0  celés  a  tant  terre  prise, 

qu'une  cité  i  a  asise; 

puis  conquist  tant  par  sa  richece, 

par  son  engin,  par  sa  proece, 
405    que  ele  aveit  tôt  le  païs 

et  les  barons  a  sei  sozmis, 

378  F  ne;  HI  tenist;  G  nus  qui  soit  vis.  —  379  HIF  ainz  (ains),  G 
aine.  —  380  F  maintenus,  D  maintenu  ;  HI  terre  n.  r.,  G  bonor  de  règne.  — 
381  G  Dicel;  D  nestoit  pas.  ~  382  F  Tebes.  —  384  D  e  ses  frères.  — 
385  Dans  D  sont  intervertis  les  vers  385  et  386.  —  386  F  omet  ce.  —  387  D 
par  mer  sen  est  Dido  fouie  ;  I  iert.  —  389  H  grant  grant  trésor.  —  391  I  iert. 

—  393  HI  par  grant  sens  li  ala  requerre  ;  G  alast.  —  396  D  donna  len  et  a. 
et  o.;  HI  li  a.  —  399  Alinéa  dans  HI.  —  401  FHID  a  celés;  F  terres  prises. 

—  404  G  sa  valor,  HI  son  sens  et,  FD  son  savoir.  —  406  D  a  sonz  soi  mis. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  2 


jljrxjXdAl^ 


18  DESCRIPTION 

Sa  citez  aveit  nom  Cartage, 
en  Libe  sist  sor  le  rivage. 
La  mers  la  bat  d'une  partie, 
410    ja  par  de  la  n'iert  asaillie; 

de  l'altre  part  sont  li  vivier  ù-a^n^ 
et  li  mareis  grant  et  plenier 
et  grant  fossé  a  barbaeane, 
fait  a  la  guise  Libicane, 
y-utvu-AAû-*-'  415     et  trencheïz  et  plaisseiz,  ye-^^i^xuyvûj  LfruAœu 
dJA-U^/^Ajj  cengles,  barres,  pont  torneïz.  /)a>^^   T'tJtfcVia^.v» 
Û.VAW:  Auû  Ainceis  que  l'on  viegne  a  Cartage, 

a  maint  destreit  et  maint  passage.     dL^K»Cjb 
El  coin  amont  devers  la  rive   s^tr^  j-jint       cLia^ 
420     a  une  grant  roche  naïve;  ^jrwJlé' 
iluec  sont  li  murail  asis.  i>^hUL^ 
ûrv^û^AA^  fkULf%/>J^       Li  quarel  sont  de  marbre  bis,  dJ^unr^  oju^  HruM 
^^'"'^*'*^^     de  blanc  et  d'inde  et  de  vermeil; 
AJbjJh^^-^-erfi)  ^  lu^Ai^rnAviit.  par  grant  esguart,  par  grant  conseil    Côtwaû^/ 
^  425    i  sont  asis  tôt  a  compas;  a.  pdt^ ,         /    ^f^ 

tuit  sont  de  marbre  et  d'adaraas.       /^'^*^*-*'^^<*^>!^ 
Li  mur  sont  fait  a  posterels, -.      ^diA^mAvJi 
a  pilerez  et  a  merels. ">y^.A>si i^^^  pUujyAj  ^  ^o-fea* 
a  biches,  a  oisels,  a  flors; 
430     0  le  marbre  de  cent  colors 
sont  peinturé  defors  li  mur 
^A/n^   senz  vermeillon  et  senz  azur. 

Tôt  environ  ot  fait  treis  rens  , 

407  D  Alinéa.  La.  407—8  sont  intervertis  dan^  HI.  —  408  HI  sus.  —       \ 

409  Déchirure  dans  A  jusqu'au  vers  425.    D  y  bat,  GFHI  li  b.  ;  G  une  p.  —       ; 

410  G  par  iloc;  D  niert  asegle.  —  411  D  vinier.  —  413  Les  vers  413  et  414 
sont  omis  dans  HI.  —  415  HI  et  marcheis.  —  416  HIlicesb.;  D  pors.  —  | 
417  HI  Ainz  que  on.  —  419  HI  Ou  chief  dam.,  D  El  c.  du  mont.  —  420  HIF 
ot  ;  D  a  une  roiche  qui  est  naive.  —  422  G  et  li  q.  —  423  D  d.  b.  de  inde  de  v. 
—  424  G  et  par  c.  —  425  I  il;  HI  par  c.  —  426  D  grant  s.;  HI  et  daymas; 
F  trestut  de  m.  et  daadmas;  A  et  de  d.;  GD  m.  de  d.  —  427  D  posteaus, 
A  pastorals  ;  HI  Li  murs  si  sont  fet  a  postiax.  —  428  y  et  a  pilers,  D  assiz  par 
flours  et  par  meriaux.  —  429  HI  a  bestes;  D  i  sont  tout  fait  en  tel  mesure; 
F  o  fl.  —  430  HI  enz  ot  marbre  (I  bestes);  D  vis  vous  sereit  fust  impture.  — 
431  G  dedens,  HI  trestuit;  D  ainsi  point  sont  entor  li  mur.  —  432  D  sanz 
vermeillon  ne  asur,  G  a  v.  et  a  a.  —  488  D  manque  jusqu'au  vers  445. 


DE  CARTHAGE  19 

de  mangnetes  par  molt  grant  sens  ù/Jt 
435     d'une  pierre  ki  molt  est  dure; 

la  mangnete  est  de  tel  nature, 

ja  nus  oem  armez  n'i  venist, 

que  la  pierre  a  sei  nel  traisist:  ^ 

tant  n'i  venissent  o  halbers,       ^J**'^^ 
440    ne  fussent  luég  al  mur  aers.    feruJt  da,  AjlÙJ^ 

Li  mur  erent  espés  et  balt, 

ki  ne  eriement  negun  asalt; 

.V.  c.  tors  aveit  environ 
^ujlrt.  estre  le  demeine  donjon;  ^ru^cl^cJL 
445    devers  la  vile  erent  trifoire  ^-imATroJrJ-e^  Am^  ^dv*>o<,  M 

li  mur,  a  ars  et  a  civoire,  cJUrùifU-  pcm^L^tJLa. 

0  granz  pilers  de  marbre  toz. 
y     Li  cbemins  alot  par  desoz;   ^urxju^ 
'^^'^^'^     grant  marcbié  i  aveit  toz  dis:  -huÀ^ujuj 
450    la  vendeit  on  le  vair,  le  gris,         ^ 

costes  de  paile,  covertors, 

porpres,  pailes,  dras  de  eolors, 

pierres,  espèces  et  vaissele; 

marcbeandise  riche  et  bêle 
455    i  petist  on  toz  tens  trover; 

ne  se  peust  on  porpenser  -^  '  .^i^tAAt^rvt/v' 

de  richece  ki  el  mont  fust,  ' 

en  cel  leu  trover  ne  peiist. 

Granz  rues  ot  en  la  cité 
460    et  palais  riches  a  plenté, 

434  HI  aimentez.  —  435  GF  ert.  —  436  HI  laimant,  F  la  mâne;  G  ditel. 
—  438  GF  ne  t.  —  439  HI  qui  vestu  erent  de  haubert;  GF  a  h.  —  440  A  sanf 
al  mur  a.;  I  lors;  F  lues  manque.  —  441  HI  Alinéa.  —  442  G  quil;  y  cremoient 
nul  a.  —  444  F  estre  le  maistre  d.,  G  e.  le  plus  maistre  d.  —  445  G  d.  les 
murs  ;  D  trifuire.  —  446  HI  o  ars  et  o  cimoire  ;  D  fait  a  voletes  et  a  cuivre.  ; 
A  a  ers.  —  447  F  a  g.;  A  pierres;  D  et  li  piler  sont  marmorin;  AG  roz.  — 
448  D  par  de  dessouz  vait  le  eh.  Depuis  ce  vers  jusqu'au  vers  471  D  donne 
une  autre  version.  V.  les  notes.  —  449  suiv.  Intervertis  dans  F  dans  cet 
ordre:  451.  52.  49.  50.  —  450  HI  et  v.  et  g.  —  451  GF  kieutes,  HID  coûtes, 
A  coites;  HI  de  p.  et  c.  —  452  G  porpres  cendax.  —  453  Déchirure  dans  A 
jusqu'au  vers  467.  H  pares  espices;  I  Ertlioal(?)  gingembre  cannelle.  — 
454  G  omet  et.  —  455  F  tantost.  —  456  I  puet  nus  bons  p.  —  458  I  qui 
iluec;  G  trovee  ni  fust.  —  460.  I  riches  pailes,  H  pailes  r. 

2* 


a4eJÀÂJ\^ 


465 


470 


475 


20  DESCRIPTION 

borgeis  mananz,  sales  et  tors 

et  ovreors  et  parleors;  a^cJàjl  £i' cuamLLa^ticjl. 

bels  manages  a  grant  plenté   0U^rr\a4.4Aji.A^ 

ot  la  dedenz  en  la  cité. 

Set  maistres  portes  i  aveit; 

uns  cuens  sor  chascune  maneit, 

son  feu  en  teneit  et  sa  terre; 

se  a  Cartage  sordeit  guerre,  ^W^al^)  ,  1»*^^  ^^44 

chascun  conte  estoveit  servir 

et  .vii.  c.  chevaliers  tenir. 

En  celé  mer  joste  Cartage   û.  tè^  cU, 

iluec  prent  l'en,  a  cel  rivage, 

(Tune  manière  peissonez,  poit.àaruj 

ne  guaire  granz,  mais  petitez. 

L'en  les  taille  sor  les  eoetes, 

si  en  chieent  roges  gotetesiyû-a-t^jt^-ù^  Ck^uHcLy 

de  ce  teint  l'en  la  porpre  chiere; 

poi  sont  peisson  de  lor  manière; 

l'en  les  nome  conchilions.   ûflnûAu^^-4^ 

Del  sanc  de  cez  petiz  peissons, 

dont  iluec  aveit  a  merveille,  i-r^^vm^/rrtû-w^ 

de  ce  est  la  porpre  vermeille. 

Les  neires  refont  en  Cartage 

del  sanc  d'un  grant  serpent  euage,  ûul  int  dcu, 

que  l'en  apele  cocadrille,  o^atLodùMiL.  "^' 

dont  molt  a  iluec  en  une  ille. 

461  HI  et  riches  t.  ~  462  GF  oriels,  H  oureoirs,  I  ouuroers;  G  et 
paleors.  —  463  G  molt  biax  manoirs  et  g.  p.,  F  biax  manoirs  et  g.  p.  — 
464  G  ont.  —  465  F  et  set  maistres  tors,  G  set  maistres  des  tors.  —  466  HI 
sus.  —  467  A  lor  f.  en  tienent  et  lor  t.;  GHI  fie,  F  fief;  G  i.  —  468  G  se  a 
la  vile;  I  en;  F  arcage.  —  469  A  estovroit.  —  470  Apres  ce  vers  GF  ont 
une  interpolation  qui  se  retrouve  dans  D  après  le  vers  486.  V.  les  notes.  — 
471  GD  Alinéa.  —  472  D  sor  le  rivage.  —  473  G  petites.  —  474  I  mie.  — 
475  HIF  souz;  D  ainsi  sent  les.  —  476  y  issent;  G  gotes  rogetes.  —  477  HI 
soie  porfire.  —  478  HI  de  tel  matire,  GF  de  la  m.  ;  D  poy  estre  en  aillours  de 
tel  m.  —  479  D  li  vermeill  sont  de  cel  poisson.  —  480  GF  verraax  p.  ;  D  Ens 
en  Cartages  les  taint  Ion.  —  481—485  sont  omis  dans  D.  —  482  F  ert.  — 
483  III  et  la  noire  font  ;  F  fait  on.  —  484  A  peison  ;  G  marage.  —  485  HI  si 
lapele  len,  G  quout  on  apele;  D  les  noires  sont  de  cacodrille.  —  486  G  d.  il  a; 
D  illuec  conversent  en  une  ille.  Ici  D  donne  l'interpolation  de  GF  (après  le 
vers  470)  et  abandonne  la  version  des  autres  mss.  jusqu'au  v.  515.  V.  les  notes. 


480 


485 


{ 


DE  CARTHAGE  21 

Serpent  sont  grant  a  desroesure    ctjCrrutuiu^^ijCrnajnL 

et  de  molt  diverse  nature;  ia.*^^wnAjy>ii/*-v^ 

quant  a  sa  preie  dévorée, 
490     donc  si  s'endort  gole  baee^^J^au. 

il  nen  a  neient  de  boiel,   ÀJL  r».  '  -e-c^  /Oo*.    A-<-uu4>u>Trj  eU. 

el  cors  li  entrent  li  oisel 

et  pasturent  en  son  dormant  /u^ncL^t^r^t,  <ul' ^iL  oLc^ 

ce  que  mangié  ot  de  devant;  *^ 

495    ne  s'espnrge  pas  altrement,    ^ô«_  pi'^'^ 

car  n'a  mie  de  fondement,  a^tvu.^ 
A  une  part  de  la  cité 

asist  Dido  sa  fermeté;  'ieriJ<.fu,.A^à^ 

tors  i  ot  forz  et  bon  donjon, 
500    ki  ne  criement  se  foldre  non;    jùutJLf^t^ 

n'i  pelist  l'en  neient  forfaire,  'hj^-^A^  àju.  ^yr^cJL 

por  nul  asalt  lancier  ne  traire; 

nus  engins  ne  li  forfeïst,      •>ruic-A-*^*xi_     dUL,  &uaj\^\m^ 

se  de  vers  le  ciel  ne  venist. 
505     Li  palais  fu  desoz  la  tor; 

onc  a  rei  n'a  enpereor 

ne  fil  vettz  si  buens  ne  tels. 

De  cbieres  pierres  naturels 

ot  un  mui  enz  el  mur  asis,     -yrijuiA. 
510    et  .vii.  m.  esmalz  i  ot  mis  f^tyfïuûh    JLl  ^ynaJ-Ai.  t-JtruùJJjL 

es  pilers,  es  entailletires,  ayn^ct^ÀL-L^uu^ 

es  uiseries,  es  volsures,  Aft<&^<"vlA^         'o-euji-t-k^ 

489  et  490  omis  dans  A  ;  F  Se.  —  490  GF  puis  ;  F  se  dort.  —  491  F  et  si 
nen  a  nés  un  b.,  G  il  nen  avoit  nis  un  boel;  A  ont.  —  493  F  a  pasturer.  — 
494  I  avoit  devant;  H  a..  —  495  HI  du  (H  de)  fondement  na  point  en 
bas.  —  496  HI  nautrement  ne  sespurge  pas;  F  ne  na;  GF  noiant  de  f.  — 
497  Depuis  ce  vers  jusqu'au  vs.  511  le  manuscrit  A  a  une  déchirure.  Nous 
avons  cité  B  à  sa  place.  —  499  GF  tor;  F  i  ot  fort  et  .i.  d.,  G  i  avoit  fort  et 
d.;  HI  et  haut  d.  —  500  GF  creuioit;  F  ses.  —  501  H  ni  poist  nul;  G  ni 
peust  nient  nus  hom  forfaire;  HI  point  de  mal  faire,  F  ja  rien  forfaire;  B  so- 
ferre.  —  502  H  par;  F  a  nul,  G  a  un.  —  503  GH  ne  engin;  F  mal  ne  li  feist. 

—  504  I  que  de  nule  part  li  venist.  —  505  Alinéa  dans  G.    GF  sist  desor. 

—  507  HI  si  bels.  —  508  HI  de  cleres  p.,  F  a  ces  p.  —  509  Les  vers  509 — 314 
intervertis  dans  F  :  11.  1.2.  13.  14.  9.  10.  G  eut  molt  es  uevreres  assis,  F  ot 
menues  oevres  a.,  B  ot  un  rubin  desore  a.  —  510  HI  et  plus  de  .vii.  m. 
esmax  mis.  —  511  HI  es  oeures  et  e.  —  512  HI  es  fenestres  (I  fenestriax) 
et  es  iointures;  F  et  v. 


22  LES  MESSAGERS 

es  colombes,  es  fenestriz, 
\fitu.M^     es  verrines  et  es  chassiz.    cAaôa^ 
515    Un  temple  fist  enprés  Dido,  xruû-tw^ 
/  ajuuiJULàJ^   ^  cuAH^  ^)  0  coltivee  esteit  Juno  ; 

,    molt  esteit  riche  a  desmesare. 
■^^f^^ruM,    Enuiz  sereit  de  sa  faiture  ^aj^jt*» 

a  dire  tôt  ce  qu'en  esteit. 
520    La  déesse  Juno  voleit 

que  Cartage  fust  chiés  del  mont     yr^àuJ'uu- 

et  li  reialme  ki  i  sont 

a  li  fussent  trestuit  aclin;  a^-u-v^ua* 

mais  onkes  n'i  pot  mètre  fin,  v«.^>wu  a,   irùuJt.i 
525    tôt  altrement  est  destiné;  ; 

car  li  deu  orent  esguardé,  cJ^eruJi  i 

que  a  Rome  l'estoveit  estre. 

Li  Capitoiles  sist  a  destre 

fors  del  chastel  a  une  part, 
530    0  fussent  par  comun  esguart  aUlûùc\A/t!errJ  j  coA 

li  senator  mis  por  jugier, 

por  tenir  dreit,  por  tort  plaissier;  cUJih,uûtL, 

ce  fu  leus  a  tenir  les  plaiz.  ^b^i^cjiA^ 

Par  merveillos  engin  fu  faiz, 
535    molt  fu  bels  et  larges  dedenz, 

voltes  et  ars  i  ot  .ii.  cenz; 

ja  n'i  parlast  oem  tant  en  bas, 

ne  fust  oïz  en  es  le  pas  4um^  J^  cKa^tto^ 

par  tôt  le  Capitoile  entor. 
540    Li  vint  et  .iiii,  senator 

i  esteient  ja  esguardé.  (Lh.truu^ 

513  G  colombeis;  G  fenestrix,  Ffenestrils.  —  514  F  verringues;  F  cassils. 
Apres  ce  vers  AB  d'un  côté,  de  l'autre  GFD  intcrjwlent  un  certain  nombre  de 
vers.  V.  les  notes.  —  515  D  suit  une  autre  version  depuis  le  vs.  315  jusqu'au 
vers  544,  où  Use  joint  à  l'interpolation  de  GF.  V.  les  notes.  Alinéa  dans 
HIF.  HI  après.  —  516  A  costivee,  H  curtivee,  I  célébrée,  GF  cultivée.  — 
517  HI  riches  esteit.  —  518Glef.  —  519ya  raconter;  omet  tôt;  G  ce 
qui  e.,  F  cou  quil  ni  e.,  HI  ce  quens  e.  —  521  H  quen  C.  —  522  F  li 
roiaute,  G  les  contrées.  —  523  G  del  tôt;  FHI  enclin.  —  524  GHI  m.  ni 
pot  o.  -  -  525  HIF  iert.  —  530  F  i;  GFI  furent.  —  533  G  lor  p.  —  535  HIF 
larges  et  biax.  —  536  G  vautes  i  ot  plus  de  .ce.  —  537  HI  nus  si  très 
bas.  —  540  mss.  li  .xxiiii.  s  {sauf  F). 


CHEZ   DIDON  23 

Puis  ot  Rome  la  poesté, 

d'iluee  a  molt  lointaing  aage, 

que  Dido  volt  mètre  en  Cartage. 
545    Encor  idone  ne  par  ert  mie     clLûtu^ 

celé  citez  tote  fornie, 

encor  faiseit  Dido  ovrer 

as  murs  entor  por  mielz  fremer. 
Tant  espleitierent  li  mesage 
550    que  il  entrèrent  en  Cartage; 

il  ont  enquis  et  demandé, 

ki  mainteneit  celé  cité. 

L'en  lor  a  dit  que  une  femme 

esteit  dame  de  tôt  le  règne. 
555     II  ont  enquis  o  ele  esteit; 

par  endices  alerent  dreit. 

Sus  el  chastel  desoz  la  tor 

troverent  en  un  parleor 

la  reine  o  tôt  grant  barnage. 
560    Devant  li  vindrent  li  mesage. 

Ilioneus  parla  premiers, 

ki  molt  esteit  sages  et  fiers; 

salua  la,  puis  se  li  dit: 

„ Entent  a  nos,  dame,  un  petit. 
565     Bien  as  oï,  ja  a  lonc  tens, 

que  Greu  firent  vers  Troïëns; 

arstrent  la  vile  et  craventerent,  Aiyri^juuXfyjtJ»^ 

granz  et  petiz  toz  décolèrent 

de  cels  qu'il  en  porent  tenir; 
570    n'en  pot  uns  seuls  de  mort  guarir. 

544  GF  a  C.  Après  ce  vers  GFD  ont  une  interpolation  qiie  l'on  trou- 
vera dans  les  notes.  D  ne  reprend  la  version  des  autres  qu'au  vers  560.  — 
54(3  G  del  tôt  f.  —  547  et  548  sont  omis  dans  A  ;  F  trouer.  —  548  GF  as 
tors  as  murs  (F  a.  m.  a.  t.)  por  araser;  H  dentor;  I  enfermer.  —  549  GF 
sans  alinéa.  —  554  G  cel,  F  cest,  HI  ce.  —  555  et  556  intervertis  dans  A. 
GF  Puis.  —  556  FHI  par  demander,  G  par  demandes.  —  557  GF  Devant 
le  temple  soz  1. 1.;  HI  sus  un  c.  —  558  G  le  trouent;  A  t.  ia  el  palleor;  F 
es  aleors.  —  559  GF  ot;  y  molt.  —  560  A  vienent.  —  561  F  Diones;  y  por 
toz.  Alinéa  dans  F.  —  562  D  li  plus  sages  des  mesagiers;  y  et  proz.  — 
563  D  représente  une  autre  version  jusqu'au  vs.  399.  V.  les  notes.  G  salue. 
—  564  HI  Dame  entent;  y  a  moi.  —  566  A  furent;  GF  a  T.  —  567  GF 
arsent;  A  trebucbierent.  —  568  A  cravanterent.  —  569  GHI  que  il  p.  t. 


24  LEUR  DISCOURS   ET 

Tote  ont  la  cité  essilliee.  /va.\j«uaXa. 

De  la  celestiël  ligniee 

ot  en  Troie  un  riche  baron; 

de  eele  grant  ocision,   ^t-u^uA. 
575     qu'i  faiseient  la  nuit  li  Greu, 

le  guarantirent  bien  li  deu; 

fors  le  mistrent  de  la  cité; 

grant  gent  ot  o  lui  asemblé; 

par  lor  comandement  vait  querre 
580    Italie,  une  loingtaine  terre. 

Quise  l'avon  .vii.  anz  par  mer, 

ne  la  poon  encor  trover. 

Torment  eiimes  grant  l'altr'ier, 

une  de  noz  nés  fist  plongier,  ^cayrUru-^ 
585    les  homes  neier  en  veïmes, 

et  des  altres  nés  deperdimes 

grant  partie,  si  ne  savon 

s'il  sont  encor  neié  o  non. 

La  mendre  parz  est  arivee 
590     molt  près  de  ci  en  ta  contrée. 

Eneas  est  iluec  remés, 

0  il  aient  ses  altres  nés; 

ça  nos  en  a  a  tei  tramis, 

que  seit  segurs  en  ton  pais,    >ô<!U; 
595    qu'il  nen  ait  guarde  de  ta  gent, 

tant  que  il  ait  oré  et  vent, 

et  ses  nés  alkes  redreciees,    -aw  tUÀX. 

que  la  tormente  a  depeciees." 

Dido  respondi  al  mesage: 

573  HI  Alinéa,  en  T.  ot.  —  575  G  que  i  fisent.  —  576  A  Greu.  —  578  G 
od  lui  ot  a;  F  0  lui  g.  g.  ot  a.  —  579  HI  par  le  cornant  as  diex  v.  q.  —  580  F 
vitalle  en  molt  1.  t.;  G  en  la  1. 1.  —  581  et  582  sont  omis  dans  HI.  —  583  HI 
tormente.  —  584  G  de  nos  nés  nos  fist  .vii.  plongier;  HI  vi  p.  —  585  G 
Nos  h.;  y  i  V.  —  586  HI  i  perd.;  GF  de  qui  molt  durement  perd.  —  587  G 
et  des  autres  avons  perdu;  FHI  cou  ne  s.  —  588  FHI  gari;  F  ja  non;  G  ne 
savon  que  sont  devenu.  —  589  AHI  menor.  —  591  GF  entres.  —  592  HI  por 
garantir  eus  et  lor  nes;  G  iluc  atent.  —  593  HI  il  nous  a  ci,  G  si  nous  en  a 
ici  t.  —  594  GHI  q.  seurs  s.  (I  quasseur),  —  595/96  intervertis  dans  G  ;  G  et 
ses  maintien  envers  ta  gent;  HI  que  il  nait;  F  quil  ni  ait.  —  597  G  tant  quil 
ait  s.  n,  r.  —  598  G  li  mers  li  a  d.  —  599  Alinéa  dans  HIF.  D  Respont  Dido 
la  tiriaine,     D  rend  les  ^'ss.  599 — 611  d'une  manière  différente.    V.  les  notes, 


LA  RÉPONSE   DE  DIDON  25 

600     „Bien  sai",  fait  el,  „le  grant  domage 

et  le  destruit  des  Troïëns; 

ge  l'ai  oï  molt  a  lone  tens. 

Vos  ki  de  eel  estes  guari, 

molt  l'avez  puis  espeneï;  su^fUx. 
605     onc  puis  ne  fustes  senz  dolor, 

mestier  avez  grant  de  sejor.  ^jLpo^ 

Se  vos  volez  ci  sej  orner, 
yu^aru^^      voz  nés  restreindre  et  ratorner,  AA.c£^enrru>rru>eh^>J 

n'avez  guarde,  gel  vos  plevis,   ^^^^À-fc   <^  CL/iAur4€^ 
610    d'ome  ki  seit  en  cest  pais; 

segur  seiez,  ne  dotez  pas. 

Se  ça  vuelt  venir  Eneas, 

gel  servirai  en  ma  cité, 

li  mien  li  iert  abandoné. 
615     Ge  refui  ja  plus  ejguaree,  ^a,u.\ifju,  o^rAorv^itd'yvyiAi^ 

quant  ge  ving  en  ceste  contrée, 

car  ne  sui  pas  de  cest  pais; 

par  mei  le  sai,  bien  l'ai  apris, 

que  ge  dei  bien  aveir  pitié 
620    d'ome,  sel  vei  desconseillié.  a  -ùtnjJ^  oU.  AJ^&A^tt^^-^A.^^ 

Se  sejorner  vuelt  Eneas 

et  demorer  ci  al  trespas,  s^im^oo^ 
^r\cJL  A.  ùr*^p^   ja  q^aj;  i  despendra  denier   djC^jt^r^AJu^o^ 

por  rien  nule  dont  ait  mestier; 
625    tôt  le  ferai  del  mien  servir 

et  molt  li  donrai  al  partir, 

plus  li  ferai  que  ne  vos  di. 

S'enfin  voleit  remaindre  ci, 

et  si  laissast  ester  a  tant  aXjer\A^ 

600  GF  ele  le  d.  —  601  HI  et  la  perte;  GF  as  ï.  —  602  F  jo  la 
oi;  GF  il  a  1.  t.  —  6"3  HI  ce  fustes.  —  606.  G  molt;  I  g.  in.  a.  — 
607  et  608  sont  omis  dans  F.  y  demorer.  —  608.  HI  et  afermer,  G  et 
atorner,  —  609  HI  ce  v.  —  611  D  remplace  les  vss.  611—643  par  12  autres 
vers.  V.  les  Notes.  611  et  612  intervertis  dans  F.  G  ni.  —  612  FHI  Se 
V.  volt  ca,  G  Se  venir  i  v.  —  614  GHI  le  mien;  G  li  ai  a.  —  615  G  molt 
effarée;  F  car  jou  refui  ca  e.  —  617  HI  je.  —  618  I  pour.  —  621  G  de- 
morer. —  622  G  et  ci  demort;  HI  .i.  trépas.  —  624  GB^I  por  nule  rien.  — 
626  FHI  molt  li  d.  al  départir.  —  627  y  que  je  ne  di.  —  628  H  Sainsi; 
ï  Se  il  voloit  demorer  ci;  G  remanoir. 


26  RAPPORT   DES   MESSAGERS 

630    la  folie  qu'il  vait  querant, 

de  ma  terre  ait  une  partie 

a  lui  et  a  sa  compaignie. 

Ma  genz  et  la  soe  seit  une; 

se  il  vuelt  aveir  ma  comune,   (jrrn/rryu/nùujJc 
635     n'avrai  plus  ehier  le  Tiriën, 

que  jo  avrai  le  Troïën. 

Tornez  a  lui  tost  al  rivage, 

et  dites  li  que  en  Cartage 
,  s'en  viegnë  o  mei  herbergier; 

-jùJ^J^^xA-    (340    toz  est  lassez  de  naviër." 

Li  mesagier  ont  pris  congié, 

a  lor  seignor  s'en  vont  tuit  lié. 

Eneas  de  bien  loin  les  vit, 

contr'els  ala  et  se  lor  dit: 
645     „Qu'avez  trové?"  —  Nos  bien.  —  „Et  queiV"  — 

—  Cartage.  —  „Parlastes  al  reiV" 

—  Nenil.  —  ,,Por  quel?"  —  N'i  a  seignor.  — 
„Quei  donc?"  —  Dido  maintient  l'enor,  —  -pjj 
„Parla8tes  vos  o  li?"  —  Oïl.  —  a<h 

650    „Menace  nos?"  —  Par  fei,  nenil.  — 

„Et  que  dist  donc?"  —  Pramet  nos  bien, 

seiez  segurs,  mar  criembreiz  rien. 

Ce  dit  la  dame  Tiriane, 

s'en  ceste  terre  Libicane 
655    volez  remaindre  et  sejorner, 

voz  nés  restreindre  et  refermer, 

ne  vos  estuet  doter  de  rien, 

car  el  vos  aseure  bien; 

par  nos  vos  ofre  le  sejor 

630  F  que.  —  63 1  F  cite.  —  634  G  quele  soit  c.  —  635  III  noi  pas 
plus  ch.  —  638  G  a  Cartage.  —  639  F  avoec;  HIG  por  herb.  —  640  HI  na- 
vigier;  HIG  del  n.  —  641  Smts  alinéa  clans  GF.  G  Li  m.  en  sont  tôt  lie.  — 
642  G  a  I.  s.  sont  repairie.  —  643  D  Danz  Eneaz  quant  il  les  vit.  —  644  G  HI 
encontre  eus  ala  si  lor  dit,  D  vers  eulz  ala  et  si  1.  dist.  —  645  D  lius 
bien,  G  molt  bien.  —  648  y  Que.  —  649  et  650  sont  omis  dans  A.  — 
650  HI  Menaça  vos.  —  652  HI  soion  s.  ne  douton;  GF  s.  serons  ni  criem- 
bron  rien,  D  serons  seur  mar  criendrois  r.  —  656  G  ratorner,  I  afenner.  — 
657  D  se  en  vous  veult  mouvoir  guerre.  —  658  D  aidera  nous  veniance 
querre.  —  659  HI  mande;  D  son  s. 


A   ÉNÉE  27 

660    ensemble  li  enz  en  sa  tor; 

ses  servises  ne  vos  faldra, 
^^j    ifir>A'UMr\^   tant  com  prendre  le  vos  plaira." 

f**^       Dementre  que  li  mesagier    pàjnUM/rJ::    ajaa 

alerent  le  païs  cerchier,  ^ 

665    furent  lor  nés  al  port  venues, 

qu'il  cuidoent  aveir  perdues. 

Aancree  s'i  ert  chascune; 

totes  les  virent  ne  mais  une 

qu'il  perdirent  par  la  tormente; 
670    de  eele  n'orent  mais  atente. 

Eneas  forment  s'esjoï 

de  la  novele  qu'il  oï, 

et  de  ses  nés  qu'il  ot  fors  une. 

Molt  li  esteit  prospre  fortune: 
675    fortune  le  ra  esbaldi,    l /->c^^t^^^it~ 

ki  de  devant  l'aveit  marri.    (U*^3eu\.ar>>o^f^ 

Por  ce  ne  deit  oem  desperer,  ^g^  g*.  oye>/-^'>^>^ 

se  li  estuet  mal  endurer, 

et  se  il  a  tôt  son  plaisir, 
680    donc  ne  se  deit  trop  esjoïr, 

ne  por  grant  mal  trop  esmaier,  .a'-'^'^y^-^ 

ne  por  grant  bien  trop  leecier;  Aa.  rJi-^piJuj^ 

et  d'un  et  d'el  de  tôt  mesure; 

uns  biens,  uns  mais  toz  tens  ne  dure. 
685    Fortune  tome  en  molt  poi  d'ore. 


660  G  laiens  avolc  li;  HID  e.  o  lui.  —  661  D  sis  estanges.  no  vous 
faudra.  —  662  com  ore  vous  targera.  D  intercale  4  vers.  V.  les  notes.  — 
663  IG  Alinéa.  D  Tandis  comme  1.  m.  —  665  FHI  les  n.  —  667  GF 
Aancrees  furent;  D  sestoist,  I  sestoit,  H  estoit.  —  668  D  toutes  orent  lor 
nez  fors  une,  HI  toutes  les  orent  mes  que  une,  F  t.  les  ont  ne  mais  que 
une;  G  t.  revinrent.  —  669  D  que  en  mer  noia  la  tormente,  GF  que  il  p.  p.  t. 
—  670  D  de  li  navoient  mes  entente;  G  diceli;  A  norent  (Indistinct), 
HI  nont  il.  —  671  Alinéa  dans  y.  v.  671 — 2  illisibles  dans  A.  D  danz  eneas 
f.  sesiot;  G  se  joi.  —  672  D  que  il  ot.  —  674  G  seul  prospre,  les  autres  mss. 
propre.  —  675  D  les  ra.  —  676  HI  qui  forment  laveit  esmari  ;  GFD  q.  devant 
ce;  GFD  mati(?).  —  678  D  quant  li  convient;  A  estoit.  —  679  A  ra.  — 
680  HI  resioir.  —  682  G  ne  por  bien  trop  esleecier;  A  deslier.  —  683  G 
tostans  mesure;  HI  de  lun  et  de  lautre  est  mesure,  D  de  toutes  choses 
est  m.  —  684  D  ne  bien  ne  mal,  F  nus  b.  nus  m.  —  685  HI  en  petit  dore. 


28  ARRIVÉE  D'ÉNÉE 

tels  rit  al  main  ki  al  seir  plore; 

al  seir  est  laie,  al  matin  bêle, 

si  com  el  torne  sa  roele; 

cui  el  met  a  l'un  jor  desus, 
690    a  l'altre  le  retorne  jus: 

de  tant  com  el  l'a  mis  plus  hait, 

tant  prent  il  aval  graignor  sait.     û'M:^- 
Eneas  dist  a  ses  barons 

l'ofre  a  la  dame  et  le  respons, 
695    et  ce  que  el  li  a  mandé: 

qu'il  ait  a  li  en  sa  cité. 

Cil  li  loent  comunalment, 

que  il  i  ait  hastivement, 

et  il  si  fist,  ne  tarja  pas. 
700    M  oit  s'apareilla  bien  de  dras 

et  monta  en  un  palefrei; 

.vii.  vinz  en  fist  monter  o  sei, 

et  chevalcha  dreit  vers  Cartage, 

si  com  l'en  meinent  li  mesage 
705    ki  devant  i  orent  esté. 
CKsjount.  Ainz  none  vint  en  la  cité.   J'xoù^   Aixi.^x-A.' 

Si  Troïën  vont  devant  lui  cU-  Ji' o^f^à*^'  > 

et  chevalchoent  dui  et  dui.  JLuaj^  &.  diM^ 

Borgeis,  dames  et  chevaliers 
710    et  en  rues  et  en  solliers  jUeJ^t--  jeri^rruu^ 

les  vont  a  merveille  esguarder. 

N'estoveit  mie  demander, 

ki  de  la  compaignie  ert  sire: 

686  G  qui  rit  al  m.  al  vespre  pleure.  —  687  D  remplace  les  vers  687— 
700  par  4  vers.  V.  les  notes.  —  688  F  la  r.  —  689  HI  ce  quele  met  un 
jor;  F  celui  qui;  G  ele  met  un  j.  —  690  y  trébuche  (G  lautre  le  retre- 
buce  j.).  —  691  F  corne  la  mis;  HI  omettent  de;  HI  ele.  —  692  I  plus 
grant.  —  694  H  son  r.,  G  ses  r.  —  695  G  et  ce  quele  li,  F  Icou  que 
elle  ma  m.  —  696  HI  voist,  F  voise.  F  intercale  deux  vers.  V.  les  notes.  — 
698  HF  voist.  —  699  I  eu  es  le  pas.  —  700  Après  ce  vers  GFD  intercalent 
14  vers.  V.  les  notes.  A  se  conrea  (exponctié).  —  701  D  représente  jusqu'au 
vs.  706  une  autre  version.  V.  les  notes.  G  sor,  HI  sus.  —  703  G  a  Cart.  — 
705  I  d.  lui.  —  706  HI  a  n.  ;  GF  a  la  c.  Après  ce  vers  GFD  intercalent 
4  vers.  V.  les  notes.  —  707  A  Si  home  vont  de  devant.  D  remplace  les 
vers  707 — 722  par  6  vers.  V.  les  notes.  —  710  y  et  des  r.  et  des  s.  — 
711  G  agarder.  —  713  G  de  la  compaigne  estoit  s. 


I 


A  CARTHAGE  29 

senz^ee  qnft  nus  d'els  l'oïst  dire 
715     conoiseient  tr estait  le  rei. 

Li  uns  le  mostre  a  l'altre  al  dei.  dt^At, 
Molt  esteit  bels  et  avenanz  o/^uiu^^ 
et  chevaliers  forniz  et  granz;  '   /t^Uu^^ 
a  toz  en  semble  le  plus  bel. 
720    II  ala  descendre  al  chastel; 
contre  lui  est  Dido  venue; 
il  vait  avant,  si  la  salue. 
Ele  le  prist  par  la  main  destre; 

en  l'entaille  d'une  fenestre     duo/  AfvhM^t.  cU  JU,  ^À^^r^ikra, 
725     se  sont  loing  des  altres  asis;  ^ 

el  li  a  de  son  estre  enquis,  ù^cJb.  ,  U2ujo(^*^tanrù 
et  il  l'en  a  grant  conte  fait, 
come  il  erre  et  o  il  vait. 
Quant  il  li  ot  tôt  aconté, 
730    son  chambellenc  a  apelé, 
ariere  l'enveia  as  nés 
por  son  fil  ki  la  ert  remés; 
molt  tost  li  rova  amener 
et  comanda  a  aporter 
735    treis  guarnemenz  que  il  aveit;     AùàhjH^  cU.  jLj-v 
pm^pensa  jd  qu'il  les  donreit     ^  >eu^^%tA, 
a  la  reine  de  Cartage, 
ki  molt  li  faiseit  bel  ostage. 
Une  nosche  i  ot  merveillose,    ijou^dU- 
740    onkes  ne  fu  plus  preciose, 

et  un  mantel  ki  molt  fu  chiers; 
^«.4/vw^la  penn_e  en  fu  a  eschaquiers,  .Oa^^l^rôCc  Coru>^  4Mru 
d'unes  biches  de  .c.  eolors  :  -^  .  •       *.    i 

-,.  T^'i^  ^  Chascims;  y  (»nd  a.  -  719  GF  a  t.  resambloit;  HI  sembloit.  - 
danz  Eneas  bel  la  salue.  D  apris  ce  vers,  en  intercale  8  autres,  puis 
se  joint  a  hï  pour  l'interpolation  qu'ils  placent  après  722  Y.  les  notes  — 
723  D  remplace  les  vers  723-730  par  d'autres.  V.  les  notes.  GF  Dido  le 
pr.  -  724  I  entraille.  -  726  F  Se  li,  HI  Ele.  -  727  G  li  a-  F  en  - 
728  G  cornent;  AF  corn  i.  v.  -  730  D  rmiplace  Us  vers  730-764 par  d'autres 
V.  les  notes.  A  chambellan.  -  731  HI  lenvoie  a  ses  nés;  A  es  n  - 
-34  G  et  SI  li  c.  a  porter.  -  739  F  presiouse.  -  740  G  qui  molt  par  estoit 
p.;  1  périlleuse,  F  mervillouse.  -  741  HI  iert.  -  742  HIF  pane-  G  1  n 
estoit.  -  743  HI  beste,  GF  bise;  F  de  gent  c  *-       »        •  i^- 


30  ASCAGNE 


• 


d'altres  plus  riches  et  raeillors 
àlMU-Ajf^        745     fu  bien  orlez  li  mantels  toz 

devant  et  a  poi^fil  desoz.     If^fi^juUMJL. 

Molt  fu  riche  la  forrettre  du^tjîlAMAÂ^ 

et  molt  valut  mielz  la  volsure;  instii^ 

toz  fu  batuz  a  or  defors. 
750    Seul  les  ataches  et  li  mors 

et  li  boton  et  li  tassel 

valeient  plus  que  trei  chastel. 

Tel  vestiment  iluec  aveit, 

corn  a  reïne  eonveneit; 
755     de  porpre  esteit,  estelez  d'or; 

li  reis  Prianz  en  son  trésor 

faiseit  cez  guarnemenz  guarder, 

quant  il  se  deveit  coroner; 

sa  femme  Ecuba  les  aveit 
760    le  jor  que  coronee  esteit. 

Tornez  s'en  est  li  chambellens; 

tôt  a  compli  en  poi  de  tens, 

si  com  ses  sire  li  ot  dit. 

La  mère  Eneas  sot  et  vit, 
765     que  ses  fiz  esteit  en  Cartage; 

molt  redotot  en  son  eprage,   c^^-i^vi 

qu'il  nel  menassent  malement: 

molt  ert  entre  salvage  gent. 

Ele  ot  d'araor  la  poesté. 
770    Quant  vit  que  son  fil  ot  mandé,   ù.-^tjJt  jùt  Jb^ 
d^u-CA'rr^A^ii  goef  entre  ses  braz  le  prent, 

molt  le  baisa  estreitement.  é>**x&iJt^ynAv%t 

En  eel  baisier  li  a  doné 

de  faire  amer  grant  poesté;  » 
775    ki  enprés  li  le  baisera 

744  y  chieres  —  748  F  valoit.  —  750  GF  Sor  les  ataches  en  ist  lors.  — 
751  y  o  les  tassiaux.  —  752  GF  de  mil  chastiaux,  HI  de  .iii.  chastiaux.  — 
753  GFH  avolc.  —  754 1  la.  —  757  A  cel  garnement.  —  758  HI  et  q.  s.  fesoit 
c.;  GF  faisoit.  —  760  G  al  jor  quele  se  coronoit,  —  761  y  en  est.  Alinéa 
dans  HI.  —  764  D  représente  une  autre  version  du  vers  76é — 825.  G  si  ot; 
F  ot.  —  766  G  grant  paor  ot.  —  768  HI  iert.  —  770  GF  quele  ot  lenfant 
m.,  HI  que  il  li  ot  m.  —  771  y  a  lui  vint  en  ses  b.  1.  p.  —  772  HIF  b.  le  m.  — 
778  y  A  cel  b.  (F  Iccl). 


APPORTE  DES   CADEAUX  31 

del  feu  d'amor  espris  sera. 
A  cels  quel  meinent  dist  Venus, 
qu'oem  ne  femme  nel  baisast  plus^ 
fors  la  reïne  et  Eneas; 
780    puis  s'en  torna  en  es  le  pas.  'Cu/^   JU.  CA^umjiy 
Aseanitis  o  son  barnage 
a  son  père  vint  en  Cartage; 
ce  qu'il  aveit  fait  aporter, 
a  Dido  le  fait  présenter. 
785     0  granz  grâces  l'a  reeeli 
la  reïne,  oui  molt  bel  fu; 
AnoA^-  por  sa  valor  tant  nel  prisa,    ycdbuco 

Z^4*my^^    eom  por  celui  ki  li  dona. 
La  dame  et  tuit  li  Tiriën 
790    virent  le  don  al  Troïën; 
a  merveille  le  prisent  tuit, 
grant  parole  en  font  et  grant  bruit, 
ne  se  vent  entr'els  toz  jugier 
le  quel  on  deie  plus  prisier. 
795     Quant  ont  le  mantel  esguardé, 
a  grant  merveille  l'ont  loé, 
et  révèlent  le  vestement, 

le  mantel  tindrent  a  neient,  Tu.  4tUi^nt.  Au^-uw  C^^  dU, 
et  quant  la  nosche  vint  aprnef,  ù^'f^^ 
800    tôt  l'altre  ne  prisent  un  oef 
La  reïne  les  enveia 
en  sa  chambre,  puis  apela 
l'enfant  ki  a  son  père  vint; 
acola  le,  soef  le  tint,    «s'i^t.^-C^Ljyyvô-r»^  . 

777  HI  qui  naiment.  —  778  y  que  home  ne  famé  nel  (G  ne)  baist 
plus.  —  780  A  a  san  tornent,  G  p.  si  san  tome.  —  781  GF  ot  grant  b., 
HI  a  grant  b.;  GF  sans  alinéa.  —  784  G  a  fait,  FHI  le  fist.  —  785  F 
grables,  HI  merciz,  A  graes,  G  graisle;  A  a  r.  —  786  A  tînt  le  don  qui 
riches  fu.  —  788  F  cou  que  li  d.;  G  c.  par  le  don  que  li  d.  —  789  G 
omet  tuit.  —  791  HIF  merveilles.  —  793  et  794  sont  omis  dans  GF.  — 
794  HI  1.  il  tiennent  a  plus  chier.  —  796  GF  et  a  m.  —  797  G  et  quant 
virent,  F  et  il  virent,  HI  puis  ont  veu.  —  798  F  tienent;  HI  ne  prisent 
noiant.  —  799  G  q.  1.  n.  revint.  —  800  y  dont  ne  prisent  tôt  lautre  .i.  oef. 
—  801  y  len  mercia.  —  802  y  les  envoia.  —  804  G  acola  et  s.,  F  a  acole 
s.,  HI  el  lacola;  I  forment. 


32 


LA   PASSION 


805 


810 


^^^j^,^   /y>i;6^tfi>ift;)n/mWi 


CJ\Afrnju 


molt  le  baisa  estreitement 

et  se^meine,  molt  malement  :  « 

molt  fait  que  foie  ki  l'atoehe    "f©ixcAA. 

envers  son  vis  ne  a  sa  boehe. 

Venus  i  ot  sa  flame  mise, 

Dido  l'en  trait,  ki  est  esprise; 

mortel  poison  la  dame  beit,  » 

de  son  grant  duel  ne  s'apereeit, 

0  le  baisier  tel  rage  prent 

d'amor  que  le  cuer  li  esprent.  «or^/ûATvmt 
815     Donc  le  rebaisa  Eneas 

et  donc  Dido  en  es  le  pas;  .A*i-v  Ûjl 

de  l'un  en  l'altre  enbat  l'amor, 

chascuns  en  beit  bien  a  son  tor; 

ki  plus  le  baise  plus  en  beit. 
820    C'est  Dido  ki  plus  foie  esteit, 

ele  i  a  pris  mortel  ivrece; 

ja  l'a  amors  en  grant  destreee.  duhùL^Ai^ 

Tant  a  la  reïne  entendu    ^  'jl^  ùLCxMfUéu  Ja. 

a  lui  baisier,  que  tôt  nuiz  fu, 
825    et  que  termes  fu  de  soper; 
ùJLà^i<:*  a  tant  fist  l'en  l'eue  corner,  4^er»\fr\ju>J  JU.  ^c^-^ 

et  puis  sont  asis  al  mangier.  dé^  'tmA*^ 

Enuiz  sereit  a  desraisnier  j^.yiu/rrdL'^Â'^ 

et  a  conter  trestoz  les  mes, 
830    ki  sovent  vindrent  et  espés,  j.jr\,  ^A/ndé,  (^dArn, 

et  a  nomer  vins  et  berbez, 


0 


P 


805  HI  baisoit.  —  806  FHI  el;  G  se  mena,  HI  se  menoit,  F  somônoit.  — 
807  F  le  touce.  —  808  HI  ne  près  de  soi;  G  et  a.  —  809  y  la.  —  810  F 
traist,  A  traint.  —  811  GF  i  boit  —  812  G  mais  li  foie  ne  sapercoit.  — 
813  y  les  baisiers;  GHI  r.  i  p.  —  814  F  ki;  G  son;  mss.  cors.  —  815  Alinéa 
dans  F.  —  816  y  et  puis.  —  817  HI  de  lun  en  but  lautre  lamor.  —  818  HI 
but.  —  819  y  en  baise.  —  820  A  Ce  est  D.  q.  plus  en  beit;  F  Cou  est,  G  Ce 
fu;  GF  omettent  plus.  —  821  GF  molt  i  a  pris  m.  destreee.  —  822  HI  en  sa 
d. ,  G  mis  en  d.,  F  mise  en  ivrece.  —  823  I  Alinéa.  —  824  HI  que  vespre 
fu.  —  825  D  que  saisonz  fu  bien  de  s.  —  826  HI  adonc;  D  levé  commande 
a;  HID  donner.  Aiires  ce  vers  il  y  a  une  intercalation  dans  DGF.  F.  les 
Notes.  —  827  GF  après;  G  sasisent.  827  et  828  omis  dans  D.  —  828  I  de 
d.  —  829  HI  et  a  aconter  (I  raconter)  touz  I.  m.,  D  ne  sai  conte  dire 
des  mes;  A  daconter.  —  830  A  soef;  D  vienent.  —  831  et  832  omis  dans 
GF.    D  remplace  les  vers  831 — 845  par  d'autres.     V.  les  notes. 


I 


NAISSANTE  DE   DIDON  33 

mais  chascuns  en  i  ot  asez; 

molt  les  a  l'en  toz  bien  serviz, 

et  quant  li  mangiers  fu  failliz, 
835    les  napes  traistrent  li  serjant. 

El  palais  ot  clarté  molt  grant; 

tant  i  ot  cierges,  ja  par  jor 

lumière  n'i  ettst  graignor. 

Dido  remest  al  maistre  deis;  ^hU^tâ^ 
840    n'i  ot  se  barons  non  de  preis, 

l'altre  maisniee  ert  départie  ;    diLiM   *  AujrryjJJiL, 

son  hoste  prie,  qu'il  li  die 

de  Troie  la  destrucion, 

et  li  recont  la  traïson. 
845    Tuit  se  torent  par  le  palais 

et  escolterent  a  grant  pais.  JthArrxAiXUUJj^^ 

Eneas  sozrit  un  petit, 

et  en  après  se  li  a  dit: 

„Dame",  fait  il,  „ma  grant  dolor 
850    me  remembrez  et  ma  tristor; 

ja  nel  comencerai  a  dire, 

de  eele  ore  n'aie  grant  ire, 

quant  me  remembre  del  grant  duel; 

ja  nel  contereie  mon  vuel,    .uJ-^-r^  Tr^^ïv  OUai^^ 
855    mais  quant  vos  plaist  que  ge  le  die, 

ja  en  orreiz  molt  grant  partie: 

la  vérité  vos  en  dirai, 

car  jo  i  fui,  sel  vi  et  sai. 
Troie  fu  citez  merveillose 
860    et  de  toz  biens  molt  abondose;  CutA^riÀ,    À.  "ll^CLùri) 

832  I  m.  que  chascun  en  ot  a.  —  833  y  bien  touz.  —  834  y  finiz.  — 
835  HIF  traient.  —  837  HI  tant  cierge  i  ardent;  F  t.  ardent  c.  —  838  HIF  la 
lumière  ni  (F  ne)  fust  g.  A^ris  ce  ve.rs  AB  ont  une  interpolation.  V.  les  notes. 

—  839  G  se  sist;  I  remeint.  —  842  GF  que  li  d.,  H  que  il  d.  —  844  F 
reçoit.  —  845  D  tienent.  —  846  D  si  e.  ;  A  au  g.  p.  —  847  D  sorrist.  Alinéa 
dans  F.  —  849  F  dist  ;  I  tristor.  —  850  F  et  me  ramembre  et  me  t.  ;  I  dolor. 

—  853  et  854  font  défaut  dans  G.  —  855  G  toi;  F  m.  q.  or  p.  q.  je  tel  d.  — 
856  DHI  orrez,  GF  oras  ;  D  une  p.  —  857  GF  bien  ten  d.,  D  vous  conterai. 
Les  vers  857  et  858  manquent  dans  A.  —  858  F  et  j.  —  859  A  T.  fu  ja  riche 
cite  ;  sans  alinéa  dans  F.  —  860  A  faite  par  grant  nobilite  ;  G  tôt  bien  ;  D 
plantivcuse.    A  intercale  après  ce  vers  six  autres,  qu'on  verra  dans  les  notes, 

BibUotbeca  Kormaimica  IV.  3 


34  RÉCIT 

molt  par  esteit  et  longue  et-lee, 

de  travers  ot  une  jornee. 

Quant  Menelaus  nos  ot  asis 

por  le  forfait  que  fist  Paris, 
865     molt  nos  trova  et  forz  et  fiers, 

molt  avion  buens  chevaliers. 

Torneiz  lor  tenion  sovent, 

0  il  perdeit  molt  de  sa  gent, 
jhjLsfA^^      et  triues  entre  nos  aveit 

870    treis  meis  o  plus,  tels  ore  esteit, 
rdL^o^       SI  ravion  sejor  grant  masse.  4uAr»iM«' 

Ne  sai  por  quel  vos  aeontasse 

les  batailles  et  les  torneiz, 

que  lor  tenimes  plusors  feiz; 
875     asez  avez  ço  oï  tuit, 

mais  come  nos  fumes  destruit, 

n'avez  vos  mie  tuit  oï:  , 

sacheiz  que  nos  fumes  traï. 

Quant  Menelaus  ot  sis  .x,  anz  \ 

880    a  son  siège,  ki  molt  fu  granz, 

et  vit  que  ja  ne  nos  prendreit, 

ne  par  force  ne  par  destreit,  i\juuuxuj  ^  fjù»r>â^  \ 

de  torner  s'en  fu  asez  près,  ] 

quant  li  pramist  danz  Ulixés, 
885    que  par  engin  essaiereit, 
^<*4^J*^  l^ju,  se  ja  riens  i  espleitereit; 

se  par  cel  ne  nos  poeit  prendre, 

puis  sereit  neient  de  l'atendre. 

Un  cheval  fist  de  fust  grant  faire,    "Otrt^ 
890    desor  roes  .1.  paire, 

por  ce  qu'on  le  petist  mener. 

861  G  large.  —  864  HI  tort  fet;  GFD  tort  que  li  f.  P.  —  866  F  fors.  — 
867  FG  li;  HID  tenimes.  —  868  Dy  perdi.  —  870  .i.  mois  et  p.  telle  hore  estoit. 
—  871  G  si  avons  ;  D  et  r.  sor  ne  iour  g.  m.  —  872  F  rac;  HI  le  vos  c.  — 
873  A  ne  lor  tornoiz.  —  874  F  traimes.  —  875  GF  cel,  A  ceu.  —  876  D  m.  si 
comme  fusmes  tristuit;  y  m.  si  com.  —  877  G  n.  mie  encors  tôt  oi;  DHI  tout.  — 
878  Dy  sachiez.  —  879  GD  Alinéa;  D  .ix.,  GF  .vii.  ;  HI  ot  sis  devant.  — 
880  A  o.  ;  HI  quil  avoit  grant.  —  883  GFD  del;  A  râler.  —  884  D  ser  U.  ;  HIF 
a  promis  U.  —  885  A  essaiera.  —  886  A  esploitera.  —  887  D  se  par  ce  nel 
pouoit  p.,  HI  et  puis  sil  ne  nous  pueent  p.  —  888  A  dont;  HI  noiant  s.  de 
plus  a.  —  889  A  Un  grant  ch.  f.  de  f.  f.  ;  D  chastel.  —  891  A  que  lan  poist. 


d'énée  35 

Dedenz  le  fist  molt  bien  trouer,  <^c.av*A> ,  C/\Â.n*t^u 

dedenz  fist  faire  granz  estages; 

entor  i  ot  tels  .v.  manages,  cor>AJKt.*.^j*t-^n^ 
895    n'i  aveit  cel,  tant  petiz  fust, 

.V.  .c.  chevalier  n'i  peust. 

Li  chevals  fu  empliz  trestoz,  njurr^^Jj^ 

de  chevaliers  hardi  z  et  proz, 

de  totes  armes  bien  armez, 
900    Li  altre  s'en  sont  retornez, 

pristrent  lor  paveillons,  lor  très, 

en  la  mer  se  mistrent  es  nés;  « 

en  une  isle  près  del  rivage 

s'en  alerent  trestuit  a  nage; 
905    iluec  se  sont  trestuit  repost. 

A  un  matin  s'en  paiti  l'ost, 

molt  en  démena  l'en  grant  joie 

par  tote  la  cité  de  Troie; 

les  portes  corurent  ovrir, 
910    si  s'en  comencent  a  issir 

li  chevalier  et  li  borgeis, 

eissuz  s'en  est  Prianz  li  reis, 

et  nos  0  lui  comunalment; 

tuit  en  ission  lieement 
915     et  alion  par  toz  les  leus, 

0  les  tentes  furent  as  Greus. 

Li  uns  mostrot  a  l'altre  al  dei: 

„La  fu  li  paveillons  le  rei, 

la  fu  la  herberge  Achillés, 
920    la  sist  Aiaus,  la  Ulixés, 

ça  erent  li  tornei  tenu". 

892  A  chever;  HID  trauer.  —  893  et  894  intervetiis  dans  F.  A  et  si 
fist  f.;  F  mètre;  HI  ménages.  —  894  F  estaces,  HI  estages;  A  trois  ou 
quatre  lettres  invisibles \  I  ot  tiex  .v.  c.  e.  —  895  D  si  p.  —  896  DHI  ou  .c.; 
A  nesteust.  —  897  D  Alinéa.  —  899  HI  sont  a.  —  900  A  qui  s.  r.  —  901  et  902 
sont  omis  dans  D.  H  et  p.  ;HI  et  très.  —  902  GF  a;  y  se  sont  mis.  —  905  HI 
le  jour  r.  —  906  A  Al  matin  san  départi  1.  —  907  GF  demenoit.  —  909  GF 
corent  tôt.  —  910  F  comencoit.  —  912  G  en  est.  —  914  y  issimes.  — 
915  G  aliemes,  HI  alames.  —  916  D  ou  sistrent  les  tentes  as  Grieus.  — 
917  G  le  mostra  laltre.  —  918  D  Ci;  DF  sist;  G  au  r.,  D  lor  r.  —  920  FHI  ci; 
III  sist  est  omis.  —  921  G  la. 

3* 


36  RÉCIT 

Tôt  ont  esguardé  et  veil; 
■ùaA,fUji\^jLj  barres,  lices  et  grant  fossé    pcXùbMekcLê-^j 

erent  entr'els  et  la  cité. 
925     Li  reis  esgiiarda  le  cheval, 

ne  sot,  se  por  bien  o  por  mal 

l'orent  iluec  li  Greii  levé 
firu^  cLi.  a  meïsmes_de  la  cité. 

Molt  en  parlèrent  li  plusor 
930     et  esguarderent  tôt  entor; 

lor  devinailles  en  diseient, 
»  mais  la  vérité  n'en  saveient. 

Il  fust  aie  tôt  altrement, 

s'il  fust  seii  certainement 
935    cui  li  chevals  aveit  el  cors: 

ja  de  toz  cels  n'issist  uns  fors, 

ne  fust  detrenchiez  et  ocis, 

ja  uns  seuls  d'els  neu  issist  \ig;  TrtA/ft^ 

mais  tuit  en  fumes  deceii; 
940    se  cil  fussent  dedenz  seii, 

ars  fussent  dedenz  le  cheval, 

encor  n'eiist  Troie  nul  mal, 

ne  fusson  pas  ainsi  destruit: 

par  cel  engin  périmes  tuit. 
945    La  0  nos  fumes  al  cheval, 

devant  la  porte  oriental, 

et  l'esguardion  tôt  entor, 

la  amenèrent  li  pastor 

un  home  qu'il  orent  trové 
950    tôt  nu  lié  sor  un  fossé: 

923  D  barges;  GD  b.  et  1.  et  f.,  F  b.  et  1.  g.  f.;  tous  les  mss.  fossez, 
sauf  HI  un  fosse.  —  924  A  avoit,  HI  qui  iert,  GF  querent;  F  les  cites.  — 
925  A  esgarde.  Alinéa  dans  D.  —  926  HI  sai;  GF  et  p.  m.  —  927  D  i. 
Greyois.  —  928  GFD  meisme.  —  929  HI  m.  lesgarderent  tôt  entor;  GF  par- 
loient.  —  930  HI  et  semparlerent  li  plusor;  GF  esgardoient.  —  931  G  les. — 
933  D  a  a.  —  934  GF  se  il;  G  seust,  F  susent;  D  veu.  —  936  A  nus;  G  nen 
i.  f.  —  937  —938  se  trouvent  placés  dans  A  après  le  vers  942.  A  eust.  —  93S  G 
j.  u.  tôt  sex  n.  i.  v.  ;  HI  nen  eschapast  v.  —  939—940  omis  dans  D.  —  940  G  se 
cil  dedens  f.  s.  —  942 — 946  sont  omis  dans  D;  HI  nencor.  —  943  A  fussent. 
—  944  I  perdismes.  —  945  FA  a  ch.;  HI  Alinéa,  o  estions.  —  946  GHI  im- 
périal, FD  principal.  —  947  D  quant;  F  lesgardoient;  A  esg.  —  950  A  le  f. 


d'énée  37 

iliiec  l'orent  li  Greii  laissié. 

Par  celui  fumes  engignié. .  .iKtf-rr^rùtbu  pA/>i 

Li  reis  premiers  l'araisona, 

tôt  en  ordre  li  demanda, 
955     com  aveit  nom,  ki  il  esteit, 

ki  l'aveit  ett  en  destreit.    yruJjhi-cuJ^ ,  yo*fcA>9yv£-*o/fi^ 

Nos  fumes  tuit  vers  lui  baïf  .COoJ-U^ 

et  as  paroles  ententif;  ûjbts..^niliJ4^ 

molt  le  hastames  de  parler, 
960    et  il  fist  semblant  de  plorer. 

De  sa  vie  n'ot  guaires  cure,  .â^txct. 

quant  se  mist  en  tel  aventure     ^'^vt^^ftan.    d^M^jbJ 

et  en  abandon  de  morir,  "    ^  àju^x*  pt^t 

por  nos  engignier  et  traïr; 
965    grant  estoltie  prist  en  sei,    om^Iac^  ,    sf^/mX^ÙJ^ 

en  sospirant  a  dit  al  rei: 

„Sire",  fait  il,  „de  Grèce  sui, 

mais  molt  me  tornë  a  enui, 

que  ne  prenez  de  mei  venjance, 
970    car  de  vie  n'ai  espérance; 

bien  sai  que  de  ma  fin  sui  près, 

et  ce  voldreit  molt  Ulixés, 

ki  molt  m'a  coilli  en  grant  he, 

et  molt  m'a  malement  mené; 
975     laidengié  m'a  a  molt  grant  tort.    4/nb,MJÊM^ 

Por  un  mien  oncle  qu'il  m'a  mort 

me  mellai  a  lui,  si  li  dis, 

se  ge  veneie  en  mon  païs, 

que  bien  ne  repos  nen  avreie, 

952  D  par  lui  f.  tuit  e.  —  953  GHI  primes,  D  premier,  F  prians  ;  I  li 
demanda.  Alinéa  dans  D.  —  954  F  molt  francement  ;  I  laraisona.  —  955  G 
cil.  —  956  G  qeu  lavoit  en  son  d.  ;  HI  mis  en  tel  d.  ;  D  eue.  —  958  G  et 
a  sa  raison,  FHID  sa  parole.  —  964  HI  décevoir  et  t.  —  965  H  par  samblant 
ot  peor  en  soi,  I  par  souspirant  a  dit  au  roi.  —  966  I  com  cil  qui  ot  poour 
en  soi,  A  li  dist  a.  r.  —  967  HI  Alinéa.  —  968  y  a  grant  e.  —  969  et  970 
sont  omis  dans  A.  —  9"0  HI  que;  I  de  vivre  nai  espérance;  F  car  manque, 
de  me  vie.  —  972  D  vouloit.  —  974  DH  et  molt  m.  ma  m.,  GF  et  male- 
ment ma  molt  m.  ^  975  D  desdeignie  ;  G  m.  molt  et  a  t.  —  977  F  je 
me  corcai  a  lui  si  dis;  D  men;  A  o  lui.  —  978  D  se  retornoie.  —  979  H 
mes  nauroie;  GI  ni;  A  naureoie,  F  naueroie. 


38  ,  ^       RÉCIT 

980    des  i  ja  que  vengic  l'avreie. 

Il  fu  forz  oem,  si  me  fist  prendre, 
onc  par  plege  ne  me  volt  rendre, 
longues  m'a  tenu  en  prison 
et  en  m  oit  grant  destrucion,  ^otjJU'i^utujL. 
"^f*^    985     des  i  l'altr'ier  que  il  avint 
que  Menelaus  concile  tint; 
complaint  sei  que  molt  li  grevot 
que  en  Grèce  ne  s'en  alot: 
trop  aveit  ci  fait  lonc  estage,  ût^î»uA> 
990    mais  ne  poeit  aveir  orage  vené 
quel  petist  en  Grèce  mener: 
si  buens  venz  ne  saveit  venter, 
des  qu'il  voleit  entrer  es  nés 
i-vuJt.  dt  jùàmM^  en  es  rore  ne  fust  remés; 

995    ja  l'aveit  dis  feiz  essaie,  . 

toz  tens  li  a  li  venz  boisié.  dul^  d.  iùùh  âbi^À 
Quis  a  conseil  qu'il  porra  faire        ^ 
del  vent  ki  si  li  est  contraire, 
et  il  loerent  tuit  al  rei 
1000    que  par  le  maistre  de  la  lei  cmÀM^ 
feïst  a  toz  les  deus  enquerre, 
com  il  s'en  riront  en  lor  terre. 
^ÀxnM  A  tant  fu  Calchas  demandez, 
jaatyJvijU,  uns  profites  molt  onorez; 

1005    sor  lui  fu  mise  la  parole.         ^ 

Il  enprist  sa  croce  et  s'estole,^'^^ 

980  G  desi  que  îo  v.  l,  HI  d.  i  que  vengiez  men  seroie,  D  de  que  v. 
men  auroie  ;  F  d.  i  la,  —  982  HIF  pièges.  —  984  HI  a.  —  985  D  desi  que  1. 
qui  a.  —  987  GF  complainst  ;  A  que  il  li.  —  988  HI  ne  sen  raloit.  —  989  GA 
trop  i  a.  ;  I  fait  ci.  —  990  G  mais  ne  veoit  en  son  corage.  —  991  et  992 
intervertis  dans  A;  G  comment  il  sen  peust  torner;  F  quil;  D  qui  le.  — 
992  G  se;  G  peust,  D  pooit.  —  993  G  dus,  F  très.  —  994  D  quen  lore; 
HI  que  lors  ne  f.  le  vent  r.,  G  en  poi  dore  ne  f.  tomes.  —  995  D  il  avoit, 
G  or  la  ia;  HI  par  .x.  f.  1.  —  996  A  li  ont  li  vant;  HI  lavoit.  —  997  DG  que; 
D  seust  f.  —  998  A. des  vanz;  G  qui  li  est  a  c;  D  fu,  HI  ert,  A  sont. 
1002  FHID  iroit;  G  c.  illiroient;  HID  sa  t.  —  1003  GFD  Alinéa.  D  0  t.,. 
III  Adont;  A  Carcas;  G  amenés,  HI  apeles.  —  1004  I  priestre,  H  poète; 
HIGD  renomez.  —  1005  HI  sus.  —  1006  D  II  prist  sa  c.  et  sa  sestole; 
F  II  prist;  HI  Et  il  prist;  G  la  c.  et  lestole;  H  se  tôle. 


d'énée  39 

as  des  fist  un  grant  sacrefise, 

puis  a  la  chose  bien  enquise,  ^>^aooa^./>a.£.-4- 

et  li  deu  li  ont  demostré 
1010    tôt  en  ordre  la  venté. 

Quant  vint  el  demain  par  matin, 

si  râlèrent  tuit  al  devin, 

et  demandent  quel  la  feront, 

et  il  de  par  les  deus  respont, 
1015     que  de  lor  aler  est  neienz,  ÙX.  'n.'  ji-ajL  p^^  ^^t^MJ^c^yJ 

se  Eolus,  li  deus  des  venz, 

nen  esteit  pnmes  apaiez,  Cai/yr-ue^  ^  na.  cctuljjUa^ 

qu'uns  Greus  li  fust  saerefiëz: 

uns  d'els  i  estoveit  morir, 
1020    se  ja  s'en  deveient  partir. 

De  ce  furent  tuit  en  esfrei, 

car  ebaseuns  ot  peor  de  sei, 

que  il  ne  fust  dannez  a  mort. 

Il  en  deveient  getersort,   ^^-ut^,^  ciM.  xxanjt. 
1025     sor  cui  l'aventure  eberreit, 

ki  les  al  très  aquitereit, 

quant  Ulixés  me  fist  venir, 

dist  que  jugiez  ère  a  morir 

et  forfait  aveie  la  vie.    n£,ru:LM.  c^uj-u  um>^ 
1030    De  contredit  n'i  ot  il  mie:    £rtipfi;uJ-Lar>>  j 

ebaseuns  ki  se  dota  de  sei,  ,^^  cLenjL;é-o>~    cLtJ 

l'otreia  volentiers  de  mei.    cu^orida^ 

Pris  fui  et  toz  nuz  despoilliez 

et  les  poinz  très  le  dos  liez;    <pd/yi/v4A^»-a- 

1007  HI  a  ses  diex  f.  u.  s.,  GF  dont  fist  as  dex  .i.  s.;  D  a  fait  .i.  s.  — 
1008  HI  dont  a  la  chose  si  e.,  GFD  tote  e.  —  1009  HI  que  li  d.;  A  en 
ont  d.  —  1010  A  tote.  —  1011  DI  v.  lendemain,  A  v.  al  matin.  — 
1013  F  le  f.,  D  que  il  f.;  HI  et  manque^  d.  li.  —  1015  G  que  il  de  laler; 
D  nient.  —  1016  DG  Elous,  A  Oleus;  D  du  vent.  —  1018  GF  quuns 
dels.  —  1019  d  1020  sont  omis  dans  D.  —  1020  GF  sil;  G  s.  s.  v.  ja  p.; 
F  se  d.;  GHI  voloient.  —  1021  G  il  eu  e.  —  1022  A  que.  —  1023  et 
1024  sont  omis  dans  A  ;  G  en  fust;  F  jugies.  —  1021  D  quil  dévoient 
jeter  un  sort.  —  1025  HI  sus;  I  en  ch.  —  1026  F  q.  tous  1.  a.  quiteroit.  — 
1028  G  d.  forfait  avoie  a  m.  —  1029  G  et  que  perdre  mestavoit  vie;  A  et 
que  f.  a.  V.;  I  avoient.  —  1030  A  Del;  F  ni  avoit  mie.  —  1031  HI  car  ch. 
qui  dotoit.  —  1U34  GFD  mon  dos. 


40  RÉCIT 

1035    laidement  fui  traitiez  issi  ÀJ^cr)^-ùyrxle,à.^^AjrhJ2^ 

com  vos  me  veez  encor  ci. 

Tuit  li  proveire  de  la  lei 

lor  çharactes,  firent  sor  mei,  jùjyrxtMj 

et  me  menèrent  a  l'altel; 
1040     desor  le  ehief  me  mistrent  sel, 

vin  et  oile,  farine  et  cendre. 

Gre  deveie  le  col  estendre, 

et  encoste  de  mei  esteit    à-   thiC  oU^ 

cil  ki  decoler  me  deveit. 
1045     Tote  vi  ma  mort  aprestee; 
aJbri^  a  tant  si  sort  une  mellee 

entre  deus  barons  loing"  en  l'ost.  cux/ynjtx, 

Li  reis  en  ala  la  molt  tost, 

et  li  altre  tuit  après  lui; 
1050    guerpirent  mei,  toz  seuls  i  fui. 
cuJM^i-^^^-^     Altre  part  me  pris  a  foïr,  -jLuni 

en  un  bois  loin  m'alai  tapir,  i&û,  qjoxMj^ 

Ce  qu'il  volrent  faire  de  mei 

ont  fait  d'altrui,  si  com  ge  crei; 
1055     al  deu  des  venz  sont  acordé, 

molt  lor  a  tramis  buen  oré; 

aie  s'en  sont  en  lor  païs. 

Ge  sui  remés  come  chaitis,  \ 

de  poi  ai  ma  vie  alongiee, 

ma  morz  me  rest  molt  aprismiee,  cuo^/i^c/aA' 

entre  vos  m'estuet  ci  morir,  ' 


1060 


1035  A  travailliez  si.  —  1036  HI  et  vous  veez  encore  ici;  D  me  manque, 
V.  or  endroit  ci;  F  veez  ore  ci.  —  1037  D  lor  1.  —  1038  A  caractres,  G 
charaude,  Hl  karatés,  F  carectes;  HI  sus.  —  1039  A  et  menèrent  moi.  — 
10 10  HI  desiis  ;  F  mon  ch.  —  1043  et  1044  sont  omis  dans  D.  —  1045  A  estoit 
ma  morz.  —  1046  HI  a  itant  sort;  G  i  sorst,  Fis.  —  1047  D  entre  .ii.  fors 
barons  de  lost,  GF  entre  .ii.  des  barons  de  1.  ;  HI  la  en  1.  —  1 048  G  La  en 
ala  li  rois  m.  t.;  A  i  est  alez.  —  1049  A  et  tuit  li  autre  ensemble  lui.  —  1050  G 
et  t.  s.  f.  —  1051  HI  autrepart  men  alai  foir,  D  a  lautre  part  alai  tapir;  GF 
men.  —  1052  HI  intercalent  ce  vers:  que  ne  me  venissent  saisir,  enz  u 
bois  1.  tapir  maloy;  GF  et  en  un  b.  m.  t.;  D  alay  fuir.  —  1053  G  faire 
volrent.  —  1054  HID  autre;  HI  ajoutent:  car  il  li  conuenoit  par  foi.  — 
1056  G  car  bon  tens  ont  et;  HI  donne;  A  omet  lor.  —  1057  GHI  en.  — 
1058  D  ainssi  remez  c.  c.  ;  G  et  io  r.  —  1060  G  car  io  la  voi  mult  apercie; 
D  ci  aproichie.  —  1061  GF  entre  vos  mains  m.  m. 


.£yrui4.jujk- 


D'ÉNÉE  41 

tart  me  sera,  molt  le  désir; 

molt  me  tornë  a  grant  contraire  QyOnévx^ÙMJk^ 

que  morz  ne  sui,  si  puet  il  faire." 
1065     Quant  li  cuiverz  nos  ot  ce  dit^_^  jê^^tuujm/^ 

si  se  tôt  enprés'^n  petit;      (^/jl.  J>feti'i^^ 

veïmes  le  mesaaisié,  <ua1.  AtJL  davu^  Jjt-  oyia^^I^a. 

tuit  eûmes  de  lui  pitié. 

Desliëz  fu  en  es  le  pas,  cLiiÀ4^       ^am^  âm^  cAuirr^ 
1070    se  li  fist  li  reis  doner  dras, 

pardona  li  et  membre  et  vie, 

dist  li,  qu'il  ne  se  dotast  mie, 

que  ja  par  lui  nen  avra  mal; 

enprés  li  enquist  del  cheval,  Jynsk^r^j-uiCLAxx. 
1075    por  quel  ert  faiz,  que  ce  deveit   pouuujfctcri. 

que  de  si  grant  faitnre  esteit.  -pi^cn) 

Li  fels  Synons  a  dit  al  rei; 

„Sire",  fait  il,  „tot  le  segrei  .ôx^vi^^ 

de  cels  de  Grèce  vos  dirai, 
1080    que  ja  mais  nul  d'els  n'amerai, 

ne  vers  els  ne  tornerai  mais, 

se  entre  vos  puis  vivre  en  pais. 

Bien  sorent  tuit  la  vérité, 

que  li  deu  orent  destiné, 
1085    que  ja  Troie  ne  perireit, 

tant  com  la  Pallade  i  sereit. 

Pallas  vos  mainteneit  senz  faille. 


1062  HI  il  mest  trop  tart;  A  seroit,  D  semble.  —  1063  G  et  forment 
mi  t.  a  c.  —  1064  FHI  que  ne  sui  morz;  G  quant  ni  sui  mors  si  doit  il  f  ; 
A  se  il  puet.  —  1065  DHI  Alinéa;  GFD  ce  nos  ot  dit.  —  1066  I  quoi  se 
tint.  —  1067  D  remes  le  mesaesie;  A  mesaie.  —  10G8  A  t.  an  aiimes  grant 
pitié.  —  1069  A  lont.  —  1072  G  et  dist  quil  ne  lor  icoit(?)  mal;  FD  que; 
A  sesmaiast.  —  1073  y  ne  ja;  D  nauroit  nul  mal,  F  naueroit  m.,  G  nen  aroit 
m.  —  107.=)  G  porquil  ert  fais;  y  et  que  devoit.  —  1076  G  quil;  D  estaige.  — 
1077  GFD  Alinéa;  F  Li  f.  a  respondi,  HI  L.  f.  si  a  lors  dit,  D  L.  f.  sine  la 
dit,  A  L.  f  si  len  a  dit.  —  1078  G  jo  vos  dirai  tôt  le  secroi.  —  1079  A  a 
cels;  HI  Troye;  G  bien  le  sai.  —  1080  G  car  ja  un  sol  nenamerai;  A  nul 
nen  a;  H  mes  namerai,  D  ior  n.;  F  que  ja  nul  dels  nen  amenrai.  —  1081  HI 
ne  entrex.  —  10S2  G  sentor  vos  ne  puis.  —  1083  Alinéa  dam  D.  — 
1084  F  esgarde,  GD  agarde.  —  1086  D  palais;  tous:  li  P.  —  1087  G  so- 
stenoit.    Alinéa  clans  GF. 


1100 


42  RÉCIT 

ki  est  déesse  de  bataille, 

et  s'image  esteit  eoltivee 
1090    entre  vos  et  molt  enoree: 

par  li  estiez  tuit  seiir. 

Par  une  fraite  de  cest  mur  m1^:Ac, 

i  entra  un  seir  Ulissés,  Aerùi> 

ensemble  lui  fu  Titidés; 
1095    vostre  Pallade  vos  enblerent,    'v-eisuuL>rJz, 

ça  fors  en  l'ost  l'en  aporterent. 

Celé  image  fu  depeciee. 

Vers  els  en  fu  Pallas  iriee, 

fait  lor  en  a  puis  grant  contraire.  tffr\3hA^ÛA^ 

Tuit  li  devin  et  li  gramaire  aaix/»v>rvAi^w^»>A^ 

et  li  maistre  de  nostre  lei 

comunement  distrent  al  rei, 

que  il  queïst  hastivemeut 

vers  la  déesse  acordement.  AjLLrrrtûtLÀiHJrn) 
1105    Por  ce  fist  cest  cheval  drecier, 

et  si  deveit  apareillier, 

que  Pallas  i  fust  tresgetee  j^uxt^i^ 

et  desus  seïst  tote  armée 

de  lance,  d'espee  et  d'escu, 
1110    Mais  n'a  guaires  qu'il  a  perdu 

l'engigneor  ki  ce  faiseit.     âA.tkjjLcJ-^ 

Ne  set  pas  ki  le  cheval  veit 

por  quei  fu  faiz  en  tel  mesure, 

si  granz,  de  si  halte  estature; 
1115     mais  ge  vos  dirai  l'acheison,  ca.u,a«- 

por  quel  firent  li  Greu  félon, 

1088  D  qui  d.  e.  —  1089  D  omet  et.  —  1090  GD  et  e.  nos  m.  hono- 
rée. —  1091  HI  e.  asseur,  D  estieuies  molt  s.,  G  estions  nos  s.,  F  e.  vos 
t.  —  1093  HI  monta.  —  1094  DHI  e.  o  li.  —  1096  G  et  ca  fors  en  1.  la  por- 
tèrent; F  a  1.  —  1097  D  coultivee.  —  1098  A  P.  an  fu  v.  e.  i.;  D.  v.  nous.  — 
1099  D  f.  en  fu  puis  molt  g.  c.;  G  trespuis  leu  ont  f.  ;  A  maint.  —  1103  F 
feist,  I  querissent,  H  quersist.  —  1105  GHI  Alinéa.  —  1106  G  devez.  — 
1107  D  sist  (fist?).  —  1108  HI  s.  d.  —  1109  HI  despee  de  l.;  G  et  est  émis.  — 
1110  D  Un.  —  IIHD  lengneour.  —  1112  A  ne  sai  par  qui  le  cheval  veit; 
D  cel  eh.  —  1 1 13  A  porquil;  D  a  tel  m.,  GF  ditel  m.  —  1 1 14  G  si  haus  de  si 
grant  e.  —  1115  GF  intervertissent  les  vers  suivants  dans  cet  ordre:  1117, 1118, 
1115,  1116,    G  mais  ains  v.  d.;  III  la  raison.  —   1110  HI  pourquoi  furent. 


d'énée  43 

volentiers  vos  dirai  lor  mal: 

il  firent  si  grant  cest  cheval, 

que  nel  petissiez  laienz  traire, 
1120    car  il  i  a  tel  saintuaire  icrvcA^  dùv<^rJL, 

(ce  sorent  bien  li  cuivert  Greu), 

que  ja  mais  ne  vendreit  el  leu 

0  il  sereit  a  remanance:    pcn.*^  dU.  -Ov-rtj 

de  bien  i  a  grant  espérance. 
1125        La  Pallade  ki  fu  enblez   iratjcîjL, 

ne  valeit  tant  laienz  d'asez 

come  li  chevals  i  valdreit, 

mais  as  cuiverz  en  pesereit, 

ki  sevent  bien  que  granz  enors 
1130    vos  en  vendreit  et  granz  baldors,   (Uju^u».cjl  ^    -hxfJu^^^iL, 

se  laienz  esteit  li  chevals: 

guari  seriez  de  toz  mais." 

Nos  creiimes  ce  qu'il  ot  dit, 

il  n'i  ot  ne  grant  ne  petit 
1135    ki  nel  loast  dedenz  atraire. 

.C.  piez  del  mur  firent  desfaire, 

la  porte  ert  petite  a  l'entrée, 

la  chose  granz  desmesuree, 

se  li  covint  grant  veie  a  faire. 
1140    Cordes  i  liâmes  por  traire, 

trei  .m.  home  traistrent  devant, 

et  derriers  en  ot  altretant; 

botent  0  mains  et  o  leviers,    /xyvu-ii'i-orJ:. 

molt  i  ovroent  volentiers. 

1117  F  lor  d.  —  1118  G  qui  si  g.  f.;  F  qui!;  A  le  c.  —  1120  D  grant 
s.  —  1121  G  sevent;  A  bien  leaiiment  Greu;  G  félon.  —  1122  HI  que  ja 
mes  ne  vendrez  en  lieu,  G  que  jamais  ne  venront  en  1.,  F  que  ja  mais 
n  V.  a  1.  —  1123  HI  mal  ou  il  soit  a  demourance;  G  sera.  —  1125  mss. 
Li  Pallades.  —  1126  D  en  la  cité;  G  assez.  —  1127  A  feroit.  —  1128  G 
pesteroit,  F  pens.  —  1129  GHI  quil.  —  1130  A  baudor.  —  1132  GFD  tos 
vos  m.  —  1133  D  euimes,  GF  oiraes;  DHI  Alinéa.  —  1134  y  ni  ot  un 
seul,  D  ni  ot  neis  .i.  —  1135  GF  bien  ens,  D  enz  bien,  HI  leanz.  — 
1136  A  firent  del  mur;  F  fesist.  —  1138  HI  I.  c.  iert  g.  d.  —  1139  A  lor; 
I  noise.  —  1140  D  Et  cordes  et  lienz  a  t.,  F  C.  loiames  p.  ens  t.,  G  C. 
loierent  p.  ens  t.  —  1142  F  d.  en  ont  il  a.  —  1143  GFDI  as  mains,  H  a 
mains;  y  as  leviers,  D  a  leviers.  —  1M4  F  aidoient. 


44  RÉCIT 

1145    Dedenz  la  vile  fu  conduiz 

li  chevals  a  molt  grant  deduiz,  -jcrLû^ 

devant  chantoent  les  donzeles, 

sonent  et  harpes  et  viëles; 

a  grant  leece  et  a  grant  joie 
1150     menâmes  nostre  duel  en  Troie. 

Devant  le  temple  fu  laissiez  ^ 

et  Synons  fu  desoz  muciez.  Câ-cAa, 

Quant  nos  fumes  tuit  départi 

et  vers  mie  nuit  endormi, 
1155    cil  ki  sot  del  cheval  les  estres, 

les  entrées  et  les  fenestres 

aovri,  s'en  issirent  fors 

tuit  cil  ki  li  erent  el  cors; 

en  Grezeis  se  sont  escrié, 
1160    le  feu  mistrent  en  la  cité. 

Li  altre  ki  le  jor  devant 

de  l'aler  orent  fait  semblant, 

al  seir  en  sont  al  port  venu, 

de  la  vile  ont  le  feu  veli, 
1165     eele  part  en  alerent  tuit 

et  entrèrent  enz  a  un  bruit.  ■ 

Ne  troverent  nul  contredit,   crjifefijhLprj  ,  dUt^r^ 

n'encontrerent  grant  ne  petit 

dont  onkes  fust  raençon  prise 
1170    se  le  chief  non;  de  tel  ocise  ifusu^^ 

n'oï  nus  oem  onkes  parler; 

la  disme  n'en  sai  reconter. 

1147 — 1148  viennent  dans  GF  ajyres  1150.  —  1148  y  sonoient  h.  et  v.  —  i 
1151  HI  la  porte;  G  sacies.  —  1152  A  S.  est  dedesoz  m.;  F  et  li  hom;  DF 
est.  —  1154  HI  et  a,  D  envers;  G  dormi.  —  1157  G  a  olvertes  sen(?) 
issent  fors,  F  a  ouuertes  sisent  ist  fors,  HI  prist  a  ouurir  si  issi  hors;  D 
les  ovri.  —  1158  D  qui  enz  erent,  G  qui  furent  ens.  —  1159  A  lansoigne 
as  grex  ont  e.;  GFD  sont  tôt  e.  [omettent  se).  —  1161  D  le  lautre  jor  qui 
ert  devant,  —  1162  DF  du  raler;  D  ont  f.  grant  s.  —  1163  ef  1164  omis  dans 
A.  D  en  manque;  F  a.  s.  resont.  —  1165  G  dicele  p.  a.  t.,  F  dicele  p.  en 
aient.  —  1166  A  enz  an  e.  (omet  et);  D  en  .i,  b.  —  1167  G  ni  trovent  nis  un 
c;  HI  nil,  F  ni.  —  1168  A  naconsurent,  HI  ni  trouuerent.  —  1169  G  dont  il 
fust  aine.  —  1170  G  eele  o;  I  emprise.  —  1171  HI  n.  nul  onques  mes  p.; 
A  onques  nus  hom.  —  1172  G  nen  s.  1.  disime  conter;  HI  nen  porroit  c.; 
FD  ne;  F  saroie  conter. 


I 


d'énée  45 

Ocis  i  fu  Prianz  li  reis, 
trestot  destruistrent  li  Grezeis, 
1175    Heleine  traistrent  de  la  tor, 
si  la  rendirent  son  seignor. 
Ge  vi  le  grant  destruiement,  cU-tJhuicJh.'^nn) 
si  asemblai  molt  de  ma  gent, 
a  grant  esforz  en  alai  la;   a^^^c  .^^riA^rU  A^oy^'^AA^'oni 

1180    ma  moillier  après  Cretisa 

me  siui  por  mei  retenir; 

jo  entendi  tant  al  ferir,   -^  nm  '  ùccu^cù. 

qu'en  la  presse  la  deperdi,  j::jl/\^Ju^ 

grant  duel  en  oi,  puis  ne  la  vi. 
1185    Toz  me  lassai  de  Greus  ocire. 

Venus  ma  mère  me  vint  dire 

de  par  les  deus,  que  m'en  tornasse, 

et  en  la  terre  m'en  alasse 

dont  Dardanus  vint  nostre  aneestre. 
1190    Ge  vi  que  altre  ne  pot  estre; 

ma  mère  me  fist  retorner, 

0  vint  nés  me  mis  en  la  mer. 
.ivmai^  One  puis  ne  final  de  mal  traire;  ûa/^î-^j  ci»\-  amx^'^j^ 

puis  ai  eti  maint  grant  contraire; 
1195    près  a  un  an  qu'as  Sichains  porz 

fu  Anchisés  mes  père  morz." 
Quant  Eneas  li  reeontot, 

la  reine  se  merveillot 

des  mais,  des  peines,  des  dolors 
1200    que  il  aveit  sofert  mainz  jors. 

]  174.  D  tout  le  d.,  HI  tout  destruioient,  F  tos  les  d.,  G  tos  nos  d.  — 
1177  et  1178  omis  dans  A. —  1179  et  1180  omis  dans  HI.  G  esploit  men ; 
D  effrois.  —  1180  A  Cerusa.  —  1181  D  tout  p.  m.  tenir;  HI  détenir.  — 
1182  D  et  jent.  ;  A  a  f .  —  1 1 83  eM  1 84  manquent  dans  A.  D  quenz  en 
la  place  la  p.;  I  la  laperdi.  —  11S4  y  ai.  —  1185  HI  je  mi  lessasse  avant 
o.,  D  Tout  de  gre  mi  laiSsaisse  o.;  GF  mi.  —  1186  F  m.  revint  d.  —  1191  G 
men.  —  1192  GF  .x.  m.  et  vint  (F  plus)  fumes  en  mer.  —  1193  G  aine, 
F  ains,  D  ainz.  —  1194  D  maint  de  c.  —  1195  HI  bien;  Mss.  ad;  D  conta 
com  son  père  fu  mors.  —  1196  D  quant  il  vint  a  si  chaitif  port.  Apres 
ce  vers  D  a  une  interpolation.  V.  les  notes.  —  1197  HI  tout  ce  contoit.  — 
1199  A  des  mais  des  dolors  et  des  pertes.  —  1200  et  1201  omis  dans  F. 
A  et  des  peines  quil  a  sofertes. 


46  DIDON 

El  le  reguardot  par  dolçor 

si  com  la  destreingneit  amor;     i-tn.^-'uyr.eyr^cûjt 

amors  la  point,  amors  l'argue,  aca.u\^ £ errunsi. 

sovent  sospire  et  eolor  mue, 
1205     et  quant  fu  termes  de  eolcbier, 

si  fait  les  liz  apareillier. 

En  la  chambre  l'en  a  mené 

0  li  lit  furent  apresté 

de  covertors  et  de  buens  dras. 
1210    Cil  s'est  colchiez  ki  toz  ert  las; 

la  reine  fu  al  covrir,  coT^/i/xtAj 

a  grant  peine  s'en  pot  partir. 

Quatre  conte  l'en  ont  menée; 

en  sa  chambre  s'en  est  entrée, 
1215     .e.  donzeles  i  ot  de  preis, 

jSlles  de  contes  et  de  reis, 

n'i  ot  une,  ne  fust  meschine;  Àùj,c>r^  H^t-i^  • 

al  colchier  servent  la  reine. 

Quant  la  chambre  fu  aserie,  fui^euiiJ.U: 
1220     dame  Dido  pas  nen  oblie 

celui,  por  cui  li  deus  cTamor 

l'aveit  ja  mise  en  tel  freor;  -ifxOJiAjjJ^J 

de  lui  comencë  a  penser, 

en  son  corage  a  recorder  i>^  AAff^iÂx^ 
1225     son  vis,  son  cors  et  sa  figure, 

*  ses  diz,  ses  faiz,  sa  parlettre, 
les  batailles  que  il  li  dist. 

•  Ne  fust  por  rien  qu'ele  dormist; 

1201  HI  Ele  lesgarde;  G  dolor.  —  1202  D  si  comme  le  destraint  a., 
F  si  com  lestraignoient  amors,  G  comme  famé  destrainte  damor.  — 
1203  HI  lesprent.  —  1204  GD  et  manque.  —  1205  A  q.  il  fu  {omet  et); 
F  del.  —  1206  G  el  fait;  D  elle  f.  liz  a.;  F  ele  f.  —  1208  GFD  erent.  — 
1209  HI  blanz  d.  —  1210  D  se  coucha,  y  se  couche;  F  molt;  D  fu.  — 
1212  D  puet.  —  1214  D  enz  en  s.  c.  est  e ,  F  eus  en  s.  c.  en  est  e.,  G  en 
sa  ch.  sans  demoree.  —  1215  GF  .m.  danseles;  HI  .c.  damoiseles  ot  de 
pris  ;  D  pucelles.  —  1 2 1 6  HI  de  conte  ou  de  marchis  ;  G  a  c.  et  a  r.  ;  D  a 
contes.  —  1217  A  nule,  GF  celi;  HI  une  seule  m.  —  1219  HI  Alinéa.  — 
1220  HIF  ne  soblie,  D  mie  noublie,  A  ne  oblie.  —  1221  G  deu.  —  1222  Dy 
omettent  ja;  G  lavoient;  A  grant  f.  —  1223  GI  comenca.  —  1225  A  fai- 
turo.  —  1220  G  son  dit  son  fait.  —  1227  GF  Et  les  b.  (G  la  b.)  qu'il. 


AMOUREUSE  47 

tornë  et  retorne  sovent, 
1230    ele  se  pasmë  et  s'estent, 

sofle,  sospirë  et  baaille,    .|^tx/i./»iAW^ 

molt  se  demeinë  et  travaille,  A«-  cLsuinrjL'njL^ 

tremble,  fremist  et  si  tressait,  jf-uu^aùXCLL 

li  cuers  li  ment  et  se  li  fait.    dMpJUAuh 
1235    Molt  est  la  dame  mal_ Jjailliej   ■iry^.u^.ymJur-j^^jL.  ,  ûJxXjl^<la- 

efc  quant  ce  est  qu'el  s'entroblie,  £>,' en,4M<Jui^ 

ensemble  lui  cuide  gésir, 

entre  ses  braz  tôt  nu  tenir; 

entre  ses  braz  le  cuide  estreindre.  eJihMirï.cL\^ 
1240    Ne  set  s'amor  covrir  ne  feindre; 

ele  acole  son  covertor, 

confort  n'i  trueve  ne  amor; 

mil  feiz  baise  son  oreillier, 

tôt  por  l'amor  al  chevalier, 
1245     cuide  que  cil  ki  ert  absenz 

enz  en  son  lit  li  fust  presenz: 

n'en  i  a  mie,  aillors  esteit. 

Parole  o  lui  com  s'el  l'oeit; 

en  son  lit  le  tastë  et  quiert;   ^faJ-û-n/rJL 
1250    quant  nel  trueve,  des  poinz  se  fiert. 

Ele  plorë  et  fait  grant  duel, 

des  larmes  moillent  si  linçuel;  cU^MiO'  du.  M^ 

molt  se  detorne  la  reine,    <^  /VL^-ot-i/t/n/i^ 

primes  adenz  et  puis  sovine.  , 

1229  A  tornot  et  retornot,  Dy  molt  s.  (G  forment).  —  1230  H  ele 
vauteille,  I  ele  souspire;  G  et  après  se  p.;  FHI  et  si  s.  —  1231  I  s.  gemist 
et  si  b.,  F  s.  et  s.  et  b.;  G  s.  si  s.  —  1232  G  et  molt;  HID  démente; 
I  et  se  t.;  H  d.  molt  t.  —  1233  HI  et  f.;  F  omet  si.  —  1234  G  tos  11 
cuers,  omet  se.  —  1236  HI  omettent  et;  D  cest;  AHID  quele;  A  soblie.  — 
1237  FHID  e.  o  lui.  —  1238  I  tant  nu  a  nu  par  grant  désir,  H  ensemble 
o  lui  tout  nu  gésir,  G  et  nu  entre  ses  braz  tenir.  —  1239  et  1240  omis 
dans  D.  A  le  b.;  G  la.  F  omet  ce  vers.  —  1240  y  Samor  ne  set  (HI  puet). 
—  1242  G  trova.  —  1243  D  baisa.  —  1244  A  an  por,  GF  et  por;  F  por  a.  — 
1245  G  c.  cil  qui  plains  est  dedens;  HI  est  en  sus  (H  nest).  —  1246  HI  se 
gise  de  lez  lui  touz  nus.  —  1247  D  ni  estoit  mie,  HI  il  ni  est  mie.  — 
1248  HI  le  voit,  D  le  oit.  —  1249  Dy  enz  en;  G  la.  —  1250  DGF 
del  poing.  —  1251  G  plora;  HI  p.  si  f.  —  1252  D  moille  son  1.,  HI  sunt  • 
moilli  si  eul,  G  ploroient  si  oel.  —  1253  GFI  retorne.  —  1254  D  aus  denz. 


48  SA   CONVERSATION 

1255    Ne  puet  guarir,  si  se  demeine, 
.^^x^LLnt'       lûolt  trait  la  nuit  et  mal  et  peine; 

el  se  demeine  a  mainte  guise.  yrLourUjtAjL, 

Ele  ne  set  ki  l'a  sorprise: 

mortel  poison  aveit  beii;  » 
1260    ele  ne  sot  ki  l'enfes  fu, 

qu'ele  ot  tenu  et  aeolé, 

ki  la  rage  li  ot  doné; 
^^ji/fnjijiùÀâ^  aÙL  ne  puet  muer,  ne  li  enuit  ^^yvoo^ula- 

ce  que  tant  a  duré  la  nuit; 
1265    ja  ne  euide  le  jor  veeir. 

Des  que  le  puet  apereeveir, 

el  fil  de  l'albe,  s'est  levée; 

nen  i  ot  meschine  apelee, 

ne  cliamberiere  a  son  servise. 
1270    De  mortel  rage  esteit  esprise,  &/rUiû.>m/rrjU, 
^^oi.i.vyni^rJ'^-n^)  molt  l'angojssot  li  feus  d'amor. 

El  vint  errant  a  sa  seror: 

,Anna,  ge  muir,  ne  vivrai,  suer". 

—  Quel  avez  donc?  —  ,Falt  me  li  euer, 
1275    nel  puis  celer,  jo  aim".  —  Et  cui?  — 

„Gel  te  dirai;  par  fei,  celui".  . , 

et  quant  ele  le  dut  nomer, 
-  si  se  pasma,  ne  pot  parler. 

Quant  el  revint  de  pasmeison, 
1280    si  recomence  sa  raison: 

„  Celui  ki  a  sofert  tant  mais, 

Vz55  GFD  pot;  GHI  durer;  y  molt  se  d.  —  1256  F  traist;  D  a  rnale 
p.,  G  travail  et  p.  —  1257  D  si  se  d.,  F  et  se  d.:  I  en  m.  g.  Les  vers  1257 
et  1258  sont  intervertis  dans  HI.  —  1258  GF  car  el;  HI  el  ne  s.  qui  si  la 
s.;  D  enprise,  F  esprise.  —  1259  et  1260  omis  clans  HI.  G  a  receu. 
1260  A  El  ne  sot  qui  li  e.  f;  GF  set.  —  1262  GF  a.  —  1263  GD  pot. 
1265  G  quida.  —  1266  GH  quel  le.  —  1267  GF  sa  1.  Alinéa  dans  F.  — 
1268  G  aine  ni;  A  cliamberiere.  —  1269  A  ne  famé  nule;  F  chambelenc.  — 
1270  G  aprise.  —  1271  Alinéa  dans  DHL  —  1273  Alinéa  dans  A.  D  Laila  g. 
m.  ni  V.;  F  a  grant  dolor  muir  Anna  suer;  G  nen  v.  —  1274  GD  quavez 
vos  d.  ;  F  et  caues  d.  je  perc  le  c.  Après  ce  vers  D  en  intercale  deux  autres 
et  F  également.  V.  les  notes.  —  1275  D  ne  puis  je  . .  .,  G  muer.  —  1276  D 
je  le  d.,  F  ja  le  saras.  —  1277  G  li.  —  1279  Alinéa  dans  I,  quant  elle  vint; 
F  et  q.  r.  —  1280  D  recommença;  G  si  a  parle  dist  s.  r.  —  1281  Dans  y  les 
V88. 1281—1286  sont  intervertis  en  ce  sens:  1285, 1286, 1281—1285.  GF  et  cil. 


AVEC  ANNA  49 

ce  est  li  Troïëns  vasals, 
que  fortune  a  a  essil  mis 
et  ki  vint  ier  en  eest  païs; 
1285    ge  cuit,  qu'il  est  de  hait  parage 
et  de  celestiël  lignage;  * 
-f^uJt  Cl.  joJ^       del  tôt  pert  bien  qu'il  est  gentiz,' 
et  molt  par  est  corteis  ses  fiz;" 
de  lui  tenir  ne  de  baisier 
1290     ne  me  poi  ier  seir  saziër;  muuu*-^^ 
onc  puis  que  ge  tornai  de  Tire, 
que  Sicheiis  fu  morz,  mes  sire, 
ne  me  sovint  de  nule  amor, 
..XujAf^*  ûi  ^^  '^^^^    des  i  que  vint  a  icel  jor; 
1295    ne  vi  home  de  nul  parage, 

tant  fust  riches  ne  proz  ne  sage,  ^ 
cui  ge  mostrasse  puis  semblant 
'jy^^vnxoML   de  cel  endreit  nejant  ne  quant,  Zjl.  •yrxàtvu!^  cLu.  'ynffnJLe, 
fors  seul  cestui,  que  destinée 
1300    a  amené  en  ma  contrée.  ^ 

Cist  a  espris  le  mien  corage,     JLrr^jjLanrrv^rriM^ 
cist  m'a  doné  la  mortel  rage, 
CaÛxm.-6u     por  cestui  muir  tôt  a  estros.  CMJhùyr\M,fyriZy*^ 
pcyi^j-  4i*^     Se  p_or_ce  non  qu'a  mon  espos  XctexuM 
'  l305    pramis  m'amor  a  mon  vivant, 

de  lui  feïsse  mon  amant; 
mais  quant  je  l'ai  celui  donee, 
ja  par  cestui  n'iert  violée; 

mielz  voil  morir,  que  ge  li  mente  .^^aru^  'UrkiicLtÀ.a. 
1310    ne  qu'en  altre  mete  m'entente;    /jut-uJUL- 

1283  FHI  en  e.  —  1284  DHI  hier  vint.  —  1285  D  cuit  quil  est  du  priant  (?) 
paraige;  G  sort;  HI  du;  G  franc,  F  grant.  —  1286  HI  du.  —  1287  F  de 
tôt,  G  de  lui.  —  1288  F  gentius.  —  1289  I  baisier  et  acoler;  DH  et  de  b.  — 
1290  F  ne  puet  er  soir  preu  aaisier;  H  essoir;  I  saoler.  —  1291  y  ainz; 
D  onques  p.  q.  t.  d.  T;  HI  parti.  —  1293  G  ne  sovint  moi  de  nul  a.;  HI 
s.  il  mes  damor.  —  1294  D  quavint  en  ycest  j.  —  1295  A  aage.  —  1296  F 
qui  tant  feuse  rice  et  sage,  A  tant  prou  tant  riche  ne  tant  sage.  —  1 297  GF 
a  qui  m.;  HI  a  qui  je  m.  s.  —  1298  A  cest;  HI  celé  amour.  —  1300  D 
amena  en  ceste  c.  —  1301  HI  Cil;  G  Icil  ma  cangie  mon  c.  —  1302  y  cil; 
D  ia  m.  r.  —  1303  A  par.  —  1305  I  amor;  G  a  anavant.  —  1306  G  jo  en 
feisse.  —  1308  F  por.  —  1309  G  len  m.  —  1310  A  que  an  a.,  G  et  en  a. 

Bibliotheca  Normauuica  IV.  4 


50  SA   CONVERSATION 

guarder  li  voil  et  tenir  fei. 
ALLui-i'      Anceis  parte  terre  soz  mei 

et  tote  vive  me  transglote,  ( t/n^LeuJh^o^ 
0  feus  del  ciel  m'arde  trestote,' 

1315     que  ge  altrui  doigne  m'amor, 
que  ge  promis  a  mon  seignor;- 
ge  li  donai,  si  l'ot  et  ait, 
ne  l'en  sera  par  mei  tort  fait; 
ge  n'ai  mais  soing  d'altrui  amer, 

1320    que  qu'il  m'en  estuiee  endurer. 
Fors  tant  qu'en  ai  oï  parler, 
Eneas  l'ai  oï  nomer  .  . .  ." 
Quant  l'en  sovint,  qu'el  le  noma, 
ele  nerci,  si  se  pasma;-     Tvmyvcc^ 

1325     a  poi  que  ele  ne  fu  morte. 
Anna,  sa  suer,  la  réconforte: 
„Dame,  por  quel  morez  a  honte? 
Geste  amistiez  rien  ne  vos  monte, 
qu'avez  envers  vostre  seignor: 

1330    morz  est,  ja  a  passé  maint  jor. 
A  duel  usez  vostre  jovente, 
en  lui  n'a  mais  negune  atente,  AitaW*, 
de  lui  n'avreiz  vos  mais  enfant 
ne  dolce  amor  ne  bel  semblant,"*  irnJL/rJL 

1335    ne  guarantie  ne  socors. 
Molt  a  ici  foies  amors, 
quant  bien  ja  mais  ne  vos  puet  faire. 
Por  quel  volez  por  lui  mal_traire?  .^û^ju^KÂaj 

1313  eM314  omis  dans  A.  HI  qui;  G  tote  terre;  F  mestranglote. 
1314  D  ou  malz  feuz  d.  c.  m.  tote;  I  et  f.  —  1315  DGF  q.  a  a.;  A  autre. 
1316  HI  p.  mon  bons. —  \'dll  et  1318  sont  omis  dans  A. —  1318  G  par  moi' 
ne  li  sera.  —  1319  FI)  ne  u. ;  A  je  nai  besoing;  G  dautre.  —  1320  GHID 
que  que;  y  mestuisse;  D  convengne;  G  deraorer.  Après  ce  vers  D  en  inter- 
cale deux  autres.  V.  les  notes.  —  1321  D  que  ai.  —  1323  HI  q.  ce  avintj 
que  (H  quel)  le  noma;  F  sovient  que  le  n.;  G  et  quel  n.  —  1325  A  por 
po.  —  1326  D  Ayma  s.  s.  le  conf.  —  1327  Alinéa  dans  HID.  D  more.  — j 
1328  G  noiant  ne  monte;  IDF  riens.  —  1329  F  que  vous;  GIII  que  a.  vers. 
1331  F  a  lui;  DG  naves;  F  entente.  —  1332  G  n.  jamais;  F  vous  manque. 
1333  GF  bon  s.  —  1337  DHI  q.  bien  ne  mal;  F  q.  il  bien  ne  v.  p.  mes 
f. ,  G  q.  il  ne  v.  p.  nul  bien  f. 


AVEC   ANNA  51 

Ja  mais  n'avreiz  nul  bien  del  mort: 
1340    faites  del  vif  vostre  déport;     M  '  currux^Ay^  (x\jjJL. 

el  mort  n'a  mais  reeovrement:  /tuLjô^'LrtriJi.^rne.'^r^ 

faites  del  vif  vostre  talent,   y-»tem.4-C  ^  oU-^jÏ^ 

Fols  est  ki  por  mort  se  consire;  ^>  OLiKt^f^jt-»^ 

sai  que  est  veirs,  et  si  Foi  dire: 
1345    tenir  estuet  le  mort  al  mort, 

le  vif  al  vif,  ço  est  confort. 

Ki  maintendra  vostre  cité, 

vostre  terre,  vostre  erité? 

Ne  puet  estre  longue  par  femme 
1350    bien  maintenue  enor  ne  règne;    -i^i^JL  ,  /\.a-iûMLtrrjL. 

poi  fait  on  son  co mandement, 

se  n'a  altre  maintenement;  /:^sruJ^.â,>r^ 

ne  puet  mie  grant  fais  sofrir, 

si  li  covient  guerre  baillir. 
1355     Molt  par  a  ci  estrange  terre; 

de  totes  parz  vos  cuite  guerre; 

toz  les  barons  de  cest  païs 

avez  vos  fait  voz  enemis, 

car  ne  deignastes  a  seignor 
1360    home  de  tote  eeste  enor: 

eiiz  les  avez  en  vilté.     yau^j  jLe-^^  ^^^  "^^-^  yrxo^^'sxj^*^ 

Por  ce  vos  ont  coillie  en  he, 

acoillent  vos  de  mainte  part,  ûJtZcL^uuA^r^è. 

confondront  vos  o  tost  o  tari   oi^n^-ujû^urri^ 
1365     Quant  aamé  avez  cestui, 

vostre  seignor  faites  de  lui; 


1339  et  1340  intervertis  dans  F.  AHI  de  m.  —  1341  et  1342  sont  omis 
dans  GA.  HI  en.  —  1343  D  qui  autrui  mort  désire.  —  1344  D  il  est  voir  je 
lai  oy  d  ;  HI  v.  e.  ainsi  1.  d.  —  1345  HI  les  mors  as  mors.  —  1346  HI  les  vis 
as  vis  c.  e.  confors,  —  1348  HI  et  vostre  très  grant  richete  (H  irete).  — 
1349  HI  bien  maintenue  au  loinz  p.  f.  —  1350  HI  ne  puet  estre  lionnor  ne 
règne.  —  1351  GF  de  s.  c.  —  1352  G  qui,  HI  sel,  A  sil.  —  1353  I  granment. 
—  1354  F  se;  D  si  li  vient  g.  a  maintenir,  G  so  li  avient  g.  a  b.;  A  terre; 
D  tenir.  —  1355  D  Alinéa.  ~  1356  HI  i  sort,  GF  i  croist.  —  1357  D  ce.  — 
1359  D  au  s.  —  1360  HI  prendre  home  de  vostre  honor.  —  1361  G  tenus; 
DI  ainz,  H  ou;  F  en  aves;  DIF  tous  en  v.  —  1362  G  et  il  vous;  D  ainsi 
en  he.  —  1363  D  toute  p.  —  1365  HI  puisque  ame;  F  ename. 

4* 


52  FOLIE  AMOUREUSE 

maintendra  vos  a  grant  rieheee, 

car  il  est  de  molt  grant  proeee. 

Por  vostre  bien,  ge  vos  plevis, 
1370    l'amena  deus  en  cest  pais; 

quant  de  s'amor  estes  sorprise, 

Guidiez  la  veintre  en  nule  guise;    /u^u^oû/u-; 

vos  ne  poez  encontre  amor.  M^^ 

Se  de  cestui  faites  seignor, 
1375     molt  en  ereistra  vostre  barnage 

et  essaleiee  en  iert  Cartage. 

Dire  porez,  por  covrir  vos, 

cest  tens  d'iver  sejort  o  nos 

et  ses  nés  face  refermer, 
1380    car  n'est  or  tens  de  passer  mer. 

Ainsi  le  poez  retenir, 

enprés  faire  vostre  plaisir."     p^  ji.^rA4jxmm\jiA^ 

Bien  ert  la  dame  anceis  esprise,    du^ct^'^M^j'/A^. 

et  sa  suer  l'a  en  graignor  mise; 
1385    d'amor  esteit  bien  enflamee, 

plus  l'en  a  ceste  entalentee:  i^ùJ-^    den^ 

confortée  l'a  malement.  -^ 

S'el  ne  l'eust  onc  en  talent 

et  ne  l'elist  onkes  amé, 
1390    se  li  a  ceste  amonesté.  AM..ci,i-L 

D'amor  se  desve  la  reine,  oUAyU-^rU:^  Atc 

elle  ne  cesse  ne  ne  fine. 

Le  Troiën  prent  par  la  main, 

de  s'amor  n'ert  encor  certain; 
1395     demeine  le  par  la  cité, 

1367  A  enor,  HI  richois.  —  1368  F  car  il  a  molt  de  g.  p.;  HI  molt 
d.  g.  pooirs;  A  valor..  -  1369  IF  jel;  D  le  v.  f.  —  1370  D  ce.  —  1374  A 
se  cestui  prenez  as.  —  1375  A  et  manque.  —  1377  GA  poez.  —  1378  HI 
ce.  —  1379  GHI  et  f.  s.  n.;  G  atorner.  —  1380  D  o.  n.  —  1381  G  Ensil 
poes  bien  r.;  D  porez;  A  si  le  p.  b.  r.  —  1382  HI  empais;  G  et  sen 
feres.  —  1383  HIG  Alinéa.  F  Dido  ert  ancois  bien  e.  —  1384  HI  et 
sasseur;  G  forcor.  —  1385  G  e.  entalantee.  —  1386  G  et  ceste  la  plus 
enflamee;  D  atalentee.  —  1387  et  1388  manquent  dans  F.  —  1388  D  se 
neust  ouques;  G  uen  e.  ;  HI  ainz.  —  1389  F  et  se  nol  ot  o.  a.  —  1390  HI 
entaleute,  F  cest.  —  1391  D  Alinéa.  —  1393  F  et  par  le  main  le  vassal 
niaine.  —  1394  F  certaine.  —  1395  et  1396  sont  omis  dans  HI;  D  pormeiue. 


DE  DIDON  53 

se  li  mostre  sa  richeté 

et  son  chastel  et  son  palais. 

El  ne  puet  estre  une  ore  en  pais, 

et  l'araisone  molt  sovent 
1400    de  mil  choses  dont  li  n'apent;    cLffr±.  jJUU.  fx-^a, 

el  ne  quereit,  fors  acheison  oc£.A<ùc-r^ 

eiist  de  lui  mètre  a  raison. 

Mil  feiz  li  demande  une  chose, 

ele  ne  fine  ne  repose; 
■  1405    en  mi  son  conte  s'arestait, 

ne  set  que  dit  ne  qu'ele  fait, 

tôt  pert  le  sens  et  la  parole." 

Amors  l'a  fait  de  sage  foie; 

molt  soleit  bien  terre  tenir 
1410    et  bien  soleit  guerre  baillir, 

or  a_  tôt  mis  en  nonchaleir     cL  ti^oIàJ^ 

et  en  obli  por  non  saveir. 

Amors  li  a  fait  obliër  * 

terre  a  tenir  et  a  guarder. 
1415     Si  enemi  guastent  sa  terre, 

el  ne  prise  plus  pais  que  gueiTe, 

de  nule  rien  mais  ne  li  chalt, 

ne  mais  d'amor  ki  molt  Tassait, 

et  molt  a  mais  tote  sa  gent     aLui^n/>ri/LuàJ 
1420    par  li  malvais  maintenement  ;  ^ôe,<y^44V 

de  li  n'ont  force  ne  sec  ors, 

1397  HI  el  li  otroie  tout  empres.  —  1398  HI  et  sa  cite  et  son  pales, 
D  ne  p.  une  ore  e.  e.  p.;  G  sot;  G  a  p.  —  1399  GF  el;  HI  ele  laregne.  — 
1400  HI  qua  lui  apent  (H  napent).  —  1401  HI  elle  ne  quiert,  F  ne  querant  el, 
G  ne  queroit  el.  —  1402  F  cest  de.  —  1403  DHI  omettent  li.  —  1404  GA 
cesse;  G  El  n.  c.  ne  ne  r.;  A  nel  ne  r.  —  1405  F  saresta.  —  1406  H  ne 
sot;  I  el  ne  set  quel  d.  n.  quel  f.;  A  quil  dit;  F  oblie  la;  G  ne  set  q.  f.  — 
1407  et  1408  sont  omis  dans  A.  —  1408  HI  A.  fait  bien,  G  A.  le  f.  — 
1409  G  guerre,  F  onor.  Alinéa  dans  D.  —  1410  G  et  selt  molt  b.  terre 
b.;  HI  bastir.  —  1411  et  1412  omis  dans  D;  HI  a  n.  c.  —  1412  F  et  oblie 
por  mal  s.;  G  par;  HI  valoir.  —  1414  D  t.  t.  —  1415  I  gardent.  — 
1416  HI  ele  prise  autant  p.  com  g.;  D  ele  ne  pr.  pais  q.  g.  —  1417  HIF 
riens.  —  1418  GHI  qui  si  1.  —  1419  D  et  m.  aura  t.  s.  g.;  HI  oubliée  a, 
GF  a  nient  a  mis.  —  1420  HI  par  lui  nont  mes  m.;  GFD  por;  GF  le.  — 
1421  HI  lui  n.  mes  nisun  s. 


54  LA 

ne  montent  mais  es  murs  n'es  tors, 

de  l'ovrer  n'est  conte  tenu, 

pendent  li  mur  entrerompu, 
1425    en  un  leu  hait,  en  l'altre  bas: 

tôt  a  guerpi  por  Eneas. 

En  nonchaleir  a  mis  le  règne, 
'^^liM      h'gI  n'a  home  ki  ne  se  plaigne; 
Ji'-rJ^^T  abaissié  sont  li  Tiriën 

1430    enpor  îostage  al  Troïën;  po-tuJ 

celé  ki  mainteneit  l'enor 

a  tôt  guerpi  por  soe  amor. 

En  tel  travail  et  en  tel  peine 

fu  la  reine  une  semaine; 
1435     ne  nuit  ne  jor  nen  ot  repos, 

ne  por  dormir  nen  ot  l'oil  clos. 

En  dolor  ert  et  en  grant  mal 

et  ne  l'osot  dire  al  vasal; 

ne  guarra  mais  ainsi  lonc  tens, 
1440    s'ele  ne  prent  altre  porpens  :  éuynAJU, 

0  li  en  estovra  morir 

0  al  vasal  s'amor  gehir. 

Celé  angoisse  a  longues  sofert, 

qu'el  ne  l'osot  dire  en  apert/ 
1445        A  un  matin  forment  li  plaist, 

qu'ira  chacier  en  la  forest, 

por  ejbatre  de  sa  dolor,  ^w-  aLùjhcJuui^ 

s'entrobliër  porreit  s'amor; 

1422  ni  monte  m.  sus  murs  nen  t.;  D  nen  m.  nen  t.,  G  a  m.  na  t.;  F 
ne  t.  —  1423  D  de  lonneur;  G  doimrer  ni  ot  c.  t.  —  1424  HI  li  mur  po- 
rcnt  estre  r.;  F  li  murs  petit  e.  —  1425  F  omet  un.  —  1426  A  perdu.  — 
1427  D  En  .i.  c.  ;  GF  son  r.  —  1428  A  el,  DF  nen,  G  ni.  —  1429  D  Ali- 
néa. —  1430  y  tôt  por  lamor  (F  et  por  amor);  D  et  p.  lestage.  —  1431  D 
ceuz  qui  maintenoient  lonnor.  —  1432  D  touz  guerpis,  por  ynanque.  — 
1433  G  dolor.  —  1435  D  ne  jor  ne  nuit  ne  prist  r.  ;  HIF  niert  en  r.  — 
1436  HI  navoit;  F  not  son  oel  c.  —  1437  I  doulor  treoit  et  paine  et  m.  — 
1438  A  al  ne  sot.  —  1439  F  ne  pot  garir;  Il  si  a  lonc  tens,  I  jusqua  1. 1.; 
I)  mais  manque.  —  1440  A  se  al;  G  se  il  nen  a.;  III  nen  p.  —  1441  D  ou  il 
li  estaura  m.,  G  u  li  e.  a  m.  —  1442  F  gerpir,  D  guenchir.  —  1443  GF  celé  amor 
a  longe  s.;  A  lonc  tens.  —  1444  GFD  que;  D  le  sot.  —  1445  sans  alinéa 
dans  GF.  III  ainsi  1.  p.  —  1446  I  quel  voist,  II  el  vet.  —  1448  G  se  oblier. 


CHASSE  55 

car  amors  est  molt  plus  griés  chose,  tou^Ju,  ^  JjUA^uLcUi 
1450    quant  en  leisomë  et  repose, 

et  ki  s'en  vuelt  bien  délivrer, 

il  ne  deit  mie  reposer; 

se  l'en  s'en  vuelt  bien  esloignier, 

altre  entente,  li  a  mestier,     ^cc^uLùecK-ârn) 
1455    car  quant  il  entent  altre^part,    ( jù'  aa^^fi^  de)    ^ilin 

se  li  so vient  d'amor  plus  tart. 
'  Ele  a  mandé  ses  veneors,  çjifiicm-fuj 

enseler  fait  ses  chaceors, 

prennent  lor  ars,  cors  et  lévriers, 
1460    chiens  et  vieltres  et  liëmiers. 

La  vile  bruit  de  cel  conrei,  jyu^u^^^u^ 
.£jirt>ijt/rrJLfot  del  glat  des  chiens  et  del  desrei  ;  cLLc^^-ijU^^A.  j  c^rrJLu^ 

vienent  meschin  de  totes  parz, 

aportent  ars,  cuivres  et  darz; 
1465    la  maisniee  est  molt  eomelie.  oaÛ*^-^  ;  iM-^UjU.c^ 

La  reine  se  fu  vestue 

d'une  chiere  porpre  vermeille, 

bendee  d'or  a  grant  merveille 

trestot  le  cors  des  i  as  hanches 
1470    et  ensement  totes  les  manches,    d^  yr\a.jrru~ 

Un  chier  mantel  ot  afublé, 

menuëment  a  or  goté, 

a  un  fil  d'or  ert  galonee 

et  sa  teste  ot  d'orfreis  bendee. 
1475    A  son  col  pent  un  cuivre  d'or, 

qu'el  fist  traire  de  son  trésor; 

1449  D  oniet  plus;  HI  si  très  g.  c.  —  1450  D  quant  len  ne  fait  riens 
et  r.,  HI  que  on  ni  dort  ne  ne  repose,  GF  que  con  die  ele  (G  el)  ne  r.  — 
1451  et  1452  omis  dans  F.  D  se.  —  1352  A  si.  —  1453  et  1454  omis  dans  A. 
F  et  que;  FD  se  v.  —  1455  A  omet  il.  A  an  a.  a.  p.;  GF  dautre.  —  1456  A 
se.  —  1457  Alinéa  dans  D;  HI  ele  mande.  —  1458  GF  asambler.  — 
1459  D  p.  1.  cors  a.;  HI  chiens  et  1.  —  1460  HI  Couplent  (H  couples)  v.,  GF 
seurs  V.;  D  ch.  viautres  et  1.  —  1461  HIF  enbruit.  —  1462  G  bruit;  y  de 
lefifroy  (F  c.  de  cel  efifroy);  D  del  lesroy.  —  1463  GF  plusors  p.  —  1464  HI 
portent  espiez.  —  1467  I  riche  p.  v.  —  1469  D  des  que,  F  dusques.  — 
1472  III  tout  dor"m.  g.,  F  et  dor  m.  g.;  A  ert  dor  g.  —  1473  GFD  et 
dun  f.  —  1474  F  cief;  GHI  ert;  D  omet  ot.  —  1475  A  aporter  fist,  GF 
o  soi  porta.  —  1476  GF  que;  G  traire  f.;  HI  que  ele  prist  en  s.  t. 


56  LA 

.c.  saietes  i  ot  d'or  mier, 

les  flèches  erent  de  cormier. 

En  sa  main  prent  un  arc  d'albor 
1480    et  puis  avale  de  la  tor; 

trei  duc  la  meinent  de  la  sale, 
aprjLA.  soentre  li  granz  genz  avale. 

Danz  Eneas,  ses  druz,  l'atent 

jus  as  degrez  o  tôt  sa  gent; 
1485     quant  vit  la  dame  Tiriane 

ce  li  fu  vis  que  fust  Diane: 

molt  i  ot  bêle  veneresse,  cA£uch(a<l. 

del  tôt  resemblot  bien  déesse. 

Quant  el  le  vit,  por  soe  amor 
1490    li  est  muée  la  color. 

Ele  dévale  les  degrez 

et  li  chevals  fu  aprestez; 

d'or  et  de  pierres  l'ont  covert. 

A  son  monter  ses  druz  la  sert; 
1495     c^nreez  fu  le  Troïën,      Xclaj.^^ 

com  por  aler  en  bois,  mon  bien: 

le  cuivre  al  col,  l'arc  en  la  main, 

ne  resemblot  de  rien  vilain;  -Acryrurrji.  cLl.  ixx.c< 

ce  vos  semblast  que  fust  Febus.  CenndJJh. 

1500    II  est  montez,  ne  tarja  plus, 

par  la  resne  la  dame  meine, 

ki  por  s'amor  ert  en  grant  peine; 

li  suens  conduiz  forment  li  plaist.  \ 

Esrant  vindrent  a  la  forest, 
1505     asez  i  ont  venaison  pris.  ; 

1478  m  furent;  A  cartier.  —  1479  G  tint;  H  son.  —  1480  III  ainsi; 
G  puis  sen;  D  devalle.  —  1481  Les  vers  1481—1491  sont  omis  dans  HI;  A  .iii. 
dus  amoine.  —  1482  D  deiouste,  G  encontre.  Ce  vers  est  omis  dansF.  — 
1483  G  li  dus.  Alinéa  dans  FD.  —  1484  G  ensamble  li  molt  de  s.  g.  — 
1485  F  vint.  —  1486  F  est  v;  GF  ce  fust  D.  —  1488  F  de  tôt  sambloit  molt 
b.  d.,  G  bien  r.  de  tôt  d.;  D  resambla.  —  1489  D  il  la  v.  —  1490  F  si  a  m.  — 
1491  F  ele  a  dévale.  —  1492 1  enselez,  G  amenés.  —  1493  GDF  et  de  pourpre; 
D  fu.  —  1495  HI  conree  vit,  D  contre  li  fu;  G  ont.  —  1496  D  envois  bien; 
F  es  bos,  GI  el  b.  —  1497  A  le  cor,  GF  al  les.  —  1498  A*Qe  sambloit  pas; 
IIIG  resambla.  —  1499  III  ainz  li  sembla  estre  phebus;  GF  ce  f..  — 
1500  F  tarje.  —  1502  I  qui  por  monter.  —  1504  IlID  vienent;  A  an.  — 
1505  Les  vers  1505  et  1506  sont  intervertis  dans  HI.    A  ot. 


CHASSE  57 


Ô-XAA*- 


Tant  chacierent  qu'il  fu  midis. 

Idonc  leva  sodainement 

et  granz  orez  et  grant  tonnent; 

tonë  et  pluet,  molt  fait  oscur, 
1510    nns  d'els  n'i  esteit  a  setir.    jt^rv  xuMru^ 

Fuiant  s'en  tornent  plusors  parz; 

li  plus  hardiz  i  fu  eoarz, 

li  plus  vasals  de  peor  tremble; 

one  n'en  remestrent  dui  ensemble, 
1510    fors  la  reïne  et  Eneas: 

cil  dui  ne  départirent  pas, 

ne  guerpi  li,  ne  ele  lui.      cUra/ruiLorfyriCL, 

Tant  ont  aie  fuiant  andui, 

a  une  crote  sont  venu.         <a/v^»-CCt' 
1520    Iluec  sont  andui  descendu. 

Estes  les  vos  andeus  ensemble, 

cil  fait  de  li  ce  que  li  semble,  Ca.  clu^ '  ÀJL  'iXJuJ:. 

ne  li  fait  mie  trop  grant  force, 

ne  la  reïne  ne  s'estorce^  ju^  eUli.'rxiL  ^  AtJ*d^a . 
1525    tôt  li  consent  sa  volenté; 

p^ega  qu'el  l'aveit  desirré.      ciji/>^u^^<>^  ,£^mA/«'nyuu 

Or  est  desco verte  l'amor; 

onc  mais  puis  la  mort  son  seignor 

n'en  fist  la  dame  nul  hontage.  acJt^or*^  -^lOyi-^ltuA-iL 
1530    II  s'en  retornent  a  Cartage. 

Ele  demeine  joie  grant, 

1506  F  cevalcierent;  GFD  que.  —  1507  Alinéa  dans  D.  HI  mes  dont 
leva  .i.  grant  torment.  —  1508  A  molt  g.  o.  ;  F  uns  grans  ores  par  molt  grant 
vent;  GD  et  molt  grant  vent  (D  omet  molt);  HI  soudainement.  —  1509  DIII 
tonna  et  plut  et  (D  molt)  fist;  F  et  t.,  G  11 1. ;  GF  et  p.  et  f.  o.  —  1510  G  nus 
hom;  D  nest  mie,  F  nestoit  pas.  —  1513  HIF  hardiz.  —  1514  HIF  ainz,  G 
aine;  GF  ne  sen  tinrent j  HI  ne.  —  1517  D  ne  déguerpi  li  nelle  lui;  HI  ne  la 
guerpi.  —  1518  A  t.  vont  fuiant  ansanble  a.  —  1519  ei  1520  sont  omis  dans  HI; 
DGF  fosse.  —  1521  Alinéa  dans  D;  ce  vers  manque  dans  G;  H  quil  se_tro- 
verent  seur  e.,  I  quil  sen  tornerent  seul  e.;  D  touz  seulz.  —  1522  A  il;  HI 
fist;  F  conques,  D  que  bon.  —  1523  et  1524  intervertis  dans  HI;  HI  ni  conuit 
mie  trop  g.  f.;  G  molt.  —  1524  F  la  r.  ne  sen  e.,  HI  1.  r.  trop  ne  sestorce  (H  se 
torce).  —  1526  F  por  cou;  G  poise  quel  voit  desirete.  —  1527  Alinéa  dans  D; 
HI  Or  ont  descovert  lor  a.;  GF  a  d.  —  1528  D  onques  puis  ;  HIF  ainz,  G  aine; 
F  le  s.,  D  du  s.  —  1529  HI  ne  fist  dido  de  soi;  F  te  Ih.;  D  honneur,  GHI 
folage.  —  1530  HI  Andui  r.  —  1531  A  Al  d.  ioie  molt  g.,  F  Dido  d.  j.  molt  g. 


58  DESCRIPTION 

nel  ceile  mais  pejant  ne  quant,  7v**^-^A-*ruL/yvi: 

molt  s'en  faiseit  liée  et  joiose; 

ele  diseit  qu'ele  est  s'espose, 
1535     ainsi  eovreit  sa  félonie; 

ne  li  chalt  mais  que  que  l'en  die; 

et  en  derrière  et  en  devant 

fait  mais  de  li  tôt  son  talant.  ^ro^^rvl^  ;  oUaua, 
La  famé  vait  par  la  contrée, 
1540    que  Eneas  l'a  vergondee.    d'e-AA-cnry^nA*^ 
■'Famé  est  molt  merveillose  chose, 

el  ne  fine  ne  ne  repose, 

mil  boches  a  dont  el  parole, 

mil  oilz,  mil  eles  dont  el  vole, 
1545    mil  oreilles  dont  ele  oreille; 

se  ele  orreit  nule  merveille, 

qu'ele  peiist  avant  noncier, 

ele  ne  fine  d'a_guaitier;      CjjuuUdûtAj 

se  de  la  rien  set  tant  ne  quant, 
1550    de  molt  petit  fait  asez  grant, 

ele  l'acreist  et  plus  et  plus; 

quant  qu'ele  vait  e_t_sus  et  jus,  pe^A^hruLt. 
oLe,  ^yy-iiyrrxj^  ^  LaoJjurrui.'Tnh.   altrcsi  tost  fait  ele  acreire 

la  false  chose  com  la  veire; 
1555     d'asez  petit  maint  conte  fait, 

toz  tens  l'acreist,  o  qu'ele  vait; 

d'un  poi  de  veir  dit  tant  mençonges, 

qu'il  resemble  que  ce  seit  songes,  j 

et  tant  le  vait  moltepliant,  | 

1532  HI  Not  mes  tel  joie  en  son  vivant.  —  1533  HI  el;  HID  se;  G 
molt  par  son  fait.  —  1534  HI  molt  desirroit  quel  fust  s.;  G  e.  dist  bien;  D 
ert.  —  1535  III  petit  couuroit  sa  lecherie.  —  1536  GIII  que  len  en  d.,  D 
mais  que  len  die.  —  1537  A  an  dasriere.  Les  vers  1537  et  1338  omis  daiis 
HI,  qui  les  remplacent  par  les  vers  1607 — 1614.  —  1539  sans  alinéa  dans 
GID;  III  Li  renons.  —  1540  HI  espousee.  —  1541  HI  renommée  e.  m.  maie 
ch.  —  1542  FDUI  elle  n.  f.  ne  rep.  —  1544  I)  et  .m.  elles  d.  ele  v.  (omet  mil 
oilz).  —  1545  D  m.  o.  touz  tens  o.  ;  FG  oies.  —  1546  FD  selle;  F  ot  dire.  — 
1548  GF  de  g.  ;  III  si  (H  ce)  ne  fine  ele  d.  —  1549  I  se  nule  r.,  H  se  dune  r.  — 
1550  III  dun  m.  p.  fera  trop  g.  —  1551  A  quant  quele;  HI  le  croit,  D  a  oy, 
F  le  dist.  —  1552  GD  que,  F  tant.  —  1555  III  grant  e.  —  1556  GFD  acroist; 
H  voist,  I  voit.  —  1558  D  quil  semble,  G  que  ce  s.;  F  quil  soit  mencoignes. 


I 


DE  LA  FAME  59 

1560    n'i  a  de  veir  ne  tant  ne  quant. 

Primes  parole  bêlement 

et  a  conseil  çejeement,    c^ru   xia-cy^oM' 

et  puis  vait  enlialcant  son  conte,  /)JLf)  CLfry.ûUirJ^ ^  /ulAoxlc^o, 

plus  hait  parole  quant  qu'el  monte; 
1565     puis  que  un  poi  l'a  descovert, 

en  parole  tôt  en  apert. 
Par  Libe  nonce  ceste  famé 

la  félonie  de  la  dame, 

dit  que  de  Troie  esteit  venu 
1570    uns  oem,  Dido  l'a  retenu 

ensemble  sei  enz  en  Cartage; 

or  la  maintient  cil  en  pntage.    /sA,cKxAJt.u^i~cry-ù  ,  aLiUrouxcj 

En  luxure  andui  se  demeinent 

le  tens  d'iver,  d'el  ne  se  peinent; 
1575     la  dame  en  laisse  son  afaire, 

nule  altre  rien  ne  prise  guaire, 

et  cil  en  a  guerpi  sa  veie, 

et  l'uns  et  l'altre  s'i  foleie.  (  -4oê.*J\jl,  dULt,   -foLÙL^  ^ 

Molt  est  la  dame  defamee 
1580    par  tote  Libe  la  contrée, 

en  mal  ont  essalcié  son  nom. 

Quant  l'oent  dire  li  baron, 

li  duc,  li  prince,  lijçontor,  jtz^  cerrM-jL^ 

qu'anceis  ne  volt  prendre  a  seignor,    û^c^-pcA-^^ii^a^rU: 
1585    molt  se  tienent  por  vergondez, 

1560  GF  del.  —  1562  G  priveement.  —  1563  GFD  essalcant.  —  1564  GD 
que  quel;  III  quil,  F  que;  HIF  ne  m.  —  1565  III  et  puis  cun.  -  1566  FD 
plus  en  paroUent  (F  parole)  en  apert;  HI  lors  p.;  G  parole  ent  puis.  — 
1567  GFI  sans  alinéa;  HI  Parmi  Libbe  dit  et  diffame;  F  libie;  G  noncent; 
D  monte.  —  1568  HI  la  grant  folie,  G  la  vilonie.  —  1569  DIGF  dist.  — 
1570  y  receu.  —  1571  DF  e,  o  s.  (D  li);  HI  a  grant  aise  sont  en  c. ;  G 
dedens.  —  1573  HI  et  vil  1.,  GF  et  en  l;  y  omet  se;  D  ambedui  mainent.  — 
1574  F  lontans  d.  —  1575  y  ses  afaires.  —  1576  G  nul  autre  gent  ne  prisait; 
A  nule  a.  ne  panse;  y  gaires.  —  1578  G  trop,  H  se.  —  1579  A  ert;  alinéa 
dans  D.  —  1580  F  libie.  —  1581  D  est  e.,  H  li  effacent,  F  et  ensauce,  G  a 
e.  ;  I  li  de  {illisible)  son  non.  —  1582  D  cil  b.  —  1583  F  de  cel  pais  duc 
et  c,  GHID  li  duc  li  conte  del  pays  (D  palays).  —  1584  HI  qua  seigneur 
ne  (I  nel)  velt  avoir  pris,  G  quele  a  s.  ne  velt  ancis,  D  que  a  s.  ne  volt 
aincais.  —  1585  D  sen  t.;  mss.  {sauf  A)  vergonde;  D  a  v. 


60  MESSAGE  DES   DIEUX 

qu'ele  les  a  toz  refusez 

por  un  home  de  plus  bas  preis,» 

ki  nen  esteit  ne  cuens  ne  reis. 

Entr'els  le  diënt,  si  ont  dreit, 
•  1590     molt  par  est  fols  ki  femme  creit; 

ne  se  tient  pro  a  sa  parole,      yu/J^Le^^t^rA^rtiz. 

tel  tient  l'en  sage  ki  est  foie; 

ele  diseit  qu'a  son  seignor, 

ki  morz  esteit,  pramist  s'amor, 
1595    ne  li  toldreit  a  son  vivant;    ^xj-kAA^^^^A*^ 

or  en  fait  altre  son  talant, 

or  est  mentie  sa  fiance, 

trespassee  est  la  eovenanee,  pixe—^^n  >  -  t 

qu'a  son  seignor  aveit  plevie. 
1600    Fols  est  ki  en  femme  se  fie, 

molt  a  le  mort  tost  oblie; 

ja  ne  l'avra  si  bien  amé, 

puis  foit  del  vif  tôt  son  déport;    >ô  *û/>rux>w,  o^ 

en  nonehaleir  a  mis  le  mort.    ex.  ooek^^J^ 
1605    Or  a  Dido  ce  que  voleit, 

del  Troïën  fait  son  espleit  -i/o^^>tV^ 

et  son  talent  tôt  en  apert. 

Or  la  tient  cil  a  descovert,  ©u^^tfAJi^tf^rrvt-r^ 

son  afaire  a  mis  en  obli 
1610    et  tôt  son  eirre  en  a  guerpi;      "uxyoup^ 

ne  se  vuelt  mais  de  lui  partir, 

longues  le  cuide  maintenir  ;   «o/v^j^aa-' 

toz  est  livrez  a  maie  voe,      -yrLcU/eUcét.^  ^   a^ 

et  terre  et  femme  tient  por  soe. 

158G  D  quant  ele  1.  a  t.  aviles,  HI  quant  si  les  a  en  sus  gite,  G  qant 
ele  a  cascun  r.,  F  por  cou  que  erent  r.;  A  reuelez.  —  1587  HI  pris.  — 
1588  D  qui  nest  mie  ne  c.  ;  HI  q.  nestoit  ne  roi  ne  marchis.  —  1589  A  Au- 
trels  dient  et  si  ont  d.  —  1590  DGIII  que  m.  e.  f.  —  1591  Les  vers  1591 
— 1607  sont  omis  dans  HI;  G  rien.  —  1592  F  telle  t.  o.  s.  quest;  G  tele 
entent  on;  D  a  saie.  —  1593  A  que.  —  1596  F  et  en  f.  —  1597  D  Alinéa; 
AG  a  m.;  A  la  f.  —  1598  G  a;  GF  sa  e.  —  1601  F  la  m.  t.  obliee.  — 
1602  F  amee.  —  1603  F  des  vis.  —  1605  D  Alinéa;  A  quel.  —  1607  HI 
2)lacent  ces  vers  après  le  vers  1537.  HI  son  t.  fet.  —  1610  A  et  t.  s.  oirre 
déguerpi.  —  1611  I  ne  sen  quiert  mes  de  lui  p.,  G  ne  velt  de  lui  mais 
départir.  —  1613  D  tournez.  —  1614  III  et  famé  et  terre. 


I 


A   ÉNÉE  61 

1615        Un  jor  esteit  dedenz  Cartage, 

de  par  les  deus  vint  uns  mesage, 

ki  li  comande  de  lor  part, 

qu'il  laist  ester  ieel  esguart   cer»~^oUJJ'«~  ,  cûuxfr^j 

et  si  s'en  ait  en  Lombardie, 
1620    aprester  face  sa  navie, 

déguerpisse  la  Tiriane, 

tote  la  terre  Libieane: 

ce  n'est  sa  terre  ne  ses  feus, 

altre  est  la  po^rveance  as  deus.   /^^rL^k^A^Jh-er*^ 
1625    Es  Eneas  molt  esmaié 

de  ce  que  cil  li  a  noncié, 

set  qu'il  ne  puet  mais  remaneir, 

qu'il  ne  s'en  ait  par  estoveir.  pcu^  'TyM-Ci-tAdJ'^ 

Molt  li  est  grief  a  départir    jL^uuveL,  oLa^a  y\J~AJM^ 
1630    et  la  reine  a  déguerpir;       ^^  tJ\cJ^rj^ 

molt  est  pensis,  maz  et  dotos,   >*i^/^ 

d'ambesdeus  parz  molt  angoissos. 

Ne  puet  laissier  ne  tant  ne  quant 

le  dit  as  deus  ne  lor  comant, 
1635    et  molt  dote  la  départie 

de  la  dame,  qu'el  ne  s'ocie; 

crient  ne  li  tort  a  grant  contraire,      {^Jh^^    4c*.^yxû.^jf^) 

et  nequedejpt  estuet  li  faire  fn^i^crj^ha^r^ 

ce  que  ont  comandé  li  de, 
1640    mais  molt  se  tient  por  esguaré     ûOuuAj-ijL    ,  ùjUtunàL^rn/r 

s'a  la  dame  le  noncera, 

0  en  enblé  s'en  tornera;  â_  ta^   uL^^Mm^ul. 

crient  s'il  li  dit,  que  nel  demort 

1615  GF  sans  alinéa;  HI  Eneas  saeise  en  C.  —  1616  HI  des  diex  a  Ini; 
G  es  un  m.,  D  vient  u.  m.  —  1617  GF  comandent;  I  leur  c.  —  1618  HI  icest. 
—  1619  e^  1620  sont  intervertis  dans  HI;  A  et  quil;  F  voist.  —  1623  F  lius.  — 
1624  F  avis  e.;  A  providence;  F  a  dius.  —  1625  D  Alinéa;  HI  Ez  vous  E. 
e.,  FD  Eneas  est  m.  e.,  A  Eneas  fu  m.  e.  —  1626  D  que  il.  —  1627  F 
que  n.  p.  —  1628  F  voist.  —  1629  D  et  mult  est  g.  le  d.;  G  len  est  g.; 
F  au  d.  —  1630  D  a  la  r.  d.,  A  et  la  dame  a  d.;  G  retenir.  —  1632  F  am- 
bedous;  GHID  pars  est  a.  —  1633  Ali'iéa  dans  G;  D  pot.  —  1636  GFD 
que.  —  1637  A  que  li;  F  omet  li.  —  1638  A  ne  set  que  f. ;  G  convient.  — 
1639  Dy  ce  que  li  deu  ont  comande;  A  de  ce  quont.  —  1640  A  a  e.,  F 
or  e.  —  1641  F  sille;  H  se.  —  1642  D  ou  ensamble;  G  emblant;  HI  sen.  — 
1643  et  1644  sont  omis  dans  F;  A  quel  le  demort;  HI  ne  le  retiegne. 


62  ÉNÉE 

et  que  de  li  tardis  n'en  tort. 
1645    II  fait  ses  nés  bien  atorner, 

en  larrecin  s'en  vuelt  aler;    o-  ^  cL/txMxji- 

l)ien  a  sa  gent  amonesté,    .ir^^jhuAJM, 

sachent,  qu'ai  plus  prochain  oré 

s'en  tornera  o  sa  navie. 
1650     Sa  maisniee  a  molt  esbaldie,   ^00^*-*- 

car  cil  sejors  lor  enuiot; 

chascuns  l'aler  molt  desirrot, 

nen  i  a  nul  eui  l'ester  plaise, 

fors  seul  a  lui  ki  tôt  ot  s'aise; 
1655    molt  li  pleiist  a  remaneir, 

mais  il  s'en  vait  par  estoveir, 

si  com  li  deu  l'ont  comandé. 

Ses  nés  fait  guarnir  en  enblé    ou  i*.  dL\Mt< 

de  quant  qu'a  els  esteit  mestier. 
1660    La  dame  cuidë  engignier,  ^^cn^yue,^  pc^  /u-uu». 

mais  la  reine  s'aperceit, 

car  ki  aime  toz  tens  mescreit;  Ai,  'rrJLuls^ 

en  dotance  est  et  en  peor, 

ja  n'ert  settrs  ne  nuit  ne  jor, 
1665    Ne  se  targe  de  neient  famé,    ajULtxLrru.^rryLr^ 

ki  descovert  l'a  a  la  dame; 

la  traïson  li  a  contée 

que  li  vasals  a  aprestee, 

cornent  il  fait  ses  nés  guarnir, 
1670    en  larrecin  s'en  vuelt  foïr. 

Puis  que  la  reine  le  sot,  ; 

onc  puis  celé  ore  repos  n'ot,  i 

) 
1644  HI  ou  la  ou  vent  aler  ne  viengue,  G  et  plus  a  tart  de  la  ne  t.  ; 
AD  en.  —  1645  DIIIF  aprcster.  —  1G48  F  saltant  qua;  D  que  tout  le  pre-  ] 
merain  ore,  HI  que  il  au  p.  p.  0  (DIIl  omettent  sachent);  G  este.  —  1651  HI 
li.  —  1652  G  aler.  —  1653  F  ni  a  nus  que  li  liu  i  p.;  D  un;  HI  lestre; 
F  place.  —  1654  FGD  a  lui  seul;  G  a  s.;  A  quert  a  son  ese,  HI  qui  tant 
a  daise,  F  que  el  ne  cache.  —  1655  y  miex;  A  li  r.  —  1658  HI  garnir 
f.  —  1659  A  que  aus;  G  que  il  avoit  m.  —  1660  G  sa  d.  quidoit.  — 
1662  HI  qui  de  ce  touz  iors  le  m.  —  1663  HI  iert.  —  1664  HI  niert  asseur 
{omet  ja);  D  seure  nuit.  —  1665  HI  Ne  sai  se  fu  ou  home  ou  famé.  — 
1667  F  mostree.  —  1668  D  ot.  —  1671  Alinéa  dans  D.  —  1672  D  onques 
puis  heure  r.  not,  111  onc  p.  en  son  cuer  r.  not,  GF  aine  puis  ore  repos  nen  ot. 


PRÉPARE   SON  DÉPART  63 

que  ele  oï  la  traïson, 

des  i  que  l'ot  mis  a  raison,     -ux.mjjl.  '  eu    ca,  eujjt. 
1675    Lez  lui  s'asist,  si  sospira  ^ 

et  en  plorant  li  demanda: 

„Dite8,  vasals,  o  forfis  one, 

que  m'oeiëz?"  —  Que  est  ce  donc?  — 

,^a  faites  vos  voz  nés  guarnir". 
1680    —  Ge?  —  „Veire,  volez  mei  foïr". 

—  Ainz  m'en  irai  tôt  a  veiie.  — 

„Por  quei  m'avez  vos  deeeUe? 

Déguerpirez  me  vos  ainsi?" 

-—  Ge  ne  puis  mais  remaneir  ci.  — 
1685    ,^or  quei?"  fait  el.  —  Li  deu  n'ont  eure^^p^--' 

„Ohi  lasse,  quel  aventure!  -^""^^ 

Por  quei  ne  sui  ge  donc  ocise? 

Tant  mar  ai  fait  le  bel  servise, 

le  bel  sejor,  le  bel  qstage,    ^  oii^Jj/extûUl 
1690    que  ge  vos  ai  fait  en  Cartage. 

Ja  ne  lairai  que  nel  vos  die, 

molt  pensastes  grant  félonie 

et  merveillose  traïson, 

quant  vos  volsistes  a  larron 
1695     de  mei  partir  et  desevrer. 

Com  le  peiistes  poipenser? 

Ne  queïssiez  oan  eongié,      ciZiju  ayn/ruLa-  -  ci 

ne  n'ettssiez  de  mei  pitié? 

1673  F  quele  a  oi.  —  1674  HI  tant  queneas  mist  a  r.;  FD  que  la  mis, 
G  que  leur  mis;  A  quel.  —  1675  et  1676  omis  dans  A.  F  Ion  1.  —  1676  D 
laraisonna.  —  1677  et  1678,  F  remplace  ces  deux  vers  par  quatre  différents. 
V.  les  notes.  —  1680  FG  Je  croi  (G  voire)  vous  en  v.  f.;  HI  voulez  ent  f.; 
D  ou  voulez  vous  f.  —  1682  F  voire  aveme;  D  si  d.,  A  donc  d.  —  1683  F 
pourquoi  me  laisies;  III  déguerpissiez;  D  vous  me  a. —  1684  HI  plus  de- 
morer  ci;  F  et  eneas  li  respondi.  F  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  — 
1685  III  Porcoi  donques;  G  li  deu  n.  de  moi  cure,  F  li  deu  nen  ont  de 
moi  mes  cure.  Ce  vers  et  le  suivant  sont  omis  dans  A.  —  1686  F  hai  1.  — 
1687  III  Quainsi  me  sui  por  vos  ocise.  —  1688  I  mal  ai  sauvé;  GF  mal 
a.  f.  si  bel;  D  sauf  m.  bon  s.  —  1689  F  si  b.  s.  si  b.  o. ;  A  samblant.  — 
1690  GF  a  C.  —  1691  G  Jo;  IIGF  nel  1.  —  1692  G  vilenie.  —  1694  G  feistes, 
I  vouliez.  —  1695  A  ne  d.  —  1696  III  iour  p.  —  1697  D  nen  queissiez 
auan  corsage;  F  nen  quisies.  —  1698  A  ne  ne  eussiez  d.  m.  p. 


64  REPROCHES 

Nel  seiisse  par  vos  oan. 

1700    Malvaise  fei  ont  Troïan! 

Sont  ce  li  gre  et  les  mereiz, 
que  j'ai  de  vos  bien  deserviz? 
Quant  ne  vos  puet  mais  retenir 
Dido,  ki  estovra  morir, 

1705     aliance  ne  amistiez 

ne  bels  servises  ne  pitiez, 
volez  vos  donc  faire  tel  rage, 
qu'en  mer  entrez  par  tel  orage? 
Il  est  ivers,  molt  fait  lait  tens, 

1710     naviër  ore  n'est  pas  sens: 
primes  laissiez  iver  passer, 
puis  iert  plus  paisible  la  mer. 
Preier  vos  voil  por  toz  les  deus, 
ki  envers  mei  sont  trop  crueus, 

1715    par  l'amistié,  par  l'aliance, 
ki  est  entre  nos  par  fiance, 
que  vos  aiez  de  mei  pitié. 
Vos  en  avreiz  molt  grant  pechié, 
se  jo  i  muir  par  vostre  tort 

1720    et  n'en  faceiz  alcun  confort. 

Cil  me  heent  por  nostre  amor, 
dont  ne  voil  nul  prendre  a  seignor; 
nen  a  baron  en  cest  païs, 


1700  D  Mal  fait  amer  homme  troyan.  —  1701  Alinéa  dans  D.  HI  Ou 
sont  1.  g.  ;  ADFI  les  grez.  —  1702  I  pour  v.  ;  HI  tant  d.  —  1703  et  1704  inter- 
vertis dans  III;  HI  avant  n.  v.  p.  plus  tenir;  FD  détenir.  —  1704  G  quant; 
HI  pour  vous  estuet  Dido  m.,  F  si  me  convient  griement  m.  ;  D  quen.  — 
1705  HI  ne  a.  namitie;  F  non  a  mestier.  —  1706  F  le  bel  s.  ne  pitiet.  F 
ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  Fuis  GF  répètent  1700  et  1699.  —  1707  Alinéa 
dans  H;  I  par  faire;  D  cel  r.  —  1708  G  quentres  en  mer,  HI  en  mer  en- 
trer; I  outrage.  —  1709  HI  il  fet  let  iour  il  fet  1. 1. ;  GF  II  fait  iver  et  m.  1. 1.; 
D  si  fait.  —  1710  D  nentrer  ore  en  mer  nest  pas  temps,  HI  entrer  en  mer 
n.  mie  s.;  F  or  marinier  ce;  G  li  n.  n,  mie  s.  —  1712  HI  plus  p.  sera; 
G  après  si  ert  mieldre  li  mer.  —  1714  D  qui  vers  moy  sont  ore  courou- 
ciez;  y  molt  c.  —  1715  et  1716  omis  dans  HI.  —  1716  GF  quest  e.  n.  par 
la  f.  —  1718  HI  ou  vos  serez  mort  de  p.;  F  grant  manque.  —  1720  HI 
que  de  vous  naie  aucun  c;  G  que  nen.  —  1721  III  ceus.  —  1722  A  d.  ge 
ne  voil  nul  a  s.;  HI  que  je  ne;  F  volt;  D  omet  a.  —  1723  GHID  il  na  b. 


DE  DIDON  65 

ne  seit  por  vos  mes  enemis; 
1725    tuit  me  vuelent  deseriter. 

Tanz  enemis  dei  bien  doter,  <iAA/riW!Afl- 

n'avrai  secors  ue  près  ne  loing, 

vos  me  failliez  a  cest  besoing; 

ehaceront  mei  de  ceste  terre, 
1730    ne  me  faldra  anceis  lor  guerre. 

De  eels  me  dot,  si  puis  ge  faire. 


mais  plus  me  tornë  a  contraire       (2y'\ja~  -/<-fcoafl*J<fi-3 
la  vostre  amors,  ki  molt  m'argue; 


se  cist  eorages  ne  me  mue, 
1735     que  jo  ore  ai,  ne  vivrai  mie. 

Molt  puis  doter  la  départie, 

ne  cuit  aveir  respit  de  mort, 

car  n'avrai  rien  ki  me  confort. 

Se  g'elisse  de  vos  enfant, 
1740    ki  vos  semblast  ne  tant  ne  quant, 

que  pelisse  por  vos  baisier 

et  acoler  et  en  brader 

et  ki  de  vos  me  confortast, 

ce  m'est  avis  que  mielz  m'alast; 
1745     mais  ce  m'est  vis,  nen  avrai  rien, 

ki  me  face  confort  ne  bien. 

Bien  sui  settre  de  morir, 

quant  ge  vos  vei  de  mei  partir. 

Sire,  por  quel  m'avez  traie?" 

1724  GI  por  vos  ne  soit.  —  1725  HI  voudront.  —  1726  HlJe  me  doi 
bien  de  ce  douter;  F  Teus;  A  molt  d.  —  1728  III  au  grant  b.  —  1729  A 
jaceront.  HI  inten-ertissent  1729  et  1730.  —  1730  A  ne  f.  ia;  G  jamais  ne 
me  f.  1.  g.;  HIF  f.  jamais  1.  g.  —  1731  HI  molt  me  dont  deus;  F  de  cou; 
FI  si  doi  ge  f.  —  1732  G  m.  molt  me  par  t.  ;  HI  a  grant  c.  —  1733  D  qui  plus 
m.,  III  qui  trop  m.,  G  qui  si  m.  —  1734  D  ne  se  c;  G  li  c;  F  ne  remue.  — 
1735  G  jo  sai  de  voir  n.;  ADG  nen.  —  1737  A  nan;  D  respit  avoir.  — 
1738  D  ja  n ,  FG  je  n.  ;  HI  car  ni  ai  r.;  G  j.  n.  noient  qui.  —  1739  F  se 
jou  eusse.  —  1740  G  resamblast  t.  n.  q.  —  1741  D  que  je  p.  —  1743  F 
et  de  V.  me  reconfortast ;  G  et  nuit  et  j.;  HI  por  vos.  —  1744  HI  sachiez 
de  voir  que.  —  1745  III  m.  je  voi  bien;  D  ni  a.  —  1746  G  jamais  narai 
c.  n.  b.  —  1747  et  1748  intervertis  dans  GHI.  —  1748  G  d.  m.  v.  v. 
Apres  ce  vers  GY  placent  les  vers  1757  et  1758.  —  1749  et  1750  sont  omis 
dans  III. 

Bibliotheca  NoTmaiinicu  IV.  5 


66  RÉPONSE 

1750     —  Ge  nen  ai,  veir!  la  meie  amie.  — 
„Me8fi8  ge  vos  onkes  de  rien?" 

—  Mei  n'avez  vos  fait  el  que  bien.  — 
„De8truis  ge  Troie?"  —  Nenil,  Greus.  — 
„Fu  ce  par  mei?"  —  Mais  par  les  deus.  — 

1755     „Ai  ge  vos  vostre  père  ocis?" 

—  Nenil,  dame,  gel  vos  plevis.  — 
„Sire,  por  quei  me  fuiez  donc?" 

Ce  n'est  par  mei.  —  „Et  par  oui  donc?" 

—  C'est  par  les  deus,  ki  m'ont  mandé, 
1760    ki  ont  sorti  et  destiné, 

en  Lombardie  dei  aler, 

iluec  dei  Troie  restorer. 

Ainsi  l'ont  dit  et  destiné; 

car,  se  ce  fust  ma  volenté, 
1765     qu'il  n'i  eiist  qrdenement    C.^yn/meuneU.yni'né: 

ne  mais  le  mien  tant  seulement, 

que  par  mei  fust,  ce  m'est  avis, 

n'alasse  oan  de  cest  pais, 

ne  fust  la  volentez  as  deus. 
1770    Se  de  l'ocision  as  Greus 

remansist  nus,  gel  governasse, 

les  murs  de  Troie  restorasse, 

et  se  il  fust  a  mon  plaisir, 

ne  volsisse  de  vos  partir. 
1775     A  enviz  faz  la  départie,      ^  A£jy\jej:. 

nen  est  par  mei,  nel  cuidiez  mie; 

1750  F  naie  voir;  D  la  vostre  a.,  GF  ma  doce  a.  1751  Les  vers 
1751  —  1759  manquent  dans  G;  HI  Sire  fait  ele  an  Troyen.  —  1752  HI 
meffis  je  vos  onques  de  rien.  —  1753  F  Deffis;  FD  ne  mais  g.,  HI  non 
les  griex.  —  1755  vos  manque  dans  F.  —  1756  F  d.  le  v.  p.  —  1758  HI 
Nest  pas  p.  m.;  G  ha  par  qui  d.  —  1759  F  nest;  A  quel  m.  m.  —  1760  HI 
et  0.;  F  lont,  G  mont.  —  1761  HI  quen;  A  e.  L.  en  d.  a.  —  1763  DGF  or- 
dene;  Alinéa  dans  D.  —  1764  F  c.  sil  f.  par  m.  v.  -  1765  D  que  li  neust 
o.  —  1766  D  autre  que  1.  m.  s.  —  1767  HI  se  sachiez  bien  le  vos  ple- 
vis. —  1768  HI  avant.  —  1769  A  ce  vers  E  commence.  Les  vers  1769 — 1772 
sont  omis  dans  HI.  —  1770  A  de  locion.  —  1771  D  r.  nul  el  g.;  F  quei 
g.,  G  ques  couernaisse;  E  gouuernast.  —  1772  E  restorast.  —  1773  DFG 
et  se  or;  HI  sil  en  alast  a.  m.  p.  ~  1774  A  rovasse.  —  1776  A  ne  est,} 
GEF  ce  nest,  HI  nest  pas;  D  rompis  pour  moy;  DGEF  ne  c.  m. 


d'énée  67 

bien  sai,  que  vos  m'avez  servi 

molt  richement  vostre  merci; 

veïstes  mei  desconseiljiéj    cl   -6-**^  eU,  A£,jiMMj-k<.Aj^ 
1780    merci  eiistes  et  pitié. 

Se  nel  vos  puis  gueredoner, 

ge  nel  porrai  mie  obliër, 

meraberra  m'en  tant  corn  vivrai, 

sor  tote  rien  vos  amerai. 
1785     Se  ge  m'en  vois  de  eest  pais, 

ce  n'est  par  mei,  gel  vos  plevis. 

Laissiez  icest  çomplaignement,  ^JLAl>rJ<^ 

car  vos  n'i  conquerrez  neient, 

fors  tant  que  vos  me  comovez    AjcJU^fii^  %*''^ 
1790     et  vos  meïsme  malmenez.  —  ^  o^u^ie^,     9m.cujU,^\^ 
El  le  regarde  en  travers,  JT    i>  j^ 

de  maltalent  ot  le  vis  pers,  iA^x^dhi^ 

sovent  li  mue  la  colors 

si  com  la  destreigneit  amors.  shouuurnA^rij/'dU:, 
1795     Amors  l'aveit  tote  enflamee, 

ele  parla  come  desvee: 

„Onc  n'apartenistes  as  deus, 

car  molt  estes  fels  et  crueus, 

ne  ne  fustes  d'ome  engendrez, 
1800    anceis  fustes  de  pierre  nez; 

norrirent  vos  tigres  salvages 

0  alcunes  bestes  boscages.    ^^  "i^^^ 

One  ne  fustes  d'ome,  ce  crei, 

quant  vos  n'avez  pitié  de  mei; 
1805    le  cuer  avez  dur  et  serré, 

1778  HI  et  honnore  v.  m.  —  1780  AEF  m.  en  e.;  D  vous  en  e.  grant 
p.  —  1782  D  ne  le  p.,  HI  nel  p.  ie.  —  1783  G  m.  moi.  —  1784  I  sus  toutes 
riens.  —  1785  et  1786  omis  dans  HI.  D  me  pars.  —  1786  D  et  v.  p.  —  1788  HI 
que  vos;  DEFG  ni  conquestes.  —  1789  D  me  mouez.  —  1790  AHI  meis- 
mes;  DEFG  malmetez.  —  1791  sans  alinéa  dans  DEFG;  HI  Ele  les- 
garda;  G  regarda.  —  1792  EFHI  les  elz.  —  1796  I  a  tout  p  ;  D  parle.  — 
1797  HIF  ainz,  EG  aine.  —  1798  D  que  m.;  F  fol.  y  ajoute  deux  vers.  V. 
les  notes.  —  1799  HID  onc  ne.  —  1801  G  norri  vos  ont.  —  1802  HI  beste 
em  boquages;  GA  salvages.  —  1803  HIF  ainz,  GE  aine;  GFHI  je  c.  — 
1804  H  merci:  DEFG  p.  n.  —  1805  et  1806  omis  dans  HI.  —  1805  omis 
dans  D. 

5* 


IriAAUXâJrriMJrJt. 


68  PLAINTES 

n'i  a  dont  faire  pieté. 

Ahi  lasse!  que  di  ge  mais? 

Quant  ge  nel  puis  aveir,  gel  lais; 

por  neient  paroi,  quant  ne  m'ot, 
1810    ne  il  de  bien  ne  respont  mot. 

De  mort  m'aprisme  m  oit  li  termes.    ^ifd^^ocAe. 

One  nel  porent  fleebier  mes  lermes     .jUÙJ\^ 

ne  mi  sospir  ne  ma  parole. 

Que  di  ge  maisV  molt  par  sui  foie, 
1815     onc  ne  m'oï  tant  démonter, 

qu'onkes  por  ce  petist  plorer 

ne  ne  tornast  vers  mei  son  oil; 

ne  li  est  guaires  se  m'en  doil;  ovt.'a/tv   /alaû/n 

onc  ne  me  fist  de  rien  semblant, 
1820    de  mei  li  fust  ne  tant  ne  quant. 

Quant  il  de  rien  ne  me  conforte, 

lasse,  por  quei  ne  sui  ge  morte? 

Nos  senton  molt  diversement: 

ge  muir  d'amor,  il  ne  s'en  sent, 
1825    il  est  en  pais,  jo  ai  les  mais; 

amors  n'est  pas  vers  mei  igals, 

quant  ne  senton  comunalment. 

Se  il  sentist  ce  que  ge  sent, 

qu'il  amast  mei  si  com  ge  lui, 
1830    ne  partisson  ja  mais  andui. 

Ses  devinailles  vait  trovant 

1806  D  ni  avoir  que  f.  p.,  GEE"  ni  a  un  point  de  p.  —  1807  HIE  que 
ferai  mes,  —  1808  II  tel  1.,  E  sel  1.,  I  ies  1.,  G  sil  1.  —  1809  HI  va  sen  et 
li  autres  sen  vont;  GEFD  p.  nient  p.  q.  il  ne  m.  —  1810  GF  et  il;  HI  ne 
il  de  bien  ne  me  respont,  E  ne  il  ne  me  r.  un  mot;  GF  de  rien;  F  nul 
r..  —  1812  E  aine,  IF  ainz;  D  ne  porroient  {omet  onc);  G  ja  mais  jor  ne 
serai  s.  1.  —  1813  G  ne  sans  s.  ne  sans  p.  —  1814  III  q.  d.  j.  molt  me 
tieng  p.  f.  —  1815  GE  aine,  F  ainz.  —  1816  E  que  il;  G  que  aine  poroc.  — 

1817  HI  nonc  ne,    E  ne   nen;     G    torna;    F  nen  t.  v.  m.  s.  orelle.  — 

1818  D  gaires  ne  len  est  si  m.  d.,  III  pou  len  est  se  por  lui  me  deuil, 
F  lui  nest  g.  de  men  doelle.  —  1819  et  1820  manqxicnt  dans  HI;  F  ains, 
G  aine;  EF  men  f.  —  1820  E  d.  m.  ne  li  f.  t.  n.  q.,  G  que  de  moi  li  f.  t. 
n.  q.  —  1822  F  p.  q.  me  s.  —  1823  HI  amon.  —  1S24  EF  se  m.  —  1825  HI 
je  sent;  G  le  mal.  —  1826  EF  nest  nient;  Dam.;  H  nos;  G  igal,  A  loials. 
—  1827  D  Alinéa;  DEF  nel  s.  —  1828  ge  manque  dans  D.  —  1829  DHI 
tant  c.  —  1830  HI  ue  dep.  mais  nos  dui.  —   1S31  A  disant,  GEF  traiant. 


DE  DIDON  09 

et  ses  mençonges  vait  contant, 

dit  que  li  deu  li  ont  mandé, 

porveU  ont  et  ordené,        c/iLxtuu 
1835     cornent  il  deit  traitier  sa  vie    Îa-uJ-^J-u-a^  ,  AJ-fia-hJ 

et  qu'il  s'en  ait  en  Lombardie. 

De  ce  ont  or  li  deu  grant  cure,  ^m^  f-u 

molt  se  travaillent  senz  mesure, 

et  molt  en  tienent  il  grant  pjait     clJiAjU>t^>^-J^ 
1840    de  demander  quan  que  il  fait! 

Mais  par  ma  fei  ne  lor  en  chalt, 

se  il  remaint  o  s'il  s'en  ait. 

Quant  dit  qu'as  deus  de  lui  est  tant, 

qu'il  ne  fait  rien  senz  lor  comant, 
1845    por  quei  l'ont  il  donc  tant  coitié,   /it^^jsjt,  ,  yûAi-^-éX 

par  mer,  par  terre  travaillié?  ^y>^   yertAA.'yi'U-*%<^t^^ 

Ne  li  failli  nul  jor  lor  guerre, 

ainz  qu'il  venist  en  ceste  terre; 

quant  ariva  en  cest  païs, 
1850    esguarez  ert.     Que  foie  fis,     ûcuj.^\n^  j  cUxcuy\J.^r^yr\a. 

que  gel  retin  ensemble  mei; 

or  m'en  repent,  que  fairel  dei; 

tôt  son  talent  a  de  mei  fait, 

ne  remaindreit  ci  por  nul  plait. 
1855     Quant  ge  nel  puis  mais  retenir, 

ait  s'en,  mei  estovra  morir." 

1832  A  V.  trovant,  EF  v.  disant,  D  acontant,  HI  racontant.  —  1833 
GFHI  dist;  ni  d.  lont  corn.  —  1834  EFHI  lont;  HI  destine.  —  1836  HI 
et  que  il;  HIF  voist.  —  1837  D  ont  lor  d.  g.  enure.  —  1838  D  molt 
lacollent  a  desmesure.  —  1839  HI  et  m.  t.  de  ce  g.  p.;  F  t.  a.  g.  p.  — 
1840  HI  de  commander,  F  comandent  li,  E  demandent  li,  G  d.  lui  mander; 
D  la  ou  il  vait;  HIE  ce  que.  —  1841  D  par  moie  foy  {oynet  mais);  G  il  ne 
lor  c.  —  1842  GDEHI  ou  il.  —  1843  HI  Puisque  ?is  diex  est  de  lui  t.;  G 
dist  que  dex.  —  1844  HIF  que  r.;  HI  riens  ne  fait.  ~  1845  E  pour  ce  1. 
il  tant  decachiet;  D  courcie;  F  il  du  tôt  cassiet;  A  travaillié  {omet  il).  — 
1846  A  p.  m.  et  p.  t.  cotie.  —  1847  A  failloit;  HI  ne  li  avoit  f.  1.  g.;  E 
un  jour.  —  1848  HIF  a.  que;  E  tant  que  il  vint;  G  quarivast.  —  1849  GE 
q.  il  en  vint.  —  185U  D  esgrede;  E  fu;  GFD  com  f .  f.  —  1851  HI  quant; 
G  qui  le;  DHIF  e.  o  m.  —  1852  G  com  f.;  DEHI  omettent  que;  A  f.  el  d., 
HIE  f.  le  d.,  GFD  f.  doi.  —  1854  HI  ne  demorroit,  D  ne  remanra.  — 
IS55  HI  quant  si  est  que  nel  p.  t.;  D  détenir.  —  1856  E  m.  en  estuet  m., 
D  or  me  convient  m.;  F  voist  sent  moi  convenra  m. 


70  DÉSESPOIR 

Ele  plore,  gient  et  sospire,    a^t^rrùJb 

encor  voleit  asez  plus  dire, 

quant  la  repristrent  pasmeisons, 
1860    ki  li  tolirent  sa  raison. 

Ses  puceles  l'en  ont  portée 

des  i  qu'en  sa  chambre  pavée,   aulaxlu,'  ju^-^ 

Danz  Eneas  forment  plorot 

et  la  reine  eonfortot, 
1865     mais  riens  qu'il  die  n'a  mestier,    "vx' vdt  ^cla^ 

car  ne  se  puet  plus  atargier;  '*'*'^^ 

le  dit  as  deus  li  estuet  faire, 

a  cui  que  viegnë  a  contraire. 

Troïën  tornent  de  Cartage, 
1870    a  lor  nés  vienent  al  rivage, 

lor  chose  aveient  apresté 

et  molt  aveient  buen  oré; 

traient  lor  ancres,  flotent  nés, 

li  alquant  traient  sus  lor  très. 
1875        Dido  s'en  monte  a  ses  estres,  â^âA/£^m£^j< 

la  sus  as  plus  haltes  fenestres; 

quant  aprester  veit  la  navie 

s'ele  fait  duel,  ne  merveil  mie; 

el  gient  et  plore,  crie  et  brait,        (^.t^rrùJ:. 
1880    quant  veit  que  ses  amis  s'en  vait; 

de  sa  vie  n'a  el  mais  cure: 
»  amors  nen  a  sens  ne  mesure. 

1857  HI  Alinéa,  Dido  p.  plaint.  —  1S59  HI  q.  el  chai,  G  ele  ala;  GH 
en  p.,  lu  paveillon.  —  1860  G  que  li  retoli;  HI  ne  pot  dire  ne  o  ne  non;  G 
la  r.,  D  ses  raisons.  —  1861  et  18(i2  omis  dans  A.  —  1862  G  desi  en;  HI 
en  unne  eh.  molt  privée;  F  ses  cambres  pavées.  —  1863  EFD  Alinéa.  — 
1 865  D  que  dit  navoit.  —  1 866  HIF  omettent  car  ;  HI  il  ne  puet  mes,  F  il 
ne  se  puet,  G  car  il  ni  p.;  D  pot.  —  1867  E  les  dis;  HI  convient.  —  1868 
yD  que  il  v.  (E  tourne).  —  1869  HID  Alinéa;  D  Si  T.;  E  murent,  F 
muevent.  —  1870  GFD  en  1.;  E  vinrent. —  1871  G  lor  afaire  orent;  HI  1. 
erre. —  1873  D  traiant.  —  1874  E  et  a.;  F  les  t.  —  1875  sans  alinéa  dans 
GIIID;  D  D.  est  montée;  G  en;  EAG  monta;  HI  monte  en  la  tor  as 
estres.  —  1876  III  amont  as,  D  va  suz  as;  EF  et  a  overtes  les  f.,  G  e  as 
entailles  des  f.  —  1877  et  1878  manquent  dans  HI;  GEF  apreste;  D  vit.  — 
1878  A  se  el;  D  duel  merveiiliez.  —  1879  HI  el  grient;  A  et  crie;  U  g. 
si  pi.  —  1880  FD  en  vait.  —  1881  D  or  na  mes  d.  s.  v.  c;  HI  v.  na  mes 
plus  c,  GE  V.  nen  a  mais  c,  F  v.  mes  na  c.  —  1882  DHI  en  amor  oa. 


DE  DIDON  71 

Encor  vuelt  el  faire  essaier, 

se  preiere  li  a  mestier; 
1885     a  sei  apele  sa  seror. 

,,Anna,  ge  muir  a  grant  dolor. 

Suer,  veiz  les  nés,  o  els  s'en  vont 

et  Eneas  les  en  semont;    i^Kn-h, 

ne  vuelt  remaindre  tant  ne  quant. 
1890    Va,  se  11  di  que  ge  li  mant, 

ne  destruis  mie  son  païs, 

ne  son  père  ne  li  ocis; 

one  ne  li  fis  rien,  se  bien  non; 

mant  li  que  il  me  doint  un  don; 
1895     de  tôt  en  tôt  ne  li  ruis  mie,     Tu.UU.A^'rruyr^ 

qu'il  laist  qu'il  n'ait  en  Lombardie, 

mais  un  petit  sejort  o  mei, 

si  me  confortera,  ce  crei." 

Sa  suer  i  vait  et  vient  sovent, 
1900    mais  cil  ne  mue  de  neient 

le  eorage  que  il  aveit.      f  ù^rJ^ynif-ien-O 

En  mer  s'enpeignent  a  espleit.    aa<e^  AA>^fir^a~A^^ymA/n 

Dido  se  pasme,  color  mue, 

et  quant  sa  mort  a  porveiie,  yayuA/u.e. 
1905    ,,Anna",  fait  el,  „or  ai  trové 

molt  buen  conseil  et  esguardé:    À^rriAcLrJL^ 

ici  près  a  une  sorcière, 

molt  forz  chose  li  est  legiere,   AuiCUjl. 

el  resuscitë  homes  raorz 

1883  el  manque  dans  DF;  F  Encore;  E  E.  le  v.  e.  e.;  G  E.  li  v.  f.  e. 
Dans  E  ce  vers  et  le  suiv.  sont  intervertis.  —  1884  E  quant  voit  p.  na  m.;  D 
p.  avoit  m.,  HI  p.  y  auroit  m.  —  1 886  grant  manque  dans  D.  —  1887  D  n.  la 
ou  il  eu  V.;  EF  voi;  HI  omettent  suer,  ou  eles  sen  v.  —  1888  HI  e.  E.  ques.  — 
1889  HI  demorer.  —  1890  F  Vas  en  lui.  —  1892  GF  nai  mie  ocis,  E  neu 
ai  o.  —  1893  IIIF  ains,  G  aine;  HI  fis  se  tôt  b.  n.;  D  omet  rien.  —  1894  D 
mais  di  lui.  —  1895  HI  ne  voil  ie  m.  —  1896  HI  que  il  ne  voist,  G  q.  1. 
laler,  E  quil  ne  sen  aut;  D  que  n.  —  1898  IIIF  conforterai;  GE  ie  c.  — 
IS'èd  J)  Alinéa,  La  seror  vait;  (4  s.  dont  v.  EF  remplacent  les  vers  1899 — 1903 
par  six  vers.  V.  les  notes.  —  1900  G  m.  cil  ne  se  muet  por  n.,  D  m.  ycil 
n.  m.  n.  —  1902  HI  sempaint  en  (H  a)  grant  e.  Après  ce  vers  A  en 
intercale  8  autres.  V.  les  notes.  —  1903  Alinéa  dans  GHI;  A  omet  Dido, 
Sovant  se  p.;  EFA  et  c.  m.  —  1906  G  agarde.  —  1909  et  1910  intervertis 
dans  HI;  D  ele  sorcere  b.  m.;  G  borne  mort. 


72  .  ANNA  DOIT   CHERCHER 

1910    et  devine  et  gete  sorZj     ù/\icUJb  jÈ.'âA>e/nlv 

et  le  soleil  fait  reseonser  cù.&M.f^ 

en  dreit  midi  et  retorner 

tôt  ariere  vers  orient; 

de  la  lune  fait  ensement, 
1915     ele  la  fait  novele  o  pleine 

treis  feiz  o  quatre  la  semaine, 

et  les  oisels  fait  el  parler 

et  l'eue  ariere  retorner; 

d'enfer  trait  les  infernals  Fuires, 
1920    ki  li  anoncent  les  auguires;   auLA**/v<-^ 

les  ehasnes  fait  des  monz  descendre    cÀJLmjiA^ 

et  les  serpenz  douter  et  prendre;   cKenr^^f^^^ 

la  terre  fait  soz  ses  piez  muire,  ^tu/a^ 

enchanter  set  et  bien  d'auguire  ;  a/Jb  dJ  x/nM^- 
1925     el  fait  amer  o  fait  haïr, 

de  tote  rien  fait  son  plaisir. 

El  m'a  ce  dit  qu'ele  fera 

que  li  vasals  retornera, 

0  me  fera  entrobliër, 
1930     que  n'avrai  soing  de  lui  amer, 

et  por  ice  m'a  comandé, 

que  ge  face  faire  un  grant  re,  ■6tcûAi^ 

mètre  i  face  les  guarnemenz, 

toz  cels  dont  il  me  fist  presenz, 
1935     et  s'espee  qu'il  me  laissa, 

le  lit  0  il  me  vergonda; 

1910  GEF  et  si  devise,  HID  et  si  d.  —  1911  DEFG  set  (F  siiet); 
EHI  esconser;  HI  le  s.  f.  bien  e.  {omettent  et).  —  1912  Tous,  sauf  A,  a  mie 
di;  EF  m.  en  r.,  G  m.  o  r.  —  1913  HI  droit  a.  —  1914  A  et  de;  G  et  1.  1.; 
I  autretant.  —  1915  GF  et  p.  —  1916  DEFG  en  la  s.  —  1917  et  1918  sont 
omis  dans  HI;  D  et  si  fait  1.  o.  jj.  —  1918  GEF  et  les  eues  arier  torner 
(G  aler).  —  1919  FI  trait  infernax  figures;  G  fruis,  EH  fures,  D  fuers.  — 
(G  1920  HI  aferment  ses  argures;  EFHI  augures,  G  auguirs,  D  auguers.  — 
1921  GE  les  eues,  F  descames;  EF  del  mont.  1921 — 1925  sont  omis  dans 
HI.  —  1923  D  les  p.  —  1924  GEF  fait;  G  et  molt  d.  —  1925  D  ele  f.  a. 
et  h ,  HI  el  f.  a.  el  f.  hair,  GEF  el  f.  a.  home  (E  h.  a.)  et  h.  (F  ou  h.).  — 
1926  III  toutes  riens.  —  1927  HI  Enconuent  ma  q.  f.;  GD  Ele  ma  dit,  F 
et  macondit;  E  et  ma  c.  d.;  A  que  el  f  —  1929  HID  Ou  le  (H  el)  me 
fera  oublier.  —  1932  D  omet  ge.  —  1934  D  euz  ceulz  d.  m.  f.  les  p.  — 
1935  HID  lespee;  D  que  me. 


LA   SORCIÈRE  73 

tôt  face  ardeir  et  tôt  destruire, 

et  el  fera  par  son  auguire, 

par  merveillos  enchantement, 
1940    que  s'amors  me  me  griet  neient. 

En  une  chambre  a  recelé 

me  faites  faire  tost  un  re, 

se  m'i  metez  les  guarnemenz 

al  Troïën,  ki  sont  laienz, 
1945    totes  les  armes  et  le  lit 

0  feïmes  nostre  délit; 

ne  voil  del  suen  rien  retenir. 

La  sorcière  ferai  venir, 

si  m'aprestez  un  sacrefise, 
1950    qu'il  estuet  faire  a  cest  servise."  .aAArtrt-£.4^   /uàla^ûju^ 

Celé  vait  aprester  le  re, 

quant  la  dame  l'ot  eomandé; 

ne  s'aperçut  ne  el  ne  sot, 

por  quel  celé  le  coroandot. 
1955        Dido  remaint  en  son  ostal, 

dont  ele  esguarde  le  vasal, 

ki  en  la  mer  s'ert  bien  enpeint. 

S'amors  l'arguë  et  destreint,    cuAmtJ^tn/y^A,       ^/oLut^yrujn 

amors  la  fait  sovent  pasmer 
1960    et  refreidier  et  tressuër;    j\jLlrij»xxLJ)j       JH.curuL^Lj\4,Aj 

el  tort  ses  poinz,  deront  sa  crinfî,  ^  '  ^^^^./^^^l^Aa  -éc^ 

0  la  manche  del  blanc  hermine  cJ>juuûjju^ 

1937  I  a.  en  un  moment.  —  193S  1  el  f.  par  experiment  {omet  et).  — 
1939  I  et  par  force  dench.  —  1940  GEFD  omettent  que;  DEF  samour  ne 
grèvera,  (I  samour  ne  me  greura;   HI  que   de   s.  ne  miert  noient.   — 

1941  Alinéa  dans  HI  ;  G  et  eu  ma  c;  EF  e.  u.  c.  en  (F  ou)  secre  liu  ;  A  au  r.  — 

1942  HIGDtost  faire;  EF  omettent  tost;  y  un  grant;  EF  feu.  —  1913  HI 
si  i  portez;  G  si  me  faites  mètre  dedens.  —  1944  (i  del  T.  les  garuimens.  — 
1945  G  et  les  armes  et  puis  le  lit.  —  1946  (i  u  nous  f.  no  délit.  — 
1947  G  u.  V.  de  lui.  —  1948  F  le  losengier;  A  fêtes.  —  1949  G  si  aprestes 
le  s.  —  1950  I  mestuct;  EF  a  tel  s.  —  1951  I  El  fet  appareillier.  —  1952 
HI  si  com  1.  (I  sa)  d.  ot;  G  la  c.  —  1953  D  sapercoit;  DGF  ne  nele  sot  (G 
selt),  HIE  nele  ne  s.  —  1954  G  p.  q.  le  comande  li  eut;  DE  ele;  A  li.  — 
1955  E  demeure.  —  1957  HIF  sest,  G  sa.  —  1958  G  Amors;  DHIFG  et  la  d.; 
E  s.  si  1.  et  d.  —  1959  E  muer.  1959-  1960  manquent  dans  A.  —  1960  y 
ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  1961  EF  estraint  s.  p.  si  ront  s.  c.  {omettent 
el).  —  1962  HID  a;  GEF  les  manches,  HI  sa  m.;  GHI  de  bl. 


74  DIDON   VOIT 

le  *i'aceine  cent  feiz  et  cent, 
mais  ce  ne  li  monte  neient, 
1965     car  cil  ne  puet  pas  retorner, 
,  le  dit  as  deus  ne  puet  passer. 

ctffuÀ4A,   A  •iiCiU.44^,       Ele  le  huche  et  aceine,  ù^^uàM^  ^aju  .^^^  ^ 


amors  l'arguë  et  demeine, 

ne  la  laira,  ce  m'est  avis,  ,  ](^*-^  ^^^ 


C) 


1970     des  i  q[u'ele  ait  un  trebuc  pris,  "^ua^  a.  ûa-^ 

Quant  veit  que  li  vasals  s'en  vait 

et  que  s'amors  a  mort  la  trait, 

ele  comence  a  sospirer, 

a  sei  meïsme  a  dementer: 
1975     „Heu  lasse,  ira  s'en  il  ainsi, 

que  faz  ge  donc  que  ne  m'ociV 

quant  vei  que  il  m'a  escharnie,  -ô.'i-4^  Tn^)^ 

ne  puis  ge  molt  haïr  ma  vie? 

De  lui  n'avrai  ge  mais  confort, 
1980    esloigniez  s'est  ja  molt  del  port! 

nel  verrai  mais,  ce  m'est  avis, 

ne  vendra  mais  en  cest  pais.  1 

Quant  n'avrai  mais  nul  bien  de  lui,  j 

por  queil  vi  onc  ne  ne  conui? 
1985    por  quel  vint  il  a  cest  rivage? 

por  quel  le  reçui  en  Cartage? 

por  queil  colchai  ensemble  mei? 

por  quel  trespassai  ge  la  fei 

1963  E  et  le,  F  ele;  EF  huche.  —  1964  EF  mais  tôt  cou  ne  li  valt 
noient;  HI  valut.  —  1965  A  il;  HI  p.  mes  r.  —  1966  A  ne  cornant  as  dex 
trespasser,  III  muer.  —  1967  GHI  si  lacaine.  —  1968  G  car  a.;  E  a.  si 
largue;  HI  et  la  d.  —  1969  HI  ne  finera.  —  1970  H  devant  q.,  I  tant  q.; 
F  eut  en  t.  mis  ;  D  quil  ait  un  trebus  p.  —  1911  Alinéa  dans  l).  GA  vit;  A  ses 
amis.  —  1972  F  amors,  D  lamor.  —  1973  A  si  recoraence.  —  1974  F  et  s.  m., 
HI  a  soi  seule;  D  meismes  d.  —  1975  DEL;  E  Heu  he  ha  1.;  F  ira  il  sen, 
HI  sen  ira  il.  —  1976  GD  qui.  GEF  xjlacent  ici  les  vers  198S  et  1984. 
1978  I  ne  doi;  A  ge  dont;  EF  et  ne  p.  g.  h.  Jj^m  ce  vers  DGEF  en 
ajoutent  deux  autres.  V.  les  notes.  —  1979  GHID  n.  ja  mais;  EF  n.  mes 
nul  c.  —  1980  HI  sest  molt  de  ce  port;  GEF  est  molt  bien;  Dja  est  bien 
esl.  de  port.  —  1982  I  v.  plus.  —  1983  et  1984  sont  omis  dans  HI.  E  Q.  nan 
ai. —  1984  D  pourquoi  y  vint  ne  congnui.  —  1985  est  omis  dansJ),  1985 
et  1986  sont  omis  dans  A.  E  eu  c.  (rivage  est  effacé).  —  1987  HI  pour- 
quoi le  c.  je  o  moi;  FD  pourquoi  coucha;  HIDE  e.  o  m. 


ENÉE  s'en  aller  75 

que  ge  plevis  a  mon  seignorV 
1990    por  quei  me  venqui  si  m'amor? 

Or  est  la  fiance  raentie, 

ne  de  cestui  n'ai  ge  or  mie; 

por  molt  petit  ai  trespassee 

la  fei  qu'aveie  tant  guardee, 
1995     mais  or  me  vait  tôt  a^-etant    ^eJA/Yrjurit. 

por  le  petit  com  por  le  grant: 

altresi  ai  la  fei  mentie, 

eom  s'il  m'eiist  tote  ma  vie. 

Quant  ne  m'avra  eist  a  moillier, 
2000    irai  ge  donkes  mais  preier  f^juaru 

cels  dont  ne  voil  nul  a  seignorV 

Ferai  ge  donc  tel  desenor? 

Quant  il  voldrent,  ge  ne  deignai, 

or  de  rechief  les  preierai?      cLa.  infiLUi^Ckn 
2005    Nel  ferai  veir,  mielz  voil  morir, 

quant  altrement  ne  puis  guarir." 

Tant  entendi  al  dementer  a' ûcxjuL^a-  cLl, 

et  li  Troïën  al  sigler, 

des  nés  ne  pot  une  choisir.  znyi^J 
2010    Donkes  cuida  de  duel  morir, 

son  piz  débat,  ses  chevels  ront. 

Granz  est  li  duels  que  sa  genz  font, 

ne  la  pueent  reconforter, 

nus  nen  ose  o  li  parler. 

19S9  UI  promis.  —  1990  GEF  omettent  me;  A  ja  me  v. ;  GEFA  v. 
ensi;  HI  samor,  D  amor.  —  1991  HI  ai  ma  f.  Alinéa  dans  D.  —  1992  GEF 
nen  ai  je  mie,  A  navrai  je  mie.  —  1991  HI  ma  f.  —  1995  Alinéa  dans  H. 
HI  mes  meffet  y  ai  aiitretant  ;  F  mais  ce  me  v.  ;  G  valt  ;  DEF  autrement.  — 
1997  DEF  est;  G  ma  f.  —  1998  G  c.  si  li  fiist,  D  conseillie  meust;  y  sa 
V.  —  1999  HI  et  quant  ne  ma  prise  a  m.,  GF  q.  il  ne  m.  a  m.;  E  omet 
cist.  —  2000  EF  i.  je  donc  mes  por  p.,  G  i.  en  je  d.  p.;  HI  d.  cens  p., 
D  donc  autre  p.  —  2001  HI  dont  je  ne  veull  n.  a.  s.,  D  ou  ceuz  que  ne 
veul  a  s.  —  2003  EF  q.  il  me  vorent  nés  d.,  G  q.  me  v.  nés  adaignai.  — 
2004  G  lor  p.  —  2005  DGFHI  Non.  —  2007  sans  alinéa  dans  EGEF.  HI 
Que  quele  entent  au  dementer;  D  a.  d.;  G  doloser.  —  2008  A  T.  tant  al  s.; 
D  a  s.  -  2009  D  omet  nes;  A  puet;  GHI  nule  c.  —  2010  G  Adonc.  — 
2011  D  vis.  —  2012  HI  grant  deul  trestoute  s.  g.  f.;  F  ses  gens.  — 
2013  EF  pooient  conforter.  —  2014  HI  nus  ne  lose  nes  apeler,  D  nulz 
hom  a  li  ne  sot  p.,  F  ne  nus  nosoit  a  1.  p.,  E  nil  nosoieut  a  1.  p.,  G  ne 
nus  nen  ose  a  1.  p. 


76  DIDON 

2015     El  vient  errant  corne  desvee, 

enz  en  sa  chambre  en  est  entrée, 

0  sa  suer  ot  fait  un  grant  re  -^ûAa/v; 

et  ce  que  ele  ot  comandé. 

Devant  ce  l'ot  fait  apeler 
2020    et  la  chambre  bien  délivrer:   eviacftA^ 

ne  voleit  pas  que  ele  i  fust, 

qu'ele  ne  li  contrestettst   m' trfxcot^oJb 

et  ne  fust  par  li  destorbé 

ce  que  aveit  en  volenté. 
2025    En  la  chambre  est  tôt  seulement, 

n'i  a  ki  li  destort  neient 

la  desverie  que  vuelt  faire; 

l'espee  al  Troïën  vait  traire: 

quant  li  dona,  ne  cuida  mie, 
2030    par  li  delist  perdre  la  vie. 

El  tint  l'espee  tote  nue, 

soz  la  mamele  s'est  férue; 

0  tôt  le  colp  sait  enz  el  re, 

que  sa  suer  li  ot  apresté, 
2035     el  lit  desor  les  guarnemenz 

al  Troïën  se  colche  adenz,  ^u*rJ  JU-  ift^n^huL. 

el  sanc  se_v;olti:ë.  et  demeinc.  j^jl.  mouaJyil. 

Ele  parla  asez  a  peine: 

„Cez  guarnemenz  ai  molt  amez, 
2040    tant  com  de  plot  les  ai  guardez, 

2015  F  et  V.;  G  ele  sen  vint,  D  elle  errant;  A  vait.  —  2016  HI  desi 
en  sa  ch.  pavée,  D  desi  quen  la  ch.  pavée;  A  la  ch.  —  2017  D  ou  sa 
sorrour  o.  f.  im  re.  —  2018  HI  si  comme  el  li  ot  c,  D  et  ce  que  li  o.  c, 
GEF  et  tôt  ice  quot  ((t  qna)  c.  —  2019  HI  D.  lot  faite  a.;  G  D.  de  leur 
fait  a.  —  2020  I  sa  ch.  —  2021  D  mie  quelle  y  aut.  —  2022  A  (I?)  con- 
treneust.  —  2023  E  destourne.  —  GEHID  ce  quele.  —  2025  Alinéa 
dans  DHL  D  omet  est.  —  2026  D  nest  qui  li  destorbé  n.  —  2027  HIG 
quel.  —  2028  A  de  1.  al  T.  traire;  D  veul,  C  vait.  —  2029  HI  quant  il 
(H  el)  vint  la.  —  2031  D  elle,  F  et;  FD  tient.  —  2032  HI  en,  G  sor.  — 
2033  EFIII  a;  G  sali  el  re.  —  2034  HI  suer  avoit  a.,  D  serror  ot;  G  que 
li  ot  sa  s.  a.  —  2035  HI  et  droit  desus,  GEF  et  (G  el)  vait  desos.  — 
2036  G  a.  t.  colchier  a.  —  2037  G  en  son  sanc;  D  el  sanc  voleté  de  d.; 
E  si  viltre,  G  se  vitre,  A  se  volte;  HI  voutre  et  se  d.  —  2038  HI  p.  ce 
fu  a  p.  —  2040  I  dex. 


SE  TUE  77 

ne  puis  avant  ma  vie  estendre;  £hymOjL. 

desor  eez  dras  voil  l'ame  rendre. 
P^^^^^XcUM'^*^   M§J  vi  onkes  eez  guarnemenz, 

il  me  furent  comeneemenz 
2045     de  mort  et  de  destrueion; 

mar  vi  celui  ki  m'en  fist  don, 

eome  foie  l'ai  trop  amé, 

a  grant  contraire  m'est  torné.     a.    qjI^    ^UL^rx^%.M^ 

Sor  eez  dras  voil  fenir  ma  vie 
2050    et  sor  le  lit  o  fui  lionie; 

ci  lais  m'enor  et  mon  barnage,     jUaJ  ,  A^^c^M-^rt^Ju 

ci  déguerpis  senz  eir  Cartage, 

ci  perc  mon  nom,  tote  ma  gloire, 

mais  ne  morrai  si  senz  mémoire, 
2055     qu'on  ne  parolt  de  mei  toz  tens, 

vels  non  entre  les  Troïëns.     oUm  nmjerùrLcJ 

Molt  fui  anceis  et  proz  et  sage,    cu-^-jfio-^i.ctATo^ 

que  me  donast  amors  la  rage, 

et  molt  fusse  buene  etiree,   ^ju^^^^j^ù  . 
2060    se  ne  venist  en  ma  contrée 

li  Troïëns  ki  m'a  traie, 

por  cui  amor  ge  perc  la  vie. 

Il  m'a  ocise  a_molt  grant  tort;     j^rilu-uf-e-^^r^^^rit, 

ge  li  pardoins  ici  ma  mort; 
2065    par  nom  d'aeordement,  de  pais    /iû_^u?wûi-£^ûi-»t^>n) 

ses  guarnemenz  et  son  lit  bais. 

Gel  vos  pardoins,  sire  Eneas." 

Le  lit  baisë  o  tôt  les  dras; 

ja  ert  del  sanc  tote  escorue  iruile^ 

2041  G  voel.  —  2042  GEFD  desos,  HI  desus.  —  2043  Alinéa  dans  D,  — 
2046  D  m.  v.  al  qui  iiieu  fist  le  don;  GEF  qui  fist  le  don  (E  quen  f.  1. 
d.).  —  2047  D  ai.  —  2u48  G  ma.  —  2049  EF  sos,  HI  sus.  —  2050  HI  sus; 
D  ce  lit.  —  20.52  A  et  d.  —  2053  HI  faut  m.  n.  ci  faut  m.  g.  —  2055  EF 
remplacent  les  vers  2055  et  2056  par  4  vers,  qu'on  trouvera  d<ins  les  notes. 
D  quen  parleroit.  —  2056  DHI  au  mains  e.  —  2057  BI>  Alinéa.  D  Tant; 
HI  iere  avant.  —  2058  A  tel  r.  —  2059  lEF  bien  e.  —  2062  A  par  cui 
ainsi.  —  2063  DF  omettent  molt.  —  2065  HI  dacort  damor  et  pes;  D  p.  fin 
ac.  —  2066  D  ces  g.  yci  en  bais;  A  g.  an  s.  1.  —  2067  E  ge.  —  2068  y 
baisa;  HI  b.  et  puis;  E  tous  ses  d.,  G  tos  1.  d.  EF  intercalent  ici  de^ix 
vers.     V.  les  notes.  —  2069  Alinéa  dans  HI.    D  ele  ert  de  s. 


78  ANNA   LA   TROUVE 

2070    et  la  parole  aveit  perdue; 

ele  ronflot  et  sengloteit, 

corne  la  morz  la  destreigneit.  >ô<,o>^.^ù>t 

el  sospirot  molt  a  grant  peine; 

ja  li  failleit  tote  l'aleine. 
2075     Quant  sa  suer  vint,  quant  el  la  veit, 

idonc  a  primes  s'apereeit;         ûX^-i-â^ 

l'espee  vit  droit  en  son  cors, 

le  rai  del  sanc  vit  saillir  fors; 

ja  se  refust  el  cors  férue, 
2080    quant  ses  meschines  l'ont  tenue.  ^/^*^ru4-4^  -liU 

Ele  plorë  et  crie  et  brait 

et  ses  chevels  ront  et  detrait. 

„ Lasse",  fait  el,  „male  eliree, 

ge  meïsmes  ai  aprestee 
20S5    la  mort  dont  ele  s'est  oeise. 

Suer,  est  ce  donc  li  sacrifise, 

que  rovastes  apareillier, 

esteit  ce  donc  a  cest  mestier? 

Ge  vos  ai  morte  veirement, 
2090    mais  ne  l'ai  fait  a  escient; 

ge  fis  ce  que  me  comandastes; 

or  vei  ge  bien  que  m'engignastes, 

or  m'en  repent,  mais  c'est  a  tart. 

Suer,  est  ce  donc  icil  esguart  jMfJjd'ile-yit, 
2095    que  deveiez  aveir  trové 


2070  EF  et  la  raison.  —  2071  HI  soupirs  et  granz  sanglouz  gitoit 
(H  ronfles  et  g.)  —  2072  ïllD  si  coni;  EF  si  comme  m.  —  2073  HT  sous- 
pirs  gitoit  mes  ciert  a  p.  (H  apele);  FD  a  molt  g.  p.  —  2074  HI  ja  li  ert 
faillie  1.,  D  ja  en  ert  faillie  la  vie,  GEF  ja  li  aloit  falant  I.  —  2075  Alinéa 
dans  D.  DHI  vient;  y  et  el.  —  2076  E  adonques  p.;  FHI  adonc;  D  lorres.  — 
2077  D  voit;  v.  parmi  s.  c.  ;  G  droite.  —  2078  HI  ru  d.  s.  qui  sailloit  (I  issoit) 
hors;  GE  de  s.;  F  raier  f.  —  2079  A  omet  se;  I  el  feu  f.  —  2080  H  les;  D 
sa  maisnie,  I  ses  puceles;  HI  veue.  —  2081  HI  sescrie  plore  et  b.  —  2082 
D6EF  les.  —  2083  HI  dist;  mss.  mal  euree;  E  ajoute  com  de  maie  ore  je  fui 
née.  —  2085  E  est  afinee.  —  2086  HI  e.  ice  le  s.  Omis  dans  E.  —  2087  HI 
que  me  feis  a.,  E  quel  me  rouua  a.,  F  q.  me  r.  aparlier.  —  2088  HI  por; 
H  tel.  —  2091  F  icou  que  c;  G  que  vos  c.  —  2092  omis  dans  D.  HI 
bien  voi  malement  m.  —  2094  G  sont  ce;  HD  icel,  I  icest;  EF  d.  le  bon 
regart.  —  2095  GEF  d.  que  vos  dévies. 


SUR   LE  BÛCHER  79 

et  porvett  et  esguardé,    ^ciAO^^fu^ 

coin  vos  sereit  amors  legiere?  j^Ae..^^  ,  jolcJJjl. 

Et  0  est  ore  la  sorcière,  ^ 

ki  si  forment  set  enchanter, 
2100    ki  vos  deveit  faire  obliër? 

Ge  vos  ai  fait  molt  lait  servise, 

car  par  mon  fait  estes  ocise; 

la  sorcière  dut  enchanter, 

par  quei  deiistes  obliër. 
2105     Ci  a  molt  lait  enchantement, 

ce  veion  nos  apertement, 

bett  avez  poison  mortal 

por  entrobliër  le  vasal: 

ne  vos  memberra  mais  oan   ctjttà-  outvrïljL,  -  cji 
2110     de  l'amistié  al  Troïan." 

Molt  demeine  grant  duel  la  suer, 

a  poi  ne  li  parteit  li  cuer. 
Dido  s'esteit  a  mort  férue, 

et  la  morz  la  presse  et  argue, 
2115     et  la  flame  de  l'altre  part, 

ki  ses  membres  esprent  et  art;    û-rv^Z^m/naA. 

ne  puet  parler  ne  hait  ne  bas, 

fors  tant  qu'ele  nome  Eneas. 

La  flame  l'a  tant  apressee,   erpft^^ji^fn/L 
2120    l'ame  li  est  del  cors  sevrée, 

sa  blanche  char  et  bêle  et  tendre 

contre  le  feu  ne  puet  deffendre; 

ele  art  et  brulë  et  nercist, 

2098  F  le  losengiere.  —  20<)9  HI  f.  se  set  vanter.  —  2100  D  que, 
HIGF  quel.—  2101—2105  omis  dans  A.  Les  vers  2101—2109  interveHis 
dans  GEF  ainsi:  2105—2109,  2103.  2104.  2101.  2102.  —  2102  E  quant 
vous  par  moi;  GF  vos  ai  o.  —  2103  Alinéa  dans  D.  —  2104  G  cel  deustes 
entrobliër;  F  por  que;  D  p.  q.  ce  d.  o.  —  2105  EF  c.  a  mauvais  e.  — 
2107  HI  bien  a.  ci  p.  m.  —  2111  G  demenoit.  Alinéa  dans  A.  —  2112  A 
failloit;  E  et  poi  quele  ne  pert,  F  a  p.  que  ne  perdoit,  Gap.  navoit 
parti.  —  2113  sans  alinéa  dans  A.  E  estoit.  —  2114  DUl  omettent  et;  HI 
lempresse.  —  2116  A  qui  tôt  son  cors;  E  ses  m.  li  espr.  (omet  ki). —  2117 
D  pot.  —  2118  D  que  nomma.  —  21 19  I  ampressee.  —  2120  D  1.  du  corps 
li  a  ostee.  —  2121  D  ch.  belle  e.  t.;  F  et  mole  et  t.  —  2122  GEF  pot.  — 
2123  GE  art  tote;  D  a.  b. 


80  VOYAGE 

en  molt  poi  d'ore  se  desfist.  ^^  c^jrwAu^yvO. 
2125     Grant  duel  demeinent  environ, 

ses  puceles  et  si  baron; 

forment  regretent  sa  proece 

et  son  saveir  et  sa  riehece. 

Quant  li  cors  fu  devenuz  cendre, 
2130    sa  suer  a  fait  la  poivre  prendre;    p^ouO^jL. 

en  une  asez  petite  chane  "hxu^a^ 

mistrent  la  dame  Tiriane; 

enz  el  temple  l'en  ont  portée, 

a  grant  enor  l'ont  enterrée, 
2135    puis  i  firent  molt  gent  tombel,  -/cT>rvA<^u<- 
p^OiAuA  àU-  'H^cjL  jCirneÙJjU-  fait  a  esmals  et  a  neel  ;  'rJuJJU^ 
"  one  plus  riche  nus  oem  ne  vit. 

Un  epitafe  i  ont  escrit; 

la  letre  dist  que:  „Iluec  gist 
2140    Dido  ki  por  s'amor  s'ocist; 

onkes  ne  fu  meilor  paaine,  ùcuA-m/ru^ 

s'ele  n'etist  amor  soltaine,  ,4^^ijtei.^ifl_ 

mais  ele  ama  trop  folement, 

saveirs  ne  li  valut  neient.>^  ^ûa^-^ajC- 
2145        Eueas  est  en  halte  mer, 

ki  nen  ji  jiOing^jde^  retorner;    nrjL.  aê- .^&ucÀjl  y 

ne  veit  terre  nule  partie; 

aler  en  vuelt  en  Lombardie; 

nagent  et  siglent  a  effort. 
2150    Molt  se  sont  esloignié  del  port, 

quant  de  travers  sait  uns  orez 

ki  vers  destre  les  a  botez.  perijJUjL^ 

Il  est  tornez  as  Sichains  porz, 

2124  m  deure  defenist.  —  212(5  HI  les  p.;  D  li  b.  —  2128  HI  et  sa 
valeur  et  sa  hautesce." —  2130  D  sa  serror  f.  —  2132  GEFD  metent. — 
2135  EF  molt  i  lisent  puis  (E  plus)  grant  (E  biau)  t.;  HI  f.  riche  t.  — 
2137  GE  aine,  HF  ainz.  —  213S  HIE  epitacle.  —  2139  Alinéa  dans  G. 
GHI  quileucques.  —  2141  tom  les  mss.  (sauf  GF)  meillor.  —  2144  EF  ajou- 
tent avers.  V.  les  notes.  —  2146  HI  qui  talent  na;  D  que  na  cure  de 
seiorner.  —  2149  et  2150  omis  dans  A.  D  effrois,  F  effors.  —  2150  G 
eslongie  s.  alques  ;  EF  départis  sont  bien  lonc  ;  D  e.  s.  molt  bien  ;  FD 
des  pors.  V.  les  notes.  —  2151  G  q.  d.  t.  es  u.  o.;  GAD  ore.  —  2152  EF 
de  devers  {omettent  ki);  GA  qui  devers  d.  la  boute;  D  porte,  HI  menez.  — 
2153  EF  D  sont;  AEF  a  S. 


d'énée  B1 

iluec  0  ses  père  fu  morz. 
2155     Danz  Aeestés  les  recoiiU,  (yiA-coA^^i^  ^ 

molt  richement  les  i  servi: 

cil  ert  de  la  Troiëne  geste,  aaxa, 

Eneas  fist  une  grant  feste 

et  geus  a  la  tombe  son  père: 
2160    l'anniversaire  idonkes  ère. 

La  nuit  après,  quant  fait  oscur, 

que  tote  riens  ert  a  selir, 

home,  bestes  sont  en  repos   6<«-6-' 

et  taisent  champ,  selves  et  bos,     -irv^ 
2165     danz  Eneas  en  son  lit  jut  ^ 

et  ses  père  li  aparut; 

treis  feiz  l'apele  par  son  nom, 

en  après  l'a  mis  a  raison. 

„Fiz  Eneas,  entent  a  mei, 
2170     li  deu  m'ont  ça  tramis  a  tei, 

en  Lombardie  te  comandent 

que  tu  ailles,  et  si  te  mandent 

que  tu  puez  bien  ici  laissier 

la  gent  ki  ne  t'avront  mestier, 
2175     les  vielz,  les  fraiz  ki  vuelent  pais, 

ki  travaillier  ne  pueent  mais. 

0  tei  menras  la  juefne  gent, 

ki  ne  s'esmaieront  neient 

de  granz  travalz  longues  sofrir 
2180     et  des  batailles  maintenir; 

car  molt  i  soferras  travalz 

2I.=>4  F  dilleuc.  —  2155  F  le  r.  —  2156  EF  et  m.  r.  les  s.  —  2157  HI 
de  t.  g.  —  2158  HI  a  Heneas  fist;  EFHI  f.  molt  g.;  F  grande.  —  2159  HI 
droit  desus  (H  devant)  la;  GEF  laiens  a  1.  t.  —  2160  HIGE  adonques, 
F  adonc;  D  et  laversaire  donques.  —  2161  Alinéa  dans  HI.  D  fu,  GHI 
fist.  —  2162  EFD  est.  —  2163  e^  2164  sont  omis  dans  HI.  G  bestes 
home  erent;  EF  a  repos.  —  2164  G  camp  se  teurent  s.  —  2167  y  lapela.  — 
2168  D  après  si  la.  —  2170  HI  ci.  —  2171  A  ce  c.  —  2172  D  q.  t.  en  a. 
ce  t.  m.;  GE  auges,  FHI  voises.  —  2173  D  q.  t  ne  p.  bien  ci  1.  —  2174  G 
(jui  toi  naroit  m.  —  2175  HI  1.  v.  hommes  qui,  E  1.  v.  frailles  qui,  F  1.  v. 
1.  frans  qui.  —  2178  D  sesmaient  d.  n.  Après  ce  vers  GEF  en  ajoutent 
deux  autres.  Y.  les  notes.  —  2179  F  et  les  t.  —  2180  GEF  ne  de  b.  — 
2181  D  que  m. 

Bibliotheca  Normaimica  IV.  Q 


82  .  APPARITION 

çhampels,  batailles  et  âsak. 

Mais  de  tôt  ce  guarras  tu  bien, 

ja  mar  t'esmaieras  de  rien, 
2185    tu  veintras  bien  tote  la  guerre, 

puis  maintendras  en  pais  la  terre, 

la  fille  al  rei  prendras  a  femme, 

puis  ne  sera  fins  de  ton  règne: 

de  tei  naistra  reials  ligniee, 
2190    par  tôt  le  mont  iert  essalciee. 

Mais  or  t'estuet  primes  aler 

parmi  enfer  a  mei  parler 

el  champ  as  buens,  o  ge  convers;  ^4^du>v/n-A^ 

iluec  n'est  pas  li  laiz  enfers; 
2195     ge  sui  es  Elisiëns  chans, 

n'i  ai  ne  peines  ne  ahans:  dùu4ju4/-^A^ ,  luu^ru 

la  est  li  convers  as  buens  homes, 

en  grant  repos  iluekes  somes. 

Sibilla  t'i  porra  conduire, 
2200    une  femme  ki  set  d'auguire; 

de  Cumes  est  devineresse, 

et  molt  i  a  sage  prestresse. 

El  set  quant  qu'est  et  qu'est  a  estre, 

de  deviner  ne  sai  son  maistre, 
2205    del  soleil  set  et  de  la  lune 

et  des  esteiles  de  chascune, 

de  nigremance  et  de  fusique,  ''h-jLcJLojbùrJL, 

de  retorique  et  de  musique, 

2182  HI  et  crueulz  batailles  raortax;  GEF  caples.  —  2183  EF  ce  te 
garde  bien,  G  ce  garde  très  bien.  —  2185  D.  t.  vainqueras  bien  tote  g.; 
EF  te  g.  —  2186  A  m.  tote  la  t.;  F  te  t.  —  2188  HI  rois  et  sires  seras  du 
r.,  E  et  si  sera  sires  du  r.  —  2189  E  istra.  —  2190  EF  partout  sera  molt 
e.  —  2194  HIE  m.  il  t.  —  2193  A  es  chans,  EF  en  ch.  —  2194  G  nest 
pas  iloc.  —  2195  HI  es  delicieus  c.  —  2196  A  ni  a,  HI  je  nai;  EF  peine. 
2197  A  repos;  F  a  bon.  —  2198  A  convers.  —  2199  Alinéa  dans  DGEF. 
EF  te;  E  sara.  —  2200  HI  u.  vielle,  G  u.  dame.  —  2201  HI  des  choses,, 
GEF  des  homes.  —  2202  GD  molt  par  i  a  {omet  et).  —  2203  HI  Des  choses 
set  qui  sont  a  e. ,  D  Elle  s.  quencore  est  a  e. ,  E  Ele  set  tout  conques! 
est  a  e.,  F  Ele  s.  quan  que  est  a  e.;  G  qanque  encor  e.  a  e.  —  2204  HI  ne] 
trove  m.  —  2207  et  2208  sont  omis  dans  HI.  G  musique.  —  2208  GJ 
fusique.    Ce  vers  manque  dans  F. 


d'anchise  83 

de  dialectique  et  gramaire. 
2210    Un  sacrefise  t'estuet  faire 

devant  ce  a  l'enfernal  rei. 

Celé  te  conduira  a  raei, 

tes  batailles  te  mosterrai 

et  toz  les  reis  te  nomerai 
2215    ki  de  ta  ligniee  naistront: 

seignor  ierent  de  tôt  le  mont. 

Ge  ne  puis  mais  ci  demorer, 

li  jorz  me  haste  de  l'aler." 

Quant  ce  ot  dit  plus  ne  demore, 
2220    esvaniz  est  en  molt  poi  d'ore.    -à^' ^Jt.  UAJiOi/r\wuJ^ 
Eneas  pense  et  sospire 

de  ce  que  li  a  oï  dire, 

les  mais  dote,  com  faire  puet, 

qu'il  set  que  sofrir  li  estuet,^AA^ 
2225     anceis  qu'il  ait  de  terre  reie;  CLAXcxnnh   a<^* 

mais  plus  dote  l'enfernal  veie: 

de  ce  esteit  en  grant  freor. 

Il  est  levez  oël  le  jor,   ^^  ^yCurrji^   U^rrUi^   clujl 

toz  ses  barons  a  asenblez,  ^ 

2230     cels  que  il  sot  les  plus  senez; 

a  cels  a  dit  et  reconté 

ce  que  li  deu  li  ont  mandé; 

demande  a  toz  comunalment 


2209  et  2210  sont  omis  dans  GEF.  D  omet  de.  HI  de  nigremance  et 
de  g.  —  2211  et  2212  sont  intervertis  dans  EF.  HI  a  sébile  et  1.  r.;  EF 
par  lotroi  de.  —  2212  HI  taconduira;  E  o  m.  —  2213  HI  trestouz  tes  festes 
m.,  E  t.  b.  devisera;  G  te  conduirai,  F  te  conduira.  —  2214  EF  nomera.  — 
2215  EF  qui  de  tesclate  naisteront.  —  2216  D  seront;  GEF  par  tôt,  D 
sor  tôt.  —  2217  HI  plus,  D  pas.  —  2218  A  de  râler.  —  2219  Alinéa 
dans  D.  G  a  dit  p.  ni  d.  —  2220  GEDHI  esvanoiz  est  (HI  sest)  en  p.  d.  — 
2221  HI  p.  et  si  s,,  GE  p.  si  s.;  sans  alinéa  dans  D.  —  2222  A  que  il  ot; 
GEFHI  quil.  —  2223  G  1.  m.  oi;  HI  c.  plus  il  p.,  E  que  f.  p.  —  2224  D 
douter.  —  2225  G  voie.  —  2226  HID  et  plus;  H  li  infernal  v.;  DI  d. 
inf.  V.  Après  ce  vers  GEF  en  ajoutent  deux.  V.  les  notes.  —  2227  A  celé, 
G  cel;  HI  est  il;  G  a  g.  f.  —  2228  HI  tôt  droit  au  j.,  D  au  point  d.  j., 
G  avolc  i;  j.,  EF  o.  al  j.  —  2229  GEFD  les  b.  —  2230  G  ce  que;  HI  a  une 
part  trest  des  miex  nez;  F  quil  savoit;  GEF  a  plus  s.  —  2231  E  a  eus.  — 
2232  A  li  ont  li  d, 

6* 


84  ÉNÉE   CHEZ 

s'iluec  laira  la  feible  gent. 
2235     Cil  li  diënt  que  fairel  deit, 

quant  li  deu  vuelent  que  fait  seit: 

od  Aeestés  puet  bien  laissier 

cela  ki  ne  pueent  travaillier, 

et  il  lor  donra  de  sa  terre, 
2240    car  il  n'ont  soing;  d'altre  conquerre.    "^i^ 

Eneas  fait  lor  loement,  am^fu^/.     Aet4XLu>rUi 

iluec  laissa  la  feible  gent 

ki  de  guerre  nen  ont  mestier  Tvfc  A-errJt  ûa^ 

et  ki  ne  pueent  travaillier;  '**^ 

2245    il  lor  compassé  une  cité,  '>ru-ô-w-^A. 

et  Acestés  lor  a  doné 

de  sa  terre  m  oit  grant  partie. 

Li  altre  aprestent  lor  navie; 

cil  ne  sot  guaire  qu'il  en  meine, 
2250    mais  mal  pueent  sofrir  et  peine. 

Des  remananz  a  pris  congié, 

plore  et  sospire  de  pitié. 

0  sa  maisniee  entra  es  nés. 

Il  traient  sus  ancres  et  très, 
2255     siglent  a  fort  par  halte  mer; 

dreit  a  Cumes  vuelent  aler, 

(la  ert  la  profetiseresse, 

Sibilla  la  sage  prestresse), 

et  nuit  et  jor  ont  tant  siglé 

2234  A  povre.  —  2235  HI  cil  li  ont  dit  fere  le  d.;  mss.  faire  el  d.; 
E  omet  que.  —  2236  A  quensi  soit.  —  2237  G  pues.  —  2238  EF  ceus 
qui  0  toi,  G  c.  q.  caiens;  GEF  naront  mestier.  —  2240  HI  quil  n'ont 
mestier  dautrui;  D  quant;  E  car  nen  ont;  F  omet  soing;  A  de  altre  guerre. 

—  2241  Alinéa  dans  GEF.  —  2242  DF  sa;  A  povre.  —  2243  HI  qui  nout 
mestier  de  guerroier;  G  uorent  m.;  D  de  guerroier  nont.  —  2244  HI  ne 
qui  ;  G  porent.  —  2245  A  et  lor.  —  2247  HI  t.  une  p.  —  2248  H  la  n.  — 
2249  DGEF  que  il  m.  —  2250  HI  mais  s.  p.  mal  et  p.,  D  molt  p.  m.  s.  et 
p.;  E  m.  il  p.  travail  et  p.  —  2251  A  del  remanant;  HI  de  ceus  quil  lesse. 

—  2252  GE  omettent  et.  —  2253  HIDE  entre  ens  es  nés,  F  eu  entre  es 
nés.  —  2254  GED  traisent.  —  2255  Alinéa  dans  F.  G  et  s.  fort,  I  S.  for- 
ment; D  en  h.  m.  —  2256  FG  valront.  —  2257  HI  la  estoit  la  devineresse; 
E  la  droit  ert;  F  profetiserie.  —  2258  F  profesie.  —  2259  HI  tant  ot  et 
jor  et  nuit  s.;  G  et  j.  et  n. 


LA  SIBYLLE  85 

2260    que  a  eel  port  sont  arivé. 

Eneas  ist  des  nés  a  terre, 

puis  est  alez  Sibilla  querre; 

senl  Achatés  mena  o  lui; 

a  piez  alerent  anbedui. 
2265     Tant  sont  aie  qu'il  sont  venu 

al  temple  o  la  prestresse  fu. 

Ele  seeit  devant  l'entrée, 

tote  chenue,  eselievelee;  zcAAJ\^dUli^ 

la  face  aveit  tote  pâlie 
2270     et  la  char  et  neire  et  fronoif,;  ^UmUm^ 

peor  preneit  de  son  reguart, 

femme  senblot  de  male^^art.    dL  ' jurUt^ 

Devant  li  vienent  li  baron;  ^ 

Eneas  l'a  mise  a  raison. 
2275     ,Dame%  fait  il,  „en  cest  pais 

m'ont  ça  li  deu  a  tel  tramis;    I^jL 
ge  sui  prochains  de  lor  ligniee, 
nez  sui  de  Troie  l'essiliee; 
par  lor  cornant  m'estuet  aler 
a  mon  père  en  enfer  parler, 
n'i  puis  aler  se  par  vos  non, 
mais  vos  m'otreient  a  gui  on.    acca\aLa^r^ 
Jadis  i  ala  Orpheiis 
et  Hercules  et  Theseus, 
2285    repairié  sont  plusor  mortal 
ça  sus  del  regnë  enfernal. 
Preier  vos  voil  me  conduiez, 
de  par  les  deus  ne  me  targiez." 

2260  D  qua  icel;  G  aancre.  —  22(31  Alinéa  dans  HI.  —  2262  G  p. 
en  ala.  -  226a  EF  s.  un  enfant;  A  ala.  -  2264  G  il  ont  tant  aie  a  - 
22bo  IIIEF  ont  a.  -  2268  A  nus  piez;  E  canue  t.  e.  -  2269  Hl  inter- 
vertissent ce  vers  et  le  suivant,  I.  f.  iaune  et  enpalie;  EF  t.  enpalie  - 
22^0  HI  la  cbiere  (H  face)  avoit  n.;  A  et  la  char  n.  et  f.  —  2271  HI  p 
orent;  EF  esgart.  2271  et  2272  sont  omis  clans  D.  -  2276  GF  a  toi  li 
deu.  -  2278  G  si  sui.  -  2281  F  ne.  -■  2282  HI  de  moi  mener  serez  g., 
D  m.  vos  motrie  a  g.,  EF  m.  vos  mi  troevent  a  g.,  G  m.  vos  mi  troueres 
g.  -  228o  HI  sont  home  m.  -  2286  I  jadis,  H  phisours,  D  de  ceulz,  F 
casques.  —  22S7  A  pri  vos  que  vos;  D  veul  ne  me  targiez,  F  v.  que  c.  — 
2288  D  que  jusqua  la  me  conduisiez;  G  ne  vos  t.,  HIEF  ne  matargiez. 


2280 


86  ÉNÉE  TROUVE 

Quant  Sebilla  l'oï  parler, 

2290    que  en  enfer  voleit  aler, 
les  sorcilles  leva  amont, 
les  oilz  ovri  qu'erent  parfont; 
el  le  reguarda  fièrement;    oCm^tX.  ■7nA<rÛ4UuL 
de  son  reguart  peors  li  prent.  AùuuAtti 

2295     Ele  crolla  son  cliief  chenu,  jUL4imJuck. 
al  Troïën  a  respondu. 
.Sire",  fait  el,  ,veiz  ci  l'entrée 
del  grant  enfer  la  plus  hantée.  •^-lOA^.u/nJ'Aa^ 
L'entrers  en  est  asez  legiers, 

2300    mais  molt  est  griés  li  repairiers,  /^tiA^  ;      ^ 
et  nuit  et  jor  i  a  entranz,  dA^A^^rtM 

molt  i  a  poi  de  retornanz; 
le  revenir  fait  l'en  a  peine, 
se  buens  conduiz  ne  l'en  ameine. 

2305    Mais  quant  li  de  le  m'ont  mandé 

et  tes  père  le  t'a  rové,  - 

tôt  salvement  te  conduirai  j 

des  i  qu'a  lui  et  ramenrai.  | 

Mais  se  tu  vuels  deus  feiz  passer  1 

2310    l'eue  d'enfer  et  retorner 

de  celé  tenebrose  terre,  j 

un  ramet  d'or  t'estuet  donc  querre,    •(i^'iâmûAft.  \ 
en  cest  bois  est  tôt  seulement;  1 

del  rain  t'estuet  faire  présent    'ù\ù^r\«J^ju 

2315    et  don  la  reine  d'enfer.     *-  >  CA.eiACkMA^  \ 

2289  sans  alinéa  dam  GEF.  —  2291  GEFHI  1.  sorcils,  D  1.  sorcille; 
GEFD  en  leva  a.,  HI  dreca  contreinont.  —  2292  D  quelle  ot  p.,  G  qui  sont 
p.  —  2293  et  2294  sont  omis  dans  GEF.  A  regarde.  —  2295  A  lo  chief.  — 
2296  GFD  le  T.  ~  2297  HI  ci  près  fait  ele  est'l.  —  2298  F  el  g.;  A 
baee.  —  2299  D  Lentree;  G  L.  i  est,  HIE  Li  e.  est.  —  2300  EF  mais  g. 
en  est;  D  fort  a  repairier.  —  2:J01  et  2302  sont  omis  dans  A.  HI  j.  eu  i 
vient  tant,  D  j.  vienent  e.  —  2302  HI  mais  trop  sont  poi  li  repairant;  E 
des  r.  —  2302  GEHI  retorner;  HI  set  nus  a  p.  —  2304  F  le  remaine.  — 
2306  F  parens.  —  2307  A  sainement;  HI  seurement  {omettent  tôt).  — 
2308  GHI  desi  a  lui,  D  enz  iusque  la.  —  2309  A  v.  denfer  p.  —  2360  A 
1.  .ii.  foiz;  HI  le  Aura  d.  —  2312  HI  un  rainsel  te  convient,  D  u.  rain 
d.  fin  or  t.  q.  -  2313  D  et  t.  s.;  I  ce,  H  cel.  —  2314  G  de  cel  t.  — 
2315  HI  doner  1.  r.  d.,  D  et  dont  i  a  r.  d. 


LA  BRANCHE  D'OR  87 

A  lui  trencnier  mar  querras  fer 

ne  nul  trenchant  ki  seit  d'acier, 

il  se  laira  bien  arachier,  ay^y^AcAé.*^ 

se  Jupiter  vuelt  et  otreie  ûlc^c^\Mjl^ 
2320    que  tu  enpreignes  ceste  veie, 

et  s'il  nel  vuelt,  ce  puez  saveir, 

li  rains  est  molt  forz  a  aveir, 

nus  oem  ne  l'en  puet  esrachier, 

nel  puet  aveir  fers  ne  acier. 
2325     Quant  de  l'arbre  est  li  rains  rompuz, 

sempres  i  est  altre  cretiz. 

Senz  icel  rain  n'est  pas  legier 

çai  sus  d'enfer  a  repairier, 

et  se  tu  puez  cel  rain  trover 
2330     et  tu  me  puisses  aporter, 

donkes  irai  ensemble  tei, 

ne  tarderas  neient  par  mei." 
Eneas  est  d'iluec  tornez, 

en  la  forest  en  est  entrez, 
2335    par  le  bois  vait  le  raim  querant 

et  toz  les  deus  vait  reclamant.  Jyr^^^meULek/f^L. 

La  déesse  d'amor,  sa  mère, 

li  mostra  l'arbre  o  li  rains  ère,  ^ 

par  merveillose  demostrance  /UA^fi.iAi4.^tv 
2340    et  par  molt  g-rant  senefiance.   ^C^U^t'LA.    oià-   /a^cûa^  eLot^ 

Quant  il  le  vit,  molt  s'en  fist  lié,  cLLax*^ 

legierement  l'a  esrachié, 

sempres  i  est  altre  venuz, 

2316  HI  ne  convient  fer.  —  2317  D  t.  cisel  dacier;  HI  nantie  t,  — 
2318  F  sen;  F  enragier,  E  esrachier,  I  enrachier.  —  2320  HI  q.  te  conduie 
en  c.  V.  —  2321  HI  ne  v.  bien  p.  s.  —  2322  A  1.  r.  tiert.  —  2323  HI  nel 
(I  ne)  porroit;  GEF  nel  p.  pas  e.;  D  ne  le  p.;  GHI  arachier,  F  enr.  — 
2324  D  ne  len  p.  a.  f.  nacier;  HI  trenchier.  —  2326  HI  tantost  i  rest;  HID 
lautre  c.  —  2327  HI  se  nas  cel  r,;  GEF  legiers.  —  2328  H  dinfer  casus 
a  r.,  I  dinfer  arrière  r.,  D  a  ceuz  d.  a  repairier;  F  cascun  d. ;  GEF  li 
repairiers.  —  2330  HI  et  tu  le  p.;  GEF  et  tul.  —  2331  HIEF  e.  o  t.  —  2332  G 
natargeras;  D  pour  m.  —  2334  A  sen.  —  2338  GEF  mostre.  —  2339  d  2340 
omis  dans  A.  —  2341  D  el;  A  se;  G  si  sen  (omet  molt);  F  en  fu  lies.  — 
2342 — 2346  omis  dans  E.  G  aracie,  I  anr.,  F  esrachies,  —  2343  HI  tantost  j 
GFHI  creus. 


88  DESCENTE 

semblanz  a  eel  ki  est  rompuz. 
2345    Eneas  fu  joios  et  liez, 

dreit  a  Sebille  est  repairiez, 

le  ramet  d'or  M  a  mostré; 

un  sacrefise  ot  apresté, 

al  deu  d'enfer  sacrefia 
2350     et  molt  humblement  le  preia. 
La  ot  une  fosse  parfonde, 

il  n'ot  plus  laie  en  tôt  le  monde,    icuAi-  , 

et  granz  et  large  esteit  l'entrée;  "inneui/^A 

de  bois  esteit  avironee 
2355    et  d'une  eue  neire  et  fanjose.  ■jo^rxjyfUAM^^ 

La  fosse  eii;  laie  et  tenebrose, 

molt  esteit  orrible  et  pollente:  ùuLOvJ-t. 

ja  riens  ki  celé  puor  sente 

ne  vivra  puis  une  seule  ore; 
2360    quant  li  oisel  volent  desore, 

des  qu'il  sentent  la  puor  fort, 

en_es  le  pas  chieent  jus  mort,  ^xuv  Jb^  cJia^yt.^ 

Ce  diënt  cil  de  la  contrée, 

iluec  est  l'enfernals  entrée, 
2365    ne  nuit  ne  jor  l'entrers  ne  cesse, 

del  revenir  n'i  fait  nus  presse  ;  VduX*- 

des  que  l'ame  seivre  del  cors, 

en  es  le  pas  qu'ele  en  est  fors,  <6àjuv  Aâ.  t^dn 

la  l'en  estuet  sempres  aler, 
2370    par  celé  fosse  trespasser. 

2344  HI  samblable  a  cil,  A  s.  ert  c;  D  samble  a  cel  qui  fu  r.  — 
2345  F  est.  —  2346  1)  omet  dreit.  —  2347  HI  rainsel;  1)  le  raiu  tout  dor.  - 
2348  HIF  ont;  E  en  a  voue;  F  aporte.  —  2349  D  aus  diex;  HI  damer.  — 
2350  HI  et  h.  li  demanda,  D  et  h.  si  leur  p.,  EF  et  humblement  (F  hurae- 
lement)  li  p.,  G  et  dolcement  li  depria.  —  2351  sans  alinéa  dans  HIEF.  — 
2352  HI  il  na  si  1.;  AGE  omettent  il;  GE  nen  ot;  F  ens  el  m.  —  2353  HI 
grant  est  et  large  a  1.  A  omet  le  premier  et.  —  2354  HI  mes  de  bois  est 
a.;  E  del  b.  —  2355  et  2356  omis  dans  HI.  GEF  d.  e.  n.  et  angoissose 
(omettent  et).  —  2356  GEF  li  fores  1.  —  2357  HI  iert,  D  est;  GEF  m. 
ert  et  o.  —  2358  HI  ja  nus.  —  2361  A  quant  il,  GEF  tresquil.  —  2362  F 
isnelepas,  D  isnellement.  —  2364  EF  que  ce  est.  —  2365  G  et  n.  et  j.; 
mss.  entrer.  —  2366  EF  repairier,  G  retorner;  D  de  r.  —  2367  GEF  très 
que;  III  seuist.  —  2368  GEF  ist.  —  2369  HI  tantost  a. 


DANS   l'enfer  80 

Entre  Eneas  et  la  prestresse, 

la  Cumaine  devineresse, 

a  la  fosse  vienent  andui. 

Ele  parla  un  poi  a  loi. 
2375     „Vasals",  fait  ele,  „a  mei  entent, 

c'est  l'infernal  deseendement, 

pro  t'estuet  estre  et  vasal,     nrcuJLtûi^rJt, 

se  venir  vuels  de  la  aval. 

La  jns  descendent  tuit  li  mort, 
2380    l'empire  tient  Pluto  par  sort,  i  JLa,  ajuIàl.  et  '  jmtù  ^n/uïA 

il  en  est  reis,  et  Proserpine  au,  A^r^L. 

en  est  deessë  et  reine; 

li  de  del  ciel  n'i  ont  que  faire, 

lor  poesté  n'i  monte  guaire. 
2385     Quant  en  enfer  devon  descendre, 

ici  poon  la  veie  prendre; 

gnarde  que  mar  t'esmaieras 

de  tôt  ice  que  tu  verras. 

En  enfer  a  poi  de  vette;    iu/yriCu^JL 
2390    t'espee  porte  tote  nue. 

Siu  mei  si  com  ge  te  meurai, 

la  veie  avant  te  mosterrai." 

Un  oignement  li  a  doné, 

qu'ele  aveit  o  sei  aporté; 
2395     onc  puis  qu'il  en  senti  l'odor 

ne  li  fist  mal  la  fort  puor.  p-i^'.eurj^uj.fxj 

2371  s^ans  alinéa  clatis  A.  —  2372  HI  tressage  d.,  G  commune  d., 
F  huimaine  d.  —  2373  HI  mes  el  p.  avant  al.  —  2374  est  omis  datis  G. 
Alinéa  dans  HI.  I  dit.  —  2375  EF  vois  1.  d.  —  2376  GF  p.  te  convient.  — 
2377  H  se  revenir  vous;  DGEF  dois;  GEFH  se  repaiiier  dois  de  lavai.  — 
2379  D  laiens.  —  2380  G  tint;  H  1.  en  t.  —  2381  D  il  i  e.  —  2382  GE  en 
est  et  déesse.  —  23S3  G  nen  ont.  —  2384  HG  ne  m.—  2385  HI  Se  e.  e.; 
D  Q.  enfer  nous  convient  d.  ;  EHI  volons,  F  voles.  —  2386  HI  ci  nos  con- 
vient, GEFD  ici  porons.  —  2387  I  gardes  que  de  chose  que  voies,  H  g. 
de  rien  que  tu  verras;  GE  raax.  —  2388  I  que  tant  ne  quant  ne  ten  es- 
moies,  H  ne  tant  ne  quant  tesmoveras.  —  2389  et  2390  sont  intervertis 
dans  HI.  I  qui  nous  sera  pou  deveue;  H  quen  e.  —  2391  EF  si  comme 
io  irai;  D  et  suis  moi;  GHI  ensi  c;  HI  corne  te  dirai.  —  2394  yD  que 
ele  a  a  soi  porte.  —  2395  et  2396  intervertis  dans  D.  y  aiuc;  D  onques 
p.  quen  s.  1.  —  2396  E  ne  ot  nul  mal  de  le  p.,  F  nen  ot  nule  maie  p., 
uot  mal  dicele  f.  p.;  HI  m.  celé  puor;  D  grant  p. 


90 


DESCRIPTION 


'yncJM.àùjL. 


2400 


'  2405 


2410 


j^trrfvrrJuJL 


2415 


2420 


C^rM^ 


S'espee  trait,  ne  targe  mais, 

el  vait  avant  et  il  après, 

par  l'oseurté  tienent  lor  rote, 

ainz  onkes  n'i  veeient  gote. 

Sempres  en  eel  eomeneement 

truevent  iluee  m  oit  laie  gent: 

iluec  esteit  morz  et  dolors,^.,^  p*^ 

fains  et  sofraitë  et  puors    d<At^Zù. 

et  enfertez,  triste  vieillece 

et  coardisë  et  pareee 

et  mortels  cure  et  tricherie    ù-^-ucu^ 

et  plaint  et  plor  et  félonie, 

travail  et  peines  et  faintiez  V«a/m^ 

discorde  et  enemistiez,  AtnJtUd^ 

mortels  batailles,  guerre,  tort, 

soine  ki  est  eosins  a  mort. 

Iluec  ot  un  arbre  branchu, 

molt  ancien,  lait  et  mossu,  Trv^ix-AA**» 

les  foilles  pendeient  de  songes, 

de  fantosmes  et  de  mençonges;  >rvi/rv^^n4*.^ 

en  enfer  sont  le  jor  la  jus   (X  ^^^   6û-^ 

et  la  nuit  vienent  ça  desus. 

Li  Troïëns  ot  peor  grant, 

cels  trespassent,  si  vont  avant;    V^AA>e-'vA^^n^ 

enprés  truevent  mostres  orribles    yrurryfjé-u.^ 

et  granz  et  laiz  et  molt  terribles; 


2397 — 2405  viennent  dans  D  après  2418.  EF  traist;  G  nataria.  — 
2398  D  devant;  GEF  et  cil  a.  —  2400  HI  pou  ou  noient  i  v.  g.;  D  ni 
virent;  tous  les  mss.  {saufD)  voient.  —  2401  HI  Illuec  en  cel  c.,  EF  Apres 
icel  c,  GE  A  primes  el  c.  —  2402  HI  t.  i  plente  d.  1.  g.;  D  molt  de  la  g.  — 
2404  GEF  frois  ;  I  f.  et  souffrance  ;  A  s.  et  peors.  —  2405  HI  enf.  tristesce 
V.  {omettent  et);  E  et  e.  tristour  v.;  G  tristies  v.  —  2407  et  2408  omis 
dans  E.  A  felenie;  HI  m.  oeuvres,  D  morte  oeuvre;  F  cure  trecherie. — 
2408  A  tricherie.  —  2409  F  faintises;  A  anfertez  {omet premier  et).  —  2410  GF 
discordes;  ED  et  descorde;  F  inimisises.  —  2411  HI  g.  et  tort.  —  2412  EHI 
songe;  GEF  cosine.  —  2418  Alinéa  dans  HI.  EF  rancu.  —  2415  HI  i 
pendent;  F  as  songes,  G  des  s.  —  2416  D  de  fauseries  et  de  m.;  G  des 
f.  et  des  m.  —  2418  D  voient.  —  2419  Alinéa  dans  G.  GF  Li  Troien 
ont.  —  2420  D  cil.  —  2421  D  maintes  o,  F  molt  très  orible.  —  2422  F  et 
1.  et  très  oribles;  HI  grans  et  liideus  et  molt  t.;  E  pénibles. 


Il 


DE   l'enfer  91 

iluec  les  veient  a  meesme  p/xâ^  d*- 

et  a  s'espee  feit  cil  esme,     Vt-cx,  ,   o-^*^.^^ 
2425     que  il  en  euide  alcun  ocire.   Qamâ^uu,' jua^ 

Celé  li  comencë  a  dire. 

„De  ce",  fait  ele,  „ n'est  mestier, 

ja  n'en  porras  un  atochier:  if-eu-cJy&AJ 

ce  sont  trestot  vies  senz  cors, 
2430    mar  iert  por  els  t'espee  fors. 

Ce  sacheiz  bien,  por  cest  afaire 
cU^mAm£icu.       ne  la  rovai  ge  mie  traire,  MÙ\â^  (V  s^aâS^ 

mais  por  veeir  de  sa  clarté  vdI^ 

errer  parmi  ceste  oscurté." 
2435     Tant  ont  erré  la  val  parfonde, 

qu'il  aprisment  l'enfernal  onde.  Hùm- 

Iluec  esteit  la  presse  grant, 

la  s'asemblent  li  avenant:  OA/CuJ'o/rch* 

de  ceis  ki  vienent  est  la  feire.  -Ukr^ju 
2440    L'eue  est  parfonde  laie  et  neire. 

Caro  esteit  reis  del  passage, 

icil  guardot  le  notonage;   >nâ/wnA^ 

vielz  ert  et  laiz  et  regroniz  riùMaih^^r^a^ 

et  toz  chenuz  et  toz  fronciz; 
2445     le  vis  ot  maigre  et  confondu,  -fâJjL. 

le  chief  mellé  et  tôt  bossu, 

oreilles  grandes  et  velues, 

sorcilles  grosses  et  mossues, 


2423  HI  près  deus  1.  v.  —  2424  HI  Heiieas  fait  de  s.  e.;  GD  od  s.  en  f.; 
E  a  sespee  lor  fait  a  e.;  F  a  s.  en  font.  —  2425  HI  ciiidoit.  —  242(i  HIGFD 
comenca.  —  2427  I  de  ce  faire  nest  nul  m.;  H  el  nest  nul  m.;  D  na,  G 
nas.  —  2428  F  ja  ni  p.  a  un  tochier  ;  A  nul  a.  —  2429  H  âmes  de  c.  ;  G 
vie.  —  2430  HI  ne  met  por  ce;  D  t.  p.  e.  —  2431  HI  saches  tu  bien 
{omet  ce):  A  cel.  —  2432  HI  ne  la  te  fis;  D  ne  ia  revoie  m.  t.;  E  ne  te 
r.;  GEF  mie  fors  t.  {omettent  ge).  —  2433  HI  la  cl.  —  2435  Alinéa  datis 
DHI,  mss.  (sauf  A)  le  v.  —  2436  D  que  a.  —  2437  G  i.  avoit  presse  molt 
g.  —  2438  HI  sorvenant;  F  sasambloient  li  auquant.  —  2439  HI  a  la 
f,  A  an  la  f.;  Maire,  G  la  voire.  —  2440  HIDG  laide  noire;  F  et  1.  — 
2441  Alinéa  dans  EF.  GEFD  dex  del;  GEF  rivage.  —  2443  E  chiens  estoit 
lais;  EF  recroisies,  G  recrecis,  HI  rechiniez,  D  regerriz.  —  2444  HIEF 
fronchiez;  G  floris.  —  2445  D  omet  et. —  2246  HI  chanu,  DGEF  locu.  — 
2448  F  sorciels  groisses. 


92 


LE 


2450 


O^rrJi   -trox-uJj^      2455 


Ci-  cujjt^  jut  dM-        2460 


2465 


2470 


7*^ 


û^rw>u 


2475 


roges  les  oilz  corne  charbons, 
la  barbe  longue  et  les  grenons. 
Cil  ert  guarde  de  la  navie,     qù^^jiÀ'»^^ 
une  nacele  aveit  porrie,     tuuuJJ^ 
vieille,  defraite  et  dequassee  -^oi-ûxc 
et^bondonose  et  raclutee.  JxofJutxjLA^ 
A  ieel  rivage  aeoreient 
de  totes  parz  cil  ki  moreient; 
ja  ne  finast  l'ame  del  mort 
des  i  que  fust  a  ieel  port. 
Cil  ki  aveient  sepolture 
et  lor  costume  et  lor  dreiture,  ex, 
Qljr^  celé  eue  les  najot 
Caro,  dont  nus  ne  retornot; 
les  uns  receit,  les  altres  laisse, 
a  cel  rivage  a  molt  grant  presse. 
Cil  i  remainent  esguaré  pcLUAni-^  i  eU^fi/néi^ 
ki  n'esteient  pas  enterré: 
il  n'i  poeit  ame  passer, 
dont  li  cors  fust  a  enterrer. 
Eneas  ot  la  grant  temolte, 
il  les  esguardë  et  escolte, 
merveilla  sei  de  cel  concile.  £x.à^ta^rrUjr0.4^ 
11  en  araisona  Sibile. 
^Dame",  fait  il,  ,car  me  fai  sage, 
que  ce  p\iet  estre  a  cel  rivage; 
de  totes  parz  vienent  grant  gent, 


2450  D  omet  et.  —  2451  HI  Cil  iert  giiarde  dune  navie,  GF  Cil  cstoit 
g.  dol  n.;  D  II;  F  grande.  —  2453  A  viez  ot  d.;  E  dega.stee.  —  2454  HI 
boutonneuse,  D  boudineuse,  A  bondonosse;  H  raclumee,  A  usée,  EF  recla- 
vce,  G  renclutee.  ^  2455  GHl  a  ieel  r.  coroient;  ADî>F  eel.  —  2456  A 
venoient.  —  2458  lE  quele,  H  quel.  —  24(51  A  passoit,  G  traioit.  — 
2462  \>\m  nus  de  cals  ne  r.  ;  EF  repairoit.  —  2463  HI  1.  u.  passe.  — 
2464  ED  ot;  D  omet  molt.  —  2465  GEF  cil  qui.  —  2466  HI  qui  encor  ne 
sont  e.,  D  qui  norent  este  e.,  GEF  qui  ains  (G  aine)  ni  furent  e.  — 
2469  sans  alinéa  dans  A.  HI  o.  et  si  escoute.  —  2470  III  la  grant  noise 
la  grant  temolte  ;  D  il  esgarda,  GF  il  le  regarda  ;  DE  et  si  e.,  F  r.  si  e.  — 
2471  et  2472  intervertis  dans  G.  —  2472  E  il  en  a  apele.  —  2472  D  dist  il 
ce  me;  GEF  i.  or  me  f.  s.  —  2474  G  que  ce  est  la,  EF  ce  que  p.  e. ; 
D  en  ce  r.  —  2475  A  i  vient  g.  g.;  D  la  gent;  G  i  v.  gent. 


LETHE 


')rv«^/^iXA. 


r 


la  s'asemblent  espessement; 

iluekes  vei  un  notonier,  "nAnJif-OTrùo^ 

ki  onc  ne  fine  de  nagier, 

d'aler  et  de  venir  ne  cesse; 
2480     a  l'entrer  a  forment  grant  ])resse, 

les  uns  l'i  vei  loing  deboter  /u^dUAA-4^ 

et  les  altres  oltre  passer." 

La  prestresse  dist  al  vasal: 

,Veiz  ci  le  fluevë  enfernal 
2485     et  la  palu  que  parvirer  jha^u'L'^AAK^ 

n'osent  li  deu  ne  trespasser, 

et  la  granz  genz  ki  s'i  attne  él,  aJWUt^ 

ce  sont  âmes;  n'en  i  a  une 

ki  la  puisse  oltre  passer, 
2490     dont  li  cors  est  a  enterrer; 

de  ça  le  flueve  vajant  vont, 

devant  .c.  anz  n'i  passeront.  , 

Celés  ki  ont  bien  lor  dreiture  u.  j^  con/j^A^nt, 

et  dont  li  cors  ont  sepolture,  ,u,/uUho\£~ 
2495     cil  les  passe,  ne  sert  d'el  faire; 

puis  nen  est  conte  del  repaire,  ÀJ^  tx  '  ma-  ùo^  aujAha-rùi 

et  quant  de  la  sont  trespassees, 

d'une  palu  sont  abevrees;  ciM^AÀ^^Cru^AXJ 

des  qu'il  en  ont  un  poi  beti, 
2500     oblië  ont  et  tôt  perdu 

quant  qu'il  aveient  fait  lai  sus: 

•fout,   U.  ÙJUL^ 

2476  G  comunement.  —  2477  A  iliiec  voi  ge;  G  a  un  n.  —  2478  HI 
qui  ne  les  fine  d.  n.;  GE  aine,  F  ains;  D  finent.  —  2470  DG  ne  de  v. ;  EF 
d.  de  revenir.  —  2480  G  iloques  a  souent.  --  2481  HI  outre  passer;  DU 
voi  ie;  D  v.  de  loins  bouter.  —  2482  HI  de  ca  passer  (I  lessier).  — 
2483 — 2387  viennent  dans  F  après  le  vers  2488.  Alinéa  dans  A.  HI  Sé- 
bile respont,  —  2484  GEFD  ce  est  li  flueves  inf.  —  2485  DGEF  palus; 
D  trespasser.  —  2486  D  parvirer.  —  2487  et  2488  omis  dans  E.  FHI  et 
les  granz  g.;  H  aunent.  —  2489  HI  qui  ait  pooir  doutre  p.;  D  qui  ia  p., 
GE  qui  p.  ia.  —  2490  y  se,  D  quant;  F  se  cors  nen  est.  —  2491  F  de  ja; 
HI  f.  ou  auquant  v.  -  2492  G  deçà.  -  2493  GEF  bien  ont.  —  2494  D 
a  s.  —  2490  A  celés  p.;  E  passent;  F  set;  G  nert  sert.  —  2496  G  p.  nest 
contes  de  son  r.  ;  H  nest;  D  de  r.  —  2497  HI  et  q.  sont  de  de  la  pas- 
sées. —  2498  G  si  sont  dun  p.  a.  —  2499  EFD  très.  —  2500  D  o.  o. 
senipre  est  p.;  GF  tôt  et  p.  —  2501  HI  q.  que  il  a.  1.;  D  et  quanqua voient. 


'J-.oetAiXA 


r 


94  CHARON  TRANSPORTE 

ne  lor  en  menbre  puis  ça  jus,  >cû4l  'ùa^ 

d'en  ariere  n'ont  remembrance. 

Lethes  a  nom  ceste  obliance". 
2505        II  ne  se  sont  plus  atargié, 

vers  la  rive  sont  aprismié. 

Caro  les  vit  et  aperçut, 

entre  les  altres  les  eonut, 

l'espee  vit  reflanbeier;  UA^rrUn*u>J  ^  /u-uM-^th 
2510    il  les  araisona  premier. 

„Di  va",  fait  il,  ,ki  estes  vos, 

ki  en  cest  règne  tenebros 

armé  vos  estes  enbatu?  v^tu^   v/auA-  a4t^ 

Dites,  por  quei  estes  venu?  ^tjulfi** 

2515     Que  querez  ci?    Ce  est  enfers, 

ce  nen  est  pas  humains  convers.  jjjux.  ©u-  L' t 
AAJLtr^  ^jM^-    Ci  n'abitent  se  âmes  non,  A*-*«t 

corporel  rien  n'i  reeevon; 

onkes  n'i  vint  nus  oem  mortals 
2520    ne  nos  volsist  faire  toz  mais: 

danz  Hercules  i  vint  jadis, 

nostre  portier  en  mena  pris, 

lié  l'en  traist  a  molt  grant  peine, 

retorna  puis  en  nostre  règne. 
2525    Enprés  i  vint  danz  Theseiis, 

ensemble  lui  Piritotts, 

le  rei  d'enfer  voldrent  honir 

et  sa  femme  prendre  et  tolir. 

N'en  i  vient  nus  dont  nos  Iommi,  (aa-  JiùUAJ^i 
2530    onc  ne  nos  firent  se  mal  non.  ^«^A^ 

2502  D  menbera  ia  plus;  E  la  j.  —  2503  Hl  dont  a.,  E  de  nule  rien.  — 
2504  AD  cest,  E  cel,  F  celé.  —  2505  sans  alinéa  dans  DGEF.  G  si.  — 
2506  F  repairie.  —  2507  Alinéa  dans  DEF.  A  C.  les  a  aperceuz;  GE  sis 
aperçut,  F  ses  aperçoit.  —  2508  HIF  âmes;  A  e.  les  a.  coneuz;  F  co- 
noit.  —  2510  D  araisonne.  —  2511  G  Dites.  —  2513  G  aves.  —  2516  D 
ce  nest  mie.  —  2517  EF  Ici,  G  II  ni  a.;  I  nabite,  D  abitent;  GEF  sames.  — 
2518  G  c.  cors;  y  ni  reçoit  on;  D  retenon.  —  2520  HI  aucun  m.  — 
2521  Alinéa  dans  D.  —  2523  HI  tret;  F  lient  le  t.;  G  et  a  g.  p.  — 
2524  EF  repaira;  H  fraigne.  —  2526  DHI  e.  o  1.  —  2527  D  lor  roys; 
G  trair.  —  2528  DF  omettent  et  au  commencement  du  vers.  —  2529  G  aine 
ni;  GEF  vint.  —  2530  G  quainc,  E  aine,  FHI  ainz. 


1 


LES   DEUX    VISITEURS  95 

Estez,  iluec  por  rien  venez, 

car  ja  par  mei  n'i  passerez, 

ne  ne  vendreiz  a  altre  rive; 

ge  ne  puis  creire  orne  ki  vive." 
2535    Cil  s'esmaia  quant  il  l'oï 

et  Sébile  li  respondi, 

,Di  va",  fait  el,  „ c'est  Eneas, 

por  nuire  vos  n'i  vint  il  pas, 

one  ne  vint  ça  por  vos  tort  faire, 
2540    ne  por  honte  ne  por  contraire, 

mais  a  son  père  vnelt  parler. 

Setirement  le  puez  passer. 

Li  nostre  deu  l'i  ont  tramis, 

par  els  i  vient,  gel  te  plevis: 
2545     de  ce  ne  t'estuet  pas  doter, 

les  enseignes  t'en  puet  mostrer." 

Eneas  ti'ait  le  rameissel   triU^cJis^ 

que  il  aveit  soz  son  mantel. 

Quant  cil  le  vit,  si  s'apaisa, 
2550    la  naeele  li  atorna, 

les  âmes  a  loing  debotees,  /LA^oti.tù.i*-K/ 

ki  d'entrer  erent  aprestees; 

en  son  batel  le  recoilleit 

et  la  dame  quil  conduiseit;   y-i  i^  aaaa* 

por  le  grant  fais  la  nés  puisa,    cAa-^-aa. 

par  crevaces  l'eue  i  entra. 

Caro  governe  tant  et  nage, 

que  il  les  mist  oltre  al  rivage; 

2531  DEFHI  nient;  G  i.  ni  enterres.  —  2532  DGEF  que.  —  2533  A  a 
lautre  r,  —  2534  D  ne  p.  mais  c.  —  2535  Alinéa  dans  HI.  HI  sesmaie; 
D  q.  il  ce  vi.  —  2537  Alinéa  dans  D.  F  ele.  —  2538  GEF  p.  v.  n.;  GEFH 
nuisir.  —  2539  D  ne  vint  ca  p.  v.  nul  t.  f.;  GE  aine,  FHI  ainz.  —  2541—2545 
omis  dans  A.  —  2544  D  par  eulz  v.  il  en  cest  pais  ;  H  ie  t.  p.,  G  ce  te  p.  — 
2545  G  ne  te  pues  ni  d.  —  25\6  y  lenseigne  t.  p.  bien  m.  —  2547  Alinéa 
dans  DEF.  —  2549  F  il.  —  2550  EF  et  le  nef  vers  lui  amena,  G  et  la  n. 
li  toraa;  HI  leur  a.  —  2551  HIG  a  arier  botees;  EF  a.  au  loing  a  botees. 
—  2553  HI  le  recoilli,  D  recoilli  la  ;  AGEF  la  r.  —  2554  HI  et  la  prestresse 
avec  lui;  D  qui  conduit  la.  —  2555  G  par;  D  pessa.  —  2556  HI  par  cel 
(I  ce)  vessel  1.;  GEF  omettent  i;  EF  p.  les  c;  G  li  mers  e.  —  2558  A  m. 
a  lautre  r.;  F  o.  le  r. 


2555 


96  DESCRIPTION 

de  la  nacele  sont  issu 
2560     et  a  la  porte  sont  venu. 

Cerberus  ert  d'enfer  portiers, 
guarder  l'entrée  ert  ses  mestiers, 
molt  par  est  laiz  a  desmesure 
et  de  molt  orrible  faiture;  jj^v^rw*, 
2565    jambes  et  ])iez  a  toz  veluz 
ûrJ<jLLkJ        et  les  artelz  a  toz  erochuz,  CAjytJ-u.*'^ 
tels  ongles  a  come  grifons 
ûOiAr\/\H^  eL^ juur^  tjUAA>u,  et  coez  est  come  gaignons;  dio^Ju4^ 
a^*-*-  agu  dos  a  et  recorbé  /\LLeru^^M-(L 
2570     et  le  ventre  gros  et  enflé; 
ao^JKâ-    une  estrume  a  desor  l'eschine,  û.t/yÎA-^j^ 
et  maigre  et  seehe  la  peitrine, 
espalles  grailes  et  braz  gros, 
les  mains  a  teles  come  cros,  tKcc» 
2575    treis  cols  a  gros  et  serpentins, 
CôiiiAu^wruL  et  de  colovrë  a  les  crins;  CAlvéuy- 
treis  chiés  a  tels  come  de  chien; 
onkes  ne  fu  plus  laie  rien. 
Com  chiens  aboie  par  costume; 
2580     de  sa  boche  chiet  une  escume,  i^UMrrJL 
«/j„/v^    une  erbe  en  uaist  mortels  et  laie, 
nus  oem  n'en  beit,  a  mort  nel  traie, 
senz  mort  n'en  puet  nus  oem  goster; 
Aû^rù-à  aconita  l'oï  nomer: 
2585    ce  est  l'erbe  que  les  marastres 

2,561  A  sans  alinéa^  dont  C.  estoit  p.   —    2562  A  g.  la  porte;   FHI 
,  est.    —    256)  HI  trop  par.   —    2564  HI  trop.    —    2566  HI  cornus;   D  or- 

teilles.  —  2567  et  2568  viennent  dans  A  après  le  vs.  2576,  mais  une  main 
postérieure  a  redressé  la  faute.  HI  granz  ongles;  A  com  de  grit'on,  GEF 
coin  lins  g.  —  2568  HI  et  est  c. ;  DEF  omettent  et;  D  encoiz  est;  E  eu- 
caines  est  comme  graignons;  F  encacis  est;  G  et  encoes  com  uns  g.  — 
2571  HI  une  grant  boce  a  sus  1.;  A  an  son  1.  —  2572  EF  et  m.  col  et 
1.  p.  (E  le  col,  omet  le  premier  et);  D  a  la  p.  —  2574  HI  1.  m.  crochues; 
D  telz  ongles  a;  EF  c.  un  tors,  GD  c.  un  c.  —  2575  HI  granz.  Les  vers 
2575  et  2576  oynis  dans  GEF.  —  2576  D  et  des  coulourez  sont.  —  2577  G 
testes  a  t.  c.  uns  chiens.  —  2578  G  vi  si  I.  —  2580  G  sait.  —  2581  E  qui 
molt  par  est.  —  2582  A  nan  b.  nus  hoijj.  —  2583  EF  p.  ion  pas.  —  2584  y 
Aconta  lai  oï  n. 


DE   CERBÈRE  97 

donent  a  beivre  a  lor  fillastres.  ijclÀ^'  -iiLLâ^ 
Quant  Cerberus  vit  eels  venir, 

forment  comença  a  glatir,  oUfte^ft^ 

trestoz  enfers  en  resona; 
i^ji^u/^^   ,  .2590    de  maltalent  se  lieriça.  •^^^U.^aa.   a«>v  p»U. 
]  cUf>*^         Les  colovres  se  comoveient  ^  '  oAiJcynh 

ki  environ  son  col  esteient, 

ne  eessoent  d'aguilloner  jO-iAu»^ 

ne  de  frémir  ne  de  sibler.    f^H^t  *>' 
2595     Si  grant  peor  ot  Eneas, 

n'osa  avant  aler  un  pas; 

s'il  le  dota,  ne  m'en  merveil. 

La  prestresse  dist  a  conseil  i,^->  ^olùaxJi 
É  entre  ses  denz  tôt  bêlement  ûi»u.tA^rru>^r^ 

^rumuÀA,     2600    Ain  charme  et  un  enchantement; 

fi'.A^o<LAA/r<k^m^.p^-q^^  jj  charmes  fust  feniz,    ftA)tk/^vt   Jm4. 

fu  Cerberus  bien  endormiz; 
^  ^  il  est  colchiez  toz  en  reorte   éiLL^rv   iorL/rr\^   cL  .u->-uâ- 

û.   C^it  (^      en  sa  fosse  joste  la  porte.         i^itufincM^  +o\dux,  .^^^ 
2605    La  porte  passent  ambedui  AJJj.-  "irrxx^rra. 

seUrement  dejoste  lui.    ô.  toi*-  4^ 
Quant  il  furent  oltre  passé, 
premièrement  i  ont  trové 
les  compaignies  des  enfanz. 
2610    des  petitez,  des  alaitanz,   •i%:hi/rif^ 
cels  que  as  mères  toli  mort; 
braient  et  crient,  plorent  fort; 
iluec  aveit  noise  molt  grant 


2586  D  suellent  doner;  GEFI  omettent  le  second  a.  —  2587  sans 
alinéa  dans  GEFD;  HI  les  v.  v.  —  2591  A  san  c,  DHI  ses  c,  G  se  hiri- 
coient.  —  2592  HI  ses  cox,  D  son  chief,  A  le  col,  G  lor  cols.  —  2594  HI 
sifler,  EF  cifler,  G  trambler.  —  2596  E  aler  avant.  —  2597  D  se  il  d.  -  - 
2599  taxis  les  mss.  (sauf  A)  tôt  bêlement  e.  s.  d.  —  2600  tous  les  mss. 
(sauf  A)  enchantemens.  —  2601  HI  son  cli.  —  2602  D  sest  C,  EFG  Cer- 
berus est  (G  fu).  —  2603  HI  sest.  —  2604  A  en  sa  roiffe,  G  en  la  f.;  HI 
delez  la  p.  —  2605  Alinéa  dans  D.  —  2608  HI  si  ont  p.  t.;  G  seurement.  — 
2609  HI  la  compaignie;  D  aus  e.  —  2611.  A  cals  quas  nieres  tolirent 
mors;  EFD  c.  qui;  G  cels  dont  les  mères  orent  m.  —  2612  HI  et  p.  c.  f., 
E  p.  c.  et  b.  f.,  F  p.  et  c.  b.  f.  —  2613  EF  ouiettent  molt. 

Bibliotheoa  Norinaanica  IV.  7 


, 


98  ÉNÉE 

del  duel  que  meineiit  li  enfant. 
2615        Minos  getot  enprés  ses  sorz  (M-UxA^  cuu.  ^^u 
4/4.CLfmi/rMit  et  enquereit  la  vie  as  morz; 

a  chascune  ame  sortisseit 
^^Uierr^>  sone  ce  que  deservi  aveit: 

les  buens  enveie  es  sues  ehani^, 
2620     les  mais  tramet  sofrir  ahans.  cLtMJbu^^'^^  t    A**- 

Eneas  est  avant  alez, 

enz  en  un  val  a  eels  trovez 

ki  por  amor  perdirent  vie; 

de  eels  i  ot  grant  compaignie. 
2625     Entre  les  altres  i  eonut 

celé  ki  por  s'amor  niorut: 

ce  fu  la  dame  de  Cartage. 

Molt  fu  dolenz  en  son  eorage,  ] 

que  morte  esteit;  il  s'abandone   jcjl.  f^-Aur  eU^ 
2630    vers  la  dame,  si  l'araisone,. 

«Dame",  fait  il,  „por  meie  amor 

avez  sofert  mortel  dolor, 

ge  vos  sui  adieisons  de  mort,    tft-«<Afl> 

mais  ge  n'i  ai  colpes  ne  tort. 
2635     De  vos  parti  estre  mon  gre 

et  senz  la  meie  volenté, 

et  si  vos  jur  par  toz  les  deus 

del  ciel  et  par  les  inferneus, 

ne  fu  par  mei  que  vos  guerpi; 
2640    molt  a_enviz  de  vos  pai*ti.     û.  ruuafjiL 

Li  departirs  me  fu  contraire,   oLlàclxi  r\eU>iL       i 

mais  ge  nel  poi  altrement  faire:  ■ 

2614  GHI  brait.  —  2515  sans  alinéa  dans  HI.  F  sen  sort.  —  2616 
et  2617  sont  omis  dans  EF.  —  2618  HI  selonc  que;  EF  selonc  ce  que 
servi  avoit.  —  26 1 9  HI  omettent  enveie  ;  I  es  délicieux  ch.,  H  en  esliseus 
ch.,  D  en  ses  ch.  —  2621  Alinéa  dans  DHI.  —  2622  A  omet  un;  G  e.  el  v.; 
D  lieu.  —  2624  G  i  a  grant  manantie.  —  2625  A  a.  bien  c.  —  2626  GAE 
celi.  —  2627  et  2628  sont  omis  dans  HI.  —  2629  DEFG  qui;  EFG  si  s.  ~ 
2630  G  a  la  d.  —  2632  A  aviez.  —  2634  G  oi  certes  nul  tort.  —  2635  D 
outre  m.  g.  —  2636  A  et  encontre  ma  v.  —  2637  HI  bien  le  vos  jur;  D 
ice  jure;  EF  et  ce.  —  2638  GI  denfer;  I  et  par  les  diex  des  ciex.  —  2639  HI 
parti.  —  2640  A  a  grant  poines,  G  a  grant  dolor,  HI  a  grant  enui;  G  nieu 
départi;  HI  guerpi.  —  2641  G  men.  —  2642  HI  in.  ne  le  poi. 


VOIT  DIDON  99 

ainsi  m'aveient  comandé 

li  deu  del  ciel  et  bien  mandé. 
2645     Par  lor  cornant  resui  venuz 

en  icest  règne  et  deseenduz; 

quant  ge  de  vos  me  départi, 

ne  cuidai  pas  que  fust  ainsi, 

ne  trovesiez  aleun  confort 
2650    ki  vos  pleiist  mielz  que  la  mort." 
Quant  Dido  l'ot  ainsi  parler, 

ele  nel  pot  one  esguarder,  f\jLA»/vdJ-^ 

car  molt  li  esteit  enemie; 

enz  en  un  bois  s'en  est  fuie 
2655     0  Sichetts  ses  sire  esteit, 

ki  en  s'amor  a  graignor  dreit. 

Por  ce  qu'el  li  aveit  mentie 

la  fei  que  li  aveit  plevie, 

ne  s'osot  pas  vers  lui  torner, 
2660    ne  ne  l'osot  dreit  esguarder,  ot/v^Lè 

ne  près  de  lui  ne  s'aprismot: 

por  son  forfait  se  vergondot.  A^ttixtAtru^ 

Avant  al  a  li  Troïëns, 

ne  demora  guaire  de  tens 
2665     qu'il  vint  en  icel  champ  o  furent 

cil  ki  par  bataille  morurent, 

ki  maintindrent  chevalerie 

ça  de  desus  tote  lor  vie. 

En  icel  champ  ert  Adrastus, 
2670    Polinicés  et  Tydeus, 

Ipomedon,  Partonopeus, 

Amphiaraus  et  Capaneus. 

2613  F  et  si;  D  le  m.  mande.  —  2644  D  et  comande.  —  2645  G 
par  le  c.;  A  siii  ci  v.,  E  1  sui  v.,  F  me  s.  v.,  G  men  siii  v.  —  2646  DHI 
cest;  EG  en  cestui  r.  —  2648  HI  quil.  —  2649  HI  que  neussiez.  —  26-51 
EFG  la  oi  p.  —  2652  A  el  nel  pot  onques;  GE  aine,  F  ains,  D  plus; 
EFG  regarder.  —  2654  HI  dedenz  un;  y  en.  —  2656  DHI  ot;  A  maior, 
EFG  mlllor.  —  2657  HI  mes  por  ce  que  11  ot  m.;  G  quele  li  ot  m.  — 
2656  A  quel.  —  2659  E  ne  s.  envers  1.  t.  —  2660  GFHI  el,  E  et;  GE  nis 
agarder,  A  mie  e.  —  2662  HI  meflfait,  —  2663  Alinéa  dans  IF.  E  Tant 
a  aie,  GF  Atant  san  va.  —  2664  G  ni  d.  —  2665  D  que  vint  en  ce  cb. 
ou  il  f.  —  2667  D  tote  lor  vie.  —  2668  D  chevalerie.  —  2669  D  fu.  — 
2670  HI  Ipomedon  et.  —  2671  HI  Polinicés. 


100  LA   CITÉ 

Molt  vit  de  cels  de  son  païs 

ki  a  Troie  furent  ocis; 
2675     entor  lui  sont  tuit  acorn, 

de  totes  parz  i  sont  venu. 

Vient  i  Hector  et  Priamus, 

vient  i  Paris,  Deïpliebus, 

plusor  altre  de  son  païs. 
2680    Ne  lor  osot  torner  le  vis, 

tant  com  poeit  se  reseonsot  Çmâ^  cc^tJ^JU^  ) 
^  et  envers  els  se  vergondot,     ^/i^t-t^Aj) 

^  ^j.fr\j  cUJ  (X    A.   Xa,         por  ce  qu'il  s'en  enbla  fuitis   .luAt^tV 
dju^-^ix^       d'entr'els,  quant  il  furent  ocis.  ' 

2685     Enprés  vint  la  chevalerie 

de  la  Grezesche  compaig-nic: 

iluec  ert  li  proz  Aïaus, 

ensenble  lui  Protheselaus, 

Agamemnon  et  Achillés 
2600     et  Menelaus  et  Titidés. 

Quant  le  virent  armé  li  Gre, 

il  se  dotèrent  que  li  de 

euveié  l'aient  por  venjauce 

de  la  Troiene  trebuchance;    cUJcJJ^ 
2695    il  comencierent  a  fuir, 

quant  le  virent  vers  els  venir, 

senblant  faiseient  de  crier, 

si  ne  poeient  mot  sofier.  ^ùb^^jMjuJ 
Desor  senestre  a  cil  guardé, 
2700    si  vit  une  molt  grant  cité: 

ce  est  la  maistre  sjez  d'enfer.  /ijuÂrCU^nc^L. 

2673  GF  i  vit  gent.  ~  2674  D  en  T.  —  2675  DEF  s.  cil  a.,  G  sont 
acoreu.  —  2677  GEF  vint.  —  2678  GEF  vint.  —  2680  DHI  ose,  E  osa. 
2681  et  2682  omis  dam  D.  HI  reponoit.  —  2683  HI  que  il  senbla. 
2684  EF  q.  furent  tôt  o.  —  2685  GEF  vit.  —  2686  HI  greioise,  GD 
griesche,  EF  grivoise.  —  2687  GEFD  estoit.  —  2688  HI  et  avec  lui 
(I  aux),  D  e.  o  1.  —  2690  HI  Thelamon  et  Diomedes,  E  M.  et  Dioiuedes, 
G  et  M.  et  Ulixes;  EF  omettent  le  premier  et.  —  2691  Alinéa  dans  D. 
2693  D  laient  tramis  la.  —  2697  G  et  samblant  fisent.  —  2698  GHI  mais 
ne;  G  porent  .i.  m.  s.  —  2699 -A  Sor  s.  ra;  sans  alinéa  dans  D.  —  2700  HI 
une  bêle  cite;  D  fort;  EF  omettent  molt.  —  2701  HI  ciert  la  m.  cite;  D 
la  maistresse  d. 


DÉS   TOURMENTS  101 

Li  mur  esteient  tuit  de  fer, 

une  eue  ardanz  cort  environ, 

Flegeton  a  li  flueves  non. 
2705     En  la  cité  a  cil  oïz 

et  plors  et  braiz  et  m  oit  granz  eriz 

et  batemenz  et  molt  granz  peines, 

le  son  d'enfer  et  des  chaeines; 

molt  i  aveit  mortel  dolor. 
2710     De  ce  qu'il  ot  ot  grant  peor, 

arestut  sei,  si  escolta 

et  la  prestresse  araisona. 

„Dame",  fait  il,  ,,que  puet  ce  estreV 

Molt  oi  granz  criz  ça  sor  senestre, 
2715     une  cité  vei  ci  molt  grant, 

environ  cort  une  eue  ardant; 

de  la  oi  criz  et  batemenz    A^j*tirvo.,  Uà.  •i>uXO\jL. 

et  molt  granz  peines  et  tormenz." 

La  prestresse  dist  al  vasal: 
2720    ,,Ne  te  puet  dire  oem  mortal 

la  grant  dolor  ki  est  lai  enz, 

ne  les  peines  ne  les  tormenz; 

oem  ki  vive  ne  te  puet  dire, 

quel  duel  i  a  et  quel  maiiiire,  ^ra^i^vi'wu.  ^   Au^^t  l'cç 
2725     mais  gel  sai  bien,  qu'i  ai  esté, 

qu'i  ai  vette  la  cité; 

Thesifone  la  me  mena, 

totes  les  peines  me  mostra. 

Radamantus  a  cil  a  non 


2702  D  les  murs  en  e.  d.  f.,  F  1.  muier  e.  d.  f.  —  2703  A  une  ardant 
e.;  D  yave  a.  coroit;  HI  art  e.  —  2704  D  ot;  HI  celé  eue  n.,  EF  cil  flus 
a  n.  —  2706  HI  granz  p.  granz  b.,  A  et  p.  et  plainz,  EF  et  b.  et  p.;  I 
omet  molt.  —  2708  I  les  sons,  G  les  ondes;  y  del  fer  (G  de  fer,  H  des 
fers);  G  omet  et.  —  2710  Gag.  p.  —  2711  HI  arestez  sest;  FD  aresta.  — 
2713  AGEF  ce  que  p.  e.  —  2714  D  ci;  HI  sus  s.  —  2715  DGEF  i  voi.  — 
2716  D  e.  est.  —  2718  HI  omettent  molt,  et  granz  tormenz.  —  2720  HIGEF 
Nel;  EF  N.  puet  ond.;  G  N.  pueent  d.;  mss.  home.  —  2721  GEF 
les  grans  dolors  ne  les  tormens.  —  2722  GE  qui  sont  laiens,  F  ne  les 
ahans.  —  2723  lEF  nel;  G  ne  poroit  d.  —  2724  HI  le  (H  ne)  duel  qui  est 
ue  le  m.;  EF  ne  q.  m.  —  2726  HI  et  lai  veu  et  esgarde.  —  2729  F  ot. 


102  LA   CITÉ 

2730    ki  est  sire  de  cel  donjon; 

iluee  fait  ses  cruciëmenz   Jé^ouyi^'mA.fnM^ 

et  ses  flaels  et  ses  tormenz: 

la  sont  tor mente  li  jaiant 

ki  par  orgoil  et  par  bobant  (xu>^aju^lL 
2735    voldrent  par  force  el  ciel  monter 

et  toz  les  deus  deseriter. 

Un  en  i  a  ki  volt  gésir 

0  Diane  et  li  honir; 

icil  ot  a  nom  Tieilis, 
2740    il  gist  envers,  et  de  desus 

sor  sa  peitrine  a  un  voltor   vùJjdtrtuo 

ki  le  manjue  nuit  et  jor 

le  cuer  et  tote  la  coraille;  tmshù!ii.i»<^t 

ja  n'iert  que  cil  tormenz  li  faille, 
2745     car  quant  que  li  voltors  manjue, 

tost  est  l'entraille  recreue. 

Enmi  une  eue  est  Tantalus; 

jusqu'à  la  gole  de  desus    toLUJt.  -  1 

P^^tlcU^t^    li  dépendent  li  chargié  raim,  h-\cuiritJ\A^   cAa'1 
2750    de  seif  se  desvë  et  de  faim, 

ne  de  l'eue  ne  puet  goster, 

ne  des  pomes  une  adeser.  /ôlc^Aa^ 

Iluec  sont  li  torment  divers, 

molt  par  est  laiz  icil  convers, 
2755    la  sont  les  peines  permananz, 

et  li  travail,  les  puors  granz;  pAjLAftM  ^^  \^i 

icil  torment  sont  pardurable.  jâV^^^/y^aX^ 

Iluec  a  un  feu  permanable, 


2730  I  renon.  —  2731  D  les  c.  —  2732  I  et  s.  paines  et  s.  t.,  G  et  les 
f.  et  les  t.  —  2735  GHID  al  c.  —  2736  I  et  1. 1.  d.  voult  déserter.  —  2737 
A  ot.  —  2738  F  avoec  D.,  DI  a  D.  —  2739  I  icelui  an.  —  2740  I  as 
denz,  H  adenz.  —  2741  HI  sus;  IGEF  la  p.  -  2742  EF  m.  et  nuit.  — 
2743  A  piz;  F  et  contre  1.  c.  —  2746  HI  est  tost  ariere  revenue.  ^- 
2748  D  desque,  GEF  tresqua.  —  2749  et  2750  intervertis  dans  F.  D  la 
pendent  jus,  GEF  la  d.;  A  cli.  li  r.  —  2750  G.  se  muèrent.  —  2754  EF 
icis  înfiers.  —  2756  D  les  t.  et  les  p.  g.,  G  les  paors  et  les  paines  g.;  EF 
poors.  —  2757  HI  s.  molt  penable,  GEF  s.  permanable.  —  2758  EF  siet; 
GEF  pardurablc. 


DES  TOURMENTS  103 

n'en  ist  lumière  ne  clartez, 
2760    il  art  et  brusle  les  dampnez, 

il  les  oscurë  et  tormente, 

ne  de  repos  n'ont  cil  atente;  tu./it£Jtt*nJLé^ 

il  sont  en  mal  et  en  dolor 

et  molt  les  çrucig  peor:    7*j>t*-v>*»A/rv<4-. 
2765    peoros  sont  et  sofrent  mal. 

Ainsi  ne  sont  pas  li  mortal: 

quant  alcuns  crient  un  grant  torment,  -foixA/rr^ù^rJ^ 

la  peor  pert  des  qu'il  la  sent, 

mais  cels  crucie  la  peor 
2770     comunement  o  la  dolor; 

li  mal  sont  grant  et  peoros, 

li  feu  ardant  et  tenebros. 

A  fin  les  traient  li  torment, 

il  durent  senz  definement.   aa/tva.   -P^^*^ 
211b    Iluec  vit  morz  et  fins  comence, 

definement  i  a  creissence,  C/tdù^Aorifiju 

destrucion  restorement;  /\jJt>U>CUA>L''»r\j»^irU^ 

ne  fait  peors  por  le  torment, 

molt  les  tormente  et  crucie, 
2780     et  il  ont  pardurable  vie,    i/ia.  ^iJ^fcvïofl^^ 

a  fin  les  trait  parfitement  pùuUpiiU-'rnA.^rjL 

et  dure  permanablement. 

Cil  sont  torné  de  devers  destre, 

la  cité  laissent  a  senestre, 
2785     Eneas  a  le  raim  laissié, 

2759  HI  n.  iert.  —  2761  HI  i.  1.  art  et  il  les  t.  (I  et  si  1,  t.);  G  oscur- 
cist.  —  2762  A  de  nul  repos  ni  ont  a.;  F  il  ;  HI  n.  nule  a.  —  2763  HI  en 
torment  s.  —  2764  F  cursie;  AG  puer.  —  2766  E  nen  ont  repos  ni  .i. 
iournal.  —  2767—2775  sont  omis  dam  E.  G  voit  le  g.;  A  le  fort  t.;  F  c. 
con  fait  t.  —  2768  A  puor;  D  quant;  AFG  tresquil.  —  2769  A  puor;  GF 
crucient  les  paors;  I  tormente.  —  2770  D  et  1.  d.,  GF  od  les  dolors.  — 
2771  D  et  a  pavors.  —  2773  HI  nés  t.  —  2773  G  si  vivent.  —  2777  G 
destorement.  —  277S  y  ne  (G  ni)  f.  por  fu  ne  por  t.;  D  p.  nulz  tormenz. — 
2779  DEF  mors  les  t.,  G  li  mors  les  t.  —  2780  H  et  si  ont,  D  et  y  ont.  — 
2781  et  2782  sont  omis  dans  A.  D  definement,  G  defitement.  —  2782  D 
cil  d.,  EF  il  d.;  DF  durent,  E  durront;  G  et  vivent.  —  2783  sans  alinéa 
dans  D.  HI  Atant  se  tornent,  G  Cil  sen  toruent;  DE  par  d.  d.,  G  de- 
vers senestre;  GHI  omettent  de.  —  2784  G  ont  laie  a  destre.  — 
2785  A  son  r. 


104  LES   CHAMPS 

-^K^4A.^^CAMain)  fjj^^^^^    el  fore  des  veies  l'a  fichié;  jIm^  t  /UA^rJUe  , 

iluec  les  soleient  laissier  ^^ci^ 

cil  ki  erent  venu  premier, 

ki  en  enfer  suelent  descendre; 
2790    la  reine  les  fait  la  prendre. 

Tant  est  alez  li  Troïëns, 

qu'il  vint  as  chans  Elisiëns, 

iluec  0  li  buen  home  esteient 

ki  nule  peine  ne  senteient. 
2795     En  icez  chans  aveit  clarté 

et  grant  repos  et  grant  belté, 

soleil  et  lune  i  aveient. 

en  grant  dolçor  iluec  esteient. 

Li  champ  erent  flori  trestuit, 
2800     grant  joie  i  a  et  grant  déduit; 

iluec  joent  a  la  palestre,  pc 


iuit;  4o^ 


toz  tens  i  a  leece  et  feste.     -icrU, 


Cil  n'esteient  pas  corporel, 
ainz  esteient  esperitel; 
2805     alquant  chantoent  et  sailleient, 
a  grant  délit  se  deduieient; 
/  ,û^Wvrv4A,\  n'i  conversot  nus  des  dannez 
"  en  icez  chans  benelirez, 

mais  li  buen  home  ki  guarderent 
2810    dreiture  et  les  deus  enorerent.     -^i^-tJi-^fu^ 
Quant  venuz  est  li  Troïans 
0  la  prestresse  es  sues  chans, 
ses  ancesors  i  a  veiiz, 
de  eui  ligniee  ert  descenduz; 

2786  HI  en  un  quarefor  1.  f.;  A  es  fors;  F  la  ciet,  D  est  f.  — 
2787  HI  le  s.  —  2788  HI  seulent  venir  p.  —  2789  DGEF  voelent.  — 
2790  D  li,  GHI  le.  —  2791  Alinéa  dans  U;  GEF  a  aie.  —  2792  A  es  c.  - 
2794  HIE  soufroient.  —  2795  E  plente.  —  2796  HI  omettent  et,  g.  r.  et 
beneurte;  E  clarté.  —  2797  G  lunes.  —  2799  D  fiirent,  F  i  sont;  HI  trestot.  — 
2800  HI  g.  j.  i  a  tôt  tens  a  bot;  E  ont,  DGF  ot.  —  2802  III  tout  jors;  EG 
et  jeu  et  f.  —  2804  HIF  aincois  e.  spiritel;  G  spirituel.  —  2805  HI  li  un 
c.  et  jooient;  F  saloient  et  c.  —  280G  G  déduit;  GD  demenoieut.  — 
2807  A  ne.  —  2808  y  bons  eurez.  —  2809  et  2810  sont  omis  dans  III. 
D  gardoient.  —  2810  D  honnoroient,  GE  aorerent.  —  2811  Alinéa  dans 
HI.  —  2812  F  en  ses  c. 


ÉLYSÉES  105 

2815    li  ancien  ki  firent  Troie 

iluec  esteient  a  grant  joie. 

Avant  ala,  si  vit  son  père 

ki  sor  la  rive  d'un  flum  ère,  -jJjLu-^^y^^ 

0  il  anomhrot  ses  nevoz,     {_c.ûr)nn.jpi-*j^) 
2820    ki  a  venir  erent,  trestoz. 
(Li.-'oti.^u.ytx-'^  o^^En  cure  ert  d'els  apareillier,    o^ùj^cÀJÀm^ 

eom  deveient  naistre  premier, 

veit  les  toz  ordeneement,  ji^ru  ^a^//u^ 

si  com  de  l'un  l'altre  descent,    OA.^ruj'-   9M^ 
2825    pères  avant  et  fiz  enprés;  e*-^uu^ 

ainsi  ordenot  Anchisés. 

com  la  ligniee  deit  descendre; 

icil  aveient  cors  a  prendre, 

et  de  cel  règne  sozterrain 
2830    deveient  naistre  el  soverain. 

Quant  vit  que  venuz  ert  ses  iiz 

parmi  les  enfernals  periz,  ^hjuCJLl' 

plore,  sospire  de  pitié; 

des  deus  d'enfer  aveit  eongié 
2835     que  a  son  fil  poeit  parler, 

respondre  et  lui  araisoner. 

Andeus  ses  braz  vers  lui  estent,  .zj^c^nxi^ 

si  l'aparla  premièrement:    curtyxdù^ 

„Fiz  Eneas,  or  sai  et  vei, 
2840    quant  venuz  estes  ci  a  mei. 

que  piëtez  venqui  peor,      ^/uA^e- 

Atendu  vos  ai  ja  maint  jor, 

car  bien  saveie  senz  dotance,  x^s^ru^  citnxé^ 

2815  et  2816  sont  omis  dam  GEF.  —  2818  HI  sus;  D  fluef.  —  2810 
I  abuuroit.  —  2823  HI  et  puis;  GHI  tôt.  —  2821  HI  con  li  uu;  G  s.  c.  luns 
de  1.  d.  —  2825  HI  devant.  —  2826  G  ensis,  HI  a.  les;  HI  ordane,  DEF 
ordone.  —  2828  HI  tuit  cil,  E  u  il.  —  2829  HI  et  du  règne  aval  souerain: 
D  de  celui  r.  —  2830  HI  doivent  n.  cil  sousterrain;  A  al.  —  2831  A 
voit  que  venuz  est;  D  fu.  —  2832  I  pertuis.  —  2S33  DEFHI  p.  et  s.  — 
2834  FD  de  d.  —  2835  A  peust.  —  2836  A  et  als  araisoner.  —  2837  G 
a  lui.  —  2838  HI  lapela.  —  2839  Alinéa  dans  D.  —  2840  I  que  v.  es 
ceanz  pour  moi,  D  que  e.  ca  v.  por  m.;  H  v.  es  cajus;  GEF  ca.  —  2841 
F  car;  HI  de  pitié  as  v.  p.  (omettent  que);  D  pitié;  E  a  vencu.  —  2842 
HI  Je  tai  ja  atendu  m.  j.  ;  E  Car  a.,  ja  est  omis.  —  2843  HI  car  tôt  tens 
avoie  espérance, 


106 


ENEE 


toz  tens  aveie  en  espérance, 
2845     (lue  vendreies  a  mei  parler; 

ue  iinoe  des  tens  nombrer, 

que  deveies  ça  jus  descendre;    1^  isou>^ 

ma  pensée  ne  puis  reprendre,  -ùtA^rru^ 

que  ele  aveit  tôt  porvett:    ùrU^ru^ 
2850    el  ne  m'a  mie  decett. 

Fiz,  molt  avez  sofert  peors, 

mais  et  travalz  et  granz  dolors, 

molt  me  dotai  de  cel  ostage   J\.ci^^fxihUXd-e^ j 

que  vos  etlstes  en  Cartage, 
2855     n'en  guerpissiez  tôt  vostre  afaire, 

0  vos  tornast  a  grant  contraire." 

„Pere",  ce  respont  Eneas, 

.,ge  ne  poeie  laissier  pas, 

ne  venisse  parler  a  vos, 
28(50    sovent  en  erë  angoissos, 

vostre  image  me  destreigneit   j^t^tx^^/mja.^'ihcùJL  ^ 

ki  tote  nuit  m'aparisseit. 

As  Sickains  porz  ai  deguerpie 

tote  ma  gent  et  ma  navie,  >ru^  sieuMA^jeu*^ 
2865    parler  sui  ça  venuz  a  vos 

parmi  enfer  le  tenebros." 
Eneas  plorë  et  sospire, 

a  celé  feiz  ne  pot  plus  dire, 

ses  braz  li  volt  al  col  geter 
2870    por  lui  estreindre  et  acoler,    j^J^uù^ruO^Ji' 

l'image  fuit,  qu'il  ne  la  prent, 


2844  et  le  savoie  sans  dotance,  D  de  touz  temps  a.  espérance,  E  et 
si  a.  mesperance,  G  et  1. 1.  a.  espérance;  F  omd,  en.  —  2845  d  2846  sont 
omis  dans  A.  FD  que  vos  venries.  —  2846  HI  du  t.  —  2848  A  nen.  — 
2850  EF  si  ne;  D  ele  ne  ma  pas  d.  —  28.ïl  G  dolors.  —  28.52  HI  m.  et  t. 
paines  d.;  A  poines  t.;  G  fors  paors.  —  2853  F  hontage.  —  2854  EF  feistes; 
GEFD  a  C.  —  2855  A  perdissiez;  G  no  a.,  FI  nostre  a..  —  2856  DHI 
molt  vos,  G  si  vos.  —  2857  Alinéa  dans  HI.  —  2758  HI  je  nel  voloie; 
D  nel.  —  2859  I  se  v.  —  2860  GHI  s.  e.  estoie.  —  2863  I  As  seur  port, 
H  As  seurens  pors,  D  As  soren  p.,  G  As  comains  pors;  AF  A  S.  p.  — 
2864  FDI  mesnie.  —  2865  HI  ca  sui  venuz  p.  a  v.,  G  venus  sui  ja  parler 
a  V.  —  2867  sans  alinéa  dans  DHIEF.  G  p.  si  s.,  HIE  p.  et  si  s.  — 
2S(;9  (tT  son  b.;  A  an  col  li  volt.  —  2870  A  omet  lui.  —  2871  G  qui  ne  latent. 


VOIT   SON   PÈRE  107 

semblant  a  songe  o  a  vent.  ^    ^ 

Avant  un  poi  est  cil  alez,       ^'>«-^  A-'i.^v^jfe. 

en  un  moneel  est  arestez,     cMÂJivxjt^ 
2875     cels  apela  dejoste  lui;     û-   cÈ^  cU~ 

la  s'aprismierent  ambedui, 

et  la  dame  et  li  vasal 

qu'el  eonduieit  la  jus  aval. 

„Fiz  Eneas,  voil  tei  mostrer 
2880    ta  ligniee  tote  et  nomer 

cels  ki  a  naistre  sont  de  tei: 

empereor  seront  et  rei." 

„Sire",  fait  il,  „ge  voil  saveir, 

se  ce  puet  estre  donkes  veir,  ûJL&\.^ 
2885     que  cil  ki  ore  sont  ça  jus  JjU.    -drô-A-» 

pregnent  ja  mais  cors  la  desus 

,^uu,ii>b-  cuuj^       ^*  ^i®"*  ^^^*°^^  corporel, 
'^f     paf^Mff^j^^^^\\^\ç.  seient  et  mortel." 

Cil  h  respont:  „riz  Eneas, 
2890    ja  mar  de  ce  te  doteras, 

ge  te  dirai  la  vérité, 

ne  te  sera  par  mei  celé. 

Icil  ki  muèrent  la  desus 

en  enfer  vienent  tuit  ça  jus,  .^^cji  i^cu^ 
2895     sonc  ce  que  chascuns  deservi,    aê-^^^-v 

tant  dementiers  que  il  vesqui;    ùMr\Aav^    ju- 

car  de  desoz  li  est  rendu. 

Tant  com  vesqui  se  buens  oem  fu, 

ne  sofre  peines  ne  ahans, 


2S72  HI  semble  que  soit  ou  s.,  G  alsi  com  ce  fust  s.;  EFD  et  a 
V.  —  2873  HI  Cil  est  .i.  pou  avant  a.,  EF  Quant  .i.  poi  est  cis  alasses, 
A  A.  est  Anchises  a.  —  2874  HI  sus;  A  sest  acostez.  —  2875  DGEF 
apele.  —  2876  G  saresterent.  —  2877  A  prestresse:  HIAD  le  v.  —  2878  I 
leanz;  H  ou  val.  —  2879  A  te.  —  2880  EF  ta  1.  tote  n.  (F  mostrer);  G  et 
tote  n.,  A  et  toz  n.  —  2882  GEF  erent.  —  2883  Alinéa  dans  EF.  F  iel  v.  — 
2884  D  si  celle  gent  seront  ton  hoir;  E  auques;  G  donques  e.  —  2886  I 
ore  cl.;  F  de  la  sus.  —  2887  D  que  a.  —  2888  D  pansible,  y  pas- 
sible. —  2890  H  ce  en  d.,  A  ce  mes  d.;  GF  ja  mais  de  ce  mar  d.  — 
2891  A  ten;  E  d.  de  v.  —  2894  I  en  vont  tuit  c:  GE  casus.  —  2895 
FHID  selonc  que.  —  2896  H  dementre,  GID  dementres.  —  2897  HI  la 
de  desus  li  fu  r.  —  2890  EF  ne  sueffrent  paines  ne  abans;  GUI  peine. 


108  DISCOURS 

2900     ainz  vient  es  Elisiëns  chans. 

Cil  ki  furent  de  maie  vie, 

ki  toz  tens  firent  vilenie, 

sofrent  les  mais  et  les  tormenz, 

les  feus  et  les  cruciëmenz;  ^^^tjUi^^mB^rJ^ 
2905     quant  il  ont  tôt  espeneï  i/^LpilL- 

le  mal  qu'aveient  deservi 

et  par  peines  et  par  ahans, 

puis  vont  es  Elisiëns  chans, 

puis  sont  ici  en  grant  dolçor 
2910     et  en  repos,  n'ont  puis  dolor. 

Quant  i  ont  pièce  conversé,    ûjLLO.ifuit'M/rn^;^^ 

et  il  lor  vient  a  volenté 

que  il  vuelent  aler  lai  sus, 

une  eue  a  en  enfer  ya  jus,    (o-^e^tAriA/ij) 
2915     uns  oem  i  est  ques  en  abeivre,    =  ^f^*"""  "^"^^ 

et  quant  de  l'eue  les  deseivre,  ^m^cuu-hj^ 

ne  sevent  rien  dire  lai  sus 

de  quant  qu'il  ont  trové  ça  jus,  ^tsuM   CLjL.   a 

ja  puis  a  nul  ne  memberra 
2920    de  tôt  ice  que  ça  jus  a. 

Li  deus  les  met  de  recbief  fors,     oU.  yxâUAji 

la  sus  revont  prendre  humain  cors. 

Veiz  en  ici  grant  compaignie 

ki  deivent  prendre  mortel  vie, 
2925     ki  te  seront  fil  et  nevoz, 


2900  A  puis;  D  vait,  EF  muent;  HI  celestiens.  —  2'J02  GEF  et  tos 
iors;  D  que  1. 1.;  EFHI  félonie.  —  2903  GEF  s.  grans  paines  ot  t.;  D  et 
les  travax.  —  2904  I)  fainz;  HI  omettent  et.  —  2907  HI  omettent  et, 
par  soufrir  paines  et  a.  —  2909  HI  illoques  s.  en;  G  et  sont.  —  2910  FD 
nuit  et  jor;  G  puis  nont,  A  plus  nont.  —  2911  HI  q.  grant  pièce  i  ont  c., 
D  q.  il  ont  .i.  po  c.,  GEF  q.  il  ont  po  se  c.  —  2912  F  vint;  DEF  en 
volonté.  —  2914  GD  un  floeve.  —  2915  A  remplace  les  vers  2915—2919 
par  deux  autres  vers.  V.  les  notes.  D  un  diex  qui  y  est  les  a.,  E  qui 
molt  est  boine  et  douche  a  boivre,  F  uns  qui  illeuques  est  a.,  G  cil  qui 
la  est  les  en  abeivre.  —  2916  F  descoivre.  —  2917  HI  sauront.  —  2918 
D  quanque  ont;  HI  ont  eu  c.  —  2919  GEDHI  neu.  —  2920  HI  de  quant 
que  il  c.  j.  aura.  —  2921  G  len  lu.  — ^  2922  HI  vont.  —  2924  DGEF  prendre 
d.  —  2925  et  2926  viennent  après  2928  dans  HI.  HI  et  tes  filles  et  tes 
nevous. 


d'anchise  109 

veiz  les,  ges  te  nomerai  toz, 

mosterrai  tei  eom  il  vendront, 

tôt  en  ordre  eom  il  uaistront. 

et  enprés  ce  te  nonaerai     o^ûa-^-a-^ 
2930    tes  batailles,  et  te  dirai 

les  mais  que  t'estovra  sofrir, 

ainz  que  puisses  a  ce  venir.      a.vA^>o^   ^<-«-<- 

Cil  dameisels  ki  celé  lance 

tient  en  sa  main  par  conoissance,  yno^^ocdi'  j  -ù-t-^ru^ 
2935     cil  ira  primes  de  ça  jus 
yùu.fOAAÀjU'i^éi  soverain  air  la  desus;    cû^ 

Lavinia  l'avra  de  tei 

ki  est  fille  Latin  le  rei; 

en  une  selve  cil  naistra    -V^"^^ 
2940    et  Silvius  a  nom  avra; 

il  sera  reis  et  de  reis  père 

et  si  tendra  d'Albe  l'empere. 

Enprés  eestui  quarz  estera 

cil  ki  forment  te  portraira  /i^-^^^-^to/^^s/ia. 
2945    de  nom  et  de  grant  pieté 

et  de  proece  et  de  belté; 

Silvius  Eneas  ait  a  nom, 

molt  i  avra  riche  baron, 

de  lui  naistront  et  rei  et  dus. 
2950    Veiz  celui  la,  c'est  Romolus. 

cil  ert  setmes  de  ta  ligniee, 

par  lui  sera  molt  essalciee; 

2926  I  se  tu  veus  ies  n.  t.;  H  se  veus  ges;  GFD  v.  1.  ja  te.  —  2928 
HI  en  ordre  corn  de  toi  n.;  D  eom  descendront.  —  2929  A  en  après  les 
te  n.;  GEFD  mosterrai.  —  2930  A  et  les  b.  t.  d.  —  2931  A  quil.  —  2933 
Alinéa  dans  HI.  —  2934  A  contenance.  —  2936  A  al;  G  es  premerains  ans; 
HI  de  la  sus.  —  2937  HI  Lavine  si  1.  —  2939  G  ci  n.  —  2941  D  il  sera  des 
rois  emperere;  EF  et  empereres.  —  2942  A  et  dalbe  sera  empereres; 
F  lalbe;  E  lalve  senpere.  —  2943  Alinéa  dans  D.  HI  quant  finera,  D  quant 
resera,  GF  q.  en  sera,  E  un  en  sera.  —  2944  HI  un  qui;  E  omet  cil,  qui  molt 
très  bien  le  p.;  y  porsivra.  —  2945  G  dun  home  de  g.  p.;  I  et  de  molt  g. 
p.  —  2946  DHI  et  de  p.  de  bonté.  —  2947  Alinéa  dans  G.  HI  aura  nom, 
D  aura  a  n.,  GEF  ait  nom.  —  2948  HI  en  lui  a.  —  2950  HI  V.  cel  autre 
ciert  R.,  D  Veez  celui  c.  E.;  EF  cert.  —  2951  I  cel  tierz  si  ert,  H  setismes 
iert,  G  cert  li  semés.  —  2952  HI  par  cetui  sera  e.;  DEF  par  celui  ert. 


110  DISCOURS 

ieil  tuens  niés  Rome  fera 

et  de  son  nom  la  nomera. 
2955     Del  mont  iert  ehiés  eele  citez,    yTneuuhjt^ 

partot  ira  sa  poestez. 

De  la  lig-niee  Roraoli 

et  de  la  ton  fil  Julii 

iert  JuliUs  César  li  proz, 
2960    de  proece  sorveintra  toz;  4.<,<-^^â.4A«-a4. 

sor  le  mont  iert  sa  poestez 

et  puis  l'ocirra  li  senez:  Jjz,  ^ji^yic^ 

ce  est  icil  ki  t'est  promis 

de  par  les  deus,  molt  a  ja  dis. 
2965     César  Augustus  iert  enprés, 

en  son  tens  iert  molt  ferme  pais, 

et  grant  dolçor  et  grant  belté, 

li  monz  iert  soz  sa  poesté." 

Ainsi  li  a  demostré  toz   AJL^iÀ^  j.  A/n/nor^ 
2970     et  fiz  et  pères  et  nevoz, 

si  com  deivent  de  lui  issir    cjDrYy%rmjurJb> 

et  l'uns  avant  l'altre  venir. 

Mostrez  li  a  toz  les  barons, 


de  toz  li  a  fermez  les  nous,    ^uum-*-*-'    cL  ' 
2975     et  bien  li  a  tôt  aconté  ima^rùJ^^ji^  ^àMi 

l'empere  d'Albe'  la  cité, 

qu'il  fera  tote  premeraine, 

et  puis  iert  la  citez  Romaine 

ki  chiés  sera  de  tôt  le  mont, 
2980     si  eir  toz  tens  la  maintendront. 

Tôt  li  a  noncié  Anchisés 

et  puis  li  a  mostré  enprés  cuyuM-^f  jLymuÙJI^ 

les  batailles  que  il  fera 

2953  E  car  il  R.  f.  ;  HI  cil  Romulus  Roume  fera.  —  2954  EF  n.  la- 
pelera  ;  A  et  son  nom  li  anposera.  —  2960  DEF  sormontra,  HKt  les  vain- 
tra.  —  2961  HI  sus;  G  ta  p.  —  2963  A  celui  qui.  —  2964  H  m.  a  de  dis, 
I  m.  a  demis,  EF  ja  a  m.  d.  —  2965  Alinéa  dans  HI.  —  2966  G  icist  tanra; 
F  i.  m.  fermetés..  —  2967  G  d.  ara;  HI  et  g.  plante.  —  2968  A  an  s.  p.  — 
2960  Alinéa  dans  A.  E  II  li  a  d.  trestous;  G  et  si.  —  2970  est  omis  dans 
D.  —  2973  D  ses  b.  —  2974  D  et  de  touz  li  ferma.  —  2975  I  et  tout  li 
a  b.  a.;  F  a  et  a.  —  2978  HI  sera  cite.  —  2979  E  cil.  —  2981  A  niostre; 
D  li  anonca,  HI  li  anonce.  —  2982  A  noncie. 


d'anchise  111 

et  les  travalz  qu'il  soferra. 
2985    Molt  est  danz  Eneas  espris 

de  ce  qu'il  a  iluec  apris, 

molt  se  fait  lié  de  sa  ligniee 

qu'il  veit  ki  tant  iert  essalciee, 

que  li  monz  iert  vers  lui  enclin 
2000    et  régnera  toz  tens  senz  fin. 

Enz  en  son  cuer  en  a  grant  joie, 

oblié  a  le  duel  de  Troie, 

et  nequedent  pensis  esteit    p^tMtJha^rJi- 

des  batailles  que  il  avreit, 
2005    des  mais  que  li  estuet  sofrir. 

ainz  que  il  puisse  a  ce  venir,    ouja^rJ:  Of*-*^ 
Deus  granz  portes  a  en  enfer, 

nen  a  en  nule  fust  ne  fer:    -i^ôi^ 

l'une  porte  est  eborine  é>/r^  i/î/otlA4U 
3000    et  l'altre  enprés  si  est  cornine.  c>^  ùD-^-^n^^ 

Par  ces  portes  issent  li  songe,  Aerï\Al.^ 

et  cil  ki  tornent  a  mençonge 

vienent  par  la  porte  eborine. 

li  veir  vienent  par  la  cornine. 
3005    Par  l'eborine  les  en  meine 

Anchisés  fors,  a  molt  grant  peine 

est  tornez  d'els  et  departiz; 

son  fil  laissa  a  grant  enviz,  a-  f^iù/niL  AfiAAAM- 

mais  il  ne  puet  plus  demorer, 
3010     car  n'a  congié  de  plus  ester; 

et  cil  s'en  vient  par  estoveir, 

2984  A  1. 1.  que  il  s.;  D  que  s.  —  2985  Alinéa  dam  D.  —  2988  HI  quil 
set  qui  ert  si  e.;  D  que  tant;  EF  qui  ert  t.  ;  G  v.  qui  la  tote  essalcie.  — 
2989  F  et  li  m.;  DGEF  a  lui.  —  2990  A  il  r.  —  2992  G  tôt  o.  le  d.  ;  EF  la 
oblie  1.  d.  —  2993  et  2994  sont  omis  dans  HI.  G  et  nonporquant.  —  2994  D 
vouloit,  GEF  veoit.  —  2995  HI  et  les  m.  que  il  doit  s.  —  2996  DGEF  aincois 
quil;  A  ainz  que  viegne  a  terre  tenir;  DGEF  puist.  —  299"  sam  alinéa 
dans  D.  —  2998  HI  en  lune  na  se  f.,  G  il  a  en  lune  ne  f.,  AEF  na  e.  n. 
Ce  vers  est  omis  dans  D.  —  2999  HI  si  est  broine;  GEF  ert.  —  3001  HI 
p  c.  .ii.  p.  i.  s.  —  3002  HI  mes  cil,  F  icil.  —  3003  et  3004  sont  omis  dans 
E.  HI  issent.  —  3004  FGHI  issent.  —  3005  HI  par  eborine  (I  ebroine).  — 
3006  D  A.  a  m.  très  g.  p.;  ED  omettent  fors.  —  3007  D  t.  est,  F  et  t.  — 
3008  GE  molt  a  anuis.  —  3009  y  mais  ni  (EF  ne)  pooit.  —  3010  G  loisir; 
D  parler.  —  3011  et  3012  omis  dans  HIF.    GE  vint,  D  muet. 


112  ARRIVÉE 

car  ja  poeit  del  jor  veeir; 

cil  s'esvanist  en  molt  poi  d'ore. 

Al  départir  Eneas  plore, 
3015    a  sa  maisniee  vient  tôt  dreit, 

ki  a  la  rive  l'atendeit. 

Tant  l'a  la  prestresse  mené, 

que  a  sa  gent  l'a  asenblé,  /iêJjutÛ, 

puis  a  congié  del  vasal  pris, 
3020    si  s'en  rêvait  en  son  païs. 
Eneas  tome  del  rivage, 

en  halte  mer  s'enpeint  a  nage;     nmU:  au  -Iûl.  'vi 

il  traient  sus  sigles  et  veiles,  jfirjur^ 

si  laissent  corrë  as  esteiles.  z/xtIjUa^ 
3025     Et  nuit  et  jor  ont  tant  coru, 

qu'en  Lombardie  sont  venu: 

ce  est  la  terre  et  le  païs, 

que  Jupiter  lor  a  promis. 

El  Teivre  ariverent  lor  nés, 
3030    il  metent  jus  sigles  et  très,   x/rv»  ■ireui-' 

aancré  sont,  mais  ne  saveicnt 

encor,  en  quel  païs  esteient. 

Des  nés  sont  fors  issu  a  terre, 

vitaille  vuelent  aler  querre, 
3035    mais  ne  la  cuident  pas  trover, 

ne  il  n'osent  pas  loing  aler. 

Lor  guarison  prenent  des  nés,  ^tnH.^ur^?->^ 

cel  tant  ki  lor  esteit  remés, 

après  s'asistrent  al  mangier: 
3040    molt  en  aveient  grant  mestier.; 

Del  pain  pristrent  et  des  crosteles,    tn^fuJiiu^ 

3012  G  le  jor.  —  3013  d  3014  sont  placés  dans  G  après  3010,  et  sont 
omis  dans  D.  HIesvanois  sest  en  poi  d.  —  3015  y  vint;  E  en  v.  —  3010 
EF  au  rivage.  —  3018  A  ajoste.  —  3019  HI  deneas  pris.  —  3020  F  sil  sen 
rira;  E  tourna.  —  3021  A  remplace  les  vers  3021—3105  par  8  vers.  V.  les 
notes.  D  se  p.,  F  sespasse;  G  enp.  sa  nage.  —  3024  DGEF  la  nuit;  D 
singlent,  GEF  corurent.  —  3026  DGEF  en.  —  3027  G  ce  fu.  —  3028  GD  ot 
p.  —  3029  F  En  troivent;  DEF  les  n.  —  3030  HI  voiles  et  t.  —  3035  G  le 
porent,  DGEF  près  t.  —  3036  DGEF  ne  il  nen  (F  non)  o.  1.  a  ;  G  près  a.  — 
3037  G  garniment  traient;  F  garsson;  E  es  n.  —  3038  GE  et  vivre,  I  ce  tant; 
G  ert.  —  3039  DGEF  el  pre;  E  sasieent.  —  3041  DGEF  prendent;  G  omet  et. 


1 


LOMBARDIE  113 

tables  en  font  et  escuëles,  ^44tê/eAy 

sor  lor  tables  metent  lor  mes, 

par  faim  les  manjuënt  par  oes.  doj^  nruo-At^J^ 
3045     Ascaniiis  comenee  a  rire 

et  par  gabeis  lor  prist  a  dire:    naxJUxJ^^-J—  ^ 

„Forment  nos  a  fains  angoissié,  yj»t*.A>on£^>->i^-«.-^ 

quant  noz  tables  avon  mangié; 

ne  remaint  table  ne  relief,    ^e^  n£^U^^  qj^.'  iy>~J  a^tM-^^*^ 
3050    n'aion  par  faim  pris  de  reehief."  ^^  ■>u«^^i,^^'^  ^c^Mji^ 

Quant  Eneas,  ses  père,  l'ot, 

enz  en  son  cuer  molt  s'en  esjot; 

dont  sot  que  il  ert  el  pais 

que  tant  li  ont  li  deu  pramis, 
8055     et  qu'iluec  ert  lor  remanance.  oLe-yrù-^ûJ-e^ 

Venu  li  est  a  remembrance 

(bien  l'aveit  en  son  euer  escrit) 

ee  que  ses  père  li  ot  dit, 

que  tant  l'avreit  la  fains  destreit,  ru^ujujurJ  ^  ojyrJbu^»^^.^ , 
3060    que  il  ses  tables  mangereit:  /lA^^na. 

ce  seiist  bien  tôt  senz  dotance, 

qu'iluec  esteit  sa  remanance 

et  ses  travalz  avreit  finez. 

Eneas  est  en  piez  levez, 
3065    de  joie  et  de  leece  plore,  -jotA- 

trestoz  les  deus  del  ciel  aore. 

Sa  compaignie  resbaldist;    ^/ru:.occJ^uiu^,caL, 

il  nel  sorent,  très  qu'il  lor  dist.  -Iolaûj^'  à,  cjt~  <luue- 


3043  HI  et  par  desus  m.  1.  m.;  FD  les  t.;  D  les  m.  —  3044  HIE 
m.  après.  —  3045  G  prant  a  sosrire.  —  3046  F  prent;  GD  g.  comenee  a 
d.  —  3047  HI  Si  fort.  —  3048  HI  nous  tailleours  a.  m.  —  3049  E  ni  r.; 
HI  et  escuelles  et  r.  —  3050  HI  avon;  G  pas  f.  —  3051  Alinéa  dans  D.  — 
3052  D  dedenz  s.;  HI  c.  grant  ioie  en  ot.  —  3053  E  adont  s.  quil  sont; 
GF  set;  D  quil  erent.  -  3054  DEF  lor  o.  -  3055  HI  iert  sa  r.  —  3056  D 
en  r.  —  3058  HI  sa  mère.  —  3059  H  laveit;  D  que  quant  fainz  1.  si  d.,  E 
et  q.  laueroit  fains  tant  d.,  F  quant  la  venroit  fains  tant  d.,  G  et  quant  1. 
f.  si  d.  —  3060  HI  que  son  tailleor.  —  3061  HI  sot  il  b.;  GF  b.  donc  s. 
l  d.  ;  E  omet  tôt.  —  3062  G  seroit.  —  3063  GEF  avoit.  —  3065  F  aplore.  — 
1 8066  G  tôt  em  plorant  les  dex  a.  ;  EF  et  tos  d.  {une  main  'postérieure  a 
\ajouté  dans  F  les).  —  3068  HI  ne  (I  nel)  s.  tant  q. 

BibUotheca  Normanuica  lY.  g 


114 


JOIE 


„Seignor",  fait  il,  „c'e8t  la  contrée 
3070    que  nos  avon  tant  desirree, 

c'est  Lombardie  li  pais 

que  tant  nos  ont  li  deu  pvaniis; 

ci  sont  nostre  travail  fine, 

ici  feron  nostre  erité. 
8075    Li  deu  nos  ont  mis  a  cest  port. 

Le  dit  mon  père  bien  recort,   "^^rix.  runf^ziÙJi..  c 

ki  profetisier  me  soleit,  p/\jLcLù\£^ 

quant  nos  avreit  fains  tant  destreit,  /uu^^x&jl^^ 

que  noz  tables  manjerion,  -^cu-^unnAjf 

3080    ja  puis  avant  mar  querrion    a.  hxxM. 

remanance,  terre  ne  feu: 

celés  nos  donoent  li  deu. 

Ge  ne  le  voil  querre  plus  loing, 

quant  nos  avon  ci  par  besoing    rJ-t.t  6,6 V/f  , 

de^uasifîfîfi- totes  noz  tables;  CaI^ 

ici  voil  estre  remanables."    if*^*-*^  t  /ûr/vm^^v-'n 
Li  Troïën,  quant  ce  oïrent, 

n'est  merveille  se  s'esjoïrent, 

car  molt  aveient  desirré 
3090    la  terre  o  il  erent  entré. 

II  démenèrent  molt  grant  joie, 

lor  deus  qu'aporterent  de  Troie 

réclamèrent,  ses  ont  fors  mis, 

et  cels  apelent  del  païs, 
3095     ses  depreient  molt  dolcement,      ^^wée^j-^^ 
fyu>y>ix>4,  qu'il  aient  propre  avènement;  a/-,j^U.>^>^*^ 

trestoz  les  deus  del  ciel  aorent, 


djLhjuih  3085 


3969  Alinéa  dans  D.  E  dist  il.  ~  3072  D  tout.  —  3074  DEF  sera.  — 
3085  I  ce  port.  —  3076  HIE  les  diz;  HI  ma  mère.  —  3078  E  tant  f.; 
D  auronz;  HI  si  d.  —  3079  HI  platiax.  —  3080  I  ja  inar  avant  plus  q.  ; 
E  ja  rien  q.  —  3081  EF  leu.  —  3082  lE  dévoient.  —  3083  I  la.  —  3084  F 
car.  —  3085  HI  degaste  et  plastiax  et  t.  —  3086  G  demorables.  —  3087 
sans  alinéa  dans  GEF.  D  q.  il  o.  —  3088  HI  si  s.,  GEF  sil  s.  (G  esj.).  — 
3092  DF  que  portèrent;  E  les  d.  aporterent;  G  quamenerent.  —  3093 — 3097 
omis  dans  EF.  G  si  sont;  D  fornis.  D  place  après  le  vers  S093  les  vers 
3097  et  3098.  —  3094  manque  dans  D.HI  apele.  —  3095  D  si  d.  m. 
liumbleuieut,  G  si  les  d.  d.  —  3096  HI  que  laienz  p.  arestement.  —  3097 
EF  cens  proierent  et  cels  a.     Les  vers  3097  et  3098  sont  omis  dans  G. 


DES   TROYENS  115 

d'nn  sacrefise  les  enorent. 

Coru  sont  a  l'eue  del  Teivre, 
3100    por  els  laver  et  enprés  beivre; 

lor  mains  lavèrent  et  lor  vis, 

les  deus  reelaiment  del  pais, 

iiiolt  grant  leece  démenèrent, 

la  nuit  jurent  et  reposèrent. 
3105        Quant  Eneas  vint  el  païs 

que  li  orent  li  deu  pramis, 

liez  fu,  que  onc  n'ot  mais  tel  joie 

puis  que  li  sièges  vint  a  Troie;    -û-c^-^a- 

fait  a  ses  nés  el  Teivre  traire, 
3110    n'en  euida  mais  aveir  que  faire,    9x^  ptut^   -y^*^  dMij^rr^a 

ne  que  li  aient  mais  mestier. 

Toz  ert  lassez  de  naviër;    ^aJklAvua, 

or  euidot  estre  aselirez 

que  ses  travalz  ettst  finez, 
3115     mais  or  comence  la  granz  guerre 

al  règne  et  al  pais  conquerre: 

molt  iert  aneeis  del  tens  aie  cuA^ù^vctAya^r^ 

que  si  travail  seient  fine. 

Demandé  a  et  bien  enquis,  jL/r\XLuji^  ^  dt^ty^A^nelo^ 
3120    ki  esteit  sire  del  païs; 

il  a  oï  a  plusors  dire 

que  Latinus  en  esteit  sire, 

uns  reis  ki  ert  d'antiquité.  -LuJb   ojt^ 

Laurente  aveit  nom  la  cité 
3125    0  il  esteit  a  son  barnage; 

3099  EF  de  T.  —  3100  EF  puis  si  lavèrent  tôt  eu  oire.  —  3101  1 
m.  i  lavent,  H  m.  il  lavent;  EF  1.  m.  et  lor  boce  et  1.  v.  —  3103  H  1. 
y  d.  —  3104  EF  tote  le  nuit  se  r.  —  310G  HI  li  d.  li  o.  —  3107  F  quainc; 
G  f.  onqiies;  D  f.  conques  n.  t.  j.;  HIF  mais  not;  F  tele  j.  —  3108  y  fu. 

—  3109  D  f.  s.  n.  au  gravier  t.;  EF  en  T.;  G  ses  nés  a  f.  e.  T.  atraire. 

—  3110  GEF  ne;  I  cuident,  H  cuidoit;  DGEF  quide  m.  aveir  afaire  (G 
contraire).  —  3111  G  qui;  H  eut;  D  mais  1.  a.  —  3112  y  del.  —  3112  D 
cuide.  —  3114  HI  et  s.  t.  avoir  f.;  D  et  que;  E  fust;  G  si  travail  soient. 
G  intercale  deux  vers.  V.  les  notes.  —  3115  GEF  desor  c.  —  3117  ef  3118 
sont  omis  dans  GEF.  D  a.  cher  compare.  —  3119  ei  3120  sont  placés 
dans  G  après  les  vers  intercalés  plus  haut.  D  d.  bien  et  a  e.,  GEF  d.  a 
bien  et  e.  —  3121  G  il  a  pluisors  bien  o.  d.;  EF  as  p.  —  3125  BIEF  o. 

8* 


116  ÉNÉE  ENVOIE   DES 

n'ert  guaires  loing  de  eel  rivage. 

Enea8  prist  ses  mesagiers 

des  i  qu'a  trente  chevaliers,     ^<''-*V^  '  ^ 

ses  paroles  lor  encharja,  cotMIol. 
3130    al  rei  Latin  les  enveia 

pais  et  concorde  et  amor  querre, 

et  que  segurs  seit  en  sa  terre.  Hyri)  ^ci-^uJ-^ 

Por  force  et  por  maintenemeut  ùerujhU^v\> 

li  enveia  riche  présent, 
3135     une  corone  et  un  mantel 

et  un  esceptre  et  un  anel 

que  li  dona  par  druërie  OAyJjhx^ ,  currt&Luj 

Dido,  quant  el  devint  s'amie, 
Cmx^       et  une  cope  a  chiers  esmaus  fJj^t^cua^  cU.  irij' 
3140     que  li  dona  reis  Menelaus  JL/n\oùÂA 

desoz  Troie  sor  le  rivage, 

quant  vint  a  lui  en  un  mesage.  ynX/i^Mi^ 
Li  mesagier  s'en  sont  torué 

ki  vont  al  rei  a  la  cité, 
3145     et  Eneas  ala  guarder 

par  les  faleises  de  la  mer, 

se  vit  une  molt  large  plaine 

ki  ert  en  som  une  montaigne;    2/r\j  -kcuJ::- 

une  fontaine  enmi  sordeit  ^^/sujUi-cLûXt 
3150    dont  li  ruisels  en  mer  coreit; 

forz  ert  li  leus  naturalment. 

La  amena  tote  sa  gent; 

devers  la  mer  sus  el  moncel,    Côtii>rxa^ 

3126  GD  mie.  —  3127  Alinéa  dans  DHI.  HI  chevaliers.  —  3128  GHI  des 
i  a;  HI  quatre  mesagiers.  —  3129  EF  s.  p.  si  lor  eh.,  D  s.  p.  lor  a  chargies; 
G  li  e.  —  3131  IFD  acorde.  —  3132  A  fust.  —  3133  F  et  p.  seurement; 
D  omet  et.  —  3135  A  creone;  EF  anel.  —  3136  D  et  un  merveilleus 
chier  anel;  y  ceptre;  EF  mantel.  —  3138  HI  quant  ele  fu;  D  omet  el.  — 
3139  EF  0  cent  e.  —  3141  D  de  dessouz  T.  el  r.;  GEF  par  desos  T.; 
G  a  un  r.,  HI  sus  1.  r.,  E  sous  1.  r.  —  3142  D  q.  fu  a  lui  en  son  m.,  G  q. 
a  lui  ala  a  message.  —  3143  sans  alinéa  dans  D.  —  3144  A  al  r.  an  vont 
{omet  ki);  EF  en.  —  3146  D  par  le  rivage.  —  3147  G  laide.  —  3148  Ce 
vers  est  omis  dans  D.  G  la  sus  e.  s.  ;  A  qui  ert  deioste  u.  m.  —  3149  G 
en  son  s.  —  3150  G  domax;  D  estoit.  —  3152  HDF  amené.  —  31. '^3  D 
près  de  1.  ui.,  EF  de  hors  1.  m.;  GEF  sus  un  m.,  HI  droit  ou  m. 


MESSAGERS  AU   ROI  117 

la  lor  compassé  un  ehastel, 
3155    et  nuit  et  jor  ont  tant  ovré 

a  la  trenchiee  et  al  fossé,       cAo-k^^^-a^^^ ,  poMU^x^^de^ 

as  bretesehes  et  as  paliz    Le^ruauJ<^  rj^J^.j/^, 

et  a  faire  ponz  torneïz,  />err^jh^  •h^vu.^rt^i^r^ 

ainz  que  fussent  vint  jor  passé 
3160     orent  il  fait  tel  fermeté 

et  un  donjon  fort  et  si  hait, 

qu'il  ne  eriement  negun  asalt: 

n'ierent  mais  pris  senz  grant  bataille. 

La  traistrent  tote  lor  vitaille 
3165     et  lor  armes  et  lor  eonrei,  ihjoJLrJ 

lor  nés  mistrent  en  un  requei  IJin    /^r/^. 

soz  le  ehastel  jus  el  gravier yo^oAC- 

en  un  regort  joste  un  rochier.  Qot^ 

Li  mesagier  ont  tant  erré 
3170     dreit  vers  Laurente  la  cité, 

que  l'enderaain  i  sont  venu. 

El  palais  entrent,  ki  granz  fu, 

al  rei  vindrent,  sel  saluèrent, 

parfondement  li  enelinerent. 
3175     Ilioneus  parla  por  toz. 

ki  molt  esteit  sages  et  proz: 

, Entent  a  nos,  bels  sire  reis, 

bien  as  oï  que  li  Grezeis 

ont  Troie  prise  et  craventee  cUxtUtu. 
3180    et  la  cité  tote  guastee; 

abatu  ont  et  murs  et  tors, 

3154  HI  eomenca,  GE  conipassa:  D  la  coniencierent.  —  3156  HI  et 
a  la  terre,  Y^V  au  tranceis.  —  3159  GFHI  qiiainz;  I  .iii.  j.,  DH  .viil.  j.  — 
3160  G  ot  il  faire.  —  3161  HI  e.  u.  d.  qui  ert  tant  h.;  A  et  f.  et  h.,  EF 
tant  f.  et  h.:  G  et  si  grant  si  bel  et  si  h.  —  3162  DGEF  que  il;  HI  cre- 
inoit,  A  crcinstrent,  GEF  crient;  GHI  nis  un  a.,  DEF  nul  a.  —  3163  G 
Ja  n.  pris.  —  3164  GEF  traient.  —  3166  E  traisent,  F  traient;  EF  resoi, 
G  roncoi.  —  3167  1)  près  du  eh.,  G  sor  1.  cli.;  G  en  un  g.,  D  j.  e.  vergier, 
A  anz  e.  g.  —  316S  A  joste  u.  r.  lez  un  r ,  G  la  fisent  lor  nés  atachier. 

—  3 168  Alinéa  dans  HIEF.  —  3171  EF  que  el  d.  —  3174  GE  et  p.  len- 
clinerent,  F  p.  si  lenclinerent.  —  3176  DGEF  car  m.  e.  —  3177  GE  moi. 

—  3178  D  b.  as  y  ay  corn  1.  G.  —   3180  G  robee.  —  3181  A  et  torz  et 
murs  ont  abatuz. 


118  LEUR   DISCOURS   ET 

ocis  les  granz  et  les  menors. 

Un  poi  de  gent  s'en  escliapa, 

que  Eneas  en  amena; 

3185     par  le  comandement  as  deus 

y         *  ^  estorsimes  d'entre  les  Greus. 

A*^^  <?v.y*>y^^x/xA-  j       p^^jg  avon  molt  sofert  ahanz 

par  plusors  mers  plus  de  set  anz; 
granz  tormentes  et  grant  orage 
3190     nos  ont  botez  a  maint  rivage    ^€rt.iA.^  ^  û^uz^^ 
le  mont  avon  avironé,  a/u>©ru.  /<**^  ^  /»u^ 
el  Teivre  somes  arivé;  ^ 

la  est  remes  la  genz  menue, 
ki  a  grant  peine  se  remue. 
3195     Eneas  est  od  els  remes 
fi^         por  guarantir  els  et  lor  nés; 
"  ly'         ^^^  ça  nos  en  a  a  tei  tramis, 
ûLûUnruJ'^^       quer\îonsentes  en  ton  païs 
et  que  l'acoilles  en  ta  terre. 
jU^ul   4&uÀA.^f^  3200    Ne  te  sordra  ja  par  nos  guerre, 

ainz  te  seron  toz  tens  ami. 
Nostre  aneestre  fu  nez  de  ci,  -ûû^ 
ki  fonda  Troie  et  le  donjon; 
bien  sai  que  Dardanus  ot  nom; 
3205     par  les  deus  somes  revertu  /iX./^t-(.A,/>TA-A> 
ça  dont  nostre  lignages  fu. 
En  ta  terre  volon  remaindre, 
ne  te  porras  ja  de  nos  plaindre,  -^  piAiru 


3182  A  menuz.  —  3183  y  en.  —  3185  G  par  le  mandement  a  nos 
diex;  HA  grex.  —  3186  HI  fumes  estors,  E  escapames,  G  esters  somes; 
y  des  mains  as  G.  —  3187  HI  p.  a.  s.  mains  ahans,  F  p.  a.  nos  s.  a.  — 
3188  D  p.  p.  fois.  —  3189  D  et  g.  tormenz;  mss.  {sauf  G)  orages.  —  3190  omis 
dans  D.  EF  avons  eus  par  molt  r.  ;  mss.  (sauf  G)  rivages.  —  3192  GHI 
en  T.  —  3194  A  a  g.  anuiz.  —  3195  Alinéa  dans  G.  A  ayoc  r.,  EF  illuec 
r.  —  3196  E  tout  por  garder  els  et  1.  n.,  F  p.  els  garder  et  por  1.  n.  — 
3197  D  se  n.;  HI  a  vous  t.  —  3198  H  cest  p.  —  3199  EF  et  quel  con- 
sentes, E  et  que  lappelles.  —  3200  HI  par  lui  ja  ne  te  soudra  g.,  D  no 
vous  mouura  ja  par  lui  g.;  G  ja  ne  vos  s.  —  3201  HI  a.  t.  seromes  tuit 
a.  —  3202  HI  furent  de  ci;  D  n.  yci.  —  3203  D  que  fu  a  T.  et  le  dist 
non;  G  omet  et.  —  3204  GD  a  n.  —  3205  HI  revenu,  E  ca  venu.  — 
320S  HI  ja  ne  t.  p.  d.  n.  p.,  EF  n.  t.  p.  de  nos  ja  p. 


^ 


LA   RÉPONSE  DE  LATIN  ^^^^^^ 

que  te  forfaçon  de  neient;     ia*^La-y)^  oUl  -TnA^ 
3210    nos  ne  somes  mie  tel  gent. 

ne  ta  terre  volon  guaster, 

ne  sor  tei  prendre  ne  rober;  irz>ta^rt^ 

de  celé  part  o  nos  seron 

avras  molt  grant  defension,  oLÙa,rr>M4^ 
3215    par  nos  n'abaisseras  tu  pas. 

Ci  t'enveie  danz  Eneas 

grant  paiiie  de  son  trésor, 

une  molt  cliiere  cope  d'or 

et  un  eseeptre  et  un  anel, 
3220    une  corone  et  un  mantel. 

Se  lui  et  nos  vuels  retenir, 

serviron  tei  a  ton  plaisir." 

Idone  li  baille  le  présent; 

il  le  reçut  molt  lieement, 
3225     les  mesagiers  a  responduz: 

,En  cest  pais  est  bien  venuz 

vostre  sire,  si  corn  je  pens; 

il  le  verra  a  poi  de  tens. 

Gel  maintendrai  a  mon  poeir. 
3230    Molt  sui  vielz  oem,  si  n'ai  nul  eir, 

ne  mais  que  seul  une  mesehine, 

ma  fille,  ki  a  nom  Lavine. 

Ge  l'ai  pramise  estre  mon  gré 

et  encontre  ma  volenté 
3235     a  un  prince  de  cest  pais, 

Turnus  a  a  nom  li  marchis; 

32uy  et  3210  intervertis  dans  GD.  HI  te  mesfacons;  E  te  forfai- 
choraes  n.;  G  que  ja  te  f.  n.  —  3210  EF  omettent  nos,  ne  s.  mie  tele  g.  — 
3211  EF  que  1. 1  -  3212  HI  sus.  —  3213  GD  dicele  p.  —  3214  A  avra  molt 
g.  tlestrucion;  GDI  a.  tu  g.  —  3215  D  nempirerez  vous  p.  —  3218  y  riche.  — 
3219   Mss.   ceptre;  GFD  une  c.  —  3222   D   avoir  nous  puez;   G  vos.  — 

3223  HI  Atant,  GD  Adont;  HIEF  baillent;  D  A.  lor  firent  lor   p.   — 

3224  A  dolcemant.  —  322.5  Alinéa  dans  D.  DA  as  m.;  AI  respondu.  — 
3226  AI  venu;  D  estes  venus.  —  3228  IDE  je  le  verrai;  HID  en  p.  — 
:v229  D  manderai.  —  3230  D  m.  par  sui  v.  si,  GEF  jo  sui  v.  bon  si.  — 
:'.231  HI  fors  seulement  u.  m.;  EF  eune  sole  m.  —  3232  A  de  ma  moillier 
([ua  n.  L.;  D  Une  f.;  EF  celui  appelle  on  L.,  G  molt  est  gente  sa  n.  L.  — 
3236  D  il  a  n.  T.  li  marcbis,  HI  T.  a  n.  icil  m. 


120  SUITE  DU   DISCOURS 

ma  moillier  vuelt  qu'il  ait  mon  règne, 
^  et  Lavine  ma  fille  a  femme, 

f^-^^*^^'^^  ^£^>ûo^     ™3is  sorti  est  et  destiné  ^ 

'       32^0    et  tuit  li  deu  l'ont  esguardé,  eruUn-^^rju  ^  dtctclA 

que  uns  estranges  oem  l'avra, 

de  cul  reials  ligniee  istra. 

Par  tant  eom  ge  vos  oi  ci  dire 

cuit  ge  que  ce  seit  vostre  sire; 
3245    li  deu  vuelent,  ce  m'est  avis, 

qu'il  ait  la  femme  et  le  pais; 

viegnë  a  mei,  ge  li  donrai, 

li  de  l'otreient,  bien  le  sai. 

Trametrai  li  chevals  de  pris, 
3250    riches  et  chiers  treis  cenz  et  dis, 

freins  ne  sele  nen  iert  a  dire,  jru.  '>nù^r\ù^iM.'\A^ 

De  meie  part  li  porrez  dire  /**^ 

que  ma  terre  li  abandon, 

de  ma  fille  li  faz  le  don." 
3255     Cil  furent  lié,  quant  il  l'oïrent, 

n'est  merveille  s'il  s'esjoïrent. 

Li  reis  fist  venir  les  chevals 

o  freins  o  seles  o  peitrals,  ptyohuvdL^ 

livrer  les  fist  as  raesagiers. 
3260     Cil  les  baillent  as  escuiers,    derr^^r^AyrtAz- 

congié  pristrent,  n'esturent  guaire, 

tost  se  remistreut  el  repaire. 

Tant  ont  erré  que  al  quart  jor 

3238  H  et  ma  fille  L.  —  3239  G  devine.  —  3240  A  d.  ont  créante.  — 
3241  GD  un  hom  e.  —  3242  HT  qui  de  roial  1.  —  3243  A  p.  ce  si  c.  g. 
V.  o.  d.  ;  HI  comme  g.  v.  o.  d.;  G  vos  en  o.  d.  —  3244  D  yert.  —  3246  lE 
la  terre  et.  —  2247  GF  m.  et  jo.  —  3248  GHID  1.  d.  le  volent;  G  jo  le 
sai.  —  3249  HI  envolerai  c.  —  3250  G  c.  de  pris.  —  3251  DE  niert.  — 
3252  Mss.  poez.  —  3253  G  fille.  —  3254  y  et  d.  m  f.  (G  terre)  1.  f.  don. 
—  3255  D.  Tuit  f. ;  E  1.  qui;  HIEF  ce  o.  {omettent  il).  —  3250  G  et  du- 
rement sen  e.;  HI  se  joie  en  firent,  A  sil  sesbaudirent,  D  sil  esj.  — 
3257  Alinéa  dans  I;  GHI  fait.  —  3258  G  a  f.  a  s.  a  p.,  EF  et  f.  et  s.  et 
p.,  D  o  f.  et  s.  et  p.  —  3259  G  fait;  HI  escueirs.  —  3200  HI  par  le  co- 
rnant as  mesagiers;  G  livrent,  EF  rendent;  G  messagiers.  —  3261  D  ni 
furent,  EF  ne  furent,  G  ni  misent.  —  3202  HI  mais  t.  s.  niistrent;  EF 
si  se;  G  al  r. 


DE  LATIN  121 

qu'il  tornerent  de  lor  seignor 
3265     vindrent  a  lui  a  son  ehastel, 

que  il  faiseit  tôt  de  novel; 

contèrent  li  qu'il  ont  trové 

al  rei  o  il  erent  aie, 

de  sa  fille  qu'il  li  otreie 
3270     et  des  chevals  qu'il  li  enveie; 

l'un  avant  l'altre  li  mostrerent, 

de  par  le  rei  li  présentèrent. 

Eneas  ot  forment  grant  joie; 

ses  deus  qu'il  aporta  de  Troie 
3275     fist  avant  traire,  ses  aore, 

d'un  saerefise  les  enore. 

Li  reis  Latins  se  porpensa    4'ûa^aû- 

que  sa  fille  mariera, 

niolt  desirrot  en  son  eorage 
3280    del  Troïën  le  mariage. 

La  reine  l'a  dessentu,    tf^«-6^j^cuft^i^t*v^ 

dolente  et  correçose  en  fu. 

El  vint  al  rei,  lez  lui  s'asist,  ^ 

son  buen  et  sou  talent  li  dist.     -ot^-xnrJ-e^ 
3285     ^Reis",  fait  ele,  ,raolt  me  merveil 

0  tu  as  pris  icest  conseil 

que  nostre  fille  vuels  doner 

al  Troïën.    Nel  te  penser! 

que  Troïën  n'ont  point  de  fei, 
3290     ne  il  ne  tieneut  nule  lei. 

Bien  as  oï  comfaitement 

3264  III  retornerent  {omettent  quil).  —  32<)5  E  en  s.;  I  ostel.  — 
:\'2m  IIIEFD  quil  faisoit  faire  de  n.  —  3267  HI  ce  cont  t.,  D  que  ont  t.  — 
32(;8  I  orent  este.  —  3269  D  que,  F  qua.  —  3270  A  les  c.;  I  qui  li,  D  que 
li.  —  3271  et  3272  sont  intervertis  dans  HI,  après.  —  3272  GF  et  par.  — 

3273  Alinéa  dans  GEF.    HI  ot  de  ce;  D  molt  très  g.  j.;  G  a  f.  de  j.  — 

3274  E  tous  les  diex  chaporta  d.  T.;  G  les  d.  —  3275  G  sis.  —  3277  sans 
alinéa  dans  DGEF.  —  3279  F  m.  le  d.;  HIEF  désire.  —  3281  I  entendu, 
G  ascntu,  DG  deffendu.  —  3282  DHIEF  corouciee.  —  3283  GEFI)  et  vint; 
A  lune  lui  s.  —  3285  EF  m.  inesuieruel,  G  io  me  m.  —  3286  F  que  tu; 
G  si  fait  c.  —  3287  HI  q.  ta  f  v.  marier.  --  3288  A  T.  doltre  la  m.; 
F  nel  repenser.  —  3289  DEF  car  T.,  HI  li  T.;  GEF  nont  nient.  — 
3291  G  veraiement. 


122  SA   CONVERSATION 

Paris  al  a  celeement 

enbler  la  femme  Menelaus,     inyttji^ 

dont  il  lor  a  puis  fait  tant  maus: 
3295    tant  la  tint  cil  en  avoltire   a^dUJJc^yjL. 

que  tote  Troie  o  son  empire 

en  fu  destruite  et  essilliee. 

Ge  ne  ererrai  ja  lor  ligniee. 

Cil  a  mestier  grant  de  sejor, 
3800     car  il  a  travaillié  maint  jor 

d'aler  najant  par  celé  mer. 

Se  ta  fille  li  vuels  doner, 

il  la  ])rendra  molt  lieement, 

mais  ja  si  tost  n'avra  buen  vent, 
3305     que  il  la  nos  avra  guerpie:   ocu^tt^JL 
-d4L  ^ùàtLCjJL^  jOjUl  dU-  ™ol*  l'^D  i^rt  poi  s'il  l'a  bonie. 

De  lui  n'atendre  tu  ja  el, 

il  a  aillors  fait  altretel: 

Dido  la  dame  de  Cartage 
3310    mar  vit  onkes  le  suen  ostage; 

il  tist  de  li  sa  volenté; 

quant  il  ot  pieee  sejorné,  ùJuUjjAjaJI-t.'ry^i'^ 

si  s'en  torua  a  son  navire, 

et  el  s'ocist  a  grant  martire. 
3315     Laviue  puet  estre  a  settr, 

n'avra  de  lui  meillor  eiir; 

il  la  prendra,  asez  ce  crei, 

mais  ja  ne  li  portera  fei. 

3292  G  comme  P.  celeement.  —  3293  G  embla,  L)  ravir.  —  3294  IH 
(1.  leur  est  puis  veniiz  t.  m.,  EF  d.  il  lor  fist  puis  itaiit  m.,  G  cl.  puis  lor 
revint  li  grans  max;  D  yces  m.  —  3296  III  en  est  or  pire;  E  et  leuipere, 
G  et  li  e.  —  2397  HI  d.  en  est.  —  3298  EG  querrai.  —  3299  HIl)  grant 
m.  d.  s.,  E  m.  de  grant  s.  —  3301  HI  en  uagier  par  mi,  —  33(»3  GFHI 
bonement,  E  doucement.  —  3304  G  ja  tantost.  —  3305  ID  vous.  —  3306  HI 
pou  len  sera.  —  3307  HIE  nateudes;  G  n.  ja  a  el.  —  3308  HI  aillors  a  il 
f.  a.,  G  car  il  a  fait  a.  altel.  —  3309  Alinca  dam  EF.  —  3810  EF  son  her- 
begage.  —  3312  HI  q.  grant  pièce  i  ot  s.;  1)  q.  elle  ot;  F  converse.  — 
3313  IJ  si  sen  vint  cist  o  s.  n.;  EFI  navie.  —  3314  EF  ele  remest  si  fu 
bonie;  HID  elc  s.  {omettent  et).  —  3315  G  L.  ne  puet.  —  3316  omis 
dans  G.  EF  ja  nen  aura.  —  3317  HI  volontiers  la  p.  ce  c.  ;  G  p.  molt 
bien;  GEF  je  c.  —  3318  A  m.  u.  1.  p.  ja  f.  ;  F  m.  il  n. 


AVEC   LA   REINE  123 

Bien  li  done,  quant  tu  vuels  faire; 
3320    il  li  donra  molt  grant  doaire,    Uàu~aiKi. 

tote  la  mer  qu'il  a  siglee    cim^Zjue- 

puis  qu'il  torna  de  sa  contrée: 

n'a  altre  terre  n'altre  feu; 

par  son  païs  passèrent  Greu, 
3325     ne  nule  rien  ne  li  tolirent, 

ne  nule  rien  ne  li  guerpirent. 

Doner  li  puez,  ge  n'en  sai  plus, 

mais  a  selir  en  est  Turnus 

et  de  la  femme  et  de  la  terre; 
3330     il  nel  laira  ja  senz  grant  guerre." 
Li  reis  oï  que  la  reine 

ert  en  pensé  por  la  meseliine; 

bien  sot  que  el  ne  voleit  pas 

que  a  moillier  l'ait  Eneas. 
3335     II  li  respont  asez  briement, 

se  li  a  dit  ce  qu'il  en  sent. 

^Dame",  fait  il,  ,le  mariage 

dont  es  dolente  en  ton  corage, 

ne  ])uis  i)a8  faire  en  altre  endreit: 
3340    li  deu  vuelent  que  ainsi  seit. 

Turnus  ne  la  puet  pas  aveir, 

mais  cist  l'avra  par  estoveir;    ûùa^  -yJ-tja.AAJjf^ 

se  n'en  vei  altre  demostrance  yii/j<.iciJ^%ay^ 


;{;U1)  HI  doue  li  puisque  le  v.  f.  (omettent  bien);  D  q.  le  v.  f.,  E  se  le  v. 
f.,  G  se  tul  V.  f.,  F  se  tu  v.  f.  —  3421  G  que.  —  3322  F  p.  que;  HI  parti, 
G  issi.  —  3323  EF  not  a.  t.  n.  lieu.  —  3325  HI  qui  trestot  le  suen  li  guer- 
pirent: F  ains  nule,  E  aine  nule.  —  3326  HI  ne  len  tolirent.  —  3327  D 
ne  s.  —  3328  HI  m.  aseure  {omettent  en)  ;  HID  iert  T.  ;  G  m.  seur  soies 
({ue  T.  —  3329  et  3330  intervertis  dans  G.  G  ne  de  f.  ne  de  la  t.  — 
3330  GEHID  omettent  il;  III  ja  ne  laura  nen  soit  g.  g.;  D  que  cist  ne 
laura,  EG  ne  la  perdra  (G  perdera),  F  il  ne  le  prendra;  GF  ja  sans  g., 
E  ja  mais  s.  g.  —  3331  sans  alinéa  dans  A.  —  3332  E  en  pensée  ert.  — 
3333  HI  b.  set  que  ele  ne  velt  pas;  1)  nel  v.  —  3334  D  que  la  preist 
dans  E.,  G  ca  m.  leust.  —  3335  G  II  li  a  dit.  —  3336  HI  tout  son  penser 
(H  pense)  et  son  talent;  G  ce  que  il  s.  —  3337  I  dit;  D  ce  est  outrage.  — 
3338  D  que  desvonlez  ce  mariage.  —  3339  et  3340  sont  intervertis  dans  D. 
III  ne  puet  estre  ;  D  ne  puet  pas  estre  en  cel  endroit  ;  GEF  ne  puis  je.  — 
3341  D  mie  a.  —  3342  HI  cil.  —  3343  et  3344  omis  dans  HI.     D  ni  v. 


124  FUREur< 

0  alciine  senefiance.  4^^rna~  eU.     "Ccl  /DAr%é,  ci^ 

3345     Ne  la  donrai  pas  a  celui,  **^' 

li  deu  l'otreient  a  cestiii; 

por  ce  l'ont  il  ça  amené, 

qu'ainsi  l'aveient  destiné; 

il  est  prochains  de  loi*  ligniee 
3350    la  nostre  iert  por  lui  eshalciee."  ywAûx«-4A<^ 

La  reine  ot  que  Latinus 

de  sa  fille  ne  fera  plus, 

al  Troïën  la  vuelt  doner. 

Quant  veit  que  nel  puet  destorner, 
3355    i)lorant  et  o  raolt  laie  cliiere    HÙj^.lu.jl. 

en  sa  chambre  re\  int  ariere  ; 

de  mal  talent  fremist  et  trenble, 

andeus  ses  palmes  fiert  ensenble. 

Enprés  quant  ele  pot  parler, 
33(30    se  eomença  a  deraenter. 

, Lasse",  fait  el,  „quel  destinée, 

que  ma  fille  sera  donee 

a  un  home  d'estrange  terre, 

ki  toz  est  essilliez  par  guerre, 
3365    ki  s^enenbla  par  coardise     z^' Z/r^  oJU.cu   ô.    â.(x 

de  la  cité,  quant  el  fu  prise;  (ii,/x.»i>4. 

0  lui  s'en  vindrent  li  coart, 

tuit  se  traistrent  a  une  part, 

de  cel  vasal  firent  lor  rei. 
3370    Dont  est  il  reis?  ne  sai  de  quel, 

•  3345  G  tanrai;   D  luie;    III  a  Tiirni,   EF  a  cestiii.    —    3i)-l(i  III  ccii, 

EF  cehii.  —  3348  D  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  HI  quil  soit  fait  a 
leur  voleute;  A  quen  lui,  F  ensi.  --  334^1  1)  cist.  —  3350  D  par  lui  iert 
1.  n.  e.,  EF  li  n.  e.  ert  tote  essillie;  HI  en  sera,  A  est;  G  et  li  n.  eu  ert 
e.  —  3351  Alinéa  dans  HIDEF.  —  3352  GEF  ni  f.  —  3354  GEF  vit; 
F  que  neu  puet  estre  destorner;  Il  quel;  A  trestorner.  —  3355  HI  for- 
ment plore  et  fait  1.  ch.,  GEF  plora  et  si  fait  1.  eh.  (G  et  molt  fist).  — 
3356  HI  entre  a.,  D  revient  a.,  GEF  sen  vint  a.  —  3359  et  3360  omis  dans 
EF.  D  a  mult  grant  paine  p.  p.;  HI  puet  —  3360  GH  si  se  coraence,  D 
puis  c.  —  3361  A  e.  mal  auree.  —  3364  HIEF  de  g.  —  3365  I  de  c.  1> 
remplace  les  vers  3365  et  3366  par  6  vers.  V.  les  notes.  —  3366  HI  de 
Troie  q.  ele  f  p.  —  3368  GF  t.  sen;  G  tornent,  HIEF  tornerent;  HEFG 
dune  p.,  I  dàutre  part.  —  3369  HI  de  celui  v.  f.  r.  —  3370  HI  de  quest 
il;  D  d.  e.  r.  je  ne  s.  d.  q.;  GEF  li  r. 


DE   LA   REINE  125 

fors  de  ne  sai  quantes  naeeles, 

Ge  li  ferai  oïr  no  vêles, 

bien  tost  li  cuit  moveir  tel  guerre, 

qu'il  nos  en  guerpira  la  terre, 
3375     0  il  eu  perdra  tost  la  vie. 

De  ma  fille  n'avra  il  mie, 

se  il  molt  ehier  ne  la  compère;   (XcA2j/-t.  ,  Aj^ùLl. 

ja  ne  la  fille  ne  la  mère 

n'avront  par  lui  maintenement,  ^^cu^Ka^tJ 
3380    De  duel  morrai  se  il  la  prent; 

mar  fu  onkes  Lavine  née, 

se  a  cestui  est  mariée. 

Ne  cuit  que  ja  Turnus  m'en  faille, 

qu'il  ne  l'acoille  de  bataille."    a:tCcu:^i.*e. 
3385     Quant  la  dame  ot  pièce  ploré, 

son  duel  et  son  complaint  mené,   ^aicû'nrj-e- 

si  apela  un  escuier 

dont  ele  fist  son  mesagier; 

ses  paroles  li  encharja, 
3390    dreit  a  Turnus  l'en  enveia 

et  manda  li  celeement, 

que  ce  seiist  certainement, 

que  Latinus  li  guenchisseit    C-jtùiii^  ,  oubeàJruLo^y^^ru>%J^ 

et  sa  fille  li  retoleit;    (n4,p^iA.r>.d-^xÂ.   û.q.cAr.   eu^'ar^'  a. 
hcicA^L^  d'j     3395    porchaçast  sei  seuz  demorance  '    a^i»i^y-i4u 

*^^'*"^)   que  il  li  tiegne  convenance; 

3371  DEF  f.  ne  s.  de  q.  n.  —  3374  y  que  il  n.  g.;  D  quil  nous  g. 
toute  t.  —  3375  HI  ou  il  du  tout  perdra  la  vie;  D  et  quil;  GEFD  perdera 
la  vie;  EF  i  p.  —  3377  G  s.  i  ancois  ne  1.  c.  —  3378  F  ne  li  père.  — 
3379  F  por.  —  3380  D  ja  mes  ne  vivra  sil  la  p.  —  3381  A  fust;  D  ma 
fille  née.  -  3383  G  n.  c.  ja  que  T.  me  f.  ;  I  len  f.,  A  men  f.  —  3384  HI  quil 
la  praigne  sans  grant  l,  D  q.  ne  li  rende  grant  b.,  GEF  quil  la  perde  sans 
b.  —  3385  Alinéa  dans  HID.  HI  q.  ot  grant  pièce  einsi  p.  ;  D  ot  molt  p.  ; 
G  a  p.  p. —  3386  D  s.  d.  sou  complaint  demene;  E  sen  plainte;  F  et  s. 
d.  e.  sen  plait  mené.  —  3387  G  son  e.  —  3388  DG  de  oui;  D  elle  f.  m.; 
GEF  a  fait.  (G  omet  ele)  —  3389  HI  sa  volente.  — -3390  EG  et  a  T.: 
E  droit  len voia,  F  si  1.  —  3391  HI  mande;  G  veraiement.  —  3392  HI  que 
bien  s.,  E  et  seust  bien,  G  que  il  s.  —  3394  HI  et  que  sa  f.  1.  toloit.  — 
3395  HI  porchace;  G  mais  p.  sans  d.  —  3396  D  quil  li,  EF  que  li;  GD 
teuist;  IIIDEF  sac. 


12G  ELLE   ENVOIE 

al  Troïën  mueve  tel  guerre 

que  fors  le  mete  de  la  terre." 

Li  mesagiers  s'en  est  tornez, 
3400    dreit  a  Turnus  s'en  est  a'.ez, 

a  son  chastel  l'a  cil  trové 

près  de  Laurente  la  cité. 

Turnus  le  veit  de  son  mangier; 

quant  vit  venir  le  mesagier, 
3405     bien  le  conut,  si  l'apela. 

Li  escuiers  le  salua, 

a  une  part  traist  le  marchis, 

al  chief  d'un  deis  se  sont  asis;    ihJyU, 

son  mesage  li  prent  a  dire.  \ 

3410     , Entent  a  mei",  fait  il,  ^bels  sire,  \ 

la  reine  m'a  ça  tramis 

et  mande  tei  qu'en  cest  pais 

est  novelment  uns  oem  venuz 

de  cels  de  Troie,  des  veincuz. 
3415     El  Teivre  ariva  des  l'altr'ier, 

al  rei  vindrent  si  mesagier 

por  pais  et  por  seiirté  querre; 

il  li  abandona  sa  terre, 

enveia  li  chevals  de  pris 
3420    toz  enselez  treis  cenz  et  dis; 

ensorquetot  sa  fille  a  femme    ^>rv  ^uy^A. 

li  otreia  o  tôt  son  règne. 

Ce  saches  tu  bien  senz  dotauce,  au/tU^  oi^^^A 

ne  te  tient  pas  ta  covenance, 

3397  D  celle  g.  —  3398  EG  que  il  le  cace;  A  sa  t.  —  3399  Alinéa 
(lam  HI;  D  en  e.  t.  —  3401  HT  en  un;  E  a  .i.  sien  eh.  la  t.  —  3403  sans 
alinéa  dans  y.  —  3404  AE  voit.  —  3406  D  Cil  vint  a  lui  sel  s.  — 
3407  Alinéa  dans  G.  GHI  qui  intervertissent  ce  vers  et  le  suivant.  HI 
li  escuier  et  li  m.;  EF  trait;  G  dune  part  il  et  li  m.  —  3408  HI  a  une 
part,  DHEF  el  ch.  del  d.  -  3411  HIEG  ci  t.  —  3412  G  et  m.  que  e.  c.  p.; 
D  vous.  —  3413  HI  e.  nagueres,  D  e.  de  nouuel;  EF  uns  home  estranges 
est  V.  —  3414  qui  di(?)  lignage  est  Dardanus.  —  3415  G  ens  el  T.  a.  1.; 
EF  très  1.  —  3416  D  li  m.  —  3417  ci  8418  sont  omis  dans  E.  —  3418  GFD 
lor.  —  3420  D  omet  toz,  e.  quatre  c;  EF  tôt;  HEF  ensamble.  —  3422  y 
et  t.,  D  a  t,  ;  EF  le  r.  —  3423  D  Sachiez  vous  bien,  E  Ice  s.  tôt  s.  ;  GHI 
tu  tôt  s.  d.  —  3424  D  vous,  G  luie  c 


A  TURNUS  127 

3425    de  sa  fille  n'avras  tu  mie, 

se  tu  nen  as  molt  buene  aïe;    g/pfa^ 

mais  ce  te  mande  la  reïne, 

ki  vuelt  que  aies  la  mesehine, 

tote  la  terre  et  le  pais, 
3430    que  ce  porchaz  par  tes  amis.  (j^cAa^^  cL  '  eù-h^vu/^^ 

Prent  soldeiers,  asemble  gent,  ^^tA^Jhj 

ne  te  targe  mais  de  neient, 
^  le  Troïen  coite  de  guerre,    ^.û/^v^t^.v  /   /Cla-a-a^u.^  ) 

^u^ot*,  a.  ex  *u-^    tant  qu'il  te  guerpisse  la  terre, 
3435     0  que  l'aies  veineu  o  pris, 

0  qu'il  s'en  ait  par  mer  fuitis.  '^f^^^ 

Vien  a  Laurente  la  cité; 

si  com  li  reis  t'a  tôt  doné, 

si  maintien  tôt  et  si  deflfent 
3440     et  l'escombat  d'estrange  gent. 

Encontre  tei  n'a  cil  rades  ;  .c^uMà^^  ^  qa^A^^sf-^^- 

saches,  ja  ne  sera  tant  os  Aa/iàLL 

que  bataille  prenge  vers  tei. 

Tu  as  ett  l'otrei  del  rei,  t' ûAj:f'erJiutM^!ery-j 
3445     vien,  si  te  fai  de  tôt  saisi; 

li  reis  est  vielz,  tôt  a  guer])i; 

ki  qu'en  face  demesurance, 

n'en  baillera  escu  ne  lance, 

de  quant  que  il  t'a  fait  le  don;     tW*^  c^l.  ùuuc^ 
3450    la  reine  et  li  baron  ^ 

t'otreient  bien  tote  l'enor.  -it^  ^   /i-^âAfc»nc, 

3423  G  ne  de  s.  f.  n.  m.;  E  nen  aras  m.  —  3427  D  vous  m.,  G 
demande.  —  3428  GEFD  que  s.  —  34.30  HI  porchace  toi  a  t.  a.,  D  que 
pourchaciez  par  vous  a.,  EF  si  (F  ci)  te  pourchace  a  t.  a.;  G  sel  porcace. 

—  3431  D  chevaliers;  E  et  autre  g.  —  3432  HI  et  ne  ti  atargier  n.,  E  si 
ne  tesmaie  d.  n.,  G  si  ne  tatarge  m.  n.  ;  A  tardi.  —  3433  HI  asaii,  D  coitent. 

—  3434  D  si  quil  deg.  —  3J35  GED  et  pris.  —  3436  EF  o  quil  sen  soit 
p.  m.  fuis;  G  en.  —  3438  GD  le  ta  d.  —  3439  A  sel  d.  —  3440  HI  et  tesc, 
GEFD  si  1.;  A  de  tote  g.  —  3441  HI  Car  contre.  —  3442  EF  s.  très  bien 
Ja  niert;  GA  nestera;  HIEF  si  os.  —  3444  D  oi;  DHI  le  r.  —  344,5  HI 
v.  si  pren  tout  et  ten  s. ;  D  v.  si  resta;  DEF  du  t.  s.  —  3446  G  a  tôt  g. 

—  3447  et  3448  intervertis  dans  I;  D  que  f.  —  3448  D  portera.  —  3449  D 
de  tant  com;  E  que  il  a  ta  f.  don,  F  d.  q.  q.  a  a  f.  1.  d.  —  3450  G  et  1.  r, 

—  3451  t.  trestoute. 


128  RÉPONSE  DE 


Vien,  si  te  fai  de  tôt  seignor. 

Ce  senblera  molt  grant  desrei   cU^trudAJi-  ^ 

s'estranges  oem  s'enbat  sor  tei;  c^rt^tu^ 

3455     s'il  conquiert  ce  dont  es  saisiz 

donc  seras  tu  en  fin  honiz," 
Turnus  respont  al  mesagier: 

,Bien  l'oï  dire  des  l'altr'ier 

que  Eneas  ert  arivez; 
3460     mais  icil  plaiz  m'esteit  celez, 

que  Latinus  li  doint  son  règne 

ne  Lavine  sa  fille  a  femme. 

Il  m'en  a  fait  piega  le  don,     citfi**-**^)  jtenri^:^ 

ne  la  perdrai  mais  senz  raison. 
3465     Se  cil  la  vuelt  vers  mei  conquerre, 

ja  n'aie  ge  femme  ne  terre, 

se  ge  vers  lui  ne  la  deffent. 

Molt  me  merveille  de  tel  gent,         ^ 

ki  sont  veincu  et  recréant,  ^ifl.4it^*' 
3470    que  bataille  vont  mais  querant; 

puis  que  conquis  sont  une  feiz, 

si  se  reposent,  ce  est  dreiz! 

Li  reis  est  vielz  et  toz  defraiz;  -ixi^Lta^ 

se  contre  mei  les  a  atraiz, 
3475    nés  porra  guaires  maintenir.  ^ 

Ne  me  deust  de  dreit  guenchir,  TnAnj-u*^  ^ 

maint  grant  mestier  li  ai  ett;  /^ 

a  malvais  gre  m'est  revenu, 

mais  bien  li  peist  o  mal  li  sace, 
3480    dreit  li  estuet  que  il  me  face. 


3452  6  tan  f.  —  3455  HI  se  il  c.  dont.  —  3456  HI  d.  es  tu  recréant 
faillis;  D  en  fai,  GEF  del  tôt.  —  3457  sans  alinéa  dans  A.  —  3458  EH 
très.  —  3459  DGEF  est.  —  3460  A  icist;  D  molt  miert  c,  E  miert  bien 
c,  F  miert  c,  G  mest  molt  c.  —  3462  HIDGE  et  L.  —  3464  GFHI  ja  ne 
le  p.  ;  E  si  s.  r.  —  3465—3479  omis  dans  EF.  GDH  sor  m.  —  3466  A  ja 
ior  naie,  I  ja  ni  ai  ge.  —  3468  HI  jai  grant  m.,  GD  molt  est  m.  — 
3469  HI  V.  sont.  —  3470  HI  puis  q.  —  3472  HI  r.  soi  que  c.  e.'  d.  — 
3473  HI  V.  crolanz  et  frais;  G  si  est  defrais.  —  3474  G  sencontrc.  — 
3477  HI  molt  g.  m.  —  3478  H  revertu.  —  3479  HI  ou  li  desplaee.  — 
3480  III  d.  estovlent. 


TURNUS  129 

n  m'en  a  fait  pieça  saisir,    dcAt  <  t  aj   jLerr^'h^rr^fi^iJ 

ne  m'en  puet  mie  retolir  /xtfiriA^ndA/L.  ^-^-^  •   ^^  onrJ^ 

ne  la  terre  ne  la  meschine.  ôl   ^^^>vvuX. 

Va  t'en,  se  di  a  la  reine 
3485    qu'a  Laurente  iere  a  la  cité, 

ainz  que  veie  tierz  jor  passé. 

Se  bataille  vuelt  Eneas,  ^  v 

en  mei  ne  remaindra  il  pas;    j^-uty^n^àL^véi^  ûl 

se  par  lui  perc  plein  pié  de  terre, 
3490    mar  porra  donc  altre  conquerre." 

Li  mes  s'en  vait,  Turnus  remaint, 

a  ses  privez  amis  se  plaint 

del  rei,  ki  ne  li  tient  couvent  jart,er>rvA.A>à,L, 

ne  fiance  ne  sairement.  /o-'^.fvrtMyrU:, 
3495    Molt  iert  dolenz  s'il  ne  s'en  venge, 

mais  il  ne  set  com  il  s'i  prenge 

qu'acheison  ait  de  comencier     i?c^*^-t>>^)  ^  ùaM<Aâ' 

le  Troïën  a  guerreier, 

et  dit  que,  se  tant  li  esfalt    iA*^   iùuu^  'ùvruL 
3500    qu'il  remaigne  qu'il  ne  s'en  ait, 

ne  laissera  qu'il  ne  l'asaille  ^a^L^ûùJjLu^  3 

et  ne  l'acoille  de  bataille.  [attucLuà^^ 

Et  nuit  et  jor  se  porpensot 

de  la  guerre  qu'il  desirrot; 
3505    ne  se  saveit  vis  conseillier    àUyrru^^n^Lt^j    ccm^AlL 

com  il  la  petist  comencier, 

com  il  etist  dreite  acheison 


3481  A  pieca  fait.  —  3482  HI  ne  me  p.  par  droit  r.  ;  E  nel  me  p.  — 
3483  F  de  1  t.  ne  de  Lauine;  E  ne  Lauine.  —  3485  Hl  que  ge  irai,  D 
que  a  L.  ert;  DEF  omettent  le  second  a.  —  348fi  H  a.  quel;  A  a.  q.  viegne, 
EF  a.  q.  soient;  AG  t.  dis  (G  di),  D  .iii.  jors,  EF  .m.  jor;  D  passez.  — 
3490  HEF  mal;  HIDEFporai;  HID  lautnii.  —  3491  Alinéa  dans  HI.  — 
3492  A  amis  p.;  D  sen.  —  3493  F  que.  —  3494  EF  et  loiaute  ne  fine- 
ment (E  nafiement).  —  3496  HIF  omettent  il;  HI  comment,  F  comme;  H 
en,  D  sen,  EF  se;  F  plaigne;  I  c.  il  lempraigne.  —  3497  F  del  c,  GE  a 
c.  —  3498  DHI  les  Troiens;  E  comment  le  puist  g.  —  3499  et  3500  omis 
dans  EF.  G  et  dist  que  se  il  li;  HIG  deffaut.  —  3501  A  ne  laira  pas; 
D  que.  —  3504  D  que.  —  3505  DGF  sen;  DF  s.  ou  c.,  G  s.  pas  c.  Les 
vers  3505—3509  sont  omis  dans  E.  —  3506  GFHI  omettent  il,  comment; 
A  poist;  F  guerroier. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  9 


130  TIRUS,   SA  FILLE 

de  bataille,  de  contençon,  CirrfUrcJb- 

de  meller  sei  as  Troïëns. 
3510    Mais  ainz  que  viegne  poi  de  tens, 

i  porra  il  a  tens  venir, 

et  al  lancier  et  al  ferir, 

ki  li  porra  chapler  d'espee    C.firy»v6rû.ttî\j»- 

et  receivre  grosse  colee.  uru^  ^-ôtx-v  jLu  ctt 
3515    Ne  demora  que  quinze  dis, 

puis  qu'  Eneas  vint  el  païs, 

que  la  guerre  fu  comenciee 

que  Turnus  ot  tant  coveitiee.  ^s^^aca-é-/^ 

Por  asez  poi  de  començaille  C^oyrurré^riCÂ^rfUfry 
3520    sorst  l'acheisons  de  la  bataille, 

et  par  molt  petite  aventure 

mut  la  guerre,  ki  tant  fu  dure, 

dont  mil  home  furent  oeis 

et  altretant  navré  et  pris.     (XuJ-o^nrJL 
3525        Près  de  Laurente  la  cité 

ot  un  petit  chastel  fermé. 

Tirus  le  tint  en  eritage, 

uns  oem  ki  ert  de  hait  parage,  ^icrOU^u^ 

mais  vielz  et  anciens  esteit;  o-mC 
3530    deus  filz  et  une  fille  aveit; 

Silvia  fu  celé  apelee, 

n'aveit  si  bêle  en  la  contrée. 

Un  cerf  ot  norri  la  pucele 

que  el  paisseit  a  s'escuële  ^cjujjUJ^ 
3535     et  a  son  hanap  l'abevrot     ccf\^ù£^ 

et  en  sa  chambre  le  eolchot. 

Il  esteit  de  seze  ramors,  r^ourt-ux-'xJL^i^ 

3508  HIF  d.  b.  et  d.  "c,  G  et  d.  b.  et  de  tencon.  —  3510  HI  a.  quil; 
D  voient,  G  voie;  F  v.  a  poi.  —  3511  G  em  pora  il;  GEF  ases  v.  — 
3513  HI  qui  il  p.  —  3514  G  et  prandre  et  randre  grant  c.;  HI  pesant 
c.,  A  mainte  c.  —  3515  Alinéa  dans  HI.  —  3516  EF  omettent  puis, 
que  E.  —  3518  GEFD  queneas;  D  pourchacie.  —  3519  DGEF  par.  —  3520 
omis  dans  D.  E  fu,  autres  mss.  sort.  —  3521  GEFI  omettent  et;  H  et 
pour  m.  petit  dav.,  E  par  m.  petitete  a.,  GI  p.  m.  très  p.  a.  —  3524  G 
e.  a.  loie  ;  EF  et  .m.  n.  et  .iii.m.  p.  —  3526  omis  dans  D.  —  3529  F  molt 
V.  —  3530  A  un  fil.  —  3532  A  nen  ot  plus.  —  3534  y  quele;  G  q.  ot  pou; 
HI  en.  —  3536  omis  dans  F.  —  3537  HI  le  cerf  ert;  D  il  e.  bien  .xv. 
ramor;  GEF  ases  estoit  de  grant  valor  (G  ert  plains  d.  g.  v.). 


SILVIA   ET  LE   CERF  131 

il  alot  fors  par  toz  les  jors 

par  charapaignes  et  par  boscages, 

3540    ensemble  les  biches  salvages, 

0  les  privées  altretel;   o^c^cA.wtn-A-tg-ô-' 
la  nuit  reveneit  a  l'ostel. 
La  dameisele  o  lui  joeit 
et  il  tant  bien  la  eonoisseit, 

3545    que,  des  que  ele  l'apelot, 

devant  ses  piez  s'agenoillot, 
les  piez  li  torchot  a  sa  main,    ■i'^-J^-ttûuM, 
a  son  eseoz  manjot  le  pain,         cxuurrù    ^ 
a  molt  grant  trait  beveit  le  vin:      '^^^^^^"-^ 

3550    por  seissante  livres  d'or  fin 

nel  volsist  perdre  la  meschine. 

Tant  ert  li  cers  de  buene  orine  eruAÛri^ 

que  la  nuit  serveit  al  mangier, 

si  ert  en  leu  de  chandelier     cua.  jLju^  cLl, 

3555    devant  le  père  a  la  pucele. 
Merveilles  ert  sa  teste  bêle, 
quant  uns  granz  cierges  li  ardeit     cx«-^^ 
sor  chascun  raim  que  il  aveit.  i^ux^n/iJu^ 
Ainsi  serveit  chascune  nuit, 

3560    molt  l'ot  la  meschine  bien  duit,  in-ic^^uuJJ: 
et  des  que  11  sire  beveit, 
si  se  levot  li  cers  tôt  dreit; 

3538  HI  jouer  aloit  trestouz  les  iours,  D  et  fors  a.  par  tout  le  ior, 
EF  i.  a.  fors  trestote  jor,  G  i.  a.  par  tôt  hors  le  jor.  —  3540  GEHI  e.  o 
les,  D  avccques  les;  y  bestes.  —  3541  E  et  o  les  prives  a.,  G  o  les  pri- 
ves tôt  a.  —  3542  A  revertoit  a  ostel.  —  3543  HI  molt  lamoit,  D  lesioioit, 
EF  le  iooit,  G  le  gooit.  —  3544  HI  si  bien,  D  molt  bien,  EF  itant.  — 
3545  HI  que  tantost  com  el  1.,  A  de  quel  ore  quel  1.,  F  que  ades 
quelle  1.  —  3546  D  par  devant  s.  p.  se  cessoit;  GEF  son  p  —  3547  et 
3548  sont  omis  clam  HI.  D  le  pie  li  baisoit  o  la  m.,  E  del  piet  li  man- 
ioit  le  pain,   F  del  piet  li  tocoit  a  le  m.,   G  les  p.  li  lecoit  et  la  m.  — 

3548  omis  dans  E.    GD  en  s.  escours;    F  et  devant  li  maujoit  son  p.  — 

3549  HI   et  a  g.  t.  —    3550  DEG  por  .1.  1.   —  3551   G  ne  li  v.  —    355:J 

EF   car  1.  n.   —    3554   HI  de  lui  fesoient,  D  et  ert  e.  1.  de  chevalier  — 

3556  DG  Merveille  estoit,  EF  et  molt  estoit.  —   3557   HI  car  un;  EF  i 

d.   —  3558  I  sus;   HI  s.  c.  cor.  —   3559  —  3562  omis  dans  HI.     Les  vers 

3559  et  3560  viennent  dans  GEF  après  3562  en  ordre  inverse  et  sont 

omis  dans  D.  —  3561  EF  car. 

9* 


132  COMBAT  D'ASCAGNE  ET  DES   SIENS 

ne  fu  beste  si  serviable, 

nus  oem  ne  vit  si  entendable.  -oin)kJjSx^^2..nL 
3565     Ascaniiis  ki  valiez  ère 

a  Eneas  vint  a  son  père,  * 

se  li  comença  a  preier 

qu'il  le  laissast  aler  chacier 

0  seulement  un  cerf  berser.  cJ:tiu>noO\^  oa^c  a 
8570     II  li  dona  congié  d'aler.  -lù-^. 

Il  a  de  ses  pers  tant  semons,  jy^^^^nJ-e.^ 

qu'il  furent  bien  vint  compaignons, 

puis  est  montez  el  chaceor  cX^i/a^   cU.  cJuuu^^ 

et  li  altre  montent  es  lor. 
3575     Son  arc  porta  uns  suens  valiez 

et  uns  altre  son  berserez;   Qjxn^uM-en^ 

chascuns  des  altres  prist  s'espee, 

car  ne  saveient  la  contrée: 

il  n'aloent  pas  por  vener,   cAxkM^Lc^ 
3580     mais  por  le  dameisel  guarder. 

Tant  ont  erré  et  chevalchié, 

de  lor  chastel  sont  esloignié, 
-UM^^'  et.  ce.  ^uA        tant  qu'el  bois  entrent  de  Laurente. 

Enz  entrèrent  par  une  sente, 
8585    une  herde  de  biches  virent,  ^  -virO-^^ 

entre  es  espeisses  la  choisirent,  -hnu^  -et 

A  celé  herde  ert  asemblez 

li  cers  ki  si  esteit  privez, 

que  la  meschine  aveit  norri. 
3590    Ascanitis  l'en  a  choisi; 


j 


3563  et  3564  viennent  dans  EF  avant  le  vers  3559.  —  3565  Alinéa 
dans  DGEF.  —  3565  Lacune  dans  E  des  vers  3556—5954.  F  i  vint  Encan 
s.  p.,  G  sen  vint  a.  E.  s.  p.  --  3568  A  sil  le,  G  si  li,  D  que  le.  —  3569  GH 
por  s.,  I  et  s.  —  3570  F  si  li  dona.  —  3572  y  quil  ot  o  soi  (I  o  lui)  .xx. 
c,  D  que  il  f.  .xx.c.  —  3573  HI  montez  est  en  son  ch.  (I  sur  s.);  F  cor- 
ror.  —  3575  et  3576  omis  dans  D.  —  3577  HID  et  chacun  deus;  D  a 
pris  s.,  HI  porta  s.  --  3578  III  quil  ne.  —  3590  G  lor  d.  3581  A  Molt;  y 
aie.  —  3582  A  forsloignie.  —  3583  G  vinrent.  —  3584  I  U  bois  e.;  A  II 
errent  parmi;  D  II  e.,  G  Dedens  entrent.  —  3585  HI  herce.  —  3586  HI  e. 
les  buisons,  D  entre  espines,  F  e.  les  bestes,  G  e.  les  autres;  HI  les  c, 
GF  i  c.  F  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  3587  et  3588  intervertis  dans 
G.  G  qui  a  le  h.;  Avec  eles  iert  a.;  A  An;  D  cette  i  F  ert  amelles.  — 
3588  D  estoit  si.  —  3589  HI  pucele.  —  3590  HIF  la  bien  ch.,  D  li  a  ch. 


AVEC  LES   FRÈRES   DE   SILVIA  133 

se  a  dreit  mais  i  puet  venir, 

penera  sei  de  lui  ferir. 

Isnelement  a  pié  se  mist,  , 

son  arc  et  deus  saietes  prist,    m-  m-^*^  >        aatô^ 
3595     enprés  un  bien  grant  ftist  se  traist    ù^^JyxA. 

et  uns  dameisels  l'i  atraist.  cxjtx.iru^ 

Près  li  passèrent  de  devant, 
,  j.^^.^jjir^    et  il  visa  toz  tens  al  grant, 

"kPdaarains  veneit  spentre;   ctpjxju^ 
3600    il  traist  a  lui,  sel  fiert  el  ventre, 

andeus  li  perça  les  eostez. 

Li  cers  senti  qu'il  ert  navrez, 

de  la  herde  se  part  a  tant, 

a  molt  granz  salz  s'en  vait  fuiant, 
3605    vait  s'en  parmi  le  plaisseïz  poAX.  j  4tJ\yt^u^^  ^^nruila^ 

a  la  maison  o  fu  norriz; 

forment  li  saignoent  li  flanc. 

Cil  met  après  son  chien  a  sanc, 

puis  est  montez,  siuant  le  vait, 
3610    molt  par  fu  liez  que  dreit  ot  trait. 

Li  cers  senti  le  colp  mortal, 
,  afuiant  vait  a  son  ostal, 

devant  sa  dame  vint  a  peine, 

ja  li  alot  faillant  l'aleine, 
3615    jus  a  ses  piez  chaï  a  terre 

et  fist  semblant  de  merci  querre. 

La  meschine  le  vit  sanglent, 

de  sa  chambre  ist  isnelement, 

3591  G  a  d.  port;  A  en  p.  v.  —  3595  HI  du  cerf  ocirre  est  en  grant 
pêne,  D  dejouste  .i.  g.  f.  sestraist,  F  encontre  un  b.  g.  f.  se  trainst;  G  ses- 
trainst.  —  3596  HI  len  le  li  a  duit  et  amené,  D  (omet  et)  u.  d.  li  acemist(?), 
F  {omet  et)  li  d.  a  lui  lestrainst;  G  li  acainst.  —  3597  HI  font  passer  au  d.  — 
3598  G  pansa.  —  3599  HI  que  desrenier.  —  3600  HI  il  lavisa;  F  cel  cerf  e.  v. 
—  3602  D  que  fu,  GF  quil  fu.  D  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  3603 
et  3604  intervertis  dans  D.  HI  des  autres  sest  partiz,  D  li  vassaux  li  vait 
parsuivant;  GF  san  p.  —  3605  HI  vient;  A  un  plasseiz.  —  3606  A  de  la.  — 
3608  F  c.  vit  le  trace  de  son  sanc;  G  cil  mist  a.  s.  ch.;  HI  les  chiens;  GHI 
al  s.  —  3610  I  est  1.;  GHI  quant;  G  a  droit  t.,  HI  d.  a  t.  —  3611  Alinéa 
dans  I.  —  3612  I  si  vint  fuiant;  H  et  f.,  D  en  f.  —  3614  F  la  li.  —  3615  G  son 
pie.  —  3616  HI  fait.  —  3617  Alinéa  dans  D%   A.  seignant.  —  3618  HIG  la  c. 


QjJLi^^ 


134  SUITE  DE   LA   DESCRIPTION 

a  halte  voiz  cria  aïe. 
3620    Andui  si  frère  l'ont  oie, 

demandent  li  que  ele  aveit, 

et  el  lor  dist  que  ce  esteit 

et  que  li  cers  son  père  ert  morz. 

A  tant  com  il  orent  d'esforz    cLb-  -hn-tM^  ^'^^^^ 
3625    issirent  fors,  cels  ont  veii  c»^^<ul.  fu^^yxru^ 

ki  aveient  le  cerf  féru; 

nés  araisnierent  tant  ne  quant,   ■rujUjLejyn&.^rth 

vont  les  ferir  d^jm^intenant,   i-^uJi.  cU.  ^Cu^ltU, 

fièrent  de  pels  et  de  maçues,  -Tr^ù.uu.ai^.' 
3630    li  Troïën  d'espees  nues. 

Li  païsant  de  la  contrée   /^^  yûo^^uwrvû/ 

sont  acoru  a  la  mellee, 

les  Troïëns  ont  envaïz.    dàta-e^uA^ 

Tirus  i  ert  o  ses  deus  fiz, 
3635    ki  voleient  le  cerf  vengier, 

mais  il  le  comparèrent  chier. 

Issu  sont  fors  come  bricon,  ^&h^ 

granz  colees  lor  donc  l'om, 

les  Troïëns  ont  encontrez 
3640    ki  lor  depercent  les  costez; 

ainz  que  la  cuiriee  fust  faite,     Ouj\jLû^ 

i  ot  mainte  ame  de  cors  traite 

et  molt  en  i  ot  de  sanglenz 

et  de  navrez  de  cels  dedenz. 
3645     Son  arc  teneit  Ascanitis, 

une  saiete  (nen  ot  plus) 

mist  en  la  corde,  si  a  trait 

3620  a  quant  si  doi  frère.  —  3621  HI  que  ce  estoit.  —  3622 
DHI  (omettent  et)  ele  1.  d. ,  F  et  ele  en  dist;  HI  que  ele  avoit,  F  cou 
quen  c.  —  3623  HI  est.  —  3624  Dot.  com  orent  des  confors.  —  3626 
HI  qui  le  cerf  orent  pourseu,  DG  qui  le  cerf  avoient  seu  (G  a.  1.  c.  s.).  — 
3627  D  nés  araissonnent  ;  F  nés  aresnent  ne  tant  n.  q.  —  3628  I  ferir  1. 
V.  —  3629  D  f.  despees  de  m.  —  3630  GF  et  T.  —  3632  G  sont  la  venu 
a  recelée.  —  3633  D  esvais.  —  3634  F  i  fu.  —  3635  D  que  v.  —  3636 
DHI  m.  molt  le  c.  ;  G  comperront  molt  c.  —  3637—3641  omis  dans  GF.  — 
3637  D  ainsi  s.  —  3638  HI  douoit.  —  3639  HI  T.  les  ont  e.  —  3641  y  a. 
que  mellee  (F  que  li  noise)  fust  desfaite.  —  3646  G  u.  s.  ot;  D  naient 
plus,  HG  nen  a.  p.  —  3647  A  coche. 


DU  COMBAT  135 

a  un  ki  grant  enchalz  lor  fait.  jû&ua.ccÙJ-l. 

L'ainzné  des  frères  aconsut,  (^aJttul'rxJ.i^^ 
3650     une  saigniee  li  valut,    Aû^(^yrj^ 

desoz  la  gole  l'en  a  point 

que  l'os  del  col  li  a  desjoint, 

trenehié  li  a  l'orguenal  veine;    'irchcJU^  ,  ^^^fC^-fn.^irO^^ 

par  la  gorge  li  ist  l'aleine. 
3655     Cil  eliaï  morz  joste  son  frère, 

dolenz  en  fu  Tirus  ses  père; 

li  suen  se  peinent  del  vengier 

et  cela  comeneent  a  eoitier.  -^^-'i/ïx.^  ^  p/\ja..^MA.y^ 

Tirus  lor  fait  une  envaïe,  att^icuLUL. 
3660    Ascanitis  as  suens  eserie: 

,Que  faites  vos,  franc  chevalier? 

Li  cers  tarde  a  escorchier!    ^luiuyxcAa-^ 

Bien  i  porron  tant  demorer, 

que  il  n'ieiii  mais  cuiz  al  disner. 
3665     Chascuns  i  fierë  o  s'espee! 

Nos  i  feron  bien  fort  pevree;    rxyiAyxoAa^ 

a  la  viande  deit  l'en  traire, 

car  de  ce  a  chascuns  a  faire." 

Molt  bien  les  a  cil  esbaldiz,   /o/v/^V 
3670    il  i  fièrent  des  brans  forbiz 

et  poinz  et  braz  i  font  voler,  jJjJji- 

testes  saignier,  vilains  criërj^,---^ 

espartent  si  la  vilenaille    MjLp  ù^xt-^rji. 

ki  n'erent  pas  duit  de  bataille. 

3648  G  al  mont;  A  li  fait.  —  3649  A  an  consut;  D  1.  de  fiuz  en 
aconsut.  —  3650  F  u.  saiaite;  D  dune  enseigne  qui  1.  v.  —  3651  GD 
desor;  G  li  a  p.  —  3652  A  c.  tôt  li  d.  —  3653  A  lorinal.  —  3654  D 
sen  ist.  —  3655  D  quil  c;  A  chie.  —  3656  F  T.  en  f.  d.  ;  I  lor  p.,  H  son 
frère.  —  3657  DGF  de  v.  —  3658  HI  et  troiens  fort.  —  3662  G  nos  t., 
HI  demeure;  F  de  lesc.  —  3663  et  3664  omis  dans  A.  G  ja  poons  nos;  DF 
ja  i;  D  pouez,  F  puet  on.  —  3664  HI  quil  niert  mie,  G  quil  nert  hui  mais.  — 
3665  HIF  de  s.;  G  or  f.  ch.  a  lespee.  —  3666  HI  si  i  f.;  HID  forte  p.,  F  molt 
grans  p.,  G  molt  fort  p.  —  3667  HI  v.  devons  t.  —  3668  D  quant;  A  celé, 
F  cel.  —  3669  Alinéa  dans  FHI.  HI  Ascanius  les  esbaldi.  —  3670  HI  chacun 
i  fiert  du  branc  forbi;  G  quil  ferirent.  —  3671  HI  {omettent  et)  p.  piez  et 
bras.  —  3672  D  t.  sevrer,  F  espandre  sanc.  —  3673  HI  bien  départent  1.  v., 
F  e.  folle  villenage,  DG  départent  soi  li  v.  —  3674  F  qui  ne  repont  en  la  b. 


13.6  DÉFAITE  DE 

3675     Danz  Galessus,  uns  riches  hom, 

n'i  evt  venuz  se  por  bien  non 

et  por  desfaire  la  mellee; 

cil  i  recoilli  tel  colee, 

qu'il  chaï  morz  sempres  a  terre;     (xuuufJrrt 
3680     onkes  ne  li  lut  mire  querre 

por  sa  plaie  mediciner; 

ne  li  estut  loier  doner,  àoJLaJjxjL. 

ne  mètre  entrait  ne  Dignement;    crn/^ue/rJ::. 

ne  langui  mie  longuement. 
3685    Des  que  li  estors  comença, 

uns  escuiers  s'en  retorna, 

ki  al  chastel  l'ala  noncier, 

et  dist  que  l'en  lor  ait  aidier, 

que  al  bois  erent  asailli, 
3690    par  force  esteient  envaï;   attiuuj-O' 

s'il  n'aveient  secors  prochain, 

toz  les  prendreient  li  vilain. 
Quant  Eneas  ot  que  ses  fiz 

en  la  forest  ert  asailliz, 
3695     n'est  mie  bien  asetirez;  Acau^M^t^J- 

cent  chevaliers  très  bien  armez 

li  enveia  hastivement. 

Cil  chevalchent  serreement, 

si  com  li  escuiers  les  meine. 
3700    Cil  se  deffendeient  a  peine, 

car  li  criz  ert  molt  espeissiez.  cUA>éJrxu^  ûIm^  ^ 

3675  Alinéa  dans  GD.  —  3677  I  deffendre.  —  3678  DF  reçut  tele 
(D  ytel).  —  3679  GHI  iloc  a  t.  —  3680  y  onc  (F  ains,  G  aine)  ne  li  estut 
m.  q.  —  3682  D  mire  endurer,  FG  mie  mander.  —  3683  ei  3684  oynis  dans 
D.  A  ne  m.  trait.  —  3684  G  vesqui.  —  3685  Alinéa  dans  HI,  Des  lors  que 
lestors  c.  —  3686  G  diloc  torna.  —  3687  HI  {omettent  ki)  a  Heneas;  F  le 
va.  —  3688  D  li  a.;  HIF  voist;  G  que  lor  venist  a.  —  3689  GHI  car;  D  {omet 
que)  en  la  forest  est;  DF  envai.  —  3690  HI  et  de  molt  grant  gent-,  F  ierent. 
—  3693  sans  alinéa  dans  III,  de  son  fil  (H  filz).  —  3694  G  ert  e.  1.  f.  a.  ;  HI 
quen;  HI  est;  I  a  essil,  F  envais.  —  3695  Depuis  ce  vers  jusqu'au  vers 
3705  les  premiers  hémistiches  sont  illisibles  dans  A.  FD  ne  sest  de  rien  a., 
G  ne  se  volt  pas  asseurer.  —  3696  G  a  fait  armer.  —  3597  D  lenevoia; 
G  ses  i  envoie  isnelement.  —  3698  HIF  chevauchèrent  fièrement;  D  seure- 
ment,  G  hasteement.  —  3700  HI  li  leur  se  deffendent.  —  3701  HI  enforciez. 


TIRUS   ET   DES   SIENS  137 

Et  Tirus  fu  tant  enforciez   AAvJerujL- 

et  tant  li  fu  creue  aïe, 

qu'as  Troïëns  fist  envaïe  ûitteiA^uJ- 
3705    ki  molt  lor  fu  griés  a  sofrir: 

molt  esteient  près  de  morir, 

nule  deffense  mais  n'aveient. 

Quant  deniers  els  le  secors  vêlent, 

idonc  se  sont  ravigoré, 
3710     li  cent  sont  o  les  vint  josté, 
y^A^di^i>eîn£       raeoillent  les  de  mainte,aaiLt.  -^aut,  cU.  jM.uJf4-, 

Desconfit  sont  li  païsant, 

tôt  lor  estut  le  champ  guei*pir, 

si  comencierent  a  fuir. 
8715    Li  Troïën  les  vont  ferant; 

ne  se  deffendent  poi  ne  grant, 

en  la  forest  sont  enbatu.  ù.£rnh  ^'Kiih^.A^  pn^cJjx*Jha.vn^nru 

Cil  ki  a  plain  sont  conseil  atZa^^vit. 

muèrent  a  glaive  et  a  martire.  £^aa. 
3720     Tirus  s'en  vait,  ki  ert  lor  sire, 

fuiant  s'en  vait  al  chastelet, 

0  poi  de  gent  dedenz  se  met. 

Il  a  fait  traire  sus  le  pont, 

as  bretesches  montent  amont    pa^uLpjiJ^^  cryunaJ.^^^ 
3725     et  porprenent  le  heriçon:    ^^tuu^i^xrvir 

deffendre  vuelent  la  maison!      \-_  povi^hjt^  o/x^rrUjL. 

Li  Troïën  i  sont  venu,  ^  >  .4,*»-^  oaùr^^»^  dU 

sor  le  fossé  sont  descendu,  -itjv 

3702  HI  sest  tant  porchaciez;  D  fu  molt,  G  ert  molt.  —  3703  G  li 
force  fu  creue;  A  creu  daie.  —  3704  A  f.  tel  e.,  D  f  telle  e.;  G  cest  sor 
T.  corue.  —  3705  A  de  s.  —  3706  F  del  m.  —  3707  HI  pou  de  d.;  F  d. 
nen  a.  —  3708  q.  il  le  secours  venir  v.,  GF  q.  des  troiens  secors  v.  (G 
le  s.).  —  3709  H  resv.,  DGF  aseure.  —  3710  HI  se  sont  as;  FI.  c.  as  .xx. 
se  sont  mesle.  —  3711  DG  recoillent,  F  acoillent.  —  3713  GF  tos;  A  estuet. 

—  3714  A  se;  F  il  sen  comencent.  —  3716  y  tant  ne  quant.  —  3717  D 
enbatuz.  —  3718  G  {omet  cil)  qui  al  p.  furent  c;  HID  au  p.;  D  fu  con- 
seuz.  —  3719  D  morut;  F  a  doel;  G  furent  ocis  a  grant  m.  —  3720  F  fuit; 
D  qui  en  est  s.  —  3721  D  sen  tome.  —  3722  D  a  p.;  GF  a  grant  paor.  — 
3723  G  sus  traire.  —  3724  G  as  grans  b.  monte  a.,  D  a.  b.  qui  sont  amont 

—  3725  D  montèrent  et  au  h.;  F  or  irechon.  —  2726  DGF  lor  m.  —  3727 
Alinéa  dans  D.  —  3728  I  par,  H  por. 


138  LES   TROYENS   S'EMPARENT 

asaillent  les  hardiëment. 
3730    Cil  se  deffendent  asprement 

et  lancent  loi*  les  pels  aguz,    c^la^uu^ 

dont  il  loi'  percent  lor  escuz,  j 

jus  les  craventent  el  fossé.  . 

Grrant  pièce  a  li  asalz  duré, 
3735     et  cil  forment  se  defïendirent, 

tant  que  lor  armes  lor  faillirent, 

ne  trovoent  mais  que  lancier, 

ne  saveient  de  que  aidier. 

Ne  se  voldrent  pas  laissier  prendre, 
3740    ainz  comencierent  a  descendre 

des  bretesches,  del  heriçon,   pcu^a^x&y^^  CA£jn£jj 

si  ont  guerpi  tôt  a  bandon    ^a^»-^  cruL^^jt,^ 

et  tornent  s'en  par  un  postiz       f^LL*.^iM»jrr^yrr 

ki  ert  devers  le  plaisseïz;  ^^  p^i^^ 
3745     n'i  a  rem  es  petit  ne  grant      -Vd>vux^^  ^/rxcM 

Par  l'espés  bois  s'en  vont  fuiant, 

dusqu'il  furent  iluec  entré; 

si  lor  sont  il  tuit  eschapé. 

Li  Troïën  se  rescriërent, 
3750    amont  le  grant  fossé  montèrent, 

ne  troverent  deffension, 

si  se  pristrent  al  heriçon; 

depecié  l'ont  et  plaissié  jus,     ûCuhA^it 

3730  F  II;  G  aigrement.  —  3731  HI  lancierent  leur  grans  piex  a.,  D 
et  1.  les  granz  p.  a.;  GF  lor  espius  a.  —  3732  HI  les  e.  —  3733  F  j.  asa- 
loient,  G  il  asaillirent,  HI  fort  assilirent;  A  del  f.  —  3734  DGF  estors. 
—  3736  omis  dans  D.  —  3737  HI  troverent  mes;  G  dont  1.  —  3738  HID 
ne  ne  s.  dont  a.,  F  navoient  de  quoi  a.;  G  ne  se  sorent.  —  3739  HI  II; 
FD  nil  ne  (F  ne  se)  vouloient  1.  p.,  G  nil  ne  se  volent  1.  p.  —  3740  G  tos  tans 
entendent  al  deffendre.  —  3741  G  et  li  pluisor  si  com  Hson.  —  3742  HI  si 
guerpirent;  D  s.  o.  tout  g.  a  b.,  GF  sen  sont  fui  tôt  a  b.  —  3743  HI  [omet- 
tent et)  fouirent;  F  et  tornerent  vers  un  p.  —  3744  G  un  p.  —  3745  F  ni 
remainent,  G  nen  i  remaint.  —  3746  F  par  mi  le  bos;  G  an  v.  —  3747  et 
3748  omis  dans  HI.  D  puis  quil;  F  i.  laiens  e.  —  3748  GF  si  furent  il; 
D  sont  tiestuit  e.  —  3749  A  les  r.,  F  se  rescrioiont,  G  sesvertuerent. 
Alinéa  dans  HI.  —  3750  HIGF  et  a.  le  fosse  m.  (F  montoient);  D  haut  f.  — 
3751  y  ni;  D  tournèrent.  —  3752  F  si  se  pendent  a  lirechon.  —  3753  A 
depiecent  lo  et  plaissent  jus;  G  pris  lont  a  force;  D  el  plessie  jus,  F  et 
quase  j.,  HI  abatu  j. 


DU   CHÂTEAU  139 

de  totes  parz  montèrent  sus, 
3755     senz  contredit  sont  enz  entré,   ^^uru>^    op^o^ùJk^rù 

negun  home  n'i  ont  trové. 

Tote  ont  robee  la  maison,  (ÙJjlii^ 

si  ont  tant  pris  de  guarison,  p^unrU-Urn^ 

trente  somiers  en  ont  chargiez, 
3760    et  puis  fu  li  cers  escorchiez.  £juru:J^ 

Ascanilis  a  son  chien  pris, 

ki  en  une  chanbre  esteit  mis: 

la  pueele  l'i  ot  mucié    (UlcKC 

et  de  sa  ceinture  lie; 
3765    li  dameisels  le  deslia, 

de  la  cuiriee  li  dona.     cuuAjui^ 

Le  cerf  ont  défait  et  chargié, 

uns  dameisels  prist  le  forchié    ^ercu^-cA^. 

et  uns  altre  porta  la  teste:        ^ 
3770    conquis  l'orent  par  grant  poeste. 

Quant  espleitié  ont  lor  afaire,  êm^^cujjU^  ^  'tLA^'>ni4n^ 

si  se  remistrent  el  repaire,   /ijj/rru.-'^ynX^^.A-^r^ 

la  preie  acoillent  del  pais,   /i£uu^AyrrU>ti.^rih 

tôt  ont  robe  et  tôt  ont  pris, 
3775    mil  somiers  ont  chargié  de  blé, 

li  escuier  s'en  vont  trossé; 

bien  grant  eschec  ont  le  jor  fait,     irui/ùn) 

En  lor  chastel  se  sont  retrait; 

que  d'un  que  d'el  l'ont  si  guarni   ptru^^ri^i^  ^    nmxuYÙ^ 
3780    que  plus  d'un  an  tôt  acompli 

3754  G  et  puis  en  sont  monte  la  sus.  —  3755  G  i  s.  e.  —  3756  G 
qui  defifense  n.  o.  t.;  F  n.  home  de  mère  ne.  —  3760  DGF  après;  D  ont 
lor  cerf.  —  3761—3767  omis  dans  F.  Alinéa  dans  El.  HI  cerf.  —  3764 
G  {omet  et)  d.  s.  e.  estroit  lie.  —  3765  A  lan.  —  3756  I  et  puis  après  si 
lacora.  —  3767  F  .i.  eskuier  si  lont  liure.  —  3768  F  a  Montalbem  la  cil 
porte;  G  la  quirie,  HI  le  daintie.  —  3770  A  que  il  o.;  H  c.  lont  par 
vive  p.;  I  par  tel  p.  —  3771  Alinéa  dans  GD.  G  Tant  ont  e.  —  3772 
HI  si  se  sont  remis,  D  si  sentremistrent,  F  si  se  misent  en  lor  r.  —  3776 
D  en  ont  tourse,  F  sen  sont  tome;  G  tôt  ont  cargie  et  tôt  torse.  — 
3777  F  molt  bel  erkiet  o.  1.  j.  pris;  G  gaaing.  —  3778  F  en  lor  re- 
paire se  s.  mis,  G  e.  1.  pais  en  s.  r.  —  3779  HI  de  ce  dont  il  se 
sont  g.,  G  adont  furent  il  si  g.  —  3780  HI  bien  près  d.  a.,  G  que 
a  un  a. 


140  LATIN 

se  pueent  il  dedenz  tenir 

et  un  grant  siège  maintenir. 
La  novele  est  tant  espandue 

que  a  Laurente  en  est  venue; 
3785    ce  diënt  tûit  par  la  cité, 

que  Troïën  sont  arivé, 

ki  a  essil  metent  la  terre,    c>U4,ihu4Xjk.£nrO 

corne  la  genz  qui  aiment  guerre; 

diënt  que  bien  m  al  vais  atrait  cujh.£rn>  cU  ûtti^ 
3790    li  reis  Latins  a  en  els  fait; 

Tirus  l'a  premiers  compare,  sl^^m^ 

ocis  li  ont  son  fil  l'ainzné. 

Li  borgeis  se  sont  asenblé, 

li  plus  puissant  de  la  cité; 
3795     en  error  sont  et  en  esfrei,     jx&ûyrUL, 

a  la  cort  vont  parler  al  rei,  ^ 

lor  plainte  et  lor  clamor  i  font.    /xiuULo^^rrtoJv»', 

Li  reis  demande  que  il  ont, 

et  il  li  diënt  l'aventure, 
3800    content  la  grant  deseonfiture   cuJcuÀe^ 

que  Troïën  ont  le  jor  fait,  j 

et  maldiënt  tôt  lor  atrait; 

cent  de  ses  homes  ont  ocis, 

ars  et  robe  tôt  le  pàïs. 
3805     Plus  li  diënt  que  nen  esteit; 

por  ce  que  li  reis  s'en  esfreit, 

diënt,  se  conselz  nen  est  pris    tcru^aUL 

qu'il  conquerront  tôt  le  pais. 

3781  F  purent;  G  bien  maintenir.  —  3782  F  et  le  g.  s.;  G  {ovMt 
et)  bien  tenir;  HI  s.  bien  soufrir.  —  3783  sans  alinéa  dans  A.  HI  tant 
corue;  F  omet  tant;  G  tost,  D  toute.  —  3784  G  si  qua;  A  an  L;  DGFI 
omettent  en;  D  fu  v.  —  3785  HI  {omettent  ce)  trestuit  dient.  —  3787  A 
metront.  —  3788  G  aime.  —  3789  FHI  molt  m.  ;  F  a  fait.  —  3790  HI  La- 
tinus  lor  a  f.,  G  Latins  lor  avoit  f.  —  3791  y  primes.  —  3792  F  ajoute 
deux  vers.  V.  les  notes.  Alinéa  dans  G.  ~  3794  HI  vaillant;  G  p.  et.  li 
membre.  -  3796  HI  li  plusor  v.  —  3797  DGF  li  f.  —  379S  G  H  lor  d.  — 
3799  A  cil;  G  content.  —  3800  D  comment,  G  dient.  —  3801  et  3802 
omis  dans  F.  HI  q.  li  t.  ont  ia  f.  —  3802  D  e.  m.  le  lor  a.  —  3804  DGF 
r.  ont  le  p.  —  3805—3808  omis  dans  A.  F  p.  en  content  que  il  nen  s.; 
D  quil  ni  e.  —  3808  GF  il  c. 


TIENT  CONSEIL  141 

A  tant  Turnus  est  descenduz,     QjLdriA^ 
3810    a  ces  paroles  est  vennz; 

aneeis  ot  la  novele  pïe 

dont  la  citez  fu  estormie,  -^r^uu^  i^r^  ûLLan/mt^ 

a  merveille  par  en  fu  liez. 

Devant  le  rei  s'estut  en  piez, 
3815     oï  que  li  borgeis  diseient 

et  la  plainte  que  il  faiseient, 

et  que  li  reis  lor  respondeit 

que  as  Troïëns  se  pendeit 

et  molt  les  voleit  retenir 
3820    et  en  sa  terre  maintenir. 

Turnus  prist  la  parole  en  main, 

si  se  torent  li  citeain.   -AcUAs^A'riih^  cLt-  ^vLàUm^ 

flSire",  fait  il,  „molt  me  merveil 

0  tu  as  pris  icel  conseil, 
3825    que  Troïëns  vuels  retenir. 

Il  ne  sorent  onkes  partir; 

ne  vuelent  estre  meteier,  ruti    yi,'  cl  cmm.   jIûl.  '>ri£rtJ-iû- 

nen  ont  cure  de  parçonie^  /'V^//    ^JulL  p/Lrij^a^^ 

aneeis  vuelent  le  tôt  aveir.  '  ^ 

3830    Ce  saches  tu  de  fi  par  veir, 

Troïën  sont  de  tel  manière, 

que  kis  aquelt  en  la  foriere,  tûùlyui^  cL  ^uu^rO  LÀA/mJ^ 

que  fors  de  tôt  le  champ  le  getent. 


3809  sans  alinéa  dans  DGF.  —  3810  HI  et  a  ces  p.  v.,  DF  as  p.  est 
sorvenuz,  G  as  pavillons  est  revenuz.  —  3811  HI  la  novele  avoit  ainz  o. 

—  3812  HI  îert.  —  3813  HI  a  merveilles  en  par;  F  a  grant  m.  {omet  par). 

—  3814  HI  se  tut,  F  estut;  GD  lui  est  venus.  —  3815  A  ooit.  —  3816 
F  otnet  il.  —  3817  A  (omet  et)  ce  que.  —  3818  D  apendoit;  y  quil  (F  que, 
HI  qui)  as  T.  se  tenoit.  —  3819  HI  et  que  molt  les  voloit  chierir,  DGF  et 
bien  les  i  velt  r.  —  3820  A  consantir.  —  3821  Alinéa  dans  GFD.  H  a 
m.  —  3822  GF  san  toraent.  —  3823  F  mesmervel.  —  3824  HI  ou  vous 
avez  pris  cest  (I  tel)  c;  G  si  fait  c.  —  3824  et  3825  intervertis  dans  HI. 
D  voudrent,  G  sevent.  —  3828  HI  il;  D  nont  c.  destre  p.;  F  ne  nen  ont 
soing;  G  ne  voelent  avoir  p.  —  3829  G  et  tôt  voelent  par  force  a.  — 
3830  A  an  fin  de  voir;  F  {omet  tu)  très  bien  et  de  v.;  G  et  tant  pues 
tu  molt  biens  avoir.  —  3831  et  3832  omis  dans  D.  —  3832  HI  qui  les 
a.  en  saclieeure;  F  a  la  f.;  G  kariere,  A  chaintriere.  —  3833  HI  que  hors 
du  tout  tantost  le  metent;  A  tôt  de  fors. 


142  DISCOURS  DE 

^  de  tôt  en  tôt  dedenz  le  metent. 

5835    Se  tus  aquels  en  cest  pais,       A^  ùu^ 

a  tant  en  es  de  tôt  fors  mis. 

Un  recet  ont  fait  en  ta  terre    yi£M,u^j  plaxji  - 

dont  il  remuevent  ja  grant  guerre,  ' 

ardent  et  preient  et  ociënt 
3840    et  tes  homes  a  els  aliëutj^^__  £(>yv^j'^*'**f^ 

s'ainsi  lor  leist  longues  errer,   -yrtaj-uJ^^^ 

tôt  te  voldront  deseriter. 

Mais  ce  vuels  tu,  ce  m'est  avis; 

tus  a  atraiz  en  cest  païs,     dJbtLr»^^ 
3845    tu  ne  vuels  pas  o  els  partir, 

anceis  lor  vuels  le  tôt  guerpir 

et  mei  cuides  mètre  a  neient, 

si  n'es  vers  mei  par  sairement.  XiZJxymA'rù^ 

De  ta  terre  m'as  erité, 
3850    0  ta  fille  m'as  tôt  doné; 

ge  l'ai  plevie  et  afiëe;  fMx^nrrùuuL. 

ne  l'ai  encor  pas  esposee, 

ne  ne  geiimes  en  un  lit, 

encor  remaint  par  ton  respit;  dJUjouL 
3855    mais  de  la  terre  sui  saisi z, 

et  les  chastels  ai  recoilliz,  AÀJ^i^^^ 

g'en  ai  les  tors  et  les  donjons 

et  les  liomages  des  barons. 

Se  tu  me  vuels  de  dreit  guenchir,   OrLû^îoAt*/  , 
3860    cil  ne  me  porront  pas  faillir,  "h»^  pt 

3934  HI  et  ariere  de  t.  le  m.,  6F  et  de  tôt  ariere  le  (G  les)  lu.,  D  del 
tout  a  droit  naient  1.  m.  —  3835  HID  se  les;  A  an  ton  p.  —  3836  HI  par 
eus  en  seras  de  hors  mis;  A  a.  tan  es;  D  yers;  G  il  ten  aroit  tôt  defors 
mis.  —  3837  HT  chastel;  G  tont.  —  3838  HI  maintienent,  D  te  movent,  G  te 
mainent.  —  3839  I  prannent  et  o.  —  3840  HI  {omettent  et)  tes  h.  et.  ;  A  o 
als.  —  3841  HI  s.  les  les  1.  régner,  D  s.  lor  lais  1.  aler,  G  se  il  ensi  lor  loist 
e.  —  3842  G  il  te.  —  3844  HI  ques  as  a.,  D  atrais  les  as;  AGF  tu.  —  3845  y 
a  als;  D  mie.  —  ;<846  F  del  tôt.  —  3847  I  et  moi  mètre  tout  a  n.,  G  et 
moi  vels  torner  a  n.;  A  me  c.,  DF  men  c.  —  3848  DHI  se;  F  vers  moi 
mesfais  a  entient;  G  si  es  a  moi.  —  3820  F  et.  t.  f.  m.  tu  d.  —  3852  G 
mais  io  ne  lai  pas  e.;  F  encore  e.  —  3853  A  et  ne;  G  encor  ne  jumes.  — 
3S54  A  et  ne,  I  en  toi  r. ,  G  et  si  r.;  D  tout  en  r.  —  3855  y  ta  t.  — 
3856  G  ai  vers  moi  mis.  —  3857  HI  je  ai.  —  3859  D  du  reing;  F  guerpir; 
G  men  voloies  g.  —  3860  F  cist  ne  me  pueent;  G  valront,  D  porroit. 


TURNUS  143 

tuit  se  tendront  o  mei  de  bot,    --hfuM  cU.  .Ac^jJ^ 

ge  sui  pieça  saisiz  del  tôt, 

tu  ne  m'en  puez  mais  rien  tolir, 

ne  ge  n'en  voil  plein  pié  guerpir, 
3865     et  li  tolirs  n'est  pas  legiers: 

ainz  en  morront  mil  chevaliers. 

0  bien  te  peist  o  bel  te  seit, 

saches  que  ge  tendrai  mon  dreit." 
Li  reis  oï  que  Turnus  dist, 
3870     d'ire  et  de  maltalent  fremist,       Ajlu\£u4^^  ^    JLa^ùJz, 

mais  envers  lui  ne  volt  parler     ^ 

ne  il  nel  volt  plus  escolter. 

D'entre  ses  homes  est  levez, 

en  sa  chambre  s'en  est  entrez, 
3875    ne  mais  que  seul  itant  li  dist:   :h>ynh 

ki  plus  peiist  et  plus  feïst, 

et  tôt  li  mist  el  convenir 

0  del  laissier  o  del  tenir: 

la  femme  etist  a  tôt  la  terre 
3880    cil  d'els  ki  la  porreit  conquerre. 

Turnus  o  les  barons  remaint, 

ensenblë  els  del  rei  se  plaint, 

ki  ses  convenz  li  vuelt  retraire, 

demande  lor  qu'il  porra  faire 
3885     des  Troïëns  ki  senz  son  gre 

3861  F  tost  sen  terront;  G  avolc  moi  en  venront;  HIF  a  m.  —  3862 
F  de  t.;  G  de  ce  ni  a  il  nul  redot.  —  3S63  A  {omd  tu)  ne  m.  p.  pas  rien 
retolir,  D  (pmtt  tu)  n.  m.  pouez  m.  r.  t.,  F  tu  ne  me  pues  mais  men  tolir, 
G  tu  ne  le  me  p.  m.  tolir.  —  3864  HI  ne  ie  nai  talent  du  g.;  D  ne  ne  vous 
V.;  F  jo  ne  te  voel  nient;  G  ne  io  nel  quier  mie  g.  —  3865  HIGF  omettent 
et,  DF  omettent  pas;  HI  a  tolir;  F  ne  li  t.;  D  y  ne  mest.  —  3867  D  ou  bien  te 
soit,  G  u  il  te  p.,  DFHI  ou  mal  t.  s.  —  3868  F  jo  maintendrai  je  quid  m. 
d.  —  3869  sans  alinéa  dam  A.  —  3870  D  omet  et.  —  3872  D  ne  v.  ;  F  ne 
il  ni  vielt  plus  arester,  G  ne  iloc  ne  valt  plus  ester.  —  3873  A  ses  1.  — 
3874  F  eus  ses  cambres;  G  si  sen  est  e.  s.  c.  entres.  —  3875  D  fors  que 
seul  ytant;  F  et  se  li  mande  et  si  a  dit;  AG  lor  d.  —  3877  I  len,  U  les; 
F  et  jor  li  m.  de  revenir.  —  3878  G  ferir.  —  3879  HI  ait  a  (H  et)  toute 
1.  t.;  F  et  le  f.  e.  et.  —  3880  F  le  peuist,  HI  porra;  G  qui  sor  lautre  le 
puet  c.  —  38S!  Alinéa  dans  GHI;  D  sez  b.  —  3882  HI  a  eus  trestoz; 
D  e.  o  eulz  de  soi;  GF  e.  a  als.  —  3883  y  (omet  ki)  ses  convenans.  — 
3884  A  demanda;  D  d.  que  il  p.  f.  —  3885  HI  sus,  G  sor. 


144  IL  CONVOQUE 

ont  el  païs  chastel  fermé 

et  altre  en  ont  a  force  pris, 

a  essil  metent  le  païs. 

Cil  li  loënt  comunement 
3890    que  asenbler  face  sa  gent, 

mant  ses  barons  et  ses  amis 

et  les  veisins  d'altre  païs; 

a  quant  que  il  porra  aveir    cjrrrJ>tM.*rù 

molt  tost  les  aille  aseeir, 
3895     et  s'il  les  puet  par  force  prendre, 

si  les  face  ardeir  o  pendre. 

Turnus  en  a  lor  los  creii,   ccyuiajJL 

le  jor  meïsme  sont  meii  AJi-  J:xcnnt.  nru^  t^^y  yr 

et  li  corleu  et  li  mesage,  c^ua/ûaaa.^ 
3900    ki  semondre  vont  le  barnage   JimnnM^ 

et  ses  homes  et  ses  parenz, 

et  molt  mande  estranges  genz; 

de  totes  parz  molt  en  atine,  AjuuvjJt- 

as  Troïëns  fera  rancune:  situriùp/i/nAA- 
3905    bien  ot  serjanz  et  chevaliers 

des  i  que  a  set  vinz  miliers. 

D'alcuns  des  princes,  des  barons 

vos  sai  ge  bien  dire  les  nous. 

Mesencius  i  vint  premiers 
3910    et  amena  .m.  chevaliers; 

il  ert  uns  princes  d'altre  terre, 

3886  G  en  la  terre  ont  c.  f.  —  3887  D  lautre;  F  et  autre  mont  par 

f.  p.  ;  G  et  un  a.  ont.  —  3888  F  mon  p.  —  3890  G  que  il  mant  ses  h.  sa 

g.  —  3891  G  et  s.  b.  —  3892  F  barons,  G  princes.  —  3893  A  et  q.,  GD 
o  q.;  Fa  tant  corn.  —  3894  III  les  aille  tantost  a.,  F  a  tant  les  auge  a.,  G 
et  molt  tost  1.  a.  veoir.  —  3895  GF  le  p.;  G  a  f .  —  389C  A  ses  f.  toz;  G  si 
le  f.  a.  et  p.;  DFdesfaire  u  p.  —  3897  sans  alinéa  dans  UDF.  —  3898  F 
cel  j.;  G  tantost  m.;  A  venu.  —  3899  A  corner;  G  et  si  c.  et  si.  —  3900 
GF  qui  V.  s.  son  b.  —  3902  DF  {omettent  et)  molt  a  mande;  G  manda;  HI 
destrange.  —  3903  A  de  tote  part;  G  fera  ainq  une.  —  3904  G  sil  puet 
commune.  —  3905  et  3906  sont  omis  dans  D.  F  a  s.  —  3906  HI  .lx.  ;  GF 
d.  ca  (G  a)  .xi.  vins.  —  3907  A  Dauquanz;  F  Quasquens  ne  sai  nomer  les 
nons;  G  p.  et  de  b.  —  3906  I  s.  molt  bien,  H  s.  très  bien;  D  v.  s.  a  d.  touz 
1.  n.,  F  de  princes  et  de  haus  barons.  —  3909  Alinéa  dans  GF.  —  391o  I 
cil  a.;  D  et  ot  .x.m.  chev.  —  3911  III  il  iert  prince  de  haute;  A  de  sa  t. 


SES  VASSAUX  145 

riches  oem  fii  et  duiz  de  guerre.    A/rUi^huûJz. 

Lausus  i  vint  o  lui,  ses  fiz, 

uns  dameisels  proz  et  gentiz: 
3915     onkes  plus  bêle  créature 

d'ome  vivant  ne  fist  nature. 

Il  en  i  amena  o  sei 

plus  de  set  ceuz  o  son  conrei.  J^ftct^a^t. 

Aventinus  i  vint  enprés, 
3920    uns  dameisels  fiz  Erculés; 

cil  amena  mil  chevaliers 

esti-e  la  gelde  et  les  archiers;    ôu^hue^      'ùertclAjh^  cl.  ùIuL 

del  cuir  d'un  lion  ot  escu, 

que  Hercules  aveit  veincu; 
3925    il  le  portot  par  molt  grant  gloire, 

ce  ert  signe  de  la  victoire 

et  de  la  grant  vertu  son  père;    Vûxi.i^VrvC4_ 

granz  essenples  de  bien  li  ère. 

Vint  i  li  dus  de  Prenestine 
3930    et  li  sire  de  Palestine. 

Mesapus  vint  o  grant  barnage, 

fiz  Neptuni,  le  deu  marage;  oU~  nrr\AJv 

cil  li  trova  mil  chevaliers 

et  les  armes  et  les  destriers; 
3935    poltrels  orent  de  Capadoce,    ùâ^Unirru^ 

ki  n'ont  mehaing,  jale  ne  boce,    oLÙau^t,      ^oi^_i^ 

d'un  merveillos  haraz  de  mer   -A-cJux^^ 

et  molt  sont  legier  a  armer, 

ehevals  n'a  soz  ciel  plus  vaillanz, 

3912  D  r.  h.  moult  et;  F  ert  -  3913  Alinéa  dans  D.  G  i  fu  —  3914 
A  chevaliers  p.  et  hardiz.  —  3915  G  si  b.  c.  —  3917  y  Icil  en  a. ,  D  il 
li  a.  bien.  —  3918  D  .m.  .m.  GFHI.  v.  .c.;  HIF  en,  G  a;  HI  un  c.  —  3919 
Alinéa  dans  HIGF.  —  3921  F  cent  c.  —  3922  I  sans  conter  les  arbale- 
stiers;  GD  omettent  et;  D  sa  g.  —  3923  HI  dun  cuir  de  lion;  FD  de  c; 
G  un  1.  —  3924  HI  ot  abatu.  —  3926  HI  c.  e.  enseigne  d.  v.,  D  et  por 
enseigne  de  v.  —  3927  A  al  p.  —  3929  et  3930  omis  dans  F;  A  Pele- 
strine.  —  3930  GD  Palatine.  —  3931  Alinéa  dans  GD.  —  3932  I  Zephyrus 
—  3933  A  il,  D  qui;  HI  c.  amena;  —  3935  jusqu'au  vers  3949  omis  dans 
F;  Apouerel,  D  poutrains;  A  ot,  HI  iert.  —  3936  AHI  not;  A  iale,  y 
gale;  D  ialle  soros  ne  1.  —  3938  y  et  molt  les  doit  on  bien  amer  (HI 
merveilles  les  d.  o.  amer);  D  a  danter.  —  3939  G  al  mont  si  v. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  10 


146  DESCRIPTION 

3940    mais  ne  vivent  que  seul  treis  anz, 

avant  n'en  puet  uns  seuls  durer; 

ne  sont  des  ives  de  la  mer     'iuyrr>*.rx^ 

ki  en  mer  vivent  seulement, 

si  com  convient,  totes  del  vent; 
3945    molt  par  en  sont  buen  li  poltrel 

et  a  merveille  sont  isnel, 

et  molt  sereient  de  grant  pris 

se  viveient  nuef  anz  o  dis. 

Vint  i  Claudus,  uns  riches  cuens, 
3950    ki  fu  sire  des  Sabiëns; 

venu  i  sont  li  Sabarin 

et  li  Puillain  et  li  Latin, 

cil  de  Naples,  cil  de  Salerne 

et  vindrent  i  cil  de  Volterne. 
3955    Ne  sai  que  acontasse  plus, 

car  tant  en  asenbla  Turnus, 

que  genz  de  pié  que  chevaliers, 

qu'on  les  prisa  set  vinz  milliers. 
Enprés  i  vint  une  meschine, 
3960    ki  de  Vulcane  esteit  reïne; 

Camille  ot  nom  la  dameisele, 

a  grant  merveille  par  fu  bêle 

et  molt  esteit  de  grant  poeir; 

ne  fu  femme  de  son  saveir. 
3965    Molt  ert  sage,  proz  et  corteise 

et  molt  demenot  grant  riclieise;    >y^A>r«J!£,A>iu^^ 

a  merveille  teneit  bien  terre  >-»<?>jAd 

3940  B  m.  n.  v.  ne  mes;  HI  sol  que.  —  3941  D  a.  ne  puet  nus 
eschaper;  GHI  nis  .i.  d.  —  3942  D  mais  s.,  G  et  s.  —  3943  A  et  en  ; 
D  viennent.  —  3945  GD  potrel.  —  3947  D  prains.  —   3948  D  ou  mains. 

—  3949  Alinéa  dans  GDHI.  D  C.  i.  v.  —  3950  Hl  iert;  F  Nubiens.  — 
3951  A  Saracin,  FI  Barbarin  —  3952  HI  Puillois,  A  Polain,  D  Pullan. 
DGF  ajoutent  deux  vers;  v.  les  notes.  —  3953  HID  et  d.  S.  —  3954 
HI   et  avec  eus  cil  d.  V.,  A  et  vindrent  i  cil  de  mil  terre;   GF  et  cil 

i  V.  —  3955  D  Que  vous  en  diroie  je  plus.  —  3956  H  que  t. 3957 

y  a  pie.  —  3958  A  quil  an  p.;  D  q.  li  esma  .ii.  cm.;  F  .xv.  vins.  — 
3959  D  omet  i.  —  3960  F  Vocasne,  G  Volscane.  —  3961  A  a  m.  par 
estoit  b.  ;  F  tant  f.  b.  ;  G  m,  estoit  b.  —  3964  F  de  sen  avoir,  H  de  tel  s. 

—  3965  D  m.  e.  courtoise  preuz  et  sage;  F  prouse.  —  3966  D  et  deme- 
noit  molt  grant  barnage. 


DE   CAMILLE  147 

et  fu  toz  tens  nome  en  guerre 

et  molt  ama  chevalerie 
3970    et  maintint  la  tote  sa  vie. 

One  d'oevre  a  femme  nen  ot  cure, 

ne  de  filer  ne  de  costure;   (LàUjhu^ijL^ 

mielz  prisot  armes  a  porter,  ^^A^f-Lrruû^  j    Ci^cuuvtLùlzuJ:. 

a  torneier  et  a  joster, 
3975    ferir  d'espeë  o  de  lance: 

ne  fu  femme  de  sa  vaillance. 

Le  jor  ert  reis,  la  nuit  reine; 

ja  chamberiere  ne  meschine     V-^^r^'n'^  ^  cJ^AAnrUxu, 

environ  li  le  jor  n'alast, 
3980    ne  la  nuit  nuls  oem  n'i  entrast 

dedenz  la  chambre  o  ele  esteit; 

tant  sagement  se  conteneit    -dz-  c^nr^cLi ua  a/^ 
é      .     /    et  en  derrier  et  en  devant   â_  i^t.j.AJ  jLii.£u^<Lu/ 
Z-tn)  AouiJUJhe.     q^g  jjg  en  fait  ne  en  senblant    ^^^^  û..p,£aj\.c^r\£jC. 
3985     n'i  petist  on  noter  folie, 

ja  tant  n'eiist  vers  li  envie. 

De  belté  n'ert  o  li  igals 

nule  femme  ki  fust  mortals; 

le  front  ot  blanc  et  bien  traitiz,  {njun^  iP'^  '   '^^* 
3990    la  grève  dreite  et  la  vertiz,     ruuJL.         cet^y^/rUi- 

les  sorciz  neirs  et  bien  delgiez,  -lùrui^  m iLj\J-eJ^'^^^^ 

les  oilz  rianz  et  trestoz  liez;       ^ 

bels  ert  li  nés,  en])rés  la  face, 


3968  A  el  fu  —  3969  HI  molt  par  a.;  y  amoit  —  3970  HI  bien  la 
m.,  GF  maintenu  la.  —  3971  HI  ainz  d.  de  f.  not  c,  D  onques  d.  a  f. 
not  c.  —  3972  D  tissure.  —  3973  DHI  amoit.  —  3975  G  f.  u  d.  u  de  1.; 
A  et  de  1.  —  3976  F  poisance.  —  3977  F  le  i.  quelle  i  fu  ententiue.  — 
3978  F  en  sa  chambre  ert  une  m.  —  3979  F  quel  part  que  ele  sen  a.  — 
3980  GHI  ne  ja  la  n.  hom  n.  e.,  F  la  entreset  nus  ni  entrast.  —  3981  D 
ens  en  sa  eh.  —  3982  F  sainglement  se  deduisoit.  —  3983  Les  vers  jus- 
qu'à 4095  sont  omis  dans  F;  A  nen  darriere  ne  en  davant. ;  D  et  en 
derrière  et  d.  —  3984  HI  quele  ne  faisoit  nul  s.,  G  que  a  noiant  de  son 
s.  —  3985  A  i  p.;  D  ni  pot  home.  —  39S6  D  tant  nen  eust;  G  ja  tant 
nen  e.  on  e.  ;  HI  de  lui  e.  —  39S7  DGHI  vers  li.  —  3988  D  femme  nule. 
—  3989  D  ot  bel.  —  3990  y  d.  la  g.;  A  an  la  v.  —  3992  HI  r.  et  gais 
et  1.,  D  r.  en  touz  temps  1.,  G  r.  les  regars  1.  —  3993  G  blans  e. 

10* 


148  DESCRIPTION 

car  plus  blanche  ert  que  neis  ne  glace, 
3995    entremellee  ert  la  rogor 

avenalment  a  la  blanchor;      ana  cie.t  ^j^^nrnA^r^ 

molt  ot  bien  faite  la  bochete,  ^«^V*.  -ùmiJiAa, 

non  guaires  grant,  mais  petitete, 

menu  serrées  ot  les  denz,    ,6*^'v\aa*' 
4000    plus  reluisent  que  nuls  argenz. 

Que  direie  de  sa  belté? 

En  tôt  le  plus  lonc  jor  d'esté 

ne  direie  ce  qu'en  esteit, 

de  la  belté  que  ele  aiveit, 
4005    ne  de  ses  mors,  de  sa  bonté,    'yn^u-w^-'t'^ 

ki  valent  mielz  que  la  belté. 
Molt  par  ert  bêle  la  reïne. 

Vers  l'ost  ehevalche  la  meschine; 

chevels  ot  sors.  Ions  jusqu'as  piez,      -Uten^yU^ 
4010    a  un  fil  d'or  les  ot  treciez; 

bien  fu  la  dame  estreit  vestue     v^z-^fu^   cL'  ^juru 

de  porpre  neire  a  sa  char  nue;  ctrLL 

la  porpre  fu  a  or  brosdee, 

par  grant  entente  fu  ovree.    ixcJAidJ-ei 
4015    Treis  faees  serors  la  firent,   £ia^tAJU\juL> 

en  une  chambre  la  tissirent; 

chascune  d'els  s'i  essaia 

et  son  saveir  i  demostra 

et  firent  i  peissons  marages, 
4020     oisels  volanz,  bestes  salvages. 

3994  HI  plus  blanc  que  nest  noif  ne  gl.;  D  qui  fu  plus  blanc;  G 
assez  p.  blans  q.  n.  sor  glace.  —  3995  d,  3996  intervertis  dans  HI,  e. 
o  la  r.  ;  A  color.  —  3996  HI  iert;  A  o.  —  3997  HI  sot  mameles  com  .ii. 
bocetes.  —  3998  A  nert  g.  granz,  G  ne  mie  g.  —  3999  et  4000  omis 
dans  G;  HI  et  ot  menu  serre  1.  d.  —  4000  D  p.  reluisanz  que  nest  a.,  HI 
plus  blans  quy voire  ne  a.  —  4002  A  en  le  plus  lait;  D  en  un  des  plus 
Ions  iors.  —  4004  G  il.  —  4005  et  4006  omis  dans  HIG;  D  omet  premier 
ne,  biaute.  —  4006  D  qui  miex  valent.  —  4007  sans  alinéa  dans  IDG;  G 
mescine.  —  4008  D  chevalchoit  ;  G  molt  cevalcoit  bien  là  roine.  —  4009 
D  blois  jusqua  ses  p.;  G  cavels  avoit  dor  dusqas  pies;  HI  c.  o.  s.  j.  q. 
p.  —  4010  D  furent  t.  —  4011  D  molt.  —  4012  G  dun  porpre  noir.  — 
4014  G  ricoise.  —  4015  .m.  senees  s.,  HI  .m.  molt  sages  s.  —  4016  HID 
roche;  G  tendirent  —  4018  HI  et  de  s.  s.  i  mostra.  —  4019  HI  ens  il 
(I  i)  firent. 


DE  CAMILLE  149 

Vestue  fu  estreitement, 

desus  fu  ceinte  laschement    JL' jL4y)na^  'yruiJruù.Jij2_.  p^j^ 
d'une  sozeeinte  a  or  brosdee,  ^u^riAjejL 

■it/nA/rr^A'rii:  menuëment  ert  botonnee;  'i>iyu:ihnriyn£_a-. 
Uj^  ^*»rî>       4025     chaleiee  fu  d'un  siglaton,  e^c^àixiM^  d  '  £jMi^  p/a  ej  c^  .  t^t 
rr^fi^nt,  cui^au^       gj  soller  furent  d'un  peisson 

>^c^^rrUM-^)  (Iq  ggjjl  colors  meuu  vairié;    à.   cLl.  oeJÙU.^  ..^^nsfeA/^/aZii 

a  or  furent  lié  li  pié, 
ses  mantels  fu  riches  et  chiers 
4030    et  fu  toz  faiz  a  esehaquiers;   ^o.'WJt^    cxryy-tyrruz.    zj_^r^ 
Cxuxr\jt.eui  t    l'uDS  tavels  ert  de  blanc  hermine  cjcJ\ùjeLi-J.a^ 

et  l'altre  ert  de  gole  martrine  ;    c&U-oJb      cU,  Tri/taAiZ^ 
^û-A-^n-iyu-^v-^yQlg  fil  (Je  porpre  impérial, 

^  li  tassel  furent  a  esmal,  /J^<jluu.  dj.  ny^zJhoJ^  JUrri^ujUU^ 

l^^£^-u!^^-<-'»-^  4035     li  orlés  fu  merveilles  bels 
et  fu  de  gorges  d'uns  oisels 
ki  suelent  pondre  el  fonz  de  mer. 
Sor  l'onde  siéent  al  cover,  tBUJ^>t.'\J 
"hr^^tLAj^  cent  teises  covent  en  parfont;  Cuul  -ja-nxL 
4040     de  si  chalde  nature  sont, 

que  se  desus  lor  oés  seeient, 
de  lor  chalor  toz  les  ardreient; 
bien  fu  orlez  de  ces  oisels, 
des  i  qu'a  terre  li  mantels. 
4045    Ele  en  ot  entroverz  les  pans, 
que  li  parut  li  destre  flans, 
et  chevalchot  un  palefrei 
qui  soz  li  meine  grant  esfrei.  jtMj\j»L 
Onkes  ne  fu  tant  gente  beste: 
4050    come  neis  ot  blanche  la  teste, 
4021  A  V.  an  fu.   —   4022  D  desor;   A  cointement.   —   4023  HID 
ceinture;  Hl  bien  ovree  —  4024  HI  m.  dor  b.  —  4025  HI  chauces  avoit. 

—  4026  D  li.  —  4027  et  4028  omis  dans  HL  —  4028  A  li  lie  p.,  D  si 
li  espie.  —  4029  A  li  m.  —  4031  et  4032  omis  dans  HI;  G  colers.  — 
4023  D  1.  art  de  gole  de  m.,  G  et  li  autres  de  sebeline.  —  4033  HIG 
toz.  —  4035  D  sont  de  .ii.  oysiaus;  G  li  o.  mervillos  et  b.  —  4036  HIG 
gorge;  D  qui  molt  par  sont  de  gorge  biaus.  —  4037  D  prendre  es  fonz. 

—  4038  HI  sus;  A  et  s.  1.  soUent  cover;  G  colcer.  —  4041  GHI  q.  se  il 
sor.  —  4044  HI  desi  a;  G  dus  qua  t.  fu  1.  m.;  D  jus  qua  la  t.  —  4047 
HI  el  c.  —  4048  D  s.  li  demenoit  tel  e.;  HI  desroi.  —  4049  HI  plus  g. 
b.  —  4050  G  le  cors  ot  tôt  blanc  et  la  t. 


1 50  DESCRIPTION 

le  top  ot  neir,  et  les  oreilles      i&u.^xejb 

ot  ambesdeus  totes  vermeilles,  oojb^  <^  pe^ 

le  col  ot  bai  et  fu  bien  gros,  ^  ^r^\\ 

les  crins  indes  et  verz  par  flos;    Cax-otxê-^-*-. 
4055    tote  ot  vaire  l'espalle  destre 

et  bien  fu  grisle  la  senestre;    <^al.âA- 

les  piez  devant  ot  lovinez  o(jl  Jmix^ 

et  fu  toz  bruns  par  les  costez; 

soz  le  ventre  fu  leporins    oU-  iit-v^-i-fi- 
4060    et  sor  la  crope  léonins    CA-eru^z.  itXjrrù^r^A^ 

et  fu  toz  neirs  de  soz  les  alves;   irtmjhûjLJ^jL^   cLq~ 

les  deus  jambes  devant  sont  falves,  'ûa 

les  deus  desriers  roges  com  sans; 

les  quatre  piez  ot  trestoz  blans, 
4065     neire  ot  la  coe  une  partie,    ^U-jjujJL. 

l'altre  blanche,  tote  crespie, 

les  piez  copez,  les  jambes  plates: 

molt  fu  bien  faiz  et  bien  aâtes. 

Li  palefreis  fu  bien  anblanz,  . 

4070    et  li  freins  fu  molt  avenanz;    <^um^ 

de  fin  or  fu  li  cheveçals,  4tAjL.^\A^ 

faiz  a  pierres  et  a  esmals, 

et  les  resnes  de  fin  argent, 

bien  treciees  menuëment;  ioru^m£^ir>i:- 
4075    la  sele  ert  buene,  et  li  arçon 

furent  de  l'uevre  Salemon, 

a  or  taillié  de  blanc  ivoire; 
CuM.'U.^^^  l'entaille  en  ert  tote  trifoire,  cruri£^^n-^A^^.^jL»o    .û^,-^  ^ 

de  porpre  fu  la  coverture  cU.  fiff-jtx^axZa. 

4051  D  le  corps  ot  n.,  GHI  le  topet  n.  —  4053  d  4054  omis  dans 
HI.  —  4054  D  indes  vermeuz.  —  4056  HI  et  toute  g.  la  s.;  A  et  bien 
noire  fu  ;  G  et  ot  bien.  —  Le  vers  4055  jusqu'à  4067  omis  dans  HI.  —  4059 
et  4060  omis  dans  G.  —  4061  DG  desor.  —  4062  A  iames  d.ot  f.  —  4063 
vermalz  c.  s.  —  4064  G  avoit  tos.  —  4067  HI  piez  ot  petiz  et  j.  p.  ;  A 
le  pie  cope.  —  4068  HI  m.  fu  vistes,  G  bien  fu  coranz.  —  4069  G  et 
molt  par  estoit  b.  a.  —  4070  G  li  f.  estoit  m.  a.  —  4071  A  ert.  —  4073 
GD  renges;  D  furent  dargent.  —  4074  DHIG  tranchies.  —  4075  G  sa 
s.  —  4076  HI  erent;  G  a  Jocuvre.  —  4077  A  a  entaille.  —  4078  G  otnet 
en;  HI  la  taille  e.  e.  tout  a  t.;  A  ert  a  or  t.;  GD  fu.  —  4079  G  dune  p. 
ert,  G  d.  p.  estoit;  I  feutreure. 


DE  CAMILLE  151 

4080    et  tote  l'altre  a  feltreiire,  /:uZtM.    oU,    -UmjHjl. 

et  d'un  brun  paile  andeus  les  eengles, 

de  buen  orfreis  les  contreeengles; 

li  estrier  furent  de  fin  or,    hH>Lij\.4^ 

li  pei trais  valut  un  trésor.     ù^uhuLiLcj 
4085     Camille  vint  molt  richement 

a  l'ost  et  amena  grant  gent: 

bien  ot  o  sei  de  chevaliers 

des  i  que  a  quatre  milliers. 

Quant  a  Laurente  vint  errant, 
4090    temolte  ot  en  la  vile  grant, 

borgeis  montoënt  sus  as  estres,    û^ppaAjkyyruL/ri^ 

dames,  meschines  as  fenestres, 

et  esguardoënt  la  pucele 

ki  tant  ert  proz  et  tant  ert  bêle. 
4095    A  grant  merveille  le  teneient, 

tote  la  genz  ki  la  veeient, 

qu'el  se  deust  onkes  combatre, 

joster  ne  chevalier  abatre. 

Parmi  Laurente  trespassa, 
4100    de  l'altre  part  se  herberja, 

soz  la  cité  a  une  part; 

la  fist  fichier  son  estandart; 

une  lieue  tote  environ 

tienent  li  tref,  li  paveillon 
4105    et  les  tentes  as  chevaliers 

et  les  herberges  des  loriers.  Â^-^ryT-i^-^-^i-tJ  ^   ,ô.e.'^-é/f-^»MJ 
Quant  Turnus  vit  l'ost  asenblee 

4080  I  coverture;  G  ajoute:  et  toute  l'autre  coverture  et  écrit  le  vers 
suivant  en  deux  lignes.  —  408 1  D  et  dun  paile,  A  et  dun  buen  cerf.  Ce 
vers  et  le  suivant  sont  omis  dans  HI.  —  4083  G  bon.  —  4085  Alitiéa  dans 
GHL;  F  Icele  v.  —  4086  F  a  1.  en  a.;  HIDG  molt  g.  —  Les  vers  4087  jus- 
qu'à 4091  omis  dans  HI.  ;  D  bien  amena  de  ch.;  G  od  li.  —  4088  D  en  iusque 
a  .XV.  m.;  G  que  a  un  m.  —  4090  G  molt  f.  t.  i  ot  et  grant.  —  4092  HI 
d.  puceles.  —  4093  F  regardoient.  —  4095  G  la  t.  —  4096  D  estoient.  — 
4097  HI  que  tel  famé  d.  c.,  F  sambloit  que  se  d.  c,  D  que  ele  se  d.  c. 

—  4098  D  chevaliers;  F  j.  u  .i.  ch.  a.  —  4100  GF  par  dautre  p.  —  4101 
D  sor,   F  SOS;  G  joste  la  vile  en  un  bel  sart.   —   4102  GF  drechier.   — 

—  4104  DHI  durent,  F  tinrent;  G  pre.   —   4105  D  des  c.   —   4106  A  de 
lorers,  F  as  peoniers.  —  4107  sans  alinéa  dans  A.  I  voit. 


152  DISCOURS 

de  la  grant  gent  qu'il  ot  mandée, 

les  dus,  les  maistres  chevetaignes  (ia^w>fe»-i>r»^-<i-' 
4110    et  toz  les  princes  des  eompaignes. 

a  un  matin  a  toz  mandez,  j^aaj^'t^^ 

en  un  vergier  a  toz  jostez,  / 

asez  briement  lor  demostra 

son  buen  et  le  besoing  qu'il  a.      ^i>ù^erri,^ 
4115     ^Seignor",  fait  il,  ,escoltez  mei, 

mon  afaire  mostrer  vos  dei, 

por  quei  vos  ai  ci  asenblez, 

et  se  mon  dreit  i  entendez, 

sel  m'aidiez  tuit  a  maintenir,    Acrusk^ru^  ,    aeu^rh 
4120     de  dreit  ne  me  devez  faillir.  ^ 

Se  vos  oëz  que  ge  tort  aie, 

pri  vos  ne  m'en  portez  manaie,   a-AA-ujj'a/rvCA- 

mais  dites  mei  que  me  repos, 

et  ge  crerrai  bien  vostre  los;  ctmùûlL 
4125     ne  voil  a  tort  rien  eomeneier 

ne  vos  ne  m'en  devez  aidier.  i 

Li  reis  Latins  est  anciens,  i 

molt  est  vielz  oem  et  de  lonc  tens  j 

et  ne  puet  mais  tenir  son  règne;  ^ 

4130     sa  fille  m'a  donee  a  femme  I 

et  sa  terre  tôt  ensement,  j 

senz  nul  altre  retenement;  Ae-Aî'-u-ûAirrv) 

otreié  l'ont  tuit  li  baron;    oj^lb-uLL 

il  n'a  chastel,  tor  ne  donjon 
4135     dont  il  ne  m'a  pieca  saisi; 

en  ma  guarde  ai  tôt  recoilli,    cxc^aJsl. 

les  bornages  des  barons  pris 

et  mes  guardes  es  cbastels  mis.     ô<w^j^xA»r^ 

4108  HI  de  la  gent  que  i.  o.  m.  —  4110  HI  et  les  seignors  des 
granz  c.  —  4111  F  les  a  m.  —  4112  F  v.  sis  a.  j.  —  4114  HI  s.  b.  por- 
coi  mandez  les  a.  —  4115  DG  entendes  —  4117  HI  p.  coi  ie  vos  ai  ci 
mandez;  G  ici  mandez;  F  amenés.  —  4119  GF  si  m.;  I  si  le  m.;  HI  omd 
—  Unt  tuit.  —  4120  F  doient.  —  4121  F  vees;  D  que  tort  en  aie,  I  q.  t.  y 
aie.  —  4123  F  men  r.  —  4124  HI  je  (I  ien)  c.  très  bien  (I  molt  b.);  D 
et  jen.  —  4125  GF  par  (G  a)  tort  n.  v.  —  4127  Alinéa  dans  D.  —  4129 
HI  si  ne.  —  4133  G  o.  1.  conte  et  b.  —  4134  F  ni  a.  —  4135  HIDG 
raait.  —  4136  HI  et  il  mont  partout  r.  —  4137  HI  1.  h.  ai  partout  p. 


I 


DE  TURNUS  153 

Sor  ce  sont  Troïën  venu 
4140    puis  ques  orent  li  Greu  veincu, 

en  eest  païs  sont  arivé, 

ci  près  ont  un  chastel  fermé, 

ardent  et  robent  le  païs 

et  un  recet  i  ont  ja  pris.  AjUuAt.  ^     /Ja^m    Z^**-*^ 
4145    Eneas  a  li  sire  nom,  ^ 

ne  sai  se  il  est  reis  o  non; 

al  rei  vindrent  ici  l'altr'ier 

o  grant  présent  si  mesagier 

de  soe  part  settrté  querre. 
4150    Li  reis  li  manda  que  sa  terre 

et  sa  fille  li  otreiot, 

de  son  reialme  l'eritot; 

toz  mes  convenanz  me  retrait 

et  tôt  l'otrei  qu'il  m'aveit  fait. 
4155    Ge  l'en  ai  puis  asez  requis,  >nA.  ^^ui^j  o-oUji.  aa<^  a  ^ 

el  convenir  nos  en  a  mis  :  o*-  ùfù..a^ 

la  femme  otreië  et  la  terre 

celui  ki  la  porra  conquerre, 

et  por  ice  vos  ai  mandez, 
4160    si  com  fui  primes  eritez 

et  de  la  terre  sui  saisiz; 

et  quant  li  reis  m'en  est  failliz 

et  nos  a  mis  el  convenir, 

mon  dreit  m'aidiez  a  maintenir. 
4165     Cels  ki  tienent  lor  feus  de  mei, 

bien  les  semon,  com  faire  dei,   â^-ko^J^^     -lAwjlMe^ 

et  mes  veisins,  ki  por  m'amor 

4139  HI  sus  ce;  GF  et  sor  ce  —  4140  F  p.  que;  G  puis  que  Greu 
les  o.  V.  —  4142  GF  ici  p.  o.  eh.  f.  —  4143  G  et  praient.  —  4144  GF 
castel.  —  4145  GDHI  lor  s.;  DF  s.  a  non.  —  4146  A  mis  ou  non.  —  4147 
HI  a.  r.  Latin  v.  1.  —  4148  H  pesanz;  G  a  grans  presens.  —  4150  D  la 
terre.  —  4151  F  li  donroit.  —  4152  HI  et  de  sa  terre  1.;  ce  vers  est  omis 
dans  F.  —  4153  HI  mon  convent  ma  issi  r;  G  les.  —  4154  HI  et  touz 
les  dons.  —  4156  F  en;  D  n.  a  tout  mis.  —  4157  D  o  tout  la  terre;  G 
otroia.  —  4159  D  et  p.  ce  vos  ai  tos  m.;  F  ont  m.  —  4160  y  sui.  — 
4162  D  que  q.;  G  por  que;I  a  f .  —  4163  HI  et  mis  nos  a.  —  4165  Gl 
cil  qui  leur  fiez  t.  d.  m.;  D  fief.  —  4166  HI  cens  s.  ie  si  con  je  doi;  F 
et  faire  d.  —  4167  F  et  voisins  mes. 


154  DISCUSSION 

por  lor  franchise  et  por  m'enor     tx-cO^j^-'^^  ,    ^  , 

a  mon  besoing  sont  venu  ci.  ^d^'riùM.j\u. 

4170    Molt  umblement  les  en  merci; 

se  par  vos  puis  m'enor  aveir,    'i*M,  /up^clu-^ttvL 

servirai  vos  a  mon  poeir; 

bien  sai,  se  me  volez  aidier,       ^ 

le  chastel  ferai  trebuchier    A  '  ^-û-'i-fi»w-"-^>' 
4175     que  fermé  ont  li  Troïan. 

Il  sont  entré  en  molt  mal  an; 

plus  chier  nen  acheta  Paris 

Heleine,  dont  il  fu  ocis, 

que  Eneas  fera  Lavine; 
4180    tolir  la  me  vuelt  par  ravine,  'iA.£ftaynX.A^ 

mais  il  le  comperra  molt  chier, 

se  vos  m'en  volez  tuit  aidier," 
Mesencius  a  respondu, 

uns  cuens  ki  ert  de  grant  vertu, 
4185    et  dit:  „Veir8  est  que  tu  dreit  as. 

A  tort  s'i  enbat  Eneas,    ^z^  f^iAiuXfUJ-t. 

mais  ja  par  fei  nel  recevron, 

n'estrange  home  sor  nos  n'avron  ; 

ainz  serion  tuit  vieil  chenu 
4190    que  l'eusson  deconeii,  riL.ccm>v%4^ 

ne  il  en  pièce  ne  savreit   âUur^    /^?r>  A)4t-o-»jA^ 

de  vos  toz  ki  chascuns  esteit. 

Il  nos  voldreit  deseriter 

et  noz  terres  a  cels  doner 
4195  ki  en  cest  pais  l'ont  seii; 
4168  HIF  par;  G  ma  fr.;  A  omet  et.  —  4170  HI  doucement,  G 
durement.  —  4175  GF  quen  cest  pais  ont  fait  t.;  HI  ont  ferme.  —  4176 
A  autre  an.  —  4177  I  p.  c.  ne  lacheta,  G  p.  chiere  na  cata.  —  4180  HI 
quil  quide  avoir  par  sa  r.;  D  t.  la  cuide;  FHI  rapine.  —  4181  d  4182 
intervertis  dans  HI,  je  croi  quil  le  c.  c.  —  41S2  HI  se  men  volez  par 
foi  (I  vers  lui)  a.;  F  me  v.  —  4183  sans  alinéa  dans  A.  —  4184  H  hons; 
F  fu.  -  4185  GD  dist.  —  4186  F  se  conbat.  —  4187  HI  m.  par  ma  f.; 
D  retenron.  —  4188  D  estrange  de  foi  nous  nauron,  F  e.  home  a  signor 
n.  ;  HI  sus  n.  —  4189  G  ains  seriemes  viel  quenu,  HI  a.  s.  v.  et  ch. 
—  4190  HI  bien  coneu.  ;  D  que  bien  1.  congneu,  F  que  len  soiemes 
coneu;  A  dequeneu.  —  4191  A  nen  a  p.  n.  s  ;  F  auroit.  —  4192  HI  de 
v.  c.  que  ch.  voudroit;  D  de  touz  nous;  F  cascuns  de  vos  molt  le  haroit; 
G  quels  c.  e. 


DANS   LE   CONSEIL  155 

tôt  en  serion  confondu, 

il  tendreit  cels  en  grant  chierté 

et  nos  avreit  en  grant  vilté.     //>r%4û/vL<u<-/v'  \ 

Ge  ne  lo  pas  ques  atraion,  cerrut^JijjU. 
4200     fors  de  sor  nos  les  esloignon, 

mais  nos  devon  faire  mesure,    xul.  or\£>£)U~J\jt,^ 

ce  m'est  avis  que  est  dreiture.    c^  ^i'*^    c^wv*<>4rv^ 

Faire  le  deis  araisoner 

et  de  toz  ses  mesfaiz  reter,   clCjCa-*-aa^^  ^    ixic^'^mM.^ 
4205     que  dreit  te  face  en  ta  eort, 

anceis  que  a  noalz  li  tort,   o^ojt^  au.  *         yoLâJ 

se  il  de  dreit  faire  s'estorce,  /uUouàjL 

ainz  que  sor  lui  ailles  a  force;  oJa^r^  ^"^ 

enprés  le  fai  donc  desfiër  /^^^'^ojoqa^lj^ 
4210    et  de  sa  terre  congeer."      ùcnn(\Ar/*éf^ 
Mesapus  dist:  ,0r  oi  noveles! 

Esti'ange  cliose  li  conseilles, 

que  il  le  face  araisoner, 

et  de  toz  ses  mesfaiz  reter.  ac.uLtAA.hj ,   OteLnnru^ 
4215    II  ont  sor  nos  un  chastel  pris 

et  de  noz  homes  cent  ocis; 

ne  sai  quel  dreit  en  preïsson    oUi&iM ,  -Iu^Hca- 

se  0  les  fers  des  lances  non. 

Entremeton  nos  de  vengier; 
4220     de  desfiër  nen  est  mestier.  pfu>\/ùeujLe^yJ 

Des  qu'il  forfirent  en  la  terre,   -icho^rJ:^    cLcl.  'TnAL 

si  comencierent  il  la  guerre, 

sor  nos  firent  desmesurance, 

4196  HI  issi  s.  c,  GF  tôt  en  seriemes  deceu  (F  convencii).  — 
4197  D  i.  t.  en  g.  chierete;  Gag.  ch.  —  4198  G  et  nos  torneroit  a 
V..  —  4199  HI  ne  nos  metons  en  tiex  liens;  F  los  pas  quel.  —  4200 
HIF  omettent  fors,  en  sus  de  nos;  D  f.  dessoz.  —  4201  HI  droi- 
ture. —  4202  HI  avis  mest  que  seroit  mesure;  D  qui  e.  d.  —  4203  HI 
quen  le  feist  a.;  GFDA  les.  —  4204  A  et  de  tort  fait  lo  fai  r.;  GF  lor 
m.,  D  ces  m.  —  2405  HI  et  que  d.  feist;  A  tan  f  ;  G  ens  en  t.  c.  —  4207 
I  seflforce.  —  4208  HI  a.  que  voises  sus  lui;  F  auge.  —  4209  HI  dont 
après.  —  4210  A  oniet  sa.;  F  ta  t.;  I  convier.  —  4211  sans  alinéa  dans 
A.  —  4214  GFD  de  droit  faire  de  deflfier  (F  et  d.  d.,  G  del  d.)  —  4217 
GF  d.  nous  en  prendron.  —  4219  A  del  v.  —  4220  F  dels  d.;  HI  nest 
nul  m.,  GD  ni  a  m.  —  4223  HI  sus. 


156  ÉNÉE   SE 

ge  n'i  sai  altre  desfiance;     ««'^^if*^ 
4225    des  qu'il  firent  sor  nos  folie, 

si  sorent  il,  n'en  dotez  mie, 

que  nos  ne  lor  volon  nul  bien 

et  que  nos  nés  amou  de  rien. 

De  lor  part  vint  primes  li  mais. 
4230    Demain  selon  tuit  es  chevals, 

le  siège  lor  alon  tenir. 

Nos  nés  en  devon  pas  guarnir;  cLv^^v/tk^  , 

l'en  deit  grever  son  anemi     -f^vux^frrjuvni^-LJ^^ 

et  si  deit  l'en  bien  faire  issi,  ] 

4235    que  l'en  ne  l'en  deit  pas  guarnir,  Os/ayJ-itj  \ 

des  i  qu'il  viegnë  al  ferir". 

Geste  parole  creanterent     ù.£uan,ùTu^i>tAX/nh 

tuit  li  baron  ki  iluec  erent, 

par  main  les  iront  asaillir;    ^uaaIzAÂ^ 
4240    ja  n'i  euident  a  tens  venir, 

que  li  Troïën  ne  s'en  fuient, 

mais  molt  sont  fol  quant  il  le  cuient  :  puru^e^mt- 

issi  ne  s'en  iront  il  pas. 

Bien  aveit  oï  Eneas, 
4245     que  Turnus  asenblot  sa  gent, 

et  il  ne  s'atarjot  neient 

et  nuit  et  jor  faiseit  ovrer 

et  son  chastel  bien  afermer; 

il  n'aveit  talent  de  fuir.     voton-U-  ,  cU^m^u 
4250    Ses  bretesches  fist  bien  guarnir   pcu^cuiAJ^  ùa/a 

et  adrecier  les  monteors        L^»  p^tu^^ijroiKi  ^  'rrui 

Le  vers  4225  jusqu'à  4230  omis  dans  A.  —  4226  F  sorent  il  bien 
que  on  die;  G  que  que  nus  die,  D  nel  doute  m.  —  4227  G  vauriens.  — 
4228  HI  ne  nos  amon  de  mile  r.,  GF  et  que  nés  ameriens  de  (F  amou 
mes)  rien.  —  4230  A  as  creniax,  D  a  cheval.  —  HIF  nés  en  devo- 
mes;  D  ues  en  devon  de  rien  g.  —  Les  vers  4232  jusqu'à  4237  omis 
dam  HI.  —  4234  D  et  si  le  doit  len,  GF  et  bien  le  d.  e.  —  4236  D  que 
v.  ;  G  desi  que  ce  vigne  al  f.  —  4237  Alinéa  dans  111;  A  celé.  —  4239 
Alinéa  dans  D,  irons;  F  par  matin  i.  a.  —  4242  F  que  icou  quident.  — 
4243  F  car  il  ne  fuiront  ensi  pas.,  G  il  n.  s.  i.  issi  pas.  —  4244  HI  veu. 
—  4245  HI  grant  g.  —  4246  AGF  omettent  et;  A  il  ne  satardoient  n., 
GF  il  n.  s  de  n.;  HI  se  t.  —  4247  HI  car.  —  4248  D  a  son  ch.;  HI  molt 
fort  fremer;  G  refermer.  —  4250  D  faisoit  garnir;  GF  fait. 


PRÉPARE  A   LA   GUERRE  157 

et  afermer  les  aleors;     ^oljLuu.a,^ 

tôt  environ  par  les  paliz    cioVtxn-fi-^  ^  PùMu^j^acLlu 

fist  endreeier  espiez  forbiz,    dUAp&tJi-^  ^  ûLax^^maj^j 
4255    granz  pierres  mètre  et  pels  aguz,  ùÀjuw- 

enseignes,  lances  et  escuz. 
/ru,/^   ci^ Munt^    Enhanster  fist  granz  besagues   ■Aa-cAi-û-    eu    dûJuM- 

-^•^^^       et  doleoires  esmolues,  cUle^t^^jeu^    ùit^jjLt^ixu  ^^^^^^^^^^^-^ 

alves  fist  faire  de  desus  ^ 

4260    et  les  laneieres  al  pié  jus; 

granz  chars  fist  defors  atachier,    yrux.chMrvL^    cLl^   (juui^^^u 

et  quant  vendra  a  l'aprochier 

et  cil  voldront  amont  monter, 

que  l'en  lor  laist  les  chars  aler: 
4265    ki  conseiiz  en  estera,     cctiB^irrdL, 

a  m  oit  grant  peine  resordra.    iLûA/yyiA-n-A^ 

Cent  enseignes  mist  el  donjon 

et  en  mileu  son  gonfanon, 

ki  fu  de  porpre  o  listes  d'or.   >vua-a^  cC  ff\J 
4270     Soz  Troie  le  conquist  Hector, 

quant  il  Protheselaus  ocist, 

ki  la  première  joste  fist;    •^ôt*-^  y   (^afti^^f- 

premiers  i  vint  o  son  esforz,  jt^rmii»-   cu-^jn^J^i^ 

premiers  josta,  premiers  fu  morz. 
4275     M  oit  ert  riches  li  gonfanons; 

mil  que  enseignes  que  penons       ûjt  ..,   zh 

d'or  brosdees  de  mainte  guise  oy^^eurùX^tjL 

i  venteloent  a  la  bise,   -jAc-H-cUM^r^ 

4253  Ce  vers  et  le  suivant  sont  omis  dans  HI  et  les  vers  4253 — 
4287  sont  omis  dans  F.  —  4254  GD  et  drecier;  G  i  e.  f.,  D  et  e.  t  — 
4255  et  4256  intervertis  dans  HI,  et  p.  a.;  G  mètre  p.  et  p.  a.  —  4257 
GD  enanster.  HI  enhanter.  —  4258  H  doleures,  A  deloires,  GF  doloires.  • 

—  4259  et  4260  omis  dans  HID;  G  engiens.  —  4261  G  gais.  —  4262  D 
que  quant  voudroient  a;  HI  que  q.;  A  lo  depecier.  —  4263  G  al  mur  m. 

—  4264  G  en  lor  laira  les  gais  a.  —  4265  D  cil  qui  c.  en  sera.  —  4266 
HI  James  nul  iour  ne  r. ,  A  a  g.  poines  en  r.  —  4268  I  et  avec  aus.  — 
4269  I  lices,  G  letres.  —  4270  D  sor  T.;  A  la  c.  —  4271  HI;  D  i.  dant 
Patroclus  o.  —  4272  D  j.  i  f.  —  4273—4395  sont  remplacés  dans  HI,  v. 
les  notes;  D  primes.  —  4274  D  primes  i  vint  primes.  —  4275  Alinéa 
dans  D,  Dont  fu.  —  4276  A  m.  q.  densoignes  de  p.  —  4277  G  lor  bros- 
des,  D  a  or  brude.  —  4278  D  il. 


158  VENUS   ET 

Molt  par  senblot  forz  li  cliastels 
4280    et  a  merveille  par  fu  bels, 

de  viande  fu  repleniz 

et  de  buens  homes  bien  guarniz, 

ki  furent  molt  bien  duit  de  guerre.   L^uJ-UAÙJ^-t 

Li  chastels  sist  en  blanche  terre 
4285     et  por  ce  distrent  Troïan 

que  il  avreit  nom  Montalban. 

Quant  Eneas  ot  apresté 

et  son  chastel  ot  ordené,  a/\/%£ur>jifl^ 

eels  a  loëz  ki  defendreient    À^uu-c^j  -oo^-^^aaj 
4290    et  eels  ki  el  chastel  sereient; 

partot  ot  mis  arbalestiers    cu^J^tiO^^tû'^^^^ 

et  ses  serjanz  et  ses  archiers; 

mil  chevaliers  apareilla, 

que,  des  que  li  besoinz  vendra, 
4295     que  tendront  le  torneiement  c^nnrjj^ti, 

fors  del  chastel  contre  lor  gent. 
Des  qu'  Eneas  vint  en  la  terre       ^ 

et  qu'esmeiie  fu  la  guerre,    àfi^uÀLMaji^ 

Venus  la  déesse  d'amor 
4300    ert  de  son  fil  en  grant  freor, 

ki  enclos  ert  en  Montalban. 

El  vint  a  son  seignor  Vulcan, 

ki  molt  ert  maistre  de  forgier   jûrx.(x,t..^ 

or  et  argent,  fer  et  acier. 
4305    El  l'acola  estreitement    hrck^rr-KtL/rrU^>r^ 

et  baisa  le  cent  feiz  et  cent, 

molt  le  blandi  et  losenja.  iicL.phcL ,  Ca^e^^A. 

Il  li  demande  qu'elle  a;     ^ 

4279  D  fier.  —  4280  A  ert.  —  4281  A  ert  bien  raanpleiz.  —  4282  D 
preudommes.  —  4283  D  qui  bien  duit  estoient  de  g.;  G  qui  molt  par  f. 
d.  —  4285  A  ovrnt  et,  p.  c.  d.  li  T.  —  428G  D  quil  avoit  a  nom  M.  — 
4287  Alinéa  dans  D;  F  q.  son  castel  ot  aferme.  —  4288  F  descu  de 
lance  bien  arme;  A  tôt  o.  —  4289  F  c.  eslist;  G  aloia.  —  4290  FD  doig- 
non.  —  4291  D  p.  t.  ot  ses  a.,  F  p.  mist  ses  a.  —  4293  FD  si  devisa. 
—  4294  A  sera.  —  4295  DH  tendroient  t.;  F  quil  tiegnent,  G  qui  tcn- 
gent.  —  4297—4559  otnis  dans  F.  —  429S  D  et  que  meue.  —  4300  G  fu 
de  s.  f.  e.  g.  esror.  -  4301  D  fu.  --  4302  G  et  v.  —  4303  G  sages  d. 
f.  —  430G  D  lui.  —  4307  D  lesbaudi.  —  4308  G  et  li  demanda. 


VULCAIN  159 

se  Tequene  le  vuelt  de  rien 
4310    que  faire  puisse,  el  l'avra  bien, 

jSire,"  fait  ele,  „que  feras? 

Ge  vei  que  mes  fiz  Eneas 

est  arivez  en  Lombardie 

0  asez  poi  de  eompaignie; 
4315    vers  le  rivage  s'est  entrait, 

en  un  tertre  a  un  chastel  fait; 

n'a  nul  secors  ne  nul  rados,  c^ujhuifrù  ,  A^-^^^-y^^. 

0  sa  gent  est  iluec  enclos. 

Turnus,  ki  est  ses  enemis, 
4320    nel  vuelt  consentir  el  pais,     fiLôf><mû,tt>ui- 

semonse  a  s'ost,  grant  gent  attne,  rijCujn>L 

a  mon  fil  vuelt  faire  rancune.    •vevi^&ô-yuLû- 
''T^j^^^-^'^rjifi^ ^,       .  Aserra  le  en  Montalban, 

^^■^«^Y^^m2S.%  bien  le  puet  tenir  un  an, 
4325    car  guarniz  est  bien  de  vitaille 

0  bien  li  puet  tenir  bataille, 

buenes  armes  li  convendreit, 

que,  se  Turnus  l'aatisseit   ù^iji^/ œuxCLxJb. 

de  combatre  sei  envers  lui, 
4330    cors  contre  cors  tôt  seul  il  dui, 

qu'il  eiist  armes  convenables, 

a  oés  son  cors  bien  deffansables.     -2»^^  j^oajajuj^  oLa.  y   ûul 

Ce  te  demant,  ce  te  requier,  -,A«-^/j,>t..fi.^  cL 

or  ai  besoin  de  ton  mestier. 
4335     Se  joïr  vuels  mais  de  m'amor, 

or  la  deserf  par  ton  labor:     { yrxayuj^ic^  ) 

molt  me  deis  bien  le  jor  servir 

ki  la  nuit  puez  o  mei  gésir, 

4310  G  quil  sace  faire.  —  4315  G  se  sont  t.  —  431 G  G  ont.  —  4317 
D  ne  n.  s.  —  4318  A  iluec  est  o  sa  g.  e.,  G  od  tôt  s.  g.  i  est  e.  —  4319 
Alinéa  dans  D.;  G  lui  et  ses  homes  velt  conquerre.  —  4320  Turnus  et 
cachier  de  la  terre.  —  4321  A  semont  son  ost  sa  g.  a.;  G  ost.  —  4323 
G  a  M.  —  4324  G  il  le  p.  —  Les  vers  4325  jusqu'à  4355  viennent  dans 
G  après  4382;  G  sest.  —  4326  G  et  tenir  puet  molt  bien  b.  ;  A  o  bien 
puisse.  —  4328  A  ia  atissoit,  D  saatissoît  —  4330  D  c.  a  c.  trestout  s. 
andui.  —  4332  D  avers  s.  c.;  G  et  auol  s.  c.  d.  —  4333  A  et  te  r.  — 
4335  G  tu  j.  V.  d.  m.  se  —  4337  G  doit.  —  4338  D  quant;  G  puet. 


160  LES  AMOURS  DE 

et  se  tu  as  alkes  d'ahan    ûtùt*lâ-u^  j    ^omI/tul. 
4340    bien  t'en  rendrai  le  contrepan."   (LennnfU^ruuiik^errx 

Vuleans  oï  que  sa  moillier 

le  requereit  de  son  raestier, 

otreie  li  molt  dolcement 

qu'il  li  fereit  a  son  talent, 
4345    et  baisa  la  cent  feiz  et  plus. 

Celé  nuit  jut  o  lui  Venus, 

et  fist  0  li  ce  que  li  plot 

et  tôt  son  buen  tant  com  il  pot.  j 

Set  anz  aveit  toz  acompliz  ] 

4350    qu'il  ne  fu  mais  de  li  saisiz,  j 

ne  en  un  lit  o  li  ne  jut, 

por  la  grant  ire  qu'antr'els  fut. 

L'acheison  de  cel  maltalent   Mxrduu^ ,  cU^u^ 

voil  demostrer  asez  briement. 
4355    Vuleans  sot  bien  de  fi  senz  faille 

que  Mars,  ki  ert  deus  de  bataille, 

amot  sa  femme  et  ele  lui; 

entrehaïrent  s'en  andui. 

Vuleans  ert  maistre  del  mestier    '?ruJ-ù^ 
43G0    et  deus  de  feu  et  de  forgier; 

de  fer  fist  une  rei  sotil,    'fi^UM     ^t/nJ 

molt  en  furent  delgié  li  m;    f^i^ 

entor  son  lit  l'apareilla. 

Des  que  Mars  o  li  se  colcha 
4365     et  il  la  tint  entre  ses  braz, 

si  asenbla  Vuleans  ses  laz,  tcLt-^ 

enz  en  la  rei  les  enmailla,  ii:r\^j tXoy^ûu 

trestoz  les  deus  i  amena 


4339  D  omet  et,  se  tu  en  as;  G  et  se  ten  as.  —  4341  Alinéa  dans 
GD;  G  de  sa  ra.  —  4342  G  quel  requetoit.  —  4344  D  fera.  —  4345  A  et 
b.  lan;  D  ou  p.  —  4346  D  Icele  n.  j.  o.  V.  —  4347  G  et  f.  de  li  quan- 
que.  —  4348  A  volt;  G  trestot  s.  b.  qanqucs  il  peut.  —  4350  D  que.  — 
4351  G  son  lit.  —  4352  A  p.  g.  i.  qui  antraus  f.;  D  crut.  —  4354  G  ai 
demostre.  —  4355  A  an  tin.  —  4356  D  diex  ert.  —  4357  D  la  f.  —  4358 
D  entreheent  soi  ambedui;  ce  vers  ert  omis  dans  G.  —  4359  G  de  forgier. 

—  4360  G  del  f.  et  de  mestier.  —  4365  A  des  quil.  —  4367  D  lenniaillolla. 

—  4368  G  et  tos. 


MARS   ET  DE  VENUS  161 

et  mostra  lor  tôt  en  apert 
4370    celé  avoltire  a  deseovert. 

Celé  chose  desplot  as  deus; 

por  quant  s'en  i  ot  il  de  tels  ^ 

ki  volsissent  estre  ensement    ^  ^ynA-^me^ 

laeié  o  li  estreitemeni 
4375     La  déesse  molt  s'en  marri 

et  son  seignor  molt  en  haï; 

onc  puis  ne  li  mostra  amor 

ne  bel  semblant  jusqu'à  cel  jor; 

encor  le  feïst  a  enviz,    û~  fiiupjiJ::- 
4380     s'ele  ne  volsist  que  ses  fiz 

eUst  halberc  et  escu  fort 

por  guarantir  son  cors  de  mort; 

ne  fust  por  seul  les  armes  faire, 

en  pièce  nel  prisast  el  guaire.     ciM^rr^^  JUtru^i4jm^ 
4385     Son  maltalent  li  pardona, 

por  son  besoin  se  porpensa, 

que  l'en  deit  bien  iluec  preier 

0  l'en  vuelt  alkes  espleitier:  -M^-^-^xm^^-^^^ 

blandir  et  losengier  estuet 
4390    et  sopleier,  ki  mais  ne  puet. 

La  nuit  lu  l'acordanee  prise,   Axc-ann.Ci.iiAihJTrj 

Venus  s'en  est  en  grande  mise  ^'  .4.^^  "yriim^   .Lfr^  fi4  rt 

por  espleitier  de  sa  besoigne,  û>^juiujUj\) 

Vulcans  ne  quist  onkes  essoigne,   />  j/  ct^^g^ 
4395    l'endemain  est  matin  levez, 

toz  ses  ovriers  a  apelez 

et  preia  lor  de  comeneier 


4370  A  celé  aventure.  —  4372  A  p,  q.  se  i  ot  il,  D  p.  q.  si  en  y  ot, 
G  p.  q.  si  ni  ot  il.  —  4373  G  v.  tôt  ensement,  —  4374  G  a  li.  —  4375  D 
sesmari.  —  4376  G  s.  en  en  h.  —  4377  G  aine.  —  4378  D  nul  bel.  GD 
ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  —  4379  D  le  feist  elle  molt  e.,  G  ne  leust 
el  de  rien  requis.  —  4380  G  mais  ele  voloit.  —  43S3  D  n.  f.  seul  p.  1.  a.  f.  ; 
G  ces.  a.  —  4384  A  a  p.  —  4387  D  quil  le.  —  4388  D  Vulcan  veiilt  a.  e.; 
G  doit  a.  e.  —  4389  G  et  sosploier  ne  puet.  —  4390  et  losengier  qui  mius 
n.  p.  —  4391  Alinéa  dans  GD,  la  concorde.  —  4392  D  en  garde  m.,  G 
molt  entremise.  —  4394  D  nen,  G  ni.  —  4395  HI  Alinéa,  Vulcans  sest 
par  m.  1.  —  4397  I  a  c,  H  au  c,  A  danc. 

Bibliotheca  Kormanuica  lY.  l\ 


162  DESCRIPTION 

l'ovraigne  faire  et  espleitier. 

Par  les  forges  le  feu  alument, 
4400    les  forn  aises  ardent  et  fument, 

bâtent  le  fer,  tenprent  l'acier. 

Vulcans  comencë  a  forgier, 
ÀjrJJt^rùjxu^  (  é  )         ..  li  gignor  fièrent  asprement, 
^uArvii^^^  ( .  ;  ki  bateient  l'or  et  l'argent; 
/X^ jMfi'xCJLfrit.  4405     molt  s'arguënt  et  molt  s'angoissent, 
r^  as  enclumes  li  martel  croissent. 

Ne  sai  que  acontasse  anpleis:  ^<A/i>ft>rv>*a-AA 

n'i  mist  mie  Vulcans  deus  meis, 

que  les  armes  a  aprestees. 
4410    A  sa  femme  les  a  données; 

buenes  furent,  el  mont  n'ot  tels, 

nés  peiist  pas  faire  oem  mortels, 

ne  il  puis  teles  ne  feïst, 

ja  tant  ne  s'en  entremeïst. 
4415     Li  halbers  fu  tresliz  d'argent,    4,   yrt^ûMlt^ 

menu  mailliez  molt  sotilment;  -d.i^nA/rrUjnJb 

forz  ert  et  merveilles  legiers,    ' 

n'i  feïst  rien  fers  ne  aciers. 

Menu  listez  fu  li  halbers    aa>u<- 
4420    de  mailles  d'or  tôt  en  travers, 
•  les  manches  et  li  cors  trestoz 

et  ensement  li  pans  desoz; 

par  colp  que  nus  oem  i  donast, 

ja  une  maille  n'en  falsast; 
4425     et  ensement  les  genoillieres 

4398  A  a  f .  —  4399  HI  les  feus,  G  lor  fus.  —  4401  H  trempent.  — 
4402  HGD  comenca.  —  4403  HID  ovrler;  HI  durement.  —  4405  et  4406 
omis  dans  HI.  D  et  m.;  A  larguent.  —  4407  HI  n.  s.  que  laloignasse 
plus,  G  ne  sai  aconter  lor  esplois;  D  a.  un  plais.  —  440S  HI  .m.  mois 
i  mist  ou  (I  un)  petit  plus,  A  ni  par  mist  par  pas  V.  .11.  m.;  D  .1.  mais.  — 
4409  HI  quant  ot  1.  a.  a.,  D  quil  a  1.  a.  a.;  G  ot  a.  —  4410  HI  Sa  f. 
les  a  présentées.  —  4411  D  not  hom  talz.  —  4412  I  puet.  —  4413  D 
neis  puis  celles.  —  4414  A  j.  t.  bien  s.  e.  —  4415  Alinéa  dans  DG.  — 
4416  G  maillies  menu;  HI  m.  m.  et  s.  —  4417  D  f.  estoit  molt  et  bien  I.  — 
4418  G  ni  forfeist  f .  —  4419  H  iert.  —  4421  D  trestout.  —  4422  D  les  cors 
trestout,  HI  les  p.  d.  —  4423  HI  ja  p.  c.  que  on  i  d.  -  4424  HI  une 
des  m.  ne  f.  —  4425  D  genoilliers. 


DES   ARMES   D'ÉNÉE  163 

d'or  et  d'argent  furent  partieres. 

0  le  halberc  ot  helme  cler 

de  costes  d'un  peisson  de  mer; 

molt  par  fu  forz  et  bien  luisanz, 
4430    ses  preis  fu  de  set  vinz  besanz;  -ùe-A^A/rtJ^ 

ki  de  desus  ferist  d'espee, 

anceis  fust  el  tote  esgrunee,   ijL.  -lut,  iM^lcKlju 

qu'el  abatist  de  l'elme  tant 

ki  amontast  un  peis  pesant.   perLdMj 
4485    Forz  et  durs  fu  et  bien  entiers  cL' u.*nâ^  ^ou-f  a. 

et  fu  listez  d'or  par  quartiers; 

sus  el  pomel  ot  quatre  esmals 

et  quatre  pierres  naturals, 

et  li  cercles  ki  fu  desoz 
4440    ert  molt  bien  faiz  a  or  trestoz, 

a  riches  pierres,  a  esmals; 

et  d'une  pierre  ert  li  nasals 

ki  par  arme  ne  fust  cassée 

ne  tailliee  ne  endoblee.   ïri/.ùaa.  ccuo  JU.  "yruMlûM^ 
4445     De  la  coste  d'un  grant  peisson, 

ki  est  en  mer,  cetus  a  nom, 

de  celé  ot  fait  Vulcans  l'escu, 

ne  puis  ne  ainz  si  buens  ne  fu; 

forz  et  legiers  ert  a  merveille; 
4450    la  targe  en  ert  tote  vermeille, 

4426  HI  tontes  plenieres,  D  f.  entiers,  A  firent  p.  —  4427  Alinéa 
dans  H.  I  sus;  HI  fu  liaume,  G  ot  lelmel.  —  4428  G  et  su  fu  dun  p.  d. 
m.;  A  descorce,  D  de  conche;  I  de  p.  —  4429  HI  biax  cler  et  1.  —  4430 
I  plus  valoit  de  .m.  c.  b.  GD  ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  — 
4431 — 4435  omis  dans  HI.  D  qui  dessus  f.  o  lespee.  —  4432  A  ainz  f. 
ele  ;  D  a.  f  elle  e.  —  4433  A  que  nabatist  de  nul  leu  tant.  —  4434  G  que 
en  montast.  —  4435  HI  f.  et  d.  fermes  et  e.  ;  D  f.  fu  et  d. ,  G  molt  par  fu 
fors.  —  4436  A  fu  litez  bien.  —  4437  HI  desus  en  haut  en  un  esmal.  — 
4438  HI  ot  une  pierre  natural.  —  4439—4443  omis  dans  A.  HI  iert.  — 
4440  G  de  fin  or  tos.  —  4441—4445  omis  dans  D.  G  fais  est  a  p.  — 
4442  HI  mais  d.  fine.  —  4443  HI  qui  ne  puet  darme  estre  quassee,  G 
que  par  armes  ne  fust  quasses.  —  4444  HI  n.  t.  ne  esgrunee,  G  ne  de- 
trancies  ne  entames.  —  4445  Alinéa  dans  HD,  G  dune  c.  ;  A  de  g.  p.  — 
4446  HI  qui  en  mer  est;  D  ert;  G  escu.  —  4447  HI  de  celui  fist,  G  de 
cela  f.  —  4450  HI  la  color  en  estoit  v.,  G  et  la  t.  ert  t.  v.,  D  la  t.  e.  t.  v. 

11* 


164 


SUITE 


4455 


4460 


4465 
4470 


4475 


'yrvftAO 


senz  altre  teint,  de  sa  nature; 

molt  ert  luisanz  et  molt  ert  dure, 

que  ne  peiist  estre  entamée 

ne  par  lance  ne  par  espee;         ,     -       Aj^ 

fers  ne  aciers,  ki  i  fenst,      ^  ^o 

ne  plus  que  pions  n'i  forfeïst.    ùXerrrUf 

D'or  fu  toz  li  escuz  orlez, 

de  treis  bendes  parmi  listez  nouu^ 

0  molt  sotil  entaillelire 

et  0  mult  buene  enleveiire;  /ujUâJ 

pierres  i  ot  par  leus  asises, 

et  buens  esmals  a  entremises;  ùIù-ulà^   cu^^  yruA 

d'un  vert  topace  fu  la  bocle, 

sus  en  Torle  ot  un  escarbocle,  "ir^^uL 

ki  par  nuit  getot  tel  clarté, 

com  se  ce  fust  un  jor  d'esté; 

la  guige  fu  d'un  buen  orfreis; 

onc  tel  escu  n'ot  cuens  ne  reis. 

L'espee  fu  molt  bien  forbie,  . 

forgiee  fu  par  grant  maistrie,  i 

dis  feiz  fu  li  aciers  moluz  fKAnu'ut. 

et  par  dis  feiz  fu  refonduz, 

mainte  feiee  fu  tenprez 

et  bien  recuiz  et  bien  soldez. 

L'espee  fu  molt  bien  tranchanz 

et  dure  et  clerc  et  reluisanz; 


4451  A  autretant.  —  4452  HI  cler  et  luisant  (H  c.  reluisant);  G  molt 
par  ert  fors;  HIG  et  tant  ert  d.  —  4453  A  quel.  —  4455—4458  sont  inter- 
vertis dans  HI  ainsi:  4457,  4458,  4456,  4455.  —  4457  H  bendez.  —  4459 
et  4460  omis  dans  HI.  G  molt  soltiue  ert  1.  —  4460  et  m.  b.  est  li  ol- 
vreure.  —  4461  HI  plusieurs  a.,  D  un  poi  a.  —  4462  I  enchâssées  en 
esmal  mises,  H  et  en  lescu  en  esmal  mises,  G  et  a  e.  bien  e.  —  4463  HI 
espace.  —  4464  D  s.  en  lorlet  fu  lesc.  —  4465  G  iete.  —  4466  G  comme 
solax  el  mais  d.;  HI  el  j.  d.  —  4467  HI  1.  g.  en  fu;  A  d.  cher  a.,  D  de 
bon  o.  —  4468  D  onques  tel  not  ne  c. ;  G  aine;  GA  tels  escuz;  I  not 
onques  rois.  —  4469  Alinéa  dans  HDG.  HI  fu  m.  reluisanz  (cp.  le  vs.  4476); 
D  forgie.  —  4470  HI  omis  jusqu'au  vers  4476.  D  p.  g.  m.  f.  forgie.  — 
4471  G  .II.  f  ;  D  fonduz.  —  4472  G  et  .m.  fies;  D  refu  f.  —  4473  D  et  m. 
foys  refu  t.,  G  m.  fie  f  atempres.  —  4474  D  batuz.  —  4475  D  luisant.  — 
4476  HI  c.  et  tranchanz,  D  c.  bien  1.,  G  c.  et  bien  1. 


DE  LA  DESCRIPTION  165 

fers  ne  aciers  ne  la  tenist  • 

ne  marbre  bis,  ki  l'i  ferist; 

molt  en  reluiseit  l'alemele,   irtr^  eL' CXAjmt,   ./lA'wc/vA/rjfe 
4480    l'en  la  peust  mètre  en  roële. 

0  letres  d'or  les  mers  i  fist    "' 

Vulcans  et  son  nom  i  escrist.  ^ 

Li  helz  en  fu  tôt  de  fin  or 

et  d'ivoire  li  entretor;  'Jua*  t.    oLl  ^ '  ^jù/m- 
4485    de  fil  d'or  fu  desoz  liez 
.    et  molt  estreitement  laciez 

por  mielz  estreindre  et  mielz  tenir, 

que  el  ne  tornast  al  ferir. 

D'un  esmeralde  fu  li  ponz 
4490    en  som  l'espee,  toz  reonz. 

Quant  Vulcans  l'ot  apareilliee, 

en  s'enclume  l'a  essaiee, 

0  il  feseit  sa  forgeure, 

ki  molt  ert  granz  et  molt  ert  dure, 
4495    set  piez  ert  lee,  espesse  nuef, 

ne  la  traisissent  trente  buef. 

Il  i  feri,  si  la  trencha, 

jus  qu'en  terre  li  branz  cola; 

s'il  ne  l'ettst  si  bien  tenue, 
4500    ce  cuit,  ja  ne  fust  mais  velie; 

onc  en  l'espee  ne  parut, 

el  ne  pleia  ne  el  ne  frut. 

N'est  merveille  s'ele  esteit  tels, 

4478  I  bien  qui.  —  4478—4481  omis  dans  D,  —  4480  H  pooit.  — 
4481  HI  a  lettres  que  par  sens  i  mist,  G  les  letres  dor  sa  mère  i  mist.  — 
44S2  G  et  V.  s.  n.  —  4484  D  et  d.  tout  l,  G  que  mist  vulcans  de  son 
trésor,  HI  e.  d.  fu  lentrestour.  —  4485  G  dun;  HI  fu  estroit  lié,  A  fu  tres- 
toz  1.  —  4486  HI  et  e.  enlacie.  —  4487  D  et  a  t.;  GA  ferir;  G  et  por  f. 

—  4488  DG  quele.  —  4489  D  dune;  G  dun  achates  estoit.  —  4491  Alinéa 
dans  GD.  Ce  vers  et  le  suivant  sont  omis  dans  1.  —  4492  G  dedens  s. 
la  fichie.  —  4493  et  4494  intervertis  dans  HI.    HI  la  ou  f.;  D  la  forgerie. 

—  4494  D  qui  fu  granz  et  m.  par  fu  d.  —  4495  A  sis  p.;  D  s.  p.  ot  de 
le  despez  n.  —  4496  HI  .nii.  b.  —  4497  D  si  en  t.  —  4499  et  4500  omis 
dans  HI.  D  selle  ne  fust.  —  4500  D  je  cuit  ja  mais  ne  f.  v.,  G  il  ue  leust 
j.  V.  —  4501  HI  ainz;  G  aine  a  1.;  GD  naparut.  —  4502  HI  nel  n.  p.  ne  ne 
se  mut,  G  ne  ne  p.  ne  se  mut,  D  elle  ne  p.  ne  ne  refust.  —  4503  G  fu. 


l 


166  SUITE 

que  ja  l'aveit  faite  li  deus 
4505    ki  les  foldres  saveit  forgier, 

que  Jupiter  soleit  lancier. 

A  l'espee  ot  fuerre  molt  bon, 

ki  fu  de  la  dent  d'un  peisson, 

a  or  batu  et  tôt  flore 
4510    et  entaillié  et  neelé.  er^^M^  cU.  yùjLiija-^ 

La  r^nge  fu  d'un  blanc  diaspre,    ixCMuL»JLû^hj 

en  l'un  des  chiés  ot  une  jaspe,  «{hm-»  f a- 

et  en  son  l'altre  ot  un  jagonee,  ûcaa/u-  £)/\txùt-UA 

en  or  asis,  chascuns  d'une  once.  (-kAfàOL^Û/nih 

4515    La  lance  fu  bien  aceree 
^*^*^  yûl-u-      et  fu  aïketes  coltelee,  ÇuiokuUiLâ,  (7) 

molt  fu  bien  faite  et  esmolue 

et  bien  trenchanz  et  bien  ague, 

ne  la  tenist  aciers  ne  fers,     //u>tf^»WiJ^ 
4520    ne  nus  escuz  ne  nus  halbers. 

La  hanste  fu  de  sicamor, 

fermée  i  fu  a  deus  clous  d'or. 

Venus  i  ferma  une  enseigne; 

longuement  l'ot  Mars  en  demeine,  Ci^xayiAuJ^ 
4525    il  li  dona  par  druërie, 

quant  el  devint  primes  s'amie; 

bien  fu  tissue  et  bien  ovree 

et  par  listes  fu  d'or  brosdee; 

4504  A  et  ja  1.  f.  uns  d.,  D  que  faite  lavoient  les  diex,  G  ja  1.  f.  Vul- 
cans  li  d.;  HI  ja  1.  forgiee  li  d.  —  4505  HI  soloit  f.,  D  suellont  f.  —  4506  G 
selt  trebuchier.  —  4507  Alinéa  dans  I.  —  4508  HI  qui  fu  fet  du  cuir  d. 
p.  —  4509 — 4515  omis  dans  III.  D  b.  trestout  f.,  G  b.  tôt  enflore  —  4510 
G  et  enmaillie.  —  4511  D  liaspe,  A  diapré.  —  4512  D  en  un  des  chies;  GD  a 
un  vert  j.  —  4513  D  et  dessor  1.  ot  .i.  iasconconce  (?);  G  a  un  j.  —  4514  G 
dun.  —  4515  Alinéa  dans  lIDG.  HI  fu  et  grant  et  lee.  —  4516  III  et  fu 
auques  bien  aceree;  D  auques  encoltelee.  —  4517  III  bien  fu  faite  bien  e.; 
A  et  bien  ague,  G  et  bien  molue.  —  4518  D  et  moult  t.;  III  bien  fu  t.; 
A  et  esmolue.  —  4519  II  escu  ne  f.  —  4520  II  ne  nul  acier.  —  4521  III 
h.  en  fu;  D  la  lance  fu  de  sicomer;  A  liante.  —  4522  III  pertuis  i  ot, 
GD  férus  1  fu;  D  a  clos  dacier,  HI  a  .m.  c.  d.  —  4523  G  et  V.  i  f.  len- 
sagne.  —  4524  —  4528  à  moitié  illisibles  dans  A.  —  4526  III  ele  fu;  D 
premier.  —  4527  HI  molt  fu  bien  fête  et  b.  o.  G  omet  fu  et  et.  —  4528 
III  bendee. 


DE  LA  DESCRIPTION  167 

cent  torsels  valut  d'altres  dras. 
4530    Par  envie  la  fist  Pallas: 

ele  l'ovra  par  grant  maistrie,  ^ 

quant  Arannes  l'ot  aatie;  pru>^otu*jaj^ 

els  ovrerent  a  entençon,    ^-^rv    c.^ir\  cjm  *Lr\.4.,rr\jLA^ 

dont  fist  Pallas  eest  gonfanon. 
4535     Por  ce  qu'el  fist  meillor  ovraigne, 

Arannes  mua  en  iraigne, 

ki  contre  li  s'ert  aatie; 

s'entente  ot  mis  tote  sa  vie  -4  '  àJ^cmÀ-  û^pLa^uùi,  ol. 
•hydit'^  en  teiles  faire  et  en  filer, 
4540    por  ce  ne  puet  encor  finer, 

toz  tens  file  iraigne  et  tist,    ûj\ajLûfT\e.^. 

sa  filace  de  son  ventre  ist.     j^'à^xf^g 
Quant  Venus  ot  tôt  recett, 

lialberc  et  helmë  et  escu, 


4545 


chalces  et  lance  et  espee,  a/^»î^»t^x.i^<j2-^iAA-» 

et  el  l'enseigne  i  ot  fermée, 

a  son  mesage  les  charja, 

a  Eneas  les  enveia 

a  Montalban,  o  il  esteit. 
4550    Le  jor  i  vint  li  mes  tôt  dreit. 

Ëneas  molt  s'apareillot 

et  del  siège  se  conreot,  ,<^/_  ûAjLpiuxrùJL 

et  s'il  veneit  a  grant  destrece, 

qu'i  guardereit  sa  forterece. 
4555    Iluec  li  fu  faiz  li  presenz. 

4529  HIplus  riche  que  nul  autre  d.;  G  v.  bien  de  d.  —  45:50  HIDG 
P.  estuide  la;  A  lot  fet.  —  4531  et  4532  i7itervertis  dans  HI.  G  celé;  HI  i 
ovra.  —  4532  G  lot  aramie.  —  4533  III  courer  voloit  par  contencon,  GD 
queles  (D  quelz)  olvrerent  par  tencon.  —  4534  D  ce  singlaton,  G  cel  g.  — 
4535  GD  per  ce  que;  D  que  fu.  —  4530  A  Aranne.  —  4537  III  sest,  G 
selt.  —  4538  II  s.  mist,  DI  s.  y  mist.  —  4539  D  que  t.  ;  A  pailes  ;  G  tistre  ; 
ni  et  en  fis.  —  4540  III  ne  ce  nest  encore  fenis;  G  onques  f. —  4541  G 
liraigne.  -  4542  III  de  son  cors.  —  4543  sans  alinéa  dans  A.  —  4544  G 
le  hauberc  le  hiaunie  lescu  ;  D  omet  premier  et.  —  4545  G  les  chances  le 
lance  lespee.  —  4546  D  et  en  1.;  III  omettent  el;  G  et  1.  qui  ert  f.  — 
4547  m  tout  ch.  —  4548  III  tout  e.  —  4551  III  que  Ileneas  s.  —  4552  HI 
se  conseilloit.  —  4553  et  4554  intervertis  dans  HI.  HI  se  il  v.,  GD  et  molt 
estoit.  —  4554  G  corn  garniroit. 


168  ÉNÉE  CONSULTE 

Tuit  cil  ki  esteient  dedenz 

le  comencierent  a  loër,  4x>ujlj^  ,  axoloÙl/o 

chascuns  par  sei  a  esguarder, 

Eneas  a  les  armes  prises 
4560    que  sa  mère  li  ot  tramises; 

n'est  merveille  s'il  les  ama. 

Toz  ses  chevaliers  asenbla, 

une  chose  lor  a  mostree 

que  sa  mère  li  ot  mandée. 
4565     flSeignor",  fait  il,  ,en  ceste  terre 

somes  moll  acoilli  de  guerre.   ûuttoAtL&A^ 

Turnus  ne  nos  i  vuelt  laissier, 

venir  nos  deit  ci  asegier; 

se  il  nos  puet  par  force  prendre, 
4570    toz  nos  fera  ardeir  o  pendre, 

n'en  sereit  prise  raançon, 

ne  nul  secors  n'i  atendon. 

Venus  ma  mère  m'a  mandé 

que  ci  près  a  une  cité, 
4575    dont  Euander  est  reis  et  sire; 

d'Arcade  vint,  si  com  j'oi  dire; 

contre  la  gent  de  ceste  terre 

a  totes  veies  eti  guerre. 

La  me  mande  que  quiere  aïe; 
4580    se  ge  i  vois,  ne  faldrai  mie 

que  n'en  amein  altretant  homes    CLuJfci^nL 

en  cest  chastel,  come  nos  somes. 

Se  vos  cuidiez  que  rien  me  vaille, 

anceis  que  Turnus  nos  asaille,   a\/Cur\t    au4^ 
4585     en  serai  ge  bien  revenuz, 

4556  HI  leenz.  —  4557  GD  les  c.  —  4559  Alinéa  dans  IIIDG.  F  E. 
fu  bien  porpenses.  —  4560  et  4561  omis  dans  F.  —  4562  F  sa  ses  ch. 
apeles  ;  D  les  c.  ;  GD  apela.  —  4563  D  dune  chose  les  aconta.  —  4564  D 
que  sa  m.  adont  11  manda;  GF  li  a  m.  —  4565  I  dit,  H  dist.  —  4568  le 
dernier  mot  illisible  dans  A.  —  4570  GF  deflfaire  ou  p.  —  4571  HI  nen 
prendroit  nule;  F  sera.  —  4572  A  conseil;  D  nen  a.,  HI  nos  nat.  —  4573 
I  mande  ma.  —  4574  I  une  c.  a.  —  4576  HI  i  vint,  F  en  vient.  —  4577 
III  et  a  la  g.  —  4578  HI  t.  eures  ;  D  a  toutenelles  ou  a  g.  —  4579  A  El, 
F  Le;  GF  ma  mande,  D  me  manda,  —  4580  A  si.  —  4581  D  que  ie  n.,  F  quil 
ni  a.  —  4582  IIIF  com  n.  i  s.  —  4583  F  nos  v.,  HI  vos  v.  —  4584  G  mi  a. 


SES   BARONS  169 

secorrai  vos  o  mil  escaz. 

Amont  l'eue  del  Teivre  irai 

0  seul  deus  nés,  plus  nï  menrai, 

car  la  endreit  est  la  contrée 
4590     0  la  citez  siet  Palentee; 

et  ki  par  terre  aler  voldreit, 

ainz  que  par  eue  i  sereit, 

mais  el  païs  a  molt  grant  guerre, 

plus  iert  selir  en  mer  qu'a  terre. 
4595    Dites  mei  ce  que  vos  en  senble." 

Cil  li  loërent  tuit  ensenble 

que  il  en  ait  hastivement, 

bel  tens  faiseit,  si  ot  bu  en  vent. 
Eneas  ot  que  il  l'otreient 
4600    et  por  secors  querre  l'enveient, 

ne  s'est  de  rien  plus  atargiez, 

congié  prist  d'els,  ses  a  baisiez 

et  preia  lor  a  toz  molt  bel 

que,  se  Turnus  vient  al  chastel, 
4605    que  il  ne  facent  nul  desrei    aLC(i^eruiL\â~  ^  c^rijLcuu.a'rj 

ne  fors  nen  issent  al  tornei;  carrrUftià,  cl  ûUju^ 

fors  de  la  porte  uns  seuls  nen  ait, 

deffendent  sei  s'on  les  asalt. 

Tôt  en  plorant  son  fil  baisa, 
4610    al  Teivre  vint,  es  nés  entra, 

deus  en  a  fait  desaancrer. 

Il  eomença  a  avesprer; 

4586  D  secoura  nous.  —  4587  y  de  T.  —  4588  D  e  sol  deuz  riens 
ni  m.,  F  deus  nés  tant  solement  m.  ;  G  que.  —  4589  HI  tant  que  vendrai 
en  la  c.;  D  en  treit;  AD  en  la  c.  —  4590  G  que  la  endroit  se  siet  plan- 
tée; F  par  lantree.  —  4591  et  4592  omis  dans  III,  4591 — 4595  dans  F. 
G  i  porreit,  omet  et.  —  4592  G  ancois.  —  4593  HI  bien  sai  quel  pais  a 
grant  g.;  G  m.  de  g.  —  4594  HI  miex  irons  par  mer  que  par  t.;  G  sui 
seurs  ;  D  seurs  e.  m.  quen  t.  —  4595  A  D.  men  ;  D  m.  donc  que.  —  4596  A 
Ce  li.  —  4597  HIF  voist;  G  quil  i  alast.  —  4598  F  f.  savoit  b.  v.;  G  bel  t. 
avoit  et  seur  v.  —  4599  sans  alinéa  dans  A.  F  lot,  G  sot;  D  quil  li  o.; 
GFHI  que  tôt  1.  —  4600  HI  omettent  et,  p.  s.  q.  li  e.''—  4601  I  plus  d.  r.  — 
4602  F  omet  dels,  c.  a  pris;  A  prent;  I  sest  esloingniez,  H  sest  eslesiez. 
—  4603  I  et  1.  p.  ;  F  lor  trestos.  —  4605  GD  nen  f.  —  4606  A  ne  i.  ;  HD 
a  t.  —  4607  D  nulz  n.  a.  —  4611  GF  .m.;  F  faites  desancrer. 


170  ARRIVÉE 

il  a  fait  traire  sus  les  veiles, 

la  nuit  siglerent  as  esteiles 
4615     et  l'endemain  tôt  altresi, 

jusqu'al  tierz  jor  en  dreit  midi. 

Idonc  vindrent  soz  Palantee, 

bois  ot  par  tote  la  contrée 

sor  le  Teivre  par  le  rivage; 
4620    il  aloënt  amont  a  nage, 

soz  les  arbres  le  covert  tindrent, 

tant  que  desoz  la  cité  vindrent.   -4^-t-A-A^^    û.  La. 
Li  reis  ert  de  la  vile  issuz, 

sor  la  rive  ert  el  bois  venuz; 
4625    iluec  seeit  a  son  mangier 

0  molt  grant  gent  soz  un  lorier. 

Le  jor  aveit  fait  a  sa  guise 

molt  haltement  un  sacrefise    claj<c  'L-t^uLLcou<»  c 

d'une  festë,  en  remenbrance  tJi'xèJrr^ 

4630    de  la  merveillose  venjance 

que  d'un  mostre  fist  Hercules, 

a  icel  jor,  iluekes  près,  ^oa-À-a-  dt,  jLo. 

ki  deguastot  tôt  le  païs;    cLLA/cuH^ûLLt. 

quant  il  aveit  un  home  pris, 
4635    il  l'acorot,  son  sanc  beveit,  4^uui   cut^iXicAAiè    > 

la  char  manjot,  les  os  roeit;  û/rJhjù 

il  ne  manjot  se  homes  non;  aÀj^tù   CiA^^t, 

Cacus  aveit  li  mostres  nom.  ^ 

Quant  Hercules  vint  en  la  terre, 

4613  HI  t.  amont,  DF  sus  t.  —  4614  D  corurent;  G  tote  nuit  corent. 

—  4615  G  et  el  d.,  D  a  1.;  F  ont  a.  —  4616  III  jusqua;  H  a  mie  di;  F 
omd  jus;  HF  a  mie  di,  I  d.  en  m.  —  4618  HI  iert,  A  a.  —  4619  GFH 
SOS.  I  sus;  F  les  le  r.  —  4620  HI  sen  a.,  F  a.  il.  —  4621  F  tote  laige  lor 
voie  t.  —  4622  GF  jusqua  d.;  HI  devant;  F  lentree.  —  4623  sans  alinéa 
dans  HI.  —  4624  HI  sus  le  rivage  el  b.  menuz  ;  D  defors  fu  enz  ;  F  voie. 

—  4626  GFHI  a.  —  4627  D  f.  sacrefice.  —  4628  D  et  en  lor  guise.  — 
4629  GFD  et  une;  III  por  r.  —  4630  GF  de  la  gloriose,  III  dune  m.  — 
4631  GF  que  un  m.  ocist  H.  —  4632  F  qui  la  estoit  en  un  convers;  G  .i. 
poi  après,  D  illuec  après.  —  4633  F  et  d.  —  4634  F  omet  il  ;  GF  un  h.  a. 
ocis.  —  4635  I  il  loccioit,  H  il  acoroit,  G  il  lacoloit;  F  le  sanc  prendoit  si 
le  buvoit.  —  4636  HIF  le  ch.  et  les  os  en  m.  —  4638  A  Carus,  D 
(Jassus;  H  cil  m. 


CHEZ   EUAISTDRE  171 

4640    a  sa  fosse  l'ala  requerre,    cÀj^uJ^j-n/ 

por  un  forfait  que  il  li  fist; 

par  grant  vertu  iluee  l'oeist,    nj-cû-LLA/n-cc. 

a  un  arbre  pendi  la  teste. 

A  icel  jor  en  ert  la  feste 
4645    que  celebrot  o  molt  grant  gloire 

li  reis,  de  celé  grant  victoire. 

Encor  seeient  al  mangier, 

quant  il  oïrent  cels  nagier, 

ki  amont  l'eue  s'en  aloënt; 
4650    les  armes  ki  reflambeoënt 

entre  les  arbres  aperçurent. 

De  ce  que  virent  se  comurent   ù  '  oujû^f-e^^xiL^r^ 

et  furent  tuit  en  grant  esfrei. 

Pallas,  ki  esteit  fiz  le  rei, 
4655     en  sa  main  destre  a  pris  un  dart, 

puis  en  ala  tost  celé  part; 

desor  la  rive  s'arestut, 

cels  esguarda,  nus  n'en  conut; 

por  poi  le  dart  ne  lor  lança, 
4660    mais  primes  les  araisona. 

flSeignor",  fait  il,  ,ki  estes  vos, 

ki  si  vos  enbatez  sor  nos?  aà^  ûnâ.cJLfùJ-tJ^ 

Armé  venez  en  nostre  terre, 

ne  sai  se  volez  pais  ne  guerre. 
4665     Se  vos  venez  ça  por  mal  faire, 

vos  ne  volon  de  rien  atraire;  cL^bbirduxj 


4640  D  enz  en  la  f.  1.  querre;  GF  en  la  f.  —  4641  d  4642  inter- 
vertis dans  HI.  F  p.  maint;  GF  lor  f.  —  4643  F  pendoit.  —  4644  F  j. 
estoit  la  f.  —  4645  D  quen  c,  I  quil  c;  IF  celebroient;  F  otnet  al,  I  omet  uiolt; 
GD  a  m.  g.  g.  —  4646  HI  pour  la  grande  v.  —  4647  D  seoit  il,  F  seoit 
on.  —  4650  HI  virent  leur  a.  qui  fl.  —  4651  G  e.  les  nés;  F  virent  luisir 
si  sapercurent;  HI  saparurent.  —  4652  I  des  quil  les  v.  les  conurent;  H 
quil  V.,  F  ques  v.;  HF  sesconurent.  —  4653  G  a  g.  e.  —  4655  A  en  sa 
mestre;  HI  art.  —  4655  F  a.  vers  c,  HI  a  droit  c,  D  a.  ycele.  —  4657 
III  desus.  —  4658  I  ses  e.,  F  els  esg.  ;  G  agarda;  III  n.  ne  c,  G  si  les  c., 
F  nuln.  —  4659  I  li  1.  —  4660  F  premiers.  —  4663—4666  intervertis  dans 
HI  ainsi:  4665,  4666,  4663,  4664.  I  se  vos  v.  en  ceste  t.  —  4665  HI  ci. 
—  4664  A  oez.  —  4666  HI  ne  v.  i  v.  pas  a.;  G  sur  nos  a. 


172  ACCUEIL 

anceis  que  vos  vegneiz  a  port, 

sereiz  vos  tuit  navré  o  mort." 
Eneas  estut  en  estant 
4670    el  chief  de  la  nef  de  devant, 

al  dameisel  a  respondu: 

„Ne  somes  pas  por  mal  venu, 

n'avon  talent  de  faire  oltrage,  cujh.A.eia  j  jtrUz, 

ne  nus  de  nos  n'a  soing  de  rage.  7x£^  .û^  .caucj> 
4675     De  Troie  somes  l'essiliee  [>,  ^xo:J^UUd4L       ^ 

et  somes  genz  desconseilliee;^  .^^^^  ^^  yix-A-^ 

l'en  nos  chace  de  tote  terre, 

al  rei  venon  por  conseil  querre 

et  mostrer  li  nostre  besoing;  -T^^g  r<t  a^'^^j  CaJca 
4680    de  mesfaire  n'avon  nul  soing. 

Conseilliez  nos,  par  deu,  bels  sire, 

se  ja  nos  savriëz  a  dire 

0  troverion  senz  faillanee.  ^uuru^  -jcujJ^ 

Aveiez  nos  senz  demorance."  .dA^y-i-A--  ûl<L^âù. 
4685     Donc  tendi  ses  braz  vers  la  rive 

et  li  mostra  le  raim  d'olive: 

ce  esteit  donc  a  icel  tens 

signe  de  pais  entre  paiens. 

Pallas  oï  que  il  diseit 
4690    et  vit  le  raim  que  il  tendeit,       iyx^x/rxUyjL, 

sot  qu'il  n'aveit  talent  de  guerre; 

il  le  rova  venir  a  terre 


4667  HI  aiez  pris  p.  —  4668  III  destruit  et  m.,  F  ou  pris  ou  m.,  G 
et  pris  et  m.  —  4669  sans  alinéa  dans  A.  A  sestut;  GF  dedevant.  — 
4670  III  par  devant,  GF  en  estant.  —  4671  HI  qui  au  d.  respondi;  GFD 
le  d.  —  4672  III  por  nul  mal  ne  venomes  ci,  F  ni  s.  nient  por  cou  v.,  G 
ni  s.  pas  por  el  v.  —  4673  D  de  nul  outrage.  —  4674  III  en  nos  cuers  na 
ne  ieu  ne  rage.  —  4675  D  fusmes.  —  4676  si  s.  —  4677  III  en  nos  ch.  ; 
F  cacha.  —  4678  HID  v.  ca  c.  q.,  G  v.  c.  requerre.  —  4679  III  et  por  m. 
n.  b.;  F  le  n.  b.  —  4680  III  de  combatre  navomes  s.;  F  de  mal  f. ;  A  ne 
ai  ge  s.  —  4681  G  C.  n.  fait  il  b.  s.  —  4682  A  savries.  —  4683  III  ou  le 
roi  truison  sanz  doutance;  D  truissons  le  roi;  F  ou  le  t.;  G  t.  pais  s.  f.  — 
4684  III  conseilliez.  —  4685  G  son  bras.  —  4686  G  et  m.  lor;  y  un  r.  — 
4689  Alinéa  dans  GIII.  —  4690  F  quil  li;  IIIDG  tenoit.  —  4691  III  la  pes 
rovent  mie  d.  g.;  F  dont  sot,  G  sot  donc;  AD  avoit;  GF  quil  nert  mie 
d.  g.  —  4692  III  il  les  r.,  D  il  li  r. 


DE   LA  PART  D'EU ANDRE        .  173 

et  cil  nagierent  tant  a  fort, 

que  endreit  lui  vindrent  a  port,     j^aju^  cLl* 
4695    Iluee  atachierent  lor  nés 

et  alkes  d'els  i  sont  remés; 

fors  en  issirent  li  plusor 

ki  alerent  o  lor  seignor. 

Pallas  les  a  menez  tôt  dreit 
4700     la  0  li  reis  ses  père  esteit. 
Eneas  parla  tôt  premiers; 

le  rei  et  toz  ses  chevaliers 

a  salué  molt  umblement 

et  li  reis  lui  molt  dolcement;    ùancL'i  (\ii~^innA.rrxh 
4705     puis  dist  Eneas  sa  raison, 

si  se  torent  si  compaignon. 

„Reis,  ne  te  tort  pas  a  enui 

ce  que  dirai;  de  Troie  sui, 

Ancliisés  ot  a  nom  mes  père, 
4710    Venus,  la  déesse,  ma  mère. 

Quant  la  cité  destruistrent  Gre, 

si  me  comanderent  li  de, 

que  0  tote  ma  compaignie 

m'en  revenisse  en  Lombardie, 
4715    la  dont  nostre  ancestre  fu  nez, 

ki  Dardanus  fu  apelez, 

ki  fonda  Troie  la  cité. 

Ça  0  li  deu  ont  comandé, 

somes  venu  o  quelque  peine; 

un  chastel  avon  en  demeine;  yao^no-vl/*^ 

Turnus  nos  vee  le  pais,     oLLUyruL 

de  guerreier  s'est  vers  nos  pris, 


4720 


4693  G  et  cil  nagent  t.  a  effort,  HI  et  il  naioient  a  effort;  F  donc 
a  f .  —  4694  I  quil  les  rova  venir  au  p.;  F  quencontre.  —  4695  D  arive- 
rent.  —  4696  y  alquant  ;  F  d.  illuec  r.  —  4697  F  alerent.  —  4698  D  et  a.  — 
4699  I  les  envoia,  H  les  en  mena,  FD  les  amena.  —  4701  sana  alinéa  dans  A. 
y  tos.  —  4703  HI  a  s.  m.  bonement,  F  a  s.  cortoisement,  G  a.  s.  m.  dol- 
cement. —  4704  GF  humlement.  —  4705  A  lors.  —  4706  HI  tuit  s.  t.  —  4707 
D  mie  a  e.  —  4708  D  ce  que  ie  die.  —  4709  A  avoit  nom;  GF  dans  A.;  F  ot 
nom;  G  cil  fu  m.  p.  —  4710  F  V.  la  dame;  GFD  est  m.  m.  —  4714  HÏD 
venisse;  F  man  alasse.  —  4718  G  lont  c.  —  4719  F  a  molt  grant  p.  — 
4721  G  nie,  FA  vie.  —  4722  F  de  guerre  s.  envers;  G  de  torner  sa  a  n.  p. 


174  .  DISCOURS 

il  vuelt  nostre  chastel  abatre 

et  contre  nos  se  vuelt  combatre. 
4725    Vers  les  deus  a  pris  eeste  guerre, 

ki  nos  otreient  tuit  la  terre; 

o  bel  lor  seit  o  mal  lor  sace, 

ce  m'est  avis  qu'il  nos  en  chace. 

En  la  contrée  avon  oï 
4730    que  il  vos  ra  tant  acoilli  ct^ttoAicA^ 

et  guerreié  molt  longuement 

por  force  et  por  maintenement.  m-cozl/).^^ 

Somes  ici  a  tei  venu 

que  nos  secores  par  vertu; 
4735     se  tu  me  vuels  un  poi  aidier 

et  de  ta  gent  alkes  baillier, 

ge  vengerai  et  tei  et  nos, 

a  brief  terme  seron  rescos.  Ultùt^'yLuj 

Se  par  tei  puis  veintre  ma  guerre, 
4740    mon  enemi  prendre  o  conquerre, 

tote  m'enor  tendrai  de  tei, 

la  seignorie  t'en  otrei." 
Li  reis  oï  qu'Eneas  dist 

et  la  plainte  que  il  li  fist, 
4745     respondié  li  molt  dolcement 

et  dist:  „Molt  es  de  buene  gent; 

a  mon  jovent  a  Troie  fui, 

le  rei  Priant  molt  bien  conui 


4724  D  encontre.  —  4726  HI  qui  nos  otroierent  la  t.,  D  qui  nos  oc- 
troiont  1.  t.,  F  qui  otroie  nos  ont  1.  t.,  G  qui  nos  ont  otroie  1.  t.  —  4727 
HI  ou  as  diex  poist  ou  le  lor  place,  A  ou  bel  nos  s.  ou  mal  nos  sace; 
D  mal  lo  sache,  G  il  lor  place  (?).  —  4728  HI  Turnus  par  force  (I  a  f.). — 
4729  HI  Assez  avons  (H  ravons)  parole  {H  parler)  oï.  —  4730  y  te  (F  ten).  — 
4731  GF  et  guerroia  toi  (F  te)  1.;  III  molt  1.  -  4732  y  par  f.  et  par.  — 
4733  A  vos.  —  4734  G  a  vertu. —  4735  GF  nos  v.;  D  auques  a. —  473G 
III  un  pou  b.  —  4737  III  et  moi  et  vos,  D  et  t.  et  moi,  G  et  vos  et  nos. 
—  4738  F  a  poi  de  terme  ermes  r.  —  4739  D  tenir  ma  g.;  G  vos.  — 
4740  HI  m.  e.  par  toi  c.  ;  I)  vaintre  et  c. ,  GF  destraindre  fit  querre;  A 
panre.  —  4741  G  tos  tans.  —  4743  lill)  ot  que  Ileneas  d.;  I  dit.  ^ 
4744  A  proiere  quil.  —  4745  III  respondu  a.  m.  d.  —  4746  HI  dist  li  m. 
e.  de  haute  g.  —  4747  GF  en  mon  vivant.  —  4748  GF  le  roi  et  tos  les 
sieus  c. 


d'euandre  175 

et  toz  ses  fiz  et  ses  barons 
4750    et  de  plusors  soi  bien  les  nons, 

et  Anchisés  eonui  ge  bien, 

ton  père;  il  me  dona  un  chien, 

un  arc  et  un  bon  cuivre  a  or 

et  dis  saietes  et  un  cor; 
4755    sor  toz  les  altres  m'enora 

et  molt  del  suen  m'abandona. 

Por  ton  père  que  molt  oi  chier 

et  por  ton  enemi  plaissier,  'ireu.jn^.^iA^ 

vint  mil  homes  te  troverai; 
4760    ge  sui  vielz  oem,  si  remaindrai, 

mais  veiz  ici  mon  fil  Pallas, 

que  ge  molt  aim;  lui  en  menras; 

demain  le  ferai  chevalier. 

Seies  segurs,  si  vien  mangier, 
4765    si  t'esleece  ensenble  nos, 

car  cist  jors  est  molt  glorios; 

nos  celebron  hui  une  feste 

com  Hercules  trencha  la  teste 

a  un  mostre  ki  ci  esteit, 
4770    ki  toz  noz  homes  oeieit." 

Li  reis  a  l'eue  demandée, 

en  bacins  d'or  l'ont  aportee; 

Eneas  lava  et  sa  gent, 

puis  mangierent  molt  richement. 
4775    Ne  sai  conte  dire  des  mes 

ki  sovent  vindrent  et  espés,  .^/rv  eLTiayn^U-  OM-^i^viMiJ^ 

ne  des  bons  vins  ne  des  herbez,    ^  / 

mais  il  en  orent  tuit  asez. 

4749  D  t.  s.  f.  et  toiiz  s.  b.  —  4750  F  et  des  p.  de  ses  barons;  G  et 
des  plus  fors.  —  4753  HIF  dor.  —  4754  HI  .xx.  s.  —  4755  HI  sus.  — 
4756  HI  et  tout  le  suen.  —  4758  F  mon  e.  vengier.  —  4759  HI  char- 
gerai. —  4762  F  celui  m.,  G  cel  i  m.  —  4763  et  4764  sont  omis  dans  HI.  — 
4765  HI  or  t.  e.  o  nos.  —  4766  HI  que  c.  —  4767  A  ci  une  f.  —  4771 
Alinéa  dans  DGF.  —  4772  GF  les  b.;  A  fu  a.,  D  li  ont  donnée.  —  4773 
Alinéa  dans  H.  F  o  se  g.  —  4774  HI  si  m.;  D  liement.  —  4775  HI  tenir; 
GFD  dire  conte.  —  4776  HI  mes  s.  v.;  F  i  v.  espes.  —  4777  HI  ne 
des  clarez;  D  ne  d.  vins  ne  des  bonnes  herbes;  A  et  des  h.  —  4778  HI 
dont  il  ont  t.  eu  a.;  FD  m.  quil. 


176  DÉPART 

Eneas  leva  del  mangier, 
4780     si  apela  un  chevalier, 

si  fist  venir  ses  tombeors,   '<errisJUx4,^\.^ 

ses  genz  et  ses  enchanteors  cJ\.A^rt3f^Au^x^ 

devant  le  rei,  ki  ot  grant  joie; 

lor  fist  faire  les  geus  de  Troie. 
4785     Cil  del  païs  les  esguardoënt 

ki  raolt  forment  s'en  merveilloënt, 

des  geus  qu'il  n'aveient  en  \{%\  julcxloa. 

les  deus  loërent  de  lai  sus, 

ki  a  lor  feste  et  a  lor  joie 
4790    ont  amené  la  gent  de  Troie. 

Quant  il  orent  pièce  joé 

et  en  joie  le  jor  mené, 

et  li  reis  vit  qu'il  avespra, 

son  hoste  en  la  cité  mena. 
4795    En  la  veie  li  a  conté 

et  tôt  en  ordre  demostré, 

eoment  il  vint  de  sa  contrée 

et  eoment  i  sorst  la  mellee,  AatuxMM. 

por  quel  Turnus  li  mut  la  guerre 
4800    et  com  il  tint  de  lui  la  terre. 

Tant  li  a  dit  et  tant  conté, 

qu'il  entrèrent  en  la  cité; 

petite  et  povre  ert  et  deselose,  ôt^u^Ai^ 

encor  adonc  ert  poi  de  chose; 
oJ-tru^ 

4780  HI  apele  un  suen  mesagier;  AF  et  a.  —  4781  HI  venir  a  fait 
ses  jongleours;  GF  tumeors.  —  4782  HI  et  ses  mestres  e.,  F  et  ses  en- 
giens  e.,  G  ses  engins  ses  e.  —  4783 — 4791  omis  dans  D.  HIG  r.  a  molt 
q.  j,  —  4784  F  lors;  HI  des  g.  F  place  après  ce  vers  les  vss.  4791  et 
4792.  —  4785  F  et  c.  d.  p.  mervilloient,  G  sen  mervilloient.  —  4786  A  et 
m.;  G  qui  volenters  les  esgardoient.  —  4787  F  av.  eus.  —  4788  F  la  de- 
sus.  —  4790  F  gieus.  —  4791  I  q.  il  ont  grant  p.  j.  —  4792  F  gloire;  I 
passe,  H  use.  —  4794  A  a  la  c.  —  4795  GF  niostre.  —  479G  FG  et  en 
0.  tôt  aconte  (F  trestout  c.);  HI  devise.  —  4797  A  corne,  F  si  coni.  — 
4798  HI  et  c.  sordi  1.  m.,  D  et  com  estoit  de  1.  m.  ;  F  li  s.  —  4799  G  lesmut 
de  g.  —  4800  III  et  com  il  sourt  a  soi  1.  t. ,  F  et  c.  il  aquita  s.  t.  ;  G  a  lui, 
D  vers  lui.  —  4801  HIG  et  aconte,  F  et  raconte.  —  4802  F  quil  en  entrent, 
6  q.  sont  entre.  G  intercale  ici  les  vers  4843  et  4844.  —  4803  A  p.  estoit 
molt,  D  p.  p.  e.;  G  li  cites  ert  forment  d.  —  4804  GFD  povre  ch.;  D  fu. 


DES   TROYENS  177 

4805    mais  puis  sist  Kome  iluee  endreit, 

ki  tôt  le  mont  ot  en  destreit:  'yri^iJjh.cûjhxuL , 

de  tôt  le  siegle  fu  reine,  i-&u.j^^yru.^n)l-ûuJ:^ 

tote  terre  li  fu  aeline. 

La  nuit  jurent  en  la  cité. 
4810    L'endemain  sont  matin  levé; 

li  reis  fist  son  fil  demander, 

armes  li  a  fait  aporter; 

iluee  fu  adobez  Pallas, 

l'espee  li  ceint  Eneas; 
4815    puis  a  li  reis  mandé  sa  gent, 

et  il  vindrent  hastivement. 

Al  tierz  jor  furent  asenblé, 

a  .XX.  mile  furent  esmé;  JUjoJLuJi- 

cent  nés  fist  eschiper  li  reis,    /n...'pm^j 
4820    viande  i  mist  a  treze  meis. 

Eneas  a  le  congié  pris, 

0  grant  gent  s'est  en  l'eue  mis, 

comença  s'en  a  repairier, 

de  demorer  n'est  plus  mestier. 
4825        Turnus  ot  la  novele  oïe; 

l'endemain  sot  par  une  espie  jtA^À-^snrO 

que  issuz  s'en  est  Eneas, 

a  Montalban  n'esteit  il  pas. 

Il  fu  molt  liez  quant  il  l'oï, 
4830    mais  il  ne  sot  neient  de  fi 

quel  part  il  en  esteit  alez. 

Ses  conestables  a  mandez     Câri^r^cUyù^ 


4805  HI  omettent  mais.  —  4806  HI  a  e.  d.  —  4807  HI  de  tote  terre.  — 
4808  HI  et  toute  fu  a  lui  a.;  F  encline.  —  4809  Alinéa  dans  IIFG.  — 
4810  GF  el  demain.  —  4812  D  1.  fait  donc  a.  —  4814  G  cainst,  D  mist.  — 
4815  F  p.  a  m.  li  r.  —  4817  GD  a  t.  —  4819  HI  les  nés;  A  achater.  — 
4820  FHI  vitaille;  GFD  .xxx.  m.  —  4822  HI  s.  diluée  partis,  A  sest 
ariere  mis,  G  sa  e.  1.  m.  —  4823  HI  tuit  se  sont  pris.  —  4824  DFG 
del  d. ,  HI  de  seiorner;  A  plus  nest,  D  nert  mais,  G  na  nul,  HI  nont 
plus.  —  4825  FHI  a.  —  482fi  HI  la  nuit  sen  parti;  G  el  d.  —  4827  HID 
quissuz  sen  estoit  H.,  G  que  aies  en  fu  E. ;  D  en  e.  —  4828  G  en  la 
cite.  —  4830  y  mie  d.  f.  ~  4831  HI  il  pooit  e.  aie;  G  sen.  —  4882  HI 
Son  seneschal  a  apele,  F  Les  barons  a  trestos  m.,  A  S.  c.  comandez. 

BibUotlieca  Normaunica.  IV.  J  2 


178  TURNUS  ASSIÈGE 

et  comanda  hastivement 

que  al  cliastel  meinent  sa  gent; 
4835    il  a  ses  grailes  fait  soner, 

et  l'oz  eomencë  a  errer. 

Al  ehastel  vindrent,  si  l'asistrent, 

en  grant  freor  cels  dedenz  mistrent; 

il  corurent  lor  armes  prendre 
4840    et  s'apresterent  de  deffendre 

et  montèrent  es  aleors     o^iû^v''^-*-* 

et  es  bretesches  et  es  tors; 

le  pont  ont  trait,  la  porte  close, 

molt  bien  apareillent  lor  chose, 
4845     et  nequedent  molt  se  cremeient   pâftxnjhk^rUi. 

por  la  grant  gent  que  il  veeient; 

dotent  ne  se  puissent  tenir, 

ne  il  ne  sevent  o  fuir, 

ne  avuee  els  n'ont  lor  seignor; 
4850    n'est  merveille  s'il  ont  peor, 

Turnus  s'en  est  de  l'ost  partiz, 

cent  chevaliers  en  a  choisiz, 

al  ehastel  vint  a  grant  desrei;  û^  ^  "KùM, 

que  comencier  vuelt  le  tornei. 
4855    Liez  fust  se  il  le  pelist  faire, 

mais  il  n'en  pot  un  tôt  seul  traire. 

Quant  vit  que  il  n'en  fereit  plus, 

vint  feiz  ala  entor  et  plus 

4833  HIG  omettent  et;  HI  c.  li  h.,  G  c.  lor  h.  —  4834  Hl  qua  Mon- 
talban  menast;  D  viengnent;  F  lor  g.  —  4835  F  omet  fait;  G  fait  s.  g.  — 
4836  HI  et  lors  comenca  a  entrer,  GF  li  os  c.  a  remuer.  —  4838  HI  cens 
dedenz  e.  g.  f.  m.  ;  GF  effroi.  —  4840  HI  et  sapareillent,  A  apresterent  soi, 
F  si  s.,  G  et  cils  aprestent.  —  4841  HI  puis  m.  —  4842  F  et  as  b.  et  as.  — 
4843  HI  les  ponz  ont  trez  les  p.  closes;  A  lor  porte.  —  4844  y  bien  aparil- 
lerent  lor  ch.;  D  m.  a.  bien  :  HI  lor  choses.  —  4846  D  de  la  g.  g.;  G  avoient.  — 
4847  HI  criement;  A  d.  quil  n.  p.  t.  —  4848  HI  ne  (I  et)  il  navoient  ou  f  — 
4849  GF  il  norent  mie  1.  s.  —  4851  HI  sest  de  1.  départis;  G  en  est.  — 
4852  I  c.  ch.  en  maine,  H  .c.  c.  o  lui;  y  esliz.  —  4853  A  vient;  D  o  g. 
d.  —  4854  GF  car.  —  4855  III  sil  les  en  p.  traire.  —  4856  H  mais  onc; 
HI  un  seul  forfaire,  G  .i.  sol  atraire,  F  un  seul  fors  t.  —  4857  HI  ni  f; 
A  feront,  D  fera;  G  quil  n.  isteroit  nus.  —  4858  F  .x.  f  ;  De.  Turnus, 
III  et  sus  et  ius. 


LE  CHATEAU  DE  MONTALBAN  179 

por  esguarder,  por  agaaitier    (^uuJXu^ 
4860    par  o  les  porreit  domagier.  yu^uu. 

Dolenz  3t  angoisses  esteit 

que  fo's  traire  nés  en  poeit, 

il  ne  ne  teneit  mie  a  geu 

qu'il  n'i  troveit  nul  feible  leu 
4865     0  il  lor  petist  asalt  faire. 

Il  comeneent  vers  lui  atraire 

et  il  se  trait  alkes  en  sus; 

vespres  ert,  n'i  volt  faire  plus, 

a  l'ost  s'en  prist  a  repairier. 
4870     Quant  lor  nés  vit  enz  el  gravier,  ^cMu^ 

poignant  s'en  tome  celé  part, 

et  dist  as  suens:  „Ja  li  eoart, 

ki  del  chastel  n'osent  issir, 

ne  nos  porront  par  mer  fuir; 
4875    or  voil  que  lor  ardon  lor  nés, 

si  nos  seront  en  fin  remés, 

car  il  nen  ont  altre  fiance, 

ne  d'els  guarir  nule  espérance,    A^i^.ûaa/v^>^ 

fors  tant,  s'il  pueent  eschaper, 
4880     qu'il  se  metront  tuit  en  la  mer. 

Se  nos  a  nuit  bien  nés  guaiton, 

ja  le  matin  nés  troveron, 

mais  s'il  nos  eschapent  issi, 

donc  somes  nos  en  fin  boni." 


4859  G  por  espier  et;  D  et  pour  guaitier.  —  4860  HI  cornent  les  p.  d., 
A  p.  ou  an  porra  d.  ;  F  la  ou;  D  le  p.  GFD  ajoutent  2  vss.  V.  les  notes.  — 
4861  D  estoient.  —  4862  HI  quant  f.  t.  ne  les  p.;  G  q.  t.  f. ;  D  ne  les  pou- 
oient,  F  ne  les  p.  —  4863  HI  et  ne  tenoit  neient,  D  il  uel  t.  noient,  GF  ne 
il  nel  t.  pas.  —  4864  HI  nule  forz  lieu  ;  IF  ne  t.;  A  troue.  —  4865  D  y  p.;  AD 
puisse.  —  4866  D  comence;  HIG  a  lui.  —  4867  D  et  s.  t.  auques  en  essus; 
F  cil  se  traist;  G  satrait,  H  se  trest.  —  4868  HI  vespres;  F  il  avespra  si 
nen  fist  plus;  G  voloit  f.  p.,  A  v.  donc  f.  p.  —  4869  F  et  lost;  DF  se  p.; 
G  sen  voloit  r.  —  4870  A  lus  el  g..  GF  en  un  g.  —  4871  D  p.  s.  vait  ycelle 
p.,  G  acorant  san  vint  c.  p.  —  4872  G  puis  lor  a  dit.  —  4873  G  caste.  — 
4874  y  ne  sen  p.  —  4875  I  que  nos  a.  —  4876  A  se.  —  4877 — 4881  omis 
dans  HI.  —  4878  A  autre  e.  —  4880  D  metroient  e.  1.  m.,  F  meteront  en 
m.;  G  que  il  s.  m.  tôt  en  mer.  —  4881  HI  nés  gardons.  —  4882  F  ja  demain 
nul  nen  t.  —  4883  A  si. 

12* 


180  NISUS   ET 

4885    A  tant  fist  le  feu  aporter 

et  les  nés  totes  alumer; 
ta\xUiu^£Mj     ardent  funains.  et  maz  et  très; 

en  poi  d'ore  destruist  les  nés. 

Quant  Turnus  s'est  des  nés  vengiez, 
4890    enprés  a  cels  apareilliez 

ki  a  la  porte  guaiteront 

et  ki  l'issue  deffendront, 

et  tôt  entor  mist  ses  guardens 

ki  veillassent  la  nuit  toz  tens, 
4895     que  ne  s'en  fuient  a  larron 

cil  del  ehastel  et  del  donjon. 

Par  tote  l'ost  feu  alumerent 
-(irtmrru.  cAi^^j^  ^   ^^^      ^*  grant  jafur  i  démenèrent, 

sonent  tabor,  noise  font  grant; 
4900    li  vins  i  ert  a  espandant,    À.  Vd^la^rn^ 

tant  en  beivent  que  tuit  se  tuent, 

lez  le  feu  gisent,  ne  remuent; 

vers  mie  nuit  tuit  s'aclasserent,  <d<-  JMfù<iJtJ\Avvt 

et  cil  ki  sus  el  chastel  erent, 
4905    se  guaitent  bien,  ne  dorment  pas. 

A  la  porte  ot  mis  Eneas 

un  chevalier  ki  la  guardast, 

nen  aveit  nul  eui  plus  prisast 

Nisus  ot  nom,  si  fu  molt  proz, 

4885  Alinéa  dans  HI.  D  alumer.  —  4886  G  et  lor  n.;  D  firent  embraser. 
—  4887  HI  tout  ardirent  et  mas  et  très,  F  a.  et  fument  mas  et  tref,  G  il  ont 
espris  et  mas;  A  mars.  —  4888  HI  en  poudre  ont  destruite  (I  destruiz)  les  nés, 
F  ni  a  remes  nés  une  nef,  G  destruites  ont  totes  les  nés;  D  destruit.  — 
4889  Alinéa  dans  GD.  F  v.  d.  n.  —  4890  HI  tantost;  F  après  si  a  c.  apeles.  — 
4891  HI  qui  aval  au  port  g.  —  4892  HI  leue  lor  d.  —  4893  HI  t.  e.  a  mis 
s.  gardanz.  —  4894  D  que,  I  quil;  I  valassent,  A  gaiteront,  GF  veillèrent.  — 
4896  HI  ne  du  d.  —  4897  A  feus;  F  par  tôt  le  fu  a.  —  4898  HI  et  grant  rage 
i  d.,  F  et  grant  rage  la  nuit  menèrent,  G  et  puis  g.  joie  d.;  D  en  d.  —  4899  F 
s.  dabors  de  grant  randon,  G  s.  t.  grant  joie  font.  —  4900  D  et  1.  v.  y  vait  e., 
F  1.  V.  i  ert  a  grant  fuison,  G  li  vin  a  grant  plante  i  vont.  —  4901  F  t.  en  burent 
que  tôt  se  turent,  G  tôt  ensamble  a  fuison  en  burent.  —  4902  A  les  feus  ;  GF 
jurent  ne  se  murent.  —  4903  G  envers  m.  n.  seslasserent;  HID  sacoisierent, 
F  si  se  grevèrent.  —  4904  HI  et  cil  sus  qui,  G  et  icil  qui;  F  ens  el  c.  —  4905 
I  omet  se,  guetierent,  F  gardent.  —  4908  III  nen  i  ot  nul  que  miex  amast. 


EURIALUS  181 

4910    la  cure  ot  del  ehastel  sor  toz. 

Cil  aveit  un  suen  compaignon, 

Etirialus  aveit  a  nom; 
,  amoent  sei  de  tel  amor 

qu'il  ne  poeient  de  graignor: 
4915     onkes  plus  veire  amors  ne  fu 

que  d'els,  tant  corn  il  ont  vescu; 

l'uns  ne  saveit  senz  l'altre  rien, 

ne  nen  aveit  joie  ne  bien. 

A  la  porte  la  nuit  veilloent 
4920    cil  compaignon  ki  la  guardoent. 

Msus  ot  le  jafur  oï, 

les  salz,  la  noisë  et  le  cri    /lûuO^ 

q^u'il  ont  la  nuit  en  l'est  mené, 

vit  que  tuit  erent  aclassé,  auJ^osul^ 
4925    porpensa  sei  d'une  merveille, 

a  son  compaignon  se  conseille. 

„La  fors  en  l'ost  sont  endormi, 

ivre  sont  tuit  et  estordi,    -jcJ^j^cult^ 

tant  ont  beii,  tuit  sont  tué 
4930    et  li  feu  sont  tuit  alumé; 

ki  les  voldreit  or  domagier, 

molt  i  porreit  ja  espleitier,  û-^i-^-j  Qj'^ijut.4^^ 

uns  seuls  oem  .m.  en  ocirreit, 

ja  nus  ne  s'en  retornereit. 
4935    Aler  i  voil  forfaire  en  l'ost, 

4910  m  le  los  ot.  —  4911  D  si  a.  —  4912  G  a.  cil  n.  —  4913  AHI 
tele.  —  4914  G  forcor.  —  4915  et  4916  oints  dans  F.  HID  vraie;  G  on- 
ques  cose  plus  voir  ne  fu.  —  4917  HI  li  un  ne  sot.  —  4918  HIG  ne  na- 
voient;  HI  repos  n.  b.  G  réiMe,  ici  les  vers  4909  et  4910.  —  4919  GFD  a 
la  p.  cil  (F  li)  doi  v.;  HI  veillierent.  —  4920  GF  et  tote  la  nuit  le  g.,  HI  c. 
c.  bien  la  gardèrent,  D  cil  .u.  c.  la  g.  —  4921  HI  N.  avoit  avant  oï,  G  N.  ot 
ja  en  lost  oï;  D  bafois.  Alinéa  dans  GD.  —  4922  HI  la  noise  la  rage  (I  le 
hu)  et  1.  c;  GD  lassait;  G  et  la  n.  —  4923  G  que  o.  1.  n.  a.  1.  —  4924  D  set 
quil  e.  t.;  HID  accise,  F  asesse.  —  4925  F  porpense.  —  4926  HIG  le  c,  F 
sen  c,  A  la  c.  —  4927  GF  estormi.  —  4928  HI  asoti;  F  ne  font  nul  cri, 
G  si  font  peu  crie.  —  4929  GF  tost  s.,  D  quil  s.;  F  lasse.  —  4980  HI  delez 
le  feu  s.  agresse,  F  et  endormi  li  feu  quasse;  D  coisie,  G  aclasse.  —  4931 
HI  qui  or  1.  y.  d.  —  4932  y  en  p.  ;  HIG  bien  e.  —  4934  HI  ja  un  seul 
nen  r.,  F  ja  .i.  n.  s.  r.  —  4935  et  4936  omis  dans  A.    D  omet  i. 


182  NISUS   ET 

ge  revendrai  a  tei  molt  tost." 

Eurialus  ot  et  entent 

qu'il  vuelt  faire  tel  hardement,  aA«*tien>  Càu/xûAu. 

molt  par  s'en  fist  liez  et  joios, 
4940     d'aler  o  lui  fu  coveitos,   c^^^lIam-u^ 

et  dist:  „Ge  n'i  remaindrai  pas, 

en  eest  afaire  seuls  n'iras. 

Cornent  remaindrai  ge  senz  tei 

ne  tu  eoment  iras  senz  mei? 
4945    Donc  n'iés  tu  ge  et  ge  sui  tu? 

Ge  cuit  tu  as  le  sens  perdu; 

une  ame  somes  et  un  cors; 

se  l'une  meitié  vait  la  fors, 

com  puet  l'altre  çaienz  remaindre? 
ciCu'&^'^mAi^  j  4950    Des,  or  me  puis  ge  de  tei  plaindre,  ^ru,   oLairu 
cCi^  eu  ùrJLo'^r^  tu  me  boises,  ne  me  tiens  mie  j^a^^^j^^^j       ^ 

amor  ne  dreite  compaignie, 

ne  tu  n'iras  en  l'ost  senz  mei, 

ne  ge  ne  remaindrai  senz  tei." 
4955    Nisus  respont  al  dameisel: 

„Pa8  ne  m'en  peise,  ainz  m'en  est  bel, 

se  tu  i  vuels  aler  o  mei, 

molt  par  m'est  buen  et  ge  l'otrei, 

et  se  poon  rien  espleitier 
4960     et  de  noz  enemis  vengier, 

si  porron  bien  avant  aler, 

Eneas  faire  retorner; 

bien  sai  la  veie  a  Palantee, 


4937  Alinéa  dans  GDHI.  —  4939  F  m.  sen  par  f.;  D  joiant.  —  4941 
HI  dist  li  ci  ne  r.  p.;  GF  ne.  —  4943  HI  r.  c.  s.  m.,  G  remanras  tu  s.  m.  — 
4944  IIID  et  tu;  G  et  jo  cornent  irai  sans  toi.  —  4946  G  que  as.  — 
4947  et  4948  omis  dans  A.  D  avons.  —  4948  GFD  omettent  se;  GF  une 
m.;  GFD  ira  la  f.  —  4949  HI  cornent  p.  1.  ci  r.,  A  c.  p.  lun  sanz  lautre 
r.  —  4950  HI  doi.  —  4951  III  trair  me  veus;  GF  guencis.  —  4952  G  a. 
et  droite  et  c.  —  4955  Alinéa  dans  IIIG.  —  4956  D  a.  mest  bel,  F  a. 
mest  molt  b.,  G  aincois  mest  bel.  —  4957  D  se  vous  voulez;  y  venir; 
G  a  moi.  —  4958  G  il  mest  m.  b.,  HI  molt  me  siet  bien;  F  bel;  D  et 
si  1.  —  4959  III  omettent  et,  si  poions  r.  e.  —  4960  G  ne  de.  —  4961  et  4962 
omis  dans  IIIF.  —   4963  F  a  le  plantée. 


EURIALUS  183 

n'i  a  que  seul  une  jornee; 
4965     quant  nos  volon  en  bois  aler, 

bien  près  d'iluec  poon  passer, 

nos  l'en  amenron  ainz  tierz  jor. 

Çaienz  en  sont  en  grant  freor 

et  n'i  truevent  cui  enveier 
4970    por  pramesse  ne  por  loier.  ^ûJUuajl. 

Se  cest  besoing  poon  fornir 

et  de  la  puisson  revenir 

et  faire  le  si  com  ge  pens, 

l'en  parlera  de  nos  toz  tens. 
4975    A  tant  laissierent  le  parler, 

eoveitos  erent  de  l'aler, 

ensenble  vindrent  al  donjon. 

Ascaniiis  et  li  baron 

ne  dorment  pas,  celé  nuit  veillent, 
4980    et  molt  estreitement  conseillent;  <i£>v/t.c-<-tAfl-^>9a&/yj^ 

en  esfrei  sont  et  en  error  luJur^x. 

de  ce  que  il  n'ont  lor  seignor; 

ne  s'en  sevent  vif  conseillier, 

qu'il  ni  truevent  cui  enveier, 
4985     n'i  a  ki  ost  aler  por  lui. 

A  tant  i  vindrent  cil  andui 

ki  en  pristrent  le  hardement.    ùLUhu^rO    c^uj^clcjujMâ-^ 

Nisus  parla  premièrement.  0 

„Seignor",  fait  il,  „escoltez  mei, 
4990    çaienz  n'a  point  de  nostre  rei, 

si  nos  i  a  Turnus  asis, 

4964  HI  poi  i  a  plus  dune  j.,  A  ni  a  mes  sol  une  j.  ;  GD  quune  sole  j.  — 
4965  D  q.  sciions  el  b.  —  4966  HIF  solons,  G  devons.  III  ajoutent 
deux  vers.  V.  les  notes.  —  4967  DG  les  a.  —  4968  G  a  g.  f.  —  4969  III 
ne  il,  GF  il  ni.  —  4972  II  poon;  A  revertir.  —  4973  III  et  f.  issi  com  je 
le  p.;  F  et  ens  f.  c.  g.  p.;  G  et  f.  ce.  —  4974  F  lontens.  —  4975  Alitiéa 
dans  III.  —  4976  G  furent.  —  4977  III  assenblez  furent,  G  esrant  sen  v. 
—  4978  I  et  si  b.  —  4980  G  orellent.  —  4982  GF  quil  norent.  —  4983  A 
ne  se  s.;  G  ne  sevent  noiant  c;  III  s.  preu  c,  F  s.  u  c.  —  4984  III  car; 
F  car  il  ni  ont,  GD  ne  il  ni  ont.  —  4986  1  A.  en  vont;  II  omet  i;  HI  icil 
a.  —  4987  F  qui  pris  orent,  G  qui  em  prisent;  GF  tel  h.  —  4989  sans 
alinéa  dans  IIIGFD.  —  4990  III  nest  mie  n.  r.,  D  na  gent  de  nostre  loi, 
GF  navons  pas  n.  r.  —  4991  A  nos  a  ia. 


184  NISUS  ET 

la  fors  nos  a  le  siège  mis; 

s'il  nos  puet  prendre  par  vertu 

tuit  i  seron  ars  o  pendu. 
4995     Se  Eneas  fust  o  nos  ci, 

quel  seiissent  nostre  enemi, 

nos  en  fusson  molt  plus  doté, 

et  si  sai  bien  de  vérité 

que  mielz  nos  porrion  deifendre 
5000    se  avion  a  oui  entendre,   diÀjii-^ 

ki  fust  sor  nos,  que  cremisson; 

qu'il  eomandast  nos  feïsson; 

ja  ne  verreiz  si  grant  compaigne, 

se  ele  n'a  son  chevetaigne,  cr^aiyiuVu, 
5005    ne  seit  raolt  tost  esparpeilliee,  g/t'é/a^^o  gtf 
oU4oJJ~t.     desconfite,  tote  pleissiee.  «iLhjuÀJ-t- 
^  Se  Eneas  fust  ci  o  nos, 

nos  en  fusson  plus  corajos, 

del  tôt  entendisson  a  lui, 
5010     si  en  fusson  plus  fort,  ce  cui. 

Se  vos  le  nos  volez  loër, 

nos  en  volon  por  lui  aler, 

asez  vos  porreiz  tant  tenir  ^/^j^^  •>y^^tLy^ye/rwv> 

que  nos  le  vos  façon  venir. 
5015     Se  nos  poon,  ço  iert  molt  tost; 

nos  iron  bien  parmi  celé  ost, 

li  guardenc  sont  tuit  endormi, 

4992  D  por  nos  i  a,  G  caians  i  a.  —  4993  AG  pueent;  A  o  v.,  G  a 
V.  —  4994  111  t.  seromes,  D  t.  en  s.,  GF  trestot  s.  —  4997  D  n.  e.  fiii- 
siemes  p.  d.,  G  n.  e.  fuissomes  p.  d.  —  4998  G  par  v.  —  4999  D  peiison.  — 
5000  F  se  nos  s.,  G  se  saviens;  GF  a  q.  atendre.  —  5001  F  o  nos;  HI  nos  c, 
GF  qui  c.  —  5002  IIID  qui  c,  G  il  c;  F  et  nos  mandast  que  f.  —  5003  GF 
ne  verres  ia.  —  5004  III  se  seignor  na  qui  ne  se  feigne,  D  que  se  il  a  ma 
ch.  —  5005  HI  et  tost  ne  soit  e.,  D  n.  s.  molt  desappareillie,  F  nen  soit 
plus  tost  desp.  —  5006  G  d.  toste  et  p.,  D  et  d.  et  deplaisie;  III  et  mau- 
baillie,  F  et  desloie.  —  5007  F  Seneas  f.  ici;  F  omet  les  vers  5008  et 
5009.  —  5009  et  5010  omis  dans  III.  D  d.  t.  a  1.  e.  —  501O  D  g.  c.  q.  p. 
f.  e.  fiiissons;  GF  nos  en;  F  fusiemes  p.  f.  tos.  —  5011  F  se  vos  nos  en 
V.  1.  —  5012  GF  poons.  —  5013  111  vos  nos  porrez  bien;  GF  poes.  — 
5014  III  ferons.  —  5015  et  5016  omis  dans  III.  G  est.  —  5017  III  leur 
gent  se  s.;  A  gardant,  F  garde. 


EURIALUS  185 

n'i  ot  l'en  mais  noise  ne  cri: 

ivre  sont  tuit  et  engroté,  yr^nénda.^/  ^ 

5020    entor  les  feus  sont  aclassé.  Ma-  4i^mt.  yyLp6iLAMJ 

Se  nos  poon  l'ost  trespasser, 

bien  savron  puis  avant  aler; 

jusqu'à  tierz  jor  vos  prameton 

que  Eneas  vos  amenron." 
5025        Aseanitis  ot  la  novele 

ki  a  merveille  li  fu  bêle, 

cent  feiz  les  a  baisiez  et  cent, 

mercia  les  molt  dolcement 

de  ce  que  il  voleient  faire. 
5030    Dist  lor:  ..Se  mes  père  repaire, 

cest  semse  vos  rendra  bien, 

ja  contre  vos  n'avra  mais  rien; 

se  cest  besoing  poez  fornir 

et  ge  viegne  a  terre  tenir, 
5035     nos  en  esteron  partot  trei, 

ja  n'en  sereiz  peor  de  mei." 

Cil  ne  se  sont  plus  atargié, 

des  barons  ont  pris  le  congié; 

Aseanitis  les  conveia   OLULerrrv^cLCk^^riCL 
5040    jusqu'à'  la  porte,  ses  baisa  ; 

a  grant  peine  de  lui  partirent, 

onc  puis  celé  ore  ne  le  virent. 

Jus  del  chastel  s'en  dévalèrent, 

celeement  en  l'ost  entrèrent; 
5045    les  premerains  qu'il  ont  trovez, 

5018  HI  ni  a  mes  ne  n.  ne  c;  D  ni  avoit  mes.  —  5019  GFD  endormi 
sont  et  enivre;  HI  aquae.  —  5020  HI  lez  1.  f.  gisent  sovine,  GFD  et  tôt 
li  fu  sont  aquiee.  —  5022  G  nos  sarons  bien,  F  nos  sauerons  a.  a.;  A 
auques  aler.  —  5023  III  dedenz  quart  j.;  A  jusqual  t.  j.  nos  penerons. — 
5024  D  en  ram.  —  5025  san^  alinéa  dans  A.  —  5027  III  besiez  les  a  .c.  f.  et 
.0.;  A  len  anclina.  —  5028  HI  et  merciez.  —  5031  IIID  rendrai.  —  5032  HI 
naurai;  D  mais  n.  r.,  F  ne  vera  r.  —  5033  G  voles.  —  5034  IIIFG  vien.  — 
5035  IIID  nos  en  seron,  GF  vos  en  seres  ;  HI  pareil  tuit  troi,  D  parteor  t., 
GF  par  cou  od  moi.  — '  5036  D  nen  s.  j.;  GF  pior  par  foi.  —  5037  Alinéa 
dans  HIF.  GDIII  point.  —  5039  et  5040  omis  dans  III.  D  et  A.  —  5041  HI 
sen  départirent.  —  5042  lUF  ainz,  G  aine;  A  o.  p.  icele  o.  nés  v. —  5043 
GHD  en  ;  y  avalèrent.  —  5044  G  aine  puis  celé  ore  ni  rentrèrent.  —  5045 
et  5046  omis  dans  F.    G  en  lost  vinrent  cels  qui  troverent. 


186  NISUS   ET 

ont  detrenchiez  et  decolez; 

plus  de  treis  cenz  en  ont  oeis, 

car  en  dormant  les  ont  sorpris. 

Des  espees  fièrent  et  botent   ^©tx>«t>»-i2;  ^  potà^kjm^ 
5050     et  li  navré  les  armes  rotent;  ney>^eLejr-^  Jj  ct.rrrxA 

molt  i  fièrent,  grant  ebaple  i  font    (layi^rLAJsjL, 

tote  la  veie  que  il  vont. 

Tant  ont  aie  li  compaignon 

que  il  vindrent  al  paveillon 
5055     0  Rannes  jut,  ki  molt  ert  sages: 

d'oisels  saveit  toz  les  langages 

et  molt  saveit  bien  deviner 

et  geter  sorz  et  enchanter;    /x/yl^H^xx^  Z'aA>e>rto 

soz  ciel  n'aveit  meillor  devin. 
5060    Mais  la  nuit  ot  tant  bett  vin, 

que  tôt  en  ot  son  sens  troblé 

et  son  saveir  ot  oblie; 

cil  ki  des  altres  devinot 

de  sei  meïsme  rien  ne  sot 
5065     que  sa  mort  li  fust  si  prochaine, 

mais  bien  aveit  dit  la  semaine 

que  ce  saveit  il  bien  senz  faille 

qu'il  ne  morreit  pas  en  bataille. 

Et  ne  flst  il,  il  a  veir  dit, 
5070    car  il  n'i  fu,  n'il  ne  la  vit; 

ne  sai  cornent  il  i  morust, 

car  ainz  que  la  bataille  fust, 

li  fist  Nisus  le  chief  voler: 

ce  ne  sot  il  pro  deviner.     'ruyU'Uyrrx.t^rvt 

5046  G  tos  ocirent  et  décolèrent.  —  5048  GF  tos  pris.  —  5050  GF 
que  1.  n.  1.  a.  dotent.  —  5052  F  v.  ou  il  v.  —  5053  Alinéa  dans  ID.  —  5055 
A  ou  Arannes;  F  e.  m.  s.;  GHI  fu  s.  —  5056  HI  des  o.  s.  1. 1.,  F  icil  s.  tos 
les  1.  —  5058  III  sort.  —  5059  G  si  bon  d.  —  5060  II  M.  tant  ot  1.  n.  b. 
V.;  D  omet  mais,  b.  de  vin;  GF  but  de  vin.  —  5061  D  que  tout  son  sens 
en  fut  t.;  F  que  il  ot  tôt;  III  sens  en  ot  t.  —  5062  G  que  tôt  son  s.  ob- 
liet,  III  et  tout  son  s.  o.  —  5063  G  les  a.  —  5064  I  ne  sot  mot,  D  ne  sa- 
voit.  —  5066  III  lavoit.  —  5068  HI  que  ja  ne  m.  e.  b.;  D  mie  en  b.  — 
5069  G  Ne  menti  pas,  F  Icil  ne  fist,  D  Ja  ne  f.  il  ;  FD  il  ot  v.  d.,  III  de 
ca  v.  d.  —  5070  HI  quil  nel  senti  ne  ne  1.  v.;  D  ne  ne  1.  v.,  G  ne  si  ne 
V.,  F  ne  il  ni  v.  —  5074  HI  ci  sot  il  pou  d.  d.;  D  si,  G  ci. 


I 


EURIALUS  187 

5075    Avant  ala  Eurialus, 

en  un  tref  vint  o  Mesapus 

giseit  dormant  entre  sa  gent; 

après  corut  Nisus,  sel  prent, 

a  sei  le  trait,  se  li  conseille, 
5080     suëf  li  a  dit  en  l'oreille,    ciau.cA.Jrru^Yvt 

qu'il  n'ert  mais  leus  de  demorer; 

il  començot  a  ajomer, 

et  ainz  que  nus  de  l'ost  les  veie 

dit  que  se  metent  a  la  veie. 
5085     Cil  ne  s'en  volt  pas  retorner, 

près  del  feu  vit  un  helme  eler, 

dit  que  senz  eel  n'en  tornera; 

il  l'a  saisi,  si  l'en  porta 

et  puis  l'a  en  son  chief  lacié. 
5090    II  ne  se  sont  plus  atargié, 

il  sozcremeient  l'ajorner,    c.ri.cu^<yrxcuA.^y-i±. 

si  comeneierent  a  errer. 
De  Laurente  veneit  uns  euens 

vers  l'ost,  ki  aveit  nom  Voleens; 
5095     il  amenot  o  lui  grant  gent 

et  chevaliers  bien  plus  de  cent 

et  chevalchot  a  l'ajornee. 

Idone  ert  la  lune  levée, 

cels  ki  s'en  vont  de  loin  choisi    V". 
5100    par  le  helme  ki  resplendi, 

5076  HI  sentra  ou  tref  Mesapius  (H  Mesiapus),  A  e.  u.  t.  o  fii  Eusapus. 
—  5077  HI  dormant  g.  —  5078  HI  Nisus  court  (I  corut)  Eurialus  prent;  D 
le  p.  —  5079  DG  latrait;  F  lui  le  c.  —  5081  et  5082  intervertis  dans  III. 
HI  nestoit  plus  ;  D  que  nert  pas  temps  ;  F  pas  leus.  —  5082  HID  quil  c.  — 
5083  A  aincois  que.  —  5084  DGF  dist.  —  5087  GF  dist;  HI  cel  hiaume  dit 
que  ne  laura;  DGF  ni  t.  —  5088  HI  le  s.;  G  puis  si  san  va.  —  5089  tan- 
tost  la.  —  5090  GD  si.  —  5091  HI  il  cr.  de  1.,  GFD  il  (D  cil)  se  cr.  daiorner 
(F  de  lajorner).  —  5093  sans  alinéa  dans  HI.  —  5094  HI  o  grant  compeignie 
des  suens  ;  D  Vulcanz.  —  5095  et  5096  omis  dans  HI.  Les  vss.  5095 — 5098 
intervertis  dans  A  ainsi  :  5097,  5098,  5095,  5096.  GF  a  soi.  —  5096  F  de  .c. 
p.  de  .X.  c.  —  5097  HI  si  ch.,  GF  chevalcoient;  DF  ainz  la  iomee,  A  a  lan- 
iornee.  —  5098  lU  La  lune  estoit  adont  1.,  G  Adonc  1.  1.  estoit  1.;  DF 
Adonc.  —  5099  HI  les  compeignons  ont  bien  choisi;  F  qui  se  v.,  G  quissi 
V.;  D  a  il  ch.  —  5100  HI  tout  por  liaume;  GF  cler  luisi. 


188  NISUS   ET 

contre  la  lune  flanbeia. 

Volcens  les  vit,  ses  apela. 

„Di  va",  fait  il,  „ki  estes  vos? 

Estez,  si  parlerez  a  nos, 
5105     de  voz  noveles  voil  oïr, 

car  de  vers  l'ost  vos  vei  venir. 

Com  se  contienent  nostre  genz,    ^jl,  UTr^eLu^^^^-^^^ 

tienent  se  cil  encor  dedenz? 

Dites  nos  en  la  vérité." 
5110    Cil  ne  se  sont  pas  aresté, 

ainz  comencierent  a  fuir, 

quant  les  virent  vers  els  venir; 

dont  se  mistrent  en  mescreance   Ziex\^(jcrrO 

et  en  esfrei  et  en  dotance: 
5115     car  s'il  parlassent  fièrement  ■ 

et  tôt  aseîireement, 

et  se  fussent  aresteti, 

il  ne  fussent  ja  mescrett, 

qu'il  ne  fussent  de  cels  de  l'ost; 
5120    mais  il  s'en  fuirent  trop  tost; 

par  tant  s'en  est  apercettz     pcj\^  -Lei. 

Volcens,  si  les  a  porseiiz. 

Nisus  fu  molt  isnels  des  piez, 

molt  tost  lor  fu  tant  esloigniez, 
5125     s'il  n'atendist  sa  compaignie, 

ja  n'eiissent  de  lui  baillie.  [.caâ.^^  ) 

Eurialus  s'en  vait  soentre,  qm.^i^ 

en  une  espesse  brocaille  entre,    ■ir^cnjuc.bxJiLiÂ..*-J 

cil  l'avironerent  entor,  ji^nyi>U.^n^,r^A^jL^rJ: 

5102  HI  le  quens;  F  i  vint;  A  molt  sesmaia,  F  si  lapela.  —  5104  HI 
E.  ici  parlez.  —  5100  GF  ca  d.  —  5107  HI  maintiegnent.  —  5108  HID 
t.  sencore  cil  d.;  G  il.  —  5110  D  mie  a.  —  5111  D  a.  sen  comencent.  — 
5113  III  li  quens  sen  mist;  F  en  effreance.  —  5117  III  ja  ne  fussent  aper- 
ceu,  A  et  se  fussent  aperceuz,  G  et  sil  f.  a.,  D  et  il  se  fuisent  arestu.  — 
5118  m  ne  ne  f.,  I  ja  ne  f.  —  5119  G  il  ne  f.  —  5120  III  mais  ce  quil  f. 
si  t.  —  5121  III  por  ce.  —  5122  III  li  quens;  D  ses  a  enprez  sens.  — 
5123  Alinéa  dans  GFD.  AD  de  pie.  —  5124  III  bien  esl.  —  5128  F  ne 
puet  avant  en  .i.  bos  e.,  G  ens  en  .i.  molt  espes  bos  e.  ;  HI  brochete.  ^- 
5129  III  c.  lavironent  tôt  e. 


EURIALUS  189 

5130    n'est  merveille  s'il  ot  peor; 

ne  li  menbra  del  helme  oster; 

cil  le  veeient  luire  cler, 

ne  lor  poeit  tant  esloignier 

qu'il  nel  veïssent  flanbeier. 
5135     En  un  espés  buisson  s'est  mis, 

ne  pot  avant,  iluee  l'ont  pris,  ^-ca.^  Xo-utrO 

Nisus  lor  ert  tant  esloigniez, 

ja  mais  ne  fust  par  els  bailliez; 

de  son  compaignon  li  menbra, 
5140    arestut  sei,  si  esguarda; 

il  ne  l'oï  ne  il  nel  vit, 

ne  fu  dolanz  pas  un  petit, 

molt  a  grant  duel,  forment  sospire, 

des  poinz  se  fiert,  ses  chevels  tire. 
5145     „Ha  las",  fait  il,  „quel  la  ferai 

de  mon  ami  que  perdu  ai? 

Porté  li  ai  molt  maie  fei, 

quant  il  est  pris  ne  morz  senz  mei; 

come  eoarz  l'ai  deguei*pi, 
5150    trop  criens  la  mort,  si  m'en  fui, 

mais  ge  euidai  qu'il  me  siuist, 

ge  ne  vi  pas  eom  il  le  fist; 

ge  detisse  très  bien  remaindre; 

ne  feïsse  pas  trop  a  plaindre, 
5155     se  fusse  morz  et  il  fust  vis. 

Eurialus,  bels  dolz  amis, 

5130  ni  a  p.  —  5132  m  luisant  et  c. .—  5134  HI  ne  le  voient;  D 
que;  F  veoient.  —  5135  G  sa  m.  —  5136  HI  puet.  —  5137  Alinéa  dans  D. 
G  est;  F  omet  ert;  GF  trop  e.  —  5138  A  ja  n.  f.  mes  ;  HID  j.  m.  p.  e.  n.  f.  b.  — 
5140  IIID  arestez  sest;  GF  resg.  —  5141  A  looit;  III  nil  ne  le  vit,  D  ne 
ne  le  vit.  —  5142  HI  dolent  fu  et  non  pas  p.,  GF  ne  fu  mie  d.  p.  ;  D  mie 
p.  —  5143  I  m.  g.  d.  a  ses  cheveux  tire,  H  mes  g.  d.  a  sovent  s.;  D  g. 
d.  en  ot;  G  del  coer  s.  —  5144  I  ses  cli.  ront  et  fort  soupire;  F  sa 
crine.  —  5145  A  H.  chaitis;  F  ke  f.,  D  quel  le  f. —  5147  III  ce  mest  au 
cuer  grant  desconfort.  —  5148  III  quil  est  sanz  moi  ne  pris  ne  mort;  F 
primes  m.;  D  près  de  m.  —  5149  A  le  d.  —  5150  H  crain,  Gp  criem;  F  cremi 
m.  —  5152  III  sil  feist  il  las  sil  poist;  F  jo  ne  sai  preu,  G  mais  jo  ne  sai; 
D  point.  —  5153  F  trop  bien,  D  très  lui.  —  5154  D  car  ne  foisse  mie, 
F  et  n.  f.  t.;  HI  tant  a  p.  —  515G  HI  omettent  dois;  A  om,et  bels. 


190  NISUS   ET 

por  vostre  amor  perdrai  la  vie, 

soentre  vos  ne  vivrai  mie.     (u^^Ù-aj 

Tant  mar  i  fu  vostre  jovente; 
5160     en  vos  aveie  mis  m'entente,  -k^  cl^cuÙ^  /xLclcji.  '>ru 

perdu  vos  ai  en  molt  poi  d'ore.  CJUj^cJ^er 

Or  m'est  avis  que  trop  demore 

que  la  meie  ame  n'est  jostee  jxjCu-vUjl. 

a  la  vostre  ki'st  esguaree; 
5165     ele  i  sera  hastivement;   û-\J-ex,  -AoLi-^ 

mais  ge  cuit  bien  veraiement, 

n'est  encor  pas  morz  mes  amis  ; 

ge  sent  mon  cuer,  il  est  toz  vis; 

se  il  sentist  dolor  mortel, 
5170    mes  cuers  le  sentist  altretel; 

bien  puet  estre  que  il  l'ont  pris, 

mais  il  ne  l'ont  encor  ocis, 

onc  ne  firent  tel  cruëlté, 

que  par  mal  l'aient  adesé.  ■hru.eJu. 
5175     Ki  tochereit  tel  criature? 

Ohi,  cliaitis,  quel  aventure, 

que  eschapai  d'entre  lor  mains! 

Se  il  a  mal  que  ge  sui  sains, 

retornerai  la  o  ge  fui, 
5180    iluec  o  ge  parti  de  lui; 

se  ge  nel  truis,  poi  pris  ma  vie; 

se  il  n'est  altre  ki  m'ocie 

sai  ge  bien  que  ge  m'ocirrai, 

soentre  lui  petit  vivrai." 


5158  HI  après  vos  ne  v.  je  m.  —  5159  D  mare  fu  nostre  jornee,  F  et 
t.  m.,  G  t.  m.  fu  li  v.  j.;  III  vo  bêle  j.  —  51fi0  D  en  vous  a  mis  toute  m.  — 
5^1  Gl  G  molt  e.  p.  d.,  Hl  en  petit  d,  —  5164  F  a  la  v.  boiuo  euree;  IlIAD 
quest.  —  5165  D  omet  i;  G  el.  —  5166  D  m.  ice  cuit;  III  tôt  (I  toute)  vraie- 
ment.  —  5167  DGF  n.  encore  m.  —  5168  III  j.  s.  quencor  est  mon  cuer  v.  — 
5171  D  il  est  p.—  5172  Anoiant  o.  —  5173  IIIF  ainz,  G  aine.  —  5175  III  ocir- 
roit,  D  touchèrent.  —  5176  III  Halas;  AHI  quele.  —  5177  HIG  q.  iesch. 
—  5178  A  ot;  IIIDG  et  ge.  —  5179  III  retorner  voil  cest  sanz  refui.  — 
5180  HI  la  ou  je  me,  G  i.  ni  o  p.  —  5182  I  sil  ni  a  a.,  II  se  ni  a  a.,  D  et  se 
il  n.  hom;  F  sil  n.  a.  qui  ne  m.  —  5183  III  certains  soit  il  q.  m.,  D  si  s. 
je  b.  que  m.;  GF  je  s.  b.  —  5184  HI  que  plus  après  lui  ne  v.  ;  D  oultre  lui. 


EURIALUS  191 

5185     II  a  laissié  le  dementer,      -^o/JTU^w^^ijttJsj-j 

si  eomença  a  retorner, 

ariere  vint  tote  la  veie 

jusqu'à  une  elere  sapeie.   AASiAjnMAj^JL. 

Arestat  sei,  si  a  oï 
5190    la  noise  de  eels  et  le  cri, 

ki  aveient  le  donsel  pris; 

il  l'aveient  a  raison  mis, 

il  ne  voleit  de  rien  respondre, 

Nisus  s'ala  près  d'els  repondre, 
5195     entr'els  vit  pris  son  compaignon, 

nés  osa  pas  mètre  a  raison, 

anceis  se  traist  a  une  part, 

el  mileu  d'els  lança  un  dart: 

por  els  départir  le  faiseit, 
5200    saveir  se  il  lor  estordreit.  m^ ixA£>.fipt,^c>Uz. 

Un  chevalier  en  a  féru, 

en  mi  le  piz  tôt  nu  a  nu,     à~    irouL, 

mort  le  cravente  jus  a  terre.  /i^./>-vv.*.-a-A&- 

Cil  comencierent  a  enquerre  e/r^^/,tXw>^  ,   ûU^mja^cUj\J 
5205     de  quel  part  ert  li  cols  venuz; 

cil  ne  fu  pas  apereetiz. 

Quant  il  les  vit  aseUrer,  /^  nct^t^'i ^c\.' 

un  altre  dart  lor  lait  aler, 

un  altre  en  a  el  cors  féru, 
5210    entr'els  chiet  morz  sor  son  escu. 


5185  Alinéa  dans  El.  HI  Atant  lessa.  —  5186  H  demeurer.  —  5187 
Alinéa  dans  D.  F  otnet  vint,  en  ariere;  A  vient;  HI  une  v.  —  5188  HI 
delez  une  espesse  s.;  A  desquen  une.  —  5189  FHI  Aresta;  D  ses  a  oi.  — 
5190  D  d.  c.  1.  n.  —  5192  y  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  5193  G 
il  ne  lor  valt;  GHI  noiant  r.  ;  F  nel  v.  —  5194  HI  N.  ala  por  eus  con- 
fondre, F  contreus  resp.;  G  vers  aus  r.  —  5195  et  5196  omis  dans  HI. 
A  e.  e.  ont  pris,  D  e.  e.  choisi.  —  5196  F  il  n.  o.  m.,  G  si  ne  s.  m.  — 
5197  HI  près  deus  se  trest,  G  satrait.  —  5198  HI  enz  en  mi  eus;  F  en 
m.  d.  1.  son  d.  —  5200  GF  se  cil;  HI  sen  e.;  D  sil  lor  eschaperoit.  — 
5201  GF  a  conseu.  —  5202—  5240  omis  dans  I.  A  t.  n.  et  nu,  F  trestot 
a  nu.  —  5203  H  trébuche.  —  5204  D  II.  —  5205  H  li  cous  ert;  GFD  fu.  — 
5206  H  ne  sen  sont.  —  5207  GDH  raseurer.  —  5208  H  d.  lessa  a.,  F  laisa 
voler.  —  5209  H  un  chevalier  en  a  f,  G  .vn.  de  cels  lor  en  ra  f.  —  5210 
HI  quil  chai  m.  sus. 


192  NISUS   ET 

Volcens  vit  ses  homes  morir, 

ne  sot  dont  ce  li  pot  venir, 

molt  fu  iriez,  le  donsel  prist 

par  maltalent  et  se  li  dist:     -i^M^ju^^  ,  cL^ù^ 
5215     „Ki  que  mes  homes  m'ait  ocis, 

ja  iert  de  vos  venjance  pris, 

vos  le  comparreiz  ja  molt  chier, 

sor  vos  m'en  voldrai  ja  vengier; 

gel  vos  vendrai,  ki  que  l'ait  fait." 
5220    Molt  fu  iriez,  s'espee  trait, 

halya  le  colp  por  lui  ferir;    -A/u-t-A^.A. ,    £u%/€l. 

dont  ne  se  pot  Nisus  tenir, 

mais  a  la  mort  s'abandona,  4^  ' jiih.njO>^ 

sailli  avant,  se  lor  cria. 
5225    „Di  va",  fait  il,  „ne  le  tochiez, 

mais  mei  prenez,  si  vos  vengiez. 

Cil  n'a  ne  poi  ne  grant  forfait, 

mais  ge  seuls  ai  tôt  le  mal  fait, 

toz  seuls  espeneïr  le  dei;    dy^oix>>^ 
5230    laissiez  l'aler,  si  prenez  mei, 

Molt  a  dur  cuer  kil  tochera, 

kil  vuelt  ocire  onkes  n'ama; 

onkes  de  buene  amor  n'ot  cure 

ki  tochera  tel  criature; 
5235    ge  métrai  mon  chief  por  le  suen, 

se  muir  por  lui,  molt  par  m 'iert  bu  en". 

5211  Alinéa  dans  GFD.  HI  quant  li  quens  voit  sa  gent  m.  —  5212 
HI  et  ne  set  d.  c.  puet  v.,  F  or  ne  savoit  que  devenir;  G  ce  pooit  v.,  D  ce 
pot  avenir.  —  5214  HI  par  les  chevex.  —  5215  HI  mait  mes  h.  —  5216  HI 
de  vos  sera;  GA  niert;  A  vangemanz;  D  venj.  de  v.  p.  —  5217  G  et  v.  1. 
c.  molt  eh.  —  5217  et  5218  omis  dans  HI.  —  5218  F  v.  mon  doel  v.;  D  me  v. 
—  5219  G  randrai;  D  qui  quil  1.  f.,  F  ki  ki  1.  f.  —  5220  y  lespee.  —  5221  HIF 
halce.  —  5222  A  donc.  —  5224  HI  Av.  s.;  A  li  c,  G  1.  pria.  —  5225  FUI  ne 
lociez.  —  5226  III  m.  p.  m.;  G  et  lui  laissies.  —  5227  III  je  sui  celui  qui  la  f., 
D  cist  na  nule  ch.  f.  ;  F  il  ;  G  car  cis  na  p.  —  5228  HI  cil  ne  vos  a  lancie 
ne  tret;  G  m.  ge  tos  s.  a.  1.  m.  f.;  F  les  maus.  —  5229  HI  ge  seul.  —  5230  F 
or  laisies  lui.  —  5231  F  molt  demore  qui  mocira;  HI  qui  locirra,  D  qui  lui 
toucha,  A  quel  t.  —  5232  III  quel  v.  ;  D  ocire  ne  lama,  —  5238  I  nonques.  — 
5234  H  ocirra,  D  toucheroit,  GF  ociroit.  —  5235  GF  mon  ch.  métrai  je 
(G  meterai).  —  5236  IIID  il  mest  (I  miert)  m.  b.  (D  omet  molt)  ;  F  mest 


EURYALUS  193 

Volcens  n'ot  soing  de  quant  qu'il  dit, 

molt  l'en  tochot  al  euer  petit, 

al  dameisel  trencha  le  chief. 
5240    Nisus  le  vit,  molt  li  fu  grief, 

un  espié  vit  gésir  a  terre,    jifuuu.c^ 

il  l'a  saisi,  sel  vait  requerre, 

grant  colp  li  dona  en  l'escu, 

que  del  col  li  a  abatu, 
5245    et  perça  li  un  des  costez; 

mais  ne  fu  pas  a  mort  navrez;   -^^^4-^.^4- 

et  puis  a  trait  le  branc  d'acier 

por  son  ami  qu'il  vuelt  venehier; 

dis  en  a  morz  en  molt  poi  d'ore. 
5250    De  totes  parz  li  eorent  sore, 

il  l'ont  enclos,  entr'els  l'ont  pris, 

tant  i  fièrent  qu'il  l'ont  ocis. 

A  son  compaignon  rajosterent,^yu^t,t-n„i.^t^} 

les  chiés  ont  pris,  ses  en  portèrent, 
5255    et  lor  seignor  en  ont  porté 

en  une  bière,  un  poi  navré. 

Il  se  remistrent  el  chemin, 

en  l'ost  vindrent  bien  par  matin. 

Truevent  la  gent,  ki  grant  duel  font, 
5260    plorent  por  cels  ki  ocis  sont, 

ne  saveient  kis  aveit  morz. 

Quant  Volcens  vint  o  son  efforz,  .i^xau^  cuumAja-^ 

cil  lor  a  dit  et  reconté 

com  il  aveient  cels  trové 

5237  Alinéa  dans  HI.  G  V.  na  s.  de  q.  que  d.,  HI  li  quens  n.  s.  d. 
ce  quil;  DF  cure;  D  de  son  d.,  F  de  q.  qua  dit.  —  5238  G  m.  li  t.;  HID 
toucha.  —  5241  GF  espiel;  D  voit.  —  5242  F  si;  D  vint.  —  5243  III  donne 
sus  1.  —  5244  lU  que  de  son  col  la  a.;  A  cop.  —  5245  A  lun.  —  5246 
ID  mie.  —  5247  HI  Nisus  a  t.  —  5248  G  que  v.  —  5251  HI  encloent  le 
ne  1.  pas  pris.  —  5254  HI  le  chief;  I  si  len  p.,  D  ses  aport.  —  5255  et 
5256  omis  dans  A.  D  a  1.  s.;  F  ont  en  p.  —  5256  HI  b.  molt  n.  —  5257 
D  II  sen;  HI  metent,  G  misent;  HIG  a  lor  ch.  —  5258  HI  a  1.  en  v.  b. 
m.,  F  et  a  1.  v.  p.  m.,  G  et  v.  a  1.  p.  m.  —  5259  FDHI  lor  g.  —  5260  F  p. 
lor  gent;  G  de  c;  HI  que  trove  ont.  —  5261  FDAHI  ques.  —  5262  HI  li 
quens;  GD  a  s.  e.  —  5263  HI  qui  leur  ont,  D  icil  ont,  GF  cil  1.  ont;  G  et 
comande.  —  5264  HI  que  il;  G  cornent  a. 

Bibliotheca  NoTmannica  IV.  [3 


194  NISUS   ET 

5265    ki  aveient  toz  cela  ocis, 

diënt  qu'il  en  ont  les  ehiés  pris, 

mostrez  lor  ont  par  les  ehevels. 

Et  Mesapus,  ki  ert  entr'els, 

a  son  helme  reconeu, 
5270    que  il  cuidot  aveir  perdu, 

qu'Eurialus  en  ot  porté, 

(mais  molt  l'aveit  chier  comparé!), 
-a^iv    ù>ûaa^  Alkes  se  sont  en  l'ost  haitié,    mjl,  -ô^tv^  ruumxjU 

quant  sevent  que  il  sont  vengié, 
5275     et  diënt  tuit  comunalment 

quel  vengeront  molt  asprement; 

cil  del  chastel  le  comparront, 

se  il  pueent  et  aise  en  ont.   c/t>LXuùjôrr\) 
Turnus  a  fait  les  testes  prendre, 
5280    devant  la  porte  les  fist  pendre, 

sa  g-ent  comanda  a  armer, 

puis  a  ses  grailes  fait  soner. 

Toz  en  resona  li  pais, 

diënt,  ja  ert  li  chastels  pris, 
5285     set  mil  enseignes  i  ventelent, 

a  torneier  fors  les  apelent 

et  molt  forment  les  contraliënt,    aûô.c.4^r»t 

mais  n'en  istront  por  rien  qu'il  diënt. 

Il  montent  sus  es  aleors 
5290     et  es  bretesches  et  es  tors, 

mais  molt  s'esmaient,  quant  il  veient 

5266  G  lor  cief.  —  5267  A  les  ont,  F  lor  ot,  G  lî  ont.  —  5268  HI 
omettent  et,  Mesiapus;  GFD  fu.  —  5271  HI  E.  len  ot  p.  —  5272  G  m.  il 
lot  molt  ch.  acate,  F  m.  il  la  m.  c.  c.  —  5273  Alinéa  dans  D.  D  lUuecques 
s.  a  1.  h.;  GFHI  a.  en  s.  —  5274  HI  q.  il  s.  quil  s.  v.,  D  q.  surent  que  fu- 
rent; GF  quil  en  s.  v.  —  5275  HI  bien  jurent.  —  5276  HI  que  vengiez  se 
sont;  FD  ques;  G  quil  san  v.  a.  —  5278  GF  sil  p.;  F  et  il  aise,  G  et  aaise. 
5279  sans  alinéa  dans  FD.  DF  T.  en  f.;  D  fist;  F  la  teste.  —  |5280  HI 
près  de;  F  le;  A  fet.  —  5281  HI  ses  genz;  DF  comande.  —  5282  HI  et 
touz  ses  g.  a  s.;  G  p.  a  fait.  —  5283  GFD  resone;  HI  tout  en  retentist  le  p. 
—  5284  D  est.  —  5285  GF  e.  venteloient.  —  5286  F  al  t.  f.  aparelloient, 
G  al  t.  les  apeloient.  —  5288  D  il  nen  i.  —  5288 — 5292  omis  dans  F.  — 
5289  D  II  montèrent  es  a.,  G  II  m.  puis  as  d.  —  5290  G  et  es  batailles.  — 
5291  HI  m.  molt  sont  dolent;  G  omet  mais,  molt  sosmaierent;  GD  virent. 


EURYALUS  195 

les  testes  ki  defors  pendeient; 

sorent  que  mort  sont  li  mesage 

ki  aloënt  en  tapinage,   jiyr\>    ccuJ'^iJttk^ 
5295    por  faire  venir  lor  seignor. 

Bien  les  eonurent  li  plusor 

et  de  lor  mort  forment  s'esmaient, 

ne  Guident  pas  que  secors  aient, 

que  Eneas  a  tens  i  viegne 
5300    ne  que  li  cliastels  tant  se  tiegne 

que  il  puissent  secors  aveir, 
/rCu  '>ruyrr\jL^  nis  des  le  main  des  i  qu'ai  seir.     ^jjuuaxu^  '  eux.. 
Mesentilis  o  sa  maisniee, 

ki  molt  fu  bien  apareilliee, 
5305    les  asailli  de  devers  destre 

et  Mesapus  de  vers  senestre; 

Turnus  et  la  soe  genz  vont 

devant  la  porte  el  chief  del  pont; 

de  totes  parz  les  avironent, 
5310     a  l'asaillir  mil  grailes  sonent, 

ki  cuer  douent  al  plu8_coart__^  -^ajoct-^*''^ 

Volent  quarrel,  pilet  et  dart,      ûa-^o-ax-^^  ^ÀuJ^^-ul^  CctAAJx 

volent  saietes  barbelées 

et  javelot  et  granz  plomees  ^^tA.^'^éJLS^i.té^i^  cLt.  ^:J^»rrJr 
5315     come  pluie  sus  el  chastel; 

ne  puet  nus  remaindre  a  crenel,  CA.£,.^nja.cux.. 

n'il  n'i  oseut  l'oil  descovrir,  ùrtA..nj-\Lr^ 

cil  ki  traient  les  font  tapir;  cclcKs./^ 

et  li  altre  ki  sont  armé 

5292  GFD  pendirent.  —  5293  D  lor  m.  —  5294  G  el  t.  —  5297  HI 
deus  meimes ,  GF  et  de  la  m.  —  5298  III  n.  c.  ja.  —  5299  HI  ne  que- 
neas.  —  5300  GF  ne  li  c.  a  als  s.  t.  —  5301  III  ne  quil.  —  5302  III  crie- 
ment  qu'il  soit  pris  ainz  le  soir;  DG  non  des  (G  de)  1.  m.;  F  des  le 
matin  dusques  au  s. —  5303  III  ot,  G  a. —  5304  HI  iert;  GF.que  a  molt 
bien.  —  5305  HI  cil  les  asaut.  —  5307  HIF  sont.  —  5308  D  devers.  — 
5310  I  a  lasembler.  —  5311  tous  les  mss.  sauf  F  aus  plus  coarz.  G  omet 
qui,  c.  douèrent.  —  5312  III  V.  saietes  volent  darz;  A  V.  pilet;  G 
Lancent  qariaus  espius  et  dars.  —  5313  et  5314  omis  clans  HI.  — 
5315  F  si  come  p.  el  ch.  —  5316  A  nan  p.  garir  uns;  GD  ni;  GUI  al; 
III  quarnel.  —  5317  HI  ni  ose  nul;  D  ne  nen  o.  cil  d.;  GF  ne  si  osoient 
descouvrir. 

13* 


196  TURNUS   ATTAQUE 

5320     poi,£;nent  amont  sus  al  fossé. 
Ne  se  vuelent  pas  trop  haster 
ne  lor  armes  en  vain  geter, 
ji/ru  'Yruo^^nJujLAfrM  -(jk,       ne  a  faillance  traire  en  loing, 
-0*^      des  i  que  viegnë  al  besoing; 


5325    mais  des  qu'il  virent  le  mestier 

et  il  les  virent  aprismier,  CLfCi^a/u>cÀ^-'^ 

si  se  pristrent  ensenble  al  pel,  04,1^^ 

qu'il  euidierent  n'i  eiist  el, 

mais  que  senpres  fussent  tuit  pris. 
5330     Idonc  se  sont  a  bandon  mis,     ©vv6  CjBrrrU>oU:tcc 

cil  sont  desus  et  cil  en  bas,  ^  om^Km^, 

de  maintenant  fièrent  el  tas  ^/rv  ynAJuji^ 

et  botent  les  par  les  lancieres, 

brisent  escuz,  percent  ventrières, 
5335    les  chars  lor  laissent  jus  aler, 

treis  mil  en  i  ont  fait  verser, 

ki  el  fossé  chieent  el  fonz. 

Iluec  les  ociënt  a  jnonz;   j/yr^   ùJHàuj 

ne  puet  estre,  ki  iluec  chiet, 
5340    que  a  grant  peine  s'en  reliet.  ^tjL.  AgjiJii/Q. 

Tels  treis  asalz  lor  font  le  jor, 

toz  tens  en  ont  le  noaillor.    crr\^    ^  dU^CA-otx 


5320  G  corent,  HID  montent;  D  en  m.  dessor  le  f.  GFD  ajoutent  deux 
vss.  V.  les  notes.  —  5321  G  Ne  voloient  pas;  D  point.  —  5322  HI  cil 
dedenz  ne  (H  et)  eu  v.  ;  A  gaster.  —  5323  D  na  f.,  Frnen  en  f.  ;  GF  omettent 
en.  —  5324  III  que  v.  au  grant  b.,  G  dissi  quil  virent  le  b.;  A  quil.  — 
5326  A  et  cil  les  vindrent  aprismier;  DF  et  quil;  DG  virent  cels  a.;  Dy 
aprochier.  —  5327  III  si  caucun  se  prenoit  a.  p.,  F  quensamble  sont  venu 
a.  p.,  G  s.  s.  p.  esrant  a.  p.;  D  et  se  p.  —  5328  III  bien  virent  que  (I  quil) 
ni  avoit  el.  —  5329  I  m.  q.  trestuit  if.  p.,  Il  m.  q.  trestuit  f.  tôt  pris.  — 
5331  IIIF  c.  s.  el  mont;  III  li  autre  e.  b.;  GF  cist;  A  sont  bas,  F  a  bas,  GD  de 
bas.  —  5332  III  par  mautalent.  —  5333  F  et  potoient  par,  G  et  boterent 
par;  III  entrieres.  —  5334  III  froisent  e.  ;  GIII  rompent  v.  —  5335  GF  les 
gaus;  F  lor  lisent.  —  5336  III  en  i  font,  F  en  i  lisent,  G  en  firent;  GUI  f. 
en  verser;  A  ruser.  —  5337  F  ens  e  f.  tient;  G  gisent;  III  c.  damont.  — 
5338  m  ne  james  jor  nen  lèveront.  —  5331)  D  e.  quilueques  c.  —  5340  III 
que  il  ja  mes  sain  en  r. ;  D  sanz  p.;  F  qua  g.  p.  ne  s.  r.  —  5341  D  T. 
.nu.  a.  furent;  GF  i  font  1.  j.,  III  firent  1.  j.  —  5342  HIGFD  en  fu;  HI 
leur  le  peor,  D  le  noiant  lor,  GF  li  noaus  lor. 


LES  TROYENS  197 

Quant  Turnus  veit  que  rien  ne  valt, 

ne  nés  pot  prendre  par  asalt, 
5345     et  si  lor  en  a  ja  fait  treis, 

lancier  lor  fait  le  feu  Grieis;  , 

de  eel  n'estordront  il  neient; 

ce  euida  il  veraiement, 

qu'il  n'eschapent  de  cel  péril. 
5350    Mais  il  furent  guarni  d'aisil,  irfc/n^kcvvJ- 

0  ce  l'esteignent  isnelment; 

altre  secors  n'i  valt  neient, 

ne  nule  riens  ne  l'esteindreit, 

se  aisils  non;  en  l'eue  ardreit. 
5355     0  ce  ne  repot  il  rien  faire, 

il  fait  sa  gent  en  sus  retraire. 

Molt  fu  dolenz  en  son  eorage, 

des  suens  i  ot  molt  grant  damage, 

plus  de  treis  mil  en  i  ot  mort; 
5360     c'est  a  buen  dreit,  car  il  ont  tort; 

et  bien  en  i  ont  mort  dedenz 

a  treis  asalz  plus  de  deus  cenz. 

Devant  sei  veit  ses  enemis, 


5343  sans  alinéa  dans  A.  HI  voit  T.;  F  noiant  v.  —  5344  III  prendre 
ne  les  puet,  F  ne  nés  prandront,  G  quil  nés  prandra;  GF  par  (F  por)  nul 
a.  —  5345  III  et  si  grant  leur  en  a  f.  t.,;  F  se  se  les  trovent  fors  et  rois; 
D  et  si  en  il  a.  —  5346  G  lancie  1.  a.,  F  1. 1.  font.  —  5347  et  5348  inter- 
vertis dans  GHI.  III  que  esteindre  nel  peussent;  G  que  de  cel  n.  n.  ;  F 
de  cou.  —  5348  HI  il  cuida  bien  tout  vraiement,  GF  c.  c.  bien  a  essient.  — 
5349  HI  ne  eschaper,  A  quil  nestordront,  D  quil  eschapent;  F  ne  guen- 
cirent  vers  c.  p.,  G  faire  lor  quide  g.  p.  —  5350  F  m.  i.  gariront  par  aisil.  — 
5351  III  de  ce  estaint  il  erroment;  D  et  ce  lestant,  F  co  les  restuist,  G  celé 
restaint;  GF  isnelement,  delivrement.  —  5352  DGHI  a.  licor,  F  car  autre 
estor.  —  5353  G  nUle  rien  ne  lestainderoit ;  F  nul  autre  rien;  HI  nel  des- 
teingdreit.  —  5354  F  se  laisil  non  cou  est  tos  droit,  G  s.  a.  nert  en  eue  a.  ; 
A  en  leue,  D  en  feu.  —  5355  HI  Quant  il  a  ce  ne  pot  r.  f  ;  DF  o  ce 
(D  cel)  ni  peut  (D  pot)  il,  G  par  ce  ni  porent  ;  GFD  r.  for  faire.  —  5356 
HI  si  a  sa  gent  ensus  fait  traire,  D  il  a  s.  g.  fait  en  suz  t.,  F  il  f.  s.  g. 
tôt  en  sus  t.,  G  sa  g.  a  f  ariere  t.  —  5357  I  molt  grant  duel  ot,  D  m.  d. 
fu.  —  5358  D  omet  molt.  —  5359  et  5360  omis  dans  A.  F  ont  m.,  G  a  m.  — 
5360  D  ce  est  bien  droiz  que;  G  a  t.,  I  ot  t.  —  5361  A  et  b.  an  ont  mort 
cil  d.,  F  et  b.  ont  mors  de  cels  d.;  G  en  i  a,  ID  en  i  ot,  H  en  i  rot.  — 
5362  GHI  as  t.  —  5363  Alinéa  dans  HI.    HI  Quant  Tumus  v.;  FD  D.  lui. 


198  DESCRIPTION 

qu'il  cuida  senpres  aveir  pris; 
5365    il  ne  lor  puet  guaire  forfaire,  -iouAJL,  cLul  Tt^aJ 

tant  ne  lor  set  lancier  ne  traire. 

Tôt  environ  vait  aguaitant 

et  le  chastel  tôt  porveiant,  eM^t^ryii/riA^nt. 

la  0  plus  feible  le  verreit. 
5370    Tôt  ensement  Turnus  faiseit, 

corne  li  lous  ki  est  al  plain  ^A'n^  ^  ùJÉ.cù.'nt, 

et  vient  a  la  falde  al  vilain:    -ùt^x-^x^Jca. 

environ  vait  molt  fameillos,    ^A>>oTXi<Â-<^ 
'ir\.iJj'^^  les  berbiz  veit  dont  est  gelos,  Cdyi-v^û'^e**^^ 
5375    les  aignels  ot  dedenz  bêler, 

guarde  par  o  porreit  entrer. 

Près  veit  de  devant  sei  la  preie, 

si  que  n'i  a  mie  treis  deie; 

n'en  puet  goster,  de  denz  cembele;   0J^tÀJ\JL^  , 
5380    et  li  vilains  ses  chiens  apele,  a^rtveriXA 

des  i  qu'el  bois  le  vont  menant,  I 

ûLl  4e.f*rwu^  x»a^  -U^^/i^  d'ores  en^_altre  peliçant;   iiA^cLcA^^nt.  -^  piuu. 

^^v^  ^^    tant  i  revient  et  vait  sovent, 

ptuu^  la  pel  i  lait,  se  bien  se  prent.  t,errn/rnâ^¥^cA^ 

5385    Tôt  ensement  Turnus  faiseit; 
*  . 

ses  enemis  devant  sei  veit, 

si  ne  lor  puet  de  rien  forfaire; 

cil  font  a  lui  lancier  et  traire; 


5364  HI  q.  quidoit  tantost  ;  F  quide.  —  5365  HI  quil  leur  puise  grant- 
ment  f.,  D  et  il  ne  lor  pot  rien  f.;  F  et  ne  lor  pot;  G  noiant  f.  —  5366  G 
t.  lor  seust;  D  sot.  —  5367  I  trestout  entour;  F  esgardant.  —  5370  I  Trestout 
ainsi;  H  autresi.  —  5371  A  a  pi.,  F  en  pi.  —  5372  III  et  v.  droit  au  piège  a. 
V.,  F  vient  a  la  f.  del  v.,  G  quant  voit  le  falde  del  vilain.  —  5373  F  vont;  G 
tôt  f.  —  5374  D  les  brubis  vont  es  ialeus.  —  5375  F  tels  tannauls  ;  G  voit. 

5376  g.  cornent;  F  que  il  désire  a  olcer.   F  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  — 

5377  HI  Si  près  de  li  choisist  s.  p.,  D  Bien  près  de  lui  a  veu  la  pr.,  F  Et 
près  V.  devant  lui  s.  p.,  G  Et  après  voit  devant  s.  p.  -  5378  HI  avis  li 
est  prendre  la  doie  ;  GF  quil.  —  5379  III  quant  ni  puet  entrer  si  trepelle, 
A  ne  p.  g.  ses  denz  cepelle,  G  ni  p.  entrer  de  fors  cembele.  —  5380  FD 
son  chien,  G  les  c.  —  5381  F  por  que  el  b.  le  vient  m.;  G  dedens  le  bois.  — 
5382  GII  defors  a  a.  p.  —  5384  AG  quant  bien  s.  p.;  G  si  p.  —  5386  GF  près 
de  s.;  D  lui.  —  5387  III  et  si  ni  p.  riens  esploitier,  G  et  si  ne  1.  p.  rien  f  ; 
A  noiant  f.  —  5388  III  de  ce  cuide  vis  esragier;  F  cil  purent  lui;  A  il. 


DU   COMBAT  199 

s'en  pais  ne  laisse  le  chastel, 
5390    il  i  laira  bien  tost  la  pel. 

Fors  del  chastel,  al  pié  del  pont 

ot  un  petit  moncel  reont;    c^Ct-Lr^..^ 

une  bretesche  i  ot  fremee    Cô>v6>t-t4-4Xû^ 

por  deffendre  devant  l'entrée. 
5395     Dedenz  aveit  set  chevaliers 

et  dis  serjanz  et  cinc  archiers: 

cil  deffendent  devant  le  pont 

et  le  graignor  damage  font. 

Cels  asailli  Turnus  de  bot,   j-mAJL  dA,  jUjÙJf-^ 
^j^^^^j^OO    s'entente  i  a  torné  de  tôt, 

le  mielz  de  l'ost  i  fist  venir. 
•  La  bretesche  fist  asaillir, 

et  cil  dedenz  fort  se  deffendent 

et  merveillos  estor  lor  rendent.    QjonrrU^aJL 
5405    Ja  par  asalt  ne  fussent  pris, 

mais  de  desoz  ont  le  feu  mis, 

ardent  le  pont  et  la  closture; 
A*jeix.f\.e'uMA.  tote  desjoint  la  latfceiire,  /ixa-t^ru^-A.*, 

l'une  meitiez  brisot  et  art, 
5410    cil  se  traient  a  une  part; 

faillent  li  pont,  chieent  les  ais,  p^.u^n.cJ\LAJ 

la  o  cil  sont  pendi  li  fais, 

ariere  chiet  tôt  en_im_mont,  /J jLutu   -ùu^iJ  -^'a^uJ^^^ 

tuit  cil  de  denz  craventé  sont. 
5415    N'en  pot  estordre  de  toz  els, 

5389  HI  sil  ne  lait  en  pais.  —  5390  D  moût  t.;  F  sa  p.  —  5391  F 
Près;  G  al  cief  d.  p.  —  5392  HI  chastel.  —  5393  et  5394  intervertis  dans 
GFD.  G  ont;  GD  levée.  —  5394  A  por  deflfanse  devers  1.  —  5397  HI  cens; 
A  devers.  —  5398  HI  omettent  et,  1.  g.  vasselage  font;  Gif.  —  5399  HI 
Dant  ï.  les  asaut  d.  —  5400  GDHl  mise  del  tôt.  —  5401  HI  le  plus;  D  fait.  — 
5402  D  fait.  —  5403  I  bien  s.  d.  —  5404  G  li  rendent.  —  5405  FD  ne  seront, 
G  ni  sera.  —  5406  I  m.  le  feu  ont  par  d.  m.;  D  m.  de  defors,  GFH  m.  par  d.; 
F  sont  li  feu  m.  —  5407  HI  le  merrieu  a.;  D  art  le  p.  et  le  aleure.  —  5408 
FD  et  t.;  F  deffont;  HI  lenlaceure,  D  la  clostrure,  F  la  cainture.  —  5409  HI 
en  bruit  et  a.  ;  D  depiece,  GF  bruist.  —  5410  A  tuit  se  traistrent  a  u.  p., 
GF  et  cil  s.  t.  dautre  p.  —  5411  HI  f.  pilier  fendent  les  es,  F  li  postic  f.  cli. 
ais.  —  5412  HIFD  il;  D  pendu.  —  5413  FD  a  terre;  GI  chient.  -  5415  HI 
nen  eschaperent,  G  ni  puet  remaindre,  F  ne  puet  e.;  D  de  euz  touz;  y  cels. 


200  SUITE 

que  tuit  ne  seient  mort  fors  deus, 

Licus  fu  l'uns,  l'altre  Elenor; 

jadis  fu  escuiers  Hector. 

Il  saillent  sus,  Licus  s'en  vait 
5420     et  Helenor  l'espee  trait, 

dis  en  a  morz  et  detrenchiez, 

Turnus  l'ocist.  ses  a  vencbiez, 

et  li  altre  ki  s'en  fuieit 

vers  le  chastel  s'en  vait  tôt  dreit. 
5425    Nel  porent  pas  coillir  si  tost,    ^û!*-ci^v 

quant  uns  archiers  le  vit  de  l'ost; 

amont  lez  le  palais  s'estait;    û,  Cci^  eU^ 

cil  i  visa  a  lui,  si  trait, 

si  l'a  féru  parmi  le  cors 
5430     qu'il  l'a  cosu  al  pel  defors.  oXoiUA* 

Li  altre  i  traient  plus  de  cent, 

iluec  l'ociënt  o  il  pent, 

dont  se  resont  molt  esbaldi,  i.rnCM-i^^itiijb^ 

la  quarte  feiz  l'ont  asailli, 
5435    molt  en  i  muert  a  cel  asalt 

de  cels  de  denz;  petit  en  fait, 

que  cil  de  fors  n'i  sont  entré, 

ne  fust  que  cuer  lor  a  doné 

Ascaniiis,  ki  s'escria 
5440    et  ki  forment  les  rehaita,  -^^nû/w-^A^iAA^ju 

dont  i  fièrent  de  maintenant    -teru-t  dA^    ^t'^'fk^ 

De  cels  de  fors  ont  ocis  tant, 

ki  esteient  près  d'entrer  enz, 

5416  F  que  il  ne  s.  mort  par  els  ;  DHI  m.  que  dous.  —  5417  F  fors  seul 
Licus  et  Elenor.  —  5419  HI  Cil;  F  sesmait.  —  5420  A  sespee.  —  5422  GHI 
T.  la  mort;  A  quis  a  v.,  F  si  a  v.,  G  sis  av.  —  5424  GFD  en  va.  —  5425  F 
Ne  le  p.;  G  pueent;  HID  choisir,  GF  prendre.  —  5426  D  del  tôt.  -  5427  HI 
si  com  au  paliz  se  prenoit,  D  a.  les  pallis  estoit  ;  GF  a.  vers  le  p.,  A  a  molt 
1.  1.  p.  ;  G  sestoit.  —  5428  HI  et  celui  vise  si  a  t.  ;  F  sel  t.  —  5430  GDF  q.  le 
(GF  la)  choisi  au  pel;  D  lahors.  —  5431  AD  omettent  Li;  GF  Apres.  —  5432 
GFD  locireut.  —  5433  D  d.  sarestut  si  sesb.  —  5434  A  ja  quatre  foiz,  G  par 
quatre  fois;  FUI  ont.  --  5435  D  m.  muirent  a  icel  sault;  G  m.  en  morut, 
F  m.  e.  muèrent.  —  5436  A  son.  —  5439  Alinéa  dans  A.  F  escria.  —  5440 
D  racheta,  G  ramprosna.  —  5441  G  tôt  i  ferirent  m.  —  5443  et  5444  omis 
dans  A.    F  de  cels  ki  voelent  e.  e.;  G  qui  près  e.;  HI  a  lentrer. 


DU   COMBAT  201 

que  li  fossez  est  toz  sanglenz, 
5445     que  l'en  n'i  poeit  arester; 

les  morz  font  aval  reoller  /^^fijJjLf\j 

la  jus  al  fonz,  ki  toz  ert  pleins. 

Turnus  en  ot  dis  mille  meins,  'rrca^un..^ 

anceis  que  fust  tierce  passée, 
5450    qu'il  n'ot  gehui  a  l'ajornee;    eu^otdj^'  "KtuJL, 

de  l'altre  part  en  ot  asez 

de  eels  de  denz  morz  et  navrez. 
Un  suen  serorge  aveit  Turnus,   {h-oml.  -  -ùjui^ 

molt  pro,  ki  ot  nom  Romulus,  veûJJLeufJsi 
5455    riches  oem  ert  de  liait  parage  Tv^^y^a-AA^  ,   '7\£LLù^4UkyrujL- 

et  molt  aveit  grant  vasalage.  -^'>V<^^A^ 

Les  Troïëns  forment  coitot,  .^>a^  />j/-  .   /vs^y^^/^:/- 

de  parole  les  laidenjot.  i^^^ujiititt 

„Di  va",  fait  il,  „car  vos  rendez, 
5460    malvaise  genz,  si  me  créez, 

repentez  vos,  criez  merci, 

fuiant  vos  en  tornez  de  ci! 

Se  vos  volez  merci  crier, 

nos  le  vos  feron  pardoner; 
5465     un  oil  o  un  poing  i  perdra 

chascuns  de  vos,  puis  s'en  ira. 

Se  vos  nel  volez  faire  issi, 

que  vos  rendeiz,  si  com  ge  di, 

ja  sereiz  tuit  par  force  pris 

5444  HI  q.  1.  fosse  en  sont  s.,  F  est  li  f.  trestous  s.,  G  que  les  fosses 
sont  si  s.;  D  fn.  —  5445  et  5446  intervertis  dans  HI.  HI  si  que  nus  ni  p. 
entrer,  D  que  homme  ni  p.  ester,  F  onques  nus  hom  ni  pot  ester,  G  que 
nus  hom  n.  p.  entrer.  —  5446  HI  les  mors  font  la  jus  r.  ;  D  voler,  GF  ron- 
deler.  —  5447  HI  de  ce  soiez  tuit  bien  certains;  DGF  que;  D  t.  est  p., 
G  t.  fu  p.  —  5448  HI  .vu.  M.,  GF  .ii.  M.  —  5449  G  prime.  —  5450  HI  quil 
not  hier  main;  F  molt  fu  pesme  la  j.,  G  dolerose  fu  li  j.  —  5451  F  de  Lau- 
renfe,  et  daltre  p.;  HD  rot,  A  ont.  —  5453  sans  alinéa  dans  A.  F  sol  s.  — 
5454  A  Remullus.  —  5455  y  fu;  F  de  molt  p.,  G  de  grant  p.  —  5456  F  et 
a.  m.  ;  G  et  si  a.  molt  v.  —  5457  D  doutoit.  —  5458  D  devioit.  —  5460  D 
car  m.  c.  —  5461  HI  fuiez  deci,  F  tomes  de  chi.  —  5462  omis  dans  I.  F  vos 
torneres.  —  5464  GFD  nos  vos  en  lairons  vis  aler  (D  touz  a.).  —  5465  A 
ou  o.  ou;  G  u.  oel  o  poing  i  perdera;  FDIII  et  un  p.  —  5466  D  si  s.  i.,  G 
p.  en  i.  —  5467  D  ne.  —  5468  HI  ne  rendre  vos.  —  5469  et  5470  omis 
dans  A.    HI  tuit  i  s.;  HIF  a  f  p. 


202  PANDARUS 

5470     et  sereiz  tuit  ainz  nuit  ocis;    ou/Ok/rih. 

nel  tornereiz  longues  a  geu.    ("yû^uu^^^A^^  u.  tûu 

Guidiez  vos  que  ce  soient  Greu,  JLLojJLhU;^ 

vers  cui  vos  pelistes  deffendre  " 

dis  anz,  qu'il  ne  vos  porent  prendre? 
5475     Ça  fors  n'est  pas  Diomedés, 

Protheselaus  ne  Ulixés, 

ainz  est  Turnus,  ki  vos  prendra, 

ja  demain  jors  ne  passera." 

Parler  l'oï  Ascaniiis, 
5480    ki  el  donjon  esteit  lai  sus; 

parmi  une  fenestre  a  trait 

a  lui,  ki  de  desoz  estait; 

par  desoz  l'orle  de  l'escu    -CrcrLcL 

enz  en  la  gole  l'a  féru,   cM^AJt 
5485     que  par  derrière  li  eissi 

la  saiete,  ki  l'abati. 

Mort  chaï  jus  de  son  cheval, 

ne  lor  dist  puis  ne  bien  ne  mal. 

Li  Troïën  s'en  esjoïrent 
5490    par  le  chastel,  ki  cel  colp  virent, 

et  cil  de  fors  les  aprochierent, 

de  loing  lancent  et  de  près  fièrent. 

Al  pont  fu  li  enchalz  molt  granz,  ia,  p^tA.\^àu^ 

mais  de  la  ligniee  as  jaianz 
5495     ot  deus  frères  el  donjon  sus; 

li  ainznez  ot  nom  Pandarus  i 

et  li  plus  Jones  Bicias. 

Molt  par  s'i  fiot  Eneas, 

5470  et  tuit  (I  et  puis)  pendu  ars  et  o.;  G  et  si  seres;  D  a  nuit.  — 
547 1  HI  ne  le  tendrez  ;  A  noiant  a  g.  —  5472  HI  que  nos  seions,  GD  dont 
que  soions.  —  5473  et  5474  omis  dans  HI.  —  5474  GF  qui,  D  que.  — 
5477  H  pendra,  —  5478  GFD  demi  j.  —  5479  Alinéa  dans  y.  III  Ces 
(I  Telz)  moz  entent  A.  —  5480  D  e.  dessus.  —  54S2  III  celui;  GD  qui 
desos  lui,  F  qui  de  defors.  —  5483  DF  desor,  I  desus;  D  lorlet.  —  5484  I 
la  dedenz  1.  q.  f.;  II  gorge.  —  5487  A  M.  labati.  —  5490  IlIF  le  c,  A 
ce  c.  —  5491  III  mes  cil;  G  omet  et;  I  de  loins,  GF  de  lost;  G  bien 
les  a.  —  5492  D  de  lonc  lancent  de  parfont  f .  ;  A  et  a  plain  f.  —  5493 
Alinéa  dans  GD.  D  Du  p.;  IIID  assauz.  —  5494  I  des  lingnies,  A  del 
lignage.  —  5490  III  li  un  avoit. 


ET  BICIAS  203 

jO-^utO  )  ^OAi^cLo^et  sor  els  deus  ot  mis  partie  ^ 

5500    de  la  cure  de  la  maistrie.  pBu^^Lt&t^   oU^  ynatjha^ 

Il  deseendierent  del  donjon 

plus  fièrement  que  dui  lion, 

vindrent  aval,  la  porte  ovrirent, 

tote  la  presse  départirent. 
5505    Pandarus  fu  de  devers  destre 

et  Bicias  fu  a  senestre. 

Iluec  lor  deffendent  l'entrée; 

molt  chierement  l'ont  comparée. 

Cil  ki  virent  la  porte  ovrir,  ,    ^ 

5510    les  altres  voldrent  devancir,  p/xâd  ri*-^ 

senpres  cuidierent  entrer  enz; 

cil  dui  les  ociënt  a  cenz, 

et  merveillos  domage  i  font. 

Tant  en  gist  mort  desor  le  pont 
5515    que  n'i  pueent  li  vif  passer; 

cil  les  font  toz  ariere  ester. 
Turnus  ert  de  l'altre  partie, 

ki  a  celé  novele  oie, 

que  la  porte  lor  est  o verte 
5520    et  de  sa  gent  i  a  grant  perte, 

car  deus  jaianz  aveit  dedenz 

kis  ociënt  iluec  a  cenz. 

Molt  tost  i  est  Turnus  alez, 

mil  chevaliers  i  a  menez 

et  vint  al  pont  o  son  efforz.  j^r^^^^  o/v»^^ 


5525 


5499  F  en  els  ot  mis  molt  grant  p.  ;  G  en  sol  ans,  HI  et  sus  eus.  — 
5500  H  et  d.  1.  m.  —  5502  HI  andui  plus  fier  que  nul  lion;  A  que  nus  1.  — 
5503  HI  aval  vindrent.  —  5504  GDHI  derompirent.  —  5505  I  iert;  GF  par 
de  vers.  —  5506  I  et  B.  iert  a  s.,  GFDH  et  B.  devers  s.  —  5507  F  I.  d.  cil,  G 
I.  deffendirent.  —  5509  HI  vindrent.  —  5510  HI  la  porte.  —  5511  HI  tan- 
tost.  —  5512  GF  li  d.;  D  occirent  —  5514  A  desoz,  HI  desus,  G  desos.  — 
5515  G  que  il  ni  pot  nis  uns  p.,  F  que  ni  puet  nés  uns  sels  p.  —  5516  I 
arriéres  les  estuet  e.,  G  cil  les  f.  tôt  a.  e.  —  5517  sans  alinéa  dans  HI.  — 
5518  D  quant;  y  q.  c.  n.  a  o.  —  5519  I  p.  estoit  o.;  A  ert.  —  5520  GFD  et 
que  s.  g.;  HI  ot.  —  5521  G  que;  F  car  li  g.  ki  sont  d.;  A  a  la  d.,  G  i  a  d.;  I 
leanz.  —  5522  I  qui  ainsi  les  aloit  tuans,  II  qu  iiluec  les  tuent  a  c;  F  les  o.  1, 
a  c,  G  qui  ja  les  o.  a  c.  —  5523  Alinéa  dans  HI.  GD  Tantost;  GFD  est 
celé  part  aies.  —  5525  HI  au  pont  en  vont  o  son  e.  ;  F  o  ses  e.,  G  a  s.  e. 


204  PANDARUS 

Il  passa  par  en  som  les  morz, 

dusqu'a  la  porte  sont  venu. 

Li  dui  frère  orent  grant  vertu, 

ki  l'entrée  forment  defïendent 
5530    et  merveillos  estor  lor  rendent; 

cil  del  cliastel  celé  part  corent, 

vienent  as  frères,  ses  secorent. 

Molt  lor  rendierent  grant  estor, 

molt  en  i  muert  a  grant  dolor, 
5535     escriënt  sei,  verser  les  font 

bien  loing  ariere  oltre  le  pont, 

nés  ont  mie  loing*  porseii, 

a  la  porte  sont  revenu. 

Turnus  a  ralié  sa  gent 
5540    et  rasait  les  plus  asprement, 

par  vive  force  en  entra  enz 

et  de  sa  gent  plus  de  deus  cenz; 

de.cels  de  fors  grant  torbe  i  entre;    /©<-«/«- 

la  porte  clostrent  cil  soentre, 
5545    li  dui  frère,  derrière  as  dos; 

de  cels  dedenz  i  ont  fors  clos. 

Or  est  Turnus  molt  entrepris  .e>m/r<x>t^û^,A^ 

enclos  avuec  ses  enemis, 

mestiers  li  est  molt  granz  d'aïe; 
5550    de  cels  de  fors  ne  l'avra  mie. 

Dedenz  les  a  molt  estormiz,   'yrù^^  t^rJ  oé^A/gnà 

5526  HI  si  passèrent  par  mi  1.  m.,  D  il  i  passa  par  mi,  GF  il  passèrent 
desor  1.  m.;  A  passe.  —  5527  HI  p.  en  sont  v.  -  5528  G  u  li  f.  erent  arestu.  — 
5529  H  que.  —  5530  G  i  rendent.  —  5532  G  vinrent;  F  v.  cajus  si  les  s.; 
G  si  s.  —  5533  ni  Adonc  i  ot  molt  g.  e.,  G  A  Turnus  livrent  fier  e,;  F  m.  i  r. 
—  5534  FI  omettent  en;  D  omet  grant;  HI  maint;  FID  muèrent.  —  5535  et 

5536  omis  dans  A.    HI  il  crient;  G  aler,  D  ruser.  —  5536  G  en  sus  del  p.  — 

5537  I  ne  les  o.  pas  1.  p.;  H  pas  hors  1.  p.;  A  parseu.  —  5538  A  s.  re- 
vertu, H  resont  venu.  —  5539  Alinéa  dans  H.  F  rasamble,  GD  alie.  — 
5540  HI  et  les  r.,  D  et  rasaillent,  G  et  rasali,  F  et  ses  r.  —  5541  HI  est 
entre  e.,  D  en  entre  e.  —  5542  F  et  de  ses  gens  plus  de  .n.  c.  ;  HI  .ni.  c., 
G  .V,  c.  —  5543  G  force  i  e.  —  5344  GF  closent.  —  5545  et  5546  inter- 
vertis dans  HI.  HI  leur  sont  au  dos.  —  5546  HGFD  dehors;  A  i  ront,  F  i 
vint;  HID  enclos.  —  5ô47  sans  alinéa  dans  y.  —  5548  F  endroit.  —  5549 
HI  il  avoit  grant  mestier;  FD  e.  de  grant  a.  —  5550  H  nen  aura  m ,  GFD 
naura  il  mie.  —  5551  et  5552  omis  dans  A.    HI  Ceus  dedenz. 


ET   BICIAS  205 

forment  les  i  a  envaiz, 

tenu  lor  a  bataille  fort. 

As  primerains  cols  i  sont  mort 
5555     andui  li  frère  en  es  le  pas,    ^ci-t-^  J^   cAo/»*^ 

et  Pandarus  et  Bicias. 

Li  Troïën  s'en  esmaierent, 

cil  s'escriënt,  forment  i  fièrent, 

tôt  ariere  les  vont  menant, 
5560    porsiuent  les,  cil  vont  fuiant. 

Ilioneus  i  est  venuz, 

ki  del  donjon  est  deseenduz, 

as  Troïëns  a  escrië: 

„Que  faites  vos,  coart  prové, 
5565     sereiz  vos  donc  si  pleinement 

conquis  et  mort  par  tant  de  gent? 

Que  faites  vos?    Tornez  ariere, 

nés  espargniez,  chascuns  i  fiere." 

Il  a  „Troie"  crié,  s'enseigne, 
5570    cel  d'els  n'i  a  ki  puis  se  feigne    Aa.4-<-/«- 

que  n'i  fiere  demaneis  tant,    7h>ué.  aU-  -ùM^À-i^c. 

qu'il  vont  ariere  reculant; 

dont  fust  Turnus  morz  a  estros,    Ct^CuyrxM.yrriCr^ 

ja  par  sa  gent  n'i  fust  rescos,  ^ùâ.cervi.r»u4^ 
5575    quant  uns  des  Troïëns  corut 

la  porte  ovrir  et  si  reçut 

cel  s  ki  orent  esté  fors  clos. 

Turnus  li  vint  derrière  al  dos; 

5552  GF  durement  les  a  e.,  F  forment  les  a.  bien  e.,  I  et  f.  1.  a  e.  — 
5553  F  or  i  a  molt  b.  f.  ;  D  tenra  1.  b.  f.  —  5554  GFHI  A  primerain  i  furent 
m.,  I  Aus  premerain  i  f.  m.  —  5555  GF  li  dui  f.  —  5557  Alinéa  dans  G.  — 
5558  HI  et  cil  plus  forment  les  requièrent.  —  5559  GF  botant.  —  5560  D 
p.  1.  de  maintenant;  A  sil,  F  si.  —  5561  HI  Alinéa.  G  Ascanius.  —  5562  GF 

cliastel. 5564  D  mauuais  p.  —  5565  HI  par  tant  de  gent;  F  si  fai- 

tement.  —  5566  G  si  pris;  A  ne  mort;  HI  si  plainement.  —  5567  HI  Or 
tost  fait  il.  —  5569  I  II  escria  ;  A  II  a  trois  foiz  crie  s.  —  5570  HI  ni  a  celui  ; 
D  delz  ni  a  nul  qui  mais  s.  f.,  G  il  i  na  cel  dais  qui  s.  f.  ;  F  qui  plus.  — 
5571  HI  qui  ni  fièrent  de  maintenant;  D  quil  ni  fièrent;  GF  qui.  —  5572  HI 
les  vont  a.  remenant;  GF  ques.  —  5573  F  fu.  —  5574  F  por.  —  5575  I 
corust.  —  5576  F  ovri;  A  rascut,  I  recust;  D  et  les  r.,  G  et  sis  r.,  HI  et 
cens  r.  —  5577  HI  omettent  cels,  qui  avoient;  D  cels  que  avoient  fors  en- 
cloz.  —  5578  HI  leur;  F  ert. 


206  ARRIVÉE 

la  0  il  teneit  le  flael, 
5580    tel  li  dona  el  haterel  o-x^u-^^^^jul. 

qu'il  chaï  morz;  Turnus  s'en  vait, 

mais  de  sa  gent  le  plus  i  lait; 

a  grant  peine  s'en  est  estors, 

molt  par  fu  liez,  quant  il  fu  fors. 
5585    Donc  comença  a  avesprer; 

sa  gent  a  fait  ariere  aler, 

as  herberges  s'en  retorna 

et  ses  guaites  apareilla, 

ki  deveient  la  nuit  veillier, 
5590     et  prie  lor  de  mielz  guaitier 

qu'il  n'orent  fait  la  nuit  devant. 

En  l'ost  firent  noise  molt  grant 

et  molt  resonent  el  chastel 
J^^ori^ûA^^ôeA/  cors  et  buisines  et  frestel.    -jUji/ejux^ 
5595        A  l'endemain  bien  par  matin 

n'i  reprist  onkes  Turnus  fin. 

Des  i  que  al  chastel  revint, 

molt  grant  pièce  l'estor  lor  tint.    ih/rvy^^J 

A  molt  grant  peine  se  teneient 
5600     cil  ki  le  chastel  deffendeient  ; 

li  plus  d'els  sont  navré  a  mort. 

Il  ont  guardé  aval  al  port 

et  veient  ariver  les  nés 

et  mètre  jus  sigles  et  très; 
5605     sorent  que  Eneas  veneit, 

5580  I  et  tel  li  done,  H  tele  li  done.  —  5582  HI  grant  perte  i  fet 
(I  i  est).  —  5583  G  a  e.  —  5584  A  m.  p.  est  1.;  F  m.  en  fu  1.;  I  q.  en 
fu  h.,  D  com  il  f.  h.  —  5585  HI  Adonc  comence.  —  5586  HF  en  fait;  6  s. 
g.  comande  a.  a.  —  5587  HI  a  sa  herberge  r.;  F  si  sen  torna.  —  5588  GF 
araisona.  —  5589  G  qui  la  n.  d.  v.  —  5590  HI  molt  les  prie;  GFD  proia; 
H  de  bien  g.  —  5591  H  que  n.  ;  F  ne  fisent.  —  5592  HI  ioie.  —  5594  F 
festel.  —  5595  sans  alinéa  dans  A.  H  En,  A  Et;  F  Ens  el  d.,  G  Au  1.  — 
5596  FDHI  ne  ;  D  ne  requistrent  cil  auques  fin.  —  5597  et  5598  otnis  dans  A. 
D  revindrent.  —  5598  D  m.  g.  estor  lor  contretindrent.  —  56(i0  D  cil  du 
ch.  et  d.  —  5601  I  1.  p.  en  sont  n.  et  m.;  H  li  p.  en  iert,  D  li  pluisors  s.; 
F  li  plusor  dels  m.  u  navre;  G  mort  et  navre.'  —  5602  D  il  esgardent; 
GF  aval  al  port  garde.  —  5603  HI  omettent  et,  virent  i  a.  leur  nés.  — 
5604  D  metent;  GD  sus. 


b 


D'ÉNÉE  207 

que  al  cliastel  les  secorreit. 

Molt  lurent  lié,  si  s'escriërent, 

molt  firent  mal,  trop  se  hasterent, 

car  s'il  peiissent  ariver 
5610    en  pais,  eissir  et  els  armer 

et  petissent  celeement, 

venir  en  l'ost  eovertement 

qu'il  lor  fussent  deniers  as  dos, 

ses  eussent  entr'els  enclos, 
5615     si  fussent  cil  en  fin  veincu; 

mais  ce  lor  a  forment  neii, 

que  cil  del  chastel  s'escriërent 

et  cil  de  l'ost  se  reguarderent. 

Veient  les  nés  près  del  rivage, 
5620    ki  a  terre  vienent  a  nage: 

se  il  ne  sont  a  l'ariver,  aJ^traU^ 

il  i  porront  tost  meschever.  JxA^ujtr^ 

Turnus  les  veit,  le  chastel  lait, 

que  nul  asalt  puis  ne  lor  fait, 
5625     0  tôt  sa  gent  point  vers  les  nés; 

nen  i  a  nul  en  l'ost  remes 

ki  nen  ait  la  grant  aleiire.  ^hjxi^rù^  ^nA^cAjC- 

Ja  i  avra  desconfiture,   cUJcÛJil-e, 

tost  i  avra  targes  perciees  . 
5630    et  treis  mil  hanstes  peceiees; 

entr'els  nen  a  mur  ne  fossé, 

ja  i  avra  mil  feiz  josté. 

5G06  HI  et  que  le  ch.  s.  —  5607  G  m.  fièrement  les  e.;  F  si  e.  — 
5608  HI  mes  mal  firent.  —  5609  D  car  si  se  p.  a.,  F  car  si  laisasent  a.  — 
5610  GH  a  p.;  D  et  ariver.  —  5611  F  et  laisasent.  —  5012  HIG  en  lost  venir; 
FD  a  lost;  G  olvertement.  —  5613  tt  5614  omis  dans  HI;  A  as  cl.  —  5614 
DF  si  e.,  G  sil  e.  —  5615  HI  Turnus  i  fust.  —  5616  F  mescu.  —  5617  F 
escr.  —  5618  FD  les  esgarderent.  —  5620  DG  vindrent;  GDA  o  nage.  — 
5621  A  ni  s.  —  5622  I  li;  A  iam.  —  5623  G  le;  GF  vit.  —  5624  A  q.  a. 
puis  ne  lor  a  f.;  F  plus.  —  5625  HI  a  tout;  GF  a  lor  nés.  —  5626  HI  en 
lost  nen  est  (H  a)  un  seul  r.,  G  il  nen  i  a  nis  un  r.;  F  nul  de  lost.  — 
5627  HI  qui  ne  venist  a  laventure,  F  qui  la  nalast  g.  a.  —  5629  HI  haubers 
et  granz  t.  p.;  A  ja  i.  a.  —  5630  AHI  hantes;  F  depecies.  —  5631  et  5632 
intervertis  dans  HI.  GFD  il  na  entraus  m.  n.  f.;  HI  quentreus;  I  na 
ne  mur. 


208  ÉNÉE 

Turnus  i  est  venuz  premiers, 

ocis  i  a  treis  chevaliers 
5635     0  la  laneë  et  o  l'espee 

Cil  a  comencié  la  mellee; 

tuit  cil  de  l'ost  i  sont  venu, 

et  cil  furent  des  nés  eissu, 

si  comencent  a  torneier 
5640    joste  la  mer,  par  le  gravier. 
Molt  sereit  fort  tôt  a  nomer 

et  les  jostes  a  aconter, 

les  proeces  que  chascuns  fist, 

ki  i  fu  morz  et  ki  l'oeist, 
5645     mais  molt  en  i  muert  a  merveille, 

la  mers  en  est  tote  vermeille. 
Par  la  bataille  Eneas  vait, 

molt  grant  destruciou  i  fait, 

s'espee  i  a  bien  essaiee, 
5650    celé  que  Vulcans  ot  forgiee; 

ki  une  feiz  en  est  feruz, 

se  bien  en  est  aconseiiz,  ûJstUifrxb 

ja  n'i  estuet  recovrer  puis. 

Le  jor  i  fist  de  sanc  treis  muis,  m.u.ioL^j 
5655     n'i  a  celui  ki  son  colp  veie 

ne  li  face  volentiers  veie. 

Molt  se  contient  bien  Eneas  ,04-  Cû-rt-aUcit 

et  molt  i  refiert  bien  Pallas; 

onkes  nus  oem  de  son  aage 
5660    n'ot  graignor  lo^  de  vasalage,   cÂcvnju 

5633  Alinéa  dans  D.  —  5634  G  lor  a.  —  5685  HI  a  la  1.  et  a  1.,  A 
o  la  1.  un  dans  o  lespee,  D  o  sa  1.  et  o  s.;  GF  et  od  1.  1.  —  5636  D  il; 
F  et  comenca  tost;  G  omet  cil.  —  5638  I  et  cil  des  nez.  —  5639  I  et  c, 
G  cil  c.  —  5640  lez  le  g.,  D  enz  el  g.,  F  sor  1.  g.  —  5611  sans  alinéa  dans 
HIGFD.  I  Dont  s.;  DM.  par  s.  f.  a  n.  —  5642  HI  raconter.  —  5643  G 
des  p.  —  5644  GF  qui  mors  i  fu  et  qui  o.;  HI  ne  qui  1.  —  5645  GF  molt  i 
muèrent  a  grant  m.  —  5647  sans  alinéa  dans  A.  —  5648  HI  d.  de  gent  i  f., 
D  m.  g.  destruit  de  gent  i.  f.,  GF  grant  damage  des  siens  (F  de  gent)  i  f.  — 
5654  F  De  s.  i  f.  le  jor;  HI  n.  m.  —  5655  I  qui  le  convoie,  A  es  cols  v., 
D  cel  c.  V.  —  5656  D  v.  ne  li  face  veie.  —  5657  G  M.  si;  HI  bien  si  main- 
tenoit;  D  se  combat.  —  5658  HI  i  referoit  P.;  D  i  feri,  F  i  feroit,  G  le 
refait.  —  5660  D  not  loz  de  g.  v.;  F  millor,  G  forcor. 


1 


AU  Combat  209 

ne  ne  fu  nus  de  sa  valor. 

Merveilles  fist  iluee  le  jor, 

n'eneontre  nul  ki  ne  se  plaigne 

ne  ki  en  la  sele  remaigne; 
5665    bien  fiert  de  lance  et  mielz  d'espee, 

bien  a  la  veie  délivrée.    'oicLuL 

Il  a  reguardé  contremont, 

vit  Troïëns  ki  fuiant  vont; 

Turnus  les  siut  derriers  al  dos, 
5670    ki  ne  lor  lait  aveir  repos; 
'mû^fL   a  no  se  metent  a  la  mer; 

il  en  i  fist  trente  floter,  -i^LcHi^ 

bien  i  fereit  sor  els  a  tas,  ^♦v  '^-A-*f  f 

Celé  part  est  alez  Pallas, 
5675     as  Troïëns  cria  de  loing: 

„Molt  estes  buen  al  grant  besoing; 

ki  vos  meinë  en  altre  terre, 

grant  chose  puet  par  vos  conquerre; 

ne  feriez  pas  eoardie 
5680    ne  malvaistié  por  perdre  vie;    £ùxAjBJ^ 
jD&unjj/û/nt.     porquant  mil  en  i  fuient  ja 

por  un  tôt  seul  de  cels  de  la. 

Que  querez  vos  en  celé  mer? 

Revolez  vos  a  Troie  aler? 
5685    Vos  n'i  passereiz  pas  si  tost. 

Mais  retornez  ariere  en  l'ost. 

Se  vos  entrez  en  celé  mer, 

5661  HI  fu  bons.  -  5662  HI  f.  darmes  1.  j.  —  5663  H  ne  n.  nul  ne  s.  p.; 
HIF  sen  pi.  —  5064  GFD  et  qui  ;  D  en  celle  pui  r.  —  5665  G  omet  et.  —  5667 
HI  Vers  la  mer  garde  c,  D  II  a  garde  encontre  m.,  F  II  regarda  en  contre- 
mont.  —  5669  A  les  fiert;  A  as  dos,  D  a  dos.  —  5670  F  omet  ki;  FDH  ne  lor 
laisse.  —  5671  HI  ano  (I  aincois)  les  fait  entrer  en  mer;  A  a  non.  —  5672  HI 
raolt  en  a  fait  dedenz  entrer  (I  plunger),  G  le  jor  en  fist  maint  afondrer,  F  .lx. 
en  i  a  fait  voler..  —  5673  HI  car  il  feroit,  D  et  il  se  fiert,  F  cil  ferirent,  G  b.  i 
fièrent,  A  cil  i  f.  —  5675  HI  crie.  —  5676  F  a  g.  b.  —  5677  G  et  qui;  D  que  v. 
p.  q.  esmut;  HI  estrange  t.  —  5678  I  par  vous  p.  g.  ch.  c.  —  5679  y  vos  ne  f.; 
HI  V.  n.  f  coardise;  D  mie.  —  5680  HI  en  nule  guise.  —  5681  HI  p.  mil  de 
vos  f  j.,  D  ne  p.  q.  m.  en  f.  ja;  GF  sen  (F  en)  i  f  cent  ia.  —  5683  AF  a 
c.  m.  —  5684 — 5688  omis  dans  D.  —  5685  HI  omettent  Vos,  ne  p.  or.  — 
5686  HI  revenez;  H  a  loêL  r^bQSl  et  5688  omis  dans  HI.    F  rentres. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  j  4 


5695 


210  PROUESSES 

ne  vos  i  poez  jdto  fier,         ''y^ujili^rrruiynL 

n'i  avreiz  point  de  forterece. 
5690    Mais  ci  mostrez  vostre  proeee. 

Quant  vos  volez  en  mer  neier, 

si  vos  venez  aneeis  vengier, 

si  ne  morreiz  pas  a  tel  honte. 

Ne  sai  que  deit  ne  que  vos  monte  >t>»^ûdM<A 

que  une  mort  eschivereiz  (acÀl^cI^'^ 
^■4.-^^    et  en  peior  vos  enbatreiz,   ('Hâ-  />^^'^yii'^>i'.^ 

Amez  vos  mielz  asaoler  ^^^/^j^Va^j 

les  granz  peissons  en  eele  mer 

de  voz  charoignes,  de  voz  cors,  cAa/usO/jtca^ 
5700    que  paistre  les  oisels  ça  hors? 

Estez  iluee,  n'alez  avant, 

l'en  ne  conquiert  pj;o  en  fuiant;    nru^UM^m^.'yyL 
M-coiM*^    vostre  recosse  nen  est  proz, 

quant  uns  seuls  oem  vos  chace  toz; 
5705     s'il  retornot  vers  mei,  ce  cui, 

ne  fuireie  plein  pié  por  lui, 

et  tenez  mei  a  recréant, 

se  ge  ne  li  vois  ja  devant." 

Turnus  l'oï,  sa  resne  tint, 
5710    retorna  sei,  contre  lui  vint, 

demanda  li  ki  il  esteit, 

ki  contre  lui  s'aatisseit.   /yi^vcAuauJ: 

Pallas  li  a  dit  ki  il  est. 


5688  GF  petit  vos  i  pores  f.;  D  point  f.  —  5689  et  5690  intervertis 
dans  HI.  Hl  que  navez  autre;  D  ni  auroit;  G  ni  a  rien  fors  de  f.  —  5690  HI 
Et  si  m.,  GFD  M.  or  m.  —  5691  HI  Ne  vos  alez.  —  5692  HI  mes  venez 
vos  ca  hors  v.  —  5693  et  5694  omis  dans  G.  D  mie.  —  5694  I  N.  s.  dont 
vient;  A  que  ce  m.  —  5695  HI  quune  m.  eschiver  volez;  G  quant.  —  5696 
IIID  V.  enbatez,  GF  entrer  voles.  —  5697  F  m.  a  conraer,  HI  en  eele  mer.  — 
5698  HI  asaouler,  A  de  eele  m.  —  5699  1)  de  la  char  vive  ;  G  carogne  et.  — 
5700  HI  que  1.  o.  p.  —  5701  G  naler.  —  5702  F  quon  ne  c.  ;  D  mie,  GHI  pas.  — 
5703  G  li  vostre  r.  nest  p.,  HI  vostre  conquest  ne  sera  p.  —  5704  I  q.  uns 
h.  vos  en  ch.  t.  —  5705  HI  sil  retorne  vers  moi  ie  sui;  D  se  il  tornast; 
GF  se  retornes  certes  od  moi.  —  5706  HI  qui  ne  fuirai  (I  fuira);  D  nen 
feroie  un  pas  p.  1.  ;  GF  ja  ni  (F  ne)  fuirai  p.  p.  p.  soi.  —  5707  ei  5708  omis 
dans  III.  —  5708  A  v.  au  d.  —  5709  Alinéa  dans  HIDG.  DGF  son  r.  — 
5710  D  et  torna  soy.  —  57 1 2  HID  envers  Lj-fl^iae  atissoit,  A  san  hatissoit. 

•  ■  ■  ^ 


DE  PALLAS  211 

et  qu'il  le  trovera  tôt  prest 
5715     de  bataille,  s'il  la  vuelt  faire: 

a  l'un  d'els  iert  a,  grant  contraire.    '^*«-^   -lu/riA^it» 

Andui  furent  el  plain  gravier; 

l'uns  vers  l'altre  point  le  destrier; 

Pallas  le  fiert  parmi  l'escu 
5720     que  tôt  li  a  frait  et  fendu, 

et  le  halbere  li  desmailla; 

près  del  eosté  li  fers  passa, 

li  cols  s'en  escola  defors,     ^Li^tuJL' 

qu'il  nel  navra  neient  el  cors. 
5725     Grant  eolp  li  redona  Turnus; 

il  chaïrent  anbedui  jus. 

Turnus  se  lieve  en  es  le  pas,  ^u/a/  jèjl^  tA^^Ynj^ 

tantost  refu  en  piez  Pallas; 

il  ont  andui  lor  lances  fraites, 
5730     si  vont  avant  espees  traites. 

Granz  cols  se  sont  entrefernz, 

hasteles  font  de  lor  escuz. 

Pallas  le  fiert  en  l'elme  amont, 

treze  des  pierres  ki  i  sont 
5735     et  un  quartier  a  tôt  l'esmal 

en  abatié  jus  contreval, 

si  qu'il  en  chancela  trestoz; 

por  poi  qu'il  ne  chaï  desoz. 

Turnus  a  le  grant  colp  sentu, 
5740    bien  set  que  cil  a  grant  vertu; 

5714  m  dist  q.  1. 1.,  D  et  quil  retomera.  —  5715  D  li  v.  —  5716  HI 
auquel  quele  viegne  a  c,  D  a  1.  d.  sera  le  e.,  Gai.  dais  .n.  ert  g.  c.  Apres 
ce  vers  A  a  une  intercalation.  V.  les  notes.  —  5717  G  Quil  d,  ;  D  fièrent, 
G  feront.  —  5718  A  luns  point  vers  lautre  1.  d.  —  5720  D  ront  et  f.  — 
5721  GF  le  bon  h.  —  5722  G  glaça.  —  5723  D  en;  I  escliiffa.  —  5724  I 
qui,  F  que;  G  omet  quil,  ne  le  n  —  5725  F  donc  li  a  T.  —  5726 — 5732 
omis  dans  I.  F  que  a.  c.  j.;  G  quil  c.  —  5727  A  sen  1.,  GF  sait  sus.  — 
5728  GFD  senipri's;  F  en  fu,  G  sait  sus;  D  r.  sus  danz  P.  —  5729  GFD 
andoi  orent.  —  5730  H  requièrent  soi;  D  et,  GF  il,  A  se.  —  5731  GF 
Molt  ont  g.  c.  iloc  férus.  —  5734  D  trente  d.  p.,  GF  trance  les  pieres.  — 
5735  A  o  ;  F  q.  tôt  le  nasal.  —  5736  F  tôt  c.  —  5737  D  ainsi  quil.  — 
5738  HI  p.  p.  ne  chai  a  genouz;  A  par  p.,  FD  a  p.  —  5739  Alinéa  dans 
D.    GF  T.  a  bien  s.  c.  s.   -  5740  GFD  sot;  D  cil  avait  v.;  F  ot. 

14* 


212  MORT 

s'une  altre  feiz  i  puet  geter, 

n'i  estovra  mais  reeovrer. 

Il  s'est  eoverz,  hurter  le  vait;    j^v^u^o^^aJ 

tant  reidement  Pallas  s'estait, 
5745     ne  remua  por  lui  plein  pié; 
•^^^^i^^ûdJ  desoté  l'a  et  aguaitié, 

desoz  l'eseu  li  a  botee 

parmi  le  cors  tote  l'espee. 

Pallas  chai,  ki  navrez  fu, 
5750    gete  l'espee,  lait  l'eseu, 
ruLQi>rrUya.   -ai,  /\CkjioUL    eschalcira  et  s'engloti, 
'  l'ame  del  cors  li  départi. 

Morz  est,  ne  li  puet  mais  chaleir    ^îM  dMrufitrJk» 

ki  que  puisse  la  femme  aveir, 
5755     0  l'ait  Turnus  o  Eneas. 

Comparée  l'a  chier  Pallas, 

onc  ne  fu  puis  ne  ainz  cel  jor 

en  bataille  ne  en  estor; 

donc  i  est  il  trop  tost  venuz; 
5760     mais  molt  s'i  est  ainz  chier  venduz: 

ocis  en  a  premièrement 

de  cels  de  l'ost  bien  plus  de  cent. 

Turnus  le  vit  mort  devant  sei, 

un  anel  choisi  en  son  dei 
5765    que  Eneas  li  ot  doné; 

molt  i  ot  bien  encastoné  -A^o-ûAa-a-a.^ 


5742  HID  ni  co vendra  puis;  G  plus;  GF  demorer.  —  5743  F  est.  — 
5744  HI  si;  IG  durement;  D  estait,  GFH  restait.  —  5745  D  quil  ne  remut.  — 
5746  HI  mes  Turnus  la  bien  a;  GF  engignie  la,  D  deceu  la.  —  5747  GFD 
lauberc.  —  5748  HI  enz  ou  ventre  1. 1.,  GF  amont  el  cors  t.  sespee.  —  5749 
H  feruz.  —  5750  HIF  guerpist  lespee;  HI  et  puis  le  fust,  F  et  1.,  G  trait  1. 
—  5751  HI  outre  sen  va  cil  s.;  D  il  souspira.  —  5753  HI  or  ne  li  puet  il.  — 
5755  HID  or;  D  laist,  GF  soit.  —  5756  D  compare  la  molt  ch.,  F  primes 
la  acate,  G  mais  achatee  la.  —  5757  HI  onc  ne  fu  aiuz  ne  puis  nul  j.; 
GF  onques  ne  fu;  F  estre  c.  j.,  G  fors  icel  jor.  —  5759  HI  encor  i  est, 
GF  mais  or  i  est.  —  5760  D  mes  ancois  sest  molt  c.  v.,  GF  et  nequedent 
cbier  sert  v.  —  5761  HI  i  a  p.  —  5763  Alinéa  dans  HI.  GF  Devant  lui 
mort  T.  le  voit.  —  5764  GF  vit  un  anel  quil  ot  el  doit.  —  5766  HI  molt 
par  iert  bien  encastoné,  D  molt  par  i  estoit  bien  ouure,  GF  por  son  gent 
cors  por  se  bonté;  A  bon  ancestane. 


DE  PALLAS  ^  213 

un  lioncel  fait  d'un  jagonce;  (.■^^t^ocu.nrr^^-^ 

d'or  i  aveit  bien  plus  d'une  once. 

Il  s'abaissa,  del  dei  li  trait, 
5770    el  suen  le  met.    Por  fol  le  fait: 

puis  fu  tels  jors,  se  il  settst, 

que  ja  par  lui  bailliez  ne  fust,    /^*/\^ 

se  il  s'en  peiist  repentir, 

car  par  l'anel  l'estut  morir. 
5775        Turnus  s'estut  devant  le  mort. 

En  une  nef  ki  ert  al  port 

ot  un  archier  ki  l'esguarda; 

il  trait  a  lui,  se  li  perça 

quatre  des  mailles  de  la  broigne,  Cjuuj\'^^^-^ 
5780    un  poi  le  navra  soz  la  loigne.  ruLÀ-^r^f 

Turnus  se  sent  un  poi  féru,  4fto./i^xM^ 

guarda  dont  ce  li  est  venu 

et  vit  celui  ki  l'arc  teneit. 

Grant  pas  en  vait  vers  la  nef  dreit, 
5785    al  destre  bort  trova  le  pont    ^^rus^ 

par  0  il  est  montez  amont: 

celui  trova  ki  se  tapist  ,44.  ctlcAa, 

desoz  el  fonz;  le  chief  en  prisi 

Dementres  est  l'ancre  rompue    ùiyrtd-ArrjL   CJl  ^^^ttlal* 
5790    par  quel  la  nés  esteit  tenue; 

devers  la  terre  vint  li  venz, 

a  la  mer  bota  la  nef  enz. 

5767  et  5768  intervertis  dans  GF.  GF  od  un  lion.  —  5768  A  bien 
i  avoit  dor;  F  a.  une  grant  once.  —  5769  HI  le  mist,  D  la  mis;  F  se  mal 
a.  f.,  G  Molt  mal  a  f.,  III  que  f.  1.  f.  —  5771  HI  miex  li  venist;  F  fust; 
G  sil  le  s.  —  5772  A  b.  p.  1.,  GFD  por  1.  b.  —  5773  G  p.  ia  r.  —  5774  D 
quant.  —  5775  sans  alinéa  dans  GF.  HI  se  tut,  F  restut,  GD  estut.  — 
5776  F  que  u.  n.  —  5777  GF  ert  uns  archiers;  D  lagarda,  F  le  g.  Après 
ce  vers  y  intercale  deux  vers.  V.  les  notes.  —  5778  HI  a  lui  trest  droit  et 
fausa  li;  G  si  laproca.  —  5779  G  q.  m.  trence  d.  1.  b.  ;  HI  du  hauberc.  — 
5780  HI  en  la  cuise  li  fist  let  (I  tel)  merc;  D  sor,  GF  en.  —  5781  Alinéa 
dans  G.  HI  Quant  T.  sent  quil  fu  feruz.  —  5782  A  garde  ;  HI  li  cop  fu  venuz. 
—  5783  HI  il  y.;  GF  voit.  —  5784  HI  sen  v.  a  la  n.;  D  v.  a  lui  tout  d.;  G  g. 
partes  en  va  celé  part  d.  —  5785  GFD  port.  —  5786  y  ert.  —  5787  I  c. 
tantost  si  se  t.  —  5788  HI  et  il  (I  cil)  tantost.  —  5790  GF  par  u,  D  a.  q.  — 
5791  GF  par  devers  destre;  y  1.  v.  vint  (GF  vient).  —  5792  y  onques  la  nés 
ne  se  retint  (GF  retient).    Après  ce  vers  y  en  intercale  deux.  Y.  les  notes. 


214  TURNUS 

Quant  Turnus  ot  ocis  l'avchier, 

a  sa  gent  cuida  repairier, 
5795     mais  il  en  ot  molt  grant  essoigne;  ùjuj*\t,^ 

la  nés  s'en  vait,  ki  s'en  esloigne,  QAr\4fa.f*^^^^ 

en  halte  mer  l'en  porte  l'onde, 

asez  plus  tost  que  une  aronde.   'hjùy.emcUU.JA^ 

Il  ne  governe,  ne  ne  nage, 
5800     car  tel  duel  a,  par  poi  n'enrage; 

sa  gent  veit  a  terre  morir 

et  si  ne  pot  a  els  venir. 

Quant  veit  qu'il  ne  pot  retorner, 

si  se  comenee  a  dementer. 
5805    „Ha  las",  fait  il,  „quel  la  ferai? 

Ja  mais  joie  ne  pais  n'avrai; 

l'en  dira  ce  que  ge  m'en  fui. 

Chaitis,  dolenz!  eom  mar  i  mui, 

quant  ge  en  eeste  nef  entrai! 
5810     Li  deu  me  heent,  bien  le  sai, 

eombatent  sei  por  Troïëns, 

il  les  maintienent  de  lone  tens, 

il  lor  aquiteront  la  terre. 

Folie  fis,  quant  lor  mui  guerre; 
5815     eombatent  sei  por  els  li  vent, 

ki  m'ont  ravi  sodeement,  Kaz.i./>iyd-»nA*-i^ 

de  la  terre  m'ont  esloignié, 

n'en  avrai  mais  seul  un  plein  pié, 

ne  ne  m'i  leira  pas  morir. 

5793  Alinéa  dans  HI.  —  5795  y  m.  il  en  ot  (F  i  a)  essoigne  grant.  — 
5796  y  1.  n.  s.  v.  molt  tost  esrant  (6  v.  esrant  corant;  HI  t.  corant);  D  du 
port  s.  —  5798  GHI  ne  vole  a.,  A  que  nule  a.  —  5799  I  nil  ne  n.,  H  nul 
n.  n.  —  5800  HID  omettent  car;  HI  tel  doleur  a;  D  tel  angoisse  a  p.  n. 
rage;  F  por  p.,  G  a  poi;  HIG  nesrage.  —  5801  HI  a  terre  v.;  G  vit;  F  s. 
g.  V.  ni  puet  retorner.  —  5802  et  5S03  omis  dans  F.  A  ni;  D  mais  retenir.  — 
5803  G  vit;  D  que  n.  p.;  GUI  ni  pot.  —  5804  D  si  commença.  —  5805  D 
le  f.,  A  la  feras.  —  5806  GHI  nonor  n.,  F  nul  ior  n.,  D  ne  pris  n.  ;  A  navras. 
—  5807  GF  que  m.  f.,  HI  que  ge  m.  fui.  —  5808  D  le  vi,  GHI  i  fui.  — 
5810  G  io  1.  s.  —  5812  H  des  1.  t.  —  5814  G  qui  en  m.,  F  q.  lor  mis.  — 
5815  A  por  aus  se  c.  —  5816  HI  qui  trop  mont  (H  molt  mont)  nuit  s.  — 
5818  HI  g.  ne  ni  métrai  j.  m.  le  pie;  D  jamais  naurai  .i.  s.  p.  p.,  F  jamais 
nen  avérai  p.  p.,  G  jo  nen  arai  jamais  un  pie.  —  5819  et  5820  omis  dans 
HI.    F  loirai  {illisible  dans  G),  A  laira,  D  lairai;  F  n.  m.  1.  pas  revenir. 


EMPORTÉ  DANS  LA  BARQUE  2U 


5820     Ge  u'i  cuit  ja  mais  revertir; 

en  la  mer  sui  qne  vette;    a  ê^rn^uaud^t^   JU^  i^tit. ,    cl 

tote  la  terre  ai  perdue.  /^oyiiU,  da-  nj-uuL» 

Ge  voil  en  eeste  mer  saillir  -Ao^/fi-' 

0  de  m'espee  el  cors  ferir; 
5825     l'un  de  cez  deus  m'estuet  il  faire, 

car  neient  est  mais  del  repaire; 

Quant  ne  vendrai  ja  mais  a  rive, 

ne  sai  comfaitement  ge  vive. 

Mais  nequedent  bien  porreit  estre     o&td.^tJ^^i^rjL' 
5830    que,  se  cist  venz  desor  senestre 

voleit  un  petitet  venter, 

ge  porreie  bien  retorner. 

A  nuit  vendreie  encor  a  tens 

a  desconfire  Troïëns,    aiùacA.M^ 
5835     encor  en  ocirreie  a  nuit 

a  m'espee  quarante  et  huit." 

Turnus  se  dementot  forment,  ,4^  M-a^rfU-Ai^f^ÙJk. 

n'i  vendra  pas  hastivement, 

anceis  verra  tierz  jor  passé. 
5840    II  ariva  soz  la  cité 

dont  Daumus  ses  perë  est  sire. 

Il  ot  grant  duel  et  molt  grant  ire; 

devant  tierz  jor  n'avront  mais  mie 

la  soe  genz  de  lui  aïe; 


5820  D  quier;  GF  revenir.  —  5821  d,  5822  intervetiis  dans  GFHI. 
ni  ne  sera  mes,  F  jamais  par  moi,  G  ja  nestra  mais  ;  y  par  moi  veue  (F 
nestra  v.);  A  une  lieue.  —  5822  y  la  terre  ai  ja  tote  p.;  A  deperdue.  — 
5823  y  mieus  me  vient  il  (I  me  venist)  saillir  en  mer.  —  5824  HI  ou 
mespee  en  mon  c.  ;  y  bouter,  y  ajoute  2  vers  et  puis  GF  encore  deux. 
V.  les  notes.  —  5825  D  me  conuient  f.  —  5826  H  que;  GF  est  de  mon  r. 

—  5827  —  5831  omis  dans  HI.  G  verrai  ja  m.  la  r.  —  5828  G  jo  ne  sai 
mais  coment.  —  5830  H  devers.  —  5831  HI  se  ne  vente  le  vent  de  mer; 
GF  un  sol  petit.  —  5832  HI  sil  vente  bien  puis  r.  —  5833  HI  encor 
encui  vendroie.  —   5834  D  destruire  li  T.  —  5835  A  ainz  nuit,  I  ennuit. 

—  5836  HI  .m.  .c.  —  5838  HI  ne.  —  5839  —  5843  omis  dans  HI.  F  ains 
que  ne  fust,  G  ains  que  venist.  —  5840  D  quil  arive,  F  ariva  il,  G  est 
arives.  —  5841  GF  Dardanus,  D  Damaus.  —  5842  D  II  en  aura  et  duel 
et  ire;  G  dolor  et  fort  ire.  —  5843  D  que  d.  .m.  jors  n.  mie;  mss.  {sauf 
D)  maisnie. 


216  ÉNÉE 

5845     facent  le  mielz  que  il  porront, 

car  ja  anceis  nel  reverront. 
La  0  Turnus  ot  mort  Pallas, 

i  sorvint  senpres  Eneas,      ûJUMAÀjfvt 

molt  ot  grant  duel  en  son  corage. 
5850    „Amis",  fait  il,  „ee  est  domage, 

que  vos  estes  por  mei  ocis. 

Amenai  vos  d'altre  païs, 

nostre  amors  a  petit  duré, 

malvais  guaranz  vos  ai  esté. 
5855    Vengerai  vos,  se  faire  puis, 

morz  est  Turnus,  se  or  le  truis." 

Eneas  part  d'iluec  a  tant,    ^/^n-^ 

par  le  champ  vait  Turnus  querant, 

nel  trova  pas,  car  il  n'i  ert, 
5860    n'encontre  nul  ki  nel  compert.  Q/^aà^ 

Mesentiiis  de  l'altre  part 

des  Troïëns  fait  grant  essart.  ymk^^^^^c/u^ 

Eneas  point  encontre  lui, 

il  s'entrefierent  anbedui. 
5865    Mesentiiis  bien  le  requiert,    ^^atti^A^'^ 

desor  l'escu  grant  colp  le  fiert, 

mais  la  lance  s'en  escola;  (^lU>ca. 

il  n'i  parut  ne  ne  perça, 

ne  mut  de  la  sele  Eneas. 
5870    La  soe  lance  porte  bas, 

parmi  la  cuisse  l'a  féru, 

que  del  cheval  l'a  abatu, 

A  la  rescosse  sa  genz  corent, 

5845  HI  du  m.,   GIF  al  m.  —    5846  HI   car  devant  tiers  jor  ne  lau- 
ront,  D  car  ja  mais  hui  ne  le  verront,  Gl-"  car  a  nuit  mais  ne  le  verront. 

—  5848  HI  .1.  pou  après  vint  E.,  D  sempres  i  s.  E.  —  5850  y  corn  g.  d. 

—  5851  F  par.  —  5852  HIF  en  cest  p.  —  5853  D  araistie  a  p.  d.  —  5854 
G  malvaise  amor  v.  ai  porte.  —  5855  A  faire  el  puis.  —  5856"  y  se  io 
1.  t.  —  5859  A  troue.  —  5860  HI  rien  n.;  F  que,  G  quil.  —  5861  Ali- 
néa dans  GF.  —  5862  HI  fesoit  e.,  A  refet  e.  —  5864  A  bien  s.  —  5866 
HI  desus  lescu,  G  sor  son  escu.  —  5867  HI  fors  esclissa,  D  escouloria, 
GF  fors  esciflfla.  —  5868  IIID  quil  n.;  A  nil  ne  p.,  G  ne  nempira.  — 
5873  Alinéa  dans  D.    III  ses  g.;  D  courut. 


ET   LAUSUS  217 

il  en  i  ot  cent  kil  seeorent; 
5875     8or  son  escu  l'en  ont  porté 

dreit  al  Teivre,  si  l'ont  lavé, 

car  la  plaie  forment  saignot. 

Lausus,  ses  fiz,  molt  grant  duel  ot, 

quant  vit  son  père  abatre  a  terre. 
5880    Le  Troïën  ala  requerre;  ûJCCct.ûLux./u 

s,'il  ne  se  puet  de  lui  deffendre, 

il  li  cuide  ja  molt  chier  vendre  -jcÙa^^  *M-pujuu 

qu'il  l'ot  navré  et  abatu.  ^ 

Il  a  devant  sei  mis  l'escu, 
5885    l'uns  vers  l'altre  point  le  cheval, 

si  s'entrefierent  li  vasal. 

Lausus  le  fiert  en  l'escu  hait, 

desor  la  bocle;  ce  cui  chalt? 

Onkes  la  lance  n'i  entra, 
5890    il  nel  fendi  n'il  nel  perça, 

et  Eneas  a  lui  féru 

0  grant  vigor  desor  l'escu, 

qu'il  li  a  frait  et  peceié, 

l'albere  rompu  et  desmaillié. 
5895    Lez  le  costé  desoz  l'aissele 

li  a  conduite  l'alemele,  ia^^  dL' cui/mt^  :h.c^^r\ûJuurJ^ 

il  ne  le  tocha  giens  el  cors,    'ru^U.tâ.^rruuri^t 

mais  de  la  sele  l'a  mis  fors; 

par  som  la  coe  del  destrier 
.  5900    le  trébucha  jus  el  gravier. 

Lausus  ne  jut  guaires  a  terre, 

l'espee  trait,  sel  vait  requerre.  CkJb^LCLUAJU 

5874  G  Cent  en,  III  mil  en;  D  lont  secourut,  F  qui  s.;  I  qui  le  res- 
queurent,  GH  qui  le  (G  les)  s.  —  5875  HI  sus.  —  5878  GÏÏID  f.  g.  d.  faisoit, 
F  f.  g.  d.  menoit.  —  5880  AG  Les  Troiens.  —  5882  A  son  père  li  quide  ch. 
V.  —  5883  et  5884  oyyiis  dans  III.  D  que  lot,  A  q.  vit.  —  5884  D  Devant  lui 
a  m.  son  e.  —  5885  D  porte  el  c.  —  5886  HI  fort  s.,  A  si  antref.  —  5888  III 
desus  1.  b.  mes  cui  ch.  ;  G  sor  1.  b.  mais  lui  que  calt;  F  b.  mes  q.  c.  ;  DF 
que.  —  5890  HI  ne  nel  f.  nil  ne  empira;  GFD  ne  ne  p.  —  589 J  HI  ra,  GF  sa; 
A  E.  ravoit  1.  f.  —  5892  HIF  par  g.  v.,  GD  a  g.  v.  ;  HI  sus  (I  sor)  son  e.  — 
5893  F  que.  —  5894  F  le  hauberc  ront.  —  5S95  F  Lonc  del  c,  G  Lonc  le  c, 
—  5897  HI  nel  toucha  pas  dedenz  li  cors,  F  il  nel  t.  pas  ens  el  c.  ;  D  latoucha; 
GD  mie.  —  5898  HID  le  mist.  —  5899  HI  p.sus  la  keue.  —  5902  G  sil. 


218  ÉNÉE 


1 


11  est  a  pié,  cil  a  cheval, 

n'est  mie  parti  par  igal; 
5905     Lausus  a  le  cheval  féru 

que  tôt  li  a  le  chief  fendu; 

et  le  seignor  et  le  destrier 

fist  en  un  mont  jus  trebuchier. 
Eneas  est  sailliz  en  piez;  ^cuxJ^ 
5910     maltalent  ot,  molt  fu  iriez,        , 

sus  el  helme  tel  li  dona, 

des  i  es  denz  li  brans  cola; 
û^é^u-^nx.  M>^f\*  ^T^j        estort  son  colp,  mort  l'abati. 
oo^  4A^  i-û^u^  cU   tna^Y^^^  ^,  destrier,  si  l'a  saisi 

5915    (cel  dont  esteit  chaeiz  Lausus), 

de  plaine  terre  sailli  sus 

et  vait  avant  bataille  querre; 

celui  lait  mort  gisant  a  terre 

ki  son  père  cuida  vengier, 
5920    mais  il  le  compara  molt  chier. 

Lausus  gist  morz  el  champ  adenz,  ia~  iau,  Cffr^ 

environ  lui  esteit  sa  genz,  ^  iu^'M^i/^o- 

ki  molt  menoent  grant  tristor 

et  molt  grant  cri  et  molt  grant  plor, 
5925     et  diënt  tuit  que  mar  i  fu. 

Il  le  mistrent  sor  son  escu, 

porté  l'en  ont  al  Teivre  dreit, 

la  0  ses  père  se  giseit, 

ki  navrez  ert  molt  durement 

5904  G  ne  sont  mie  parti  ingal;  HI  le  jeu.  —  5906  HI  que  tôt  le 
ch.  1.  a  f.,  A  que  jusquas  danz  la  porfendu.  —  5908  I  fait  tout  a  terre  t.,  Il 
tout  fait  en  .i.  m.  t.,  F  tôt  en  .i.  m.  f.  t.,  G  f.  tôt  e.  .i.  m.  t.;  D  fait.  — 
5909  mna  alinéa  dans  IIIF.  G  a  sailli.  —  5910  DFHI  si  fu.  —  5911  HGF 
sor;  y  son  elme.  —  5912  D  que  jusques  d.,  F  jusques  e.  d.  —  5913  DIII 
si  1.  —  59 U  omis  dans  G.  IIIF  cheval.  —  5915  III  dont  c.  e.  L.,  F  c. 
d.  estoit  Lausus  cajus.  —  5916  F  est  sallis  sus. —  5917  et  b%\8  omis  dans 
A.  III  avant  ala  —  591S  III  c.  lessa  gesant,  GF  cl.  m.  gésir.  —  5920  F 
il  lacata  illeuc  m.  ch.;  III  la  compère,  G  la  acate.  —  5192  Alinéa  dans  G. 
D  est  m.  —  5922  Illerent,  A  vienent;  IIIA  ses  genz.  —  5923  D  m.  de  t.  — 
5924  GF  fort  cri;  G  m.  fort  plor,  F  grant  dolor.  —  5925  G  il  li  d.  q.  ;  D  que 
navre  fu.  —  5926  III  puis  1.  m.,  G  porte  len  ont;  A  forment  lor  est  mesa- 
venu;  F  un  e.  —  5927  G  ce  mest  avis  a.  T.  d.  —  5928  D  illuec  on  son 
p.  g.  —  5929  GHI  qui  n.  estoit  d. 


ET   MESENTIUS  219 

5930     et  demandot  de  lui  sovent; 

donc  deveit  por  lui  enveier, 

car  a  merveille  l'aveit  eliier, 

car  molt  en  ert  en  grant  effrei 

et  en  pensé  plus  que  de  sei. 
5935     Oï  le  duel  que  demenoent 

cil  ki  le  mort  en  aportoent; 

l'en  li  a  dit  que  morz  esteit 

Lausus,  ses  fiz,  dont  tant  cremeit, 

que  Eneas  l'aveit  ocis: 
5940     de  bataille  s'ert  vers  lui  pris, 

por  ce  que  vengier  le  voleit, 

mais  malement  l'en  ert  chaeit. 

Quant  ot  que  ses  fiz  esteit  morz, 

il  ert  asez  de  poi  d'efforz,      ià^-cju 
5945     car  molt  esteit  griement  navrez; 

a  un  arbre  s'est  adosez,  ^'jt^  />^^»d^^ 

molt  ot  grant  duel,  onc  n'ot  graignor; 

ne  li  menbra  de  sa  dolor, 

de  sa  plaie  ne  de  son  mal; 
5950    il  demanda  son  bon  cheval, 

il  ert  armez,  ne  tarja  plus, 

mètre  se  fist  es  arçons  sus 

et  dist:  „Se  or  truis  l'aventiz,  Xj^a^nAé/i/ 

ja  en  sera  vengiez  mes  fiz,  ^ 

5955     et  le  grant  colp  qu'il  me  dona, 

li  uns  de  nos  le  comparra; 

5930  GF  forment.  —  5931  et  5932  omis  dans  D.  y  p.  lui  devoit 
(HI  voloit)  donc  e.  —  5933  HID  et  m.  —  5935  et  5936  omis  dans  HI.  — 
5937  et  5938  omis  datis  F.  —  5938  AD  omettent  ses  fiz.  A  se  dementoit, 
D  se  cremoit,  III  se  dotoit.  —  5939  G  car.  —  5940  GI  a  lui.  —  5942  D 
lan  avenoit,  GF  li  ert  c.  —  5943  y  que  mort  est  le  suen  fiz  (GF  estoit 
ses  fiz).  —  5944  HI  il  iert  mes  foibles  et  aflis,  GF  molt  estoit  feble  et 
aflis;  D  de  bon  d.  —  5945  D  e.  forment,  G  ert  durement.  —  5946  omis 
dans  G.  —  5947  G  forcor.  —  5948  F  membre.  —  5950  D  demande  a;  y 
il  a  demande  son  ch.  —  5951  HI  puis  sest  a.;  G  nataria.  —  5952  G  sa 
fait.  —  5953  et  5954  omis  dans  HI.  GF  se  or  le  voi  as  els  ;  D  la  mortis. 
—  5954  E  la  en  s.  v.  ses  dieus;  GF  mes  dels.  —  5955  HI  dit  que 
son  filz  vengiez  sera;  F  grief  c.  —  5956  HI  et  le  grant  colp  quil 
li  dona. 


220  ÉNÉE 

se  a  la  joste  puis  venir, 

0  mei  0  lui  estuet  morir. 

Mesentiiis  sist  el  cheval 
5960    et  point  par  le  gravier  aval; 

en  la  bataille  vient  tôt  dreit. 

La  0  le  graignor  chaple  esteit,   CaonrUrat, 

iluee  a  Eneas  veti; 

un  chevalier  a  abatu; 
5965    devant  lui  vint  molt  prestement,  \Aj^ 
ûJyc\dji^    aparlé  l'a  molt  fièrement. 

„A  mei",  fait  il,  „t'e8tuet  joster, 

cez  altres  lai  trestoz  ester, 

mon  fil  m'as  mort  et  mei  navré, 
5970    ja  estera  chier  comparé, 

ja  en  seron  vengié  andui",  ^ 

A  tant  s'est  eslaissiez  vers  lui,   JuM  CkjUjL-  ô-  rw 

de  l'un  pié  a  point  le  destrier,  ^y^^ 

car  ne  se  pot  de  l'altre  aidier; 
5975     li  chevals  cort  a  l'esperon, 

n'ala  avant  se  molt  poi  non, 

petit  colp  fiert  desor  l'escu, 

car  de  sa  force  ot  molt  perdu 

et  molt  esteit  afebleiez 
5980    de  sa  cuisse  dont  ert  plaiez; 

et  Eneas  ra  lui  féru 

de  la  lance  sor  son  escn, 

5957  A  j.  an  p.  —  5958  F  estra,  G  covient.  —  5959  Alinéa  dans 
GDIII.  E  siet,  III  point.  —  5960  I  par  le  gravier  qui  ert  égal.  —  5961 
y  vint.  —  5962  HI  la  ou  le  grant  chaples  estoit,  D  la  ou  la  grande 
chaples  estoit,  EF  la  ou  li  caples  grans  e.,  G  la  ou  li  graindre  estor 
estoit;  A  c.  voit.  —  5964  HIEF  ot.  —  5965  HEF  tout  p.  —  5966  I  et 
lapela,  H  apele  la,  A  aparaillie,  E  et  aparle,  F  aparla  le;  G  si  la  aparle 
vistement.  —  5967  G  parler.  —  5968  D  les  a.;  E  lai  clies  a.  t.  e.;  F  lai 
or  autres;  G  c.  a.  tos  laies  ester,  —  5969  y  as  m.  —  5970  HI  ja  e.  guer- 
redone;  GEFD  ja  ce  sera.  —  5972  G  sont;  DGEF  a  lui.  G  répète  les 
deux  derniers  vers  (mais  change  a  lui  en  vers  lui).  —  5973  HI  d.  1.  des 
piez  point;  D  de  lune  part;  F  dun  pie  a  p.  le  bon  d.  —  5974  EF  puet.  — 
5975  —  5979  omis  dans  HI.  D  a  e.  —  5976  D  se  petit  non.  —  5977  G 
feri  en  1.  —  5978  D  avoit  perdu,  GEF  a  m.  p.  —  5980  GFD  de  la  c, 
E  en  le  c.;  G  quassies.  —  5981  A  E.  ravoit  1.  f.;  DEF  a.  —  5982  D  des- 
sor  1.,  E  en  s.  e.,  F  en  son  lescu,  GHI  parmi  lescu. 


ET  MESENTIUS  221 

conduit  li  a  parmi  le  cors, 
que  mort  l'enbat  des  arçons  fors. 
5985     Cil  nen  a  pro  son  fil  vengié,    y\AAÀJLà^Yr^jt.^nJtl 

por  neient  l'a  tant  menacié. 

Tant  a  la  bataille  duré, 

tant  ont  féru  et  tant  josté 

et  tant  dura  li  chapleïz,   t^^rUiC^^^ 
5990    que  la  nuiz  les  a  depaiiiz.  xu^pa/-ut^ 

As  herberges  11  un  tornerent, 

las  et  sanglent  et  navré  erent, 

et  li  altre  vont  al  chastel, 

qu'en  ont  ett  tôt  le  plus  bel. 
5995     Dedenz  en  fu  portez  Pallas, 

ne  le  volt  guerpir  Eneas, 

n'entre  les  altres  mort  laissier, 

la  nuit  le  fist  molt  bien  guaitier. 
En  l'ost  n'orent  pas  lor  seignor; 
6000    en  l'endemain  matin  al  jor 

li  conte  et  li  duc  s'asenblerent 

et  comunalment  esguarderent 

qu'a  Eneas  enveiereient, 

a  quinze  dis  triue  prendreient,  A^vx^y 
6005     por  faire  les  morz  enterrer 

et  les  navrez  medeciner. 

Torné  s'en  sont  li  mesagier, 


5984  DHIEF  1.  paint,  A  labat.  —  5985  HI  C.  na  pas  bien,  D  Icil  na 
point;  E  pent  s.  f.  v.  —  5986  F  forment  lavoit  molt  m.,  G  p.  nient  lavoit 
t.  m.\  III  a  tant,  D  lont  tant.  —  5987  Alinéa  dans  GHI.  —  5988  HI  féru 
tant  ont;  E  et  t.  frape.  —  5990  G  répète  les  vers  5889  et  5990.  —  5992 
A  et  les  sanglenz  navrez  portèrent;  E  et  n.  et  s.  —  5994  HI  qui  en  ont 
eu  le  plus  bel;  FD  qui;  D  q.  eu  o.  t.  —  5995  A  La  dedanz  fu;  D  D.  i. 
f.  p.  —  599G  y  laissier.  y  {sauf  F)  ajoute  2  vers.  V.  les  notes.  —  5997  et 
5998  omis  dans  DIII.  E  ains  les  fist  bien  la  nuit  gaitier,  F  ne  ne  le  volt 
a  camp.  1.,  G  nis  un  garçon  ni  valt  1.  —  5998  E  nis  un  garçon  ni  vaut 
laissier,  F  ains  le  f.  b.  la  n.  g.,  G  bien  les  fist  tos  aparillier.  —  5999  sans 
alinéa  dans  EFHI.  E  seior.  —  6000  HI  au  point  du  j.,  D  veu  le  j.  — 
6001  E  li  duc  li  c.  s.  —  6002  I  sacorderent,  H  sasenblerent,  G  agard.  — 
OOO.'i  GF  envoleront.  —  6004  E  et  q.  d.;  DFHI  trives;  D  querroient,  GF 
prendront.  —  6005  D  lor  m.  —  6006  E  omet  et,  les  malades  m.  —  6007 
Alinéa  dans  III.    G  chevalier. 


222  •  ON   ENVOIE  DES 

chaseuns  tint  un  raim  d'olivier: 

ce  esteit  signe  a  ieel  jor 
6010     de  pais,  d'aeordë  et  d'amor. 

Par  main  vindrent  H  mesagier 

a  Montalban;  n'i  ot  portier 

ki  lor  osast  porte  veer,  dj.li^ul'^j^ 

quant  lor  virent  les  rains  porter. 
6015     Senz  contredit  el  chastel  vont,  Ac<yrxAJ  aj'per^uji'iufr^ 

des  i  que  el  donjon  amont, 

iluec  0  Eneas  esteit, 

ki  de  Pallas  se  complaigneit,    -û^,  ^Jjûù.^irt£>lh 

que  il  aveit  si  tost  perdu: 
6020     m  oit  l'en  esteit  mal  avenu. 

Li  mesagier  devant  lui  vindrent, 

rains  d'olivier  en  lor  mains  tindrent. 

Aventinus  dist  le  mesage, 

lui  en  teneient  a  plus  sage. 
6025     „Sire",  fait  il,  „un  poi  m'entent, 

ge  te  dirai  asez  briement 

por  quei  somes  ici  venu: 

nos  nos  somes  molt  combatu; 

cest  chastel  avon  asailli, 
6030     al  prendre  avon  encor  failli, 

et  molt  retorneiames  ier 

vers  tei  la  jus  en  cel  gravier. 

0  fust  a  droit  o  fust  a  tort, 

de  nostre  gent  i  ot  molt  mort. 


6008  omis  dans  E  qui  place  ici  le  vers  6012.  —  6009  GE  signes  estoit 
donc  a  c.  j.,  FHI  s.  e.  a  icel  j.;  D  signe  a  cel  j.  —  6010  III  dacordance, 
E  et  dacorde,  G  de  concorde.  —  6011  omis  dans  E.  Alinéa  dans  G. 
HI  Bien  tost  v.,  GF  Molt  tôt  v.  —  6012  se  trouve  dans  E  api'es  le  vers 
6008.  —  6013  et  6014  omis  dans  DEF.  GIII  vausist.  —  6016  I  dosi  jus 
quau  d.  a.;  Il  desi  ques.  —  6019  F  lavoit.  —  6020  HI  mesavemi,  G  m. 
convenu.  —  6021  sans  alinéa  dans  yD.  —  6022  A  les  r.  doHve.  —  (i023 
Alinéa  dans  GIII.  —  6024  III  celui  t.  au  p.  s.,  D  icelui  tindrent  au  p.  s.; 
GEF  lui  tenoit  on;  GF  por  le  plus  s.,  E  plus  por  le  s.  —  6025  flIE  a 
moi  e.  —  6027  HI  s.  a  toi  v.,  F  nos  s.  ci  v.  —  6030  D  a.  nos  f.  —  6031 
y  et  asses  t.  i.,  D  et  molt  i  t.  —  6032  D  vers  euz  1.,  E  lajus  vers  tei, 
G  lajns  aval.  —  6034  I  de  ta  g.  i  ot  il;  D  y  a. 


MESSAGES  A  ÉNÉE  223 

6035     et  molt  des  tuens  et  molt  des  noz. 

Turnus,  ki  asenhla  les  oz 

et  manda  gent  d'altre  pais, 

nos  ne  savon  s'est  morz  o  vis. 

Tuit  li  baron  ki  la  fors  sont 
6040     comunalment  parlé  en  ont 

et  nos  en  ont  a  tei  tramis, 

que  trilles  doignes  quinze  dis,    y^^>Q>e<iu 

si  feron  noz  morz  sevelir, 

ardeir  en  rez  et  enfoïr;     {x^aAe^>\.^ 
6045     nés  devon  pas  laissier  sor  terre, 

as  morz  ne  deit  l'en  faire  guerre. 

Se  entre  tant  ne  vient  Turnus,   ^cji.y.'iuyLayr-^  cje.  y^^or>yaaj> 

fins  est  de  lui,  ge  n'en  sai  plus, 

et  s'il  ne  repaire  ja  mais, 
6050    de  nos  avras  tu  bêle  pais. 

A_oés.  les  morz  vos  queron  triues,   Q-^r-^  ~^cui/^uu^  cLsl  ^    Clu^ 

il  est  bien  dreiz  que  tu  nos  siues;  ^je.A-a>iX^  cul. 

des  tuens  enterrer  pren  conrei,   /x^\a.^rioL    ^C'&uyn) 
r^c^^-^cU^^     ^^  ^^  ^^''^  gisent  mort  por  tei. 

6055     Nos  fotreion  trestot  a  chois    à_    cKcn.A^ 

la  busebe  as  rez  par  toz  nos  bois,     ùi2^LJ\c^ 

et  tôt  aillent  selirement 

li  tuen  as  noz  comunalment." 

f)035  I  et  aussi  ot  il  m.  d.  n.  —  6036  GEF  ces  o.  —  6037  I  dautrui.  — 
6038  D  ne  savons  sest  ou  ni.  —  6040  HI  a  parlement  tuit  este  ont.  — 
6041  m  et  ci  nos  ont,  EF  et  qui  nos  ont,  G  et  il  nos  ont.  —  6042  I  .v.  et  .x., 
HE  .XV.  et  dis.  —  6043  D  s.  f.  les  m.  enterrer.  —  6044  III  en  feu;  D  es  r.  et 
enterrer;  GE  a.  en  cendre  et  e.,  F  a.  et  en  c.  e.  —  6045  G  nel  d.  —  6046 
IIIDEF  dois;  Dy  pas  f.  g.  —  6048  III  fait  est  de  lui;  DGEF  nen  (D  ne)  sa- 
vons plus.  —  6049  III  sainsi  est  quil  ne  v.  m.,  GEF  et  se  il  n.  r.  m.  —  6050 
EF  aies  bien  ferme;  III  bone.  —  6051  et  6052  omis  dans  HI.  E  Avoec,  F 
Avoes  ;  D  q.  v.  ;  GEF  m.  requeron.  —  6052  G  si  est.  —  6053  III  des  siens  (H 
des  tons)  prendras  ainsint  (H  aussi)  c.  —  6054  HI  qui  sont  ocis  par  grant 
desrei,  D  qui  la  defors  g.  p.  t.,  E  que  aussi  sont  ocis  p.  t.,  F  que  mort 
gisent  ausi  p.  t.,  G  qui  sont  altresi  m.  p.  t.  —  6055  et  6056  omis  dans 
IIID.  GEF  n.  t.  de  par  les  nos.  —  6056  GEF  la  busche  prendre  (G  pren- 
des)  par  le  bos  (G  en  nos  b.).  Après  ce  vers  y  en  ajoute  deux  autres  puis 
HI  encore  deux.  V.  les  notes.  —  6057  III  viegnent  voisent  comunement, 
D  et  tuit  ta  gent  s.;  G  comunement.  —  6058  D  les  nous  aus  tuenz,  G  li 
tien  od  les  nos  salvement;  III  seurement. 


224  ÉNÉE  ACCORDE 

Eneas  Tôt,  un  poi  sozrist, 
6060    as  mesagiers  en  après  dist: 

„Vos  requérez  triues  as  morz; 

ne  voil  que  nostre  en  seit  li  torz, 

nos  les  donrion  bien  as  vis, 

se  il  voleient,  a  toz_dis,   -^bt^ax^LA^e^ 
6065     ne  vos  vendreit  ja  por  nos  mais; 

nos  vos  donon  triues  leials." 

D'anbedeus  parz  les  afiërent,  pA-oyntZtcrU:.  i 

li  mesagier  s'en  retornerent,  -juyiAjnt 

en  l'ost  diënt  qu'il  ont  trové, 
6070    que  les  triues  ont  afië, 

et  font  banir  par  tote  l'ost     p^ijyiJjomju^ 

que  il  facent  les  rez  molt  tost, 

tuit  li  mort  seient  aporté, 

si  seront  ars  et  enterré. 
6075     Des  que  il  fu  par  l'ost  noneié, 

ne  se  sont  il  mie  atargié; 

li  un  se  hastent  de  rez  faire 

et  li  altre  de  busche  atraire,  (x^xpenJ-e.^ 

et  li  altre  vont  por  les  morz, 
6080     tuit  i  oevrent  a  grant  efPorz. 

Dis  mil  en  aportent  o  chars, 

es  rez  les  metent,  ses  ont  ars, 

la  poldre  en  est  en  terre  mise 

a  la  lor  lei  et  a  lor  guise. 

6059  m  sen  rist.  —  G060  I  et  après  as  m.  d.;  A  mesages;  G  main- 
tenant. —  6061  G  r.  la  trive.  —  6062  I  je  v.;  EF  nos  e.  s.  —  6065  HIE  ne 
lorv.  —  6067  I  sentrafierent.  —  6068  G  et  li  m.  s.  t.  ;  A  mesage.  —  6069  y 
ce  quont.  —  6070  II  et  des  trives  cont  a.;  I  que  de  t.  —  6071  HI  lors  f.; 
El  crier.  —  6072  y  quil  saparoillent  tôt  m.  t.  (El  omettent  tôt,  que  il; 
I  omet  molt,  q.  i  saparaillassent  t.)  —  607.'{  HIE  que  li,  GF  et  li;  I  cors  fus- 
sent; III  enterre.  —  6074  EF  et  s.;  D  et  si  s.  tuit  e.;  GEFH  soient,  I  fussent; 
III  et  conree.  —  6075  GEF  très;  G  t.  puis  quil;  III  d.  quil  fu  par  tout 
1.  n.  —  6076  H  puis  rien  a.,  I  puis  point  a.,  E  de  rien  a.,  F  pas  riens  a., 
D  puis  plus.  —  6077  y  du  bois  atraire  (GEF  de  busche  a.).  —  6078  y  de 
grant  feu  faire  (E  tost  de  fu  f).  —  6079  III  li  autre  v.  querre  1.  m.  — 
6080  GT)  omettent  grant;  D  t.  i  acorent,  III  ses  aunent,  E  busche  atraient, 
F  buisse  atornent,  G  si  les  atraient.  —  6081  III  en  portèrent;  G.m.  en  i  a.; 
D  a  ch.,  y  en  ch.  —  6082  y  el  feu;  F  jetent.  —  6083  y  ont.  —  6084  I  tout 
a  1.  1.,  G  a  lor  manière. 


UN  ARMISTICE  225 

6085     Cil  del  chastel  font  ensement, 

trenchent  le  bois  comunalment, 

portent  les  morz  et  font  lor  rez; 

il  les  ont  ars  et  enterrez,  ^ 

et  molt  i  firent  grant  servise   -^^-^w^c^    -^dx>n-AZ/5-^ 
6090     a  une  part,  a  la  lor  guise; 

a  l'enterrer  firent  grant  joie 

selonc  la  costume  de  Troie. 

Quant  cil  de  l'est  orent  tôt  fait, 

a  Laurente  se  sont  retrait, 
6095     diënt,  se  ne  revient  Turnus 

dedenz  huit  jorz,  n'i  seront  plus. 

Mais  tant  erra  que  il  i  vint 

ainz  le  quart  jor  et  ses  retint. 

Des  triues  li  pesot  forment, 
6100    ki  duroent  si  longuement, 

et  dist,  se  faillies  esteient, 

li  Troïën  le  comparreient. 
Eneas  ot  fait  enterrer 

toz  ses  homes  qu'il  pot  trover, 
6105     dist  que  Pallas  ne  retendra, 

a  son  père  l'enveiera. 

Apareillier  fist  une  bière,  ' 

ki  molt  fu  riche  et  molt  fu  chiere: 

d'ivoire  furent  li  limon, 
6110    faillie  a  or  des  i  qu'en  som, 

et  les  barres  tôt  ensement 

bien  entailliees  sotilment;  ^;^<i/>-uî.^>n^^aé 

6086  I  le  b.  t.;  D  les  bois;  G  menuement.  —  6087  III  dont  il  fai- 
soient  les  granz  rez,  GEF  a  grant  effors  fisent  lor  fus.  —  6088  III  en 
coi  il  ont  les  mors  jetez,  EFG  lor  (F  les)  mors  portent  sor  lor  escus  (G 
emportent  sor  escus).  GEF  ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  Les  vss.  6089 
et  6090  omis  clans  III.  —  6089  GEF  iluec  firent  molt  g.  s.  (G  iloques 
f.  lor  s.).  —  6090  A  a  la  lor  Ipi  et;  GEF  de  lune  p.  —  6093  Alinéa 
dans  IIIGD.  G  si  fait.  —  6094  I  a  leur  tente;  D  sen  s.;  F  atrait.  —  6095 
G  et  d.  se  ne  v.  T.  —  6096  III  nen  feront.  —  6097  III  M.  t.  e.  Turnus 
quil  vint;  EF  que  il  revint.  —  6098  D  et  sen  revint,  HI  et  les  r.  —  6100 
A  tant  1.  —  6101  A  et  dit;  y  disoit  se  f.  e.  —  6102  D  que  T.;  E  en  c.  — 
6104  D  que  p.  —  6105  AH  dit;  HI  P.  nenterrera.  —  6106  F  a  s.  p.  ains 
lenverra.  —  6107  D  fait.  —  6108  FDI  et  molt  chiere.  —  6110  EF  jus  ques. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  [5 


226  ON  VA   RECONDUIRE 

de  seie  fu  li  cordeïz,    .^o^^I^-lj 

molt  fu  bien  faiz  li  laeeïz. 
6115     Mist  i  un  feltre  Tiriën    ■iju.jihui^^  'hctfû.j^ 

et  un  tapiz  Galaciën; 

de  desus  ot  coite  de  paile,  iùL  aU.  £ilu^mj2_ 

Paris  l'aporta  de  Tessaile;  'y>-uijL»/y^^ 

d'orfreis  fu  brosdee  de  fors, 
6120    quatre  esmals  ot  as  quatre  cors. 

Pallas  vestent  d'un  vestement 

tissu  a  or  molt  maistrement:   ûJùtJL  -yrxolM-^J.^ei^ 

a  Eneas  le  présenta 

Dido,  quant  elle  l'enama. 
6125    Colchier  le  fist  sor  la  litière, 

quatre  destriers  ot  a  la  bière, 

desor  lui  mist  un  covertor 

(onkes  nus  reis  nen  ot  meillor,    ^  ^       p  \ 

Prianz  li  dona  o  sa  fiUe]^^"  Mf^^  ^  ' 
6130    et  d'une  ehace  volatille    cAcuc^tL^  [J) 

puis  fist  desus  un  aombrail  /j,!^,,^^^^,^^^  ^  Uj^cAe_ 

tôt  environ  come  buschail.  i[hxf>i^  C^,) 
-j-ffuJt,  tx-  ciuJL,  Quant  que  Pallas  aveit  conquis, 
^         ainz  que  Turnus  l'eust  ocis, 
6135     devant  lui  volt  faire  porter 

por  sa  proece  demostrer. 

Puis  fist  monter  sor  les  destriers 

des  i  qu'a  trois  cenz  chevaliers, 

ki  tuit  aillent  avuec  le  mort; 

6113  et  6114  intervertis  dans  HI.  —  6114  D  m.  bien  f.  f.  —  6115  HI 
enz  un  f.  T.  —  6116  HI  un  feutre  G.  —  6417  H  desoz  ot  mis,  I  d.  d. 
mist;  EF  de  desous;  D  une  coûte  ot  desoz;  G  desos  avoit.  —  6119  D 
dor  f.  b.  par  d.,  HI  d.  b.  par  d.  hors;  EF  brosdes  de  d.  —  6121  y  P.  avoit 
u.  V.  —  6122  HI  cosu.  —  6124  HI  primes  la  ama.  —  6125  HI  sus;  G  s.  celé 
bière.  —  6126  G  cevax  ot  asses  ot  bons  a  le  litière;  D  mist.  —  6127  III  par 
desus  m. —  6128  HIEF  n.  homs  ne  vit  (F  sot);  G  not  son  paror.  —  6129 
HIEF  le  d.  a  s.  f  —  6130  HI  cortine  ot  de  soie  soutille,  D  et  une  chiere  v., 
GEF  dun  drap  de  soie  molt  soutille.  —  6131  D  mist  dedesor  a  un  ombrail; 
III  et  dedesus  fait,  EF  et  fist  desor,  G  f.  par  desor;  y  un  abitail.  —  6132 
G  c.  un  b.  y  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  6135  A  f.  aporter,  HI  f. 
mener.  —  6136  A  remenbrer.  —  6137  G  p.  a  fait  m.  es  d.;  HI  sus  1.  d.  — 
6138  HIEF  a  .XXX.,  D  a  .mi.  eh.;  G  dusqua  .xl.  ch.  —  6139  H  qui  tuit  en 
vont  a.  1.  m.,  I  qui  t.  alerent  o  1.  m.,  G  qui  tôt  en  voisent  od  le  m. 


LE   CORPS   DE  PALLAS  227 

6140    n'i  a  celui  eierge  ne  port 

et  ne  face  armes  porter 

por  plus  seiirement  aler. 

Quant  tôt  orent  apareillié, 

Eneas  a  le  mort  baisié, 
6145    parla  a  lui  molt  dolcement, 

mais  il  ne  l'ot  ne  ne  l'entent. 

nPallas",  fait  il,  „flor8  de  jovente, 

ja  mais  n'iert  jors,  ne  me  repente 

que  ça  venis  ensenble  mei. 
6150    Malvaise  guarde  ai  fait  de  tei, 

quant  tu  senz  mei  recoillis  mort;     (^/\£.jCJUiOtJ\>) 

g'en  ai  les  corpes  et  le  tort,    -iouLtMM^ 

encore  en  prendrai  la  venjance, 

0  0  m'espee  o  o  ma  lance, 
6155     del  traïtor  ki  par  boisdie    -jjiXaTÛjL, 

et  par  engin  te  toli  vie.  /xtu>.i^ 

Trop  a  esté  fortune  dure! 

Se  ce  ne  fust  mésaventure,    yyxcuLAuu^ 

ja  ne  fussiez  conquis  par  lui, 
6160    ne  morz  ne  pris,  si  com  ge  cui. 

Tu  aveies  meillor  corage 

et  graignor  pris  de  vasalage, 

mais  nel  pot  mais  sofrir  envie 

que  ne  perdissiez  ainz  la  vie 
6165    que  eusse  conquis  la  terre 


6140  HT  par  compaignie  et  par  déport;  G  il  ni  a  cel.  —  6141  Hl 
mes  tuit  font  leur  a  p.;  G  et  qui  ne;  D  facent.  —  6142  HI  errer.  —  6143 
Alinéa  dans  G.  —  6144  I  lessie.  —  6145  HI  a  lui  p.;  D  o  lui.  —  6146  y 
cil;  D  lot  pas  ne  entent.  —  6147  HI  Alinéa.  —  6148  E  ja  n.  m.  j.;  F  men. 

—  6149  HID  que  ci  v. ,  G  que  tamenai;  DHI  e.  o  moi.  —  6150  D  Bien 
deusse  penser  de  toy. —  6151  HI  receus. —  6152  EF  jouai.  —  6153  F  e. 
en  prenderai  v.,  E  encore  e.  p.  v.,  D  ja  em  preisse  1.  v.  —  6154  HI  a  mes- 
pee,  D  ou  a  m.  ;  GEF  u  de  m.  u  de  ma  1.;  DHI  ou  a  m.  1.  —  6156  D  vous. 

—  6157  y  Halas  (GEF  Ahi)  dolent  (F  chaitis)  quel  aventure;  D  t.  ta  e. 
G  intercale  deux  vers.  Y.  les  notes.  —  6158  HI  Se  ne  fust  par  m.;  D  f. 
malle  a.  —  6159  y  par  foi.  —  6160  y  ge  croi.  —  6161  A  molt  bon  c, 
HI  plus  vaselage.  —  6162  GF  millor;  HI  que  Tumus  et  meillor  c.  — 
6163  HI  m.  ne  pooit  s.  e.,  GEF  m.  ne  le  pot  s.  —  6164  I  que  tu  ne  p. 
1.  V.  —   6165  HI  q.  jeusse;  G   conquise  terre. 

15* 


228  LAMENTATIONS 

ne  finee  par  tei  la  guerre. 

Quant  eîisse  le  tôt  conquis, 

ge  te  partisse  le  pais. 

De  tei  est  or  la  terre  quite,    ouÙJttu. ,  HMJUrruj^ 
6170    la  toe  parz  en  est  petite. 

Grant  duel  porra  aveir  tes  père, 

freide  novele  orra  ta  mère, 

quant  de  ta  mort  lor  iert  noncié. 

Le  jor  que  ge  pris  d'els  congié, 
6175     les  aseiirai  ge  de  tei 

qu'en  bataille  ne  en  tornei 

ne  sereies  senz  mei  ocis. 

Or  es  tu  morz  et  ge  sui  vis, 

menti  lor  ai  tôt  plainement. 
6180    II  seront  mais  toz  tens  dolent; 

lor  vie  ai"misë  en  tristor, 

ja  mais  joie  n'avront  nul  jor; 

il  se  plaindront  toz  tens  de  mei, 

car  mal  les  ai  menez  de  tei. 
6185     Amis,  ne  sai  que  ge  te  die; 

molt  par  est  fraile  ceste  vie; 

tant  estiez  bels  ier  matin, 

soz  ciel  n'aveit  plus  gent  meschin, 

en  poi  d'ore  te  vei  mue, 
6190    pâli  et  tôt  descoloré: 

ta  blanchors  est  tote  nercie 

et  ta  colors  tote  persie.    cLu^^t^y-uiu,  i/iuc 

Bêle  faiture,  gentiz  chose, 

6166  EF  se  (E  de)  finasse;  GEF  ma  g.  —  6167  D  q.  e.  je  tôt,  IGEF 
q.  jo  eusse  (I  leusse)  tôt;  H  jeusse.  —  6168  I  je  dep.  —  6170  GDHl  ert.  — 
6171  Alinéa  dans  D.  —  6172  y  maie  n.  —  6174  A  p.  lo  c.  —  6178  A  Ja 
e.  t.  m.  —  6179  HI  a.  de  (H  du)  couuenant.  —  6180  G  Or  e.;  HI  Touz  jours 
mes  en  seront;  GEF  erent.  —  6181  D  lor  v.  a.  mue  e.  t. ;  A  1.  joie;  y  en 
grant  t.  —  6182  HI  nauront  joie;  G  narai  .i.  jor.  —  6184  HI  que  mal  bailliz 
les  ai  d.  t.  —  6186  III  mauvaise  et  fleble  est  nostre  vie;  A  flaire,  EF 
feble.  —  6187  GEF  t.  par  e.;  EF  hui  m.  ~  6188  E  el  mont;  IIIFD  plus 
bel,  G  si  gent.  —  6190  y  noirci;  H  n.  tout  et  d.,  I  tout  n.  et  d. ;  G  et 
molt  d.  —  6191  HI  la  blanchor  de  toi  est;  G  rogie.  —  6192  HIFD 
rogours;  III  la  r.;  I  t.  efifacie.  —  6193  D  Clere  f.;  y  Douce  jovente  g.  ch.; 
A  gente  c. 


i 


D'ÉNÉE  229 

si  com  solelz  flestrist  la  rose, 
6195     si  t'a  la  mort  molt  tost  plaissié    oJ>CL^tu, 

et  tôt  flestri  et  tôt  cliangié. 

De  tant  est  plus  mes  cuers  dolenz, 

quant  tu  ne  m'oz  ne  ne  m'entenz; 

tu  ne  me  respondreies  mie. 
6200    Ge  ne  sai  plus  que  ge  te  die; 

t'ame  n'ait  peine  ne  ahans, 

ainz  ait  es  Elisiëns  chans, 

iluec  0  li  buen  home  sont, 

delà  le  grant  enfer  parfont. 
6205    II  n'a  guaires  que  ge  i  fui, 

mon  père  vi,  parlai  a  lui. 

La  toe  ame  seit  ajostee  rdUuurJuL, 

0  la  soe  buene  ettree!"  A-c^-^-a^^^^i^^ 

A  tant  se  tôt,  ne  pot  plus  dire, 
6210    al  cuer  ot  duel  et  molt  grant  ire, 

desor  le  mort  chaï  pasmez, 

et  quant  il  s'en  fu  relevez, 

le  mort  baisa  tôt  en  plorant. 

La  bière  fist  aler  avant, 
6215    adonc  les  a  mis  a  la  veie. 

Fors  de  son'  chastel  les  eonveie,    Ouc^emnftû-QTJL. 

une  grant  lieue  tote  entière 

ala  a  pié  après  la  bière; 

sa  genz  le  firent  arester, 

6194  y  de  vos  est  corne  de  la  rose  (G  si  est  de  toi,  EF  ansi  d.  t.). 
y  ajoute,  six  vers.  V.  les  notes.  —  6195  111  aussi  ta  la  mort  tost  brûle; 
A  tôt  tost;  GEî"  mue.  —  6196  IlIF  et  tost  (F  tôt)  nerci,  GE  et  t.  cangie; 
III  et  tost  mue,  GEF  et  tost  bruUe.  —  0197  et  6198  intervertis  dans  111. 
EF  e.  m.  c.  p.  —  6198  111  las  tu,  F  que  tu;  11.  tu  ne  ne  m.;  D  point  ne 
mentenz.  —  6199  y  a  moi  (GEF  et  moi)  ne  respondras  tu  mie  (GEF  res- 
ponderas  mie),  D  et  que  tu  ne  me  respons  mie.  —  6200  1  s.  mes.  —  6201 
A  poines.  —  6202  y  ainz  soit;  GEF  en  joie  mais  tos  tans,  1  es  delicieus  ch.  — 
6203  et  6204  omis  dans  D.  —  62u4  Hl  de  ca,  GEF  oltre.  —  6205  1 11  ni  a  g. 
que  gi  f.  —  6206  HIDGE  p.  i  v.  —  6208  HIDG  a  la;  HID  beneuree.  —  6209 
Alinéa  dans  D.  —  6210  G  a  duel;  D  ot  molt  de  duel  et  dire,  1  ot  grant  d. 
et  grant  i.;  G  fort  i.  —  6211  EF  d.  1.  cors.  —  6212  D  en,  y  se.  —  6214 
III  Puis  fist  1.  b.  a.  a.  —  6215  A  se  les  a  donc,  HI  lors  les  a  tuit  (H  lores 
les  a).  —  6216  I  et  hors  du  ch.  les  c,  GEFH  f.  du  ch.  les  en  c.  —  6218  EF 
ala  avant;  D  a.  après  euz  a  1.  b.  —  6219  GEF  le  font  iluec  ester. 


230  ARRIVÉE  A  PALANTÉE 

6220    le  mort  laissa  avant  aler, 

et  quant  il  vint  al  départir,   ^c^e^oux^iihjiirJ 

maint  plaint  geta  et  maint  sospir. 

Onkes  ne  s'en  volt  retorner 

tant  com  le  pot  veeir  errer.  "Wru^    ')nr.ùJ^xJ\MJ^ 
6225     Quant  il  en  perdi  la  vetie, 

a  molt  grant  enviz  se  remue,  uioi.UiA  s/â. 

retorna  s'en  a  molt  grant  peine, 

sa  gent  a  Montalban  en  meine. 

Cil  0  le  mort  vont  a  ^p^leit    oa^^ul,  jj^j^j^.,  . 
6230    a  Palantee  trestot  dreit;  ov\t/r>t. 

et  jor  et  nuit  ont  tant  erré 

qu'il  sont  venu  a  la  cité. 

Le  donjon  virent  et  la  tor 

par  matinet  oël  le  jor,      e^^r^  '>>nA-»r^^  34^»7yu^  ocul 
6235    et  si  com  li  solelz  leva, 

la  bière  en  la  cité  entra. 

La  novele  fu  tost  oïe, 

la  vile  en  est  tote  estormie,   A  ^jujt  aJxuumXa^ 

contre  le  cors  li  borgeis  corent 
6240    et  les  dames  crient  et  plorent; 

tuit  regretent  le  dameisel. 

Li  reis  ert  amont  el  chastel, 
^xtru^   el  bore  oï  la  noise  grant, 

il  i  enveia  tost  corant 
6245     saveir  dont  celé  noise  esteit, 

de  quel  la  genz  s'estormisseit. 

6220  D  atant.  —  6221  HIEG  ce  vint.  —  6222  F  m.  plor.  —  6223  A 
pot;  I  arester.  —  6224  EFHI  les  p.;  HI  aler.  —  6225  y  et  quaut;  I  il  ot 
perdu,  E  il  en  pert;  GFH  omettent  il.  —  6226  III  encor  a  anuis  (I  a  en- 
viz encore)  se  r.,  E  molt  par  envis  dont  se  r.,  F  m.  a  envis  en  par  r. ,  G 
m.  par  a  e.  s.  r.  —  6227  A  retorne;  D  a  quelque  p.  —  6228  y  a  M.  s. 
g.  en  m.;  G  remaine.  —  6229  et  6230  sont  placés  dans  G  après  6256.  A 
Cist.  —  6231  A  que  jor  que  nuit,  D  le  j.  la  n.  —  6232  D  que  prez  furent 
de,  y  que  il  vindrent  en.  —  6233 — 6237  omis  dMns  y.  —  6234  D  aveuc.  — 
6235  A  issi.  —  6237  HI  Quant  la  n.  f.  o.;  D  fust.  --  6238  III  la  ville  fu 
t.  e.,  GEF  dont  1.  v.  fu  e.  —  6239  D  vont.  —  6240  D  c.  amont.  —  6241  III 
et  r.;  GEFD  lor  d.  —  6242  y  estoit  sus  el  eh.  —  6243  et  6244  omis  dans 
EP.  —  6244  GHI  il  e.  molt  t.  c;  D  envoie.  —  6245  EF  il  ne  sot  dont  li 
n.  e.  —  6246  y  por  coi;  GF  estorm. 


DU   CONVOI  FUNÈBRE  231 

Cil  cui  li  reis  i  enveia 

vint  ariere,  se  li  nonça 

que  ce  esteit  ses  fiz  Pallas: 
6250    mort  l'i  renveot  Eneas, 

le  duel  en  meinent  li  borgeis. 

Quant  la  novele  oï  li  reis, 

ses  crins,  qu'il  ot  blans  et  clienuz, 

a  ses  deus  mains  a  derompuz, 
6255     sa  barbe  arachë  a  ses  deiz, 

il  s'est  pasmez  plus  de  vint  feiz, 
-WûJi^fJL.  hurte  son  chief,  débat  sa  chiere,     -ùtxh    -ùCl.  -Uj^^uj^a^ 
^  plorant  en  vait  contre  la  bière. 

Et  quant  l'ot  dire  la  reine, 
6260    son  vis  depiece  et  sa  peitrine, 

de  la  chanbre  ist  el  palais  fors 

et  vait  corant  contre  le  cors, 

eschevelee  et  tote  pale.     j£aA^\/ tÂJUL, 

Enz  el  porche  devant  la  sale, 
6265    la  encontra  son  fil  li  père, 

de  l'altre  part  i  vint  sa  mère; 

de  desor  lui  mil  feiz  se  pasment 

et  toz  les  deus  chosent  et  blasment,    ^Vi/iM/i^t^a^^^y^ 

ki  chascun  jor  lor  comandoent, //U-c.^r>rv>Txct.'ri<:^L«/^  3 
6270    a  lor  altels  sacrefioent, 

que  lor  enfant  lor  guarantissent, 
en  bataille  le  deffendissent. 


6247  FD  que.  —  6248  D  vinrent  arrier;  I  racouriit  et  le  1.  n.;  GEFH  ra- 
cort  a  lui.  —  6249  y  Pallas  ses  fiz.  —  6250  y  li  pros  li  biax  et  li  gentis. 
y  ajoute  deux  vers.  Y.  les  notes.  —  6252  I  entent,  H  ot.  —  6253  A  les  c; 
D  que.  —  6254  A  o  ses.  —  6255  HE  esracha,  D  enr.  ;  G  e.  tote  a.  d.  — 
6256  GF  il  est,  HI  si  s.;  D  il  se  pâme;  GEF  .m.  f.  —  6257  G  li  rois  hurte 
et  d.  s.  c.;  I  et  bat.  —  6258  I  ala.  —  '6260  EF  son  pis;  HI  deront,  E  dé- 
bat. —  6262  E  et  p.  V,;  y  plorant.  —  6263  HI  e.  et  morne  et  pale,  G  e. 
tainte  et  p.  A  omet  et.  G  e.  tainte  et  pale.  —  6264  D  En  la;  ED  porte, 
F  porcil.  —  6265  EF  encontre.  —  6266  F  et  dautre  p.;  GHD  la  m.  —  6267 
HI  andeus  s.  1.,  GF  par  d.  1.,  E  deseure  1.,  D  de  dessuz  ;  GIIEF  .c.  f.,  I  .xx. 
f.;  D  se  pâme.  —  6268  H  molt  forment  b.  ;  I  et  trestouz  leur  diex  forment 
b.;  D  en  chose  en  blâme.  -  6269  EF  u  ch.  ;  D  li  c,  HIEF  le  c,  G  les  c.  — 
6270  IltDGF  autel.  —  6271  III  que  il  1.  e.  1.  garissent,  D  q.  1.  e.  garantesis- 
sent;  GEF  garesissent.  —  6272  D  et  de  mort  le  d.,  G  et  en  b.  d. 


232  DOULEUR 

A  l'uis  devant  la  sale  fors, 
iluec  ont  descendu  le  cors; 

6275     enz  el  palais  l'en  ont  porté, 
mil  cierges  i  ont  alumé. 
Li  Troïën  vindrent  avant, 
al  rei  firent  un  présent  grant, 
menez  11  ont  cinc  cenz  chaitis 

6280    liez  que  Pallas  aveit  pris; 
r^^-^^y^jf-xi^^rUi    mostrent  les  armes,  les  destriers 
a  plus  de  deus  cenz  chevaliers, 
que  en  bataille  aveit  morz  toz; 
recontent  li  com  il  fu  proz, 

6285    com  il  faiseit  chevalerie, 
come  Turnus  par  félonie 
MJ^j\-f-^\^       le  dessota  tant  qu'il  l'ocist. 
Mostrent  la  plaie  qu'il  li  fist, 
d'un  grant  paile  liëe  esteit. 

6290    Duel  ot  li  reis  quant  il  la  veit, 
ne  la  puet  la  mère  esguarder. 
Quant  il  oïrent  reconter 
de  lor  enfant  tels  vasalages, 
tels  proeces  et  tels  barnages, 

6295    n'est  merveille  se  duel  menoent 
père  et  mère,  ki  tant  l'amoent; 


6273  Alinéa  dans  HI.  y  d.  1.  s.  a  luis  de  fors.  —  6274  EF  descen- 
dirent iluec  le  mort  (F  mors)  ;  G  descendu  ont  i.  —  6275  H  ou  ^rant  p. 
len  o.  p.  ;  A  p.  lont  aporte.  —  6276  Hl  maint  grant  c.  i  o.  a.,  E  et  cent  c. 
o.  a.,  F  et  c.  grans  o.  a.,  G  mil  c.  grant  sont  a.  y  ajoute  deux  vers.  V.  les 
notes.  —  6277  Alinéa  dans  GEFD.  —  6278  III  un  grant  p.  —  6281  I  a.  et 
les  d.  —  6282  HI  .v.  c.  —  6283  A  quen  la  b.  ;  G  après  li  content  com 
ert  pros.  —  6284  F  molt  li  content  ,quil  estoit  prous,  G  car  il  les  avoit  ocis 
tos;  E  com  estoit  p.  —  6285  G  content  de  sa  ch.  —  6286  G  et  com;  I  par 
grant  envie.  —  6287  D  le  deffia  quant;  F  le  jetât  mort  que  il;  HIGE  lagaita 
tant  que  il  1.  —  6288  G  mostrent.  —  6289  III  d.  bon  samit,  EF  d.  gent  p.  ; 
D  dont  grant  plaie  li  estoit;  A  estroit.  —  6290  EF  com  il.  y  intercale 
deux  vers.  V.  les  notes.  —  6291  HIG  la  mère  nel  puet  e.,  EF  or  nel  pueent 
mes  e.  ;  D  pot.  —  6292  G  looient.  —  6293  A  tant  v.,  HI  le  vasselage,  EF 
tel  vaselage.  —  6294  A  tant  p.  et  tant  b.,  III  si  grant  prouece  et  tel  bar- 
nage,  I  sa  g.  p.  et  son  b.,  D  telle  proece  tel  b.,  EF  et  tel  proece  et  tel 
barnage  ;  G  ne  t.  b.  —  6296  GEF  car  molt  1. 


I 


d'euander  233 

de  tant  corne  cil  plus  valeit, 

ki  plus  l'amot  plus  le  plaigneit. 
Devant  son  fil  li  reis  s'estot 
6300     et  en  plorant  se  tlementot. 

,Bels  fiz",  fait  il,  „trop  ai  vescu, 

quant  ai  le  tens,  le  jor  veu 

que  tu  es  movz  et  ge  sui  vis. 

Ki  niaintendra  or  mon  païs, 
6805     mon  reaime,  tote  m'enor, 

dont  tu  fusses  eirs  alcun  jor? 

N'ai  mais  enfant  ki  mon  règne  ait 

ne  nul  baron  ki  me  manait, 

car  tuit  sevent  bien  mon  poeir 
6310    et  vielz  oem  sui,  si  n'ai  nul  eir, 

n'avront  mais  rei  de  mon  lignage, 

ki  sire  seit  par  eritage. 

Por  tei  cherrai  en  grant  vilté    ^ruMA-i^ 

tôt  le  sorplus  de  mon  aé." 
6315     Forment  se  dementot  li  père, 

de  l'altre  part  plorot  sa  mère. 

„Bels  fiz",  fait  el,  „tant  mar  vos  oi, 

vostre  vie  a  duré  molt  poi. 

Mar  vi  onkes  les  Troïëns, 
6320    plaindre  m'en  puis  mais  d'els  toz  tens. 

6297  m  c.  il,  GF  corn  icil;  F  miels.  —  6298  D  plus  1.  et  plus  1.  pi.; 
E  et  tant  plus  fort  le  eomplaignoit  ;  A  lan  pesoit.  —  6299  sans  alinéa  dans 
A.  yD  estoit.  —  6301  I  dist;  G  molt.  —  6302  A  ne  t.  ne  j.;  H  q.  jai  tens 
ne  le  j.  v.,  I  q.  le  pens  quai  le  j.  v.;  F  q.  tai;  GEF  et  t.  et  jor  (E  liu)  v.  — 
6303  E  Quant  tu.  —  6304  HIEF  m.  mes  cest  p.,  D  m.  mais  m.  p.,  G  m.  icest. 
—  6305  y  (sauf  F)  et  tote.  —  6306  y  rois,  D  loir  ;  HI  et  seignor,  EF  a 
ton  j.,  D  chascun  j.  —  6307 — 6311  omis  dans  HI.  G  M.  n.  ;  D  Je  nai  e.  — 
6308  F  ne  mais  b.  ;  A  qui  noiant  ait.  —  6310  DF  que  v.  —  6311  I  navoit 
plus  oir  en  m.  1.  ;  H  ni  a  plus  oir,  GEF  nai  mais  home ,  D  n.  m.  hoir.  — 
6312  I  sires  fust;  F  de  miretaie,  GD  par  liretage,  HI  de  leritage.  —  6313 
DGEF  Par;  I  en  g.  folage,  G  en  ma  v.  —  6314  A  toz  les  jor  s  mes; 
I  aage.  GEFD  ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  —  6315  Alinéa  dans 
GHID.  HI  Molt  demaine  grant  duel  1.  p.;  D  Souuent;  EFD  démente.  — 
6316  HI  et  dautre  part  revient;  G  gisoit;  EFHI  la  m.  —  6317  GEF  omettent 
Bels;  HID  omettent  tant;  yD  ele;  EF  si  m^r;  HI  v.  vit,  D  v.  voy.  —  6318 
HI  a  d.  petit.  —  6319  I  vistes  o.  T.  —  6320  HI  p.  m.  porrai  mes;  E  que 
p.  men  puis  a  tous  tens  ;  A  me  ;  GF  ja  mais  1. 1.  ;  D  puis  de  euz  t.  t. 


234  LAMENTATIONS   DE 

Onkes  n'oï  d'els  se  mal  non 

et  félonie  et  traïson. 

Maldite  seit  loi*  sorvenue, 

tote  ma  joie  en  ai  perdue. 
6325    Fiz,  vos  l'avez  chier  comparée, 

lor  raale  fei  vos  ont  mostree; 

il  vindrent  ça  por  secors  querre, 

car  molt  erent  grevé  de  guerre; 

onc  Euander  ne  me  volt  ereire, 
/^/vXu-^rwu  )      ^^^^     ^  ^^^  ^^^  ajosta  en  eire,   s/^uacLt, 

et  avuec  els  vos  en  menèrent. 

Malvaise  fei  vos  demostrerent, 

mar  les  conui  et  mar  les  vi! 

Poi  a  que  tornastes  de  ci, 
6335     or  vos  en  ont  enveié  mort; 

a  nos  en  font  malvais  confort: 

ci  nos  enveient  tel  présent 

0  a  malvais  restorement,  c©ynAi,t-yvû^iA^>v» 

et  ces  prisons  ses  conqueïstes, 
6340     et  se  en  bataille  oceïstes 

par  proece  les  chevaliers 

dont  vei  les  armes,  les  destriers, 

tant  lor  espleitastes  vos  plus, 

molt  en  afebleia  Turnus. 

6321  I  O.deus  noi;  D  0.  n.  par  eulz  s.  m.  n.  —  6322  A  et  folie,  I  et 
fausete.  —  6323  et  6324  omis  dans  GEF;  après  le  vers  6322  ils  en  inter- 
calent d'autres.  V.  les  notes.  —  6324  I  jen  ai  t.  j.  p.,  D  t.  j.  y  ai  p.  —  6325  yD 
compare.  —  6326  III  vous  a  grève,  GEFD  v.  o.  mostre.  —  6327 — 6330  inter- 
vertis dans  I:  6328.  6329.  6327.  6330.  I  quant  v.  —  6328  H  coitie.  —  6329 
GEF  nel  volt  laissier.  —  6330  HI  a  eus;  GEF  por  moi  aine  ne  soi  (F  nen 
sot)  tant  plaidier  (G  aine  tant  nel  seu  prier),  D  ceuz  vous  aiousta  en  laroire. 
GEF  ajoutent  6  vers.  V.  les  notes.  —  6331  HI  ensemble  o  eus,  GEF  et  vif 
et  sain.  —  6334  I  vos  i  portèrent,  D  vos  i  mostr.  —  6335  D  renvoie.  — 
6336  H  done  vos  ont,  I  rendu  nous  ont.  —  6337  E  qui.  —  6338  F  Ahi  m. 
r ,  E  ci  a  m.  r.;  A  recovrement.  —  6339  H  c.  p.  que  vos  c,  I  ces  prison- 
niers q.  c,  EF  se  vos  ces  presens  c,  G  et  cel  p.  si  c,  D  et  c.  p.  les  oc- 
ceistes.  —  6340  EFI  et  en  b.  o.,  D  et  sa  b.  o.,  G  en  b.  sis  c,  H  en  b.  et  o., 
A  et  sen  b.  les  presistes.  —  6341  III  ce  dient  ,ii.  c.  ch.  ;  GEF  cent  ch.  — 
6342  I  et  les  d.;  F  les  a.  d.  —  6343  HI  de  tant  les  avez  vengiez  p.,  GEF 
tant  e.  v.  els  p.  —  6344  HI  que  (I  et)  plus  en  est  foible.,  GF  et  plus  en 
afaibli,  D  m.  en  i  aâaibi,  E  plus  e.  a. 


LA  MÈRE  DE  PALLAS  235 

6345    Vos  estes  morz  en  lor  servise; 

ne  sai  entendre  en  nule  g-uise    c.ayr\4i^i£>rul^\A^ 

quels  proz  seit  cist  confortemenz,   a.va^>-i*^«, 

anceis  nos  fait  molt  plus  dolenz, 

car  or  savon  le  vasalage 
6350    ki  ert  en  vos  et  le  barnage: 

tant  com  vos  oon  plus  loer, 

de  tant  nos  en  deit  plus  peser, 

Ja  mais  noz  deus  ne  preierai 

ne  mais  enor  ne  lor  ferai; 
6355    ja  n'avront  mais  de  mei  servise. 

Mal  ai  or  fait  le  saerefise 

que  lor  faiseie  chaseun  jor 

molt  haltement  a  g-rant  enor;     coJjO-l,    ^>^-cujLcec<J:i  dUL 

0  il  ont  esté  endormi  Cju^J^/rrusruu^ 

6360     0  mes  preieres  n'ont  oï 

0  ne  pueent  home  salver, 

guarantir  vie  ne  tenser. 

Il  m'ont  mostré  molt  malement 

qu'il  se  sorpuissent  de  neient.     -iuuuijur^t    C-Cl^clM-ùl^ 
6365    Fiz,  fait  vos  ont  malvaise  aïe, 

molt  vos  ont  poi  guardé  la  vie. 

Lasse,  ja  n'avrai  mais  confort 

de  ma  tristor  jusqu'à  la  mort; 

tote  menrai  ma  vie  en  duel, 
6370    la  morz  me  prendreit  ja  mon  vuel."  xuJ-à^nj  ovvAri-/  AjLl*^ 

6345  I  §crvises.  —  6346  III  ne  puis;  I  guises.  —  6347  HI  que  p.  s. 
li  c.  ;  A  quel.  —  6348  E  nos  en  fait  p.  d.,  D  f.  le  cuer  d.,  F  n.  ai  f.  p.  d.  — 
6349  et  6350  omis  dans  HI.  G  c.  nos.  —  6350  A  est;  GEF  toi.  —  6351  EF 
plus  vos;  I  de  tant  com  vous  pueent  1.  —  6352  E  et  tant;  F  omet  de,  d. 
il  p.  p.  —  6353  EF  nus  deus  nen  amerai;  GHI  nul  deu  naorerai.  —  6354 
m  n.  e.  mais ,  GEFD  ne  ja  e.  —  6355  HI  ja  mais  n.  ;  D  omet  ja,  nau- 
ront  mes.  —  6356  EF  m.  lor  ai  f.  tant  s.,  D  mar  ai  dit  sauf  le  s.,  GHI  m. 
a.  0.  salf  le  s.  ;  A  lor  s.  —  6357  G  faisoies.  —  6359  F  villeraent  estes.  — 
6360  A  que  ra.  p.  —  6363  HI  mostre  mauvaisement.  —  6364  HI  que  il 
puissent  onques  noient,  D  que  il  se  puissent  de  naient.  —  6365  GEF  molt 
maie  aie.  HI  intervertissent  les  vss.  6365  et  6366.  —  6366  HIEF  m.  p.  v.  o. 
sauve;  D  tense;  A  an  v.  —  6367  EF  ja  mais  n.  c.  —  6369  A  toz  tens 
manrai,  HI  t.  userai,  D  t.  métrai.  —  6370  GEF  prendereit  m.  v.;  D 
prengne  or  le  veil. 


236  MISE   EN   BIÈRE 

La  reine  se  dementot, 

li  reis  molt  sovent  se  pasmot; 

ki  lor  veïst  ce  duel  mener 

ne  se  tenist  ja  de  plorer. 
6375        Li  reis  fist  ses  serjanz  venir, 

son  fil  rova  ensevelir 

a  la  costume  de  lor  lei, 

com  l'en  deit  faire  fil  de  rei. 

Premièrement  l'ont  despoillié 
6380    de  toz  ses  dras  et  desclialcié,   cU-cJ\m.imcuu^ 

le  cors  et  la  plaie  ont  lavé, 

primes  de  vin,  puis  de  claré. 

Ja  ert  alkes  nerciz  et  pers; 

d'un  drap  de  seie  l'ont  bien  ters,  /u^xujuuu^ 
6885     ses  blois  chevels  li  ont  treciez; 

enprés  fu  aromatisiez. 

Il  ert  molt  bels,  barbe  n'ot  point. 

De  fresc  basme  l'ont  il  bien  oint 

por  ce  que  puis  ne  porreïst 
6390     ne  maie  odors  de  lui  n'eissist. 

Vestu  li  ont  dras  de  chainsil  ^hkJ.£^  iyta/fxcAa.  et 

que  la  mère  dona  son  fil,  "i^''''^^ 

blialt  de  paile  li  vestirent 

que  treis  de  lor  déesses  firent 
6395     (a  or  l'orent  tôt  entissu), 

et  saldaires  ot  de  bofu  ;  ÂcrvU.  cL  '  ij^^Ht^ 

6371  sans  alinéa  dans  IIIE.  G  molt  d.;  F  soupiroit.  —  6372  HIE  et 
li  r.  s.  s.  p.,  G  1.  r.  s.  se  repasmoit,  F  1.  r.  s.  s.  desmentoit.  —  6373  HI 
V.  duel  démener,  GEF  v.  ce  démener.  —  6374  II  pas  d.  p.,  I  nus  d.  p.  y 
intercale  6  vers.  V.  les  notes.  —  6375  sans  alinéa  A.  —  6376  III  comande. 
—  6377  F  le  loi.  —  6378  A  comme  lan  devoit  faire  r.,  F  si  comme  on  doit 
faire  roi,  G  si  com  1.  d.  f.  de  roi.  —  6380  I  et  après  si  lont  d.  —  6384  GEF 
fu  b.  t.,  D  1.  esters.  —  6385  EF  blons;  AD  trenchiez.  —  6386  F  et  puis 
Ion  a.  -^  6387  HI  Lors  fu  plus  b.,  G  II  ert  joveues;  A  ni  p.  —  6388  I  et 
après  de  b.  1.  o.;  II  de  fin  b.  1.,  GEF  de  bon  b.;  DU  tout  enoint,  F 
omet  il.  —  6389  A  pas  ne.  —  6390  y  ne  nule.  —  6391  y  la  mère  fait  vestir 
son  fil.  —  6392  III  dune  chemise  de  chainsil,  E  jusques  as  pies  dun  buen 
cainsil,  GF  del  cief  as  pies  de  bon  cainsil.  —  6393  A  b.  de  porpre.  — 
6394  GHI  q.  t.  gentes  puceles  f.,  EF  q.  t.  damoiseles  tissirent.  —  6395  A 
et  dor  ;  D  lavoient  tout  t.  —  6396  HI  les  ehauces  furent  de  b,,  D  essau- 
daires  ont  de  bout  fu;  GEF  li  suaire  fu;  EF  dun  b. 


^  DU   CORPS   DE   PALLAS  237 

espérons  d'or  li  ont  chalciez    lKcuuju^ 

de  bon  orfreis  encorreiez.  ^UtcicKtit^  ûcuJ  ûU^  ùsn^c^^^Mi. 

Tôt  le  conreient  corne  rei,  /.o^-fy^#^y,/ 
6400    anel  li  mistrent  a  son  dei, 

pierre  i  ot  buene,  un  chier  onicle.   crru^ 

Vestu  li  ont  sor  en  conicle, 

el  ehief  li  metent  la  corone; 

li  reis  son  esceptre  li  done, 
6405     et  quant  il  l'ont  tôt  eonreé 

al  temple  as  deus  l'en  ont  porté. 

Iluec  firent  grant  sacrefise 

a  la  lor  lei  et  grant  servise.  -ùt^r^nnujL.   ~jjuu>ruib\Â~ 

Defors  le  temple  a  une  part 
6410    ot  fait  li  reis  par  grant  esguart     ûcui^   nùi^&CuJxlor^  (7  ) 

une  volte  a  sa  sepolture, 

ki  molt  fu  riche  a  desmesure. 

Forment  par  esteit  bels  li  leus 

et  toz  i  ert  prez  li  sarqueus; 
6415    iluec  cuida  que  il  geiist, 

li  reis,  quel  ore  qu'il  morust, 

mais  mis  i  ert  ses  fiz  anceis; 

de  tant  est  plus  dolenz  li  reis. 

La  volte  esteit  tote  reonde, 
6420    nen  ot  plus  bêle  en  tôt  le  monde; 

n'i  ot  fenestre  ne  verrière   njîjhijL. 

6397  A  ot  an  ses  piez.  —  6399  F  coronent.  —  6400  E  ens  el  doi,  FHI 
en  son  d.;  G  et  li  misent  anel  el  doi.  —  6401  y  asis  i  ont  (HIE  ot)  un 
c.  0.;  HI  bericle.  —  64U2  y  et  dejoste  un  bon  (G  et  d.  lui  un)  bericle  (HI 
un  molt  chier  oricle),  D  après  li  vestent  son  cunicle.  —  6403  d  6404 
omis  dans  1.  y  misent.  —  6404  y  que  ses  père  li  r.  1.  d.;  AD  eseherpe. 
—  6405  G  et  q.  il  lorent  c.;  I  et  après  si  lont;  HIF  corone.  —  6406  I  et 
el  t.  a.  d.  p.  —  6407  HI  grans  sacrefises.  —  6408  HI  et  les  chancons  et 
grans  servises  (I  et  leur  c.  et  leur  s.)  ;  GE  et  a  lor  1.  ;  GEF  et  a  lor  guise.  — 
6409  Alinéa  dans  GHI.  —  6410  E  ot  li  r.  f.;  Fa  g.  e.,  G  et  p.  e.  —  6411  F 
omet  sa.  —  6412  H  qui  riche  estoit;  GEF  chiere;  I  et  fort  et  dure.  — 
6413  y  molt  estoit  biax  li  ars  volus  (I  voltiz?).  —  6414  HI  et  molt  estoit 
biax  li  s.,  EF  et  bien  ert  pains  (F  ot  paint)  tos  1.  s.,  G  et  molt  est  plains 
tos  1.  s.  —  6415  A  quidot.  —  6416  GHI  de  quel  ore  que  il  m,;  D  que  m.  — 
6417  G  ancois  ses  fis.  —  6418  G  de  ce  fu  li  rois  molt  maris;  HI  tant  en 
est  p.  d.,  F  de  t.  estoit  d.  —  6419  G  fii.  —  6420  HI  navoit  p.  b.,  GEF 
plus  bêle  not  (E  si  b.). 


238  DESCRIPTION 

ne  mais  une  seule  derrière; 

de  jagonces  et  de  beriz,  -{^e^y^ 

d'argent  esteit  toz  li  chassiz.     cAo^jUm» 

6425     De  fors  fu  tote  la  maisiere  yn-cu^ 

de  bon  marbre  saine  et  entière;  dA^Jiajjft* 
aa»A«-A^   cmIl^^^u^         li  quarrd  sont  de  cent  colors, 
Coa^jX^-a-/     taillié  a  bestes  et  a  flors. 
La  coverture  de  desus 

6430    fu  tote  faite  d'ebenus;   jM^njo^ 
une  aguille  ot  amont  levée 
tote  de  cuivre  sororee  ;  cUrjuL. 
tresgeté  i  ot  ti'eis  pomels;    à.UjJif4À^ 
sor  celé  en  som  sist  uns  oisels 

6435    ki  fu  de  fin  or  tresgetez,  MJu^JLf^iU^ 

n'esraut  por  vent  ne  por  orez. 
sfbuM^  La  volte  sist  en  poi  de  leu 
dedenz  fu  peinte  a  or  museu, 
tôt  environ  ot  pilerez 

6440    a  tabernacles  et  archez 

et  altres  uevres  en  peintures 
et  molt  buenes  entailleilres.  OtJ-cùJjLu^ké^ 
Molt  i  ot  or  et  buens  esmals  ^       ^ 

et  chieres  pierres  naturals;^  ^  ûA^f^"^^"^^ 

6445     pilier,  cimaises,  chapitel   cymA«.A^^ 
sont  a  guerfil  et  a  JiQe\,yUjUl^ 
et  li  pavemenz  de  desoz 

6422  F  par  d.  —  6423  et  6424  intervertis  dans  y.  —  6426  G  fors 
et  e.  —  6427  y  mil  c.  —  6428  A  t.  o  biches  et  o  f.,  D  t.  et  deboisie  a  f .  — 
6429  G  par  d.  —  6432  y  de  fin  argent  bien  s.  —  6433  D  .ii.  p.  —  6434  HI 
amont  desus  sist,  A  dedesus  sest  sis,  G  sor  cel  amont  sist;  EF  sor  cens 
en  son  ot  trois  o.  —  6435  EF  qui  dor  fin  furent  t.  —  6436  GIII  por  vent 
ne  muet  ;  D  ne  mue  a  vent  ne  a  ore,  EF  ne  se  muevent  pour  nul  ore.  — 
6437  I  La  ou  se  siet.  —  6438  D  toute  fu  painte  a  or  rauseu,  y  par  estuide 
la  (G  li)  firent  Griu  ;  C  musu,  AB  melu.  —  6439  et  6440  omis  dans  EF. 
GHI  trestot  a  dorez  p.  (G  olvres  p.).  —  6440  GHI  a  arches.  —  6441  EF 
molt  i  ot  0.  et  p.;   D  et  p.,  III  a  p.;    G  omet  en.  —   6442  III  et  a  b.  — 

6443  m  m.  i  avoit  or  et  e.,  E  et  molt  par  i  ot  b.  e.,  F  et  m.  i  ot  de  b.  e.  — 

6444  G  et  bones  p.  —  6445  EF  et  li  p.  et  li  q.;  III  p.  cimentel;  GHI  et 
quarel.  —  6446  HI  s.  tuit  fait  dargent  (I  tieuent)  a  n.,  G  sont  f.  dargent 
et  a  n.,  E  s.  tout  dargent  f  a  n.,  F  s.  dargent  fait  tout  a.  n.  ;  A  guelfil. 


I 


DU  TOMBEAU  239 

d'iris  et  de  cristal  fu  toz. 

Soz  la  volte  dreit  el  miieu 
6450    fist  H  reis  mètre  son  sarqueu 

qu'il  ot  apareillié  por  sei. 

N'estut  querre  meillor  a  rei, 

m  oit  fu  riches  et  m  oit  fu  chiers, 

de  vert  prasme  trestoz  entiers,    ^^-utt    cU.  p<Mj\.^j^ 
6455    Asez  fu  granz  et  clers  et  bels  ^^  ''^'"'* 

et  sist  sor  quatre  lioncels;   Ajum.(uxujLj/i. 

de  fin  or  furent  tresgeté,  AtxxL^'i-M- 

bien  sont  poli  et  neelé, 

asis  furent  as  quatre  cors. 
6460    Iluec  dedenz  fu  mis  li  cors, 

li  bels,  li  genz,  li  proz  Pallas, 

toz  conreez  de  reials  dras 

et  0  l'esceptre  et  o  l'espee. 

La  teste  li  ont  soslevee, 
6465     un  oreillier  ont  desoz  mis 

por  pendre  avant  un  poi  le  vis. 

Deus  cbalemels  de  fin  or  pristrent,    d^c^i' ^ *rr\a rti\.\L 

les  cbiés  dedenz  les  nés  li  mistrent, 

les  altres  deus  en  deus  vaissels, 
6470     li  uns  fu  d'or  merveilles  bels, 

un  sestier  tint  et  neient  meins;    /jaf^u^ 

cil  fu  de  basme  trestoz  pleins;    -^«u^^rr^^ 


6448  D  diriz,  A  dires,  I  distre,  H  dif ;  EF  fu  de  c.  paves,  G  dor  et  d.  c 
fu;  y  trestoz.  —  6449  GEF  Sor;  HI  Dedenz  1.  v.  enz  el  m.;  GEF  qui  en  mi 
fu.  —  6450  D  mètre  soulreu,  HI  fere  le  s.;  EF  son  escu.  —  6451  E  a  soi.  — 
6452  I  nestoit  m.  faire;  H  n.  fere,  F  n.  gaires.  —  6453  HI  m.  f.  r.  et  biax 
et  eh.,  EF  m.  par  fu  r.  et  molt  fiers.  —  6454  HI  dun  vif  basme,  D  un  v. 
p.,  EF  dun  brasme  fu;  G  dun  fin  brasme  fu  tos  e.  —  6455  A  genz;  I  et 
bons  et  b.  —  6456  EF  et  fist  i  paindre;  I  sus.  —  6457  D  orent  t.  —  6458 
I  et  bien  s.  p.  et  n.  —  6459  HI  biau  fu  dedenz  riche  dehors.  —  6460  G 
li  mors.  —  6461  F  li  pros  li  gens.  —  6462  D  couronez;  A  o  r.  d.  — 
6463  GHI  et  ot  le  sceptre  et  ot  1.,  E  et  si  ot  le  c.  et  1.,  F  et  ot  1.  s.  et 
lespee.  —  6465  EF  ot  d.  m.  —  6466  G  el  vis.  —  6467  G  dor  fin  si  p.  — 
6468  Dy  les  .ii.  chies;  y  es  narilles  (EF  narines),  D  enz  el  nez.  —  6469 
Eï'  li  un  de  ces  d.  v.  ;  A  cisiaus.  —  6470  EF  a  merveilles  furent  (F  fu  Êiis) 
dor  biaus.  —  6471  HI  ne  plus  ne  m.;  E  tienent.  —  6472  EF  et  si  f.  d. 
b.  tous  p. 


240  SUITE  DE  LA 

li  altre  fu  d'une  sardine,    ^CLfuJLerujLjp 

et  fu  toz  plains  de  terbentine.  y^^;,X^>.^;>'iMJ/rxe 
6475     Li  vaissel  furent  estopé,   iovu-kA^ 

0  buens  covercles  seelé,  j^  ^j  i^*^. 

que  de  l'odor  n'alast  point  fors, 

se  par  les  sistres  non  el  cors; 

dedenz  lui  aillent  les  odors 
6480    de  cez  espeeiëls  licors;  ^^'^aulh^A' 

toz  tens  le  guarront  de  porrir  ^àt>u\^^Ji^ 
0»ur\^u^  et  de  malmetre  et  de  \^\m\  ùuJLfO 

ja  mais  li  cors  ne  muëreit 

des  i  que  eue  i  tochereit. 
6485     Quant  ce  ont  fait  en  tel  mesure, 

desus  mistrent  la  eoverture, 

ki  fu  tote  d'une  ametiste; 
làrtx/n^kt  ^  CA£jU~     desus  la  creste  ot  une  liste,  iUAfu^    a, 

de  fin  or  fu,  deus  vers  i  ot,  ■àrUi.ùAl^ài^t^r^ 

6490    la  letre  et  li  escriz  sonot:  Aon/mXMjt 

,En  eest  tombel  gist  ci  dedenz 

Pallas  li  proz,  li  bels,  li  genz, 

ki  fu  fiz  Euander  le  rei: 

Turnus  l'ocist  en  un  tornei." 
6495    La  tombe  esteit  alketes  halte;  jx^nj  p£jM 

il  ot  del  betumei  d'asfalte  -Oi^cumû^      cu^JxhcM^ 

al  seeler  la  sepolture. 

6473  A  sarzine.  —  6474  G  qui  t.  f.  p.,  HI  thelemine.  —  6475  G  estobe.  — 
6476  y  de,  D  a;  GEF  noiele.  —  6477  HI  que  la  fleror  nen  alast  fors,  DE 
que  lodor  n.  noient  (D  gaires)  f.;  GF  n.  nient  f.  —  6478  y  le  nés  non 
ens  el  c.  —  6479  D  se  d.  li  vont,  EF  d.  len  voisent;  HI  vont  ices  d.  — 
6480  GEF  de  .c.  e.  —  6481  I  touz  le  guerront,  EF  quil  gariront  bien.  D 
omet  les  vss.  6481—6527.  —  6482  E  et  de  mauvaisement  puir.  —  6483  G 
ni;  HI  muera.  —  6484  HI  devant  que  leue  i  touchera;  E  jusques  iawe;  GF 
liave.  —  6485  I  Car;  A  ot;  G  a  t.  m.,  I  par  t.  m.  —  6486  HI  metent;  EF 
desur  lui  misent  c.  —  6487  et  6488  omis  dans  G.  HI  tote  fu.  —  6488  EF 
■  de  sous;  A  c.  non  mieliste.  —  6489  y  d.  f.  o.  f.  doevre  molt  chiere  (F  fu 
durement  c).  y  intercale  deux  vers.  V.  les  notes.  —  6490  GFHI  qui  ce 
sonent  et  volent  dire,  E  qui  en  roumans  veulent  ce  dire.  —  6493  GF  fils 
fu;  HI  Leander.  —  6494  I  que  T.  o.  e.  t.  —  6495  —  6505  omis  dans  EF. 
I  1.  t.  e.  molt  très  bien  h.,  G  et  li  tombe  e.  alques  h.  —  6496  I  ni  ot  de 
nule  part  de  faute,  H  ni  ot  de  b.  de  faute,  G  il  ot  de  betum  en  la  faite; 
A  dalfalte,  C  dassaut.  —  6497  GHI  a  s. 


DESCRIPTION  241 

Li  betumeis  a  tel  nature:     -ùxJk^^^'^n^ 

la  0  il  est  un  poi  séchiez 
6500    ja  ne  sera  puis  dépeciez,  ûLi-cJxAyxji- 

ne  mais  que  seul  par  une  rien; 

il  n'est  pas  gent  ne  bel  ne  bien 

que  l'en  l'en  ost  apertement,    ofc 
jurù  XiCu^^^M:-     s'a  conseil  non  priveemeni  ^t^*^  ^a^-^iAx^ 
6505    Molt  fu  riche  la  sepolture 

et  molt  par  fu  bien  a  mesure 

al  chevalier  ki  granz  esteit; 

ne  plus  ne  meins  n'i  estoveit. 

Il  ne  remest  pas  senz  velie:  (Lourrùl^xJ^ 
6510    une  lanpe  ot  desor  pendue; 

d'or  esteil  tote  la  chaeine, 

la  lanpe  fu  de  basme  pleine; 

ce  fu  merveillose  richece, 
-t^Jihcrro     de  beston  en  esteit  la  mece,  ■yrve..cJ'\^ 
6515    d'une  piere  que  l'en  alume, 

tel  nature  a  et  tel  costume:  / 

ja  puis  esteinte  ne  sera, 

ne  nule  feiz  ne  desfera.  al~  carvc^u^mjeJ^CL. 

Li  reis  fist  la  lanpe  alumer, 
6520    n'onc  puis  n'i  estut  recovrer;    n^cuxjz.^^ 

cent  feiz  baisa  defors  la  brasme,  Aer^-^  cU.  pc^.^'-ijxjL. 

al  départir  sovent  se  pasme,  n^jB-cce  ci^i 

et  la  reine  grant  duel  fait, 

a  molt  grant  peine  s'en  rêvait. 
6525    Quant  il  furent  tuit  eissu  fors 

6498  GH  Icil  betum;  I  Ot  un  bâtons  de  t.  n.  —  6502  G  et  nest  mie 
ne  bel  ne  bien,  HI  nest  mie  gent  ne  biau  ne  b.  —  6503  HI  que  1.  ne 
lost,  G  que  on  lerront.  —  6505  I  r.  f.  —  6506  GHI  et  fu  asses  longe  a 
m.  —  6508  HI  covenoit.  —  6509  E  san  verrière.  —  6510  HI  1.  i  ert; 
E  u.  1.  i  ot  molt  chiere.  —  6512  G  es  toit.  —  6513  et  6514  intervertis 
dans  HI.  HI  qui  molt  estoit  et  dure  et  sèche;  F  cestoit.  —  6515  G  une 
p.  —  6516  F  del  n.  et  del  c.  ;  G  matere.  —  6517  G  ja  nule  fois  nestain- 
dera.  —  6518  I  ne  pour  ardoir  ne  defrira,  H  ne  ja  de  rien  ne  defira;  E 
dekerra.  —  6519  Alinéa  dans  G.  —  6520  I  ja  puis  ni  e.  feu  p.;  GHE 
omettent  nonc,  p.  ni  e.  feu  aporter  (GE  pas  feu  p.);  F  ains  p.  nestut  fu 
alumer.  —  6521  EF  desous;  I  la  bière.  —  6522  I  fist  leide  chiere.  — 
6524  G  sen  tenait.  —  6525  F  la  e.  f. 

Bibliotheca  Normannica.  IV.  \Q 


242  CONSEIL  DE  GUERRE 

et  enz  orent  laissié  le  cors, 

si  fist  li  reis  l'uis  estoper,    ircrujLhuo 

qu'on  n'i  petist  ja  mais  entrer. 

Li  Troïën  ont  pris  congié 
6530    del  rei,  si  s'en  sont  repairié, 

a  Montalban  sont  revenu 

tôt  dreit  le  jor  que  termes  fu   ^e-rryû^-» 

que  les  triues  furent  faillies 

ki  aveient  esté  plevies. 
6535     Or  sont  de  bot  al  guerreier,    -iovU:.    d^  juit4<. 

al  eombatre  et  al  torneier. 
Li  reis  Latins  est  a  Laurente, 

0  m  oit  se  plaint  et  se  démente 

de  ce  que  perdue  a  sa  gent 
6540    par  grant  folie  et  por  neient. 

Il  a  toz  ses  barons  mandez, 

en  son  palais  les  a  jostez;  ajLutu^^ 

Turnus  i  f u  o  els  ensenble. 
^  Li  reis  lor  dist  ce  que  li  senble. 

6545     ^Seignor",  fait  il,  ,ieeste  guerre, 

ki  a  esciî  meine  ma  terre 

et  dont  nostre  ome  sont  ocis 

et  mainte  genz  d'altre  païs, 

saeheiz  que  ce  nen  est  par  mei; 
6550    ne  bel  ne  m'est,  ne  ne  l'otrei, 

onkes  nel  voil,  n'encor  nel  vueil. 

Comencié  fu  par  grant  orgueil; 

cil  en  remaindront  tuit  chaitif 

6526  GEFI  et  il  o.  —  6528  D  que  len  n.  p.  m.  e.  ;  GF  qui  p.  —  6529 
Alinéa  dans  EF.  —  6530  I  si  sont  arriéres  r. ;  H  au  roi;  GF  d.  r.  sen  sont 
tôt  r.  —  6532  G  al  j.  -  6535  y  venu  al  g.  —  6537  GEFH  ert.  —  6539  G  por; 
E  quil;  EF  a  perdu.  —  6540  HI  omettent  grant;  ED  omettent  et.  GED  por 
g.  f.  —  6542  E  p.  et  ajoustes,  G  p.  est  a.  —  6543  HI  T.  estoit;  I  o  lui.  — 
6544  I  Dist  li  a  ce  que  bon  1.  s.  ;  GAE  dit.  —  6545  I  dist.  —  6546  D  ma  mis 
m.  t.  —  6547  I  nostre  gent;  F  omet  dont;  G  mi  home.  —  6548  F  et  maint 
home,  GEHI  et  molt  de  g.  —  6549  HIF  s.  q.  ce  nest  pas  par  m. ,  D  s.  que 
nest  mie  par  m.,  GE  s.  ce  nest  mie  p.  m.  —  6550  lE  ne  je  nel  veil  n.  n.  1.  — 
6551  A  et  bien  sachiez  que  pas  nel  voil;  F  o.  n.  volt,  G  o.  n.  vais;  D  en- 
cor,  HI  ne  or.  —  6552  A  est.  —  6553  HI  tuit  cil  e.  r.  c;  D  revindrent; 
EF  honi. 


DE   LATIN  243 

ki  vers  les  deus  ont  pris  estrif;   ûjuê^r^^uL. 
6555     car  ce  set  l'en  bien  de  toz  tens 

que  il  deffendent  Troïëns  ; 

il  sont  prochain  de  lor  lignage, 

n'est  bien  que  l'en  lor  face  oltrage. 

Se  mais  ne  destorbiers  lor  creist,    V€..^^.CL:h.cnru^ 
6560     cuidiez  vos  donc  qu'as  deus  n'en  peist? 

Ce  poez  bien  de  fi  saveir 

ques  maintienent  li  deu  por  veir; 

encontre  vos  lor  ont  aidié 

le  jor  qu'il  furent  asegié; 
6565     a  un  seul  d'els  estiez  quatre, 

et  quant  venistes  al  combatre, 

contre  un  des  lor  ki  morz  i  fu 

avez  des  noz  quinze  perdu. 

Bien  loereie  des  or  mais 
6570     que  nos  lor  queïsson  la  pais; 

asez  en  a  l'en  ja  mal  fait, 

crieme  est  encor  que  pis  n'i  ait. 

Une  terre  a  en  cest  païs 

ki  a  esté  guasté  toz  dis 
6575     et  ne  fu  onkes  abitee, 
jtoM&vuxeji^    guaaigniee  ne  laboree: 

ce  est  468"  l'eue  de  Toscane 

(des  i  qffal  flueve  de  Sicane. 

Grant  terre  i  a,  d^un  tenant  dure    ,^4/n^  JyrJ^-t.J\J\u/:^i^^^^ 
6580     quatre  jomees  d'erreiire;  -/i^mj^c^uu 

molt  par  i  a  bêle  contrée, 

6554  E  estri;  F  ont  mes  pris  strif.  —  6556  GFI  que  il  aident  T.  (I 
aus  T.)  ;  D  maintienent.  —  6558  A  lan  ne  lor  doit  pas  faire  o.  ;  G  n.  drois.  — 
6559  D  se  mal  encombrier  lors  recroist;  GI  et  d.  —  6560  I  qua  d.,  GEF 
as  d.  —  6561  GHI  tôt  de  fi.  —  6562  HI  q.  m,  a  leur  pooir.  —  6563  D  et 
contre.  —  6564  DGF  que  f.  a.  —  6565  D  encontre  un  d.;  E  e.  vos  q.  — 
6567  D  a  un.  —  6568  I  .xl.  des  nos  mors  i  fu;  D  en  aviez,  EF  en  avons 
nos,  GH  en  i  aves.  —  6570  I  q.  queissions  {deux  fois)  pais  ;  GEFH  q.  q. 
que  il  fust  pais.  —  6571  I  a.  en  a  len  or  mal  fait,  GEF  a.  i  a  on  ja  mesfait 
(E  omet  jai).  —  6572  I  criement  encore;  EG  et  criem  encor  que  plus  ni  ait;  F 
molt  le  desir  que  pais  i  ait;  Ai  ait.  —  6574  D  qui  gastee  a  este  tout  d.  — 
6575  GE  qui  ne.  —  6276  E  cultivée.  —  6577  y  entor  cort  1.  —  6579  I  quant 
ele  d.,  Il  dont  ele  dure,  D  et  tant  bien  d.  —  6581  H  bone  c. 

16* 


244  SON 

bone  et  riche,  s'ele  ert  poplee; 
forez  i  a  granz  et  plenieres   Jiil^yrxcU't.i..*^ 
et  praeries  et  rivières 
CL^t'^^^*-^^  6585     et  bels  costels  a  vignes  faire. 

Iluec  les  poon  bien  atraire, 
onc  ne  nos  fist  la  terre  bien, 
ne  nen  eiimes  onkes  rien. 
Se  aeorder  nos  en  poon, 

6590    ge  lo  molt  bien  que  lor  doignon, 
et  facent  i  et  murs  et  tors, 
fossez,  chastels,  viles  et  bors; 
0  nos  aient  tote  eomune, 
lor  genz  et  la  nostre  seit  une. 

6595     S'il  ne  vuelent  remaneir  ci, 
prendre  la  terre  que  ge  di, 
que  il  vuelent  aillors  aler, 
lor  nés  lor  feron  restorer, 
ki  lor  furent  arses  a  tort 

6600    la  0  els  esteient  al  port: 

celés  rendron  tôt  a  lor  chois, 

car  a  plenté  avon  del  bois; 

il  n'i  metront  ja  costement,  <p6i4^»vô^ 

tôt  feron  faire  a  nostre  gent; 

6605    or  et  argent,  pailes  et  dras 


6582  G  omet  et;  I  s.  e.  hantée,  GE  sert  habitée;  F  b.  et  de  ricesse 
abitee.  —  6585  A  costez,  D  cortilz,  y  laris;  G  vigne.  —  6586  GHI  la  les 
poomes  (I  p.  nous),  EF  la  les  poriemes.  —  6587  F  ains,  G  aine;  D  rien.  — 
6588  I  nous  nen,  GEF  ne  ni  ;  A  eustes  ;  D  o.  bien,  G  nule  rien.  —  6589  1 
ne  a.;  EF  sa  eus  a.  nous  p.;  A  i  p.  —  6590  HI  g.  1.  très  b.,  GEF  je  lotroi  b.; 
F  si  1.  d.,  E  si  li  d.  —  6591  I  si  i  f.,  D  et  i  f.,  GEFH  et  si  f.  —  6593  HI 
si  quil  aient  nostre  c,  GEF  si  que  aions  tôt  en  c.  (E  toute  c.).  —  6594 
D  1.  g.  et  n.  seient  une.  —  6595  HIE  et  sil  n.  v.  manoir  ci.  —  6596  lA 
pregnent.  —  6597  I  et  sil  v.,  H  quil  vousistent,  A  se  il  v.  —  6598  GEF 
1.  n.  faisomes  ;  D  ferai  ;  HI  retorner.  —  6599  A  a.  au  port  a  tort.  —  6600 
HI  lais  aval  a  nostre  p.,  DF  la  ou  elles  erent  (F  furent)  au  p.,  GE  la  ou 
il  furent  a  lor  p.;  A  il,  —  6601  HI  nos  leur  rendrons  tout  a  lor  grez, 
GEF  ce  lor  rendon  tôt  a  lor  ses  (F  grès;  E  celés  r.  tous  a  1.  s.);  A  totes 
a  c.  —  6602  y  car  de  bon  bois  avons  asez  (I  c.  du  bois  avons  nous  a.,  H 
c.  du  bois  avomes  a.).  —  660.S  EF  ja  ni  metent  (E  metront)  nul  c.  —  6604 
D  ferai,  GE  feront.    GF  omettent  a. 


DISCOURS  245 

a  son  plaisir  ait  Eneas, 

chevals  et  murs  et  palefreiz. 

G'en  ai  pensé  ja  plusors  feiz 

et  esguardé  eomfaitement 
6610    nos  concordon  o  celé  gent,    ^iMu-t»^  Tt^u^  CLCcc^-di^-r^^ 

que  nos  savon  que  li  deu  aiment,  , 

en  cest  pais  par  els  se  elaiment.  ouiCurJUi'rJi.   dLt^  fy%A~' 

Mais  ce  sachiez,  n'en  ferai  rien,  jife-nrJ^t-o^u 

se  par  vos  non,  ne  mal  ne  bien: 
6615     l'acordement  ne  querrai  mie,     o-^i-c^eruÀ^ 

se  nel  volez,  que  que  g'en  die. 
-/-^v^è  U-  au/L  Quant  que  loer  m'en  osereiz,  cun-uijJJJje.j^ 

ferai  ge  tôt,  ice  sacheiz; 

ne  sui  pas  cil  ki  los  ne  creit; 
6620    ki  conseil  quiert  siure  le  deit; 

l'en  ne  se  deit  pas  conseillier 

de  rien  dont  l'en  ne  vuelt  laissier 

tôt  son  corage  por  l'altrui, 

quant  ot  que  l'en  dit  mielz  de  lui. 
6625    De  faire  pais  a  eeste  gent 

ferai  tôt  vostre  loement."  ùcrrujuM  ^  a^iyuJ 

Entr'els  le  diënt  li  baron 

que  li  reis  a  molt  grant  raison 

que  Troïëns  vuelt  retenir: 
6630    car  s'il  le  voleient  servir, 


6606  GEF  a  s.  talent.  —  6607  I  c.  muiez  ;  GFD  muls,  E  mus.  —  6608 
HI  Gi  ai;  D  Je  i  ai  p.  mainte  f.,  EF  Lyons  et  chiens  faucons  ostoirs.  G 
ajoute  2  vers.  V.  les  notes.  —  6009  AE  esgardon.  —  66J0  y  puisons  avoir 
acordement  (GEF  p.  querre).  —  6611  y  a  celé  gent.  —  6612  HI  par  eus  e. 
c.  p.;  GEF  dais  se  recl.  —  6613  HI  mais  sachiez  bien;  I  ne  f.  r.,  GE  ni 
f.  r.  —  6615  HI  acordement,  DGEF  dacordement;  GE  nés  q.,  HI  nen  q.  — 

6616  omis  dans  G.   HIEF  s.  n.  loez,  D  se  par  vous  non;  DEF  q.  q.  ie  d.  — 

6617  y  nen  ferai  oan  rien  par  moi  (GEF  fin  p.  m.).  —  6618  y  se  jo  nen  ai 
de  vos  lotroi.  —  6619  A  ne  se  pas.  —  6620  I  querre  1.  d.;  EF  q.  c.  naime 
arrière  s.  —  6621  GF  nus  ne;  D  consurer,  I  merveiller.  —  6622  HI  se  ne 
le  (H  len  ne)  v.  1.,  GEF  se  il  ne  v.  1.  —  6623  F  por  autrui.  —  6624 
GFDI  dist.  —  6625  HI  Pour  f.  p.  —  6626  DGFHI  sivrai;  E  si  ferai  je  tout 
vo  1.,  H  s.  je  v.  1.,  F  s.  je  tôt  valeement.  —  6627  A  E.  d.  tuit  1.  b.  — 
6629  HI  quant.  —  6630  GHI  car  il  le  volent  bien  s.,  D  c.  se  il  le  veulent 
s.,  EF  a  gre  le  voelent  bien  s.;  A  les  v. 


246  RÉPONSE  DE 

il  le  porreient  molt  bien  faire; 
AciAgM'C^A^  sens  est  se  il  les  puet  atraire.  cUsbûxjLhJ 
Draneés  s'en  est  en  piez  levez, 
uns  riches  oem  bien  enparlez  oLUuAJb 

6635     et  ki  molt  ert  de  hait  parage; 
nen  ot  en  la  cort  nul  plus  sage 
ne  mielz  seiist  en  eoii;  parler, 
ne  un  bien  grant  conseil  doner, 
ne  mielz  contast  raisnablement,  AAi,AArvnû.^>^t/r,v£^ 

6640     ne  mielz  feïst  un  jugement. 

De  parole  ert  molt  engignos,  aJyunJ::.    /itUiL 
mais  n'esteit  pas  chevaleros. 
„Sire",  fait  il,  ,,ge  respondrai 
por  toz  cez  altres,  mais  bien  sai 

6645     que  Turnus  me  het  a  grant  tort; 

al  mielz  que  puis  ge  m'en  déport,  jia-  ^^  ^cuttjxm^ 
ge  m'en  guarrai  bien  tôt  oan,  cnJbbL.  ù-r^^rJU^  -  cL 
car  ne  pris  guaires  son  boban;  ^rix^uAjJi 
sor  mei  ne  cort  pas  ses  destreiz,   "jL/rrUfCLKtuuLj 
^ckM-Cf>Mx.  j  .  6650    nel  blandirai  ja  nule  feiz.  ^ati^inA. 

Ne  m'en  tairai  neient  por  lui, 
ce  que  g'en  sai  et  que  g'en  cui. 
Tu  as  bien  dit  et  si  est  sens 
que  pais  feras  as  Troïëns, 

6655     de  ta  terre  lor  vuels  doner, 
se  il  s'i  vuelent  arester. 
Mais  tu  dis  poi,  ce  m'est  avis, 

6631  et  6632  Omis  dans  HI.  GEF  et  il  le  pueent.  —  6632  A  et  se 
il  les  peust  a.,  EF  a  boin  conseil  le  (F  se)  doit  on  traire  ;  G  biens  est.  — 
6633  G  en  est,  F  se  est.  —  6634  GEF  et  molt  e.  —  6635  E  et  molt  estoit,  — 
6636  y  not  e.  1.  c.  io  croi  (HI  ce  cuit)  p.  s.  —  6637 — 6640  intervertis  dans 
D:  6639.  40.  37.  38.  —  6638  y  ne  un  c.  loial  d.  (E  ne  miex  c).  —  6639 
HI  il  parloit  r.  —  6640  HI  et  bien  faisoit.  —  6643  y  ge  parlerai,  D  or  r.  — 
6646  HI  mes  au  miex  que  puis  m.  d.;  D  le  me  d.,  GEF  si  m.  d.  —  6647 
HI  sofrir  men  puis  encor  cet  an,  GEF  bien  garirai  encor  cet  an.  — 
6649  HI  sus.  —  6650  HI  ja  une  f.,  GEF  oan  ancois.  —  6651  A  Ge  ne  t.; 
y  ne  ja  por  lui  ne  men  tairai  (G  rien  nen  t.,  F  ne  me  t.).  —  6652  III  de 
ce  que  pense  en  aurai,  GEF  de  ce  que  (E  quen)  pens  ne  que  je  sai  (G 
de  quanque  p.  et  que  jen  s.).  —  6653  HI  Rois  bieu;  A  ce  dit;  EF  est 
biens.  —  6654  III  faces.  —  6656  HI  i  v.  —  6657  D  p.  ce  nous  est  vis. 


V  Cû/ijfl-AAX^vAi. 


DRANCÈS  247 

quant  les  retiens  en  cest  païs: 
done  ta  fille  a  Eneas, 
6660    a  lor  seignor;  tu  l'otreias, 

quant  vindrent  ça  si  mesagier; 
^  t-ffvrvw^^^"^^^''    tu  ne  la  puez  mielz  enpleier;    CllcoxAaj^J 

-j^  /'^''^f^^^       ^^^  ^®^°  ^^^^  ^^^*  mariage. 
I^^*^^2^a>*^  J    Enn^  i  as  ja  molt  grant  damage 
''^'       6665     que  ne  li  a  esté  donee? 

Maint  home  l'ont  ja  comparée; 

encor  en  iert  fait  molt  noalz,   ûo^ 

se  de  covenant  li  defalz. 

Turnus  ne  vuelt  que  cil  la  prenge, 
6670     aveir  la  vuelt,  si  la  ehalenge, 

dist  que  la  femme  deit  aveir, 

et  de  la  terre  l'as  fait  eir 

et  tu  li  feïs  afiër:  ^oyricJU'^a^  ^  -^umvlaj 

ne  la  petis  ailiers  doner; 
6675     se  puis  en  as  fait  nus  otreiz      ( clC£..C'\^Llj\Jj 

al  Troïën,  nen  est  pas  dreiz, 

ne  n'en  perdra  neient  par  tei; 

il  s'en  fait  ja  seignor  et  rei 

et  dit  qu'il  ne  laira  neient 
6680    ne  seit  vendu  molt  cliierement; 

ainz  en  morront  quinze  millier, 


6658  HI  nés  r.,  G  tes  r.,  F  tu  retins.  —  6660  y  puis  que  (HI  que 
tu)  pieca  li  o.  —  6661  HI  q.  ca  v.;  E  li  m.  —  6662  HI  tu  ne  peus  m. 
esploitier  (I  m.  voir  e.).  —  6663  y  n.  1.  tôt  le  m.  —  6664  mss.  En;  D  ou 
i  aureis  ja  g.  d.;  I  omet  ja;  HI  Tu  en;  A  i  a.  Y.  la  note.  —  6665  y  que  il  ne 
la  pieca  eue;  D  ceste  d.  —  6666  y  M.  h.  en  a  vie  perdue  (GE  Mais;  E  i  a).  — 
6667  y  e.  e.  ert  mains  hom  dolens  (HI  e.  seront  maint  h.  d.).  —  6668  y 
se  tu  lor  fais  de  convenens  (HI  li  f.).  —  6670  HI  et  la.  —  6671  EFH 
dit;  GHI  velt  a.  —  6672  GHI  ta  t.  —  6673  et  6674  intervertis  dans  HI. 
HI  car  tu,  D  et  tout,  GEF  et  que.  —  6674  HI  dont  (H  dit)  n.  1.  p.  a.  d., 
GEF  ne  la  (F  nel)  pues  mais  a.  d.  —  6675  D  se  puis  Eneas  fet  nul 
otroit,  HI  ne  la  perdra  par  toi  des  mois;  F  .m.  o.  —  6676  HI  ce  dit 
et  sen  fet  sire  et  rois;  GED  nest  mie  d.  —  6677  et  6678  intervertis 
dans  D,  omis  dans  HI.  G  ne  ni  p.;  GEFD  por  t.  —  6679  HI  bien 
dit,  GFI  et  dist;  D  et  dit  nen  perdera  n.;  E  que  ne  1.,  6F  q.  nel  1.  — 
6680  HI  que  nel  comperent  mainte  gent.  —  6681  D  i  m.  .m.  cm.;  EF 
.XXX.  m. 


248  TURNUS   PREND 

que  genz  de  pié  que  chevalier. 

Il  les  i  met  legierement,  JjLeùùu/rru^rié, 

car  ce  ne  li  coste  neient; 
6685    molt  l'en  est  poi,  ce  m'est  avis, 

se  nos  en  somes  tuit  ocis.    y^^jA-r^ 

A  ce  sereit  il  or  son  vuel,         jufvu  cI^-am^ 

il  en  fereit  asez  bel  duel, 
OùrXiA/vix.  Au^  msds  qu'il  eiist  la  terre  en  pais, 
6690    et  la  femme  ne  querreit  mais; 

ne  li  chalreit  ki  morz  en  fust 

mais  que  enprés  l'enor  etist. 

Nos  disomes  entre  nos  ci, 

qu'il  ne  devreit  pas  estre  issi, 
6695    mais  quant  il  vuelt  ta  fille  aveir 

et  que  faces  de  lui  ton  eir, 

se  il  la  vuelt  et  il  tant  l'aime, 

quant  veit  que  cil  sor  lui  la  claime,  AUÂa^rnA. 

si  s'en  combate  contre  lui, 
6700     entr'els  la  départent  il  dui;    iji,  cLùuuuJ-c^rUi. 

chascuns  i  seit  por  son  besoing,        ouM^i^^cÀ^ax 

et  nos  en  esteron  de  loing, 

et  ki  veintra,  nos  le  verron, 
■i-mAjL  cU  J^ju*Jk^  de  bot  o  lui  puis  nos  tendron. 

6682  GFI  a  pie.  —  6684  GFI  car  il;  I  coûtent;  D  lor  c.  —  6685  HI 
m.  1.  seroit  pou  ce  mest  vis;  G  petit  len  est.  —  6686  HI  sen  estion  trestuit 
o.;  GE  i  s.  —  6687  F  Icou  s.;  HI  A  ce  serion  nos  s.  v.,  A  A  sen  sérient 
il  s.  V.;  E  s.  ce  or.  —  6688  E  feront  molt  poi  de  duel;  H  f.  petit  d.  — 
6689  et  6690  oynis  dans  HI.  D  se  il  avoit  1.  t.  en  p.  ;  F  ains  quil;  GF  a 
pais.  —  6690  EF  guerroit.  —  6691  D  ne  li  chaut  rien.  —  6692  HI  m.  q. 
1.  en  pais  e.,  I)  m.  q.  aprez  lui  tout  e. ;  GEF  ne  mais;  F  que  il  1.  e.,  G 
quenpres  1.  e.,  F  quen  pais  1.  e.  —  6693  GEF  Mais  nos  disons;  HI  E.  n.  d. 
issi.  —  6693  et  6694  viennent  dans  A  après  6696.  —  6694  G  que  il  ne 
doit;  I  puis  que  il  veut  quil  soit  ainsi;  D  mie  e.  —  6695  I  que  il  ta  f. 
veille  a.,  H  puis  que  il  v.  t.  f.  a.,  D  m.  q.  Tumus  v.  tout  a.,  G  m.  il  qui 
V.  t.  f.  a.  —  6696  HI  velt  que  de  lui  f.  t.  e.  —  6697  G  quant;  A  se 
tant  la  V. ;  D  laint.  —  6698  HI  et  v.;  D  et  Eneas  nul  droit  ne  claint;'  E 
se  cl.  —  6699  EF  se.  —  6700  HI  si  (I  et)  la  partissent  anbedui,  EF  si  le 
partent  entreus  andui,  G  se  départent  entraus  andui.  —  6702  GHI  et  n. 
lesgarderons,  D  et  nous  e.,  F  et  n.  les  esgardrons,  E  et  n.  les  agardons.  — 
6703  HI  cil  qui;  F  les  v.  —  6704  HI  du  tout  a  lui;  G  od  lui;  D  tout  nos  t., 
F  p.  nen  t.,  G  si  nos  t. 


LA  PAROLE  249 

6705     Seuls  la  conquière  et  seuls  l'ait; 

n'iert  mie  bien,  s'altrement  vait." 
Turnus  oï  que  Drancés  dist, 

d'ire  et  de  maltalent  esprist,    ^* £./rUi£L/rrutr>,a. 

sailli  avant,  se  li  a  dit: 
6710    „Nos  conquerron  par  vos  petit. 

Toz  est  encor  sains  vostre  escuz, 
-^tfi-cx-A*.^:.*^  *    onc  en  besoine:  ne  fu  vettz. 

Se  avion  plaiz  a  tenir, 

molt  vos  i  feriez  oïr, 
6715    vos  nos  enparleriëz  toz, 
^  iluee  seriez  vos  molt  proz; 

mais  la  o  vos  volez  combatre, 

ne  vos  volez  vos  pas  enbatre:  Vôu.a-'  pr^jucifuJ^^ 

il  s'i  enbat  tels  kil  compère  ;  jl^ùJjl. 
6720    n'i  a  des  enfanz  vostre  mère 

ne  mais  seul  vos;  cest  esguardez; 

ce  est  grant  sens,  de  loing  estez. 

Vos  n'estes  pas  buisnarz  ne  fols;    yiicu.^^ 

se  vos  ne  cremiëz  les  cols, 
6725     bien  tost  iriez  vos  avant; 

ferriez  i  de  main  tenant, 

se  cil  0  vos  combatriëz 

aveient  toz  les  poinz  liez.' 


6705  vD  le;  D  conquerroit ;  y  et  toz  s.  —  6706  GED  nest.  —  6708  D 
omet  et,  fremist;  GEF  de  m.  et  d.  e.  —  6710  HI  par  vos  conquere  ie  p.  — 
6711  GHIF  Encor  est  t.  s.,  E  Encor  est  entiers.  —  6712  G  onques  ne  fu 
en  ost  V.;  E  aine,  F  ains.  —  6713  GEF  mais  saves  (G  savies)  plait  a  main- 
tenir. —  6714  HI  bien  vos;  GEF  vous  vous  feries  sor  tos  o.  —  6715  y 
deffendriez,  D  esparleriez;  GEF  d.  bien  t.,  I  d.  de  t.  —  6716  GF  i.  esteries  m. 
p.,  E  i.  esteres  v.  m.  p.  —  6717  HIEF  ou  len  se  doit  c;  G  vees  c,  D  doiez 
c.  —  6718  GED  combatre;  D  mie  c.  —  6719  HI  tiex  sie.  qui  le  c.  ;  GF  combat. 
—  6720  F  père.  —  6721  H  omet  seul.  GEF  plus  que  v.  s.;  I  si  le  gardez, 
GEFH  si  vous  gardes;  A  ang.  —  6722  omis  dans  EHI.  GF  ce  ert  savoir.  GF 
ajoutent  deux  vers,  dont  EHI  n'ont  que  le  dernier  (qui  rime  alors  au  vs.  6721). 
V.  les  notes.  —  6723  HID  musart.  —  6724  D  se  vous  ne  cr.,  E  car  ses 
voies  tendre,  F  car  cels  nestendre,  G  car  se  vos  ne  c.  —  6725  HI  bien 
croi  que  vous  iriez  a.  (H  omet  vous),  GEF  b.  t.  ce  croi  i.  a.  —  6726  y 
et  f.  de  m.  (GEF  et  f.  i  d.).  —  6727  D  s.  c.  a  cui  vos  c;  F  v.  vos  com- 
bates.  —  6728  A  avoit  les  p.  trestoz  1.,  EF  estoient  tel  molt  estrles  1. 


250  RÉPLIQUE 

Voz  armes  sont  chier  achatees,   cl£Ji/u^<u^cl>> 
6730     si  deivent  bien  estre  guardees; 

se  vostre  escuz  esteit  perciez, 

vos  seriez  trop  domagiez; 
0.4.*^*^    i^Tx^UArfUj    tant  com  l'avreiz  sain  et  entier, 
p"^    ne  donreiz  en  altre  denier. 
6735     Cheval  avez  eorant  molt  tost, 

n'a  si  isnel  en  tote  l'ost, 

mais  vos  l'avez  si  bien  apris, 

s'il  veit  armes,  tost  est  restis,  nijhlJ 

mais  molt  est  bien  duiz  de  fuir, 
6740     a  lui  ne  se  puet  nus  tenir; 

s'un  poi  vos  tornë  a  destrece,  p!uU4. 

plus  vos  fiez  en  isnelece. 

Que  ne  faites  en  vostre  espee? 

Ja  par  vos  n'iert  ensanglentee. 
6745     De  parole  vos  sorpoez,  ê^c-a^  ccllcJAju 

0  la  langue  vos  combatez. 

Ne  conquen'ai  neient  par  vos, 

malvaisement  serai  rescos  dliihruif  aj^^Ja  ^^T 

par  vostre  escu,  par  vostre  lance;  * 

6750     en  vos  en  ai  poi  de  fiance; 

ne  la  mescbine  ne  la  terre 

ne  quier  ge  pas  par  vos  conquerre." 
Drancés  a  la  parole  oïe 

que  Turnus  dist  par  félonie:    •j^cux.u^ajtLc,  \ 

6755     de  coardise  l'a  noté,   ^  ;  ^    ^  «  :  .    .•'  i 

6730  GE  estre  bien.  —  6732  I  v.  en  s.  d.;  GEF  t.  adamagies.  — 
6733  et  6734  omis  dans  E.  y  t.  c.  1.  issi  entier.  —  6734  HI  ne  le  covendra 
pas  changier,  GF  nestra  pas  altre  cangier,  D  ne  deuroiz  a.  d.  —  6735  A 
si  tost.  —  6736  AI  en  trestot  lost.  —  6737  et  6738  omis  dans  HI.  —  6739 
HI  m.  il  est.  —  6740  y  ne  sen  puet  nus  a  lui  t.  (F  se  pooit  ja  a  1. 1.).  — 
6741  HI  quant  un  pou  vos  t.;  EF  et  se  vous  estes  retournes;  D  tornez 
a  destre;  G  a  la  d.  —  6742  I  p.  tost  fuiez  que  chien  eu  lesce;  H  ensi 
ne  lecc,  D  ou  sinestre;  E  a  le  destrece  vos  tenes,  F  al  destrece  puis 
vos  fies.  —  6743  I  ne  vos  fiez;  E  ni  traires  ja  le  v.  e.  —  6744  E  ne 
nert,  GF  ja  nert;  EF  pour  v.  —  6746  y  de  la  1.,  D  a  la  1.  —  6747  y  jo 
c.  petit;  E  pour  v.  —  6750  I  ai  petit  de  f.,  H  ai  ge  povre  f.,  A  en  ai 
bone  f.,  GFD  ai  ge  p.  d.  f.  —  6752  DGE  quit.  —  6753  sans  alinéa  dans 
A.  —  6754  n  dit.  —  6755  y  et  si  vilment  la  aparle  (I  apele). 


6760 


DE  DRANCÈS  251 

dist  li:  „Ce  est  bien  vérité, 

ne  m'en  mis  onkes  a^  grant  fais,      /lû.£-  cLârr^^rolj-^  cU.  -é-^ 

ne  ne  ferai  pas  oan  mais;  (uXtL.  a*vy%A4^-  cl.  CiouJnA^^ 

molt  deit  estre  bien  en  l'afaire 

ki  tôt  en  oui  de  le  pro  traire;   t.*  ûuto-cunJ-Qjejji^ 

0  la  perte  sor  lui  revert, 

ge  n'i  guaaing  ne  ge  n'i  pert; 

se  ge  mon  cors  en  puis  guarder, 

mei  n'i  lairai  mie  afoler; 
6765     se  g'en  giseie  morz  toz  freiz, 

ne  m'en  plaindriez  nule  feiz. 

Asez  vos  vei  or  grant  duel  faire, 

plaindre,  plorer,  voz  clievels  traire 

por  eels  ki  por  vos  sont  tuit  mort. 
6770    Molt  en  estes  de  bel  comfort! 

Tel  duel  com  faire  vos  en  vei, 

feriez  vos  asez  de  mei. 

Se  g'esteie  por  vos  oeis 

et  vos  eussiez  le  païs 
6775     et  menissiez  vostre  posnee,  j/y\,c^r0^rr\aL. 

m'ame  sereit  buene  eiiree;    •Aûn^tO-L'A'' 

se  teniez  la  fille  al  rei, 

vos  feriez  bel  duel  por  mei; 

molt  m'avriëz  tost  oblié. 
6780    Ça  ariere  m'en  sui  guardé,  fc/^AyroiUjA.   acu^xLl  «à.      ^^^ 

6756  y  de  coardise  (GE  félonie)  la  rete.  y  ajoute,  deux  vers.  V.  les 
notes.  —  6757  GEF  ne  men  mis  aine;  HI  en  g.  f.,  GEF  a  grans  essais.  — 
6758  y  ne  ne  f.  en  cest  an  mais.  —  6759  DF  bien  estre,  HI  e.  preuz.  —  6760 
HI  qui  tôt  le  pr.  en  c.  t.,  D  oui  qui  tant  c.  1.  p.  t.  —  6761  y  se  1.  p.  (F 
et  se  li  p.)  ;  EF  a  lui  r.,  HI  sor  vos  r.  —  6762  GEF  jo  nen  ai  soing  car 
rien  ni  p.  (G  quant,  E  que),  HI  g.  n.  gaaigne  ne  ni  p.  —  6764  y  ne  mi  1. 
pas  a.  —  6765  y  sor  (HI  se)  gen  estoie  mors  ietes;  D  ge.  —  6766  y  vos 
dels  (HIE  le  d.)  seroit  tost  oblies  (I  le  d.  en  s.  tost  plores).  —  6767  E 
v.  vostre  d.  f.  —  6768  y  et  p.  et  v.  c.  detraire.  —  6769  y  vos  en  s.  m.  — 
6770  A  Vos  en  e.  —  6771  I  tel  com  faire  de  eulz  v.  v.  ;  D  au  d.  que  f.  ;  E 
que  f.  —  6772  GEF  en  f.;  1  or  bien,  H  bien  tost,  E  ce  croi,  GF  jo  quit;  GEF 
por  m.  —  6773  D  Se  jen;  DGE  ère,  F  fuses.  —  6776  y  (saufE)  en  s.;  HI 
beneuree.  —  6777  D  quant  tendriez,  GEF  se  vos  t.  —  6778  HI  petit  duel 
feriez  p.  m.;  GEF  v.  en  f  ;  A  de  m.  —  6779  HI  molt  tost  seroie  oubliez, 
GF  m.  m.  puis  t.  v.  —  6780  D  Ca  en  arriez,  I  Se  ca  a.;  GEF  Se  a.  men 
ai  g.;  HI  gardez. 


252  ON   PROPOSE 

si  ferai  ge  encor  apré?. 

Par  fei,  ce  n'est  mie  Draneés, 

ki  tant  en  voille  por  vos  faire! 

Ne  vos  en  quier  losange  traire    -UxMju^ax. 
6785    que  por  vos  voille  encor  morir. 

Ne  revoil  pas  a  tant  venir;    \fUÀJL  eU,  "n.àujjjUu 

de  meie  part  dirai  par  v«ir, 
puÀ^^ui^     si  corn  volez  le  tôt  aveir, 

primes  la  femme  et  puis  la  terre, 
6790    si  la  vos  lairai  ge  conquerre." 

Il  se  tornë  envers  le  rei. 

„Sire",  fait  il,  „entent  a  mei, 

la  fin  avon  ci  porparlee,  cLU-unkjt^ 

si  deit  bien  estre  recordee;  noM^tÀJUL, 
6795    tuit  i  entendent  cist  baron, 
OJUL<enÀJL^rJL  otreient  la,  si  est  raison: 

ta  fille  al  Troïën  donras, 

de  la  terre  l'eriteras, 

et  se  Turnus  la  vuelt  deffendre, 
6800    bataille  en  puet  bien  vers  lui  prendre: 

se  cors  a  cors  la  puet  conquerre, 

si  ait  la  femme  o  tôt  la  terre. 

Bien  ce  te  di,  pas  n'otreion 

qu'en  muire  mais  s'uns  d'els  deus  non." 

6781  y  ge  mais  ci  a.  —  6782  HI  sachiez  ce  niert  (I  nest),  F  car  cou 
nen  est.  —  6783  D  qui  t.  v.  ore  p.  v.  f.,  F  que  nul  mal  v.  p.  toi  f.  — 
6784  HI  voil;  E  atraire.  —  6785  et  6786  intervertis  dans  HI.  D  v.  v.  ore 
m.,  E  V.  i  V.  m.,  6F  v.  v.  pas  m.  —  6786  omis  dans  D.  y  je  nen  (E  ni)  v. 
mie.  —  6787  y  p.  vos  di  p.  v.  —  6789  E  f.  por  le  t.;  D  omet  et.  —  6790 
HI  par  vos  la  vos  1.  c,  EF  s.  v.  1.  le  bien  (F  lairaie  bien)  c.  —  6791  G  Puis; 
HI  Atant  se  (I  sen)  t.  v.  1.  r.;  GEFD  sen  torna  devers.  —  6792  I  parlez 
a  m.,  H  entendez  m.  —  6793  HI  1.  f.  que  vos  ai  ci  mostree;  D  deparlee, 
GEF  demostre.  —  6794  HI  acordee.  —  6795  HI  t.  si  a.;  A  cil  b.,  F  ii  b.  — 
6796  HI  et  dient  que  ie  di  r.,  D  o,  li  sil  est  r.,  GEF  otries  le  gi  (E  si) 
vois  r.  (G  sares  r.).  —  6798  E  le^recerras.  —  6800  I  puez;  DE  p.  en  vers 
lui;  G  a  1.  —  6802  HI  et  la  f.  et  1. 1.;  EFD  et  1. 1.,  G  a  tôt  1.  t.  —  6803  y 
Je  te  di  bien;  D  Bien  dison  pas  ne  loctroion,  A  b.  ce  d.  mes  pas  n.  — 
6804  D  omet  deus.  E  que  nus  en  m.  se  aus  deus  n.  ;  H  mais  nul  seus  deus, 
I  m.  se  ces  deus. 


LE  COMBAT   SINGULIER  253 

6805        Turnus  sailli  avant  en  piez,  , 

envers  le  rei  s'est  aprismiez;  a'x£>^  a-^iJiJwcAM. 

de  la  bataille  tent  son  gage    ^olao, 

iluee  veiant  tôt  le  barnage, 

et  dit  que  tote  fins  en  iert 
6810    par  seul  son  cors,  s'il  le  conquiert, 

et  quant  la  corz  le  rei  l'otreie,     ia.  ceru-^o 

bien  est  que  l'en  la  fin  en  veie. 

Li  reis  li  vit  son  gage  tendre, 

mais  ne  le  volt  encore  prendre, 
6815     dit  que  primes  enveiera 

al  Troïën,  si  mandera 

que  or  sera  fins  de  la  guerre, 

se  par  son  cors  la  puet  conquerre. 

Bataille  avra,  se  il  l'otreie; 
6820    li  jors  seit  pris  que  l'en  la  veie; 

en  celé  isle  de  la  defors 

n'i  ait  que  seulement  lor  cors, 

et  ki  vaintra  l'altre  en  bataille, 

si  avra  tôt  conquis  senz  faille."  CA>^>a*«*-iA->rriX-yv6 
6825     Ainsi  l'a  otreié  Turnus; 

li  reis  esguarde,  n'i  a  plus, 

quels  mesages  il  trametra, 

quei  et  par  cui  li  mandera. 

Quant  il  erent  en  cel  esguart 
6830    qu'il  enveiassent  celé  part, 

uns  mesages  vint  acorant 

OSOô  sans  alinéa  dans  A.  I  atant.  —  6S()6  G  est;  GF  aprocies.  — 
6807  Alinéa  dans  A.  —  6809  HI  et  dit  que  la  bataille  e.  i.  —  6810  HI  bien 
la  requert;  D  la  c.  —  6811  HI  puis  que.  —  6812  E  bien  est  drois  que  1. 
1.  f.  V.  —  6814  GF  m.  il  ne  v.,  HI  m.  nel  v.  ;  GFH  pas  encor  p.,  ID  mie 
e.  p.  —  6815  IGEFD  dist.  —  6816  HI  et  m.,  D  si  li  m.,  GEF  sel  m.  — 
6819  y  sil  lotroie  bataille  ara  (H  se  il  le  veut,  I  sainsi  le  v.).  —  6820  y  a 
un  jor  quon  lesgardera  (F  au  j.  que  on,  E  au  j.  con  i;  H  quant  on).  — 
6821  HI  omettent  de;  H  en  c.  bel  ille;  E  en  cest  ille  la  la  d.  ;  F  la  de  def., 
G  par  la  d.  —  6822  y  ambedoi  tuit  seul  (G  sont  tôt)  cors  a  cors.  —  6823 
HI  cil  qui;  E  v.  celé  b.  —  6824  y  et  femme  et  terre  ara.  —  6826  F  les 
g.  —  6827  I  quel  mesage;  F  ses,  G  cels.  —  6828  A  queus,  GHI  quant; 
EF  et  cornent  ce  li  m.;  HI  le  m.  —  6829  Alinéa  dam  DHI.  —  6830  D 
cui;  E  que  envoiast  on  c.  p.  —   6831   HI  v.  apoignant,  G  sen  v.  esrant. 


254 


ATTAQUE  IMPRÉVUE 


6835 


6840 


parmi  la  sale  molt  criant, 

que  Troïën  en  sont  venu, 

par  le  païs  sont  espandu,  ^^  .A^yvé.  rvtfù^nduju 

asaillir  vuelent  la  cité. 

Trop  a  li  parlemenz  duré: 

en  la  sale  ot  molt  grant  trepeil,  OLùjJ-eJtMjn) 

départi  sont  tuit  del  conseil, 

saillent  tuit  sus,  plus  n'i  demorent,  i 

et  ki  ainz  ainz  as  armes  corent.   tk^  fJLu^  i-a^ 


ùix^'U 


6845 


6850 


6855 


Tote  la  fins  est  obliëe 

que  il  aveient  porparlee;   ûLU.cmJ-c- 

Turnus  toz  seuls  et  Eneas 

par  lor  deus  cors  nel  feront  pas, 

ainz  i  ferrent  ensenble  tuit. 

Fremist  la  vile  tote  et  bruit, 

espés  sera  ja  li  torneiz, 

ja  en  i  avra  mil  de  freiz.  ^r^rvA 

Cil  aprisment  a  la  cité, 

li  borgeis  sont  as  murs  monté, 

portent  pierres  et  pels  aguz, 

espiez  et  lances  et  escuz. 

Dames,  borgeises  et  puceles 

vont  as  tenples  et  as  chapeles 

et  sacrifient  as  alteus 

et  prient  toz  les  damedeus 

qu'il  deffendent  la  vile,  et  guardent 

qu'il  ne  la  prenent  ne  nen  ardent. 


6832  G  droit  en  1.  s.;  HIDF  errant,  G  corant;  G  tôt  c,  F  tôt  e.  — 
6833  HI  q.  T.  sont  ja  v.,  DGEF  que  li  T.  s.  v.  —  6834  HI  par  tout  le  pais 
e.  (H  parmi  1.  p.).  —  6835  HI  viegnent.  —  6836  GEF  1.  p.  a  t.  d.  —  6837 
Alinéa  dans  EF.  D  omet  molt.  G  a.  —  6838  GHI  tôt  s.  d. ,  D  d.  se  sont.  — 
6839  I  saillirent  sus.  —  6840  GEFI  et  qui  mieus  mieus,  A  qui  ainz  poent.  — 
6843  HI  entre  T.  et  Heneas;  G  T.  io  croi;  A  s.  contre  E.  —  6846  HI  La 
V.  f.;  EF  Toute  la  v.  f.  et  b.  —  6848  HIF  mil  en  i  aura;  GFHI  a.  de  tous 
frois,  E  a.  mil  tous  f.  ;  D  ja  i  gerront  mil  de  toz  frois.  —  6849  yD  omettent 
a;  HI  C.  aprochierent,  D  et  cil  a.,  GEF  Icil  a.  —  6850  D  amont  monte,  G  al 
mur  m.  —  6851  EHI  omettent  et;  HI  p.  i  p.,  E  p.  il  p.  ;  F  prendent.  —  6855 
HI  omettent  et,  sacrifient  sur  les  (I  leurs)  a.  —  6856  HI  et  deprient  leur  d., 
D  et  p.  toutes  a  lor  dieus  ;  E  lor  d.  —  6857  G  que  il  d.  lor  cite.  —  6858  I  que 
11  Troien  pas  ne  lardent,  H  que  cil  n.  1.  p.  et  a.,  D  que  cil  n.  I.  p.  et  lardent, 
F  quil  ne  la  p.  ne  ne  a.,  E  que  il  ne  la  p.  ne  a.,  G  quil  ne  soient  ars  ne  robe. 


DU   CÔTÉ  DES   TROYENS  255 

li  Troïën  ki  defors  sont 
6860     et  en  la  vile  asis  les  ont. 

Turnus  fu  armez  toz  premiers 

et  ot  vint  mille  chevaliers. 

H  vait  avant  et  cil  après, 

desarmé  a  vett  Drancés, 
6865     dist  li:  „Molt  par  creist  or  bien  joie 

et  molt  granz  proz  a  cels  de  Troie, 

que  voz  armes  sont  hui  en  gages; 

molt  feïssiez  ja  granz  damages, 

la  morte  genz  le  comparast, 
•    6870    vos  en  feïssiez  or  grant  guast."  (iû-v^uLâC- 
Drancés  li  dist:  „Por  vostre  afaire 

ne  quier  ge  ja  m'espee  traire, 

ne  mon  escu  ne  ruis  porter, 

colp  receivre  ne  colp  doner. 
6875    Vos  ki  le  tôt  volez  conquerre, 

par  vostre  cors  finez  la  guerre, 

mais  ce  ne  volez  vos  neient, 

faire  volez  par  altre  gent. 

Vint  mil  en  metez  devant  vos 
6880    ki  ja  par  vos  n'ierent  rescos. 

Vos  fereiz  bien,  car  n'est  pas  geus, 

periz  est  d'orne  en  plusors  leus; 

6859  G  par  Troiens  ;  I  car  de  la  vile  un  po  hors  s. ,  H  1.  T.  de  d.  s., 
EF  cil  de  Troie  q.  d.  s.  —  6860  HI  et  (I  mes)  cil  dedenz  encontre  vont, 
A  et  de  bataille  toz  pris  s.,  EF  et  cil  dedens  tôt  fors  en  vont,  G  cil  de  la  cit 
trestot  en  vont,  y  ajoute  2  vers    V.  les  notes.  —  686 1  Alinéa  dansB.ÏFGt. 

—  6862  GE  .x.M.  —  6864  y  ajoute  dewx  vers.  V.  les  notes.  —  6865  HI 
molt  pueent  hui  avoir  g.  j.,  GEF  molt  par  croist  hui  certes  g.  j.  —  6866 
E  et  grant  pourfis,  F  et  molt  grands  puns(?),  G  et  grans  honors;  HI  la 
gent  d.  T.  —  6867  HI  de  vos  a.  qui  s.  e.  g.;  EF  gage.  —  6868  HI  hui 
leur  f.,  F  car  ja  eussent,  GE  molt  i  eussent-,  EF  grant  damage.  —  6870 
A  molt  e.  f.;  F  v.  f.  ja  deus  g.  g.;  HI  f.  g.  essast,  D  i.  hui  g.  g.  —  6871 
sans  alinéa  dans  EF.  —  6872  GEF  quit.  —  6873  A  ne  puis,  D  nen  quier. 

—  6874  EFHI  ne  c.  r.  ne  d.  —  6875  EF  v.  qui  trestout.  —  6876  HI 
fêtes ,  GEF  feres.  —  6877  HI  m.  de  ce  navez  vos  talent.  —  6878  E  ains 
le  faites,  GF  f  el  v.;  D  nostre,  GEF  vostre.  —  6879  HI  tiex  .m.;  GEFD 
mètres.  —  6880  A  niront.  —  6881  HI  nen  poez  mes  il  nest,  D  vous  sa- 
vez ce  nest;  GEF  vos  feres  bien.  —  6882  HI  de  combatre  vosent  tout 
seux:  D  en  touz  1. 


256  CAMILLE 

tant  com  porreiz  gent  arainir    AjÛL-tjùttJ\J 

ki  se  laissent  por  vos  morir, 
6885    n'ireiz  avant  pas  al  besoing, 

triés  els  vos  estereiz  de  loing.    oLu^aÀm^-u^ 

Vers  mei  en  parlez  vos  en  vain; 

vos  avez  la  teche  al  vilain,  ù.^  ynAtMJ-nlùx,  <i*^i^ 

ki  la  endreit  hue  son  chien  ^a^ncx.  â^tJ  o^iciiMxr 
6890    0  il  n'ose  aler  por  rien,  pe^jv  cLt^  c/Ùa 

et  vos  le  faites  ensement, 

car  vos  huez  la  vostre  gent 

0  vos  ne  volez  aler  pas. 

La  fors  vos  atent  Eneas, 
6895    ki  la  femme  vient  chalongier.  -titU^v^^  cLùuiui^Ji) 

Alez,  ja  vos  poez  vengier! 

Poigniez  le  destrier  chastelain! 

Vos  voldriëz  par  altrui  main 

le  serpent  traire  del  buisson; 
6900    molt  tien  por  fol  et  por  bricon  J^dt 

ki  vos  en  sert  de  tel  folie; 

sacheiz,  ce  ne  ferai  ge  mie, 

ge  n'enbatrai  ja  les  buissons 

por  ce  qu'en  mangiez  les  moissons."  WxJ^xunrtAj 
6905        A  tant  point  Turnus  le  cheval 

et  vint  jusqu'à  la  porte  aval. 

Iluec  a  Camille  trovee 


6883  EF  recouvrer.  —  6884  D  quil;  GF  lairont;  F  tuer.  —  6885  HI  n. 
pas  a.  au  b.  (H  en  b.);  D  n.  mie  a.  —  fi886  HI  aincois  vos  tendrez  de  bien  1., 
D  derrier  e.  e.  d.  1.,  GEF  ains  esteres  derier  als  (F  derrière,  E  d.  en)  loing.  — 
6887  A  nan  parlez  vos  ja  mes  e.  v.;  GEF  i  parleries.  —  6888  D  la  loi.  — 
6889  I  qui  en  tel  lieu,  H  qui  celé  part.  —  6890  HIEF  ou  noseroit,  G  la  il 
nen  o.  ;  D  ou  il  niroit  por  nule  r.  —  6892  HI  c.  la  h.  vos.  —  6893  I  ou  v. 
a.  n.  V.  p.,  G  la  ou  vous  noses  a.  p.  —  6894  HI  1.  f.  ou  a.  —  6895  HI  famé 
et  terre  v.  c;  D  vint  —  6896  HI  la  vos;  EF  aies  i  tost  por  desraisnier.  — 
6898  y  Mais  vos  volez.  —  6899  E  lespervier.  —  6900  D  m.  fait  por  f.;  E 
celui  tien  ie  p.  f.  b.;  GFIII  a  f.  et  a  b.  —  6901  HID  q.  v.  en  sieut,  EF  q.  v. 
crera,  G  q.  v.  querra.  —  6902  HI  s.  de  voir,  GEF  mais  ce  s.;  y  nel  f.  m.  — 
6903  yD  omettent  ge  ;  I  ne  hocherai  pas,  HGEF  ne  batrai  mie,  D  nenbaterai 
pas.  —  6904  I  dont  pensez  cueillir,  H  dont  vos  ja  coilliez;  G  p.  quen  man- 
gies  les  oisillons.  —  6905  sans  alinéa  dans  E.  DGEF  Atant  Turnus  p.  1.  c.  — 
6906  D  omet  et;  HI  et  vient,  A  i  vint;  G  et  v.  droit  a  la  p.  a. 


ENTRE   EN   SCÈNE  257 

0  el  l'atendeit  tote  armée 

bien  o  treis  milie  chevaliers 
6910    toz  conreez  sor  lor  destriers; 

n'i  a  celui  n^ait  a  devise     à,  ^.*i.tAAl^ 

conoissance  de  mainte  guise. 

Camille  ot  molt  bêle  maisniee 

et  el  fu  bien  apareilliee 
6915     et  sist  desor  un  vair  destrier 

ki  valeit  d'altres  un  millier. 

D'ermine  esteit  la  coverture, 

environ  ert  la  brosdettre, 

d'une  porpre  tote  vermeille; 
6920    molt  ert  bfen  faite  a  grant  merveille, 

et  ensement  sa  conoissance. 

Apuiee  fu  sor  sa  lance; 

a  son  col  aveit  son  escu, 

0  bocle  d'or  d'ivoire  fu, 
6925    et  la  guige  en  esteit  d'or  freis.    d^ruio^  cLâ.  L* AJtu. 

Ses  halbers  ert  blans  come  neis 

et  ses  helmes  luisanz  et  clers, 

de  fin  or  esteit  li  cerclers.  qjuïxJU.  eU*-  CAbAtM^ 

La  coife  del  halberc  fu  faite 
6930    en  tel  manière  qu'ele  ot  traite 

sa  bloie  crine  de  defors 

que  el  li  covri  tôt  le  cors: 

derriés  li  ventelot  aval 


6908  I  qui  ja  estoit,  E  qui  1.  ;  El  trestote  a.  ;  H  qui  Ja  1.,  6F  qui  1.  la,  G 
ou  elle  latent.  —  6909  H  et  bien  t.  —  6910  1 1.  aprestez  sus  bons  d.;  E  les 
d.  —  6911  A  qui  nait  d.;  HI  cel  (I  cil)  nait  a  sa  d.  —  6914  HI  si  fu,  GEF 
et  fu,  D  et  si  fu;  y  molt  bien.  —  6915  HI  desus.  —  6916  GE  dautre.  — 
6917  A  sa  c.  —  6918  HI  bordeure,  D  bendeure,  GF  dobleure.  —  6919  EF 
dune  chiere  p.  (F  p.  ch.)  v.,  G  d.  p.  est  inde  et  v.  —  6920  omis  dans  I.  F  et 
molt  fu  f.  —  6921  HID  autresi.  —  6922  I  qui  fu  cousue  a  une  lance;  D  A. 
estoit  ;  G  A.  fu  a  se  1.  —  6923  y  ses  escus  fu  de  bon  (HI  blanc)  ivoire.  — 
6924  y  et  1.  b.  ;  HI  dun  fin  (H  dor  fin)  trifoire,  EF  fu  tote  doire,  G  en  refu 
tote  oire.  —  6926  y  et  s.  h.  b.  —  6927  y  clers  et  1.  —  6928  HI  et  li  cer- 
cles reflambloians ,  G  li  cercles  dor  molt  flamboians,  E  li  cercles  dor  re- 
flamboians,  F  por  le  cler  or  reflanboians;  A  ert  toz  par  carters.  —  6929 
GEF  1.  c.  fu  del  hauberc  f.  —  6931  GF  la;  GEF  gaine.  —  6932  y  si  que 
derrier;  HI  covri  son  dos,  GEF  covroit  s.  c;  D  et  li  couvrirent. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  ]  7 


258  SA   CONVERSATION 

desque  sor  le  dos  del'  cheval. 
6935     Turnus  la  vit,  celé  part  vait, 

la  meschine  vers  lui  se  trait, 

parla  a  lui  en  sozriant: 

„Vo8  nos  alez  trop  demorant;  ruiJHutxLA/rvb 

la  fors  sont  ja  li  correor  tesufd^MJuJXoi^^wtk^ri^ 
(5940    et  nos  demoron  tote  jor; 

se  ne  vos  eiisse  atendu, 

contr'els  fusson  la  fors  issu, 

ja  n'eilsson  ocis  trois  cenz; 

il  nos  ont  enclos  ça  dedenz; 
6945    par  poi  ne  senble  coardise 

que  nos  tarjon  ci  en  tel  guise." 
Turnus  respont  a  la  pucele. 

flDame",  fait  il,  „une  novele 

vos  voil  dire  que  j'ai  oïe; 
6950     bien  sai  par  une  meie  espie 

que  Eneas  est  loing  ariere 

et  passera  une  charriere 

ki  est  desoz  une  sapeie;  4CLfJi>nÙ.Aja, 

molt  est  encombrée  la  veie,  ^(a-  /^>>/>a^^ 
6955     onkes  nul  meillor  leu  ne  vi 

por  assaillir  son  enemi. 

El  bois  m'en  irai  enbuschier 

desus  por  le  chemin  guaitier; 

se  il  entre  en  la  charriere, 
6960    ja  n'en  retornera  ariere; 

avant  ne  passera  il  mie 

6934  D  dessor  la  crupe;  E  cors.  —  6936  I  et  la  pucele;  E  lui  atrait, 
F  lui  la  trait.  —  6937  EF  tout  en  riant.  —  6938  HI  delaiant,  G  démenant.  — 
6939  D  lor  corteour,  H  leur  c.  —  6940  G  tôt  le  jor.  —  6942  HI  la  hors  f. 
contre  eus  i.  ;  GEF  a  als  f.  —  6943  HI  ja  eussions  meu  contenz  ;  D  ja  en  e. 
6943—6947  omis  dans  EF.  —  6944  GHI  enclos  nous  ont;  UI  tuit  ca  de- 
dent,  G  trop  ca  d.  —  6945  DG  por  p.  —  6946  A  q.  atendons,  D  q.  n. 
traions;  GHI  t.  tant  e.  t.  g.  —  6948  IF  dist.  —  6952  G  et  p.  a  la  kariere.  — 
6953  G  qui  est  dessor  le  grant  s.;  HI  saucoie.  —  6954  D  enc.  est  forment, 
E  molt  est  encombreuse,  GF  sest  encombreuse  molt.  —  6956  A  a  a.  — 
6958  I  d.  le  ch.  p.  g.,  E  d.  p.  en  cajus  g.  —  6959  I  bien  sil  e.  en  1.,  H  bien 
sai  sil  e.  1.  cli.  ;  D  et  sil  entre,  GF  et  se  il  e,  ;  A  a  la  ch.  —  6960  HI  ja  mes 
ne  tournera;  G  repaierra.  —  6961  EF  iluec  n.  p.;  G  a  itant  ne  p.  m. 


AVEC   TURNUS  259 

que  il  ne  perde  anceis  la  vie. 

Uns  oem  en  i  oeirreit  cent, 

car  deffense  n'i  valt  neient 
6965     Se  iluec  le  puis  entreprendre,  JUu\.^^/^ja^ri.cLhjL, 

molt  par  lui  cuit  dur  estor  rendre. 

Mil  chevaliers  menrai  o  mei; 

vos  remaindreiz  ci  al  tornei 

et  Mesapns  o  vos  remaigne; 
6970     bien  avra  en  vostre  compaigne 

plus  de  vint  mille  chevaliers,  ^       , 

ouiNi-  estre  la  gelde  et  les  archiers."      M^id^^^c^  a.  fiXj-eL 

Ainsi  l'a  Camille  otreié, 

et  Turnus  prist  de  li  eongié, 
6975     0  sa  gent  s'est  mis  a  la  veie, 

enbuschë  sei  en  la  sapeie: 

se  or  s'i  enbat  Eneas,     /la^  û^ulcIa-jM^*- 

deseonfiz  iert  a  cel  trespas.   f/iVr> «J--  ^A'A^aé 

Camille  issi  fors  al  tornei, 
6980     cent  puceles  mena  o  sei, 

bien  armées  de  covertures, 

tôt  de  diverses  armelires; 

molt  par  i  ot  bêle  compaigne. 

Quant  els  furent  fors  en  la  plaigne, 
6985    li  Troïën  les  esguarderent, 

a  grant  merveille  les  dotèrent; 

quant  poigneient  a  els  damesses, 

cuidoent  que  fussent  déesses 

6962  I  se  il  ne  veut  perdre;  EF  ni  p.,  G  nen  p.;  H  avant  1.  v.  — 
6963  H  en  o.  bien  c,  D  en  occist  bien  telz  cent.  —  6964  I  la  d.  ni  vaudroit 
rien.  —  6966  y  ge  li  cuit  molt  chier  (EF  grant,  GI  fier).  —  6968  I  et  v.  r. 
au  t.  —  6969  GDH  av.  —  6970  I  aurez;  G  en  lui  ares  bone  c.  —  6972  I 
sanz  laide  de  ceuz  a  piez  ;  E  omet  et,  les  geudes.  —  6974  D  prent  ;  G  et 
il  a  pris;  F  a  1.  c.  —  6975  y  se  mist.  —  6976  GEFH  si  sembusca,  D 
embusca  s.,  I  si  se  muca  ;  F  les  1.  s.  —  6977  HID  sore.  —  6978  A  est.  — 
6979  sans  alinéa  dans  EF.  —  6981  HI  a  c,  GEF  od  c.  -  6982  DF 
toutes  d.  a.  —  6983  I  par  avoit.  —  6984  I  Q.  ele  fu  en  la  champaigne; 
H  Q.  ele  fu  hors,  EF  Q.  furent  fors,  G  Q.  defors  furent;  A  an  mi  1.  p.  — 
6985  Alinéa  dans  D.  GEDH  agarderent.  —  6987  et  6988  interveHis  dans 
HI.  HI  qui  la  venissent  por  pramesses,  AB  q.  p.  les  damoiselles,  G  q. 
p.  a  ademesses;  C  quant  elles  peignent  as  eslesses;  E  deuisses,  F  des- 
lesses.  —  6988  HI  cuidierent;  A  c.  ce  f  ;  B  novelles. 

17* 


260  ELLE  ATTAQUE 

ki  deffendissent  la  cité; 
6990    raolt  en  furent  tuit  eifreé, 

ne  s'osoent  vers  els  deffendre 

ne  n'en  voleient  nule  atendre: 

a  merveille  les  redotoent. 

Les  puceles  les  enchalçoent;   ùou/uutu>reùjurJL 
6995     quant  cil  vers  els  ne  deffendeient, 

n'est  merveille  s'els  i  fereient. 

Molt  i  fièrent  bien  les  meschines, 

gésir  les  font  sor  les  eschines, 

molt  i  font  sanc  en  poi  de  tens. 
7000    Orsilocus,  uns  Troïëns, 

vit  les  puceles  s'i  combatre, 

ferir  et  chevaliers  abatre; 

il  trait,  si  fiert  une  donzele, 

Larine  ot  nom,  soz  la  mamele, 
7005     abatue  l'a  del  destrier, 

morte  chaï  jus  el  poldrier.  Cf^uuLjJcéJiJL. 

Li  Troïën  ki  cel  colp  virent, 

a  grant  merveille  s'esjoïrent; 

quant  il  sorent  qu'eles  esteient 
7010    tels  femmes  ki  morir  poeient, 

acoillent  les  de  main  tenant, 

desqu'es  rues  les  vont  menant, 

en  la  cité  les  enbatirent. 

Li  Troïën  tant  i  ferirent, 
7015     des  morz  ont  la  porte  estopee:  irorVLcAtJL. 

se  donc  fust  délivre  l'entrée,  /JUra. 

6989  I  ainz  deffendirent  1.  c.  ;  D  deffendoient.  -  6990  I  et  cil  furent 
molt  e.  —  6991  EF  vers  elles  nossent  pas  d.;  GDH  a  als.  —  6992  E 
volent  nis  une  a.,  F  osent  nés  une;  GD  une.  —  6993  omis  dans  RI.  — 
6994  HI  sus  eus  feroient.  —  6995  III  et  il  point  ne  sen  d.,  GEF  q.  v. 
eles  n.  d.  —  6996  omis  dans  HI.  D  sil;  E  seles  f ,  F  se  le  sofroient,  G 
sil  encalcoient.  —  6998  I  molt  firent  sanc  en  po  termines;  D  par  les  e.; 
E  leur  e.  —  6999  I  m.  en  abatent,  GFDH  m.  firent  s.,  E  m.  i  fissent.  — 
7000  A  Orsileus.  —  7001  D  meschines.  —  7003  y  et  f.  —  7004  A  si  fu 
molt  bêle,  GEF  sor  1.  m.  —  7006  A  m.  chiet  j.  el  poldroier;  D  ou  gra- 
vier. —  7007  Alinéa  dans  D.  —  7008  A  molt  furent  lie  tuit  i  ferirent. 
A  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  7009  E  q,  i  sot.  —  7011  F  tôt  m.  — 
7012  G  tresques,  EF  dusques,  HI  jusques.  —  7013  D  remb.  —  7014  G  les 
f.  —  7015  HI  d.  m.  fu;  GEF  cors.  —  7016  H  se  or,  GEF  sadonc. 


LES  TROYENS  261 

senz  contredit  fussent  entré    ^àu^^u^  of^^ocuMtanrO 

eomunalment  en  la  cité, 

mais  des  morz  i  geseit  il  tant, 
7020    ne  poeient  aler  avant. 

Et  cil  ki  erent  sus  es  tors, 

es  murs  et  par  les  aleors, 

traient,  lancent,  granz  pierres  ruent, 

trop  erent  près,  asez  en  tuent. 
7025    Un  poi  se  sont  ariere  trait; 

Mesapus  un  enchalz  lor  fait  yOôu-^-^-^-uJ'd- 

et  Camille,  ki  o  lui  fu. 

Fors  as  plains  chans  sont  revenu, 

la  reconiencent  les  torneiz; 
7030    li  Troïën  par  quatre  feiz 

les  menèrent  en  tel  manière 

ferant  en  la  cité  ariere, 

et  cil  toz  tens  les  ramenoent 

fors  as  chans  o  il  torneioent. 
7035        Camille  point  parmi  les  rens, 

sovent  joste  o  les  Troïëns, 

tels  cent  en  i  a  fait  verser, 

onc  ne  lor  lut  puis  relever. 

Bien  fiert  de  lance  et  mielz  d'espee, 
7040    a  grant  merveille  fu  dotée;    tAjxZrnd^^ 

ne  getot  pas  son  colp  en  vain; 

ki  feruz  esteit  de  sa  main, 

7019  HI  mes  des  puceles  gist  mort  tant;  A  g.  itant;  D  m.  de  ces  m. 
i  g.  t.,  GEF  m.  que  de  morz  (G  des  cors)  i  g.  t.  —  7020  HI  quU  ne 
puent,   D  que  ne  pueent.  —    7021  A  e.  fors  es  t.,   HI  estoient  es  t.  — 

7022  y  quant  il  virent  que  li  estors.    y  ajoute  4  vers.    V.  les  notes.  — 

7023  GE  t.  lances  et  p.  r.,  F  t.  et  1.  p.  r.,  HI  t.  et  1.  et  piex  r.  —  7024  A  pro. 
—  7026  D  assaut.  —  7028  E  droit  a  p.  c.  —  7029  A  si  rest  comanciez  li  t.; 
D  recomence  les  t.  —  7030  A  et  li  josters.  —  7031  EF  de  grant  m.  — 
7032  HI  en  la  c.  fièrent  a.  —  7033  et  7034  omis  dans  HI.    G  et  1. 1.  cil.  — 

7034  E  la  fors  as  ch.  ou  t.,  GF  as  cans  la  fors  ou  t.  (G  ou  il  tomoient).  — 

7035  sa7is  alinéa  dans  D.  —  7036  HI  joustoit,  D  joustent,  GF  i  joste; 
y  as  T.  —  7037  D  en  i  f.  enverser.  —  7038  Dy  onc  (HIE  qui,  G  aine, 
F  ains)  puis  ne  porent  r.  —  7039  GD  omettent  et.  —  7040  D  estoit  d., 
EFHI  est  (EF  ert)  redoutée.  —  7041  G  ni  g.,  A  ne  giete;  HI  ne  getoit 
pas  ses  cous;  D  point.  —  7042  G  qui  el  consiuoit  a  s.  m. 


262  ïARCO 

ne  languisseit  pas  longuement, 

mire  ne  li  valut  neient, 
7045    la  morz  siueit  son  colp  toz  tens;   •hfuÂesu/i,^^ 

n'i  aveit  neient  de  deffens 

por  buen  halberc,  por  fort  escu: 

ele  i  fereit  de  grant  vertu. 

Bien  i  fereient  les  puceles, 
7050    as  Troïëns  font  vuidier  seles, 

verser  i  vont  maint  chevalier, 

dont  li  cheval  vont  estraier.  jÉAi/\Avii:    .-ùa^tim^ 

Par  le  chanp  gisent  li  escu,  nvxXJuL- 

li  goufanon  a  or  batu, 
7055     lances,  espiez,  halberc  tresli, 

covertures,  helme  forbi. 

Quel  part  que  les  puceles  vont, 

li  Troïën  veie  lor  font, 

nés  pueent  longuement  sofrir, 
70C0    si  comencierent  a  fuir. 

Tarcons,  uns  Troïëns,  les  veit, 

celé  part  vint  acorant  dreit. 

Il  lor  comença  a  hucbier: 

,0  fuiez  vos,  malvais  guerrier? 
7005    Revenez  ariere  en  la  place. 

Donc  ne  savez  vos  ki  vos  chaceV 

Ce  sont  femmes;  or  ait  vergoigne  i^ff^M, 

ki  por  eles  fuit  de  besoigne.   i^t^i^ou^^ji, 

7043  GF  ue  pooit  nuire  1.  —  7044  G  ni  valoit  puis  in.  n.,  EF  m.  ni 
V.  plus  n.  —  7045  HI  ses  cous.  —  7046  y  ni  eust  ia  point.  —  7047  I  ne 
pour  escu,  HD  p.  bon  e.  —  7048—7054  omis  dans  DF.  GE  li  gonfanou, 
HI  por  confanon;  GEHI  a  or  batu.  —  7049  GHI  b.  i  refierent,  E  b.  re- 
feroient;  I  ces  p.,  Il  ses  p.  —  7052  HI  sont;  G  dont  vit  remainent  li  de- 
strier. —  7053— 7(t57  omis  dans  HI.  —  7054  F  ne  par  bon  elme  a  or  b.  — 
7055  D  1.  espees  h.  fourbis;  G  1.  escu.  —  7056  A  de  vert  sauii,  D  h. 
brunis.  —  7059  F  ne  p.;  y  porent;  HI  pas  longues,  GEF  por  nient;  D  nés 
poroient  mais  plus  s.  —  7061  sans  alinéa  dans  A.  I  Akeus,  H  Aireus, 
D  Parsun,  EF  Toran,  G  Marcon.  —  7068  HIEF  v.  poignant  tôt  d.,  D 
l)oint  tantost  tôt  d.;  A  vet.  —  7063  D  comence.  —  7064  HI  franc  che- 
valier. —  7065  D  Tomes  arrière;  E  a  la  p.  —  7066  G  d.  vees  vos.  — 
7067  I  est  v.  —  7068  HI  q.  pour  eus  fuira  d.  b.,  G  q.  p.  nos  fuit  de 
la  b.    y  ajoute  deux  vers.     V.  les  notes. 


l'insulte  263 

N'alez  avant,  estez  ariere, 
7070    nés  dotez  pas,  ehascuns  i  fiere." 

Vers  Camille  se  retorna, 

molt  fièrement  l'jiraisona. 

„Dame'',  fait  il,  „ki  estes  vos, 

ki  ci  vos  enbatez  sor  nos? 
7075    Noz  chevaliers  vos  vei  abatre. 

Femme  ne  se  doit  pas  combatre, 

se  par  nuit  non  tôt  en  gisant; 

la  puet  faire  home  recréant; 

ne  ja  prozdom  o  les  eseaz 
7080    par  femme  ne  sera  veincuz. 

Laissiez  ester  desmesurance, 

metez  jus  l'escu  et  la  lance 

et  le  halberc,  ki  trop  vos  blece, 

et  ne  mostrez  vostre  proece. 
7085     Ce  nen  est  pas  vostre  mestier, 

mais  filer,  cosdrë  et  taillier. 

En  bêle  chanbre  soz  cortine 

fait  buen  combatre  o  tel  meschine. 

Venistes  ça  por  vos  mostrer?  'Tn^yjhjo^rij 
7090    Ge  ne  vos  voil  pas  achater;  ac/^y^t^^ 

por  tant  blanche  vos  vei  et  bloie; 

quatre  deniers  ai  ci  de  Troie, 

ki  sont  molt  buen  de  fin  or  tuit; 

cels  vos  donrai  por  mon  déduit  j^irU, 

7069  GF  raies  a.;  6F  nestes  a.,  Ill  tornez  a.,  E  restes  a.  —  7070 
DGEF  ne;  D  point.  —  7071  HGEF  sen.  —  7076  D  mie  c'  —  7077  HID 
et  en  g.,  G  u  en  g.  —  7078  E  doit;  F  orne  f.  r.  —  7079  HIEFD  mes  ja; 
HI  preudom  viex  ne  chanuz,  D  nul  p.  o  lescu;  GEF  par  lor  e.  —  7080  I 
ne  doit  par  f.  estre  v.;  G  de  f.  —  7082  DGEF  lescu  metes  jus.  —  7083 
y  cel  h.  —  7084  GEHI  ne  nous  m.,  F  vos  mosteres,  D  ne  m.  point;  EF 
tele  p.  —  7085  E  ici  nest  pas  v.  m.,  GF  ce  nest  p.  de  v.  m.,  HI  c.  nest 
pas  de  (I  pour)  femme  m.,  D  ce  nest  mie  v.  m.  —  7086  GEFD  mais  bien  f.; 

I  coudre  filer;  D  c.  ou  t.  —  7088  A  esbatre.  —  7089  I  venistes  v.  ici  m., 

II  V.  vos  vos  ci  m.,  GEF  v.  vos  a  nos  m.  —  7090  HI  ne  vos  vo- 
lons; D  mie  a.  —  7091  D  pour  quant;  y  mais  por  ce  questes  b.  b.  — 
7092  I  aurez;  A  ai  de  mouoie.  —  7093  I  q.  molt  sont  bon  et  de  fin 
cuit,  II  qui  m.  s.  b.  de  fin  or  cuit;  EF  dor  fin  trestuit.  —  7094  H 
que  V.  d. 


264  ELLE  LE 

7095     une  pièce  mener  o  vos; 

ge  n'en  serai  ja  trop  jalos, 
baillerai  vos  as  escuiers. 
Bien  vos  voil  vendre  mes  deniers; 
se  tant  i  pert,  pas  ne  m'en  plaing; 

7100    vos  en  avreiz  doble  guaaing: 
l'uns  iert  que  de  m'enor  avreiz, 
l'altre  que  vostre  buen  fereiz; 
mais  ne  vos  sofira  neient, 
ge  cuit,  s'il  en  i  aveit  cent; 

7105    vos  porriëz  estre  lassée, 

pas  n'en  seriez  saolee."  rteuuxuUju^ 
Camille  ot  bonté  et  molt  grant  ire 
de  ce  qu'ele  lui  oï  dire, 
le  buen  cheval  broche  et  point, 

7110    vers  Tarcon  vait,  a  lui  se  joint. 
Ele  le  fiert  par  grant  vertu 
desoz  la  boele  de  l'escu, 
d'or  en  altre  li  a  brisié 
l'alberc  tresli  et  desmaillié; 

7115    mort  le  trébuche  del  destrier, 
puis  li  a  dit  en  reprovier: 
,Ne  vinc  pas  ça  por  mei  mostrer 
ne  por  putage  démener,  Vv^viA^-v 
mais  por  faire  chevalerie. 


7095  HI  II.  p.  gierre,  EF  une  fois  i  serai.  —  7096  y  et  nen  s.  (EF  et  ja 
uen  ère);  D  s.  point  t.  j.  —  7097  GHI  liverrai  v.,  EF  dont  vous  merrai.  — 
7098  HI  Bien  vos  vendre  toz  mes  d.  —  7099  I  et  se  ge  pert  pas.  —  7100 
HI  vos  i  ferez,  GEF  et  vos  aures.  —  7101  HI  que  mes  deniers  a.  —  7103 
G  sofrira,  IDEF  sofiroit.  —  7104  I  non  pas  sil,  A  ce  que  sil;  D  se  il  estoient 
cent.  —  7105  H  bien  p.,  D  v.  ne  p.,  GF  v.  em  p.,  E  v.  nen  p.  —  7106  I  mes 
ja  nen  s.  s.,  H  mais  n.  serez  ja  s.,  D  ne  s.  mie  s.,  E  ja  mais  nen  s.  assadee, 
GF  mais  n.  s.  pas  soolee  (F  rasasee).  —  7107  I  honte  et  grant  ire; 
GD  C.  ot  grant  dol  et  fort  i.,  F  C.  ot  doel  et  m.  g.  i.,  E  C.  ot  molt  grant 
duel  et  i.  —  7108  A  que  el.  —  7109  HI  enbronche  soi  le  cheval  point; 
G  broca.  —  7110  I  v.  Areus  v.  a.  1.  j.;  H  Aireus,  EF  Taron;  A  let  a  L 
si  j.,  GEIID  et  a  lui  j.  —  7111  I  de  tel  v.,  D  de  g.  v.  —  7112  DGEF 
desor.  —  7113  I  dun  bout  a  lautre,  GFD  dorle  en  autre,  E  que  deur 
en  lautre.  —  7114  HID  et  1.  t.  d.;  GF  1.  rompu;  F  a  d.  —  7117  D 
vieng  point. 


TUE  265 

7120    De  voz  deniers  ne  voil  ge  mie, 

trop  avez  fait  foie  bargaigne;   ^T-ta^êXt. 
ge  ne  vif  pas  de  tel  guaaigne;  acU^rJ 
mielz  sai  abatre  un  chevalier 
que  acoler  ne  doneier;  "iûù^u.  À,'  û^>rf\»uj\> 

7125    ne  me  sai  pas  combatre  en  verse.  "AA/rw^-^v-o^,^ 


A  tant  poignent  a  la  traverse  i-'^rv  A^A<ii.Ci 

dui  chevalier,  si  l'ont  férue;  û^iUT 


¥ 


par  lor  deus  lances  ne  remue 

ne  ne  parti  pas  de  la  sele. 
7130    Tarpee,  une  soe  pucele, 

point  celé  part  a  la  rescosse, 

l'un  en  feri,  sa  lance  estrosse,   6^^-L, 

l'espee  trait  al  trestorner,  ^4>UA/ru^V 

se  li  a  fait  le  chief  voler. 
7135    Camille  ra  l'altre  féru, 

molt  chierement  li  a  vendu 

le  colp  que  il  li  ont  doné: 

anbedui  l'ont  chier  comparé. 
Uns  Troïëns,  Arrons  ot  nom, 
7140    cil  ne  faiseit  s'aguaitier  non,     ouu^Xtu^^ 

eome  Camille  le  faiseit, 

com  el  jostot,  com  el  fereit, 

com  ele  alot  par  le  tornei. 

Ne  se  fiot  pas  tant  en  sei 
7145    que  il  osast  o  li  joster, 

ne  seul  de  devant  li  aler, 

mais  derrière  la  parsiueit 

7120  HI  nai  mile  envie,  GEF  ne  mis  ge  m.;  D  omet  de,  vostre 
denier.  —  7127  A  qui  1.  f.  —  7128  HID  p.  1. 1.  ne  se  remue;  F  nest  ceue.  — 
7129  m  ne  ne  guerpi  estrier  ne  s.,  D  ne  ne  se  p.  d.  1.  s.  —  7130  H 
Carpane,  A  Tarpege,  D  Taparge.  —  7132  I  1.  trousse;  D  lun  feri  sa  sa 
I.  e.;  A  estorse.  —  7133  HI  retorner,  GEF  trespasser.  —  7135  A  C.  an  ra. 

—  7136  A  randu.  —  7137  A  a  d.,  I  ot  d.  —  7138  G  achate.  —  7139  sam 
alinéa  dans  A.  HI  Tacus,  E  Aiaus,  F  Arax,  AD  Arranz.  —  7140  DFG  se 
gaitier  n.  —  7141  GHI  cornent;  I  feroit.  —  7142  I  et  cornent  forment 
jousteroit,  H  et  cornent  roidement  jostoit,  D  c.  elle  jostoit  tornoioit,  GEF 
c.  el  feroit  c.  el  jostoit.  —  7143  HI  quant  e.,  F  et  e.  —  7145  HIEF  a  li. 

—  7146  D  ni  seul  pas  d. ;  E  par  devant;  HI  ester.  —  7147—7153  omis 
dans  HI.    D  m.  de  d.  la  siuoit;  G  m.  par  derrier. 


206  ARRUNS   LA 

a  chascun  tor  qu'ele  faiseit; 

il  li  estait  toz  tens  enaise,  /yui^t*  _^^  ùlcaa^  tr*. 
7150     saveir  s'il  veïst  leu  ne  aise,    ectA-UMrO 

qu'il  la  ferist  en  dessotant,  juuj\jfiJ\jur)jCi^nJb 

0  bien  de  près  o  en  lançant.  -yuh^^rU:.  cLt^  -jiCLs/dLa 

Quel  part  que  la  pueele  vait, 

Arrons  est  toz  tens  en  aguait 
7155     et  est  guarniz  de  li  ferir, 

se  il  en  puet  en  leu  venir,  Gc>cxuu£jt\) 

Ele  nel  set,  n'ele  nel  veit, 

ne  nule  guarde  nen  aveit 

que  la  deust  guaitier  derrière 
71(30     ne  parsiure  de  tel  manière. 

Chloreus  esteit  en  cel  tornei, 

ce  ert  uns  prestres  de  lor  lei, 

Troïëns  ert  de  grant  valor; 

il  n'i  aveit  un  seul  des  lor 
7165     ki  si  richement  fust  armez, 

car  il  esteit  trestoz  dorez; 

a  or  ert  tote  s'armeiire 

et  conoissanee  et  coverture, 

et  aveit  un  helme  tant  cler 
7170    que  nus  nel  poeit  esguarder: 

contre  soleil  reflanbeot. 

Sus  el  porael  une  pierre  ot 


7148  D  a  c.  pas.  —  7150  EF  se  ja  verroit  ne  l,  G  sil  en  aroit  ne  1.  — 
7151  D  en  son  talant,  GE  en  se  pendant,  F  en  sorprendant.  —  7152  D 
ou  de  b.  p.  ou  en  alant;  GEF  ou  a  maint  tas.  Dans  G  le  premier 
hémistiche  est  indistinct.  —  7153  A  Que,  GF  Cel.  —  7154  III  Tacus  tôt 
tens  (I  toz  jours)  est,  GEFD  toz  tens  A.  (E  Aiaus)  est.  —  7155  A  et  toz  g. 
—  7156  E  sil;  F  i  p.  son  lieu  veir.  —  7157  EFIIID  s.  ne  nele  v. ,  G  sot  ne 
nel  veoit.  —  7158  IIIEF  prenoit;  I  ne  p.,  G  ni  a.  —  7159  GFI  quil;  D 
quon  le  d.  g.  d.;  y  de  rien  (F  derier)  gaitier.  —  7160  IIIEF  ne  p.  ne  en- 
ginier,  G  ne  p.  ne  espier.  —  7161  sans  alinéa  dans  GD.  HI  Laures,  A 
Poreus,  D  Loces,  EF  Chores,  G  Quores.  —  7162  I  u.  p.  estoit,  H  ques- 
toit  uns  p.,  E  ce  est  un  p.;  G  que  cert  li  p.  de  la.  —  7166  D  vielz 
ert  quil  e.  t.  d.,  y  vis  ert  que  t.  fust  d.  —  7167  D  trestoute  s.  — 
7169  GD  si  c.  —  7170  D  que  len;  I  coni  nus  liouis  vis  puet  e.,  GEFII 
con  nel  pooit  nis  e.  —  7171  y  si  reluisoit  (I  tant),  y  ajoute  deux  vers. 
V.  les  notes.  —  7172  D  s.  el  cbief  une  p.  a  voit,  y  icelo  estoit  de  tel  manière. 


TUE  267 

ki  esteit  bien  de  set  colors; 

en  fin  or  sist,  taillié  a  flors; 
7175    toz  li  cercles  et  li  nasals 

ert  a  pierres  et  a  esmals. 

Camille  a  l'elme  apercett 

al  Troïën,  ki  riches  fa, 

poi-pensa  sei  que,  s'el  ne  l'a, 
7180    malvaisement  se  preisera.    ^Ucyû/\^fi,t«-^.^L 

Le  cheval  broche,  sel  reqmevt/ciZZù^ujMfij '^ 

desor  l'escu  doré  le  fiert, 

l'alberç,  li  desmaille  et  deront, 

mort  le  trébucha  en  un  mont. 
7185    Ele  a  sa  resne  retenue, 

del  buen  cheval  est  descendue, 

vait  la  0  cil  gist  en  la  place, 

l'elme  saisist  et  sel  deslace. 

De  grant  neient  s'est  entremise, 
7190    mais  ainsi  vait  de  coveitise: 

mainte  chose  coveite  l'on 

dont  l'en  n'avra  ja  se  mal  non. 

El  s'en  peust  bien  consirrer:  ^Cc  cru./\j-c^  j   ^' a^ù^J^c^rûj^ 

ne  l'en  leira  mais  retorner, 
7195     ses  mais  et  sa  morz  i  giseit 

la  0  desor  le  mort  esteit. 

Arrons  estut  de  l'altre  part, 

ki  l'aguaitot,  se  tint  un  dart, 

lancié  li  a  par  grant  vertu; 
7200    par  som  la  guige  de  l'escu,    O/rvû^   o^    jL^jC&u, 

7173  D  qui  estoit  de,  y  que  bien  estoit;  D  maintes  c.  —  7174  HI 
îisise  a  or;  GEF  en  f.  o.  or  fu  t.  trestos  (E  fu  entaille  toz).  —  7176  HI 
estoit  de  pierres  naturaus;  A  faiz,  EF  fu;  G  a  fin  or  fu.  —  7177  Alinéa 
dans  DGEF.  EF  ot.  —  7179  HI  porpense;  GFDHI  p.  s.  sele  ne  la.  — 
7180  I  pourverra,  EH  provera.  —  7181  F  si  le  fiert.  —  7182  HI  desus;  D  sor 
lescu  dor  tel  cop  1.  f ,  F  d.  1.  un  cop  le  fiert;  E  1.  a  or.  —  7184  D  si  le  t.; 
DE  trébuche.  —  7186  HI  de  son  ch.  —  7187  D  la  vait.  —  7188  I  et  le  h. 
li  d.,  H  le  h.  molt  tost  li  d.,  D  le  h.  s.  et  d.;  GEF  si  li  d.  —  7189  y  de  folie; 
G  sa.  —  7193  HE  consieurer,  I  consierrer;  A  poist.  —  7194  HI  ne  sen  saura, 
D  ne  li  1.;  AD  laira;  GEFD  ja  r.  —  7195  D  mais  maulz,  HI  son  mal.  —  7196 
HI  desus;  HIEG  le  cors.—  7197  I  Artus,  H  Arcus,  E  Aiaus,  ADArranz; 
GEDHI  estoit.  —  7198  HIEF  si  t.,  GD  et  t.,  E  si  traist.  -  7200  III  par  sus. 


268  DOULEUR  GÉNÉRALE 

dejoste  la  senestre  aissele, 

la  fiert  el  cuer  soz  la  mamele, 

El  chiet  morte,  molt  lié  s'en  firent 

li  Troïën,  ki  cel  colp  virent: 
7205    Arrons  fu  liez  de  ce  qu'ot  fait 

et  peor  ot,  fuiant  s'en  vait. 

Une  pucele  l'a  veti, 

el  point  a  lui,  si  l'a  féru 

que  mort  l'abat,  puis  li  a  dit: 
7210     „Ceste  joie  a  duré  petit; 

de  ma  dame  ai  pris  la  venjance, 

vos  n'en  ferez  ja  mais  vantanee." 
Camille  jut  a  terre  morte, 

sa  maisniee  s'en  desconforte,  Ajl^  ^A  f  ^^^  ^^ 
7215    guerpi  ont  le  torneiement, 

celé  part  vont  isnelement. 

Grant  duel  demeinent  ses  pucelcs. 

Ses  mains  ki  tant  esteient  bêles 

en  poi  d'ore  furent  nereies 
7220    et  ses  faces  totes  persies,  àU/^.>t^ru<Â^  i>4xutL^ 

sa  tendre  chars  tote  muée. 

En  la  cité  l'en  ont  portée. 

Grant  duel  demeinent  cil  dedenz, 

remés  est  li  torneiemenz.     Caô^x. 
7225        Turnus  esteit  en  son  aguait, 

uns  mesagiers  noncier  li  vait 

que  morte  esteit  la  dameisele. 

7202  E  sor.  —  7203  Le  second  hémistiche  dans  y  est:  granz  fu  li 
cols,  puis  y  ajoute  Pj^  vers  (V.  les  notes),  dont  le  dernier  a  pour  second 
hémistiche  celui  du  vers  7203.  Mais  HI  omettent  les  vers  7203  et  7204  (na- 
turellement au  premier  hémistiche  de  7203  près).  EF  se  f.  —  7204  GEF  si 
anemi  ;  F  quant  c.  c.  —  Apres  ce  vers  y  ajoute  2  vers.  V.  les  notes.  —  7205 
HI  Arcus,  EF  Aiaus;  GF  qua  f.  —  7206  HI  mes  p.  ot,  D  et  ot  p.  —  7208 
D  et  p.;  HID  après,  GEF  avant.  —  7209  HI  omettent  que,  mort  labati;  F 
se  li  dist.  —  7210  GEF  ta  d.  —  7211  yD  omettent  la;  GFH  prise.  — 
7212  E  ne  f.;  H  hui  mes.  —  7213  sans  alinéa  dans  A.  y  gist.  —  7214  G 
si  d.  —  7217  GE  en  mainent;  E  les  p.  —  7219  III  f.  e.  p.  d.  n.  —  7220 
II  et  ses  faces  andeus  p.,  lE  et  sa  face  toute  p.  ;  A  colors  ;  GF  furent  p. 
—  7223  HI  en  m.  —  7225  GEF  ajoutent  deux  vers,  puis  GHI  deux  autres. 
V.  les  notes.    D  T.  oi.  —  7226  A  mesages. 


A   LA  NOUVELLE   DE   SA   MORT  269 

Quant  il  en  oï  la  novele, 


/ 


de  duel  cuida  vis  esragier;  dLL^\jt^ru^  i-fr^^A^ 
7230    il  ne  se  volt  plus  atargier, 

de  l'aguait  ist  de  la  sapeie, 

et  Eneas  par  altre  veie 

de  la  forest  esteit  issuz, 

defors  al  plain  esteit  venuz. 
7235    II  se  sont  bien  entrechoisi,  j^  4;^9rJb  -Vi^-c^   ^'xt^yv  X'clu» 

près  chevalchent  li  anemi, 

mais  ne  se  vuelent  aprochier 

por  joster  ne  por  torneier, 

car  asez  bas  vesprë  esteit. 
7240     Turnus  vait  a  Laurente  dreit 

et  trova  morte  la  meschine. 

Plore  li  reis  et  la  reïne, 

borgeis  et  dames  et  serjant, 

duel  font  li  petit  et  li  grant; 
7245    tuit  regretent  la  dameisele, 

ki  tant  ert  proz  et  tant  ert  bêle 

et  diënt  tuit  que  mare  fu; 

forment  lor  est  mesavenu, 

molt  ont  perdue  grant  aïe, 
7250    afebleiee  est  lor  partie. 

Sovent  se  repasmot  Turnus, 

7228  y  q.  i.  oi  celé  n.  —  7229  A  enragier.  —  7230  I  iluec  ne  vot, 
F  ne  se  volt  pas,  G  il  nés  vialt  p.  a.  —  7231  I  de  sa  saucoie.  —  7233 
E  ert  ja  issus.  —  7234  A  d.  e.  a.  p.  v.;  D  a  p.  ;  GF  en  ert  v.  —  7236 
G  puis  san  revont  si  a.  —  7237  D  voudrent;  y  encontrer.  —  7238  y  p. 
tornier  ne  por  joster.  —  7239  HI  e.  si  bas  li  v.  e.,  EF  c.  issi  bas  v.  e., 
G  c.  V.  issi  bas  e.  —  7240  III  que  nus  son  preu  ni  conoisoit,  E  li  uns 
près  lautre  ne  veoit;  F  que  luns  lautre,  G  li  uns  laltre;  GF  pro  ne 
veoit.  y  ajoute  avers.  V.  les  notes.  —  7241  HI  omettent  et;  I  il  t.  m., 
H  t.  il  m.  —  7242  D  plorent,  GEF  ploroit.  y  ajoute  deuac  vers.  Y.  les 
notes.  —  7243  G  li  b.  d.,  HI  b.  escueir.  —  7244  HI  menoient  tuit  dolor 
molt  grant,  E  molt  grant  d.  f.  p.  et  g.,  F  g.  d.  f.  tôt  p.  et  g.,  G  tôt  plo- 
roient  p.  et  g.  —  7245  E  et  trestout  por  1.  d.;  F  molt  r.  —  7246  HI  qui  t. 
e.  courtoise  et  b.,  E  qui  t.  par  estoit  preus  et  bêle,  G  q.  t.  estoit  et  pros 
et  b.  —  7247  GEI  que  mar  i  fu,  F  quele  mar  fu.  —  7248  EH  molt  lor 
en  est;  EF  mal  a.  —  7249  E  molt  orent  en  lui;  HIE  bone  a.  —  7250  HIE 
afeblie  est  lor  compaignie,  GF  afeblie  est  molt  1.  p.  —  7251  HI  repaume; 
D  Molt  s.  se'pamoit  t. 


270  ÉNÉE   FAIT 

dit  qu'il  n'a  soing  de  vivre  plus; 

quant  la  pueele  est  por  lui  morte, 

de  nule  rien  ne  se  conforte 
7255     que  il  oie  ne  que  l'en  die: 

al  nonehaleir  a  mis  sa  vie.    r>i^jaAcAA^ 
Eneas  fu  defors  Laurente,  ^ 

et  dist  que  il  metra  s'entente  <A 'ûy^o/tût^^LA^u   ? 

a  ce  que  la  citez  seit  prise:  ^' 

7260    n'en  tornera  en  nule  guise, 

des  i  que  sa  guerre  ait  finee. 

Li  chevalier  de  la  contrée, 

li  païsant,  li  vavasor 

et  li  baron  tuit  li  plusor 
7265     venu  li  sont  de  bot  aidier,    t^&u-A  eU.  mlIM. 

car  molt  eremeient  le  dangier 

que  Turnus  lor  voldreit  mener, 

s'il  en  poeit  desus  aler. 

Toz  li  pais  o  lui  s'alie, 
7270    prametent  li  molt  grant  aïe. 

Il  comença  a  avesprer 

et  li  solelz  a  resconser;  444-  CclcJ^c^ 

de  la  cité  ont  enveié 

a  Eneas,  si  ont  preié 
7275    qu'il  lor  doigne  triues  set  dis, 

si  enterreront  les  ocis 


7252  DGEFI  dist;  A  que;  I  perdre.  —  7253  GF  sa  p.;  A  ert.  — 
7254  I  de  riens  nule;  A  sen  c.  —  7255  D  quil  o.  que  len  li  die;  F  que  il 
d.,  GHI  quon  li  die.  —  725(5  IIIDEF  en,  G  a.  —  7257  DE  ert.  —  7258  HI 
bien  dit  toute  m.  s.;  DGF  quil  i  m.  —  7259  et  7260  intervertis  dmis  y. 
HI  devant  quaura  la  c.  p.,  GEF  que  li  e.  ne  soit  ains  p.  —  7260  GE 
dist  ne  laira.  —  7261  y  ou  la  guerre  sera  f.  (HI  iert  du  tout  f.,  EF  ert 
affinée).  —  7263  GEF  li  bacelier.  —  7264  HI  des  barons.  —  7265  GEHI 
li  sont  V.;  I  du  tout  a.  —  7266  F  dotoient,  G  haoient;  D  lor  damage.  — 
7267  F  voelle,  GE  voloit.  —  7268  HI  s.  pooit  an;  D  se  il  le  povoit  sor- 
monter,  G  sil  al  desor  p.  a.;  I  d.  monter,  HEF  deseure  a.  —  7269  D  li 
pais  tout;  y  a  lui  s.  —  7270  G  et  li  p.  g.  a.,  D  si  li  p.  g.  a.,  F  tôt  li 
p.  g.  a.,  E  molt  li  p.  g.  a.;  I  si  g.  a.  —  7271—7281  omis  dans  III.  Alinéa 
dans  G.  —  7272  GEF  esconser.  —  7274  D  lont  p.  —  7275  A  que  1. 
dongent;  GFD  li  d.;  GEFD  t.  .viu.  dis.  —  7276  G  tant  quaient  lor 
mors    enfois. 


CONSTRUIRE   UNE  TENTE  271 

et  les  chevals  refreschiront, 

els  meïsmes  ki  pené  sont, 

et  il  refacent  altretel. 
7280    ôtreia  lor,  il  n'i  ot  el. 

Devant  Laurente  ot  un  moncel,     ùcrCLÙruL, 

jadis  fu  sièges  d'un  ehastel, 

entor  esteit  buens  li  fossez; 

se  un  petit  fust  reparez,   AjLfiOLnj^ 
i^n^  /U-*^    7285     alkes  i  ot  de  forterece. 

Dedenz  dure  bien  la  planeee    jQÀcuùru^ 

granz  quatre  traiz  d'une  arbaleste.  ûL^U^aXLiU, 

Danz  Eneas  iluec  s'areste, 

alkes  i  aveit  de  deffens. 
7290    II  apela  ses  Troïëns; 

iluec  rova  fichier  sa  tente    ^j^um^  z   (Uc>r<jLfJ 

que  l'en  la  veie  de  Laurente. 

A  la  lune  ont  la  nuit  ovré, 

portendu  ont  tôt  le  fossé     C^ixrv-tJ^ 
7295     d'une  tente  qu'ot  Eneas, 

de  diverses  eolors  de  dras, 
j\£juL^    faite  par  listes,  par  merels,    'yrxOJi.eJÂé..^ 

0  bretesches  et  o  crenels; 

toz  ert  quarrez  ainsi  entière, 
7300     corne  quarrel  sont  en  maisiere.   yrujLrJ 

De  loing  senblot,  ce  fust  chastels, 

a  grant  merveille  par  ert  bels: 

n'ert  mie  fait  por  forterece, 

7277  GEF  et  lor  c;  G  qui  refresciront.  —  7278  A  il;  D  et  enz  que 
moult  penez  estoient.  —  7280  D  o.  le  lor  ni  o.  e.;  E  i  ni  a  el.  —  7281 
EF  d.  L.  en  .i.  m.  —  7282  HI  devant  i  ot  eu  (I  veu)  cli.,  AD  sege  a 
un  ch.  —  7283  E  estoient  boin  li  fosse.  —  7284  I  mais  un  poi  soient  r., 
H  mes  quun  p.  soit  r.;  EF  regiete.  —  7285  HI  un  poi  i  ot;  GEF  eust. 
—  7286  HI  desus;  HIEF  duroit,  D  auront;  G  estoit  grans.  —  7287  HI 
plus  dun  grant  tret;  DEF  dun.  —  7289  HI  un  pou  i  a.  —  7290  F  apele 
les.  —  7291  HI  la  comanda.  —  7292  HI  si  quen.  —  7293  E  tome.  — 
7297  HI  fait  fu  p.  1.  p.  m.,  E  fu  faite  p.  1.  p.  m.,  GF  faite  par  liste  et  a 
m.,  AD  fait  p.  1.  et  p.  m.  —  7298  D  o  chastiaus;  GEF  a  b.  et  a  c.  — 
7299  D  t.  ert  ainsi  ouvre  e.,  y  partires  fait  en  tel  manière.  —  7300  A  c. 
lan  fet  une  mestriere;  I  a  m.  —  7301  D  s.  estre  c;  HI  que  f.  —  7302  A 
et  a  m.;  I  merveilles  estoit  b.  —  7303  A  n.  noiant. 


272  DESCRIPTION 

mais  por  belté  et  por  richece. 
7305    Tôt  environ  fu  portenduz 

0  pels,  0  cordes  et  o  fuz, 

Lor  chastel  ont  molt  tost  dreeié; 

quant  defors  l'ont  apareillié, 

dedenz  ont  lor  tentes  asises, 
7310     mil  et  cinc  cenz  de  maintes  guises. 

Eneas  fist  tendre  el  mileu 

son  tref  que  il  conquist  d'un  Greu: 

bien  près  de  Troie  l'enoeist,  jkjM. 

le  tref  et  les  armes  en  prist. 
7315    Li  très  esteit  de  cent  colors, 

tailliez  a  bestes  et  a  flors 

et  a  girons  et  a  merels 

et  a  listes  et  a  tavels. 

Desor  toz  les  altres  pareit, 
7320    donjons  senblot,  car  granz  esteit; 

une  aigle  d'or  ot  en  son  mis 

que  l'en  veeit  par  le  pais. 

Tote  la  nuit  ont  tant  ovré 

que  il  orent  tôt  apresté 
7325     et  lor  tentes  asis  par  rues 

et  lor  cordes  totes  tendues 

et  lor  chastel  bien  afermé  oÀUjytrùu 

tôt  environ  sor  le  fossé. 

Asez  fu  tost  faiz  li  chastels; 
7330    ne  fu  pas  forz,  mais  il  fu  bels. 

Quant  vint  a  l'endemain  al  jor, 

7304  D  leesce.  —  7305  y  a  p.  a  c.  et  a  f.  —  7307  HI  Le  ch.  — 
7309  EF  1. 1.  o.  d.  a.;  A  les  t.  —  7311  GEFD  en  m.  —  7313  et  7314  omis 
dans  D.  HI  quant  locist.  —  7315  E  mil  c.  —  7316  A  o  bisches  et  o  f.,  F 
par  bendes  et  par  f. ,  E  par  b.  et  par  f.  —  7317  et  7318  omis  dans  HI. 
D  taviaus;  A  o  g.  et  o  m.  —  7318  D  et  a  bendes  et  a  meriaus;  A  o 
1.  et  o  c.;  E  crestiaus.  —  7319  HI  Desuz.  —  7320  F  car  molt  e.,  GED 
que  g.  e.  —  7321  F  u.  a.  i  ot;  I  ot  sus  assis.  —  7322  1  quen  v.  p.  tout 
1.  p.  —  7323  H  En  celé  n.  —  7324  I  que  il  ont  trestout  a.;  GD  lorent, 
—  7327  A  et  lo  ch.  b.  ordene.  —  7328  I  sus.  —  7329  et  7330.  omis 
dans  GEF.  HI  A.  tost  fust  pris  cist  ch.;  D  mis.  —  7330  HI  car  niert; 
A  mes  molt.  —  7331  Alinéa  dans  GDIII.  E  au  demain,  F  ens  el 
demain. 


DE  LA  TENTE  273 

cil  de  Laurente  de  la  tor 

et  cil  ki  sor  le  mur  esteient  ^ 

as  batailles,  le  chastel  veient,     'mOMJx^h'Ui^u.^^  ^  CAjUirJiM^ 
7335    les  tentes  et  les  paveillons: 
U,  -yuj-^^r.^-^iUi^  ^Ql  grant  cuident  ce  seit  donjons. 

Tuit  ont  oï  par  la  cité 

que  Troïën  molt  ont  ovré, 

ki  la  nuit  ont  un  chastel  fait. 
7340     Chascuns  ki  l'ot  eorant  i  vait, 

d'en  son  le  mur  le  vont  veeir 

et  afichent  trestuit  por  veir      o4^C'Cr>ynr%£>n^ 

qu'il  est  de  pierre  et  de  mortier 

et  que  cil  sont  molt  buen  ovrier, 
7345    ki  tant  ont  fait  et  tant  ovré 

en  une  corte  nuit  d'esté, 

que  altres  homes  quatre  tanz 

n'en  fereient  tant  en  treis  anz. 

Molt  fait  vers  els  mal  guerreier,    a4^iMiA,âuLrJ 
7350     a  conquerre  ne  sont  legier,    -JIclAJLl.  ' 

car  molt  sont  duit  de  mal  sofrir;  A^rtAjhuùJ^J 

ne  font  pas  senblant  de  fuir. 

Peor  ont  grant  en  la  cité, 

forment  en  sont  tuit  effreé, 
7355    le  rei  blasment,  ne  pueent  mais, 

que  as  Troïëns  ne  fait  pais. 

Turnus  fist  par  matin  banir 

que  les  morz  aillent  sepelir.  fl^n^a^i^^i-t^ 

7333  HI  sus  les  murs.  —  7334  I  a  creniaus  le  biau  eh.  v.;  H  et  as 
quarniax,  EF  a  b.  —  7335  EF  et  ces  t.  ces  p.;  G  et  ces  t.,  A  et  les  t.; 
AG  des  p.  —  7336  D  pluisor  c,  GEF  li  gent  cuident  (G  cuide);  HIDEF 
que  s.  —  7337  EF  ont  veu.  —  7338  HI  ont  tant  o.,  G  sont  molt  dote.  — 
7339  E  et  dient  tout  castel  ont  fait;  A  que  1.  n.;  G  tel  c.  f.  —  7340  y 
veoir  le  v.  —  7341  HI  desus  les  murs,  GDEF  desor  1.  m.  —  7342  A  ce 
a.  —  7343  q.  e.  de  chauz.  —  7344  A  il  s.  —  7345  HI  et  manovre.  — 
7347  I  car;  GHI  daltres;  EF  que  autre  home  .xl.  tans.  —  7348  HI  ne 
le  f.  en  t.  a.;  HD  ne  f.  mie;  GF  plus.  —  7351  GD  nul  s.  —  7353  D 
grant  paour  o.  —  7354  HI  molt  en  sont  forment  e.;  A  f.  par  s.,  D  f . 
y  s.  —  7355  D  lor  r.;  A  nen  p.  —  7356  HI  quas  T.  ne  faisoit  (I  facent) 
p.,  D  de  ce  quas  T.  n.  f.  p.,  EF  que  au  Troien  faice  le  pais;  G  quil.  -- 
7357  Alinéa  dans  D.  —  7358  HIE  enfouir,  GADF  sepelir. 

Bibliotheca  Normannica  IV.  J  § 


274  DÉSESPOIR 

Il  ont  apareillié  les  rez, 
7360    ars  ont  les  morz  et  enterrez. 

Li  Troïën  tôt  ensement 

reconreerent  la  lor  gent;   AJ-^cujuùj>jUrJb. 

a  la  costume  del  pais 

les  lor  ont  ars,  en  terre  mis. 
7865        Turnus  esteit  en  la  cité, 

molt  se  teneit  a  malmené 

de  Camile,  ki  morte  esteit, 

griement  de  li  se  complaigneit. 

„A  las",  fait  il,  „quel  destinée! 
7370    Molt  m'est  fortune  trestornee! 

One  ne  me  pot  nul  bien  venir 

de  eeste  guerre  maintenir: 

gel  detisse  seuls  comparer,  ^j^n^u^ 

sor  mei  deiist  il  retorner, 
7375     neient  sor  vos,  gentiz  pucele; 

tant  estiez  corteise  et  bêle, 

tant  amiëz  chevalerie, 

vos  en  avez  changié  la  vie. 

Ne  fu  femme  de  nul  parage 
3780    ki  enpreïst  tel  vasalage,    Çd-^r^hj-^i^/u^n-^U^ 

ne  ki  de  ce  s'entremeïst.  -A'-fl-rvAAAxV  cun^r^ 

Grant  mal  m'a  fait  ki  vos  ocist; 

perdu  en  ai,  por  vostre  mort, 

a  toz  tens  mais  joie  et  déport.  -fî&îjL 

7359  HIDEF  et  il  i  vont;  HI  tant  ont  erre,  D  fait  sont  li  rez,  EF 
tant  ont  ouvre;  G  et  il  tant  ont  ensamble  olvre.  —  7360  HIEF  quars  sont 
li  mort  et  enterre,  GD  que  il  furent  tôt  enterre  (D  enterrez).  —  7361  et 
7362  omis  dans  D.  —  7362  E  tout  1.  g.,  F  lor  lor  g.  —  7364  HID  1.  ont  ars 
et  e.  t.  mis.  —  7366  HI  qui  molt  se  tient;  FD  por  m.  m.  —  7368  III  molt 
durement  se  c.  —  7370  G  com  ma  f.  malmenée;  EF  délivrée.  —  7371  et 
7372  omis  dans  A.  G  il  ne  me  pot  aine  bien  v.;  EF  aine  ne  me  puet.  —  7372 
F  g.  a  ni.  D  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  7373  E  je  d.;  D  je  le  d.;  , 
A  nel  deussiez  pas  andurer.  —  7374  HI  sus  m.  d  le  mal  torner;  GF  d.  tôt 
r.  —  7375  HID  non  pas  sus  (D  sor)  v.  —  7376  I  qui  t.;  HI  e.  plaisant;  GEF 
t.  par  estes.  —  7377  DEF  et  t.  —  7378  HI  que  en  avez  perdu  la  vie;  D 
omet  en,  vos  avie ;  GEF  or  i  a.;  G  a.  perdue  vie.  —  7379  I  n.  f.  onc  f.  de  tel 
p.;  A  de  tel  corage.  —  7380  G  emcargast.  —  7382  A  molt  ma  mal  f.;  F  a  f., 
D  me  fist.  —  7384  I  toute  joie  et  tout  confort;  D  omet  mais;  EFH  et  confort. 


DE  TURNUS  275 

7385    Vos  venistes  por  mon  servise, 
^^j*^  ^^■"ïfc'  '     si  vos  i  estes  del  tôt  mise;       iixuL   a.  'icû^ 
^^^*-^  "'^  maies  soldées  en  avez.  /ujUiu\jAM^  ^ 

Molt  est  Pallas  chier  comparez, 

un  chevalier  que  lor  oeis; 
7390    molt  le  m'ont  or  bien  en  leu  mis,    ip>vé.    iOeu^  ,    crriÀL 

le  contrepan  m'en  ont  rendu,  c^yrJ^t-r^utMtfir^  J\£rrxjlu. 

par  vos  m'ont  il  tôt  confondu,  pt/xcLuLi  cULhuxJuL 

perdue  en  ai  tote  ma  vie. 

Afebleiee  est  ma  partie, 
7395    ki  maintenue  esteit  par  vos; 

ne  sai  par  cui  seie  rescos. 

Vos  estiez  a  mon  besoing     a.   ^rx^rj    û^  f  cm^^A^ 

preste  toz  tens,  fust  près  o  loing: 

Mar  fu  onkes  vostre  valors!  y/ouU^tcifn^ji, 
7400     D'altres  femmes  estiez  flors; 

onkes  nature,  ce  me  senble, 

en  un  cors  n'ajosta  ensenble  Çajua^^tu^^ 

si  grant  proece  o  grant  belté. 

Ki  en  voldreit  dire  verte, 
7405    il  senblereit  que  ce  fust  fable;  yru^n-t-cmAa^ 

molt  par  esteient  dessenblable 

vostre  valors  de  vostre  aage, 

vostre  vis  de  vostre  corage; 

vos  estiez  une  donzele, 

7385  G  en  m.  s.,  D  a  m.  s.  —  7386  Hl  molt  vos  en  estes  entremise, 
GEF  si  vos  estes  molt  entremise  (F  si  en  estes,  E  sen  esties).  —  7388  D 
M.  en  est  P.  c.  —  7389  G  que  jo  o.  —  7390  HI  malement  le  mont,  GEF 
or  le  me  ront  bien,  D  car  or  le  mont  bien.  —  7391  HI  mal  c;  GD  con- 
trepois.  —  7392  HI  la  vostre  mort  ma  c.  —  7393  HI  or  ai  perdu  toute  maie, 
EF  perdu  en  ai  molt  de  maie  ;  D  ore  m.  v.  —  7394  HI  Aflebi  e.  m.  com- 
paignie,  GEF  Ma  compaigne  est  tote  (EF  molt)  afeblie  ;  D  Afloibie  en  est.  — 
7395  E  m.  fu,  F  m.  fust.  —  7396  A  serai,  E  soies;  G  n.  s.  cornent  soient  r.  — 
7397  et  7398  intervertis  dans  HI;  I  touz  jor  e.,  GEF  de  tôt  e. —  7398  HI  ou 
fust  de  près  ou  fust  de  1.,  D  p.  ou  fust  ou  près  ou  1.,  GEF  p.  mesties  et  p. 
et  1.  —  7400  DGEFI  la  flors.  —  7402  A  .u.  meillors  ne  josta  e.  —  7403  GDHI 
tel  b.;  H  e  t.  b.,  G  a  t.  b.  —  7404  GEF  qui  (E  quen)  voudroit  dire  vérité.  — 
7405  E  sambloit.  —  7406  A  tant  p.  estiez,  y  car  molt  par  erent  ;  G  delitable, 
EF  devisaule,  A  desfansable.  —  7407  yD  et  v.  a.  —  7408  y  vostre  sens  (GEF 
et  V.  s.),  A  V.  avis  ;  yD  et  vostre  (GEF  vos)  c.  GEF  ajoutent  deux  vers.  V.  les 
notes.  —  7409  et  7410  intervertis  dans  HI.    y  Ou  estes  vous  ma  damisele. 

18* 


2V6  MISÉ  EN  BIÈRE  DU 

7410    corteise  et  avenanz  et  bêle, 

si  estiez  hardie  et  forte. 

Ja  li  cuiverz  ki  vos  a  morte 

ne  vos  osast  seul  esguarder, 

s'il  vos  veïst  vers  lui  torner; 
7415    il  vos  feri  en  dessotant,  .^ti-'j^tt/iA/yi^sLné 

il  ne  vos  vint  pas  el  devant. 

Ha  las,  dolenz,  tant  mar  i  mui! 

0  ère  ge,  quant  ge  n'i  fui? 

Ne  fussiez  pas  ainsi  ocise, 
7420    graindre  guarde  fust  de  vos  prise; 

ne  morissiez  senz  mei  neient, 

ge  vos  guardasse  feelment 

corne  la  meie  chiere  amie. 

Ge  ne  sai  mais  que  ge  vos  die, 
7425    mais  dolenz  sui  de  vostre  mort, 

ja  mais  ne  cuit  aveir  confort.  " 
Turnus  se  dementot  forment 

et  molt  se  repasmot  sovent 

et  regretot  la  dameisele. 
7430    Atant  la  gent  Camile  apele, 

il  fist  les  puceles  venir, 

lor  dame  lor  fist  desvestir. 

Ele  esteit  tote  ensanglentee, 

d'eue  rosade  l'ont  lavée, 
7435     sa  bêle  crinë  ont  trenchiee, 

et  puis  l'ont  aromatisiee. 

7410  y  ou  estes  vos  gentil  pucele  (Hl  Hai,  hai  g.  p.),  Dca  merveilles 
b.  —  7411  et  li\2  omis  dans  A.  y  qui  si  e.;  III  etpreus  etf.  —  7412  D  couart. 

—  741.3  GEHI  nis  e.,  F  mais  e.  —  7414  A  aler.  —  7415  et  7416  omis  dans  y. 
D  f.  soudeement.  —  7416  D  ne  v.  v.  mie  par  d.  —  7417  HI  Ha  quel  agait, 
GEF  H.  1.  fait  il;  GEF  corn  m.;  A  fui.  —  7419  D  mie  ainsi.  —  7420  ADHIE 
greignor.  —  7422  HI  avec  vos  fusse  feelment;  D  ni  m.  —  742.3  GE  soie.  — 
7424  y  g.  n.  s.  las  ;  HI  que  de  vos  die.  —  7426  GEF  quier.  —  7427  HI  dé- 
mente. —  7428  HI  et  après  se  pasme  s.  (H  et  si  se  p.  molt  s.)  ;  E  dementoit. 

—  7429  HI  puis  regarda  vers  la  pucele  (I  regarde);  GEF  et  regardoit;  E 
forment  la  bêle.  —  7430  omis  dans  G;  HI  Adont.  —  7431  y  ses  p.  —  7432 
I  la  d.;  A  descovrir.  —  7433  GHI  molt  e.  —  7434  y  deve  chaude  1.  bien  1.; 
D  dune  yave  rose.  —  7435  A  lont  t.  ;  y  ont  (GEF  ot)  bien  trecie.  —  7436 
DGEF  omettent  et;  D  après  1.,  E  p.  1.  bien,  GF  p.  si  lont. 


CORPS   DE   CAMILLE  277 

Et  basme  et  mirre  i  ot  plenté, 

le  cors  en  ont  bien  eonreé. 

D'un  drap  de  seie  d'Almarie 
7440    fu  la  mesehine  ensevelie, 

et  puis  l'ont  mise  en  une  bière 

ki  molt  fu  riche  et  molt  fu  chiere. 

Les  ban-es  et  li  dui  limon 

furent  de  la  dent  d'un  peisson, 
7445     a  or  furent  tuit  entaillié  û^ric^rjuji)^ 

et  0  pierres  apareillié.  cnynjL. 

De  cordes  de  seie  fu  toz 

11  laceïz  ki  fu  desoz; 

li  liz  fu  de  coton  enpliz 
7450    et  desus  fu  mis  uns  tapiz. 

Coste  de  paile  ot  en  la  bière 

ki  covri  tote  la  litière; 

li  pailes  dont  la  coste  fu 

esteit  ovrez  a  or  menu,  2u  oU.  AiJ-i/<i.  M^^^U^^rircUjLûJi^ 
7455     eatablati  molt  chiers  esteit,     c.A^^tU>(.£ijtti.£>rù 

nus  mieldre  pailes  nen  esteit; 

la  coste  esteit  et  longue  et  lee, 

de  café  enbafe  esteit  brosdee. 

Coissin  de  paille  tribola    thjJAcJ-^-err^ 
7460    ot  a  son  chief,  quel  sozleva, 

et  dedesus  un  oreillier; 

7437  HIEF  b.  et  m.  ont  (EF  ot)  a  p.  —  7438  G  molt  ont  le  cors;  HI  en- 
basme.  —  7439  HI  en  d.  (I  dras);  G  dalmatie.  —  7440  y  pucele;  G  sevelie.  — 
7442  HI  qui  m.  iert  précieuse  et  ch ,  G  qui  m.  i  fu  et  r.  et  eh.  —  7443 
DGFF  timon.  —  7444  y  des  os  (E  de  los)  dun  grant  p.  —  7445  D  dor  f. 
t.  entret.  —  7446  HID  a  p.,  E  as  p.  —  7447  D  des  cordes  liées  f.  t.,  EF  de 
cors  de  s.  f.  trestous.  —  7449  y  eslis.  —  7450  D  et  de  soie  ot  mis  ;  G  el 
t.,  HI  uns  samiz.  —  7451  et  7452  intervertis  dans  A.  HIAD  coite,  GEF 
keute.  —  7452  I  emplie  de  plume  bone  et  chiere,  D  qui  recouvri  t.  1. 
bière;  EFH  covroit.  —  7453  E  Cil;  HIAD  coite,  GEF  keute.  -  7454  D 
ert  touz  ouvrez.  —  7455—7459  omis  dans  HI.  D  car  aplate,  G  car  haplati, 
EF  cataplati.  —  7456  D  uest  adroit.  —  7457  HIAD  coite,  GEF  keute;  D 
1.  c.  fu  1.  et  1.,  GEF  1.  c.  fu  et  1.  et  1.  —  745S  C  doer  en  autre,  D  de  cata- 
lat'e,  GEF  a  (G  od)  un  cassandre;  AB  brostee,  D  bordée,  G  orlee.  — 
7459  D  tribulat,  G  tribolat.  —  7460  I  ot  au  c.  qui  le  s.;  H  qui  s.,  A  qui 
li  leva,  D  q.  soslevast,  G  q.  soslevat.  —  7461  HI  et  par  desus;  E  et  par 
dedens  ot  o.,  F  et  dedens  ot  un  o. 


278 


ON  l'envoie 


la  taie  en  fu  d'un  drap  molt  ehier 

et  fu  cosuz  toz  de  fresels.  <^iaj^/r2likx.^ia.^ 

La  plume  en  esteit  d'uns  oisels 


7465 


7470 


7475 


ki  en  cez  terres  lai  sus  sont; 
H  rei  en  lor  palais  les  ont. 
leil  oisel  ont  nom  ealade;  ; 

tel  nature  ont  que  un  malade  ' 

puet  l'en  par  els  espermenter,  yyxaJXn^i^  o. 
s'il  deit  morir  o  respasser;  quju\x^       V  o-^^ajuj-'^^ 
ki  un  l'en  ameine  devant, 
se  il  deit  vivre  en  avant, 
li  calades  le  set  et  veit, 
en  mi  le  vis  l'esguarde  dreit; 
et  se  morir  deit  de  cel  mal, 
il  en  mostre  signe  mortal: 
son  ehief  tornë  altre  partie, 
le  malade  n'esguarde  mie. 
Iluec  dedenz  jut  la  raeschine, 
un  eovertoir  de  sebeline 
ot  desor  li,  bien  fu  ovrez, 
tôt  environ  fu  engolez,   a-.^i^ 
c^û/vmj'uAA- vols  fu  de  porpre  enperial. 

Desus  la  bière  ot  un  chassai 
de  vert  cendal  et  de  vermeil, 
por  tenir  l'onbre  del  soleil. 
Quant  tôt  orent  apareillié, 
quatre  buens  murs  ont  atachié 
a  la  bière  suëf  porter. 


7480 


7485 


(L  '  JjLnnû.    ^^^    (ce^ 


dbumju-  j^&iJL^ 


7462  A  toile.  DG  omettent  en.  —  7463  HI  par  f.  —  7464  D  fu  de 
tiex  o.  —  7466  Hl  li  ^rant  seignor  o  eus,  GEF  en  lor  p.  li  roi.  —  7467 
y  Cil  o.  ont  a  n.  c.  —  7468  D  que  dun  m.,  F  comme  m.,  GE  que  h. 
m.  —  7469  GEF  bien  esprover.  —  7471  D  que  homme  amaine  d.;  III 
cui  on  les  a.  —  7472  G  sil  d.  v.  a  en  a.  —  7474  GE  li  garde.  —  7475  A 
sil.  —  7477  y  sil  son  c.t. ;  D  daltre  p.  —  7478  yD  li  malades;  y  nen 
vivra  mie,  D  ne  verra  mie.  —  7479  D  dessus;  HI  gist,  A  ot.  —  7482  D 
omet  fu.  —  7483  I  de  drap,  HEF  en  vols,  G  et  vols;  y  de  paile  e.  — 
7484  I  et  sus;  y  un  cendal.  —  7485  y  qui  fu  de  vert  et  de  v.  —  7487 
Alinéa  dans  HI.  D  q.  il  ont  tout  a.,  EF  q.  ce  orent.  —  7488  I  q.  mules 
0.  a.;  H  sont  a.  —  7489  A  por  1.  b. ;  G  sovent  p. 


DANS  SON  PAYS  279 

7490    Quant  apresté  furent  d'errer, 

de  la  sale  sont  issu  fors. 

Turnus  a  eonveié  le  cors,    ooi^^vyjûA,^^ 

soentre  vait  a  pié  plorant, 

démente  sei  et  fait  duel  grant. 
7495        La  bière  conveia  li  reis;    ^i^ctfT-r-i^oAA^-^ 

li  chevalier  et  li  borgeis,  ' 

dames,  borgeises  et  enfant 

après  vont  grant  duel  démenant; 

par  les  rues  o  la  bière  entre, 
7500    plorent,  crient  trestuit  soentre. 

Molt  ot  grant  duel  en  la  cité, 

a  merveilles  sont  eifreé, 

tôt  fors  de  la  cité  la  meinent, 

al  départir  grant  duel  demeinent. 
7505    Li  reis  s'en  retorne  plorant, 

Turnus  ala  grant  pièce  avant, 

puis  que  tuit  furent  retorné, 

grant  lieue  loing  de  la  cité. 

Al  départir  baisa  de  fors 
7510    cent  feiz  la  bière  o  gist  li  cors, 

trente  feiees  se  pasma, 

a  grant  peines  s'en  retorna. 

Vont  s'en  cil  ki  le  cors  en  meinent 

et  de  l'errer  forment  se  peinent,    7nA/uJu^^ 
7515    tant  qu'il  entrent  en  son  païs; 

7490  m  q.  f.  a.;  A  daler.  —  7492  A  al  convoier.  —  7493  Hl  Tur- 
nus a  pie  vet  après  plorant,  D  Apres  la  b.  vont  p.,  EF  Sovent  va  as 
pies  p.  —  7494  D  démentent  s.  font  duel  si  g.;  y  d.  fait  molt  grant.  — 
7495  sans  alinéa  dans  yD.  —  7497  F  b.  li  e.  ;  A  et  serjant.  —  7498  y  a.  li 
vont  g.  d.  faisant,  D  a.  v.  tuit  g.  d.  menant.  —  7499  et  7500  omis  dans  HI.  — 
7500  D  p.  corent;  E  p.  et  c.  tout  s.,  F  p.  c.  totes  s.,  G  p.  en  vont  corant  s.; 
A  t.  ansanble.  —  7501  Alinéa  dans  GD.  HG  ont;  Hl  pari.  c.  —  7502  y 
merveille.  —  7503  Dy  {sauf  F)  len.  —  7504  F  dolor  mainent.  —  7505  et  7506 
omis  dans  y;  D  sen  torna  a  itant.  —  7507  D  f.  tuit.  —  7508  I  une  g.  1. 
d.  1.  c.  —  7509  y  intercale  deux  vers.  V.  les  notes.  —  7510  I  .x.  f.;  GF 
primes  la  b.  puis  le  c.  —  7511  I  et  par  plusieurs  foiz,  H  par  .xx.  fiées, 
D  plus  de  t.  fois,  GEF  par  t.  fies.  —  7512  E  se  r.  —  7513  Alinéa  dans 
GEHID.  F  Voisent  cil.  —  7515  GE  t.  que;  HID  soient  en  lor  p.;  EF 
laient,  G  vinrent. 


280  TOMBEAU 

il  i  mistrent  bien  quinze  dis. 

Quant  il  vindrent  a  sa  cité, 

tôt  ont  le  duel  renovelé; 

quant  la  novele  fu  oïe, 
7520    la  vile  en  fu  tote  estormie.  -yrù^c^  £^w->  cJjCuurru 

Encontre  H  corent  plorant, 

duel  font  li  petit  et  li  grant; 

tote  la  genz  est  effreee. 

Al  tenple  ont  loi*  dame  portée, 
7525    iluec  la  guarderent  treis  meis 

si  chevalier  et  si  borgeis 

et  si  baron  et  si  ehasé,  vou^touv^ 

tant  que  il  orent  apresté 

la  sepolture  o  el  girreit: 
7530    n'ot  si  bêle  en  cest  siècle  a  dreit. 
Set  merveilles  a  en  cest  mont; 

de  totes  celés  ki  i  sont 

n'i  a  nule  ki  seit  graignors 

ne  plus  estrange  ne  meillors. 
7535     Près  del  tenple  a  une  planece,   ùhu^t\u.^  xu^^ctc 

de  mtir  ert  close  en  reondece;  jf^^^^w^Z      \      pêck^ 

la  place  esteit  large  dedenz,     ^     ^itnrÂA^        — 

de  marbre  esteit  li  pavemenz. 

Il  i  aveit  quatre  perrons, 
7540    tailliez  a  guises  de  lions. 


7516  I  bien  .v.  et  .x.  —  7517  HI  et  q.  v.;  DGEF  la  c.  ;  III  en  s.  c. 
—  7518  I  si  ont  1.  d.  recomaucie,  DH  le  d.  ont  t.  r.  —  7519  E  ont.  — 
7520  A  est;  GFHI  molt  e.  —  7521  E  Contre  lui  acourent.  —  7522  III 
molt  font  grant  duel,  GEF  grant  d.  en  font  (F  mainent)  p.  et  g.  — 
7523  G  omet  est.  —  7524  HID  la  d.  —  7526  GEF  li  c.  et  li  b.  —  7527 
D  si  sériant  si  baron  fieve;  G  et  li  b.  ;  DGHI  et  si  (G  li)  fieve,  F  et  si 
prive.  —  7528  F  que  illeuc  erent  a.  —  7529  FD  omettent  el.  —  7530 
y  ne  quit  (EF  croi)  que  tele  el  s.  soit  (G  que  al  mont  t.  s.),  D  n.  el 
siècle  si  belle  a.  d.  —  7531  sans  alinéa  dans  FDI.  HI  Mainte  merveille 
a,  A  Cent  m.  a,  D  Si  est  m.,  EF  Des  m.  a.  —  7533  y  ni  a  nule  jo 
croi  (HI  ce  cuit)  g.  —  7535  y  ajoute  deux  vers  entre  le  premier  et 
le  second  hémistiche  de  ce  vers.  V.  les  notes.  A  planée.  —  7536  GA 
reondee;  D  close  de  mur  en  r.,  III  enclos  de  mur  a  r.,  EF  de 
mur  enclose  en  r.,  G  dun  m.  enclose  a  r.  —  7538  G  ert  tôt.  —  7539 
G  .1.  p.  —  7540  DEF  en;  IIIEFD  guise. 


DE  CAMILLE  281 

molt  maistrement  i  furent  mis; 

de  desus  ot  deus  ars  asis,    "^touM^à^  jLrru  clj^c^ 

en  eroiz  esteient  vols  amont,     cicLj\^y~Ùjkxj\£^    cxnjrùxJ^i^ 

a  aguilles  taillié  reont;  sxcn-LoL 
7545     dreit  en  mi  furent  asenblé, 

par  maistrie  furent  soldé.  A^ruAjui^ 

Desus  sor  la  jointure  dreit 

uns  granz  pilers  asis  esteit, 

de  marbre  de  mainte  eolor; 
7550    granz  set  teises  ot  de  haltor;     -toi^^-J»^ 

la  base  ki  seeit  desoz 

et  li  pilers  fu  tailliez  toz 

a  flors,  a  biches,  a  oisels, 

et  ensement  li  ehapitels.   c/a^oL/^-^x^j, 
7555     La  sus  amont  sor  la  cimaise    Cju.^y^^cùuiA^ 

ot  fait  une  oevre  ki  s'eslaise;    ^'iy^-^x^i^ 

fors  s'eslaisot  bien  igalment  À-OcUfi^n^-^Ji^rJz. 

tôt  environ  reondement; 

tôt  a  compas  tant  s'estendeit      /CUf^r*-\juhJ.  A4.4.ijrrx4,rrJti. 
7560    que  en  toz  sens  vint  piez  aveit. 

De  desus  cel  esvasement  é^irù-i^ji.^rrxt.^r^ 

ot  fait  un  bel  entablement; 

iluec  ert  la  maisiere  asise    '>ruLi/x^ 

0 

dreit  eontremont  tôt  en  tel  guise  ^^r^  ^hcujJb 
7565     que  dedenz  fu  tote  entérine:  .^^n^-ix^^ 
n'i  ot  fenestre  ne  verrine; 
et  tôt  de  fors  cez  pilerez 

7541  I  m,  menestriement  f.  m,  —  7542  GUI  et  desor,  D  dedenz.  — 
7543  G  en  vols  e.  droit  a.  —  7544  HI  la  voûte  fu  {omis  dans  I)  toute  en 
reont,  A  a  cuiere  tôt  an  reont,  D  longues  t.  r.,  G  matisie  et  t.  r.  — 
7545 — 7637  omis  dans  HI.  —  7546  G  par  nature.  —  7547  —  7551  omis 
dans  F.  G  sist  1.  j.  —  7548  A  u.  genz  p.  desus  e.  —  7549  GE  d.  m.  ert 
d.  m.  c.  —  7550  A  sis  t.  —  7553  A  o  b.  et  o.  —  7554  D  et  autressi; 
GEF  ensement  ert  li  ch.  —  7555  A  Desus;  GEF  en  le  c.  —  7556  G  ot 
mis  u.  o.  q.  e.  —  7557  A  sesloigne;  E  omet  bien;  G  comunement,  F  tôt 
i.,  D  molt  i.  —  7560  A  de  t.  s.;  G  queu  t.  s.  .i.  pie  ni  a.  —  7561  D 
dessuz  cel  envaissement.  —  7562  ED  entaillement.  —  7564  D  d.  en  eon- 
tremont en  t.  g.  ;  EF  faite  en  t.  g.  —  7565  G  tote  terrine,  F  tote  entière. 
—  7566  EF  verrière.  —  7567  D  defors  ot  seize  p.,  EF  et  defors  ot  fais 
p.  (E  omet  et);  G  les  p. 


r 

7575 


282  TOMBEAU 

tôt  environ  ot  fait  archez. 

La  maisiere  ki  dreite  ert  sus 
7570    vint  piez  ert  halte,  neient  plus, 
•^[^   de  fors  esteit  tote  trifoire;  cnyru^rrxAyrjl^L   £yr^  -fp^ 
c^^^^rnxh^^  .C.^r.^f^^'^^  desor  aveit  voLs  d'un  ivoire;  cU,  perJ^iouL 

en  som  esteit  a  pavement  ^ 

et  a  molt  grant  esvasement,  ttj^LÀjumMrJ^ 

que  a  compas  fors  estendeit  xiy>val>hu!4XLû>)rntf.'>^ 

plus  que  li  pilers  ne  faiseit,  ^ 

Desus  fu  la  maisiere  asise,    irhJ^ ,  filacL 

bien  ovree  tôt  d'altre  guise 

que  eele  de  desoz  n'esteit: 
7580    vint  piez  en  contremont  aveit, 

trente  pilers  ot  environ 
'ygruLy^-^  H-^f^^  Ol>%c^        a  ars  de  molt  bêle  façon. 

Altre  volte  sist  ensement 

de  desus  celé  el  pavement, 
7585    li  esvasemenz  fors  alot 

tôt  environ,  ki  plus  durot 

que  li  premiers  ne  li  segonz; 

a  compas  ert  faiz  toz  reonz, 

ovrez  de  diverse  manière.  ; 

7590    Desus  sist  la  tierce  maisiere, 

ki  trente  piez  ot  de  haltor;  \ 

pilers  ot  asis  tôt  entor.  j 

Sor  la  tierce  maisiere  amont 

ot  chapitel  volt  et  reont,     \j  pic^ 

7568  D  t.  e.  f.  a  archez,  G  avoit  fait  environ  a.  —  75(19  D  qui  ert 
dessus;  G  droit.  —  7570  D  .x.  pies  ert  haute  un  poy  phis,  EF  .x.  p.  ert 
haute  et  un  poi  plus ,  G  .m.  pies  ert  haute  n.  p.,  A  v.  p.  avoit  et  n.  p.  — 
7571  A  desus.  —  7572  A  desoz;  D  deseure  a.  un  corvoire,  E  et  par 
dedens  de  fin  i.;  F  un  civoire,  G  un  i.  —  7573  D  dessus,  F  et  son;  GE 
el  p.  —  7574  D  et  ot,  G  et  od.  —  7575  GEF  car  a  c.  f.  sestendoit.  — 
7576  GEF  premiers.  —  7577  et  7578  omis,  dans  EF;  DG  Desor.  — 
7578  D  en  a.  g.  —  7579  GD  de  desor.  —  7580  E  omet  en.  —  7581  G 
avoit  en  son.  —  7582  A  o  ars.  —  7583  et  7586  omis  dans  D.    G  ot  e.  — 

7584  E  dedeseure  cel  p. ,   F  dedesor  cil  eup. ,   G  desor  celés  el  p.  — 

7585  D  li  env.  —  7588  D  estoit  t.  r.,  F  t.  f.  r.  —  7589  A  dovre.  —  7590 
DGEF  desor.  —  7591  E  en  h.  —  7592  DGEF  intercalent  deux  vers.  V. 
les  notes.    DGEF  p.  ot  a.  e.  —  7594  GEFD  ot  un  capel  vols  tôt  r. 


DE  CAMILLE  283 

7595    de  desor  cel  entablement 

fu  acordé  molt  maistrement;       ûuuJi^ 

la  coverture  de  desus  ^ 

fu  bien  roiste  cent  piez  et  plus,   a^cxjlJu-  ;  jlùc^ûj^ ^-AA^ 

de  manece  ert  la  coverture 
7600    par  girons  a  entailleiire 

et  0  tavels  de  mainte  guise;    c.ùj^J\mjCU^-^ 

en  som  ot  une  aguille  asise 

0  treis  pomels  dorez  entor. 

De  desus  ot  un  mireor; 
7605    iluec  pueent  très  bien  veeir, 

quant  l'en  les  vendra  aseeir, 

0  fust  par  mer  o  fust  par  terre. 

Ja  ne  fussent  conquis  par  guerre; 

bien  veeient  el  mireor 
7610    ki  ert  asis  en  som  la  tor 

lor  enemis  vers  els  venir, 

dont  se  poeient  bien  guarnir, 

apareillier  els  a  deffendre; 

n'erent  legier  pas  a  sorprendre. 
7615     Graignor  merveille  n'estuet  querre 

(car  ce  n'esteit  en  nule  terre) 

des  deus  ars  ki  grailë  esteient     y^JU^  ^  Trùjnx.tuj 

et  si  grant  oevre  sosteneient,  ,^»wU,jr,cÙ£^^r^ 

et  del  piler  ki  sist  en  som, 


7595  D  entaillement.  —  7596  DGEF  omettent  molt;  GF  fu  acordee 
soltilment.  —  7597  GEF  qui  fu  sus.  —  7598  GFD  ou  plus.  —  7599  GEF 
de  manière.  —  7600  A  ot  landanteure  ;  F  lent.  —  7601  E  et  a  taules, 
GF  et  un  tavel.  —  7602  A  et  an  s.  o.  une  aigle  a.;  D  desor  ot.  —  7603 
D  a  t.  p.,  E  quatre  p.,  GF  et  t.  p.  —  7604  E  et  deseur,  F  de  desore; 
G  et  par  desor  un  m.  —  7605  D  pooit  bien  len  v.  ;  E  porroient  b.,  F  po- 
roit  on  b.,  G  pooient  b.  —  7606  D  q.  1.  si  vendroit  a.,  E  se  aucuns  le  ve- 
nist  assir,  F  si  les  venroit  plus  asallir,  G  se  nus  les  poroit  aseir.  —  7608 
1)  ja  mais  ne  fust,  E  ja  ne  fust  on.  —  7609  D  verroient  au  m.,  E  ver- 
roient  un  m.;  A  veoit  an.  —  7610  A  desus  1.  t.  —  7612  F  poroient.  ,^ 
7613  D  a.  a  e.  d.,  GEF  et  a.  de  d.  —  7614  E  nestoient  1.,  GD  n.  pas  le- 
gier. —  761-5  E  nestoit.  —  7616  GDEF  que  ceste  estoit  (D  est).  —  7617 
D  de;  GEF  qui  si  graille  estoient.  —  7618  EF  et  issi  gramment  sesten- 
doient.  —  7619  —  7623  omis  dans  EF.  D  ert;  G  et  des  pilers  qui  sont 
en  son. 


284  TOMBEAU 

7620    ki  reportot  celé  maison, 

ki  fors  de  loing  tant  s'estendeit; 

et  de  sor  celé  une  altre  aveit 

ki  plus  de  celé  s'eslaisot;   ^  '  Qjt/ruLaJb. 

une  graignor  sor  celé  en  ot; 
7625     bien  ert  large  celé  desus 

treis  tanz  que  les  altres  de  jus; 

quant  que  l'oevrë  alot  montant, 
tivrJ/'xek.tiJi.cùJ^ ,  Cjnrf^ji^iû.*yi>uk  plus  poi"preneit  en  eslaisant.  ^/rv  ^  '  oJih'fruLatr^L 

Grant  merveille  senblot  a  toz 
7630     que  graindre  ert  desus  que  desoz; 

bien  reteneient  li  plusor 

a  merveille  le  mireor. 

Sus  en  la  volte  daarrame,    pU^'^/-ujU\jb~ 

amont  en  la  plus  soveraine,  AJ-ttyq^Jin^JL. 
7635     ki  peinte  ert  de  mainte  color, 

a  or,  a  pierres  tôt  entor, 

iluec  a  l'en  la  tombe  mise, 

Camile  vestent  de  chemise 

et  d'un  blialt  de  baldekin; 
7640     corone  ot  en  son  chief  d'or  fin, 

le  ceptre  tint  en  sa  main  destre, 

desor  son  piz  tint  la  senestre. 

Enmi  la  volte  fu  a  sise     ojjl,  'ytjJUûjl^.   (Jjl 

la  tombe  o  Camile  fu  mise; 
7645     d'electre  fu  li  sarqueus  toz,     û^rrdt>M~  -iûJjur>A. 

quatre  images  d'or  ot  desoz, 

7620  D  qui  soustenoit  itel  m.,  G  qui  departoit  si  grant  m.  —  7621  A 

del  lonc;  6D  de  lun  1.  s.  —  7622  mss.  cel;  D  estoit,  G  pavoit.  —  7623  et 

•  7624  omis  dans  E.  F  et  qui  plus  de  els  sesmaiot;  G  sesvasoit.  —  7624  omis 

clans  D.    G  et  un  forcor,  F  et  un  g.;  GF  sor  cel  ravoit.  —  7625  EF  bien 

estoit  larges  cil  d.  ;  D  dessous.  —  7626  D  bien  .m.  tans  que  celle  dessus. 

—  7627  GEF  qui  que.  —   7628  DF  comprenoit.  —    7629  Alinéa  dans  D. 

—  7630  D  plus  grande,  E  camont;  GF  que  molt  e.  g.  que  d.  —  7631 
GEFD  luolt  r.  —  7632  G  del  m.  —  7634  EF  a.  en  haut  en  le  s.  —  7636  A  a 
or  o  bises.  —  7637  HI  illeuques;  D  ot;  111  bière.  —  7639  A  de  fin  b.  de 
balcasin.  —  7640  HI  la  c.  ot  el  ch.  —  7641  A  la  cepre;  III  la  umin.  —  7642 
A  eu  son  s.  p.  ;  HI  et  sus  ;  E  le  p.  ;  D  sa  s.  EF  ajoutent  deux  vers.  V.  les 
notes.  —  7645  HI  de  leutre,  D  de  cletre,  E  de  letre.  —  7646  HI  q.  i.  1 
ot  d.,  E  q.  i.  ot  dedesous,  G  q.  i.  ot  dor  d.,  F  q.  imagenes  i  ot  d. 


DE  CAMILLE  285 

ki  sostindrent  as  quatre  cors. 

Vaissels  ot  asis  lez  le  cors, 

pleins  de  basme  et  d'altres  lieors 
7650    por  refreschir  la  des  odors. 

Desus  fu  li  covereles  mis, 

molt  sotilment  joinz  et  asis,  ^ 

toz  fu  entiers  de  calcédoine,    Cj^JtuLcLoi-jr^^ 
'^o.tiprirrAi  ^^  jagonees  et  de  sardoine;   ^iuuxciem.^^ 
7655     d'altres  pien-es  menu  triblees,   -/j^^^/a  x^ 

0  sanc  de  serpent  destemprees,  >^^/»y^/i»  ^ .  ^  yrulo/r^jLt^ 

fu  li  mortiers  toz  seelez 

et  li  sarqueus  bien  asenblez. 

Une  liste  ot  d'or  el  tonbel, 
7660    letres  i  ot  fait  a  neel, 

son  epitafe  i  ont  escrit. 

La  letre  sone,  li  vers  dit: 

,Ci  gist  Camile  la  pucele, 

ki  molt  fu  proz  et  molt  fu  bêle 
7665     et  molt  ama  chevalerie 

et  maintint  la  tote  sa  vie. 

En  porter  armes  mist  s'entente, 

ocise  fu  desoz  Laurente". 

Desor  la  tombe  en  mileu  droit 
7670    une  chaeine  d'or  pendeit, 

amont  ert  mise  en  la  polie,  ûôtjdUjL, 

et  descendeit  par  grant  maistrie.  'r7n-A^uhu..^A.,  ^  OJ'Jh- 

A  l'un  des  chiés  de  la  chaeine 


7647  D  quelle;  HIF  a  q.  c.  —  7648  HI  Deus  v.  ot,  GEF  V.  ont 
mis;  y  joste  1.  c.  —  7649  HI  omettent  et;  D  et  de  1.  —  7652  y  qui  le 
cors  gardent  des  o.  (HI  de  puors).  —  7651  GEF  desor;  I  assis.  —  7652 
I  sodé  et  mis,  A  i  fu  a.  —  7653  HI  t.  f.  entre  (H  entres)  de  {omis  dans 
I)  c,  GE  t.  estoit  fait  de  c;  y  calcédoines.  —  7654  y  sardoines.  —  7656 
IIIF  de  s.,  GEH  a  s.;  A  dun  s.  —  7657  HI  fort  fu  le  m.  s.,  GEF  dont 
f.  1.  m.  s.  —  7658  A  s.  et  a.  —  7659  F  omet  dor.  —  7660  D  fait  i 
ot  1.  —  7661  AD  fu  e.  —  7662  EFHI  et  li  v.  d.  —  7664  HI  qui  tant  fu 
p.  et  tant;  GF  ert  bêle.  —  7665  HI  qui  tant.  —  7666  I  et  la  m.,  GF  et 
sel  m.  —  7668  A  o.  an  fu.  —  7669  HI  Desus.  —  7670  D  dor  i  p.  — 
7671  et  7672  omis  dans  El.  D  m.  et  ploie;  GEF  en  le  puelie  (F  pucele) 
estoit  botee.  —  7672  GEFD  diloc  venoit  aval  doblee. 


286  TOMBEAU 

pendié  la  lanpe,  ki  fu  pleine 
7675    d'un  chier  oile  de  tel  manière 

que  molt  geta  clere  lumière; 

ne  ja  par  feu  ne  defaldra,   TnA^rvAoA^^A/ 

toz  tens  ardeit,  toz  tens  durra. 

Celé  lanpe  fu  alumee, 
7680    toz  jors  ardra  mais  a  durée,     -fmxiffUAAj 

se  l'en  ne  la  brise  o  abat.  •-«. 

Ele  ert  d'un  jagonee  grenat, 
opùjruUuAJ  n'ot  de  son  grant  si  chier  vaissel 

en  tôt  le  siegle,  ne  si  bel. 
7685    Li  altre  chiés  de  la  chaeine, 

ki  la  lanpe  conduist  et  meine, 

a  un  piler  de  travers  vint, 
pXjU-CT^      uns  colons  d'or  el  bec  la  tint, 

soldez  esteit  sor  la  cimaise, 
7690    de  la  tonbe  ert  asez  enaise.  a/iia. 

Ja  mais  la  lanpe  ne  charra 

tant  com  li  colons  la  tendra; 

il  là  tendreit  "toz  tens  mais  bien, 

se  nen  esteit  seul  une  rien: 
7695    un  archier  ot  de  l'altre  part,   o^iMa/v^ 
tcuJLpi-L.      tresgetez  fu  par  grant  esguart, 

endreit  le  colon  ert  asis 

sor  un  perron  de  marbre  bis; 

son  arc  tôt  oateâé  teneit    -k^ncUx. 
7700     et  celé  part  visot  tôt  dreit. 

Li  boldons  esteit  encochiez 

7674  I  une  1.  pendoit  qui  plaine;  GEFD  pendi,  H  pendoit.  —  7675 
I  fu  dune  huille.  —  7676  G  g.  de  1.;  GEFI  getoit,  HD  gete;  I  grande.  — 
7677—7680  intervertis  ainsi  dans  y:  7681.  82.  79.  80.  D  por;  El  ne  de- 
staindra;  GEF  ne  ja  li  fus  nestaindera.  —  7678  HI  mes  illoques  tôt  i 
ardra,  GEF  tous  tens  (G  jors)  illeuques  ardera;  A  arde.  —  7680  D  ardoit. 
—  7681  H  El  fu.  —  7684  GFHI  le  monde.  —  7688  y  en  som  1. 1.  —  7689 
et  7692  omis  dans  HI.  —  7690  A  a.  a  aise,  D  assis  e.  —  7692  HI  car  le  colon 
bien  la  t.;  E  se  t.  —  7693  —  7727  omis  dans  HI.  GEF  tostans  ades  (E 
ja  mais)  bien  le  tenroit.  —  7694  GEF  se  une  cose  nel  toloit,  D  se  nestoit 
seul  por  u.  r.  GEF  ajoutent  deux  vers.  —  7695  D  uns  archiers  ert.  — 
7696  D  getez  i  fu.  —  7701  D  Li  boutons  estoit  enchoiciez,  GEF  li  boions 
ert  bien  (G  si)  empenes,  A  Lo  boldon  avoit  ancochie. 


DE  CAMILLE  287 

et  esteit  si  apareilliez, 
OiÀt^  que  le  colon  de  bot  ferist,     T^ai^^  ^sU.  xu^luU. 

tantost  com  de  la  corde  issist. 
7705     Li  archiers  puet  longues  viser 

et  toz  tens  mais  l'arc  enteser, 

mais  ja  li  boldons  n'en  istreit, 

se  primes  l'arc  ne  destendeit 
JLa-Clj  li  laz  d'une  regoteore  iihjUrujcJ-\û^ 
7710    ki  apareilliez  ert  desore, 

ki  teneit  l'arc  toz  tens  tendu. 

A  un  sofle  fust  tôt  perdu: 

ki  soflast  la  regoteore, 

et  el  destendist  en  es  Tore    /mxt  cU~  ^ù-i-û-^-t^ 
ll\h    et  li  archiers  idonc  traisist 

dreit  al  colon,  si  l'abatist, 

donc  fust  la  chaeine  rompue 

et  la  lanpe  tote  espandue. 

Quant  Camille  fu  entonbee, 
7720    l'uiserie  fu  estopee, 

toz  les  aleors  en  desfont   oUyrrxcCUu^ 

ki  esteient  lai  sus  amont, 

par  0  Camile  i  fu  portée. 

La  sepolture  ont  délivrée.   je^ry-n-^ÀiA.  a  . 
112.0        Endementiers  que  ce  fu  fait     ûJL'nMM.viM-   ^jf^^^ 

li  reis  Latins  volt  faire  plait 

as  Troïëns  d'acorder  sei. 


7702  D  et  ert  ainsi  a.,  GEF  et  si  drecies  acesmes;  A  aparoillie.  —  7704 
D  t.  comme  de  coiche  i.,  GEF  t.  c.  li  corde  traisist.  —  7705  d  7708  omis 
dans  F.  A  pot.  —  7706  D  son  a.  teser.  —  7707  A  ni  trairoit;  D  ja  1. 
bouzons  mais  nen  istroit,  GEF  ja  nen  istera  li  boions.  —  7708  D  se  de 
devant  ce  nestendoit,  GEF  ne  nara  garde  li  colons.  GEF  remplacent  les 
vers  7709  —  7713  par  huit  autres.  V.  les  notes.  —  7709  D  regoteure.  — 
7710  D  de  mesure.  —  7713  et  7714  omis  dans  D.  E  qui  soulevast  le  re- 
gietoire.  —  7714  GEF  il  d.  en  icele  ore  (G  ens  en  es  lore,  E  en  esses 
loire).  —  7715  G  e.  1.  a.  dont  destendist;  EF  donques  t.  —  7716  EF 
au  coulon  dor,  G  al  colombel.  —  7717  A  fu.  —  7718  EF  lues  abatue  (E 
fust  a.).  GEF  ajoutent  8  vers  V.  les  notes.  —  7719  Alinéa  dans  DE.  — 
7720  GEF  ont  puis  e.  —  7721  A  et  les  autres  ansemant  font,  D  et  tuit 
li  a.  d.  —  7723  I  C.  ont  portée.  —  7724  y  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes. 
—  7725  sans  alinéa  dans  DE. 


288  TURNUS   ACCEPTE 

Turnus  le  sot,  se  vint  al  rei, 
ki  sa  cort  ot  grant  asenblee; 

7730    sa  parole  li  a  mostree, 

a  toz  les  altres  ensement  ^         ^ 

a  descovert  tôt  son  talent.    'JtfLtnni/-^  ^  cLuMfxJ 
^Seignor",  fait  il,  ,bien  sai  et  vei, 
ne  vos  tenez  pas  tuit  a  mei, 

7735     li  plus  de  vos  me  vait  boisant,  ^pu.Lû/nJL  icuv^  in 
mais  ja  d'ieest  jor  en  avant  ^  i 

ne  quier  que  nus  de  vos  me  vaille;    cùjdù.  j  /m  (| 
bien  ofre  a  faire  la  bataille  1 

ki  l'altre  jor  fu  porparlee  ;   qCucuj^^ul. 

7740    de  meie  part  est  agréée, 

combatrai  mei  contre  Eneas. 

Li  jorz  seit  pris;  se  gel  trespas,(^'ViûÙA//-a*^yû/i^j» 
que  ne  seie  prez  de  bataille,  ^t-^^rrcujU. 

que  de  fornir  la  me  défaille,  >^^u-v^^À^ 

7745    donc  avrai  ge  le  tôt  perdu,     ^ 
toz  tens  me  tenez  por  veincu, 
ja  puis  ne  l'en  movrai  contraire,   M-OiUjLhyt/iùiL'.oU 
l'enor  et  la  terre  d'Itaire  cfMji-CuJJc.:. 

0  Lavine  quite  li  claim, 

7750     ce  est  la  riens  que  ge  plus  aim: 
tôt  li  lais  quite  et  tôt  le  prenge, 
se  m'en  defail,  senz  nul  chalenge.  C^rilfe^û)*t!«»v 
Molt  m'a  a  grant  tort  envaï,  CitthiAu^ 
ge  li  ferai  un  geu  parti,  cJu^^^TIIjhl  ^diu^ 

7728  GFD  vint.  —  7729  A  omtt  ki,  an  sa  c;  HID  avoit  a.,  E  ot 
grande.  —  7731  I  et  aus  chevaliers  e.,  H  as  chevaliers  a  lautre  gent.  — 
7732  HI  oiant  touz  a  dit;  EF  et  d.  —  7733  GE  jo  sai.  —  7734  A  o  m.  — 
7735  A  vont.  —  7736  D  m,  des  i.  —  7737  A  inan  v.  —  7738  HI  prest  sui  de  f.  ; 
HID  ma  b.  —  7739  HI  creantee.  —  7740  HI  afiee,  GEFD  creantee.  —  7742 
GEF  et  tel  t.  —  7743  d  7744  omis  dans  D.  GEF  ni  s.  —  7744  EF  et 
que  por  (F  par)  moi  adont  d.,  G  et  de  f.  dont  men  d.;  HI  que  ne  d.  — 
7745  HI  si  aie  (I  ai)  bien,  EF  bien  aie  dont,  G  dont  aie  bien.  —  7746 
I  et  me  tenez  tuit,  H  et  tuit  me  t.;  F  tiegne;  A  a  v.  —  7747  et  7748 
omis  dans  HI.  —  7748  GEF  bien  ait  la  feme  et  tote  I.  —  7749  HI  la 
pucele,  GEF  la  femme  bien  (F  tote).  —  7751  et  7754  omis  dans  HI. 
E  toute  li  quite  et  t.  prenge;  D  la  p.  —  7752  GF  se  len  d.  —  7753  HI 
A  grant  tort  ma  ci  e. 


I 


Çjii"'^- 


LE  COMBAT   SINGULIER  289 

7755     0  ge  l'oeirrai  o  il  mei; 

chascuns  de  nos  s'estache  en  sei  ;    dMe^rnA,  .cat  ^v/i/jjOA^ 

ne  voil  que  altre  en  muire  mais,  T/ou-otAJ 

par  l'un  de  nos  en  iert  la  pais; 

li  quels  que  seit,  morir  estuet, 
7760    0  anbesdeus,  se  estre  puet. 

Or  en  veie  l'en  le  plus  fort, 

0  ki  a  dreit  o  ki  a  tort. 

Se  ge  i  muir,  né  me  chalt  puis 

se  il  tient  ce  qu'aveir  ne  puis, 
7765    et  se  g'en  puis  estordre  vis,    ot^  '^-ûr^A/ya^^ 

ge  vos  serai  ainsi  amis 

eom  vos  le  deservez  vers  mei.   'Tn^/ûs^e^ 

Et  vos,  sire",  fait  il  al  rei, 

,metez  terme  de  la  bataille,    -IUm-a^  JU.  4c^rruiù^  dU^ 
111^    ne  Guidiez  pas  qu'en  mei  défaille, 

mandez  le  bien  al  traïtor, 

ki  desraisnier  vuelt  vostre  enor,     ULltJnaUuL 

et  ge  la  voil  vers  lui  deffendre, 

n'ai  mais  cure  de  plus  atendre; 
7775    l'en  en  puet  traire  a  une  fin 

encor  ennit  o  le  matin. 

Les  triues  faillirent  ier  seir. 

Venuz  nos  est  près  aseeir, 

par  mei  afinera  la  guerre; 
7780    se  par  mon  cors  le  puis  conquerre, 

nen  avra  home  en  sa  compaigne, 

7755  E  u  il  mocire  u  je  soi.  —  7756  HI  c.  i  soit  adont,  GEF  c.  d.  n. 
en  (F  i)  s.  ;  y  par  s.;  D  sestoise.  —  7757  G  omet  que.  —  7758  GEF  soit  li  p. 
(E  plais).  —  7759  E  ne  quel.  —  7760  HI  bien  e.  p.,  G  sestre  se  p.  —  7761 
HI  verra.  —  7762  y  et  tôt  le  d.  et  tôt  1. 1.  —  7763  EF  men  c.  —  7764  E  trait 
ce-,  F  a.  en  p.  —  7765  DGEF  ge  p.  —  7766  HI  itieus  a.  —  7767  EF  v.  de- 
servires;  G  c.  v.  d.  envers  m.;  D  o  m.  —  7768  I  dist.  —  7770  F  n.  croies;  HI 
que  jen  d.,  D  que  men  d.  —  7772  A  ceste  e.  —  7773  I  ainssint  la  veil,  H 
cainsi  la  voil,  DGF  et  se  le  doi.  —  7774  HI  je  nai  cure,  D  nen  ai  mais 
soing,  E  nen  ai  soing,  GF  jo  nen  ai  song.  —  7775  HI  einz  en  voil,  D  1.  le 
p.  ;  E  on  ne  p.  t.  a  nule  fin.  —  7776  HI  encore  nuit,  DGF  encore  a  nuit.  — 
7778  D  près  nous  est  venus  aseoir;  GEF  por  a.  —  7779  D  par  moy  finera 
ceste  g.;  HI  p.  m.  en  f.  —  7781  HI  il  naura  h.  en  sa  c. ,  A  navra  h.  an 
la  c,  G  nen  ara  un  de  s.  c;  D  nil  n.  li.,  E  nauera  homme,^F  ne  verai  h. 

BibUotheca  Noimaniiica  IV.  \^ 


290  SA  Discusstoi^ 

des  Troïëns,  ki  ne  s'en  plaigne: 

asez  lor  ferai  puis  maltraire, 

mar  nos  chalengierent  Itaire." 
7785        Li  reis  oï  ce  que  diseit 

Turnus,  ki  la  bataille  ofreit; 

ne  voleit  pas  qu'il  la  feïst, 

oianz  toz  les  barons  li  dist. 

„Aniis",  fait  il,  „entent  a  mei! 
7790    Un  covenant  fis  envers  tei 

de  ma  fille,  que  t'otreiai, 

et  de  ma  terre  t'eritai, 

bien  a  passé  plus  de  set  anz. 

Ne  t'en  puis  pas  estre  guaranz 
7795     contre  les  deus,  ki  tôt  otreient: 

a  Eneas  trestot  enveient. 

Ja  contre  lui  n'i  métras  fin;  iHjL/ruùtù^    cl  -ùvu 

ce  nos  diënt  nostre  devin, 

que  ça  l'ont  li  de  amené 
7800    et  d'Itaire  l'ont  erité. 

Quant  li  deu  vuelent  que  il  l'ait, 

tu  vuels  enprendre  trop  fol  plait, 
.  «  ki  combatre  te  vuels  o  lui: 

.^2;^  'Vî^A^      mescherra  t'en,  si  com  ge  cui. 
'  7805    Jo  ai  molt  grant  pitié  de  tei; 

lai  ce  ester  et  si  me  crei, 

asez  porras  aillors  choisir 

al  très  femmes  a  ton  plaisir; 

ceste  11  laisse  en  pais  aveir. 


7783  HI  contraire.  —  7784  A  mal;  DGEF  m.  mi;  HI  mar  vindrent 
chalengier;  I  la  terre.  —  7786  D  T.  que  b.  vouloit,  E  que  le  b.  ainsi  o.  — 
7787  G  que.  —  7788  EF  ses  b.  —  7789  D  dist.  —  7791  D  te  donnai,  HI 
totreoie.  —  7792  G  de  ma  t.  dont  t.;  H  de  ma  fille,  I  et  ma  t.;  HI  dont 
teritoie.  —  7794  I  nen  puis  mie  estre  plus  g.;  H  puis  e.  plus,  D  puis 
mie  e.,  E  puis  mais  e.,  F  puis  estre  mais;  G  jo  ne  teu  p.  e.  g.  —  7795 
A  tuit,  GEF  latroient.  —  7796  HI  a  E.  et  ca  1.,  D  a.  E.  trestout  aident, 
G  a.  E.  del  tôt  e.;  A  tote;  AF  lanvoient.  —  7797  HID  ne  m.,  GF  tu  m.; 
A  metron.  —  7798  A  ce  dient  tuit  n.  d.;  GEF  voisin.  —  7802  D  fort  p.  — 
7803  D  ten  v.;  y  a  1.  —  7805  HI  peor.  —  7809  et  7810  viennent  dans  F 
après  7812,  sont  omis  dans  E.    HI  lai  la  cetui,  F  celui  le  1. 


AVEC   LATIN  291 

7810    pren  la  meitié  de  mon  aveir, 

si  laisse  ester  ieest  desrei;    fi( à^cnd-f^û^  t  cenrUctuujnrJ 

jo  ai  molt  grant  pitié  de  tei." 

Turnus  respont:  „0r  oi  enfance.  Z^rJOLrrjkàÀM^  ^  pcuterbi. 

De  mei  n'aiez  vos  ja  pesance,  naXmj-  ^*  ^Wo^^ 

7815    ne  ne  vos  en  seit  ja  neient, 

s'il  m'en  chiet  bien  o  malement. 

Ne  ruis  que  eu  seiez  en  cure;     i^b.'  oullcùé^  dA\ 

vos  me  failliez  tôt  de  dreiture,  J^lu^-j^cjl^ 

ma  femme  me  volez  tolir 
7820    et  me  rovez  aillors  choisir, 

et  claim  quites  mes  covenanz; 

mais  ainz  serai  vis  reereanz. 

A  Eneas  faites  saveir: 

se  la  bataille  vuelt  aveir, 
7825     demain  me  trovera  tôt  prest; 

li  quels  ki  muire,  fins  en  est; 

tôt  ait  ki  l'altre  conquerra. 

Trametez  i  ki  vos  plaira."  je^n-v^^-^ 
Li  reis  oï  de  la  bataille 
7830     que  la  fera  Turnus  senz  faille,   C£-'i>'rauVxc>rrïA>rv6. 

après  la  vuelt  aterminer,    '■li^^.4^  jLcl.  dcUc  s^^ 

nel  la  quiert  longues  demorer. 

Molt  li  peise  qu'il  la  vuelt  faire; 

quant  veit  que  ne  l'en  puet  retraire, 
7835     ses  mesages  apareilla, 

a  Eneas  les  enveia 


"810  m  si  pren  par  mi  tout  m.  a.,  F  li  deu  voelent  qui  lait  por  voir.  — 
7811  et  7812  omis  dans  HI.  EF  et  1.;  G  cest  grant  d.  —  7815  HI  ne  ne 
vos  en  prent  an.;  A  ne  v.  e.  s.  il,  GF  si  ne  v.  e.  s.;  F  s.  a  n.  —  7816  HI  si 
bien  vos  soit,  GEF  se  bien  m.  c.  (F  vos  c).  —  7817  y  voil;  D  ne  quier 
ja  quen  s.  e.  c;  F  que  ja  s.  e.  c,  G  que  ja  en  aies  c.  —  7818  HI  que  vos 
me  f.  d.  d. ;  D  tuit,  A  toz.  —  7819  D  voilliez.  —  7821  HI  c.  vos  q.  vos  c; 
G  se  c;  GEF  quite.  —  7822  HI  m.  ja  nere,  D  m.  je  nere,  EF  mais  ne 
mourai  (F  nen  m.),  G  jo  seroie;  D  villz  r.  —  7823  GEF  sil.  —  7826  A 
quen  m.  —  7828  F  Envoies;  AI  oui.  —  7829  sans  alinéa  dans  GEF.  — 
7830  G  q.  T.  le  fera.  —  7831  A  près  la  lor  v.  a.;  y  le.  —  7832  D  ne 
quiert  pas  longue  d.,  G  ne  la  velt  1.  d.,  A  et  nel  q.  1.  d.;  F  quit.  —  7833 
E  qui.  —  7834  GF  mais  q.  v.  ne  len  p.  r.;  HI  quil.  -  7835  F  en  apela; 
y  messagiers.  —  7836  DE  au  Troien  les  en  e. 

19* 


292  CONVERSATION  DE 

et  manda  li  qu'a  l'uime  jor, 

en  une  isle  desoz  la  tor, 

fust  la  bataille  par  els  deus, 
7840     Turnus  l'en  atisseit  toz  sens,  p^uNcxu/ucùÀ:, 

et  ki  veintra  tôt  ait  en  fin. 

Li  mes  s'en  tornent  par  matin, 

a  Eneas  en  sont  aie, 

defors  sa  tente  l'ont  trové. 
7845  "  Il  li  ont  dit  que  vuelt  Turnus: 

par  lor  deus  cors,  que  il  n'ait  plus, 

seit  ceste  guerre  traite  a  fin, 

a  l'uime  jor  bien  par  matin 

le  trovera  prest  de  bataille; 
7850    et  Eneas  dit  que  senz  faille 

se  combatra  o  lui  eel  jor, 

et  ki  veintra  si  ait  l'enor. 

La  bataille  est  aterminee, 

d'ambedeus  parz  est  creantee;  ouLf/xouïxytà^ , 
aeyricLckyrU:    7855     endementiers  ont  triue  pris  C^nrJLÛurru 

et  ferme  pais  jusqu'à  uit  dis. 
En  sa  chambre  esteit  la  reïne, 

cel  jor  araisona  Lavine. 

„Fille",  fait  el,  „bieu  sai  et  vei 
7860    que  cist  mais  est  mettz  por  tei, 

ki  a  essil  met  cest  païs  i 

et  dont  tant  home  sont  ocis. 

Turnus  te  vuelt  aveir,  ki  t'aime, 

et  Eneas  sor  lui  te  claime 

7837  DI  manda  I.  qua  luitisme  j.;  HI  mande.  —  7840  GF  sor  tos.  — 
7844  HI  dedens.  —  7845  HI  dit  li  ont  ce,  G  il  lor  a  dit.  —  7846  HI  que 
vos  en  diroie  je  (I  or)  plus  ;  G  par  vos  d.  c.  ;  GEF  que  (E  ki,  F  quil)  ni  ait 
p.  —  7847  et  7848  omis  dans  HI.  DEF  celé.  —  7848  D  omet  a,  luitisme 
j.;  G  a  luitisme  j.  p.  m.  —  7849  HI  Heneas  dist  que  la  b.;  A  troveras,  G 
troveres.  —  7850  I  sere  luitiesme  jor,  H  sera  a  luime  jor;  GEF  dist.  — 
7851  y  a  lui;  HI  a  lui  s.  c.  —  7854  GEFH  omettent  est;  GEF  et  dambes 
(E  d.  deus)  p.;  D  fu;  GEFH  acreantee,  A  agraee.  -  7855  HI  tant  demen- 
tiers.  —  7856  I  et  f.  p.  .vm.  jours  tout  dis.  EF  ajoutent  deux  vers.  Y.  les 
notes.  —  7857  A  Ens  es  chanbres  ert.  Sans  alinéa  dans  I.  —  7858  HI  un 
jor  a.,  G  premiers  a.;  A  mist  a  raison  L.  —  7859  D  Belle;  F  ele  très 
bien  v.  —  7860  GEI  venuz;  y  par  t.  —  7863  D  T.  si  v.  a.;  HIGE  prendre. 
—  7864  HI  sus  lui,  D  vers  lui;  F  1.  reclaime. 


LAVINIE  AVEC   SA   MERE  293 

7865     et  par  force  te  vuelt  eonquerre, 

mais  il  le  fait  plus  por  la  terre 

que  il  ne  fait  por  toe  amor; 

ja  mais  ne  t'amera  nul  jor. 

Se  puis  saveir  en  nul  endreit 
7870    que  de  s'amor  neient  te  seit, 

lui  ne  deis  tu  de  rien  amer, 

mais  ton  corage  en  deis  torner, 

et  coveitier  que  Turaus  t'ait,     c^A^ù^ù^a.^^ 

ki  por  t'amor  sa  terre  lait, 
7875    por  tei  seule  que  vuelt  aveir. 

Molt  par  l'en  deis  buen  gre  saveir. 

Ne  l'aimes  tu  de  buen  corage? 

Par  fei,  tu  es  de  tel  aage 

que  tu  deis  bien  saveir  d'amors 
7880    et  les  engins  et  les  trestors  ~huA^  d.' £uL\a..tué, ,    pj^nAj^i^^ 

et  les  reguarz  et  les  eligniers.  il^^l^/nA*Tv4-rT^         ^ 

Tu  t'i  deis  traire  volentiers    ^  A.£^n^Uu. 

envers  celui  ki  forment  t'aime; 

celui  ki  a  force  te  claime, 
7885     de  tôt  ton  cuer  le  deis  haïr, 

car  ton  seignor  te  vuelt  tolir. 

Turnus  est  proz,  sel  deis  amer."       ^^jl,  yP^i-*-^^-*-^  /  ^^^^^Jju^. 

—  Ge  ne_  m'i  sai  pm  atorner!  —  yujJU^Jmcjnt      '^ 
„Et  tu  l'apren."  —  Dites  le  mei, 

7890     que  est  amors?    Nel  sai  par  fei.  — 
,Ge  nel  te  puis  neient  descrire." 

—  Qu'en  savrai  donc,  se  ne  l'oi  dire?  — 
,Te8  cuers  t'aprendra  a  amer." 

7865  et  7866  intervertis  dans  HI.  HI  que  il  v.  p.  f.  c.  —  7867  et 
7S68  intervertis  dans  I.  GEF  face;  EF  que  il  n.  f.  p.  tamor;  I  ne  le  fait 
pas  por.  —  7868  E  n.  t.  j.  m.;  GF  tamerai.  —  7870  H  tamor;  AI  li  s.  — 
7871  I  noiant  a.  —  7872  HD  omettent  en;  I  oster.  —  7875  AHD  qui,  FI 
quil.  —  7877  F  par  coi  naimes  d.  b.  c;  A  an  ton  c.  —  7880  I  les  leesces 
et  les  t.,  EF  et  d.  e.  et  des  t.;  A  agaiz;  D  estors,  HIEF  tristors.  —  7881 
A  et  les  angins  et  les  gruniers.  —  7882  y  te  d.  —  7884  G  et  1.  qui;  GHI 
par  f  reclaime.  —  7885  HI  dois  tu  de  1. 1.  c.  h.  —  7888  HI  pas  a.  ;  D  me. 
—  7889  I  lapraingnes,  EF  laprens.  —  7890  I  cornent  très  bien  amer  le 
doi;  H  dites  le  moi,  A  ge  no  sai  coi;  D  ne  s.  —  7891  HI  Nel  te  pouroie 
pas  d.;  GEFD  ne  tem;  D  mie  d,  —  7892F  sera  d.  quant;  I  los  d. 


294  SUITE 

—  Se  nen  orrai  altrui  parler?  — 
7895     „Tu  nel  savras  ja  par  parole." 

—  Toz  tens  en  cuit  donc  estre  foie.  — 
„Ainz  en  porras  tost  estre  aprise." 

—  Comfaitement,  se  n'i  sui  mise?  — 
„Comence,  asez  en  savras  puis." 

7900    —  Et  ge  cornent,  quant  ge  ne  truis 

ki  me  die  que  est  amors?  — 

„Ge  te  dirai  de  ses  dolors, 

de  sa  nature  que  g'en  sai; 

bien  me  sovient  que  ge  amai. 
7905    A  peine  en  puet  dire  neient 

ki  n'a  amé  o  ki  n'en  sent. 

Se  aveies  une  enferté,   inoJLùji-Là^ 

mielz  savreies  la  vérité 

des  angoisses  que  sentireies 
7910    et  des  dolors  que  tu  avreies; 

ki  t'en  voldreit  donc  demander, 

nel  savreies  mielz  aconter, 

ki  en  sereies  bien  certaine, 

que  ge,  ki  en  sereie  saine?" 
7915     —  Oïl,  mielz  le  direie  asez; 

est  donc  amors  enfermetez?  —  yn-oJAcLiL, 

„Nenil,  mais  molt  petit  en  fait, 

une  fièvre  quartaine  valt. 

Pire  est  amors  que  fièvre  ague, 
7920    n'est  pas  retors  quant  l'en  en  sue.  ouuA^Jt'tJrr)) 

D'amor  estuet  sovent  suer  ^ 

7894  yD  Si;  El  orras,  H  orra.  —  7896  H  tout  iors;  El  en  c.  je.  — 
7897  EF  en  poi  de  tans  seras  a.  —  7898  GIII  et  en  quel  guise.  —  7900 
D  et  je  comme  quant  je  ne  puis.  —  7902  HI  licours.  —  7903  E  car  je  en 
sai,  P  car  bien  sai.  —  7904  A  men;  HI  jai  ame.  —  7905  I  savoir.  —  7906 
GEF  et  qui  n.  s.,  D  q.  ne  sen  sent.  —  7907  III  Sen,  DGEF  Sor.  —  790S 
HI  en  s.  V.,  E  en  s.  la  verte;  G  par  v.  —  7909  A  quen.  —  7911  HI  qui 
lors  t.  V.  d.,  EF  qui  donc  te  v.  d.  —  7912  E  nel  s.  mie  m.  c;  G  nen  s.; 
FUI  tu  m.  c.  —  7913  A  et  nen  seroies  mialz  c,  F  qui  nesteroit  bien  c, 
F  que  une  istoire  bien  c.  —  7914  HI  a  celé  qui  en  seroit  s.;  D  qui  tout 
s.  s.,  EF  qui  bien  s.  s.  —  7915  EF  ou  je  mieus  le  diroie  a.;  GHI  m.  en 
saroie  a.;  A  diroit;  D  li  d.  —  7916  E  dont  est.  —  7917  I  sen  fait.  — 
7919  D  est  assez.  —  7920  A  que  lan.  —  7921  Alinéa  dans  GF. 


SUITE  295 

et  refreidir,  frémir,  trenbler 

et  sospirer  et  baaillier,     ércuUJjuO 

et  perdre  tôt  beivre  et  mangier 
A  '  Clc^cU^  7925     et  degeter  et  tressaillir, 

muer  color  et  espalir, 
cjJL/frjj>:>  giendre,  plaindre,  pâlir,  penser 
^  et  senglotir,  veillier,  plorer:    ^cxA-^^ÀJihjO 

ce  li  estuet  faire  sovent 
7930    ki  bien  aime  et  ki  s'en  sent. 

Tels  est  amors  et  sa  nature. 

Se  tu  i  vuels  mètre  ta  cure, 

sovent  t'estovra  endurer 

ce  que  tu  m'oz  ci  aconter 
7935     et  asez  plus."  —  N'en  ai  que  faire.  — 

,Por  quei?"  —  Ne  puis  neient  maltraire.  — 

„Cist  mais  est  buens,  ne  l'eschiver.  mj^hJ^j^ 

—  One  de  buen  mal  n'oï  parler.  — 
,  Amors  n'est  pas  de  tel  nature 

7940    com  altre  mais."  —  Ge  n'en  ai  cure.  — 
„Et  ja  est  ce  tant  dolce  chose." 

—  Ge  n'en  ai  soing.  —  „0r  te  repose, 
tu  ameras  encor,  ce  crei, 
si  n'en  feras  neient  por  mei. 

7945    Ne  m'en  porras  longues  deceivre;  cUuLAjjtru^ ,  jhunrti^^â^ 
se  puis  saveir  ne  aperceivre 
que  ton  cuer  voilles  atorner 
al  traïtor  de  Troie  amer, 
0  mes  deus  poinz  t'estuet  morir; 

7922  I  et  r.  et  eschaufer.  —  7923  d  7924  omis  dans  D.  —  7926  I 
vert  couleur  prendre  et  puis  pâlir;  H  enpalir,  DGEF  espasmir.  —  7927 
et  7928  intervertis  dans  D.  E  g.  pâlir  pi.  et  plourer;  H  pasmir.  —  7928 
D  s.  V.  et  p.;  E  et  s.  et  sospirer.  —  7929  EF  tout  ce  e.  —  7930  EF  celui 
qui  aime  et  amor  sent  (E  sentent);  G  cil  qui  bien  aime;  HI  et  loiaument. 
—  7931  Alinéa  dam  D.  D  Belle  est.  —  7933  HI  co vendra.  —  7934  E 
omet  tu,  F  omet  ci  ;  I  ici  conter,  G  ci  raconter.  —  7935  E  ne  sai  que  f.  — 

7936  HI  ne  poroie  m.  t.,  A  ni  pais  mon  cuer  atraire  ;  D  mie  m.  ;  G  nem  p.  — 

7937  H  cil;  yD  dois  n.  1.  —  7938  GE  Aine,  F  Ains.  —  7940  ID  come 
autre,  E  cuns  autres.  —  7942  HI  cure;  GEF  te  r.  —  7943  HI  lameras;  GEF 
je  e.  —  7944  D  nel  t.;  A  par  m.  —  7945  et  7946  intervertis  dans  G.  A 
noiant  d.  —  7946  IDG  sel.  —  7947  A  puisses.  —  7949  y  a;  G  mains. 


296  SUITE 

7950    ce  ne  puis  ge  onkes  sofrir. 

Turnus  t'aime,  si  te  vuelt  prendre; 

vers  lui  deis  tu  d'amor  entendre. 

Aime  le,  fille!"  —  Ge  ne  sai.  — 

„Gel  t'ai  mostré."  —  Et  ge  m'esmai.  — 
7955     „De  quei?"  —  Del  mal,  de  la  dolor 

ki  toz  tens  vait  siuant  amor.  — 

,Et  ja  est  ce  tels  soatume.  i^ctr^quii-^i^" 
ci»uMUmA^^0Qiix3i\i  mal  ki  l'acostume;  ^ 

se  il  i  a  un  poi  de  mal, 
7960    li  biens  s'en  siut  tôt  par  igal. 

Kis  et  joie  vient  de  plorer 
û/rfjuJ^^^fj^*^^ ^tt  granz  deporz  vient  de  pasmer, 
V         baisier  vienent  de  baaillier, 

enbraeemenz  vient  de  veillier, 
7965    granz  leece  vient  de  sospir, 

fresche  color  vient  de  pâlir. 

Encor  s'en  siut  la  granz  dolçors 

ki  tost  saine  les  mais  d'amors; 

senz  erbe  beivre  et  senz  racine, 
7970     a  chascun  mal  fait  sa  mecine; 

n'i  estuet  oignement  n'entrait,  On^^ûJUA■v^Jp■ 

la  plaie  saine  que  il  fait; 

se  il  te  vuelt  un  poi  navrer, 

bien  te  savra  enprés  saner. 
7975     Guarde  el  tenple  comfaitement 

Amors  i  est  peinz  folement 

et  tient  deus  darz  en  sa  main  destre 

et  une  boiste  en  la  senestre: 

7950  HIG  ce  ne  poroie;  EF  ce  ne  veul  ge;  HI  p.  pas  s.  —  7951  Ali- 
néa dans  HI.  —  7952  I  envers  I.  d.  d.  e.  —  7953  I  A.  lai  f,  G  Ames  le 
belle.  —  7954  GED  Ge;  H  G.  te  mostrai  trop  men  e.;  E  ef  si  m.  —  7955 
HD  des  maus;  D  et  des  dolors,  A  de  ma  d.  —  7956  HID  vont.  —  7957 
I  tout  sont  atome,  H  tout  son  atume;  EF  grant  s.  —  7958  D  S.  travaille 
la  c.  —  7960  HI  le  bien  len  sieut;  D  siue  p.  i.  —  7962  A  omet  et,  grant 
déport  vienent  de  pasmer;  E  dolor.  —  7963  et  7964  viennent  après  7966  dans 
GHI.  —  7967  HI  et  après  vient  la  grant  d.,  A  el  cors  en  sont  les  g.  d.;  GF 
encore  siut.  —  7968  E  tous  s.;  I  le  mal.  —  7969  DE  omettent  et.  ~  7970 
HI  faut  s.  m.  —  7971  EF  sans  o.  et  sans  e.,  G  ni  e.  mètre  ongent  n.  —  7972 
EF  s.  1.  p.  ;  D  qui  la  f.  —  7973—7993  omis  dans  HI.  —  7974  omis  dans  D. 
—  7976  G  A.  est  peinte. 


SUITE  297 

li  uns  des  darz  est  d'or  en  som,  JUr^  -Kùuxii 
7980    ki  fait  amer,  l'altre  de  plom,  nler/rUj- 

ki  fait  amer  diversement. 

Navre  et  point  Amors  sovent, 

et  si  est  peinz  toz  par  figure 

por  demostrer  bien  sa  nature: 
7985     li  darz  mostre  qu'il  puet  navrer 

et  la  boiste  qu'il  set  saner;    (xuifu^ 

sor  lui  n'estuet  mire  venir 

a  la  plaie  qu'il  fait  guarir; 

il  tient  la  mort  et  la  santé, 
7990    il  resaine,  quant  a  navré. 

Molt  deit  l'en  bien  sofrir  d'amor, 

ki  navre  et  saine  en  un  jor. 

Bien  deis  estre  de  sa  maisniee;  „c*jùM. ,  -jCLnuJUjL- 

se  de  lui  t'eres  aprismiee,  ^ 

7995    molt  amereies  son  servise, 

en  poi  d'ore  t'avreit  aprise 

ce  que  por  mei  faire  ne  vuels. 

Se  tu  t'en  plains  et  tu  t'en  duels, 

totes  veies  t'enbelira;  ^h/xuam, 
8000     se  en  as  mal,  molt  te  plaira. 

Entenz  i  tu  encor  neient?" 

—  Quant  ge  ne  l'oi,  ne  sai  coment.  — 
„Ne  te  di  ge  les  traiz  d'amer?" 

—  Molt  me  senble  sur  et  amer.  — 
8005     „J{i  vient  après  la  granz  dolçors, 

7979  et  7980  intervertis  dans  G.     A  lun  d.  d.  est  navrez  en  s.,  EF 
li  uns  est  dor  tresci  quen  son.  —  7980  A  lautre  est  d.  p.  —  7981  EF  cil 

f.  ;  G  hair.  —  7982  A  navre  a  mort  et  p.  s.,  G  se  sane  amers  et  p.  for- 
ment. —  7983  et  7984  omis  dans  D.  GEF  ensi  e.  p.  —  7984  G  p.  bien  d. 
—   7985  E  qui  puet  s.  —  7987  GE  e.  mie  v.  —  7988  D  pour  1.  p.;  G  velt 

g.  —  7990  G  loes  r.  ;  E  quanque  an.  —  7991  A  m.  par  d.  bien  s.  d.,  EF 
por  ce  doit  on  s.  d.  ;  G  s.  amor.  —  7992  EF  quil  n.  ;  G  qui  plaie  et  s.  en 
un  sol  jor.  DGEF  ajoutent  2  vers  et  puis  EF  encore  2.  V.  les  notes.  — 
7993  D  estre  démesurée.  --  7994  G  a  1.  ;  HI  acointie,  D  aproiche.  —  7994 
et  7995  omis  dans  E.  —  7997  A  par  m.  —  7999  HI  ten  menberra.  —  8000 
HI  se  mal  en  as,  EF  se  tu  nas  mal,  G  se  ten  as  mal;  A  bien  t.  p.  —  8001 
DF  E.  t.  encore  n.  —  8002  HI  Certes  nenil  et  je  c;  G  nen  s.  —  8003 
A  lo  trait.  —  8004  HI  Cil  trop  sont  dur  et  a.;  GEF  samblent;  A  s.  fier 
et  a.   EF  ajoutent  2  vers.    V.  les  notes.  —  8005  HI  Sen  v. 


298  LAVINIE 

Au^u^\^i/ù>r>t      asez  en  a  l'en  ain_z  dolors. 

Amors  saine,  quant  a  navré." 
AMf>^j^^\iûA^  —  Molt  est  anceis  chier  comparé.  — 

„De  quel  chose?"  —  De  mal  sofrir.  — 
8010     ,Molt  estuet  chier  espeneïr    /Lup^it^ 

le  bien,  anceis  que  l'en  en  ait." 

—  Fols  est  ki  a  escient  fait 
pi^r\ML.         dont  l'en  cuide  tant  mais  aveir 

com  j'oi  nomer,  nel  quier  saveir. 
8015     Or  sui  en  pais  et  a  repos, 

ne  m'i  métrai,  car  ge  nen  os, 

en  tel  destreit  dont  ge  n'ai  cure; 

forz  est  li  mais  a  desmesure. 

Ge  n'enprendrai  qan  amor,      cuUt,  a.^rvnju^  -c 
8020    dont  cuit  aveir  mal  ne  dolor.  — 

Molt  est  salvage  la  meschine. 

A  tant  la  laisse  la  reine, 

ne  la  vuelt  de  plus  esforcier,    Aoxti^hj 

quant  veit  que  ne  li  a  mestier. 
8025        Buenes  triues  et  seiirté 

ot  entre  cels  de  la  cité 

et  cels  de  fors  de  l'altre  part; 

nus  d'els  n'a  de  l'altre  reguart  z^^-où-m^t, 

que  il  le  cuit  ne  qu'il  l'asaille 
8030    des  i  qu'ai  jor  de  la  bataille. 

Eneas  issi  de  sa  tente 

et  esguarder  ala  Laurente; 

toz  desarmez  a  grant  compaigne  Ceyr\potArÛA. 

a  cheval  fu  en  une  plaigne, 

8006  D  ainz  en  a  en  molt  grant  d.,  EF  on  en  suefre  molt  g.  d.,  G  a. 
en  a  en  mains  d.  —  8008  DGEF  acate.  —  8009  E  et  il  de  quoi.  —  8010 
D  dont  e.;  GEF  testuet.  —  8011  HI  len  ne  lait,  A  lan  lan  ait.  —  8013  EF 
ce  dont  c.,  HI  d.  il  c.  —  8014 — 8019  omis  dans  I.  EF  or  loi  n.  ;  A  sachiez 
que  ja  nel  q.  s. ;  G  quit  s.  —  8015  H  Je  s.;  ED  a  p.  —  8016  II  ne  mi  voil 
mètre  c.  n.  o.  —  8017  et  8018  omis  dans  H.  A  e.  t.  d.  ge  nen  ai  c.  —  8018 
G  nentreprendrai  o.  a.  —  8021  Alinéa  dans  F.  A  ert.  —  8022  D  laissa.  — 
8023  D  ne  len  voult  dont  p.  e.;  EF  len.  —  8025—8031  omis  dans  GHI. 
EF  Fermes  t.  —  8028  EF  li  uns  na  de  1.  r.,  D  n.  d.  n.  mes  daltre  r.  — 
8029  D  que  le  touche;  EF  que  il  le  fiere  ne  a.  —  8031  Alinéa  dans  y.  — 
8032  HI  car  aler  velt  veoir,  G  et  esgarda  devers  L.,  DEF  por  e.  a.  L.  — 
8034  G  fu  desarmes,  HIEF  fu  a  ch.;  HIGF  en  mi  la  p. 


1 


VOIT   ÉNÉE  299 

8035    ki  ert  aval  desoz  la  tor.    £.a-u     {*r>t^> 

Cil  de  la  vile  li  plusor 

vont  as  crenels  del  mur  monter 

por  les  Troïëns  esguarder. 

Ce  diënt  tuit  eomunement 
8040    que  soz  ciel  n'a  plus  bêle  gent; 

bien  sont  vestu  et  conreé, 

mais  toz  les  passe  de  belté 

Eneas,  ki  lor  sire  esteit. 

Molt  le  loe  chascuns  kil  veit, 
8045     diënt  que  molt  est  genz  et  bels, 

grant  los  en  font  par  les  crenels. 
Lavine  fu  en  la  tor  sus, 

d'une  fenestre  esguarda  jus, 

vit  Eneas  ki  fu  desoz, 
8050    forment  l'a  esguardé  sor  toz. 

Molt  li  senbla  et  bel  et  gent, 

bien  a  oï  comfaitement 

le  loent  tuit  par  la  cité 

et  de  proece  et  de  belté; 
8055    bien  le  nota  en  son  corage 

la  0  el  fu  en  son  estage.  A-tUAjf-AM-^Jn^ 

Amors  l'a  de  son  dart  férue; 

ainz  qu'el  se  fust  d'iluec  mette,  ^^lé,  .l^^  AÀoxjt^yx^ 

i  a  changié  cent  feiz  color.  '  ^ 

8060    Or  est  chaeite  es  laz  d'amor:    i^xc^ 

voillë  0  non,  amer  l'estuet. 

Quant  veit  que  eschiuer  nel  puet, 

8037  HI  quamiaus,  EF  crestiax;  E  as  murs  m.,  H  des  murs  m.;  G  ester. 

—  8038  A  lo  Troien.  —  8039  HI  Bien  d.  —  8040  DFG  si  bêle  g.  —  8044  F 
omet  le  ;  DEF  m.  1. 1.  c.  qui  le  v.,  GHI  ch.  le  loe  qui  le  v.  —  8045  et  804G 
intervertis  dans  EF.  —  8046  HI  molt  le  loent  par  les  (I  cil  des)  quamiaus. 

—  8047  sans  alinéa  dans  GE.  —  8048  A  garda  j.,  HI  esgarde  j.  —  8049  EF 
E.  vit.  —  8050  GHI  f.  lesgarde  desus  (G  desor)  t.  —  8051  HI  M.  le  vit  bel 
et  grant  et  gent.  —  8052  EF  b.  ot  cornent  tote  se  gens.  —  8053  HI  le  loe- 
rent  p.  1.  c.  —  8054  E  de  grant  p.  —  8055  HI  retint.  —  8056  HI  la  ou  estoit, 
EF  la  ou  ele  ert.  EF  ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  —  8057  HI  La  si 
A.  dun  d.  f.,  EF  De  lorin(?)  dart  est  bien  f.  —  8058  HI  a.  que  diluée  se 
soit  m.;  GDEF  a.  quele  fust.  —  8059  H  a  ch.,  I  a  bien  ch.,  D  chanja  elle, 
GEF  a  el  ch.  —  8060  y  cheue.  —  8061  HID  ou  v.  ou  n.,  E  v.  ou  ne 
voeille.  —  8062  D  quanque  e.  ne  le  puet;  EF  ne  puet,  A  nen  p. 


300  l'amour 

vers  Eneas  a  utorné    fcrtc^^nju 

tôt  son  corage  et  son  pensé; 
8065    por  lui  l'a  molt  Amors  navrée; 

la  saiete  li  est  colee 

des  i  qu'el  cuer  soz  la  mamele. 

Tote  ert  seule  la  dameisele, 

l'uis  de  la  chanbre  ala  fermer, 
8070    revient  a  la  fenestre  ester 

0  el  reçut  le  eolp  mortal. 

D'iluec  esguarde  le  vasal, 

ele  comence  a  tressuer, 

a  refreidir  et  a  trenbler, 
8075     sovent  se  pasmë  et  tressait, 

senglot,  fremist,  li  cuers  li  fait, 
A'ù-û^uU,    degete  sei,  sofle,  baaille. 

Bien  l'a  Amors  mise  en  sa  taille!  J^rnJ^ 

Crie  et  plore,  gient  et  brait;   ouC/y-^ 
8080    ne  set  encor  ki  ce  li  fait, 

ki  son  corage  li  remuet.  ^fiuJjL\/L. 

Démente  sei,  quant  parler  puet. 

„Lasse",  fait  ele,  „que  ai  ge, 

ki  m'a  sozprise,  que  est  ce? 
8085     Or  ainz  esteie  tote  saine, 

or  sui  tote  pasmee  et  vaine,  AûÙU>U^ 

dedenz  le  cors  une  ardor  sent, 

mais  ne  sai  pro  ki  si  m'esprent,  ,rrjuJJU-^ry-,ji.,r^ 

ki  mon  corage  me  remue  \,ûAWi.\/â. 
8090     et  dont  ge  sui  si  esperdue, 

dont  mes  cuers  sent  dolors  mortals, 

8063  EF  a  tout  t.  —  8064  EF  et  son  c.  —  8070  HI  puis  vient,  GEFD 
revint.  —  807 1  EF  ou  ele  prinst.,  G  la  o  reçut,  I  ou  ele  rot.  —  S072  GD 
regarde,  El  esgarda;  D  la  aval.  —  8074  EF  et  a  frémir  et  a  t.  —  8075  HI 
p.  puis  t.,  G  p.  et  si  t.  —  8076  omis  dam  E.  —  8077  et  8078  omis  dans  HI. 
DGEF  s.  et  b.  —  8078  GF  Dont  la  A.  —  8079  A  c.  et  p.  et  g.  et  b.  ;  G  gemist. 
—  8080  D  elle  ne  set,  EF  encor  ne  set.  ~  8081  D  ne  qui  son  coraje;  DEF 
commuet.  —  8082  A  Quant  se  redrece  et  p.  p.,  HI  d.  s.  p.  ne  p.  —  8083 
Alinéa  dans  GD.  HI  cai  eu  (I  eue).  —  8084  H  s.  que  ai  eu,  I  s.  et  esmeue.  — 
8086  A  t.  espalie,  F  si  espaumee,  GII  t.  espamie.  —  8088  1  m.  je  u.  s.  dont 
ce  me  vient,  EF  qui  les  membres  trestous  mesprent;  H  q.  ce  m.  —  8090  EF 
si  que  gen  (E  ge)  sui;  GEFH  tote  e.  —  8091  EF  omettent  dont,  m.  c.  en  s. 


s'empare  d'elle  301 

se  ce  nen  est  li  euiverz  mais     AA'^U<Ajl. 

dont  ma  mère  m'aeontot  ier 

dont  el  me  voleit  enseignier; 
8095     ne  sai  amors  o  corn  a  nom, 

mais  ne  me  fait  se  tôt  mal  non. 

Ge  cuit,  mien  escient,  jo  aim, 

des  or  vendrai  bien  en  reclaim;    ^   -ia^cu-  'irta-^r^  p^j\iâ^ 

ge  sent  les  mais  et  la  dolor  '^  friox 

8100    que  ma  mère  me  dist  d'amor. 

0  est  li  rasoagemenz,   ^iôvUccAt^mAf^ 

la  boiste  o  tôt  les  oignemenz.-* 

Ce  me  diseit  ier  la  reine 

que  Amors  porte  sa  mecine 
8105     et  qu'il  saine  sempres  la  plaie. 

Ne  cuit  que  ja  secors  en  aie; 

quant  sa  mecine  me  demore,    cÀAyrr\jU4A.J^    AJ-^^-t^ 

ne  sai,  lasse,  ki  me  secore. 

Ge  cuit  que  la  boiste  est  perdue 
8110    0  la  poisons  est  espandue; 

bien  sai  par  tant  com  jo  en  sent, 

que  m'a  navrée  malement. 

S'il  ne  resaine  tost  ma  plaie, 

donc  est  malvaise  sa  menaie.  ou^U,  ,  CL-u^it^euruj^ 
8115     Ahi,  lasse,  tant  mar  i  mui! 

Ja  m'estranjoe  ge  de  lui,     (j^ca^^^Jk^t^ ^   jid.^yi^7\ejO^ 

son  vengement  en  a  bien  pris,  ^ 

en  grant  esfrei  a  mon  cuer  mis. 

De  sa  maisniee  m'estuet  estre;   /x,uù/e^     it^^rrùUM^ 

8092  I  si  ce  nest  celui  félon  mal,  H  se  ce  nen  est  cist  punez  mal,  D  se 
ce  nest  ycel  cuivert  mal,  EF  je  ne  sai  voir  se  cest  li  maus.  —  8093  EFHI 
que  m.  m.;  EDHI  me  contoit,  F  acontoit,  A  maconta.  —  8094  I  engingnier. 
—  8095  EF  0  cornent  non.  —  8097  HI  e.  que  jaim.  —  8098  GEFD  a  t.  — 
8099  y  les  dolors.  —  8101  A  rasougement.  —  8102  I  la  bouete  aus  o.;  GEF 
et  t.  ses  (G  li)  o.,  A  o  tôt  son  oignement;  DGEG  toz.  —  8104  HIDE  qua- 
mors  p.  sa  (E  le)  médecine.  —  8105  HI  et  qui  s.  tantost;  A  senot;  G  saine 
soef;  GEFD  sa  pi.  —  8106  FD  que  je  s.  —  8107  HI  car;  I  médecine  de- 
meure. —  8109  E  otnet  que.  —  8111  A  corne  ge  sent;  E  jo  entent.  —  8112 
HIDE  quil.  —  8113  DEF  sa  p.,  A  la  p.  —  8114  GEFD  la  m.  —  8115  et 
8116  omis  dans  HI.  Alinéa  dans  D.  —  8116  EF  eschive  voloie  estre  vers 
lui.  —  8117  HI  a  de  moi  p.;  E  ai.  —  8118  GEF  a  g.  e.;  AD  cors. 


302 


ELLE   SE 


-^^ùJjU*^ 


j-^ULfUrr^Cfn^  ,        8130 


813^ 


8120    ci  m'a  saisie  a  la  fenestre, 

dont  le  Troïën  esguardoe; 

nule  guarde  ne  m'en  donoe 

que  ge  l'amasse  a  ceste  feiz. 

Or  est  mes  cuers  por  lui  destreiz, 
8125     ore  panteise  et  or  tressait, 

en  poi  d'ore  ai  et  freit  et  chalt. 

Le  Troïën  m'estuet  amer, 

mais  molt  le  me  covient  celer, 

que  la  reine  ne  le  sache, 

ki  m'en  destreint  et  m'en  menache;    yru^n/uu, 

ne  vuelt  que  vers  lui  prenge  amor. 

Qu'en  puis  ge,  lasse,  se  ge  plor? 

Que  l'aim  ge?  Hui  m'en  ert  petit  . . . 

Foie  Lavine,  qu'as  tu  dit?  ... 

Amors  me  destreint  molt  por  lui  ... 

Et  tu  l'eschiue,  si  le  fui!  ... 

Ne  puis  trover  en  mon  corage  . . . 

Ja  n'eres  tu  ier  si  salvage  . . . 

Or  m'a  amors  tote  dontee  . .  .    eL»yr\fJ~iui^ 
8140    Molt  malement  t'en  es  guardee  . . . 

Molt  m'en  ert  poi  gehui  matin,    ûujui^ujxAJ'  "kui 

or  me  fait  faire  maie  fin; 

ne  vivrai  pas  longues  issi  . . . 

Por  quel  t'arestas  tu  ici?  ... 
8145    Por  le  Troïën  esguarder  ... 

Bien  t'en  pettsses  consirrer  . . .   .44,  /Xfu-Jiy^^^ 

Por  quel?  . . .  Ne  fu  neient  saveir  ^  'o-èe^/c^ 


8121  HI  que  1.  T.  esgarde,  D  d.  que  1.  T.  e.;  G  agardoie.  —  8122  F 
ni  nule  garde  m.  d.;  A  me;  HI  done.  —  8124  G  Molt  est;  GHI  p.  1.  m.  c. 

—  8125  I  or  pensoie;  E  et  si  t.  —  8126  GH  en  petit  dore  ai  f.  —  8128 
GE  m.  il  me.  —  8129  HI  ne  voil  quel  sache  la  roïne,  GEF  que  ja  1.  r. 
nel  (E  ne  le)  s.  —  8130  HI  ele  en  auroit  vers  moi  haine.  —  8131—8207 
omis  dans  HI.  DG  ne  v.  a  lui  aie  a.  (G  que  a  lui).  —  8133  D  Or  lain  hui 
hier  men,  EF  or  1.  hui  mais  men.  —  8136  GF  leskives.  ~  8137  GEF  Nel. 

—  8138  D  Ja  en  ers;  E  Ja  naurai  le  cuer  s.  s.  —  8140  GEF  ti  es  g.,  E 
et  es  g.  ~  8142  G  ti  f.,  EF  te  f.;  GD  traire.  —  8143  A  garrai;  D  v.  point. 

—  8144  E  et  quoi  tarestra  tu  ci,  GF  a  q.  aresteras  (G  tarestoies)  tu  ci.  — 
8147  et  8448  viennent  dans  G  après  8150.  A  fust;  D  mie  s.;  E  ne  me 
fist  on  s. 


PLAINT  303 

quel  venisses  ici  veeir  .  . . 

Maint  altre  en  ai  ge  ja  veil, 
8150    one  mais  de  nul  rien  ne  me  fu. 

L'en  n'aime  pas  quant^que  l'en  veit;      'éotj-^  cm.  ^M-^*- 

trop  par  sereie  en  grant  destreit, 

se  ne  poeie  home  esguarder 

que  mei  ne  l'estelist  amer: 
8155     0  merveilles  en  amereie 

0  molt  poi  en  esguardereie. 

Ai  ge  forfait  por  ce  quel  vi? 

N'avra  Amors  de  mei  merci? 

Il  me  navra  en  un  esguart, 
8160    en  l'oil  me  feri  de  son  dart, 

de  celui  d'or,  ki  fait  amer; 

tôt  le  me  fist  el  cuer  coler. 

Ge  cuit  que  seule  fui  navrée, 

dont  m'a  Amors  a  tort  menée; 
8165    li  Troïëns  ne  s'en  sent  mie, 

ne  li  est  guaires  de  ma  vie, 

guarder  ne  deigne  eele  part; 

Amors  l'a  point,  ce  cuit,  del  dart 

ki  est  de  plom  et  fait  haïr; 
8170    dont  m'estuet  il  a  duel  morir. 

Lasse,  coment  porrai  amer, 

se  ge  ne  truis  d'amor  mon  per? 

Ce  m'est  avis  que  ge  folei, 

sel  voil  amer  et  il  n'aint  mei: 
8175    il  en  estuet  deus  en  un  copie 

et  chascuns  seit  vers  l'altre  sople  Au.JipLLM^r\L-    ^àturrùiJ 

8148  E  que  je  venisse  ci  v.;  GFD  que  tu  (G  tul,  D  le)  venis.  — 
8149  A  M.  an  i  ai;  D  omet  ja.  —  8150  DGE  aine,  F  ains.  —  8151  D  mie 
quencon.  —  8153  A  seroit;  D  omet  grant.  —  8153  D  li  home.  —  8154 
D  que  il  ne  mesteust  a.;  A  esteust.  —  8155  G  et  m.  —  8156  G  p.  i  e.  — 
8159  G  en  mon  e.,  EF  en  son  e.  —  8160  A  en  loing;  G  1.  ma  pointe.  — 
8162  E  tost  le  me  f.  —  8163  A  fui  sole.  —  6164  EF  par  t.  —  8165  D  le 
sent  mie.  —  6166  F  nest.  —  8168  EF  A.  je  c.  1.  p.  ;  G  je  c.  —  8169  EF 
q.  d.  p.  e. ;  G  qui  f.  h.  —  8170  G  d.  men  estora  il  m.;  EF  de  duel.  —  8171 
Alinéa  dans  D.  G  durer.  —  8174  E  se  je  li  aim,  F  se  jou  aim  lui;  A  et 
il  naient  m.  —  8175  D  y  e.;  G  il  estuet  d.  en  une  c.,  EF  .n.  en  e.  en 
une  c.  —  8176  EF  lun  se  faice  vers  1.  s.;  G  a  laltre  s. 


304  ELLE   SE 

et  face  li  ses  volentez. 

Or  sai  ge  ja  d'amor  asez; 

bien  me  diseit  ma  mère  veir, 
8180    n'en  poeie  pas  tant  saveir 

par  nul  altre  corne  par  mei; 

molt  en  sui  sage,  bien  i  vei; 

Amors  a  escole  m'a  mise, 

en  poi  d'ore  m'a  molt  aprise. 
8185    Amois,  molt  sai  bien  ma  leçon; 

or  ne  m'as  lett  se  mal  non, 

del  bien  me  redevreies  lire; 

or  m'as  navrée,  or  seies  mire. 

Amors,  or  me  saine  ma  plaie. 
8190    Molt  est  malvaise  ta  manaie,  a-itU. ,  CUMi4.ihùJr\ce. 

ge  ne  te  sai  tant  bel  preier  ù/iZi^ 

que  me  voilles  de  rien  aidier; 

tu  me  meines  a  grant  desrei,  cLu>^rtcU^^  L»rdu^ 

il  m'estovra  clamer  de  tei.  rrr\x.  pLcù/rai/xL.  du. 
8195    A  cui  ferai  ge  ma  clamor? 

Ki  me  puet  faire  dreit  d'amor?    -^u^A^tA- 
(h-  QjulL  /uJji\fi''      Sor  eui  maint  il?  En  quel  jostise? 

*'  -4"  IL  .     Ge  ne  sai  pas  sa  manantise,  ^ujuJ^Mù^n-LL 

Sor  lui  n'a  seignor  en  nul  leu, 
8200    molt  tient  legierement  son  feu, 
"hruJt  tji^  Clu  '    quant  que  il  vuelt  a  en  destrejt,  iL  'hiâi^Vai^ 

ne  fait  por  altre  tort  ne  dreit.  4ou.\./mfi.^ 

Amors,  tu  m'as  tornee  el  val. 

Amors,  car  m'aliege  cest  mal!     çuL^c^ 
8205     Amors,  en  ceste  novelté   n\Ayujj  {.0.4^4^ 

me  demeines  trop  grant  fierté.  x 

8178  EF  omettent  jsi.  F  Ore  sai  ge  d,  a.  —  8180  F  jo  ne  poroie  t.  s. — 
8182  GEF  molti  v.  (G  en  voi).  —  SlSSAlinéa  dans  GD.  D  a  tescole,  GF 
a  tel  cose;  D  mas  m.  —  8186  EF  bien  a.  —  8185  et  8186  omis  dans  G. 
D  or  s.  —  8186  mss.  mat  tu  lu  (D  lit).  —  8187  EF  devereies.  —  8189  GFD 
car  me  s.  —  819U  E  manece.  —  8192  G  que  tu  me  voilles  r.  a.  —  8193  meïs. 
-  8194  E  il  me  couuera  c.  d.  t.  —  8197  GEF  sos;  D  en  cui  j.  —  8198  GEFD 
omettent  pas;  D  recreantise,  E  rewardise.  F  reseantise.  —  8199  et  8200  omis 
dans  G.  E  sos.  —  8200  E  m.  trait.  —  8201  G  car  quanquil.  —  8202  G  por 
nului,  F  p.  autrui.  —  8203  A  an  mal,  E  en  val.  —  8206  FD  m,  d.  g.  fierete. 


cLt'^^eri/rrUu^  ^ 


PLAINT  305 

Amors,  rais  m'as  el  cors  la  rage, 
un  seal  petit  me  rasoage,  ^^ï  ^  ^^ 
que  me  puisse  resalener;  /x.tui^iaJn.ai^'^-^    •/uii^û-*-*'^ 
8210    mielz  reporrai  mal  endurer. 
Ge  sui  une  meschine  foie! 
De  novel  m'as  mis  a  escole. 
Tôt  ai  apris  en  meins  d'un  jor 
les  mais,  les  peines,  la  dolor. 

Forment  me  plaing,  griement  me  doil.  ^h-u.  ojLûvuu 
Amors,  me  retornes  le  io\\,  J.i^uUjLU,   ,    -UullUJb. 
de  l'altre  part  me  fai  guaraer!  ^ 


8215 


s      V        ^    ^i   Des  or  redevreie  taster  4^iUXLUi^ 
7^>L,  X  f^Aê>UJnc  ^^j  ^.^^  ^^  ^^  j^  soatume  ;  ^h^a^ûu^Xtaj^l 

8220    el  cors  m'as  mis  une  amertume 
MaJul    peior  que  suie  ne  que  fiel.  H-i»-^ 
Amors,  redone  mei  del  miet, 
si  rasoage  ma  dolor    ^ft^jJ^^^ 
par  alcune  buene  savor!  ,4JuS-Lll/o 

8225     Bien  sai  des  mais  que  tu  puez  faire, 
mais  de  tes  biens  ne  sent  ge  guaire, 
encor  ne  m'en  as  mostré  mot. 
Que  as  tu  fait  de  l'antidot   cur-jhLcLci-t, 
que  soleies  jadis  porter 

8230    a  tes  maies  dolors  saner? 

Amors,  troblé  m'as  mon  corage; 


8207  A  ma  mise;  FDHI  cuer.  —  8208  HI  un  petitet;  GEF  mi,  A 
men  ;  A  asoages,  E  rasaulage.  —  8209  A  raseurer,  F  rasoeler,  E  reseeler. 
—  8210  EF  puis  porrai  mieus  mal  e.;  GDHI  m.  en  porrai.  —  8212  I  Mis 
a  este  a  bone  e.,  A  Novelement  mas  a  tescole  ;  EF  sui  mise,  H  ma  m.  — 
8213  HI  Tost  a.  a.,  EF  T.  en  a.  —  8214  A  la  poine.  —  8215  et  8216  omis 
dans  HI.  EF  Molt  sui  lasse  forment  men  (F  me)  d.;  D  et  si  me  d.,  G  et 
raolt  men  d.  —  8216  GEF  A.  car  r.,  D  A.  r.  moi;  DG  retorne;  A  ton  f.  — 
8217  et  8218  intervertis  dans  HI.  HI  de  ma  joie  forment  haster;  F  me 
faciès.  —  8218  F  desor  me,  G  des  ore;  A  redevroies,  D  deveroie,  GF 
devroie;  A  torner.  —  8220  EFHI  cuer;  HI  car  au  cuer  ai,  G  el  c.  mal  mis; 
EF  ma  m.  —  8221  HI  plus  maie  que  s.  ne  f ,  G  p.  de  s.  ne  de  f.  —  8222 
A  redonez.  —  8223—8229  omis  dans  E.  —  8225—8231  omis  dans  HI;  D 
bien  sent  les  m.;  GFD  ses  f.  —  8226  G  ne  mais  del  bien;  DGF  sai.  — 
8227  A  e.  ne  mas  m.  noiant.  —  8228  A  loignement,  G  lantigot.  —  8229 
DG  s.  od  toi  p.  —  8230  E  malades  d.  —  8231  EF  A.  molt  torbles. 

Bibliotheca  Normannica.  IV.  20 


306  SUITE 

un  seul  petit  le  m'asoage. 

Vis  m'est  (\i\e  sui  tote  muëe,  cAatvaéuu 

enpalie  et  deseoloree. 
8235     Ma  mère  set  molt  de  tel  rien, 

et  el  s'en  apercevra  bien 

a  mon  viaire,  a  ma  color,    v^^aùa. 

que  sorprise  sui  molt  d'amor. 

S'el  me  demande  que  ge  ai 
8240    et  se  ge  aim,  que  li  dirai? 

Cornent  li  porrai  ge  celer? 

El  me  verra  eolor  muer, 

frémir,  trenbler  et  espasmir 

et  sospirer,  giendre,  pâlir;      Ac^n-u^xf 
8245     se  ge  li  ceil,  bien  le  savra 

a  cez  senblanz  qu'ele  verra. 

Ne  quier  mentir  que  ne  li  die 

que  j'aim,  ne  li  cèlerai  mie; 

s'ele  me  demande  après  cui, 
8250    eoment  li  nomerai  celui, 

dont  ele  m'a  tant  deveé?  ^UM'^xAajl 

Qu'ele  en  conoisse  vérité, 

el  m'ocirra,  mais  mei  que  chalt? 

Altre  mecine  ne  me  valt, 
8255    ne  cuit  aveir  altre  confort 

de  ceste  angoisse,  fors  la  mort. 

Ge  l'ai  enpris  trop  folement, 

8232  DHIG  il  me  (G  i)  pert  bien  a  mon  visage  ;  EF  masoulage.  — 
8233  HI  car  la  face  ai.  —  8234  I  molt  pale,  K  et  pale,  E  paile.  —  8235  et 
8236  intervertis  dans  G.  HI  Ma  m.  ce  cui  nen  set  rien;  G  car  ele  set;  EF 
de  ses  r.  —  8236  D  elle  saperceuera  b.,  EF  ele  s.  très  bien;  HI  mais  ele, 
G  ma  mère.  —  8238  DHI  que  je  (HI  molt)  sui  s.  d.  —  8239  DF  Se.  — 
8242  EF  Bien  m.  v.  —  8243  î  tr.  paumer  et  puis  frémir.  —  8244  y  taindre 
et  p.  —  8245  et  8246  omis  dans  HI.  —  8246  F  a  cel  s.;  GE  al  s.  que  e. 
V.  —  8247  G  Ne  puis,  E  Nel  q.,  D  Nen  q.;  EFD  bien  ne  1.  d.  —  8248  G 
que  jo  aim  nel  c.  m.;  DEF  que  aim.  —  8249  et  8250  omis  dans  E.  G  et 
sel;  HI  et  sele  m.  d.  c.  —  8251  et  8252  omis  dans  AI.  HF  que  ele;  H  ma 
tout  iors  vee.  —  8252  H  con  len  conoistroi  (?),  G  se  jo  len  conois  v.  — 
8253  EF  ele  m.  moi  quen  ch.;  G  et  moi  q.  c,  HI  mais  ne  me  c.  —  8254 
A  que  m.  v.  -  8255  A  nan  c.  a.  —  8256  E  de  ces  angoisses;  F  de  san- 
gosses  fors  que  I.  m.,  G  naître  mecine  que  1.  m.  —  8257  EF  Ge  ai  apris. 


SUITE  307 

sel  deiisse  faire  altrement: 

ge  ne  deiisse  m'ainor  pas 
8260    atorner  si  vers  Eneas, 

n'en  eiist  Turnus  altre  tant;    cuAJhù^r^ 

nus  n'en  deiist  aler  avant, 

n'en  detisse  plus  amer  l'un, 

mais  bel  senblant  faire  a  chaseun 
8265     et  faire  si,  coment  qu'alast; 

li  quels  ki  d'els  me  desraisnast, 

ne  m'en  peiist  saveir  mal  gré 

que  ne  l'eusse  aneeis  amé. 

Ne  sai  que  est  a  avenir, 
8270    se  detisse  m'amor  partir, 

que  chascuns  l'eust  igalment; 

ce  cui,  ne  me  netist  neient, 

l'un  et  l'altre  deiisse  atraire;  cUtùu^ 

ainsi  peusse  ge  bien  faire, 
8275     se  ges  amasse  andeus  issi; 

donc  ne  faillisse  a  un  ami; 

li  quels  que  fust  morz  o  veincuz 

l'un  en  eusse  de  mes  druz  . . . 

Foie  Lavine,  qu'as  tu  dit? 
8280    Or  resés  tu  d'amor  petit. 

Puet  l'en  donc  si  partir  araor? 

Or  le  tiens  tu  por  changeor!  'wcL^ûuiUfCL, 

Ki  bien  aime  ne  puet  boisier,  :ih,^yn,/xij-j 

8258  HI  jel;  F  si  d.,  E  si  le  d.  —  8259  et  8260  omis  dans  A.  —  8260 
I  si  a.  V.  e.  —  8261  HID  que  nen  e.  T.  a.  (HI  autant).  Les  lettres  ini- 
tiales des  vers  8261—8271  illisibles  dans  G.  —  8262  H  que  n.  d.  —  8263  El 
ne  d.  —  8264  EF  omettent  a.  —  8265  HI  et  si  fere,  E  et  si  f.,  F  et  si  ferai. 

—  8266  HI  1.  q.  deus  qui  m.  d.,  A  1.  q.  dels  deus  me  d.  —  8267  D  me; 
GF  seust,  A  puist.  —  8268  HI  ne  que  1.  ;  G  laltre  eusse  a.  a.  —  8269  HI 
quest  deus,  A  que  sest;  D  que  ne  sai  quest  a  avenir;  GA  devenir.  — 
8270  lEF  si.  —  8271  et  8272  omis  dans  HI.  D  et  que  c.  —  8272  EF  je  cui 
ne  me  (E  men)  nuisist  n.,  G  no  me  neust  io  quit  n.  —  8273  E  lun  al.  — 
8274  D  si  le  p.,  E  et  sel  p.;  G  ensi  deusse.  —  8275  et  8276  omis  dans  HI. 

—  8276  GEF  falsisse.  —  8277  GED  qui.  —  8278  G  jo  eusse  lun  d.  m.  d.  — 
8279  Alinéa  dans  GEHI.  —  8280  EF  Or  ses  tu  ci  d.  p.  ;  G  Ore  ses  ta.  — 
8281  et  8282  omis  dans  HI.   E  P.  on  si  départir;  G  cangier.  —  8282  D  les, 

—  8283  et  8484  omis  dans  DEF.    GHI  set. 

20* 


308  ELLE   VOIT 

s'il  est  leials  ne  set  changier; 
8285     buene  amors  vait  tant  seulement 

d'un  seul  a  altre  senglement;   ,dÉ/>ô>^*-vriA*%ir  ^ 

puis  qu'on  i  vuelt  le  tierz  atraire,  /^I^ttl^Jo^, 

/iiâ.m>     puis  n'i  a  giens  amors  que  faire. 

Ki  fermement  vuelt  bien  amer, 
8290     son  compaignon  ait  et  son  per; 

del  tierz  après  ne  sai  ge  mie; 

puis  senble  ce  mareheandie.   yr\A'^^cK£t<rricL*li^ 

Rire  puet  l'en  bien  a  plusors, 

mais  ne  sont  pas  veires  amors 
8295     dont  l'en  apaie  deus  o  treis;  c.ûU/rr\t.     Ajic^nclii 

ne  tient  d'amor  preeepz  ne  leis 

ki  plus  que  un  en  vuelt  amer. 

Ne  se  vuelt  pas  amors  dobler. 

Par  fei,  ge  nen  aim  pas  ainsi, 
8300    Eneas  tien  por  mon  ami. 

Ge  l'aim!     Ce  ne  ferai  ge  mie 

que  de  m'amor  face  partie, 

ne  lui  voil  pas  d'amor  boisier, 

o  lui  n'i  avra  parçonier;   CjJiul.  c^^ui'  (iûL^Jcx^. 
8305    que  qu'il  m'en  deie  avenir, 

ja  de  s'amor  ne  quier  partir; 

ge  ne  sui  mie  encor  a  change,   cujtru,  À.  cJuLfn^ 

Molt  esteie  ier  d'amor  estrange, 

or  sai  ge  molt  de  sa  nature; 


p        r- j— 


^ 


8284  A  si  est  feible  ne  puet  c,  G  estre  doit  1.  sans  c.  —  8285  et  8286 
omis  dans  G.  HI  en  a.  ;  A  tôt  s.  —  8287  HID  des  que  len  veut,  EF  p.  que 
on  veut;  G  p.  que  en  i  v.  deus  a.  —  8288  HI  dont  ni  a  plus,  D  p.  ni  a 
rien;  EF  iluec  na  gens  a.  q.  f.;  GF  a  faire.  —  8289  EF  qui  v.  f.  droit  en 
amer,  G  qui  bien  velt  loialment  a.  —  8290  HI  aint.  —  8291  et  8292  omis  dans 
HI.  G  de  laltre  a.  ni.  —  8292—8302  omis  dans  D.  E  ce  sambleroit  m.,  F 
plus  s.  co  marceandise,  G  p.  vait  corne  m.  —  8293  EF  Joer;  GEF  as  p.  — 
8294  y  vraies.  —  8295  IG  ne  t.  —  8:'96  A  d.  prou  cels  ne  1.,  I  d.  ne  par  n.  1.; 
F  amors.  —  8298  HIEF  Amours  ne  se  veut  pas,  A  ne  si  v.  p.  a.;  A  trobler, 
HI  douter.  —  8299  HI  je  naime,  F  jo  namai,  G  jo  nen  ai.  —  8302  A  qui;  EF 
samor.  —  8303  D  trahir.  --  8304  D  o  1.  aura  ja;  G  arai.  —  8305  HI  q.  q. 
men  soit  a  a.;  G  q.  que  m.  d.  a  a.  —  8306  HI  de  s.  ne  me  q.  p.;  E  et  de; 
G  quit.  —  8307  HI  je  ne  doi  pas  amer  par  ch. ,  D  ja  ne  s.  m.  e.  au  ch., 
GEF  jo  ne  sai  mie  colre  (F  core)  a  c.  —  8309  HI  or  en  sai  m. 


ÉNÉE  s'en  aller  309 

8310    m  entente  i  métrai  et  ma  cure.  —    M'ô^^tM, 

Or  me  rest'buen  et  or  le  voil, 

or  ne  m'est  guaire,  si  m'en  doil,  Tn,' A^fru    ùLùlutu^ 

or  sent  mon  cuer,  or  voil  amer, 

or  en  voldreie  molt  parler. 
8315    S'or  trovoe  ki  m'escollast 

et  de  mon  conseil  me  celast, 

g'en  savreie  maint  buen  trait  dire. 

Se  il  m'a  fait  coroz  ne  ire, 

refera  mei  bien  a  eort  terme; 
8320    onkes  mes  oilz  n'en  geta  lerme 

ki  ne  me  seit  tôt  mis  en  leu;  /iCLijMjL,  ;   AJLtxàLcLû^ 

joie  en  avrai  et  ris  et  geu; 

n'en  ai  eii  dolor  ne  mal, 

ne  me  rende  tôt  par  igal 
8325    le  bien  après  et  la  dolçor. 

Molt  me  plaira  al  chief  del  tor!    a-    4jC»~    if^^ 

Ne  sai,  lasse,  que  ce  sera! 

Bataille  ont  pris,  et  ki  veintra 

senz  chalenge  me  deit  aveir;     Cxmil^.'àMeiJt>cr^ 
8330    mais  une  rien  cuit  bien  saveir: 

se  Turnus  veint,  ne  m'avra  mie; 

ge  voil  anceis  perdre  la  vie, 

se  Eneas  i  est  oeis, 

que  ja  Turnus  seit  mes  amis." 
8335        Tant  entendi  la  dameisele    ^  '  o-ccju^ûl.    f?Ct_ 

a  desraisnier  s'amor  novele, 

que  Eneas  s'en  retorna; 

8311  et  S312  omis  dans  HI.  EF  or  mest  molt  b.  ore  1.  v.  ;  G  Or  me 
repent.  —  8312  A  or  men  est  grief  et  si.  —  8314  H  trop  amer,  G  m.  amer. 
—  8315  DHI  Se  t.  —  8316  EF  et  m.  c.  molt  bien  c.  (F  bien  me  c.)  — 
8317  F  ja  s.  —  8318  HI  Samours  ma  fait,  F  Sil  ni  a  f.;  GFD  et  i.  —  8319 
111  bien  me  r.  ;  E  referai  le  bien  a  sen  t.  —  8320  I  ja  uen  istra  de  mon 
oeil  1.;  GF  ne  g.  1.  —  8321  EF  que;  A  men.  -  8322  F  jou  en  raurai;  GE 
et  pris  et  g.  —  8323  A  sen  ai  eu  d.  mortal;  F  jo  nai  e.;  GD  et  mal.  — 
8324  D  ne  men  r.  —  8325  I  1.  b.  en  après  la  doulour;  F  les  biens.  — 
S327  y  quant  ce  s.  —  8328  GF  b.  o.  prise  qui  v.;  H  ai  p.  —  832î)  I  cha- 
lengier.  —  8330  HI  m.  u.  chose  c.  s.  —  8332  HI  mieus  v.  —  8333  et  8334 
intervertis  dans  F.  —  8335—9993  omis  dans  I.  DGEF  Quant;  sans  alinéa 
dans  AD.  —  8337  D  se  r. 


310  SON 

vait  s'en  qu'il  ne  la  reguarda. 

Donc  cuida  el  de  duel  morir 
8340    et  fist  un  molt  parfont  sospir, 

a  terre  chiet,  si  s'est  pasmee, 

et  dist,  quant  se  fu  relevée: 

„Las8e,  dolente,  que  fait  il? 

Retorne  s'en?  Par  fei,  oïl, 
8845    et  si  ne  parlera  a  mei; 

de  ce  ne  prent  il  or  conrei.    pri£.^ruiL  /^Àvm) 

Ge  ne  cuit  pas  que  il  s'en  ait  ... 

Foie  ehaitive,  tei  que  chalt?  . .  . 

Trop  m'en  chalt  il,  car  il  m'a  morte  .  . . 
8350     Comfaitement?  ,  .  .  Mon  cuer  en  porte, 

il  le  m'a  de  mon  sein  enblé  .  .  .   irt^Jî^ 

Molt  folement  l'as  donc  guardé  . .  . 

Mes  cuers  avuec  le  suen  s'en  vait, 

desoz  l'aissele  le  m'a  trait. 
8355     Amis,  vos  ne  retornez  mie? 

Molt  vos  est  poi  de  vostre  amie. 

Ne  puis  aveir  de  vostre  part 

un  bel  senblant  n'un  dolz  reguart? 

Ma  vie  est  tote  entre  voz  mains. 
8360     Oui  chalt,  quant  vos  n'estes  certains 

que  ge  vos  aim  de  buen  enrage? 

Ne  m'en  os  creire  en  nul  mesage 

par  cui  vos  feïsse  saveir 

que  m'amistié  poez  aveir, 
8365     et  nequedent  ge  trovereie   p  cru^J-û-^rUi- 

8338  A  quil  ne  laraisona;  EF  que.  —  8339  11  Lors;  EFII  ele  bien 
m.  —  8340  D  une  p.  s.  —  8342  E  q.  ele  fu  r.,  GD  quant  fu  sus  r.;  H  si 
fu.  —  8343  A  L.  fait  elle.  —  8344  EF  nenil.  —  8347  HEF  quaiusi  s.  a.  — 
8348  H  F.  Lavine;  EF  quen  c.  -  8349  A  quant  il.  —  8350  H  et  il  co- 
rnent, Gr  et  il  porcoi.  —  8351  A  de  mon  ventre.  —  8352  EF  Mauvaise- 
ment;  G  lai.  —  8353  EF  en  v.  —  8354  D  deseur;  G  hors  de  maissele.  — 
8355  A  ne  retorneroiz  mie;  D  ne  vous  r.  —  8358  II  nul  b.  s.  nul  d.  r., 
A  un  dolz  s.  nun  bel  r.,  DG  un  sol  s.  ne  .i.  r.;  E  tant  seulement  un,  F 
solement  mie  un.  —  8359  G  Ja  sui  tote  mise  en  vos  mains.  —  8360  EF 
Vos  que  ch.  q.  n.  e.;  G  q.  nen  e.,  A  q.  vos  ni  e.  c.  —  8362  II  fier;  A  n. 
m.  aérerai  an  m.;  GEFH  a  n.  m.  —  8365  H  et  neporquant;  A  je  otroiroie, 
EFD  gel  t.,  G  bien  t. 


DÉSESPOIR  311 

par  cui  mander;  mais  ge  criembreie 

m'en  tenissiez  por  prinsaltiere,  prJ^ryy^^  ^  fjjl/^^  q^ 

se  vos  mandoe  amor  première. 

Et  quant  m'avreiz  senz  contredit    àa^'n^  cfp^^i^i^cJh^aini) 
8370    (car  ce  sera  jusqu'à  petit), 

cuideriëz  que  tel  atrait 

corne  g'avreie  vers  vos  fait, 

redettsse  ge  faire  aillors, 

noveliere  fusse  d'amors.     4-^-^-^    ûu^rru:-  Xa-  cJ\£k^rx^a^rmjrd. 
8375    Amis,  ce  ne  cuidiez  vos  mie; 

se  puis  de  vos  estre  saisie, 

la  vostre  amor  ne  changerai; 

seiez  segurs:  se  ge  vos  ai, 

ja  n'amerai  home  fors  vos, 
8380     ne  seiez  ja  de  mei  jalos." 

La  meschine  ert  a  la  fenestre, 

ne  poeit  dire  tôt  son  estre,  ojhut  ,  cUju)oxi3hjD)rù^  C&yuJuJ^» 

ne  ce  que  sent  de  son  ami. 

Quant  veit  que  il  s'en  vait  issi, 
8385     0  l'oil  le  siut  tant  com  el  puet, 

guarde  soentre,  ne  se  muet, 

des  i  que  nel  pot  mais  veeir. 

Trestot  le  jor,  des  i  qu'ai  seir, 

s'estut  iluec,  si  esguarda 
8390    le  leu  par  o  il  s'en  ala: 


8366  EF  mander  se  je  voloie.    EF  intercalent  2  vers.     V.  Us  notes. 

—  8367  H  t.  men  a  p.,  A  que  vos  m.  t.  propere;  D  que  m.  tiguiez,  EF 
vous  me  terriez.  —  8367  et  8368  intervertis  dans  EF.  —  8369  H  omet 
et,  q.  mauriez.  —  8370  GHI  et  ce  s.,  EF  ce  qui  s.  —  8371  A  vos  diriez, 
EF  c.  bien.  —  8372  A  javoie;  G  a.  a  vos.  —  8373  H  cautel  d.  f.  a.  —  8374 
A  novellerie  fust.  —  8375  H  omet  vos;  EF  crées.  —  8376  A  a  toz  jors 
serai  vostre  amie.  —  8377  et  8378  intervertis  dans  HEF.  DH  ja  v.  — 
8378  EF  seurs  s.  —  8379  et  8380  intervertis  dans  DGEF.  H  n.  mes  h. 
seur  V.,  D  ja  naurai  homme  f.  que  vos,  E  namerai  h.  f.  que  v.  —  8380 
H  ja  mar  de  moi  serez  jalos,  EF  de  moi  ne  s.  ja  j.  —  8381  H  Lavine  e. 

—  8383  HG  quel  s.  —  8384  GEF  sent.  —  8385  H  des  eulz,  EF  a  luel; 
A  \o  vit.  —  8386  H  molt  lesgarde  si  ne  s.  m. ,  D  garder  s.  ne  sen  m.  — 

8387  H  tant  quel  ne  le  puet  m.  v.,  D  d.  que  ne  le  puet  v.;  G  quel  ni.  — 

8388  GF  le  main  descal  s.;  DHE  d.  i  au  s.  —  8389  H  se  sist,  EF  estuet; 
E  lesg.  —  8390  EFD  cil;  E  torna. 


312  ELLE  A  UN 

molt  li  senblot  la  veie  bêle. 

Tant  entendi  la  dameisele    ^  '  crtx.'LLpa^  d^ 

a  l'esguarder  et  al  duel  faire 

et  al  plorer  et  al  maltraire,  -7y^aZA.A-^^^-^ 
8395     ODC  ne  se  volt  d'iluec  moveir, 

des  i  que  nel  pot  mais  veeir. 

Encor  donc  a  enviz  s'en  torne,    a.  /ujLAyub 

molt  fu  dolente  et  triste  et  morne. 
Por  dreit  neient  s'ala  colehier, 
8400    car  tote  nuit  l'estut  veillier 
A^OuùM.^  et  degeter  et  tressaillir, 

deseovrir  sei  et  reeovrir; 

el  lit  se  torne  de  travers 

et  donc  adenz,  puis  a  envers, 
8405     et  met  son  chief  as  piez  del  lit. 

La  nuit  ot  poi  de  son  délit, 

trait  ses  clievels,  bat  sa  peitrine, 

grant  duel  demeine  la  meschine. 

Asez  aveit  mal  en  dormant, 
8410    n'aveit  raie  mielz  en  veillant. 

Quant  li  tressailleient  li  oil, 

ki  toz  tens  erent  en  remoil,  ynMjJuU*.LriA^ 

donc  li_est_vi§  que  le  teneit;  ÀjL  Jbuji  jOi^trUrU. 

de  la  joie  qu'ele  en  aveit 
8415    tornot  sei  en  celé  freor, 

si  acolot  son  covertor; 

et  quant  ele  se  porpensot  /uyrv^^xùM , 

8301  E  sembla.  —  8392  H  T.  i  entent;  E  ataudi.  —  835J3  E  a  c.  et 
a  d.  f.  —  8395  GEFD  aiuc.  —  8396  II  desi  qiiil  fist  oscur  et  noir;  GE  quel. 
—  8897  II  et  lores  a  anuis;  DGEF  omettent  a;  D  encore  lors,  GEF  e. 
adonc.  —  8398  GEFH  d.  t.  et  m.  —  8400  sans  alinéa  dans  HDGEF.  — 
8401  G  et  tresjeter.  —  8403  GH  dentravers.  —  8404  DH  primes  a.  et  p. 
c.,  G  et  puis  a.  tôt  a  e.  —  84U5  H  omet  et,  son  chief  remet;  EF  et  ses 
pies  puis  au  ch.  d.  1.  —  8407  EF  s.  cb.  t.  —  8408  G  dolor  maine.  —  8409 
DGEF  veillant.  —  8410  GEF  n.noient  m.  en  dormant.  —  8411  ef  8412  omis 
dans  H.  E  Tout,  F  Dont.  —  8412  G  ki  sovent  e.  —  8413  H  avis  li  est; 
GEF  quel  le  t.,  A  quil  la  t.  —  8414  H  Heneas  grant  joie  faisoit;  FD  J. 
que  ele  a.  —  8415  H  en  celé  freor  se  tornot;  D  tornoit  enz.  —  8416  H 
son  c.  si  acolot;  G  embracoit.  —  8417  Alinéa  dans  D.  A  el  se  rep.,  D 
ele  sapercevoit,  EF  ele  se  percevoit. 


SOMMEIL  AGITÉ  313 

qu'il  n'i  ert  pas,  si  se  pasmot. 

El  cors  li  ert  li  feus,  ki  l'art; 
8420    el  se  tornot  de  l'altre  part, 

relevot  sei,  si  s'aseeit,      p>  itsixL.  cL&.  .ô-ôto^  Jxrr^ 

et  donc  se  recolçot  a  dreit    -ùe^  (LerVLcAajbL  ûLe,  '7\enuj\>ccLJu^ 

et  apelot  celui  de  Troie 

tôt  soavet,  que  l'en  ne  l'oie.    oUrujuL^TUjrJz. 
8425    Entre  ses  denz  dit  bêlement: 

„Amors  me  meine  malement, 

le  jor  ai  mal  et  la  nuit  pis; 

amors  ne  tient  guaires  de  pris  ^-^a^u^^  ccia.>  } 

d'ocire  une  pucele  tendre 
8430    ki  ne  se  puet  vers  li  deffendre. 

Tu  m'apreïs  hui  grant  leçon, 

onc  n'i  ot  vers  se  de  mal  non. 

Car  me  relis  de  ta  mecine  ... 

Repose  tei,  foie  Lavine, 
8435     ceste  leçon  deis  molt  fermer  ... 

Trop  la  sai  ge  bien  recorder  .  . .  Aûff^jU^ 

Entent  i  molt,  si  la  retieu  .  .  . 

Tôt  sai  le  mal,  poi  sai  del  bien. 

Amors,  de  ma  vie  n'as  cure, 
8440    trop  me  meines  grant  aleiire;  Vuiulv^  ^  "rrxojiAiL. 

a  ce  que  m'as  chargié  grant  fais,  cu-irru^ 

lasser  m'estuet,  se  ge  n'en  lais 

le  sostenir  et  l'enchalchier; 

8418  E  que  il  ni  e.  s.  s.  p.;  GD  que  ni.  —  8419  et  8420  intervertis  dans 
II.  —  842(t  H  quant  se  retorne  dautre  p.,  D  elle  s.  t.  dautre  p.;  E  retorne 
soi,  F  retornoit  soi.  —  8421  et  8422  omis  dans  EH.  F  sus  relevée  puis  ra- 
seoit;  D  p.  se  seoit.  —  8422  F  et  d.  recole;  D  tôt  droit.  —  8423  et  8424 
intervetiis  dans  H.  HEF  omettent  et  ;  HI  apele  adonc,  EF  si  a.  —  8424  A 
t.  bêlement;  EFH  que  nus  n.  1.  —  8425  EF  coiement.  —  8428  H  ne  test, 
F  ne  as,  G  ne  tert.  —  8430  HDE  v.  toi,  G  a  toi.  —  8431  A  or,  EG  ier,  F 
trop.  Mss.  {sauf  D)  me  p.  —  8432  DGEF  omettent  onc,  ni  ot  un  vers  (G 
mol).  —  8433  A  c.  maleges  de  t.  m.,  G  c.  masoage  ta  m.  —  8434  omis 
dans  D.  —  8435  G  bien  d.  c.  1.  f.;  H  d.  bien  f.  —  8436  H  Voire  mes  ge 
truis  tôt  amer;  G  reposer.  —  8437  et  8438  omis  dans  HE.  D  i  bien,  G 
1  donc.  —  8438  G  trop  ai  de  mal  poi  sent  de  b.  ;  D  et  p.  de  bien.  —  8439 
A  de  menace;  H  na  c.  —  8440  A  moine;  HGD  maie  a.  —  8442  F  laissier, 
G  morir;  GEF  nel  1.  —  8443  et  8444  omis  dans  H. 


314  SA   MÈRE 

m'esraaie  molt  a  l'aprochier.  " 
8445    Molt  traist  la  nuit  mal  la  raeschine, 

et  l'endemain,  quant  la  reine 

la  vit  ainsi  deseoloree, 

sa  face  et  sa  color  muëe, 

de  son  estre  li  demanda, 
8450    et  ele  dit  que  la  fièvre  a. 

Bien  sot  la  mère  que  menteit, 

altrement  ert  que  ne  diseit; 

ele  la  vit  primes  trenbler 

et  donc  en  es  le  pas  suer   .ô^x.^  JU.  cJucurr^ 
8455     et  sospirer  et  baaillier, 
(J\j^»\£jA^  (U.  tM^^fi^^A.  teindre^  nereir,  color  changier: 

bien  sot  qu'amors  l'aveit  saisie, 

ki  la  teneit  en  sa  baillie.   ù^umoux) 

Demande  li  se  ele  amot; 
8460    celé  li  dit  qu'onkes  ne  sot 

que  est  amors  ne  que  set  faire. 

La  reine  ne  l'en  creit  guaire, 

que  qu'el  li  die  qu'ele  n'aint; 

el  dist:  „Ge  conois  bien  cest  plaint 
8465     et  cez  sospirs  ki  si  lonc  sont: 

d'amor  vienent,  de  molt  parfont; 

plaint  et  sospir  ki  d'amor  vienent 

sont  molt  traitiz,  près  del  euer  tienent,   XerrujA' 

Fille,  tu  aimes,  ce  m'est  vis." 
8470    —  One  de  tel  geu  ne  m'entremis.  — 

8444  G  Je  lue  dolc  m.;  GEF  de  1.  —  8445  Alinéa  dans  HG.  Il  m. 
t.  de  mal  1.  n.  lavine.  —  8446  EF  ens  el  d.  —  8448  D  omet  et,  —  8450 
GDH  omettent  et,  ele  li  d.  —  8451  EF  B.  voit.  —  8452  E  cautrement.  — 
8453  DEFH  voit.  —  8454  F  tantost,  D  et  puis.  —  8456  H  cent  foiz  le  jor 
c.  c;  D  n.  t.  Il  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  8457  E  set,  F  sent; 
H  la  en  baillie.  —  8458  H  qui  si  a  sa  coleur  pâlie.  —  8459  GD  demanda. 

—  8460  H  Lavine  dit,  EF  celé  (E  ele)  respont;  D  que  ne  savoit  —  8461 
E  camers  est,  F  que  a.  e.,  II  qui  fu  a.;  A  ne  quil  s.  f.  —  8462  H  Mes 
sa  mère;  E  le  c.  —  8463  II  que  ele  die  que  el  n. ;   GEFD  que  que  1.  d. 

—  8464  DF  et  d.  —  8465  A  a  ces.  —  8466  F  del  cuer  v.  —  8467  A 
qui  de  loing  v.  —  8468  H  s.  m.  destroit  qua  c.  se  t.,  D  sont  près  du  cuer 
et  se  se  t.;  G  traitif.  —  8469  Alinéa  dans  GD.  —  8470  A  Unques  damer; 
GEF  Aine. 


L'INTERROGE  315 

,Tu  ses  des  traiz,  de  sa  nature." 

—  Ne  sai  que  c'est,  ge  n'en  ai  cure.  — 
„0  tu  voilles  0  tu  ne  deinz, 

tes  vis  en  est  pales  et  teinz. 
8475    Amors  t'a  pointe,  bien  le  vei; 

tu  me  ceiles,  ne  sai  por  quei; 

ce  m'est  molt  bel,  se  vuels  amer, 

tu  nel  me  deis  neient  celer. 

Turnus  t'aime  molt  a  lonc  tens, 
8480    se  tu  l'aimes,  gel  tien  a  sens  :   Lù^-ru:^'  ^    ce  nt  '^^ 

tu  deis  amer  de  buene  amor 

celui  ki  t'aime  par  enor. 

Ge  ne  t'en  sai  neient  mal  gre, 

ge  le  t'ai  bien  amonesté   x^imjHjuùJz 
8485     et  bien  t'en  ai  en  veie  mise; 

bel  m'est  que  or  t'en  vei  sorprise. 

Or  pjen  çonrei  que  il  le  sache      jcuxâ^jr^^  ^ù^^i-frO 

que  tu  l'aimes."  —  Ja  de  ne  place 

qu'il  m'amor  ait!    Non  avra  il!  — 
8490     ,Coment,  ne  l'aimes  tu?^  —  Nenil.  — 

„Et  ja  voil  ge."  —  Vos  l'amez  bien.  — 

„Mais  tu  l'aime."  —  Ne  m'en  est  rien.  — 

,Ja  est  il  bels  et  proz  et  genz." 

—  Poi  m'en  tochë  al  cuer  dedenz.  — 

8495     ,Bien  as  en  lui  salve  t'amor."    C^'u^.s/â.^'^ 

—  Ge  ne  l'amerai  ja  nul  jor.  — 
-Et  ki  as  tu  donc  aamé?" 


8471  A  tu  sens.  —  8472  FD  que  est;  DGEF  ne  nen.  —  8473  D  o  tu 
ne  V.  0  ne  d.  ;  EF  o  tu  ne  veus;  G  qui  quen  soit  malades  ou  sains.  — 
8474  A  paliz;  EF  t.  v.  est  noirs  (F  tes)  p.  et  t.  —  8475  A  Fille  tu  aimes, 
D  A.  ta  tainte.  —  8476  D  tu  le  c.,  E  tu  le  me  c,  F  tul  me  c,  G  sel  me 
c.  —  8477  d  847S  intervertis  dans  GH.  —  8478  G  omet  me;  GDII  mie  celer. 
—  8481  et  8482  omis  dans  GH.  D  amer  le  dois.  —  8482  A  par  amor,  D 
a  honnor.  —  8483  F  s.  de  nient;  IID  mie  m.  g.  —  8484  A  Ja  tai  ge,  F 
Jel  tai  je;  II  molt  a.  —  8485  G  a  v.  —  8486  H  core,  F  cor  si,  G  que  jo; 
G  t.  ai  s.  —  8489  DE  que  m.  —  8491  H  et  ge  le  voil,  A  et  gel  v.  ge,  E 
ja  le  voije,  F  ja  nel  voel  ge.  —  8492  yD  aimes.  —  8493  EF  En  est  il  asses 
preus  et  g.  —  8494  HEF  molt  p.;  A  me  t.;  G  a  mon  coer  d.  —  8495 
EF  en  lui  est  bien,  HD  b.  est  e.  1.  —  8496  HEF  omettent  Ge,  ne  1.  ja 
(EF  mais)  a  n.  j.  —  8497  DGEF  en  ame. 


316  SUITE  DE   LEUR 

—  Vos  i  avez  tôt  oblië 
la  premeraine  question, 

8500     a  saveir  se  ge  aim  o  non.  — 
„Ce  sai  ge  bien,  esprové  l'ai." 

—  Ce  savez  donc  que  ge  ne  sai?  — 
„Ne  ses?   Ja  senz  tu  les  dolors." 

—  Donc  n'a  l'eu  mal  ne  mais  d'amors?  — 
8505     ,Oïl,  asez,  mais  nequedent 

on  puet  veeir  certainement 
a  ce  que  tu  pale  es  et  vaine  pÀJjtû^ 
que  tu  te  muers  et  si  es  saine, 
que  bien  aimes;  n'as  altre  mal. 
8510    N'est  giens  enfermetez  mortal:   -ruUtsi.^mA^c^é. 
l'en  en  a  peines  et  dolors, 
mais  longuement  vit  on  d'amors. 
Bien  sai  que  sorprise  es  d'amer." 

—  Ce  m'avez  encor  a  prover.  — 
8515     „Ni  estuet  altre  provement, 

ja  le  veit  l'en  apertement." 

—  Dites  le  vos  por  mes  dolors? 
A  l'en  tels  angoisses  d'amors?  — 
„Oïl,  et  de  plus  forz  asez." 

8520     —  Ne  sai  dont  vos  m'araisonez, 

mais  grant  mal  et  grant  dolor  sent.  — 
„As  tu  de  nu]  home  talent?" 
ryxor^        —  Nage,  fors  d'un,  d'altre  n'ai  soing, 

molt  me  desplaist  que  trop  m'est  loing.  — 

S498  H  molt  o ,  A  trop  o.  —  8499  H  en  1.  première  q.  —  8500  II  h 
ce  s.  se  jaim;  A  se  jai  ami.  —  8501  H  Ge  le  s.  b.,  D  ge  sai  b.  et;  y  prove 
lai;  GEF  et  p.  1.,  H  car  p.  1.  —  8502  A  plus  en  s.  que  je;  EF  d.  s.  c.  — 
8503  EF  oynat  ne  ses,  ja  en  sens  tu  les  granz  d.  ;  G  ja  ses.  —  8504  D  d. 
nas  tu  mal  for  seul  damor,  EF  cis  maus  que  as  (E  cas)  ce  fait  a.  (F  te 
f.  a.).  —  8505  EF  II  ni  a  point  de  doutement.  —  8506  EF  on  le  connoist, 
G  lem  p.  aveir;  GDH  apertement.  —  8507  A  omet  tu,  pâlie;  y  es  pale.  — 
8509  GEF  tu  a.  b.  —  8510  D  n.  pas,  y  nas  pas.  —  8511  et  8512  omis  dans 
A,  intervertis  dansEF.  EF  et  sest  langeurs  et  fors  dolors.  —  8512  EF 
molt  1.  —  8513  A  esprise.  —  8514  EF  Cornent  le  me  poes  p.  —  8516  H 
ge  le  V.  b ,  A  ja  voi  ge  bien,  EF  ja  v.  on  bien,  G  on  le  v.  bien.  —  8517 
EF  me  dolor.  —  8518  EF  damor.  —  8523  HD  Nenil;  H  que  d.,  G  fors 
un.  —  8524  H  m.  m.  poise;  H  quant  si  e.  1.,  G  que  tant  m.  l 


CONVERSATION  317 

8525     fl Qu'en  voldreies,  que  t'en  est  vis? 
que  ensenble  fussiez  toz  dis?" 

—  Molt  me  fait  mal  que  ge  nel  vei 
et  que  il  ne  parole  o  mei. 

Quant  ge  nel  vei,  si'n  ai  dolor.  — 
8530     ,Par  fei,  tu  l'aimes  par  amor." 

—  Cornent,  aime  l'en  donc  ainsi?  — 
,Oïl."  —  Donc  sai  ge  bien  de  fi 
que  ge  aim  bien,  mais  ne  saveie 

gebui  matin  que  jo  aveie.     ûu^cu/ui* -^um, 
8535     Dame,  jo  aim,  nel  puis  neier, 

vos  me  devez  bien  conseillier.  — 

„Si  ferai  ge,  se  tu  me  creiz: 

quant  or  tes  cuers  est  si  destreiz,  4A.>i,^i-fi- _,  /ei^^wn^.vïJ'^ 

tu  me  deis  bien  dire  por  cui." 
8540    —  Ge  nen  os,  dame,  car  ge  cui 

que  vos  m'en  savriëz  mal  gre; 

vos  le  m'avez  molt  desloé,    r/^  r^^-^j.A  j  Jû /} 

vos  m'en  avez  molt  chastiëe;  <a.v/l^/>C 

de  tant  m'en  sui  plus  aprismiee:    -mjL,  ju^ui^  CUuoj^^cÂ^ 
8545     amors  nen  a  soing  de  chasti.  /^p^^^'^^q  mf  r^t 

Se  vos  nomoe  mon  ami, 

ge  criembroe  que  vos  pesast.  — 

„Onkes  ne  cuit  que  bien  amast 

ki  nul  amant  vuelt  chastiër." 
8550     —  Jo  aim,  nel  puis  avant  neier.  — 

,Done  a  nom  Turnus  tes  amis?" 

—  Nenil,  dame,  gel  vos  plevis.  — 

„Et  coment  donc?-  -  Il  a  nom  E  . . ."  ' 

8525  G  que  ten  samble.  —  8526  GFDH  fuisson.  —  8527  E  que  ne  le 
V.;  G  quant.  —  8528  y  a  moi.  —  8529  D  jen  ai,  G  si  nai,  HF  si  ai,  AE 
san  ai.  —  8530  FDH  tu  aimes.  —  8531  D  a.  dont  len,  F  a.  on  donkes.  — 
8535  GDH  quier.  —  8536  GDH  men.  —  8538  y  q.  or  ert  si;  D  q.  ore  en  est 
t.  c.  d.  ;  GEA  mes  c.  —  8540  H  Ge  nos  d.  que  je  bien  c.  —  8541  G  seussiez. 
—  8542  E  si  le  m.  ;  H  m.  devee,  E  tost  d.  —  8544  GEFDH  omettent  de  ; 
D  t.  mi  sui  ge  p.  a.;  E  et  tant  mi  sui;  HD  aprochie.  —  8545  H  na  cure 
d.  c,  E  na  nul  s.  d.  c.,  GF  na  s.  de  nul  ch.  —  8547  EF  je  redout  quil  ne  v.  p.  ; 
H  quil  V.  p.  —  8550  H  g.  a.  certes  nel  p.  n.,  D  g.  a.  je  nelpuis  mais  n., 
E  j.  a.  si  ne  le  puis  n.,  GF  j.  a.  nel  puis  or  mais  n.  —  8551  GEF  D.  na;  E 
omet  nom,  T.  nest  t.  a.  —  8552  II  N.  par  foi  le  v.  p.  ;  GEFD  jo  v.  p. 


318  SUITE 

donc  sospira,  puis  redist:  „iie  . . .", 
8555     d'iluec  a  pièce  noma:  „as  . , .",       û.  ûjuéJLefuc.  4- 

tôt  en  trenblant  le  dist  en  bas.  ^  aU 

La  reine  se  porpensa   /ui^^x/ult 

et  les  sillebes  asenbla. 

,Tu  m'as  dit  E  et  ne  et  as, 
8560     ces  letres  sonent  „Eneas"." 

—  Veire  veir,  dame,  ce  est  il.  — 

,Si  ne  t'avra  Turnus?"  —  Nenil, 

ja  nen  avrai  lui  a  seignor, 

mais  a  cestui  otrei  m'amor.  —   (^^ttf\xiJL 
8565        ,Que  as  tu  dit,  foie  desvee,   'îfi'^-^ 

ses  tu  vers  cui  tu  t'es  donee? 

Cil  cuiverz  est  de  tel  nature     /}>>yV/<Vf . 

qu'il  n'a  guaires  de  femme  cure; 

il  prise  plus  le  plein  mestier; 
8570    il  ne  vuelt  pas  bische  chacier, 

molt  par  aime  char  de  maslon;   ^rrjJU^ 

il  prisereit  mielz  un  garçon 

que  tei  ne  altrë  acoler. 

A  femme  ne  set  il  joer,  _     '     ^'kff**^**^ 

8575     ne  passereit  pas  al  guichet^  •^^■^^'"^^ 

molt  aime  froise  de  vallet.  'irttuMM. ,  ^\ûu> 

En  ce  sont  Troïën  norri. 

Molt  par  as  folement  choisi. 

N'as  tu  oï  comfaitement 
8580    il  mena  Dido  malement? 

Onkes  femme  n'ot  bien  de  lui, 

8554  A  puis  s.  se  r.  —  8556  DGEF  et  bas.  —  8557  Alinéa  dans  HD. 

—  8558  H  ajousta.  —  8559  A  e  puis  ne.  ~  8560  H  ce  sone  fait  ele.  — 
8561  A  Voire  d.  par  foi  cest  il,  D  V.  voire  d.  cest  il.  —  8562  H  Dont  n. 
t.  T.  —  8563  H  ja  Turnus  naurai  a  s.,  D  je  ûe  lauroi  jor  a  s.,  EF  lui  n. 
iai  je  a  s.  —  8564  H  m.  a  Heneas  doing  m.'  —  8565  sans  alinéa  dans 
yD.  —  8566  GH  a  qui.  —  8567  GE  ditel  n.  —  8568  E  que  il  nen  a  de 
f.  c,  D  na  d.  f.  g.  c;  A  femes.  —  8570  H  b.  a  ch.,  A  biset  changier.  — 
8572  H  ameroit,  D  prisera.  —   8573  A  q.  t.  ne  a.  naatre  a.;  y  ne  a.  a  a. 

—  8574  FD  a  femelle  ne  set  voler,  E  a  f.  ne  se  sot  j.;  A  o  f  —  8575 
H  de  vilain  mestier  sentremet;  GEF  ne  passeroit  pas,  D  ne  passera  mie; 
GEFDA  a  g.  ;  A  parleroit.  —  8576  H  cuises,  EF  siècle,  D  frosse.  —  8577 
H  Troyens  sont  de  ce  n. 


8585 


SUITE  319 

nen  avras  tu,  si  com  ge  eui, 

d'un  traïtor,  d'un  sodomite, 

Toz  tens  te  elamereit  il  quite,     •/-  '  Cbùz^^n-^LaruroAuxU: 

se  il  aveit  aleun  guadel;    (^cucc^rnj   ci'ux/»^  yû-ti^lv^^»^ 

ce  li  sereit  et  buen  et  bel 

quel  laissasses  a  ses  druz  faire;  ayyri.csu.^uiuj^     ourruxrrih^ 

s'il  les  poeit  par  tei  atraire, 

ne  trovereit  ja  si  estrange 
8590    qu'il  ne  feïst  asez  tel  change,  jL,cAa.A^AfL. 

que  il  feïst  son  buen  de  tei 

por  ce  qu'il  le  sofrist  de  sei; 

bien  le  laireit  sor  tei  monter, 

s'il  repoeit  sor  lui  troter.  c/^vûLUjuAjLny 
8595     II  n'aime  pas  pel  de  conin. 

De  cest  siegle  sereit  tost  fin, 

se  tuit  li  home  ki  i  sont 

esteient  tel  par  tôt  le  mont; 

ja  mais  femme  ne  concevreit, 
8600     grant  sofraite  de  gent  sereit;  cLUuJbt»^ 

l'en  ne  fereit  ja  mais  enfanz, 

li  siegles  faldreit  ainz  cent  anz. 

Fille,  molt  as  le  sens  perdu, 

quant  de  tel  home  as  fait  ton  dru, 
8605     que  ja  de  tei  nen  avra  cure; 

et  ki  si  fait  contre  nature, 

les  homes  prent,  les  femmes  lait, 

la  naturel  copie  desfait. 

Guarde,  nel  me  dies  ja  mais, 

8583  tt  8584  omis  dans  F.  E  du  t.  —  8584  E  T.  j.  ;  D  T.  t.  t.  recleime 
il  bien  q.;  A  clamera.  —  8585  H  danzel,  A  godel,  GD  cadel,  EF  wadel.  — 
8586  E  ce  li  ert  vis  asses  plus  b.  —  8587  et  8588  omis  dam  HI.  —  8589  H 
nen,  DEF  nel;  H  t.  nul.  —  8590  H  que  de  toi  ne  feist  bien  ch.;  E  ce  ch., 
E  cest  ch.  —  8591 — 8595  omis  dans  H.  G  ainz  quil  f.,  F  quil  ne  f.  — 
8592  G  poroe.  —  8593  yD  laira.  —  8594  D  trouuer;  GDEF  sil  le  repuet 
SOS  soi  torner  (E  se  il  le  p.).  —  8595  D  n.  point.  —8596  E  A  cest  s.  ;  G 
que  s.  prenderoit.  —  8598  A  erent  an  tel.  —  8599  et  8600  intervertis  dans 
EF.  E  ni  c.  -  8601  non  n.  f.,  F  or  n.  seroit.  —  8602  GEFD  faudroit  li 
s.;  G  a.  .vil.  ans,  D  a  ytant.  —  8603  Alinéa  dans  D.  —  8604  GEF  qui  d. 
t.  h.  —  8605  D  que  ja  jor  navra  de  toi  c.  —  8608  G  la  nature  al  c.  d.  —  8609 
et  8610  intervertis  dans  H.    E  dje,  G  dire;  H  gardes  que  tu  ne  laimes  m. 


320  LA  REINE 

8610     ceste  amistié  voil  que  tu  lais, 

del  sodomite,  del  coart; 

ton  corage  tome  altre  part! 

Aime  celui  ki  t'amera, 

ce  est  Turnus,  ki  set  anz  a 
8615    que  tote  a  mise  en  tei  s'entente:  ^  cjtACjt,  jL.»^ 

guarde  que  il  ne  s'en  repente.  ^^^^^ 

Se  tu  joïr  vuels  de  m'amor, 

donc  laisse  ester  le  traïtor 

et  t'amor  tome  vers  celui 
8620    dont  ge  te  pri,  si  lai  cestui, 

que  te  sereit  toz  tens  estrange. 

—  Ge  ne  puis  pas  faire  cest  change, 
ce  que  ge  voil.  —  „Nel  deis  amer." 

—  Nel  puis  en  mon  cuer  atorner.  — 
8625     «Que  t'a  forfait?"  —  Mei?  nule  rien.  — 

„Car  l'aime  donc  et  si  t'i  tien." 

—  Altre  ai  choisi,  ge  nel  puis  faire.  — 

„Si  ne  te  puez  d'amor  retraire?"   /d  y^cJk^^eyv 
fUf^—  Nage,  par  fei  n'est  mie  gas, 
8630     n'est  Cupido  frère  Eneas, 

li  deus  d'amor  ki  m'a  conquise? 

Vers  son  frère  m'a  molt  esprise! 

Quel  deffense  ai  encontre  amors? 

N'i  valt  neient  chastels  ne  tors, 
8635    ne  halz  paliz  ne  granz  fossé: 

8611  le  s.  le  c.  —  8612  EF  tome  t.  c.  —  8614  A  qui  ta  amee  .vu. 
a.  a.  —  8615  AH  qui;  GH  q.  mis  i  a  tote  s.,  EF  a  il  en  toi  mise  s.,  D 
que  a  m.  sor  toi  s.  —  8617  —  8625  omis  dans  G,  intervertis  dans  H.  — 
8618  H  lèses  e.  1.  t.,  EF  donc  naime  pas  1. 1.  —  8619  EF  sor  c.  —  8620 
EFD  p.  laisse  c.  —  8621  H  quil  te  s.  tôt  jors  estranges,  EF  que  trouue- 
roies  si  e. ;  A  cil.  —  8622  D  point;  H  tiex  changes.  —  8623  EF  se  moi 
desplaist  n.  d.  a.;  H  v.  dois  bien  a. ;  A  ne  d.  —  8624  H  je  ni  puis  m.  e. 
a.;  FD  Ne  p.;  EFD  a  m.  c;  D  atanster,  E  acater.  —  8626  AE  laimes; 
EF  si  (F  molt)  feras  bien,  GHD  et  sel  retien.  —  8627  H  si  nel;  EF  c.  ne 
puis  nient  faire  (F  jo  nel  p.  n.  f.).  —  8628  FA  se;  H  de  lui  r.  —  8629 
HAD  Nenil.  —  8632  D  si  ma  e.,  GH  ma  si  e.  —  8633  H  que  d.  nai; 
DGEF  a;  mss.,  sauf  H,  amor.  —  8634  EF  Je  nai  vers  lui  chastel  ne  tor; 
G  Ne  valent  pas;  AD  chastel,  H  chatiaus;  mss.  tor.  —  8635  H  ne  g.  p.; 
IIG  ne  haut  f.;  EF  palais. 


s'en  va  B2l 

soz  eiel  n'a  celé  fermeté     -<Ua,><-d.A^-A-AA- 

ki  se  puisse  vers  lui  tenir, 

ne  son  asalt  longues  sofrir. 

Parmi  set  murs  traireit  son  dart 
8640     et  naverreit  de  l'altre  part: 

l'en  ne  se  puet  de  lui  guarder. 

Le  Troïën  me  fait  amer, 

por  lui  me  tient  en  grant  destreit.  jiyrrUxci^'^^^.^i^ ,   p.eJ^^m^ 

Guidiez  vos  donc  que  bel  me  seit 
8645     et  que  gel  face  de  mon  gre? 

C'est  encontre  ma  volenté! 

Amors  me  tient  en  sa  baillie,  p^^M/en^ 

ne  sai  coment  gel  contredie,      crii.ùSQJL' 

ce  que  il  vuelt,  que  ge  nel  face 
8650    ne  por  destreit  ne  por  menace. 

Ki  contre  aguillon  esehalcire    J\£.AurrU>t,  j   Ai.  J\£tiAuJr 

deus  feiz  se  point,  toz  jors  l'oi  dire. 
^        .       Ge  ne  l'os  mie  correcier, 
-/grio^  A.  "^^^-^     car  del  tôt  sui  en  son  dangier.  dLerrrxl/r\.cJt^rO 
8655     Amors,  ge  sui  en  ta  baillie, 

en  ton  demeine  m'as  saisie.  jdfiprJc^Jtl 

Amors,  des  or  me  claim  par  tei.     ^)nru.  ^xttù^ruj 

Amors,  ne  faire  tel  desrei!    aa i  f^p't *^-*^^»>--i 

Plus  soavet  un  poi  me  meine!  —    cCyuùi^rr^O'^nJL 
8660    A  icest  mot  perdi  l'aleine 

et  pasma  sei;  seule  l'i  lait 

la  reine,  si  s'en  rêvait, 

en  altre  chambre  en  est  entrée. 

8636  D  nulle  f.  ;  EF  nen  a  celé  ferte.  —  8638  A  gramment.  —  8639 
et  8640  omis' dans  H.  —  8641  H  nus  n.  s.  p.  damors  g.  —  8642  G  mestuet 
a.  —  8643  A  me  met,  GHE  mi  t.  —  8644  H  vos  or;  D  que  men  b.  s.; 
EF  omettent  que.  —  8645  D  omet  que.  E  je  f.  —  8646  A  et  ancontre, 
GDH  ce  est  contre.  —  8647  A  met.  —  8648  GEF  jo  c.  —  8649  et  8650 
sont  placés  dans  EF  après  8652.  EF  je  que  veut  que  ge  le  f.;  HG  ne  f.  — 
8650  EF  et  par  estrif  (F  es  fri)  et  par  m.  —  8651  EF  Quencontre.  —  8652  GE 
toz  tans  1.  d,  D  ca  i  oy  d.,  FH  si  com  loi  d.  —  8654  E  quel  du  tout.  —  8655 
Alinéa  dans  G.  —  8656  EF  a  te  maisnie.  —  8657  Alinéa  dans  D.  —  8658 
E  faites.  —  8659  A  Amors  soef  u.  p.  m.  m.  —  8660  H  me  faut  1.  ;  D  salaine. 
—  8661  H  pasmee  sest,  D  et  pasme  s.  —  8662  D  1.  r.  et  si  s.  r.,  H  1.  r. 
qui  s.  r.  —  8663  Alinéa  dans  A;  un  autre  ch.  an,  H  en  sa  cli.  sen;  E  alee. 

Bibliotheca  Normannica  IV,  21 


â22  MONOLOGUE 

Set  feiz  s'est  Lavine  pasmee, 
8665    ne  pot  durer  n'en  repos  estre. 

El  s'en  râla  a  la  fenestre, 

la  0  amors  l'aveit  saisie; 

la  tente  Eneas  a  choisie,   irtco- 

molt  volentiers  la  reguarda 
8670    et  celé  part  son  vis  torna. 

El  n'en  poeit  son  oil  torner; 

bien  tost,  s'ele  pettst  voler, 

fust  ele  0  lui  el  paveillon; 

ne  poeit  penser  s'a  lui  non 
8675     et  rediseit  al  cbief  del  tor:    ^   ^  vjy^ 

„En  fol  leu  ai  torné  m'amor,  ^ 

ja  n'en  cuidai  aveir  corage. 

Car  te  repenz,  si  fai  que  sage. 

Foie  Lavine,  aies  mesure, 
8680    n'atorner  pas  a  ce  ta  cure, 

ne  te  puisses  d'amor  partir 

des  que  te  voldras  repentir. 

Ki  puet  amer  en  tel  manière 

ne  retorner  ainsi  ariere?  .  . . 
8685     Puis  que  Amors  m'a  si  saisie 

et  qu'il  me  tient  en  sa  baillie, 

ne  m'en  leist  mie  resortir  X.tAM>/>à^ 

ne  a  ma  volenté  partir. 

Amors  est  molt  de  mal  atrait;   CLxjAmCé^ 
8690    cui  il  prent,  a  enviz  le  lait.  ^  /LtiiAJib 

8664  H  Lavine  sest  sovent  p.,  EF  Lavine  sest  s.  f.  p.,  G  tote  sa 
Lavine  p.  —  8665  F  na  r.  —  8666  EF  si  en  rêva.  —  8669  F  le  r.  —  8670 
A  droit  c.  p.;  GDH  ses  oilz  t.,  EF  se  retorna.  —  8671  GH  ses  els  t.  — 
8672  GEF  s.  i  p.  V.  —  8673  H  f.  ele  alee,  G  f.  avolc  lui.  —  8674  HEF 
ne  puet  p.  se  a  1.  n.  ;  G  se  la  non.  —  8675  D  et  si  redist.  —  8677  H  molt 
sui  ore  de  fol  c.,  F  or  ai  jo  voir  malvais  c;  GED  ja  nen  quit;  GE  bien 
a.  c,  D  mais  a.  c.  —  8678  D  ten;  GII  repent;  EF  fais.  —  8679  Alinéa 
dans  G.  F  ai  mes  m.  —  8680  H  ne  tome  pas,  D  natome  point  ;  E  en  ce. 
E  répète  ce  vers  en  changeant  les  derniers  mots  en:  en  ceste  cure.  —  8682 
H  quant  tu,  G  tresque;  GDH  ten;  E  d.  q.  tu  voeilles  r.,  F  certes  or  as 
molt  fol  désir.  —  8683  et  8684  omis  dans  F.  —  8684  E  et  r.  ;  G  un  poi  a. 
—  8685  E  p.  quamors  m.  ainsi  s.  —  8686  H  quel,  D  qui,  EG  el.  —  8687* 
IID  laist.  —  8689  II  Ancois.  —  8690  H  et  qui  si  granz  a  anuiz  let,  GD 
et  ki  laquelt  envis  1. 1.,  EF  et  qui  le  p.  envis  1. 1. 


DE   LAVINIE  323 

Trop  l'ai  Itiissié  sor  mei  monter, 

ne  m'en  puis  mie  délivrer, 

quant  que  il  vuelt  puet  de  mei  faire; 

ne  m'i  guardai  pro  a  l'atraire, 
8695     mais  bien  me  devreit  alegier  'ûUjU,^tA^ 

et  l'orgoillos  alkes  plaissier    6f\^uxuUJji-UY         Cubatt^>JL- 

por  oui  ge  sui  en  tel  destreit. 

Amors  ne  me  fait  mie  dreit, 

quant  ge  m'en  plaing  et  il  s'en  rit; 
8700    muir  m'en,  et  li  en  est  petit. 

Mais  que  sai  ge  de  son  pensé, 

se  il  nel  m'a  si  tost  mostré, 

se  l'en  puet  il  estre  altretant 

0  plus  que  il  ne  fait  senblant? 
8705    Sages  oem  est,  si  atendra, 

des  i  que  tens  et  leus  vendra. 

Et  ge  quel  la  ferai,  dolente? 

A  mon  ^es  est  maie  l'atente,    cl   'yy-i.err^    jo^cpuiûL 

ne  puis  mie  tant  endurer,  " 

8710    ne  mal  sofrir  ne  doloser,    '^v-^jt,  çit  -ix  £^^  *^ 

si  longuement  ne  voil  mal  traire  ,  . . 

Coment  le  voldras  tu  donc  faire  ?  . .  . 

Et  ja  li  voil  faire  saveir  . . . 

Quel  mesage  porras  aveir?  .  . . 
8715    Ge  ne  quier  nul  altre  que  mei  ... 

Iras  i  tu?  ...  Oïl,  par  fei  . . . 


8691  GDH  sor  moi  1.  m.  —  8693  et  8694  omis  dans  G.  E  de  mi 
p.  f.  —  8694  D  ne  men  g.  mie  au  t.;  E  point.  —  8695  A  m.  b.  m.  redevroit 
legier,  EF  or  me  d.  b.  a.;  H  ralegier.  —  8696  H  et  1.  un  poi  p.;  EF  ploier. 
—  8697  E  par.  —  8698  D  point  de  d.,  E  nient  de  d.,  GF  mot  de  d.  — 
8699  A  me  p.;  EF  en  rit.  —  8700  A  m.  moi;  HEF  et  il  len  est  p.  — 
87U1  H  M.  je  q.  s.  —  8702  EFD  sil  ne  le  ma.  —  8703  et  8704  intervertis 
clans  D.  Il  si  len  est  il  espoir  autant  ;  EFD  sil  en  est  p.  e.,  G  il  len  est 
puet  sestre.  —  8704  G  con  se  il  en  mostrast  s.;  D  quil  nen  f.  le  s.,  E 
quil  ne  me  f.  s.;  F  nen  f.  —  8705  GD  et  a.,  E  et  si  a.  —  8706  H  lieu 
et  t.  ;  GF  aura.  —  8707  E  que  en  f.,  F  quil  le  f.  —  8708  GEF  mal.  — 
8709  A  consirrer.  —  8711  H  s.  1.  n.  voil  pas  faire,  A  se  ne  v.  1.  m.  t.; 
G  ne  1.  —  8712  E  C.  li  v.  ;  H  C.  le  veus  tu  donques  f.;  G  C.  que  poras.  — 
8713  H  a  s.  —  8715  GEDH  ni  q.;  H  ja  a.,  D  mie  a.  —  8716.DEF  omettent  i; 
D  I.  tu  o.  p.  ma  f.,  F  Iras  tu  oi  jou  p.  f. 

21* 


324  ELLE  VA   ÉCRIRE 

A  grant  honte  t'iert  ^orné  . . . 

Cui  chalt?  se  faz  ma  volenté, 

molt  m'en  iert  poi  que  l'en  en  die  ... 
8720     Toi,  ne  dire  tel  vilenie, 

que  ja  femme  de  ton  parage 

enpreigne  a  faire  tel  viltage,  'iriJj^>rJji. 

qu'a  home  estrange  aille  parler 

por  sei  oflPrir  ne  présenter. 
8725    Aten  un  poi,  ja  t'avra  il  ; 

tu  sereies  toz  tens  plus  vil, 

et  il  noalz  t'en  prisereit     iù^ 

enz  en  son  euer,  quant  il  t'avreit  .  .  . 

Que  ferai  donc?  Cèlerai  li?  ... 
8730    N'est  biens  que  il  le  sache  issi  . . . 

Et  cornent  donc?  ...  Un  poi  atent, 

li  termes  iert  prochainement 

que  la  bataille  en  estera, 

et  se  il  veint,  il  te  prendra, 
8735     dont  vendras  tu  bien  a  tôt  tens;   j-nMO^^^i^ 

sofre  un  petit,  si  sera  sens; 

et  se  il  est  morz  et  veincuz 

et  Turnus  seit  a  ce  venuz 

que  il  te  deie  a  femme  prendre, 
8740    sel  poeit  savoir  ne  entendre, 

que  eusses  cestui  amé, 


8717  GH  vilte.  —  8718  HD  sen  f.,  G  se  îaî.  —  8719  FH  est;  H  que 
quen  en  d. ,  G  que  quon  nos  d. ,  EF  quoi  que  on  d.  —  8720  E  Ja  ne 
ferai,  Il  Tes  toi  n.  d.,  D  Tais  ne  di  point,  G  Tais  va  ne  dire;  GH  tel 
folie.  —  8722  D  telle  raige,  GEH  tel  oltrage.  —  8723  EF  voist;  G  qua 
un  h.  e.  ait  p.  —  8724  GE  et  p.  —  8726  D  tous  temps  en  s.  p.  v.,  EF  il 
te  tenroit  t.  jours  por  vil;  G  il  ten  aroit;  H  un  pou  p.  v.  —  8727  H  et 
molt  n.,  EF  et  il  noians,  G  et  asses  mains;  D  et  il  demains  te  prisera.  — 
8728  H  dedenz  s.  c,  E  en  ens  s.  c.;  F  com  il.  —  8730  E  nest  mie  bien 
que  faice  ensi;  GD  n.  drois.  —  8733  F  en  naistera;  D  sera.  —  8735  H 
lors  i  vendras  assez  a  tens;  GEF  donc  i  v. ;  G  onxet  bien,  E  omet  tôt,  F 
omet  tu;  D  dont  te  vendra  bien;  DGF  a  tous  t.  —  8736  H  s.  tun  pou 
si  feras  s.,  EF  s.  un  petit  testera  s.  (F  ce  s.'  s.),  G  s.  un  poi  ce  s. 
grans  s.  —  8737  G  et  si  li.  —  8738  GEH  est.  —  8739  A  quil;  D  deigne. 
—  8740  D  se  il  puet;  E  et  il  puet  s.  ni  e.;  G  et  e.  —  8741  H  que  uses 
c.  aame,  G  qUe  c.  e.  a.;  D  que  tu  e. 


UN   BILLET   A   ÉNÉAS  325 

toz  tens  t'avreit  mais  en  vilté  . .  . 


De  ce  n'ai  ge  nule  peor, 

car  lui  n'avrai  ge  a  nul  jor; 
8745     se  Eneas  i  est  conquis 

0  par  mésaventure  ocis, 

oeirrai  mei,  ge  n'en  sai  plus; 

ja  vive  ne  m'avra  Turnus, 

por  lui  ne  quier  ge  celer  pas 
8750    que  mes  druz  ne  seit  Eneas; 

a  lui  me  tieng,  choisi  l'en  ai, 

ja  mais  d'amer  ne  li  faldrai. 

Mais  ge  ne  sai  cornent  gel  face, 

com  ge  porchaz  que  il  le  sace    J^U/^â.  ùL  '  oi>4t^rù^ 
8755    que  s'amor  m'a  en  grant  destreit; 

car  ainz  que  la  bataille  seit, 

li  voil  primes  faire  saveir; 

s'en  iert  plus  fiers  al  mien  espeir. 

Se  de  m'amor  est  a  setir, 
8760-    molt  l'en  trovera  cil  plus  dur, 

molt  en  prendra  grant  hardement, 

s'il  sot  onkes  d'amor  neient. 

Por  mei  se  devra  molt  haitier  u^ju  A^ôt-ci^ 

s'il  n'est  de  cel  malvais  mestier 
8765     dont  la  reine  le  blastenge;    ôLt^n^i. 

se  ce  est  veirs,  com  puet  s'i  prenge. 

Saveir  m'estuet,  si  com  ge  cui, 

S742  H  t.  jours  mes  t.  e.  v.,  E  1. 1.  ten  aroit  e.  v.;  A  a  v.  —  8743  A  de 
cel;  E  d.  c.  navon.  —  8744  A  lui  navrai  ge  ja  a  seignor,  E  c.  1.  nauerai  a 
nul  j.  —  8746  DGEH  et  par.  —  8748  G  ja  Lavine  nara  T.  —  8749  F  nel  q.; 
HE  quit.  —  8750  H  que  li  mien  ne  s.  e.;  D  quamis  drois.  —  8751  et  8752 
omis  dans  H.  A  o  lui;  E  et  c.  1.  {le  second  hémistiche  indistinct  dans 
G).  —  8752  D  damor.  —  8753  H  com  il  le  sache,  GD  c.  le  f.,  T  c.  que  f. 

—  8754  II  ja  ne  laure  que  ne  li  face,  D  que  porrai  faire  quil  le  sache, 
E  ne  porchacier  cornent  le  face,  G  del  porcachier  com  il  le  s.  —  8755  et 
8756  omis  dans  II.  GF  a  g.  d.  —  8757  II  certes  prochenement  s.  ;  F  a  s.  — 
8758  F  si  ert.  —  8759  et  8760  intervertis  dans  G.  EF  ert.  —  8760  H  Tur- 
nus len  t.  p.d.;  EF  troueroit.  —  8761  et  8762  omis  dans  H.  EF  prendroit. 

—  8762  G  s.  s.  d.  onques  n.  —  8763  EF  d.  rehaitier;  HD  d.  plus  h.  — 
8764  A  sil  veut  fere  malves  m.;  D  cil  nest.  —  8765  A  dune  la  raine  iel 
lostange.  —  8766  H  et  se  il  en  est;  F  voirs  est.  —  8767  H  s.  m.  encor 
encui. 


326  ELLE  APELLE 


8770 


s'il  m'amera,  se  ge  aim  lui. 

Tôt  escrivrai  en  un  brievet, 

manderai  li  par  un  foillet    ùtJ-CM^  -itM^-^-^ 

tôt  mon  estre,  tôt  mon  corage, 

asez  porchaeerai  mesage   i^-gUJu^'^.am,   cL  *  àùicjr». 

par  cui  li  trametrai  l'escrit. 

Il  savra  bien  jusqu'à  petit, 
8775     ainz  demain  nuit  savra  mon  estre." 

Adonc  leva  de  la  fenestre 

et  quist  tost  encre  et  parchemin, 

si  a  escrit  tôt  en  Latin. 

La  letre  dist  ki  ert  el  brief  : 
8780    saluz  mandot  el  premier  chief 

a  Eneas  son  chier  ami 

et  dist  après  qu'el  l'amot  si, 

ne  li  ert  mais  de  nule  rien; 

ne  j'a  n'avreit  repos  ne  bien, 
8785     s'il  n'en  pensot  prochainement.  i>^ua*  ùûxx. 

Tôt  li  descuevre  son  talent  ^ 

et  a  el  parchemin  bien  peint 

que  molt  l'angoisse  et  la  destreint 

l'amors  de  lui,  si  qu'ele  en  muert; 
8790    par  molt  grant  dolçor  l'en  requiert 

que  li  prenge  de  li  pitié 

e  l'asseurt  de  s'amistié. 

Quant  ot  escrit  ce  qu'el  voleit, 

le  brief  a  pleié  molt  estreit, 
8795    comença  sei  a  porpenser 

8768  A  quil  m.;  E  se  je  en  lui.  —  8769  EF  feuUet.  —  8770  II  en 
un  f.;  EF  brievet.  —  8771  F  t.  m.  e.  et  m.  c;  G  et  t.  m.  c.  —  8774  GDII 
lara,  F  rara;  E  omet  bien,  il  le  s.;  A  desqua  p.  —  8776  II  Lors  se,  F 
Dont  ce.  —  8777  GH  et  a  pris  e.  —  8779  Alinéa  dans  GDII.  E  questoit, 
F  qui  est;  A  dit  qui  fu.  —  8782  H  quil,  DGEF  que.  —  8783  H  de  nului  plus 
ne  li  iert  r.,  EF  que  ne  li  caloit  dautre  rien.  —  8784  D  n.  j.  naura,  EF  ja  na- 
veroit,  G  nele  n.  —  8785  GD  hasteement,  II  hastivement.  —  8786  EF  des- 
covrist,  D  descouvri.  —  8788  E  et  m.  1.  et  d.,  GF  q.  m.  pajr  1.  et  d.  — 
8789  GEFD  omettent  en.  —  8790  GE  que  m.;  y  le  r.  —  8791  et  8792  omis 
dans  GII.  D  quil  li.  —  8792  EF  et  li  otriot  ses  amistes;  A  et  la  saisi.  — 
8793  Alinéa  dans  II.  F  que  v.  ^-  8794  II  plaie  le  brief  a;  E  bien  e.  — 
8795  H  comence. 


UN  ARCHER  327 

en  cui  el  se  porrat  fier, 

par  cui  el  li  puisse  enveier. 

Ne  s'en  saveit  pro  conseillier, 

a  la  fenestre  s'en  râla, 
8800    mist  fors  son  chief,  vers  l'ost  guarda, 

et  vit  que  Eneas  veneit 

vers  la  cité,  corn  il  soleit; 

ele  en  fu  molt  joiose  et  liée. 

Il  s'arestut  une  traitiee  fienJ^jL.  cL' a\4^ 
8805     près  de  la  tor  de  l'altre  part: 

por  les  triues  n'i  ot  reguart, 

La  dameisele  a  le  brief  pris, 

environ  la  flèche  l'a  mis 

d'une  saiete  barbelée; 
8810    la  letre  fu  dedens  tornee: 

0  un  fil  estreit  le  lia. 

Un  archier  le  rei  apela. 

«Amis",  fait  ele,  „trai  mei  tost 

ceste  saiete  a  cels  de  l'ost, 
8815     ki  sont  la  jus  soz  ceste  tor; 

ici  aguaitent  tôt  le  jor, 

ge  cuit  que  ce  sont  lor  espies; 

se  les  triues  erent  faillies, 

bien  ont  vett  et  esguardé 
8820    0  il  a  meins  de  fermeté 

et  ki  peor  est  a  deffendre, 

et  par  iluec  nos  cuident  prendre." 
^Dame",  fait  il,  „  triues  i  a, 


8796  E  a  cui;  GEFH  poroit,  D  peust.  —  8797  D  le  p.,  GEFH  li 
peiist  (F  le  p.).  —  8799  DU  ala.  —  8800  II  lors  esg.,  D  dehors  g.,  F  si 
esg.  —  8802  D  si  corn  s.  —  8803  G  omet  en.  E  e.  e.  f.  lie  et  j.  —  8804 
E  si  s.  ;  G  partie.  —  8805  A  p.  de  lautre  p.  de  la  t.  —  8807  Alinéa  dans 
D.  —  8808  H  eutor  une  f.  —  8810  H  bontee.  Le  premier  hémistiche  illi- 
sible dans  A.  —  8811  HE  a  un  fil;  H  e.  tout  1.  —  8812  G  et  un  a.  en  a.  — 
8813  GEF  me  t.  —  8814  G  une  s.,  H  ceste  flèche;  HGEF  vers;  GEF 
vers  cel  ost  (EF  celé  o.).  —  8815  EF  a  ceus  qui  sont;  AE  soz  celé  t., 
F  vers  c.  t.  —  8816  F  illuec  a.,  E  que  ci  a.  —  8818  E  desque  t.  —  8820 
A  ou  il  aiiroit  moins  de  ferte.  —  8821  H  et  le  peeur  lieu,  GEF  et  u  est 
pire.  —  8822  H  car  p.  i.  —  8823  sans  alinéa  dans  HEF.    GF  f.  cil. 


328  ÉNÉE  APERÇOIT 

et  desfaiz  iert  kis  enfraindra; 
8825     n'ont  nul  reguart  ne  nos  n'avon:     L/i.tiurJt^ 

bien  l'ont  afié  li  baron." 

El  li  a  dit:  «Bien  le  puez  faire, 

ge  ne  te  ruis  pas  a  els  traire, 

por  ce  qu'en  deies  nul  ferir, 
8830    mais  por  els  faire  départir. 

Trai  devant  els  que  il  la  veient, 

ne  puet  chaleir  s'il  s'en  esfreient, 

mais  que  nen  i  ait  nul  tochié: 

molt  avrion  mal  espleitié."    ol^ 
8835     Li  arehiers  tent  son  arc  d'albor,  cuUrcrtLKi 

la  saiete  trait  de  la  tor; 

el  chaï  sus  Vor  del  fossé   Àà,  ij^yuL 

0  cil  esteient  aresté; 

près  chaï  d'els,  mais  ne  fist  mal, 
8840    ne  a  ome,  ne  a  cheval. 

Cil  se  traistrent  un  poi  en  sus, 

entr'els  le  diënt,  que  Turnus 

aveit  les  triues  trespassees 

que  il  aveient  afiëes. 
8845        Eneas  a  dit  a  sa  gent. 

nSeignor",  fait  il,  „hastivement 

voil  enveier  en  la  cité 

dont  nos  avion  setirté 

et  avion  triues  par  fei. 
8850     Quant  enfraites  les  ont  sor  mei, 

8824  H  maubaillis  iert  qui  e.,  F  d.  en  e.  ques  e.,  G  et  d.  qui  les  e.  ; 
D  qui  e.  —  8825  EF  ne  il  ne  nous  r.  n.  ;  D  et  n.  n.  —  8826  H  afie  1.  tuit; 
E  fiancie.  —  8827  HEF  Ele  respont,  D  Elle  li  dist;  EF  puis.  —  8828  A 
ne  ne;  D  je  ne  ruis  mie  a,  e.  atraire;  G  pas  als  atraire.  —  8829  E  p.  coi 
en.  —  8830  HD  m.  p.  f.  les  d.  —  8831  EF  e.  si  quil  1.  v.  ;  D  sen  voisent.  — 
8832  Le  dernier  mot  indistinct  dans  A.  —  8833  GFH  blecie.  —  8834  E  car 
donc  a.  ;  GFDH  avriez.  —  8835  Alinéa  dans  GD.  F  t.  de  1.  d.  —  8836  E 
traist.  —  8837  EF  et  c.  ;  D  elle  c.  sor  le  f.  ;  GEF  sor  1.,  A  sos  lorle  ;  G  duu 
f.  —  8838  G  assamble.  —  8839  D  p.  d.  c.  ;  H  d.  ne  fist  nul  m.  —  8840  D  a  h. 
a  pie  ne  a  ch.  —  8841  y  traient.  —  8842  D  quant  il  oyrent  q.  T.;  G  ce 
d.  —  8844  EF  que  ou  avoit  par  foi  jurées.  —  8845  sans  alinéa  dam  A.  — 
8846  H  ignelement.  —  8847  GH  a  la  c,  —  8849  et  8850  omis  dans  D.  — 
8850  GEF  enfreintes  ;  E  et  e.,  F  que  e.  ;  A  les  a  s.  m. 


LA   FLÈCHE  329 

manderai  lor  que  ne  tien  mais 

vers  negun  d'els  triues  ne  pais, 

et  s'il  s'en  vuelent  desraisnier 

qu'il  ne  l'aient  forfait  premier 
8855     et  desor  nos  la  triue  enfraite, 

la  saiete  ki  nos  fu  traite 

seit  mostree,  sel  proveron; 

s'il  le  neient  de  traïson, 

bien  mosterron  que  il  ont  tort. 
8860    Alt  uns  de  vos,  si  la  m'aport." 

Uns  d'els  corut,  et  si  l'a  prise, 

a  Eneas  l'a  el  poing  mise. 

Choisist  le  brief,  sel  deslia; 

la  dameisele  l'esguarda. 
8865     Eneas  esguarda  l'escrit, 

tôt  a  veli  que  li  briés  dit; 

en  la  letre  veit  et  entent 

que  Lavine  l'amot  forment 

et  que  segurs  fust  de  s'amor, 
8870    car  ja  n'avreit  altre  seignor. 

Tôt  a  vett  quant  que  manda,     -^ùuJL  ca  V^*- 

molt  s'en  fist  liez,  bien  le  cela: 

ne  volt  que  sa  genz  le  setist 

ne  que  nus  d'els  s'apercetist. 
8875    Devers  la  tor  s'en  retorna. 

Lavine  vit  ki  l'esguarda, 

baisa  son  deit,  puis  li  tendi, 

et  Eneas  bien  l'entendi, 

que  un  baisier  li  enveiot, 

8851  F  nés.  —  8852  II  envers  nul  d.;  D  devers  euz  ne  t.  n.  p.;  G 
trive.  —  SS53  H  et  se  il,  D  et  sil  le  v.,  E  et  sil^en  v.  —  8855  H  desus. 
—  8856  H  por  1.  s.  qui  f.  t.  —  S857  H  si  les  p.,  GEE  sis  p.  —  8858  H 
touz  ensemble,  D  se  fii  traite.  —  8859  E  b.  monstreront  qui!  ont  a  t.  ;  G 
prouerons.  —  8861  EF  Li  uns  e.  —  8S62  E  u  p.  la  m.  —  8863  HEF  Le 
brief  ch.  ;  A  ses  d.  —  8864  H  la  pucele  le  regarda.  —  8865  Alinéa  dans 
GD.  Il  esgarde,  DGEF  regarda.  —  8866  GEFH  bien  av.  —  8867  EF  par 
1.  1.  —  8868  DH  laime.  —  8871  HE  quant  quel.  —  8872  H  en  fu  1.;  E  si 
le  c.  —  8873  Illisible  dans  A.  H  que  nul  des  1.  s.  —  8874  H  se  naper- 
cust,  E  laperceust,  F  sen  pereheust.  —  8875  HE  se  r.  —  8876  A  quil  1., 
GH  si  1.  —  8877  EF  s.  d.  b.;  y  si  1.  t. 


330  l'amour  s'empare 

8880    mais  nel  senti,  ne  il  nel  sot, 

de  quel  savor  ert  li  baisiers; 

il  le  settst  molt  voleutiers. 

Tels  cent  l'en  enveia  le  ior, 

de  la  0  ele  ert  en  la  tor; 
8885     onkes  ne  sot,  que  il  saveient, 

que  dusque  lui  ne  parveneient. 

Il  l'esguardast  molt  dolcement, 

s'il  ne  s'atarjast  por  sa  gent; 

ne  reguardot  pas  de  dreit  oil. 
8890    Celé  cuidot  que  fust  orgoil 

et  qu'il  ne  la  deignast  amer. 

Quant  il  la  voleit  esguarder, 

si  eomençot  de  l'altre  part, 

et  puis  conduieit  son  esguart 
8895     des  i  que  endreit  li  veneit, 

en  icel  point  ses  oilz  teneit, 

tant  com  poeit  li  afichot,   •lû^^ùh 

en  trespassant  la  reguardot.    p£t^,^Ar^ 

Maint  senblant  se  firent  d'amor. 
8900     Quant  vint  a  l'avesprer  del  jor, 

si  s'en  retorna  Eneas, 

vers  l'ost  s'en  ala  tôt  le  pas,    hyut  cLl  Jjuiuk- 

la  cité  reguardot  sovent 


8880  H  n.  m.  savoit  ne  pas  ne  s.,  D  m.  il  nel  sent  ne  ne  le  s.,  GF 
ne  mais  savoir  pas  ne  pooit.  —  8882  EF  sentist.  —  8883  EF  en  env.  — 
8884  A  omet  de,  la  ou  ele  estoit  e.  1. 1.,  E  de  la  u  ert  ens  e.  1. 1.  —  8885 
EF  aine  ne  senti.  —  8886  HEF  ne  jusqua  lui;  G  ne  de  quel  savoir  il 
estoient.  —  8887  A  lesgardot,  D  esgarda.  —  8888  D  mais  il  satarja,  GH 
sil  ne  sen  tarjast,  F.  s.  n.  se  tarjast;  A  la  g.  —  8889  H  ne  lesg.,  EF  ne 
nesg.,  G  ni  r.;  D  point,  ies  vers  8889 — 8894:  sont  en  partie  illisibles  dans 
A.  —  8890  D  Elle;  GH  C.  li  tornoit  a  o.  —  8891  H  cuidoit  ne  1.  d.  — 
8892  H  deiguoit;  EF  Q.  il  v.  vers  li  g.;  GHD  regarder.  —  8893  et  8894 
omis  dans  H.  —  8894  DG  regart.  —  8895  H  dolente  en  iert  molt  len  pe- 
soit.  —  8896  et  8897  intervertis  dans  F.  H  toute  voies  ses  eulz  tenoit.  — 
8897  H  vers  lui  et  tôt  iors  lesgardot;  E  si  a.  —  8898  H  et  de  samor  la- 
seurot.  —  8899  Alinéa  dans  GH.  H  Molt  s.  f.  s.  d.  ;  A  i  f.  ;  EF  le  jor.  —  8900 
D  a  a  de  cel  jor;  EF  qui  (E  et)  molt  pleurent  al  dieu  damour.  EF  ajoutent 
deux  vers.  V.  les  notes.  —  8901  G  repaira;  EF  quant  avesprer  vit  E.  — 
8902  H  sen  aloit,  A  chevalche  ;  EF  si  sen  repaire  a  lost  1.  p.  —  8903  D  esg. 


DU  COEUR  d'énée  331 

et  donc  rediseit  a  sa  gent 
8905     que  molt  par  esteit  la  tors  bêle: 

plus  le  diseit  por  la  pucele 

qu'il  ne  faiseit  por  la  maisiere. 

Al  paveillon  revint  ariere, 

il  deseendié  devant  sa  tente; 
8910     ses  corages  ert  a  Laurente: 

amors  por  la  fille  le  rei 

l'ot  molt  tost  mis  en  grant  esfrei. 

Onkes  ne  li  tint  de  mangier, 

de  hait  vespre  s'ala  eolchier, 
8915     molt  li  delitot  a  penser 

et  son  corage  a  recorder 

com  la  pucele  l'esguardot, 

kl  les  baisiers  li  enveiot. 

Tôt  ot  noté  en  son  corage 
8920    et  son  senblant  et  son  visage; 

al  cuer  l'en  toche  grant  dolor. 

Cupido,  ki  ert  deus  d'amor 

et  ses  frère  charnels  esteit, 

en  sa  baillie  le  teneit; 
8925     onc  nel  laissa  la  nuit  dormir, 

ainz  li  fist  faire  maint  sospir. 

n  se  degetë  et  estent, 

tome  et  retorne  molt  sovent; 

onkes  la  nuit  nen  ot  someil: 
8930     amors  l'ot  mis  en  grant  trepeil,    û.aô^c«A.<w^ 

amors  le  faiseit  trespenser,  ruuUjLcki^ 

amors  le  faiseit  tressuër  J^i^JrUiéÛAtJiJ 

8904  HE  et  puis,  D  et  lor.  —  890H  A  tôt  1.  d.,  E  mais  plus  le  dit.  — 
8907  A  que.  —  8908  EF  dusca  sen  tref.  —  8909  H  si  d.,  E  et  d.  —  8910 
D  s.  corage  estoit.  —  8911  Alinéa  clans  D.  —  8912  H  la  m.  t.;  E  1.  mis 
en  molt  très  g.  e.;  G  fort  e.  —  8913  et  8914  omis  dans  H.  —  8914  D 
ala.  —  8915  H  m.  se  d.  —  8916  DEH  en  s.  e.;  F  remenbrer.  —  8917  E 
ou  1.  p.  —  8918  H  ses  b.;  D  b.  ne  e.  —  8919  H  tôt  a  escrit.  —  8921  A 
U  t.  la  d.;  DGH  touchoit;  D  g.  doucor.  —  8922  EFHD  est.  —  8923  H  qui 
ses  f.  —  8925  GEF  aine;  E  ne  1.  —  8926  A  molt  1.  f.;  H  traire.  —  8927 
G  deieta;  E  sestent.  —  8931  Alinéa  dansD.  D  tressuër,  —  8932  D  tres- 
penser 5  H  et  sanz  trop  grant  chaut  t.  —  8933  GDH  tressalir. 


332 


SES   SOUFFRANCES   ET 


ûiAuUùrnmaSQSh 


lAU. 


8940 


8945 


8950 


8955 


8960 


et  refreidir  et  espasmir 

et  sospirer  et  tressaillir. 

Amors  l'arguë  et  eomuet,  ÛLùuUt- ,  i-i^ûi/eL 

tressait  que  reposer  ne  puer; 

en  son  séant  se  rest  asis, 

molt  esteit  mornes  et  pensis 

et  rediseit  en  son  corage: 

„  Amors  me  fait  molt  grant  oltrage, 

ki  me  meinë  en  tel  manière:   ^Kcûj^ 

soz  ciel  n'a  si  vil  chamberiere 

que  il  menast  plus  a  desrei  oUU^-^J^xd,    c^rdu^ 

ne  plus  vilment  que  il  fait  mei,  ^ 

ki  sui  ses  frère  et  il  est  miens. 

De  lui  me  dettst  venir  biens, 

tôt  mal  me  fait  et  tôt  me  mate;  4uj^ 

veirs  est  que  privez  mal  aebate. 

Amors,  nen  ai  vers  tei  rados,  ^^^u^-ù^fJ ,  QOAA'rA 

tu  ne  me  lais  aveir  repos,  ^ 

nus  oem  estranges,  par  ma  fei, 

n'eust  noalz  que  ge  vers  tei.    /o^^ 

Tu  m'as  de  ton  dart  d'or  navré, 

mal  m'a  li  briés  enpoisoné 

qu'entor  la  saiete  trovai. 

Por  fol  le  lis,  mar  le  baillai: 

ja  m'en  deveie  ge  clamer  Tn,  *  ,4^»  £ilal^cL>u, 

et  cels  de  la  de  ce  reter  ùxJuj^tM^i  -blci^mJLrJ 

qu'il  aveient  la  pais  enfraite 

por  la  saiete  ki  fu  traite  . .  . 

Tais,  Eneas,  or  as  tu  tort  . .  . 


8933  GHD  tressailler.  —  8934  GH  espamir.  —  8935  GEFH  largua;  H  1. 
le  c.  —  8938  H  mornet  esbahis  et  p.  —  8941  EF  demeine.  —  8942  G  na  s.  c. 
—  8945  y  si  (F  qui)  s.  s.  frères  et  il  miens;  GEH  si  s.  —  8947  H  grant  mal 
m.  f.  trop  fort  me  m.  —  8948  A  prie;  D  je  lachate.  —  8949  Alinéa  dans  G. 
D  A.  nai  vers  toi  nul  r.,  y  A.  jo  nai  vers  t.  r.  —  8950  EF  omettent  tu,  ne  me 
laissies.  —  8952  D  n.  mains;  GDH  que  jay  v.  t.;  H  de  t.  —  8953  G  mon.  — 
8954  H  mar;  D  emprisonne.  —  8955  A  quant  1.  s.  t.  —  8956  H  molt  fis  que 
fous,  A  p.  f.  lo  sui,  EF  corn  fol  le  lis,  G  p.  f.  le  fis,  D  p.  f.  me  tieng;  DH  quant 
1.  b.,  AG  mal  1.  b.  —  8957  GD  me  ;  EF  deusse.  —  5958  D  et  c.  d.  1.  recereter, 
F  et  c.  d.  le  decoureter.  —  8959  H  qui  a.  ;  GFH  la  triue  e.  —  8959  et  8960 
intervertis  dans  G.  —  8960  A  par  1.  s.  —  8961  Alinéa  dans  D.  EF  Taiste. 


SES   PLAINTES  333 

Cornent?  Ge  sui  navrez  a  mort! 

Cornent  tairai?  Com  puet  remaindre, 

ki  batuz  est,  qu'il  ne  s'ost  plaindre? 
8965    La  saiete  ki  traite  fu, 

m'a  malement  el  cuer  fera  ... 

Tu  menz,  molt  chaï  loing  de  tei  ... 

Ele  aporta  ma  mort  o  sei, 

angoissosement  me  navra  . . . 
8970    Ne  ses  que  diz,  ne  te  tocha  .  .  . 

Non  veir  .  .  .  Cols  ne  plaie  n'i  pert  . . . 

Mais  li  brievez  ki  entor  ert, 

m'a  molt  navré  dedenz  le  cors  . . . 

Et  li  cuirs  est  toz  sains  defors; 
8975     li  briés  coment?  ...  Ja  me  mostra 

ce  que  Lavine  me  manda  . . . 

Donc  n'es  tu  altrement  navré 

se  del  brief  non  ki  t'a  mostré 

que  Lavine  te  vuelt  amer? 
8980     Ge  non  ...  Ne  t'en  deis  pas  clamer,     -h  'jLfr^  ^UA^urt.A''^^ 

Ki  te  fera  dreit  del  foillet? 

Lais  ce  ester,  si  t'entremet 

et  si  pense  de  ta  bataille. 

Ne  sai  que  ceste  amors  te  vaille, 
8985     car  se  tu  veinz,  tu  puez  saveir 

que  donc  la  t'estuet  il  a  veir;  , 

se  veincuz  est,  si  l'as  perdue, 

si  en  fera  altre  sa  drue  .  .  . 

Ce  est  tôt  veir,  mais  nequedent  fiai-^A^^tt/^ 

molt  m'a  doné  grant  hardement:  c^tuajXao^ 

ne  cuit  qu'uns  cors  de  chevalier 


8990 


8963  H  com  se  t.  —  8964  H  quest  b.  qui  ne  sose  p.,  E  que  bastus 
ne  sose  pi.;  GFH  qui  ne.  —  8966  GF  laidement;  A  cors.  —  8967  H  t. 
m.  ainz  ch.  près  de  t.  —  8968  A  aportot.  —  8973  G  entor  1.  c.  —  8974  EF 
cuers,  G  bries  ;  D  e.  s.  dedefors.  —  8975  et  8976  omis  dans  A.  F  La  m. 
m.  —  8977  EF  d.  nas  tu  autre  enfermete.   —   8978  HD  fu  m.,  G  test  m. 

—  8979  H  se.  —  8980  H  De  ce  ne  te  d.  ja  c;  EF  l^aje.  —  8981  GEH 
feroit;  GH  brievet.  —  8982  yD  Lai  ce  e.,  A  Laisse  e.  —  8983  GEF  la  b. 

—  8985  A  ce  p.  —  8986  GEH  que  Lasùne  t.  a.,  F  que  donskes  le  t.  a.  — 
8987  D  e.  tu  las  p.  —  8989  H  bien  v.  —  8991  cors  indistinct  dans  A.  D 
quencors. 


334 


SES 


8995 


vers  mei  la  puisse  desraisnier.  dûAr^AA-»  ùm^  iuM 

Molt  par  li  dei  saveir  buen  gré 

qu'el  m'a  primes  amor  mandé, 

et  molt  me  métrai  a  grant  fais,   'Tw-i-  ûLânt^'TLAAU 


dc^  Axk. 


ainz  que  la  perde  et  que  la  lais  . 

Et  nequedent  femme  est  molt  sage 
JUrr^MÀ/rj^J    d'engignier  mal  en  son  corage; 

il  puet  bien  estre  que  Turnus 
9000    a  de  s'amor  o  tant  o  plus, 

et  qu'ele  est  a  seiir  de  lui; 

parler  pueent  ensenble  andui, 

s'amor  li  a  puet  estre  ofert 

si  com  a  mei  tôt  en  apert; 
9005     une  chose  nos  fait  entendre, 

al  quel  que  la  viegnë  a  prendre, 

que  ele  l'ait  anceis  amé; 

del  quel  ki  l'ait  vuelt  aveir  gre; 

femme  est  de  molt  maie  veisdie  . . 
9010    Or  ai  pensé  grant  félonie; 

el  m'a  mandé  tôt  son  talent 

par  son  escrit  priveement 
.    et  mostree  m'a  la  dolor, 

le  mal  qu'ele  trait  por  m'amor.    Jlla,»uj^40 
9015    Ge  cuit,  se  ele  ne  sentist 

tels  angoisses,  ja  nel  deïst: 

ne  puet  parler  d'amor  neient 


/U.ùf\. 


'^jU.^nruU^ 


8992  D  la  peust  envers  d.  ;  E  le  puist,  F  le  peust  ja;  G  repairier.  — 
8993  EFDH  len  d.  —  8994  H  qui,  D  quant  ;  E  que  premier  ma  samor  m.  ; 
G  a.  p.  m.  —  8995  EF  et  molt  en  souflferai  g.  f .  ;  y  men  ;  HD  en  g.  f.  — 

8996  H  p.  ne  ne  les,  D  prende  ou  que  1. 1.,  F  p.  ne  le  1.,  G  p.  ne  quel  1.  — 

8997  H  Et  neporquant,  GEFD  Mais  n.  —  9000  EDGII  altant  op.—  9002 
G  p.  em  p.  —  ^^^"il Alinéa  dans  H.  H  s.  li  a  espoir  o.,  EF  s.  p.  e.  li  oferte  ; 
A  testre.  —  9004  EF  si  corne  moi  t.  e.  aperte.  —  9005  H  bien  puet  e.  quel 
fet  e.  ;  GEF  or  cest  eure,  D  a  ceste  eure.  —  9006  A  liquels  ;  H  qui  ja  la  doie  p., 
GD  quele  v.  a.  p.,  ÉF  q.  v.  de  li  p.  (F  vendre).  —  9007  et  9008  inter- 
vertis dans  II.  E  soit,  G  la.  —  9008  HF  quele  a.,  E  que  soit.  —  9009  Ali- 
néa dans  DF.  E  omet  molt.  —  9010  G  pensée  f.  ;  DEF  vilenie.  —  9011 
D  Elle  m.  m.  s.  t.  —  9013  H  sa  d.  —  9014  A  que  ele  t.  por  moie  a.; 
GHD  p.  amor.  —  9015  E  se  ele  je  c,  D  g.  c.  que  selle;  H  nel  s.  —  9010 
F  tele  angoisse;  E  ne  d. 


PLAINTES  335 

ne  dire  rien,  ki  ne  s'en  sent. 

Bien  ai  el  brief  apereeti 
9020    ki  par  engin  tramis  me  fu, 

que  molt  se  duelt  et  molt  se  plaint; 

ge  ne  cuit  mie  qu'ele  n'aint  .  .  . 

Si  fait . .  .  Par  fei,  mais  ne  sai  cui  . . . 

Puet  estre  qu'ele  aime  celui 
9025     qu'ele  puet  veeir  chascun  jor, 

et  ce  qu'ele  sent  por  s'amor 

me  fait  entendre  qu'est  por  mei  ... 

Fereit  le  ja?     Ne  sai  por  quel; 

ne  cuit  neient,  s'el  ne  m'amast, 
9030    que  ele  ja  le  me  mandast. 

Bien  puis  saveir  des  l'altre  jor, 

que  primes  fui  desoz  la  ter, 

a  ce  que  tant  me  reguardot, 

de  si  buen  oil,  qu'ele  m'amot; 
9035     des  i  donc  m'en  aperceiîsse, 

se  ge  d'amer  vilains  ne  fusse; 

ne  saveie  que  ce  esteit: 

onc  ne  fui  mais  en  tel  destreit; 

se  ge  ettsse  tel  corage 
9040     vers  la  reine  de  Cartage, 

ki  tant  m'ama  qu'el  s'en  ocist, 

ja  mes  cuers  de  li  ne  partist; 

ne  la  guerpisse  en  mon  vivant, 

se  ge  seiisse  d'amor  tant, 

9018  A  qui  ne  aime  et  qui  nen  s.,  EF  de  le  verte  qui  ne  le  s.  ;  H  sel  ne 
s.  —  9021  GEF  sen  p.;  GD  sen  d.  —  9022  EF  ge  ne  croi  pas;  E  quele  ne 
raint;  FA  maint.  —  9023  EF  Ele  aime  bien  m.  n.  s.  c.  ;  A  mais  fiz  ne  sui.  — 
9024  A  que  p.  e.  car  neint  celui,  D  p.  ce  e.  que  cest  celui,  H  p.  ce  e.  aime 
celui  ;  G  sestre,  —  9025  A  met  ici  le  vers  9032,  mais  s'est  corrigé.  D  omet  les 
vers  9025—9031.  —  9026  G  quel  s.  por  soie  a.  —  9027  H  cest.  —  9028  A 
Fera;  H  n.  s.  par  foi.  —  9029  Je  ne  cuit  pas  seul  ne  m.;  GF  ne  croi  n.;  E 
sele  mamast.  —  9030  EF  que  e.  ensi;  G  ne  me  m.  —  9031  EF  peu  s.,  GH 
poi  s.;  EF  très  1.  j.  ~  9032  A  quant.  —  9034  omis  dans  E.  A  o.  s.  b.  o., 
G  poi  jo  savoir.  —  9035  H  des  lores,  EF  dieus  sadont  (F  adont),  D  des 
lors  bien.  —  9036  E  se  jour;  H  damors  v.  —  9038  EFH  ainz,  DG  aine; 
G  ainz  mes  ne  fui;  HDG  a  t.  d.  —  9039  D  se  ge  en  e.  —  9041  HF  quele 
s.,  DE  que  s.  o.  —  9042  HG  ja  mes  cors  del  sien.  —  9043  y  a  m.  v. 


336  SES 

9045     com  ai  des  ier  matin  apris. 

Molt  m'en  est  plus  bels  cist  païs 

et  molt  m'en  plaist  ceste  contrée; 

molt  par  fis  ier  bêle  j ornée, 

quant  m'arestui  desoz  la  tor 
9050    0  ge  recoilli  ceste  amor; 

molt  en  sui  plus  et  forz  et  fiers, 

molt  m'en  combatrai  volentiers; 

quant  de  s'amor  m'a  fait  le  don, 

molt  me  métrai  en  abandon    -^nx  '  .£»vaaa£a4^  ^ 
9055    0  de  la  mort  o  de  la  vie;  "   àj-^t^j  /u. 

hardement  me  donc  m'amie. 

Se  Turnus  la  vuelt  desraisnier  Qùuûrri^  â^  Jiu. 

molt  le  cuit  forment  chalengier,  cLûc/^^Jf^^ 

molt  li  cuit  rendre  grant  estor; 
9060    quatre  mains  m'a  doné  amor. 

Amors  molt  fait  orne  hardi, 

amors  molt  tost  l'a  enaspri.  o^cXj^ 

Amors,  molt  dones  vasalages! 

Amors,  molt  faiz  creistre  barnages! 
9065     Amors,  molt  es  de  grant  eflforz! 

Amors,  molt  es  reides  et  forz! 

Amors,  tu  m'as  molt  tost  conquis; 

en  poi  d'ore  m'as  si  sorpris 

que  ge  ne  puis  repos  aveir. 
9070    Coment  le  porra  el  saveir, 

que  ge  li  ai  tôt  otreié 

ma  druërie  et  m'amistié? 

Manderai  li?  ...  Tais,  fols,  ne  faire, 

9045  A  iai.  —  9046  H  plus  biau  men  est  tôt  cest  p.  —  9047  EDH 
et  mielz;  GFDH  me  p.  —  9048  GH  bone  j.  —  9049  E  jarestai,  F  arestai; 
D  dessor.  —  9050  D  o.  g.  ciiilli.  —  9052  A  me  c;  HEF  combatre  men 
plus  V.,  G  et  plus  c.  V.  —  9053  A  me  f.  —  9054  H  tout  m.  m.,  EF  or  m. 
m.;  A  m.  men  m.  ainz;  GD  a  a.  —  9055  D  ma  m.;  GH  ma  m.  o  de  ma 
vie.  —  9056  GEH  ma  done  ;  F  hardiement  ma  doce  a.  —  9057  II  cha- 
lengier. —  9058  HEF  je  la  c.  ;  H  molt  bien  desrenier,  G  griement  c.  — 
9059  H  len  cuit;  G  fier  e.  —  9061  D  lome;  DEF  fais.  —  9062  A  a.  la 
m.  t.  anaspri;  II  mas,  D  as,  EF  las.  —  9063  et  9064  viennent  dans  GH 
après  9066.  G  done;  A  vasalages.  —  9064  A  corages.  —  9068  G  a  molt 
fort  ore  si  ma  pris;  D  si  m.  s.  —  9071  H  cou  ge. 


i 


PLAINTES 


337 


ne  la  deis  pas  sor  tei  atraire, 
9075     ne  faire  tel  senblant  d'amor 

dont  te  repentes  alcun  jor  ... 

Ge  ne  m'en  cuit  ja  repentir  ... 

Ne  faire,  on  se  deit  molt  eovrir; 

ne  deit  pas  tôt  son  cuer  mostrer 
9080    a  femme,  ki  la  vuelt  amer; 

un  poi  se  face  vers  li  fier,    4^  Z*-^^'^ 

que  de  l'amor  ait  le  dangier,       dcrrrUyruiJxje»} 

car  se  la  femme  le  saveit 

qu'el  fust  desus,  il  s'en  plaindreit. 
9085    L'en  deit  femme  faire  doter,  c/iairuUAjL. 

ne  li  deit  l'en  pas  tost  mostrer 

come  l'en  est  por  li  grevez;  aCLàoLù/u-aU^i^ 

de  tant  aime  ele  plus  asez  . .  . 

Ce  est  tôt  veir,  mais  nequedent, 
9090     s'ele  ne  set  de  mon  talent 

et  que  ge  l'aim  en  tel  manière, 

ge  criem  que  el  resort  ariere.   4J-  j\jLih,£LtJ^ 

Se  ge  s'amor  pert  a  mon  tort, 

bien  avreie  deservi  mort. 
9095    Dolce  amie,  bêle  faiture,  -/y-x^yy^^ 

vostre  amors  m'a  mis  a  niesure, 

por  vos  me  plain,  por  vos  me  doil; 

ier  m'esguardastes  de  tel  oil 

que  tôt  le  cuer  m'en  tresperça." 
9100    Donc  l'en  sovint,  si  se  pasma 

et  reehaï  el  lit  ariere. 


9074  D  mie  a  toy  a.,  EF  pas  ensi  a.  —  9076  EF  a  nul  j.  —  9077  et 
9078  omis  dans  A.  H  Ne  ne  m.  c.  —  9078  H  mes  home  se  d.  m.  c,  D 
homme  s.  d.  m.  bien  c;  FG  sen.  —  9079  G  pas  lom  s.  c.  m.  —  9080  GH  a 
f.  que  il  doit  a.,  EF  a  le  f.  quil  (F  que)  v.  a.,  D  que  il  veut  a.  —  9081  G  de 
li  f.  —  9083  F  f.  len  avoit.  —  9084  A  quil  f.  desoz  et  se  p.  ;  EF  quele  fust 
sus.  —  9085  EF  Femme  d.  1.  faire  d.  ;  D  faire  f.  —  9086  DE  tout.  -  9087 
D  coment  ;  EF  die  li  quest.  —  9088  E  laime  eles  ;  F  tant  le  aime  p.  a.  — 
9089  H  neporquant.  —  9090  A  se  el.  —  9091  GHD  de  t.  m.  —  9092  H  quel 
ne  sen  traie  a.;  EF  que  sen  r.,  D  que  se  r.,  G  quele  r.;  ADG  resorte.  — 
9093  G  par  m.  t.,  A  an  m.  t.  —  9094  D  b.  auroi  d.  la  m.  —  9095  Alinéa 
dans  GHD.  —  9096  Indistinct  dans  A,  v.  a.  ma  tarte  (?)  sanz  m.  —  9097 
A  por  ce;  D  et  si  me  d.  —  9100  HD  Lors.  —  9101  A  r.  iluec  a. 

Bibliotheca  Xormannica  IV.  22 


338  LaviIste  en  colère 

Tote  nuit  fu  en  tel  manière 

que  il  nen  ot  bien  ne  repos, 

ne  por  dormir  n'ot  son  oil  clos. 
9105    Tote  la  nuit  fu  en  dolor, 

ne  li  amenda  pas  le  jor;    cUJLû,  yrùjuju^ 

s'il  ot  la  nuit  devant  maltrait, 

le  jor  après  noalz  li  vait. 

One  ne  pot  monter  en  cheval, 
9110    a  sa  gent  dit  que  il  a  mal; 

environ  lui  plorerent  tuit, 

en  l'ost  nen  ot  le  jor  déduit, 

ne  il  n'i  ot  ris  ne  joë; 

molt  par  furent  tuit  esfreé; 
9115    près  ert  del  jor  de  la  bataille, 

il  criement  qu'en  lui  ne  défaille 

et  que  il  ne  se  puisse  aidier, 

quant  il  en  avra  le  mestier. 
Lavine  fu  sus  en  la  tor; 
9120    bien  matinet,  oël  al  jor,   ^^  yrl^rr^  ^c^rryn^  eu, 

revint  a  la  fenestre  ester,  ^ 

vers  l'ost  comença  a  guarder, 

savoir  se  el  verreit  son  dru. 

Molt  longuement  a  atendu 
9125     s'il  la  vendreit  ja  reguarder 

la  0  se  soleit  arester. 


9103  et  9104  omis  dans  A.  D  not  ne  bien;  G  quil  n.  o.  ne  bien.  — 
9104  H  navoir  1.  c,  G  nen  ot  1.  c.  —  9105  GEH  dolors.  —  9106  GEH 
n.  1.  a.  prou  li  jors;  H  aleja.  —  9107  GH  sil  ot  eu  le  nuit  traval.  — 
9108  GH  il  ot  le  jor  (G  et  1.  j.  ot)  assez  noal.  —  9109  H  sus  c,  EF 
sor  c,  GD  al  c.  —  9110  H  dist;  HI  quil  avoit  m.  —  9111  D  ploroient, 
F  por  orent.  —  9112  F  e.  1.  en  ont;  H  norent  le  j.  d.,  6  n.  o.  point  d.  - 
9113  HF  ne  ni  ot  ne,  E  il  ni  ot  ne.  —  9114  EF  ains  estoient  molt  e.; 
G  m.  en  f.  —  9115  H  est;  y  li  jors.  —  9116  H  peor  ont,  D  si  c,  G  et  c, 
EF  et  cremoient  ;  GEFH  que  en  (EF  quen)  lui  ne  faille  ;  A  que  en  1.  d.  — 
9117  DF  et  quil;  EF  puist;  F  et  quil  ja,  E  et  que  il.  —  9118  H  q.  i. 
vendra  au  grant  m.,  E  au  jour  quil  en  a.  m.;  D  auront.  —  9119  sans 
alinéa  dans  EH.  F  fu  en  en  1.  t.  —  9120  H  Au  m.;  H  au  fil  del  j.,  D 
au  point  du  j.,  F  ades  le  j.,  G  com  vint  al  j.  —  9121  F  et  vint,  G  sen 
vint;  D  sa  f.—  9122  H  comence  a  regarder.  —  9123  F  vera.  —  9124  DH 
la  a.;  A  antandu.  —  9125  et  9126  omis  dans  H.    A  la  r.;  D  esgarder. 


CONTRE   ÉNÉE  339 

Quant  ele  veit  qu'il  ne  repaire, 

molt  a  grant  duel,  ne  set  que  faire, 

crient  que  s'amor  ait  refusé. 
9130     „Ce  est",  fait  ele,  „verité, 

que  ma  mère  m'a  de  lui  dit; 

de  femme  li  est  molt  petit, 

il  vuelt  le  déduit  de  garçon, 

n'aime  se  masles  putains  non. 
9135     S'un  Ganimede  a  avuee  sei, 

asez  li  est  or  poi  de  mei; 

il  est  molt  longuement  en  ruit,  /iujL 

as  garçons  meine  son  déduit; 

quant  a  mené  o  els  son  galt, 
9140    de  nule  femme  ne  li  chalt. 

Buer  sera  or  la  femme  née   ûûuu^   -^^>v  'i^fy-Jsa^uuV 

ki  a  tel  home  iert  mariée! 

Molt  avra  de  lui  bel  confort 

et  bêle  amor  et  bel  déport:  a/mM^M^vr%e..,^né^  ,    ^^'^ 
9145    il  l'espargnereit  longuement, 

ne  l'en  prendreit  longues  talent. 

Bien  vei  que  de  femme  n'a  soing; 

il  n'a  de  tel  déduit  besoing; 

onc  puis  que  sot  quel  vols  amer 
9150    ne  deigna  celé  part  guarder; 

puis  qu'il  me  vit  a  la  fenestre, 


9127  G  q.  ne  le  v.  nil  ni  r.  —  9128  H  dolente  en  est.  —  9129  EF 
crient  qu'il  ne  laint  ne  soing  nen  ait,  G  que  samor  nait  crient  refuse;  H 
refusée.  —  9130  EF  par  foi  dist  ele  mal  ai  fait,  H  cest  f.  el  v.  provee. 
EF  ajoutent  deux  vers.  V.  les  notes.  —  9131  E  corne.  —  9133  H  1.  d. 
aime,  A  il  voldroit  d.  ;  EF  dun  g.  —  9134  H  n.  se  geune  potriau  non,  EF 
jovenchiaus  a.  feme  non;  G  naimes;  AD  maies.  —  9135  et  9136  omis  dans  H. 
GF  se  un  garçon,  E  Se  g.  —  9136  G  e.  petit  de  moi.  —  9138  A  a  garçon.  — 
9139  EF  q.  mené  a  a  aus  senfant,  G  q.  a  a.  m.  ses  fais.  —  9139  et  9140  omis 
dans  H.  D  sault.  —  9140  AD  ne  n.  f.  ;  G  molt  11  est  pou  de  femes  mais; 
D  chault.  —  9141  H  Bon;  A  dame.  —  9142  GF  t.  gent.  —  9143  H  car  de 
lui  a.;  GEFD  auroit;  A  bon  c.  —  9144  H  et  biau  solaz,  DE  et  bonne  a. 
—  9145  et  9146  intervertis  dans  H.  H  sil  1.,  F  il  esp.  ;  A  espamera.  — 
9146  H  poi  li  ferait  de  son  talent,  EF  nen  aroit  gaires  de  t.  (F  quil  na- 
roit);  GEFD  gaires.,  A  prendra.  —  9147  H  quil  na  de  f.  s.,  F  que  des- 
fense  n.  s.  —  9149  GEH  aine,  F  ains;  y  quil.  —  9150  F  p.  que  m.  v. 

22* 


Mo  ÉNÉË   SE   MONTRE 

que  li  ai  fait  saveir  mon  estre, 

n'i  estetist  il  a  nul  fuer:   ùaI^ 

de  mei  veeir  ot  mal  al  cuer. 
9155     Molt  me  prisast  mielz  Eneas, 

se  g'eiisse  fenduz  les  dras 

et  qu'etisse  braies  chalciees  -^-lA-û^  cÀûmuujij^ 

et  lasnieres  estreit  liëes.   éa.'rûjL^^x^ 

Il  a  asez  garçons  o  sei, 
9160    le  peior  aime  mielz  de  mei, 

fendue  trueve  la  chemise; 

maint  en  i  a  en  son  servise, 

lor  braies  sovent  avalées:    Vû-t^d^J  djLA^CÂ.>rycUiA, 

issi  deservent  lor  soldées.   ^ 
9165    Maldite  seit  hui  tels  nature 

d'ome  ki  de  femme  n'a  cure; 

il  est  de  ce  toz  costumiers. 

Molt  par  est  malvais  cist  mestiers 

et  molt  par  a  fol  escient 
9170    ki  femme  lait  et  home  prent. 

Ge  l'amasse,  se  buen  li  fust; 

mei  fust  molt  bel,  se  li  pleiist; 

quant  li  ne  plaist,  gel  laisserai, 

et  sel  puis  faire,  gel  barrai, 
9175     se  en  mon  cuer  haïr  le  puis; 

molt  a  enviz  l'amerai  puis,     CL  AJicynA^ 

car  sovent  aime  l'en  tel  rien 

dont  il  li  peisë  al  cuer  bien. 

9152  H  et  li;  EF  eut  f.,  GH  oi  f.  —  9153  F  par  n.  f.  —  9154  H  aU 
mal  c,  D  a  molt  mal  c.  —  9156  H  les  f.  d.;  GEF  se  jo  e.  f.  d.  —  9157  et 
9158  intervertis  dans  EF.  EF  les  braies  toutes  d.;  G  et  seusse.  —  9158  EF 
et  les  1.  deslachies,  Gai.  bien  atacies.  —  9159  II  II  a  ses  g.  avec  s.  — 
9160  G  le  poi  ce  a.;  EF  a.  plus.  —  9161—9165  omis  dans  G.  A  lor  chemise, 
E  le  servise.  —  9162  H  molt;  EF  il  en  a  m.  en  son  s.  —  9163  DE  ses  b., 
F  les  b.  —  9165  EF  or  t.  n.  —  9166  F  Home.  —  9168  G  M.  en  e.  m.  li  m.; 
H  Maudit  s.  h.  iteus  m.  —  9169  H  car  m.  —  9170  DEF  que  f.  1.  —  9172  GDH 
molt  me  f.  bel  (D  bien).  —  9173  DGEF  jo  me  l,  H  je  le  1;  yD  lairai.  — 
9174  F  et  se  jo  puis;  EF  si  le  h.,  G  sel  hairai.  —  9175  EF  se  en  m.  c.  le 
puis  trover;  GH  se  de  m.  c.  —  9176  EF  narai  cure  de  li  amer.  EF  ajoutent 
deux  vers.  V.  les  notes.  —  9178  H  d.  il  p.  al  c.  très  b.,  A  d.  an  1.  p.  a  .c. 
bien,  E  d.  il  au  c.  p.  molt  bien,  F  d.  len  p.  a.  c.  b.,  G  d.  il  p.  a.  c.  molt  bien. 


^Ct-LlJUkX.    7n^^    oMùujfC^ 


ELLE   SE   REPENT  341 

Se  il  amer  ne  me  volsist, 
9180    il  esguardast,  si  eonsentist 

et  otreiast  que  ge  l'amasse. 

Nel  vuelt  sofrir,  ehaitive,  lasse! 

ne  0  m'amor  ne  vuelt  partir, 

ne  seul  que  l'aim  ne  puet  sofrir. 
9185     Tant  sui  ge,  lasse,  plus  dolente; 

ge  n'i  métrai  ja  mais  m'entente; 

itant  corne  ge  Guiderai 

que  il  aint  mei,  tant  l'amerai." 

La  dameisele  por  s'amor 
9190     démena  grant  duel  tote  jor, 

ne  saveit  pas  que  il  faiseit, 

eome  s'amors  le  destreigneit,    ^ânu.^.'yT^t^nyttiè:     j^aj^^^ÎU 

com  il  en  ert  paliz  et  teinz 

et  toz  muez  et  si  ateinz, 
9195    ne  poeit  beivre  ne  mangier.  ^ 

Mais  por  sa  gent  alkes  haitier  ti^  AjBL-éàrL'^-'i^ 
'  soentre  none  se  leva,     Jh^yt^^  ^a^j^^  ^>  cU.  -Z  ûJO/^À^ - 

sor  un  destrier  liart  monta,  gC^u^^^rit.   Lau^Éu^cAj  ^rrJudjL 

molt  de  sa  gent  mena  o  sei,  ^i/^tl^-tVut  cLl  ^yJi^ 

9200    si  rest  alez  en  esbanei.    ^j^  cUtL  t^r^  /^^l^yrui^rJLu 

Vers  la  cité  chevaleha  dreit,  ^^^^ 

la  s'arestut  o  il  soleit, 

tôt  dreitement  desoz  la  tor, 

iluec  0  il  reçut  l'amor. 
9205        La  pucele  le  vit  venir, 

9179  D  et  se  il  a.  me  v.  —  9180  H  si  me  gardast;  A  et  c,  —  9181  F 
ou  o.  —  9182  GED  Ne;  H  faire.  —  9183  A  menor;  E  ne  a  m.  —  9184  F  de 
s.;  G  ne  que  jo  l;  D  ne  veult  s.  —  9185  EF  je  certes  p.  d.  —  9186  EF 
or  ni.  —  9187  EF  ne  mais  i.  com  quidirai;  D  fors  i.  com.  —  9188  D  q. 
il  maime.  F  ajoute  deux  vers.  V.  les  notes.  —  9189  Alinéa  dans  DGEF. 
—  9191  D  n.  s.  mie  quil  f.  —  9192  II  coment  amors.  Ce  vers  est  omis 
dans  G.  —  9193  EF  et  il  en  ert;  GEF  pales.  —  9194  HG  et  si  m.;  DF 
et  tout  a.  —  9196  H  s.  g.  esleecier,  EF  ses  hommes  rehaitier.  —  9197  H 
en  mi  le  jor  dont  se  1.  —  9198  H  sus,  D  en;  GDH  cheval.  —  9199  D  de 
sa  gent  mena  molt  os.  —  9200  A  si  rest  a.  enz  el  gravoi;  y  est;  F  râ- 
lez; G  ens  el  tornoy.  —  9201  F  chevalce.  —  9203  II  d.  ala  a  la  t.;  F  tôt 
solement,  G  d.  par;  E  desor.  —  9204  H  omet  iluec,  ou  il  r.  primes  1.  — 
9205  sans  alinéa  dans  HDE. 


y 


342  ÉNÉE  ET  LAVINIE 

comença  sei  a  repentir 

de  ce  que  l'aveit  blastengié, 

et  dist:  „Molt  ai  mal  espleitié,   qac. 

trop  ai  parlé  corne  desvee, 
9210    ge  cuit  qu'amors  m'a  encusee    i\cti^t^t 

de  ce  que  tant  en  ai  mesdit; 

or  m'en  repent,  trop  l'ai  sordit.   CjaÀ.enrnyr>MU^ 

Bels  dolz  amis,  tenez  mon  gage, 

molt  par  vos  ai  dit  grant  oltrage, 
9215     ferai  vos  dreit  et  tôt  plaisir. 

Bien  m'en  devreie  repentir, 

ki  tel  blasme  vos  ai  "mis  sore.  pa^  ^^^^^f.^^ 

Ohi  lasse,  trop  m'i  deraore 

que  il  de  mei  ne  prent  son  dreit. 
9220    Bels  dolz  amis,  se  vos  plaisait, 

nuz  piez  ireie  a  vostre  tref; 

molt  me  sereit  buen  et  soef, 

se  traireie  mal  ne  dolor. 

Ge  mesparlai  par  grant  folor, 
9225     ge  vos  blasmai  a  molt  grant  tort. 

Amis,  bien  ai  deservi  mort; 

se  vos  volez,  n'est  proz  ma  vie,  '^'^'^^  "^  *>i*^».  / 

et  se  vos  plaist,  si  sui  guarie."  ^^  "^ûXauu^ 

Donc  li  refist  un  dolz  reguart; 
9230    Eneas  guarda  celé  part 

et  aperçut  qu'el  l'esguardot; 

donc  sospira  que  mais  ne  pot. 

9207  D  de  ce  que  tant  lot  b.,  H  de  cequavant  lot  b.,  E  de  ce  quele 
1.  b.  ;  G  quel  I.  —  9208  D  et  d.  or  ai,  EF  et  dist  jou  ai;  G  a  m.  e.  — 
9210  D  ce  cuit;  F  niait  acussee.  —  9214  EF  sus  vous  ai  mis  trop  g.  o. 
—  9215  HD  droit  f.  a  vostre  p.;  EF  d.  vous  f.;  GEF  tôt  a  p.  —  9216 
EF  Certes  bien  men  doi  r.  —  9217  GEFD  que;  GED  a  m.  s.  —  9218 
D  0.  1.  comme  d.,  GEH  Or  mest  avis  que  t.  d.  ;  A  Ahi.  —  9220  Alinéa 
dans  H.  HE  sil  vos.  —  9222  D  douz  et  s.  —  9228  D  ne  senteroy,  F  sen  t., 
GEH  nen  t.  —  9224  H  je  ai  parle,  EF  mes  parle  ai;  D  si  fis  f.  —  9225  A 
ge  lai  blasme,  HGEF  blâme  vos  ai;  E  par  m.  —  9226  HEF  omettent  Amis; 
H  bien  auroie  d.  m.,  EF  bien  en  devroie  avoir  le  m.  —  9227  GEF  se  il 
vos  plaist.  —  9228  GD  et  sil  v.  p.,  H  et  se  volez;  EF  mais  or  sachies  que; 
D  je  sui.  —  9229  Alinéa  dans  EG;  DH  Lors  1.  r.  —  9230  HGE  garde.  — 
9231  DGEF  que  1.  —  9232  EF  car  m.,  G  que  plus;  GD  ni  p.,  HF  nen  p. 


SE  FONT   DES   SIGNES  343 

Tait  si  baron,  ki  l'ont  vett, 

s'en  sont  molt  tost  aperceii; 
9235     entr'els  le  diënt  li  plusor: 

a  Tel  guardant  a  en  celé  tor, 

se  ses  eonselz  en  ert  cretiz, 

tost  nos  avreient  receiiz: 

se  tuit  li  altre  l'en  ereeient, 
9240    molt  hastivement  se  rendreient." 

^Sire",  font  il  a  lor  seignor, 

„veez,  molt  est  bêle  la  tor, 

mais  il  a  un  piler  lai  sus 

ki  alkes  peut  vers  vos  ça  jus. 
9245     Veez  com  la  maisiere  est  plaine, 

li  pilers  dreiz  et  l'oevre  saine. 

Molt  est  bêle  celé  fenestre 

lez  cest  piler,  de  ça  sor  destre, 

mais  il  s'i  esta  uns  archiers 
9250    ki  molt  traireit  ça  volentiers. 

Sire,  car  vos  traiez  en  sus 

que  il  ne  traie  a  vos  ça  jus." 

Un  poi  s'en  sozrist  Eneas, 

ki  entendi  molt  bien  lor  gas, 
9255     et  nequedent  si  s'en  guardot 

que  veiant  els  l'oil  n'i  tornot. 

Mais  al  trespas  li  refaiseit 

alcun  senblant,  quant  il  veeit 

qu'il  n'entendeient  pas  a  lui. 
9260    Itant  poeient  faire  andui 

9233  A  t.  li  b.,  EF  li  uns  de  cels.  —  9234  D  se.  —  9235  H  omet  le  ; 
D  El  tref  1.  d.  —  9236  E  Ja  tel  gart  a,  F  II  a  tel  garde,  GDH  Telle  garde 

a.  —  9237  D  se  son  conseil  estoit  c.  —  9238  F  deceus.  —  9239  D  le  c. 
—  9240  EF  omettent  molt,  hast,  se  renderoient.  —  9241  Alinéa  dans  G.  — 
9242  DEF  omettent  veez;  D  molt  par  e.  b.  c.  t.,  EF  or  poes  veir  b.  t.;  H  a  la 

b.  t.  —  9243  H  desus.  —  9248  HD  1.  le  p.;  FD  vers  d.  —  9249  et  92^0 
omis  dans  F.  D  m.  il  estoit  la  u.  a.,  G  m.  iloc  estoit  u.  a.  —  9250  HE  qui 
ca  t.  molt  V.  —  9253  D  se  s.,  E  en  s.  —  9254  F  q.  e.  bien  tous  1.  g.;  H 
entendoit;  A  très  bien;  GH  les  gas.  —  9255  H  et  neporquant ;  E  si  lagar- 
doit,  F  si  le  gardoit.  —  9256  EF  q.  v.  e.  se  retornoit  (F  sen  r.).  —  9257 
H  AvaincC?)  foiz  en  trespassant;  F  M.  autre  pas,  GED  M.  a  t.  —  9258  H 
q.  i.  V.  a.  s.;  D  com  il  v.,  A  que  il  lamoit.  —  9259  H  et  quil,  A  quant 
il;  D  mie.  —  9260  H  dont  sesgardoient  anbedui. 


344  ON   PRÉPARE 

d'els  esguarder,  de  senblant  faire. 

Quant  il  se  remist  el  repaire, 

si  comença  a  sospirer 

et  la  dameisele  a  treabler; 
9265     molt  lor  fu  griés  la  départie. 

Cil  reguarde  sovent  s'amie, 

ele  tendeit  sa  main  vers  lui. 

Il  traistrent  maie  nuit  andui, 

l'uns  ne  pot  pas  l'altre  obliër, 
9270    ne  poeient  lor  cuers  oster, 

que  l'uns  de  l'altre  ne  pensast. 

Wi  aveit  cel  ki  rien  dotast, 

ne  il  de  li,  n'ele  de  lui, 

qu'il  ne  s'entramassent  andui. 
9275        Les  triues  faillirent  a  tant, 

temolte  ot  en  la  cité  grant, 

il  n'orent  soing  de  plus  atendre, 

vint  milie  en  vont  lor  armes  prendre, 

prennent  halbers,  lances,  escuz. 
9280    Li  reis  Latins  s'en  est  issuz, 

et  faiseit  ses  deus  aporter 

desor  cui  deveient  jurer 

cil  ki  combatre  se  deveient, 

issi  eom  porparlé  l'aveient: 
9285     qu'il  n'i  avreit  nul  altre  plus 

ne  mais  Eneas  et  Turnus, 

altre  ne  s'en  entremetreit, 

9261  H  nen  pooient  lores  plus  f.;  E  regarder.  —  9262  II  Andui  se 
mistrent.  —  9264  D  omet  et,  la  d.  et  a  t.;  E  et  li  pucele  a  doulouser.  — 
9265  D  m.  fu  g.  la  1.  d.,  EF  m.  1.  greva  lor  d.  —  9266  EF  regarda,  G 
regardoit.  —  9267  H  et  ele  tent,  GED  et  el  t.  —  926S  H  Molt  m.  n.  tres- 
trent  a.,  A  Signe  faisoient  anbedui,  —  9269  11  li  u.  n.  p.  1.  o.;  GDH  puet. 

—  9270  GEFH  nen  porent  (F  ponoient)  1.  c;  DGH  saoler,  EF  torner.  — 
9271  H  a  1.  —  9272  H  ni  ot  celui;  EFD  nil  ni  a.  que  r.  d.  (F  nul  ni).  — 
8273  et  9274  intervertis  dans  II.    A  dele.  —  9274  H  sentraiment  anbedui. 

—  9275  sans  alinéa  clans  A.  D  faillent  a  itant.  —  9276  EF  en  la  c.  t. 
o.  g.  —  9277  D  nil;  E  de  chou  a.  —  9278  A  omet  en,  les  a.  —  9279  EF 
p.  h.  prenant  e.  —  9280  DHGE  en.  —  9281  A  et  f.  toz  s.  d.  porter; 
G  les  d.  —  9282  D  sor  quoi  il  d.  g.  —  9283  E  abatre.  —  9284  ED 
avoicnt.  —  9285  que  ni.  —  9286  H  fors  que.  —  9287—9299  omis  dans  H. 


LE   COMBAT   SINGULIER  345 

ne  mais  d'esguarder  ki  veintreit. 

Turnus  esteit  toz  desarmez 
9290     et  fu  desoz  Laurente  es  prez, 

son  destrier  fist  traire  après  sei, 

porter  ses  armes,  son  eonrei. 

Eneas  vint  de  l'altre  part, 

a  cui  merveille  senblot  tart 
9295     que  il  eust  pris  o  perdu. 

Li  Troïën  i  sont  venu; 

les  montaignes  reflanbeoent 

de  lor  armes  que  il  portoent. 

Li  reis  Latins  fist  le  champ  faire, 
9300     en  sus  les  a  fait  toz  retraire 

et  le  cerne  bien  eslargir. 

Enprés  a  fait  a  toz  banir, 

ne  se  mueve  nus  d'els  por  rien 

que  il  veient,  o  mal  o  bien. 
9805    Un  paile  ot  estendu  el  pre, 

desor  sont  li  deu  aporté 

et  les  idres  o  il  creeient, 

de  desor  cui  jurer  deveient 

Turnus  et  Eneas  andui. 
9310    Li  reis  et  cent  baron  o  lui 

desraisnoent  le  sairement, 

et  ki  jurot  premièrement. 

Lavine  fu  sus  en  la  tor, 

0  el  demenot  grant  tristor 

928S  D  fors  de  g.  q.  vainteroit;  G  fors  sol;  EF  de  g.  —  9280  Alinéa 
dam  G.  —  9293  Alinéa  dans  D.  GD  ert.  —  9294  D  estoit  t.  —  9295  D 
leust  ou  pris  ou  p.  —  9297  et  9298  amis  dans  A.  —  9299  Alinéa  dans  GEF. 
GEF  fait.  —  9300  H  et  touz  les  fist  ariere  traire,  EF  bien  les  a  f.  en  sus 
(E  loins)  toz  traire,  G  ensus  les  a  trestos  fais  traire  ;  D  en  loing  ;  A  faiz. 
—  9302  H  E.  fait  crier  et  b.  ;  A  Et  puis.  —  9303  H  que  nus  ne  se  m.; 
A  ne  san  m.  —  9304  HEFD  voie;  H  que  que  il  voie  m.  o  b.;  F  quil  en 
voie.  —  9306  A  ou  li  deu  furent  a.,  E  deseure  s.  1.  d.  pose,  D  d.  y  s.  1. 
d.  porte.  —  9307  H  omet  et,  1.  i.  que  i.  curtivoient;  GE  que  il;  D  omet  il; 
G  ydles,  DE  ydoles.  —  9308  H  desus  les  diex,  A  d.  d.  aus  ;  EF  desor  qui 
il  j.  d.  —  9309  Alinéa  dans  D.  —  9310  A  et  li  b.  —  9311  GH  devisè- 
rent, D  escherissent.  —  9312  A  cil  qui  j.,  F  qui  jueroit,  GEH  quil  jurè- 
rent. —   9313  Alinéa  dans  y.  G  estoit.  —  9314  F  ou  elle  fasoit;  H  demaine. 


346  ÉNÉE  DÉFEND 

9315     de  son  ami,  que  ele  veit 

ki  près  de  sei  combatre  deit, 

Ke  set  cornent  l'en  avendra, 

angoissose  est,  grant  peor  a; 

en  son  eorage  a  esguardé 
9320    et  bien  fermement  proposé, 

se  Eneas  i  est  ocis 

0  par  son  enemi  conquis, 

qu'el  se  laira  por  soe  amor 

chair  aval  jus  de  la  tor: 
9325    ja  enprés  li  ne  vivra  ore. 

Molt  se  démente  et  molt  plore 

et  toz  les  deus  sovent  reclaime 

qu'il  guarissent  celui  qu'ele  aime. 

„Molt  ai",  fait  ele,  „eii  mal  sens, 
9330     ne  sui  mie  de  buen  porpens, 

quant  mes  amis  nen  a  ma  manche; 

il  en  ferist  molt  mielz  de  lance; 

0  se  li  eiisse  enveié 

ma  guimple,  bien  fust  enpleié, 
9335     molt  en  tranchast  hui  mielz  s'espee, 

Turnus  en  recelist  colee. 

Porpensee  me  sui  trop  tart, 

aveir  deiist  de  meie  part 

une  entreseigne  a  cest  besoing-, 
9340     mais  se  il  a  de  m'amor  soing, 

ci  me  verra  a  la  fenestre, 

molt  en  devra  plus  hardiz  estre." 

93  J  5  DGEF  qnele  veoit.  —  9316  H  quileiic  c.  se  devoit;  D  que  tous 
près  de  c,  EF  que  de  c.  près;  GEFD  estoit.  —  9317  H  que  il  eu  a.;  D 
y  a.  —  9319  E  porpense.  —  9320  H  b.  f.  et  porpense,  EF  et  a  certes  bien 
p.  —  9321  F  que  seneas.  —  9322  DEF  ne  par.  —  9323  H  1.  de  la  tor.  — 
9324  II  j.  por  samor.  —  9326  H  omet  et.  EF  Formant  s.  d.  ;  GH  forment 
p.  —  9324  E  et  molt  s.  I.  d.  r.,  F  et  s,  1. 1.  d.  r.  ;  G  forment.  —  9328  D  garan- 
tissent que  plus  aime;  F  qui  laime.  —  9329  D  m.  a.  e.  f.  elle  m.  s.  —  9330 
FH  de  grant  p.  —  9331  et  9332  omis  dans  H.  D  q.  li  mienz  a.  ne  ma 
m.  —  9332  A  omet  molt,  de  sa  lance.  —  9333  H  car  se.  —  9335  et  9336 
intervertis  dans  H.  E  omet  mielz.  —  9336  E  T.  r.  grignour  c.  —  9337 
HDE  men,  —  9338  D  a.  la  d.  —  9339  HA  un  entreseing,  G  alcune  en- 
saigne;  A  a  son  b.  —  9340  G  de  m.  a  s.  —  9341  H  cil  me,  D  comme.  — 
9342  H  si  en,  E  bien  en. 


SES   DROITS  347 

Anceis  que  nus  d'els  s'i  armast, 

ne  que  sairement  i  jurast, 
9345     mostra  Eneas  sa  raison; 

tôt  sei  li  reis  et  li  baron: 

flSeignor,  mon  dreit  mostrer  vos  voil 

que  nel  me  torneiz  a  orgoil 

que  par  force  voille  conquerre 
9350     altrui  enor  ne  altrui  terre. 

De  ci  fu  mes  ancestre  nez, 

ki  Dardanus  fu  apelez, 

de  ceste  terre  s'en  ala, 

en  la  nostre  s'edefia. 
9355    Molt  fu  forz  oem  et  molt  vesqui 

de  son  lignage,  truis  issi, 

ki  Troie  fist  et  le  donjon, 

et  se  li  enposa  son  nom. 

Mes  père  fu  de  son  lignage, 
9360    molt  dura  Troie  en  grant  barnage, 

des  i  que  li  Greu  le  conquistrent. 

Li  damedeu  d'iluec  me  pristrent, 

ça  m'enveierent  el  pais 

dont  mes  ancestre  fu  nais; 
9365     otreiee  m'ont  tote  Itaire, 

ki  fu  mon  aive  et  mon  besaive. 

Quant  arivai  en  cest  pais, 

mes  mesages  al  rei  tramis, 

qu'il  me  consentist  en  sa  terre: 

9344  GD  ne  q.  il  s.  j.,  F  ne  q.  nus  dels  sor  sains  j.  —  9346  H  li  r. 
se  tut,  D  tout  sot  1.  r.,  EF  1.  r.  lentent;  GH  et  si  b.  —  9348  HG  que 
vous  nel  tenez,  D  que  il  ne  me  tort  ;  A  matornoiz.  —  9350  GEF  amor.  — 
9351  A  De  ce,  G  Dici.  —  9354  D  et  1.  n.  edefia;  G  et  e.  1.  n.,  Il  en  1.  n. 
la;  HG  dévia.  —  9355  EF  hom  asses  v  --  9350  H  descendi;  F  trois  i., 
G  tros  que  ci.  —  9357  A  qui  fonda  T.  —  9358  A  et  qui;  G  le  n.  —  9360 
GD  en  son  b.  —  9361  D  la  c.  —  9362  EF  Adont  (F  et  dont)  li  Griu  bien 
tost  (F  illeuc)  me  p.,  GII  et  que  par  la  force  le  p.  G  ajoute  deux  vers. 
V.  les  notes.  —  9363  H  li  uostre  deu  mont  ca  tramis.  —  9365  EF  donnée 
mont  trestoute  I.  ;  G  Italie.  —  9366  H  q.  f.  m.  aieu  et  m.  tresave,  E  qui 
héritages  fu  mon  aive,  F  que  erites  fu  a  men  avie,  G  qui  fu  mon  aive  et 
mon  traive;  AD  aire;  D  treaire,  A  besaire.  —  9367  EF  q.  arestai;  G  quant 
je  a.  el  p.  —  9369  A  qui,  E  que. 


348  TRAHISON   DE  LA 

9370     ne  li  sordreit  ja  par  mei  guerre. 

Il  me  manda  soe  merci 

que  bien  seusse  ce  de  fi 

que  la  terre  m'otreiereit, 

0  sa  fille  la  me  donreit. 
9375    Issi  la  claim,  venuz  sui  ci 

toz  prez  de  desraisnier  issi. 

Ge  vei  que  Turnus  la  chalenge; 

seie  setirs,  cornent  qu'il  prenge, 

se  ge  i  sui  veincuz  ne  morz, 
9380    que  mes  fiz  o  tôt  son  esforz 

segurement  s'en  ait  ariere; 

n'i  ait  mal  en  nule  manière; 

senz  nul  reguart,  senz  nule  dote 

s'en  tort  ma  compaignie  tote. 
9385    Et  se  ge  puis  celui  conquerre, 

ki  me  desforce  ceste  terre, 

bien  vos  pramet",  fait  il  al  rei, 

„tant  com  vivreiz,  que  ja  par  mei 

ne  sereiz  descreiiz  de  rien: 
9390    vostre  terre  maintenez  bien. 

Mais  donez  mei  a  une  part, 

0  vostre  fille  par  esguart, 

0  faire  puisse  une  cité, 

après  vos  aie  l'erité." 
9395        Li  reis  et  cil  k'iluec  esteient 

bien  l'aseurent  et  otreient 

9370  D  nen  s.  j.  ï)ar  nous  g.  —  9372  DF  que  ce  s.  bien  de  fi  (F  que 
jo  s.);  GEH  jo  de  fi.  —  93^3  II  que  il  la  t.  motreoit,  E  que  1.  t.  bien 
inotrioit;  G  sa  s.  —  9374  GHD  avolc  s.  f.  m.  d.  (Il  donoit).  —  9375  G 
Por  ce.  —  9376  G  près  sui  a  d.  L;  F  del  d.  —  9377  G  G.  v.  T.  qui  le 
calenge.  —  9378  H  seur  voil  estre  com  quil  p.,  DF  soiez  s.  c.  il  p.  (D 
quil  p.),  GE  s.  s.  c.  que  p.  (E  qui  p.),  A  soit  bien  s.  com  puet  si  p.  —  9379 
G  et  m.  —  9380  E  tous  ses  e.,  F  t.  mes  o.  —  9383  EF  s.  r.  —  9384  EF 
sen  revoist  me  c.  t.;  H  s.  aut.  —  9385  GD  cestui.  —  9386  G  quil  me, 
DEF  que  me;  HEF  chalenge;  D  deffent  yceste  t.  —  9388  EF  ja  nesteres 
destrus  p.  m.  —  9389  EF  tant  com  vivres  de  nule  rien;  H  nen  s.,  G  ne 
serai.  —  9390  GH  maintenrai.  —  9391  GH  men;  H  aucune  p.  —  9393  H 
o  p.  f.,  G  empres  vous  aie.  —  9394  GEF  enpres.  —  9395  sans  alinéa 
dans  DH.  —  9396  H  li  a. 


Î'ART   DES   LAtINS  349 

que,  s'en  bataille  est  le  jor  morz, 

Aseaniiis  o  son  esforz 

s'en  puet  aler  tôt  quitement 
9400     a  Montalban  seiirement, 

un  meis,  se  il  vuelt,  i  sejort, 

d'iluee  avant  plus  n'i  demort. 

Endementiers  que  il  parloent, 

icele  fin  qu'il  devisoent, 
9405     uns  chevaliers  de  la  cité 

oï  que  il  ont  poi^parlé; 

vint  as  altres,  si  lor  a  dit: 

,Molt  nos  poon  prisier  petit, 

quant  por  nos  toz  se  met  Turnus, 
9410    et  somes  altretant  o  plus 

que  cil  ne  sont  de  l'altre  part. 

Molt  par  a  ci  malvais  esguart; 

sor  un  home  nos  somes  mis; 

se  il  i  est  morz  ne  conquis, 
9415     si  somes  tuit  en  fin  veincu. 

A  honte  somes  revertu, 

se  veincuz  i  est  hui  Turnus 

et  Eneas  ait  al  desus; 

a  maie  gent  avron  afaire, 
9420     toz  tens  seron  mais  tributaire. 

Franc  chevalier,  nel  sofrez  ja, 


9397  GH  que  se  il  (G  sil  i)  est  vencuz  ne  (G  et)  m.  —  9398  EF  e 
ses  efforz  (F  o  s.  e.).  —  9399  H  sen  poura  a.  q.  —  9401  G  iloques  s.  i. 
V.  s.;  EF  se  li  plaist.  —  9402  GH  d.  en  avant  ni  d.  —  9403  GH  Alinéa. 
D  quil  dep.  —  9404  H  et  que  celé  f.  d.,  DE  la  fin  et  quil  la  d.  ;  DEF  des- 
rainoient.  —  9406  H  devise.  —  9407  H  as  a.  v.  —  9409  E  que  p.  n.  t.;  D 
sen  vet,  A  se  mist.  —  9410  GEH  si  s.  —  9411  que  ne  soient  cil  a.  p.  (F 
dautre  p.).  —  9412  H  regart,  GD  agart;  EF  vilain  e.  —  9413  H  sus;  E 
sor  houmes  soumes  t.  m.,  F  s.  u.  h.  s.  tôt  mis.  —  9414  H  et  se  il  est, 
GD  que  sil  y  e.;  D  mors  ou  occis,  GH  venqus  ne  pris.  —  9415  H  si  se- 
rons t.  pris  et  V.,  G  s.  s.  t.  mort  et  v.  —  9416  H  serons;  EF  a  molt  grant 
h.  ermes  vencu.  —  9416  ef  9417  placés  dam  H  après  9420  et  omis  dam  G, 
DEF  s.  T.  i  est  h.  v.,  A  et  s.  T.  i  est  v.  —  9417  D  et  E  en  vient  d.j 
F  vient,  E  soit.  —  9418  G  avon.  —  9419  G  t.  jors  mais  el  mes  t.,  H 
anui  nous  feront  et  contraire.  —  9421  Indistinct  dam  A,  nel  dentés 
ja(?).    G  ne  dotes  ja,  FH  n.  sofrons  ja. 


350  ÉNÉE   EST 

combaton  nos  a  cels  de  la, 
ne  nos  meton  en  tel  mesure 
sor  un  seul  home  en  aventure." 

9425    A  tant  s'eslaisse,  si  feri 
un  Troïën,  mort  l'abati; 
cil  fu  en  es  le  pas  vengiez. 
Li  torneiz  est  recomenciez, 
molt  en  i  verse  en  poi  d'ore, 

9430    d'ambesdeus  parz  se  corent  sore, 

''^'a*,^,,  as  fers  des  lances  se  requerent, 
a  cenz  et  a  milliers  i  muèrent. 
Ge  ne  puis  mie  tôt  nomer, 
molt  sereit  fort  a  aeonter 

9435     ki  i  josta,  ki  i  chaï, 

ki  morz  i  fu,  ki  l'abati, 
mais  molt  s'entrefierent  forment, 
il  ne  s'espargnent  de  neient. 
Li  reis  vit  la  chose  meslee; 

9440    la  fin  qu'il  aveit  porparlee, 
li  estut  tôt  en  fin  guerpir, 
si  s'en  comença  a  foïr. 
Entre  ses  braz  portot  ses  deus, 
il  nés  teneit  neient  a  teus 

9445     qu'il  li  peiissent  rien  valeir, 
ne  nul  guarant  par  els  aveir: 


9422  A  o  c.  —  9423  Gai  m.,  H  por  t.  m.  —  9424  H  desus  u.  h.,  G 
desor  u.  h.  ;  E  tel  h.  —  9425  Alinéa  dans  D.  A  seslessa;  E  s.  en  eus  ferir, 
F  s.  en  eus  feri.  —  9426  GEF  abati.  —  9428  H  car  1. 1.  e.  c,  EF  Li  estours 
fu  (F  est)  r.  —  9429  DE  en  veissiez;  H  versa,  G  versent.  —  9431  A  se 
descovrent,  EF  sentrefierent.  —  9432  H  si  que  enz  ou  cler  se  maillent,  E 
dambesdeus  pars  bien  se  requièrent,  F  li  un  les  autres  bien  requerent; 
D  fièrent.  —  9433  D  toz.  —  9434  EF  raconter.  —  9435  H  qui  mieus 
j.;  H  qui  mieus  feri,  DE  et  qui  ch.,  G  qui  i  feri.  —  9436  H  qui  i  fu 
m.,  E  liquels  fu  m.;  GEFH  abati.  —  9437  omet  mais,  G  molt  sentre- 
ferirent  f.  —  9438  G  i.  n.  sentrepargnent  n.;  H  omet  il,  ne  sespamie- 
rent.  —  9439  sans  alinéa  dans  E.  —  9440  D  quil  orent.  —  9441  E  1.  e. 
il  toute  g.,  HG  1.  e.  tote  déguerpi  r.  —  9442  D  comence.  —  9443  y 
porte.  —  9444  HE  mais  il  nés  tenoit  pas  a  t.  (E  tient  mie  por  t.);  D  il 
nés  tenoient;  GDF  mie  a  t.  —  9445  A  qui,  F  que;  H  puisent.  —  9446 
E  por  e. 


BLESSÉ  361 


en  tost  foïr  raielz  se  fiot 

qu'en  toz  les  deus  que  il  portot. 

Eneas  fu  toz  desarmez, 
0450    vit  que  li  plaiz  esteit  meslez, 

molt  l'en  pesa,  dolenz  en  fu; 

a  son  col  pendi  son  escu, 

celé  part  point  isnelement, 

crie  et  huche  a  sa  gent 
9455     que  il  se  traient  tuit  en  sus 

et  que  n'i  ait  mais  josté  plus. 

Molt  les  blastengë  et  dit  lor, 

qu'il  li  vuelent  tolir  l'enor, 

ki  ont  la  parole  troblee 
9460    que  li  reis  aveit  porparlee; 

sa  bataille  li  ont  toleite. 

Asez  crie,  mais  poi  espleite, 

il  ne  puet  mais  remaindre  a  tant. 

Il  lor  fait  0  son  braz  senblant 
94(55     que  il  se  traient  tuit  en  sus, 

n'i  ait  josté  ne  malfait  plus; 

angoisses  ert  a  desmesure. 

Uns  archiers  trait  par  aventure, 

il  ne  visa,  ne  pas  nel  sot, 
9470    el  braz  le  fiert,  qu'il  degetot, 

la  saiete  ficha  en  l'os; 


9447  EF  el.  —  9448  A  que  en  ses  d.  —  9449  Alinéa  dans  HD.  E 
ert.  —  9450  E  il  v.  q.  li  p.  ert  m.;  D  ert  touz  m.  —  9451  F  len  pesé, 
GD  li  pesa;  G  et  d.  f.  —  9452  H  a  mis.  —  9453  G  vint.  —  9454  H  c. 
et  comande,  D  crioit  et  huoit,  E  il  crie  et  si  h.,  G  a  halte  vois  crie; 
F  a  sa  gent  crie  hautement.  —  9456  E  que  il  ni  ait  me  j.  p.,  F  et  que 
il  n.  a.  j.  p.,  GH  ni  ait  j.  ne  mal  fait  plus;  D  jeté.  —  9457  H  Molt  les 
ledenge;  G  Forment;  DGEF  dist.  —  9458  G  que  il  li  veut;  HDE  enor.  — 
9459  G  quant  il  1.  p.  ont  t.  —  9460  y  esgardee.  —  9461  E  coilloite.  — 
9463  EF  il  lor  faisoit  as  bras  samblant,  G  i.  n.  p.  remanoir  a.  t.;  H  p. 
pas.  —  9464  H  A  lespee  1.  f.  s. ,  G  A  ses  deus  b.  lor  f.  s. ,  D  II  lor  a 
fait  de  son  s.,  EF  et  si  crioit  a  vois  molt  grant.  —  9465  G  quil  se  trai- 
sissent.  —  9466  A  et  que  nus  dans  ne  fiere  p.,  HG  et  quil  i  vait  nul 
mal  f.  p.  (H  f.  n.  m.  p.);  E  ne  rien  f.  —  9469  et  9470  intervertis  dans 
EF.  H  omet  il,  ne  sen  garda;  G  il  ni  v.  ne  mais  nen  pot,  EF  mais  ne- 
quedent  pas  nel  vooit.  —  9470  F  qui  d. 


352  NAPÏANABUS   ET 

li  braz  enfla,  sempres  fu  gros, 

0  l'altre  main  la  flèche  en  trait, 

molt  durement  le  fer  i  lait. 
9475     La  plaie  li  dolut  forment, 

mené  l'en  ont  hastivement 

AscaniUs  et  li  baron, 

colchié  l'ont  en  son  paveillon 

et  enveierent  querre  tost 
9480    un  buen  mire  ki  ert  en  l'ost. 
Turnus  l'ot  bien  aperceii, 

molt  par  fu  liez,  quant  ot  veii 

que  Eneas  esteit  navrez, 

molt  hastivement  s'est  armez, 
9485    monte  el  cheval,  destort  l'enseigne 

et  dist  as  suens,  nus  ne  s'i  feigne 

qu'il  ne  fiere  sor  Troïëns. 

Il  s'eslaisse  parmi  les  rens, 

bien  fiert  de  lance  et  mielz  d'espee, 
9490    mainte  sele  i  a  délivrée; 

ne  li  poeit  nus  contrester. 

Enuiz  sereit  a  aconter 

toz  eels  ki  abatu  i  furent, 

ki  i  ferirent,  ki  morurent, 
9495    mais  grant  destruit  en  fist  Turnus. 

Uns  Troïëns  Naptanabus 

li  dist,  par  alkes  de  noblece 

demostrer  voleit  sa  proece. 

9472  H  tantost  e.  ;  E  manois  sempres  devint  tous  gros,  G  sempres 
enfla  et  fu  tus  gros.  —  9473  EH  al.;  H  1.  braz.  —  9475  GE  doloit.  — 
9476  H  ignelement.  —  9477  EF  si  b.  —  9478  GF  en  un  p.  —  9479  G 
q.  en  lost.  —  9480  D  par  toute  lost,  G  qui  i  vint  tost.  —  9481  sans  ali- 
néa dans  EFH.  GEFD  la.  —  9482  H  m.  en  fu;  D  m.  f.  1.  q  il  ot  v.;  EF 
la  V.,  H  lot  V.  —  9484  H  dont  sest  ignelement  a.;  G  est  a.  —  9485  H 
destrier;  D  senseigne.  —  9486  HEF  se  f.  —  9487  EF  que  il;  E  fièrent; 
H  sus  T.,  D  sor  les  T.  ~  9488  A  il  seslessa;  EF  il  laisse  courre  entre 
deus  r.;  D  entre  1.  r.  —  9489  EF  f  d.  1.  et  de  lespee  (F  f.  de  le  1.);  G 
omet  et;  D  omet  mielz.  —  9490  D  omet  i.  —  9491  G  nen  i  pooit  nul  en- 
contrer.  —  9492  GFDH  a  raconter,  E  de  laconter.  —  9494  HEF  qui  les 
feri,  DG  ques  y  feri;  HGD  qui  i  m.,  EF  li  quel  m.  —  9495  H  m.  g.  desroi 
i  fait;  G  A  molt  g.;  G  ocise;  DG  i  fist.  —  9490  GEFD  Nept. 


ET  TURNUS  353 

, Vassal",  fait  il,  .estez  ariere, 
9500    ne  vos  menez  en  tel  manière! 

Molt  nos  Guidiez  aveir  sozpris 

et  toz  vencuz  et  toz  conquis. 

Por  ce  que  Eneas  n'i  est, 

ne  cuidiez  que  nus  s'i  arest 
9505    ki  ne  s'en  fuie  devant  vos? 

Mais  vos  avrez  afaire  a  nos! 

Se  or  esteit  morz  Eneas, 

por  ce  ne  recrerion  pas; 

se  il  n'i  aveit  chevetaigne 
9510    ne  mais  seul  mei  en  la  compaigne, 

si  voldreie  ge  tôt  conquerre 

vers  vos,  et  la  femme  et  la  teiTe; 

se  Eneas  ne  veneit  mais, 

por  ce  n'esteriez  en  pais. 
9515    Por  tant  com  puisse  aimes  baillier, 

gel  vos  cuit  ja  vendre  molt  chier; 

s'or  n'estes  maistre  d'eseremir 

et  bien  ne  vos  savez  covrir, 

ja  iert  molt  tost  venjance  pris 
9520    de  noz  homes  qu'avez  ocis." 

Naptanabus  le  parler  laisse, 

point  le  cheval,  vers  lui  s'eslaisse, 

0  molt  grant  ire  le  requiert, 

desor  l'escu  a  or  le  fiert; 


9499  Alinéa  dans  G.    G  Sire  v.  en  tel  manière  ;  D  dist  ;  HD  tornez. 

—  9500  G  m.  tornez  ariere.  —  9502  A  ocis.  —  9504  GDH  omettent  ne, 
G  c.  q.  n.  ne  s.  a.;  EFD  i  a.  —  9505  D  que,  EF  quil.  —  9506  GD  M.  v. 
avez;  EF  II  vos  convient  torner  vers  nous;  Aon.  —  9507  A  ore.  — 
9508  A  ne  nos  r.  nos  p.,  Dp.  c.  ne  nous  recrerons  pas,  EF  p.  c.  ne  r. 
nous  pas,  G  ne  requérions  nos  por  ce  pas.  —  9509 — 9515  omis  dans  EF. 
D  sil  ni  eust  plus  c;  G  et  sil.  —  9510  D  fors  que  moi  seul,  H  n.  m.  que 
m.  —  9511  H  si  i  v.  ge  c.  —  9513 — 9517  omis  dans  H.    G  se  ne  v.  E.  m. 

—  9514  D  ja  por  ce  ne  seroit  il  pais,  G  por  ce  nen  séries  a  pais.  —  9515 
F  que  p.  —  9516  G  jo  le  v.  c.  v.  m.  ch.;  E  je.  —  9519  H  ja  sera  t.,  E 
jan  ert  bien  t.  —  9520  D  qui  sont  o.  —  9521  Alinéa  dans  GH.  —  9522 
IIDEF  1.  c.  p.;  E  le  lance  baisse,  G  a  lui  s.  —  9523  HEF  par  m.  g.  i.;  G 
air.  —  9524  A  lescu  dore. 

Uibliotbeca  Normannica  IV.  23 


354  ÉNÉE  ET 

9525     sa  lance  s'en  escolorja, 

qu'il  nel  fendi  ne  nel  perça; 
onc  n'i  forfist  rien  l'alemele, 
ne  Turnus  ne  mut  de  la  sele. 
Il  refiert  lui  sor  son  escu 

9530-    que  d'or  en  altre  l'a  fendu, 
et  le  halbere  a  desmaillié; 
parmi  le  cors  li  mist  l'espié 
et  l'enseigne  jusqu'as  penons: 
mort  le  trébuche  des  arçons. 

9535    Turnus  le  vit  tôt  freit  a  terre, 

et  dist:  „De  vos  n'avrai  mais  guerre, 
par  vos  ne  serai  mais  conquis, 
laissié  m'avez  tôt  le  païs, 
plein  pié  ne  demi  n'en  avreiz, 

9540    ne  mais  seul  tant  o  vos  girreiz; 
livré  vos  ai  vostre  peture 
asez  a  escharse  mesure." 

Endementres  qu'il  se  combatent 
et  s'entrociënt  et  abatent, 

9545     Eneas  fu  el  paveillon. 
Asehaniiis  et  li  baron 
environ  lui  plorent  forment, 
peor  aveient  de  lor  gent 


9525  HDE  la  1.;  GH  fors  en  (G  sen)  escola,  E  sescoloria,  F  sen 
escoloria.  —  9526  EF  qui;  F  qui  li  toli  que  ne  p.,  GH  il  ne  f.  ne  ne  p.; 
E  ni  ne  p.  —  9527  D  onques  n.  f  lalenele,  EF  aine  ne  li  fist  riens  1.;  G 
aine.  —  9528  DEF  omettent  le  premier  ne  ;  D  T.  ne  se  muet,  F  T.  ne  re- 
muet, E  T.  ne  se  mut;  G  ni  m.  —  9521  H  ainz  r.  1.  sus  s.  e. ;  EG  Turnus 
fiert  lui.  —  9530  D  de  lor  a  lautre;  GF  deur  en  a.  li  a  f.,  A  que  tôt  li 
a  frait  et  f.  —  9531  EF  lauberc  li  a  outre  passe.  —  9532  A  met;  EF 
lespiel  p.  m.  1.  c.  boute.  —  9533  HD  j.  qua  p.,  E  dusca  p.,  GF  jus  quai 
penon.  —  9534  GF  de  larcon.  —  9535  E  T.  si  le  vit  mort;  A  voit;  HEF 
mort.  —  9536  H  si  d.;  E  et  qui  de  lui  nara  m.  g.  —  9537  G  n.  s.  m. 
p.  V.  c.  —  9539  H  ja  pie  ne  demi  nen  aurez  ;  G  tenres.  —  9540  D  fors 
que  s.  t.;  H  que  t.  —  9541  —  9545  omis  dans  II.  A  peture,  EF  penture, 
D  painture,  G  mesure.  —  9542  G  molt  a  escarsse  sépulture.  —  9543 
sans  alinéa  dans  D.  GEF  Endementiers.  —  9544  G  et  il  ocient.  — 
9545  Alinéa  dans  H.  EF  fu  E.  —  9546  D  et  A.  —  9548  EF  car  p. 
ont  molt. 


LE  MÉDECIN  355 

et  d'els  meïsmes  molt  graignor. 
9550    El  tref  demeinent  grant  dolor, 

diënt  que  tuit  sont  mort  et  pris. 

Uns  molt  buens  mires  lapis 

i  est  venuz  et  vit  la  plaie, 

senti  le  fer,  molt  i  essaie, 
9555    saveir  se  traire  l'en  porreit; 

nel  pot  aveir  en  nul  endreit 

a  tenailles  n'a  ferrement, 

et  Eneas  crie  forment. 

A  sa  maie  li  mires  vait, 
9560    prent  une  boiste,  si'n  a  trait 

del  ditan,  si  l'a  destempré, 

beivre  li  fist;  quant  l'ot  passé, 

la  saiete  s'en  est  volée 

et  la  plaie  sempres  sanee; 
9565     en  es  le  pas  toz  sains  refu. 

Li  ditans  est  de  tel  vertu 

et  li  chevrolz  a  tel  nature, 

quant  navrez  est,  tôt  a  dreiture 

cort  al  ditan,  a  sa  mecine; 
9570     seit  de  foille,  seit  de  racine, 

des  qu'il  en  a  le  col  passé, 

si  a  son  mal  tôt  resané, 

et  se  li  fers  li  est  el  cors, 

par  ce  l'en  estuet  voler  fors. 
9575        Eneas  fu  toz  resanez, 

9549  H  m.  ont  paor.  —  9550  H  tristor.  —  9552  H  un  m.  b.  m.  del 
pais,  E  un  b.  m.  qui  fu  eslis,  F  un  m.  b.  mies  et  eslis,  G  u.  b.  m. 
Cyapis.  —  9553  H  voit.  —  9554  GFH  le  fer  i  sent;  D  si  i  assaie,  F  si 
assaie.  —  9555  H  le  p.  —  9556  H  puet.  —  9557  A  o  tenaille  no  f.  — 
9558  H  omet  et,  Heneas  c.  durement;  D  cria,  G  crioit.  —  9559  F  mies.  — 
9560  GEH  si  en  trait.  —  9561  A  destope;  G  d.  d.  quant  lor  d.  —  9562 
GEFD  b.  len;  EF  fait.  —  9564  A  et  lespalle;  H  tantost  s.  —  9565  et  9566 
intervertis  dans  H.  H  que  en  es  le  p.  t.  s.  fu,  G  isnellepas  et  sans  refus. 
9565 — 9575  omis  dans  D.  —  9566  GEF  grant  v.  —  9567  G  bieureus.  — 
9568  H  e.  n.  —  9570  EF  ou  s.  de  f.  ou  d.  r.  —  9571  H  quant,  EF  très, 
G  tros.  —  9572  H  s.  a  tout  son  mal  oblie,  EF  sen  a  sen  m.  molt  tost 
sane,  G  il  a  le  mal  tôt  oblie.  —  9573  A  et  quant.  —  9574  H  li  diten  len 
boute  tout  hors;  G  aler.  —  9575  sans  alinéa  dans  A. 

23* 


356  ÉNÉE  GUÉRI 

molt  hastivement  fu  armez 
et  fist  crier  par  tote  l'ost 
que  tuit  en  issent  o  lui  tost; 
n'i  a  garçon  ne  escuier 
9580    ki  n'i  ait  ferir  o  lancier. 

Molt  ert  granz  mestiers  a  sa  gent 
ques  secorust  hastivement, 
car  Turnus  les  alot  vencant; 
por  poi  n'esteient  recréant: 
9585     en  la  fuie  les  aveit  mis, 

toz  les  cuidot  aveir  sorpris.  — 

Si  etist  il  hastivement, 

quant  Eneas  vint  o  grant  gent, 

ses  fist  ariere  resortir, 
9590    Tost  en  i  firent  mil  morir, 

a  la  fuie  les  ont  tornez; 

donc  s'est  Eneas  escriëz: 

,0r  i  ferez,  franc  chevalier, 

ja  vos  poez  molt  bien  vengier, 
9595    torné  sont  a  desconfiture, 

d'els  espargnier  nen  aiez  cure." 

Donc  i  fièrent  de  maintenant 

li  Troiën;  cil  vont  fuiant, 

que  ne  pueent  vers  els  deffendre. 
9600    Eneas  ne  volt  pas  entendre 

a  cels  ferir  ki  vont  fuiant, 

mais  par  le  champ  alot  querant 

9576  HG  en  eslepas;  H  se  rest  a.,  G  fu  tost  a.,  A  sest  a.  -  9577  H 
fait.  —  9578  A  que  tuit  viegnent  a  lui  molt  t.  ;  DH  sen  i.  —  9579  A  ait, 
H  ot;  GEH  sergant.  -  9580  HEF  voist;  A  qui  ni  viegne  traire  ou  L; 
E  ne  1.,  GH  et  1.  -  9581  E  M.  g.  m.  a  a  s.  g.  -  9582  G  quel.  -  9d83  t. 
que  T.;  H  mené  ferant,  G  a.  coitant,  E  a.  satant,  F  a.  cacant.  -  9584  A 
ne  sont  tuit  r.  -  9585  D  seue.  -  9586  H  cuide  avoir  mors  ou  pris;  JJ 
cuida-  EF  a.  tous  p.  -  9587  H  asez  briement,  EF  prochainement.  —  9o88 
GEFD  V  o;  HD  sa  gent.  -  9589  H  ariere  les  f.  r.,  G  qui  les  f.  a.  sortir; 
D  cens  f.,  EF  ques  f.  -  9590  D  t.  en  f.  lors  mil  m.  F  om^t  i.  -  9591 
F  en  resnie  1.  o.  t.  -  9592  GFDH  est.  -  9594  H  or  v.,  F  vos  doel;  A 
très  b.,  H  vos  b.  —  9596  DG  naies  mais  c.,  H  naies  ja  c.  —  9597  H  Tuit.  — 
9598  D  si  V.  f.,  E  vos  ont  f.  —  9599  H  qui  deus  ne  se  p.  d.,  D  q.  ne  s. 
p   mais  d.;  A  car.  -  9600  D  mie;  DF  atendre.  -  9602  A  le  vait  q. 


PREND  PART  AU  COMBAT  357 

se  il  verreit  son  enemi. 

Mais  Turnus  se  destomot  si, 
9605    ne  voleit  celé  part  aler 

0  il  le  cuidast  eneontrer, 

car  tôt  aperteœent  veeit 

que  del  tôt  li  mesaveneit 

et  fortune  li  est  contraire. 
9610    Ne  set  com  il  le  puisse  faire, 

car  molt  li  ert  mal  a  foïr, 

n'il  ne  voleit  encor  morir. 

Eneas  nel  pot  eneontrer, 

ki  molt  voleit  a  lui  joster; 
9615    quant  veit  que  il  trover  nel  puet, 

0  molt  grant  gent  d'iluec  s'esmuet 

et  vait  poignant  vers  la  cité, 

set  que  tuit  sont  defors  el  pre, 

molt  en  a  poi  remés  dedenz; 
9620    n'i  a  de  toz  homes  treis  cenz, 

tuit  erent  fors  en  la  bataille. 

Anceis  qu'Eneas  les  asaille, 

s'en  volt  l'une  partie  rendre, 

li  altre  se  voldrent  deffendre; 
9625    coru  sont  as  portes  fermer 

et  vont  desor  le  mur  monter, 

nés  voldrent  pas  dedenz  coillir. 

Eneas  les  fait  asaillir 

et  fait  a  els  traire  et  lancier 
9630    et  esche] es  al  mur  drecier. 

9604  H  et  T.;  D  m.  il  sen  d.  ainsi;  EF  ne  m.  T.  guencissoit  si.  — 
9605  F  que  celé  p.  nosoit  a.  —  9606  y  peust.  —  9607  HDEF  bien  a.  ;  EF 
savoit.  —  9608  DGEF  de.  —  9609—9613  omis  dam  H.  —  9610  GEF 
sot.  —  9611  EF  est;  D  a  souffrir.  —  9613  Alinéa  dam  DGEF.    A  piiet. 

—  9614  H  vousist;  A  o  lui.  —  9615  A  que  ancontrer,  E  qui!  t.  ne  le  poet. 

—  9616  GEF  a;  D  se  muet.  —  9617  H  par  1.  c.  —  9618  D  bien  s.  que 
tuit  sont  fors  aie;  EF  d.  aie.  —  9619  E  est  p.  —  9620  H  n.  a  pas  dômes, 
G  nen  a  dedens  mie.  —  9621  y  a  la  b.  —  9623  A  une.  —  9624  E  et  I. 
a.  se  vont  d.:  F  voloit.  —  9625  H  les  portes  corurent  fremer,  G  il  corent 
lor  p.  f.;  F  les  p.  —  9626  H  desus;  HDF  les  murs.  —  9627  H  nel;  D  ne 
V.  point  (omet  dedenz)  ;  E  et  ceus  ne  v.  recollir,  F  dedens  nés  v.  recoillir. 

—  9630  H  as  murs. 


358  TURNUS  PROPOSE 

Donc  a  le  feu  fait  aporter, 

tôt  le  baile  a  fait  alumer. 
La  citez  en  est  alumee, 

en  poi  d'ore  est  tote  enbrasee. 
9635    Donc  entendent  al  feu  abatre 

li  citeain  plus  qu'ai  combatre 

ne  al  deffendre  la  cité; 

cil  defors  i  fussent  entré, 

ne  fust  li  feus  kis  destorbot 
9640    et  les  entrées  encombrot: 

n'i  a  plus  de  retenement, 

car  del  deffendre  esteit  neient. 

Turnus  a  celé  part  guardé 

et  vit  esprise  la  cité; 
9645    bien  sot  que  Eneas  veintreit 

et  que  guaires  ne  demorreit 

que  il  avreit  la  cité  prise; 

a  feu,  a  flame  l'aveit  mise. 

Sa  gent  fist  a  une  part  traire 
9650    et  mostra  lor  que  il  vuelt  faire, 

briement  les  a  rais  a  raison. 

^Seignor",  fait  il,  ,,  gentil  baron, 

tant  com  fortune  m'otreia, 

chascuns  de  vos  toz  bien  m'aida, 
9655     et  encore  le  feïssiez 

molt  volontiers,  se  peussiez. 

963 1  Alinéa  dans  D.  Il  Lors  ;  G  D.  a  fait  1.  f.  a.  —  9632  omis  dans 
D.  EF  le  b.  a  f.  tout  a.  (E  1.  b.  fait);  H  le  bore.  —  9633-9637  omis  dans 
H.  Sans  alinéa  dans  yD.  D  et  enapres  tout  embracer;  A  ont  cil  a.;  G 
embrasée.  —  9634  omis  dans  D.  G  alumee.  —  9636  GED  qua  c.  —  9637 
D  que  a,  ED  qua,  F  ne  quai;  H  sachiez  de  voir  quen  1.  c.  —  9638  H 
fusent  cil  de  lost  tuit  e.  —  9639  G  questordissoit.  —  9640  H  deffendoit, 
A  deveot,  D  deforcoit,  G  essorboit.  —  9641  H  ni  ot;  GE  detenement.  — 
9642  F  al  d.,  A  de  d.;  EF  na  n.  —  9643  Alinéa  dans  GEFH.  —  9644  H 
voit  qua  prendre  iert  lac;  G  esprendre.  —  9645  H  set;  D  queneas  vain- 
teroit;  H  vaintra.  —  9646  G  ni;  EF  et  g.  ne  demouerroit;  H  demorra.  — 
9647  et  9648  omis  dans  II.  A  avoit.  —  9648  E  et  a  f.  a  f.  m.  —  9649  E 
s.  g.  a  fait  une  p.  t.  —  9650  D  et  lor  moustre  que  vouloit  f.  —  9652  le 
second  hémistiche  indistinct  dans  A.  —  91)53  II  me  monta,  EF  lotroia.  — 
9654  F  vos  molt  bien  m,;  G  tos  mi  a.,  A  tant  m. 


LE   COMBAT   SINGULIER  359 

Li  deu  ne  vuelent,  ce  m'est  vis, 

qu'aie  la  terre  et  le  païs, 

as  Troïëns  l'ont  tôt  doné; 
9660    vos  en  sereiz  deserité. 

Asez  en  i  a  mort  por  mei; 

ge  ne  voil  pas  ne  ne  l'otrei 

que  nus  de  vos  en  face  plus, 

mais  tuit  vos  estez  loing  en  sus. 
9665     A  Eneas  me  combatrai, 

en  aventure  me  métrai: 

mielz  voil  en  bataille  morir 

que  vis  recreire  ne  foïr." 

Li  suen  comencent  a  plorer, 
9670     quant  l'oïrent  issi  parler, 

mais  ne  li  pueent  aidier  plus. 

Tornez  s'en  est  poignant  Turnus, 

vient  a  Laurente,  ki  ardeit, 

que  li  Troïëns  asailleit. 
9675     Turnus  comença  a  crier 

que  il  laissast  la  vile  ester, 

ne  la  destruient,  ne  nen  ardent, 

de  loing  s'estachent,  si  esguardent; 

toz  les  ruevë  ariere  traire, 
9680    prez  est  de  sa  bataille  faire; 

s'Eneas  vuelt  o  lui  joster, 


9658  H  que  je  plus  aie  cest  p.,  DG  que  ja  mais  aie  (G  aient)  cest 
(G  le)  p.,  E  que  jou  aie  cesti  p.,  F  que  jou  ja  aie  cest  p.  —  9659  A  al 
Troien.  —  9660  EF  nous  en  somes  (F  ermes).  —  9661  D  poi  de  moi.  — 
9662  A  li  deu  ne  voilent  ge  lo  croi;  D  ne  je  noctroy,  E  mais  ne  notroi, 
G  ne  ne  le  loi.  —  9663  D  y  f.  p.  —  9664  H  m.  e.  v.  trestuit,  EF  or  soies 
mes  restous,  G  mais  estes  v.  tôt  1.  —  9666  H  men  m.,  G  mi  m.  —  9667 
F  aim.  —  9668  D  que  vif  retorae  ne  f.,  G  q.  v.  ne  recreans  f.;  EF  retraire. 
—  9669  A  Tuit  comencerent.  —  9670  G  q.  i.  1.  p.  —  9671  porent.  —  9672 
E  intercale  le  vers  suivant:  Or  soies  mais  trestout  en  sus.  G  A  tant  sen 
est  t.  T.  —  9673  D  la  cite,  GFEH  que  ardoient.  —  9674  D  quil  ardoient 
0  grant  barne,  GEFH  li  Troïen  et  assaloient  (EF  essiloient).  —  9675  Ali- 
néa dans  G.  —  9676  H  lessasent  ce  e.;  DG  laissent;  G  le  cit  e.  —  9677  et 
9678  omis  dans  H.  DE  ne  ne  lardent,  G  ne  ni  a.  —  9678  G  en  1.  ;  GEF 
estoiseut.  —  9679  HEF  trestoz  les  r.;  G  rova.  —  9680  GEFD  la  b.  —  9681 
et  9682  omis  dans  G.    A  Eneas. 


360  LE 

viegne  avant,  jal  porra  trover. 

Eneas  ot  que  Turnus  dist, 
molt  liez  et  molt  joios  s'en  fist, 

9685     del  tôt  a  fait  l'asalt  laissier, 
le  combatre  et  le  torneier; 
quant  combatre  se  vuelt  Turnus, 
ne  vuelt  qu'en  i  muire  mais  nus, 
ne  cil  dedenz  ne  cil  defors: 

9690    faire  le  vuelt  par  seul  son  cors. 
Toz  les  a  fait  ariere  traire 
et  la  place  molt  large  faire 
et  les  armes  totes  oster: 
ne  lor  estuet  de  rien  doter 

9695     que  nus  altre  s'i  mete  mais, 

par  l'un  d'els  deus  en  iert  la  pais. 
De  loin  s'estut  tote  la  gent. 
Senz  altre  plait,  senz  sairement, 
senz  menaces,  senz  desfiances 

9700    se  requièrent  as  fers  des  lances. 
Turnus  point  le  destrier  movant, 
fiert  Eneas  el  piz  devant 
par  som  la  guige  de  l'escu. 
Li  halbers  se  tint,  ki  forz  fu, 

9705     que  onkes  maille  n'i  falsa, 
et  Eneas  se  redreça, 
desor  la  targe  l'a  féru. 
Andui  se  sont  entrabatu. 


9682  A  ja  p.  t.,  DF  ja  le  puet  t.,  E  sel  p.  t.  —  9683  sans  alinéa  dans 
GEF.  —  9685  G  lencals  laier.  —  9686  EF  et  le  geter  et  le  lanchier.  GD 
omettent  et.  —  9688  y  plus;  GH  que  mais  en  m.  plus.  —  9689  G  nicil 
dedenz  nicil.  —  9690  H  la  v.;  D  veul;  EF  son  sol  c.  —  9691  D  f.  en  loing 
retraire.  —  9692  GEH  bien  1.  f.  —  9694  H  les  e.  ;  H  ja  mes  d.,  D  mie  d., 
E  de  nient  d.,  G  noiant  d.  —  9695  D  q.  n.  deuz  si  m.  ja  mais,  G  q.  n.  a. 
ni  mete  pais,  II  q.  n.  fors  eus  sen  mueve  m.  —  9696  G  estera  mais,  F  en 
sera  p.  —  9697  Alinéa  dans  G.  EF  Ariere  en  vont  toute  lor  gent.  — 
9698  G  s.  malvais  p.  comunement.  —  9699  et  9700  intervertis  dans  EL.  — 
9700  D  requistrent. —  9701  Alinéa  dans  II.  G  ceval;  GH  corant.  —  9702 
Alinéa  dans  D.  D  El  fiert.  —  9704  A  santi,  EF  le  tient;  D  bien  que  fort 
fu.  —  9705  A  quonques  m.  n.  desfausa;  D  que  une  m.;  G  car;  HD  nen. 
—  9707  et  9708  intervertis  dans  A.    11  a  lui  hurte  de  cors  descu;  A  desoz. 


DUEL  361 


Molt  tost  resont  venu  en  piez 

9710    et  ont  les  branz  d'acier  sachiez, 
requièrent  sei  molt  fièrement. 
Turnus  le  fiert  premièrement 
desor  l'escu  que  Vulcans  fist, 
li  deus  ki  grant  entente  i  mist. 

9715     Onkes  de  eel  eolp  n'i  parut, 
il  ne  fendi  ne  il  ne  frut, 
et  Eneas  le  referi 
desor  l'elme  del  branc  forbi; 
un  quartier  l'en  a  abatu; 

9720    li  cols  descendi  sor  l'escu, 
de  l'une  part  l'eschantQla. 
Turnus  le  vit,  molt  s'esmaia, 
bien  veit,  se  il  puet  recovrer 
et  a  délivre  un  colp  doner, 

9725     que  tôt  estera  de  lui  fait; 

ne  puet  estre  qu'il  ne  s'esmait. 
A  l'escremir  sont  revenu, 
combat  sei  fortune  o  vertu. 
Al  chapleïz  des  alemeles 

9730     en  volèrent  mil  estenceles. 
Un  entredeus  porta  Turnus, 
fiert  Eneas  en  l'elme  sus, 
onkes  mie  n'en  esgruna, 
mais  l'espee  parmi  brisa; 


9709  H  Mais  t.  r.  v.  saillis.  —  9710  GH  e  tous  nus  s.  —  9711  EF  si 
se  r.  f.  —  9713  H  desus.  —  9716  A  unques  nel  f.  ne  ne  f.,  E  ne  il  ne 
la  fiait  ne  fendut,  F  il  ne  la  pas  frait  ne  fendu;  H  ne  ne  se  mut  —  9718 
EF  sor  son  elme;  GH  de  b.  f.  A  répète  ici  les  vers  9713  et  9714.  —  9719 
EF  en.  —  9720  D  dévala,  GEF  avala;  H  sus.  —  9721  H  lesquartela.  — 
9722  D  tout  s.,  GE  si  s.  —  9723  DEF  set,  G  vit;  A  cil.  —  9724  E  et  un 
autre  c.  regiter;  F  jeter.  —  9725  H  q.  t.  en  sera;  D  q.  t.  sera  de  son  cors 
f.  ;  EF  que  il  sera  de  lui  tout  fait.  —  9726  H  muer.  —  9727  D  resont  venu, 
A  s.  revertu.  —  9728  EF  si  se  combatent  par  v. ,  DGH  combatent  soi  de 
grant  v.  (D  o  g.  v.).  —  9729  H  Ou  ch.;  EF  as  ch.  de  a.  —  9730  H  vole 
le  feu  les  e.  —  9731  omis  dans  G.  H  un  autre  cop  jeté  T.;  DF  jeta.  — 
9733.  H  0.  un  point,  F  que  il  mie;  A  n.  esgrena,  EF  ne  lespargna.  — 
9734  H  m.  sespee  p.  bruisa,  F  sen  branc  dacier  par  mi  b. 


362  TURNUS  EST 

9735     a  terre  ehiet  une  m  citiez. 

Donc  s'est  Turnus  molt  esmaiez; 

quant  veit  qu'il  ne  l'a  dont  requerre, 

l'altre  moitié  geta  a  terre, 

parmi  le  champ  s'en  vait  fuiant. 
9740    Tôt  truevë  encombré  devant, 

avirouee  esteit  la  place 

de  gent;  il  ne  set  que  il  face, 

fuiant  s'en  vait  tôt  environ, 

ses  amis  apele  par  nom, 
9745     secors  et  aïe  lor  rueve; 

il  n'i  a  cel  ki  ja  se  mueve, 

toz  les  ont  mis  el  covenir. 

Quant  Eneas  le  vit  foïr, 

al  dos  le  vait  siuant  derrière, 
9750    puis  li  a  dit  en  tel  manière: 

„Ne  veintreiz  mie  par  foïr, 

mais  par  combatre  et  par  ferir. 

Retorne  tei,  si  vien  avant." 

Eneas  s'arestut  a  tant, 
9755     sa  lance  prist,  k'iluec  giseit, 

et  Turnus  de  devant  sei  veit 

une  grant  pierre  ki  ert  mise 

por  chans  boner  et  por  devise; 

a  deus  mains  la  leva  de  terre, 
9760    le  Troïën  ala  requerre, 

Molt  li  geta  de  grant  vertu, 

9735  EF  a  t.  en  ch.  —  9736  H  Lors,  D  est.  —  9737  G  vit;  F  que.  — 
9739  F  Aval  1.  c.  —  9740  GH  encombre  t.  tout  d.;  GD  trova.  -  9741  G 
de  la  gent  trestote  la  pi.  —  9742  H  de  sa  g.  il  ne  s.  que  f.  ;  EF  d,  g. 
ne  set  mais,  G  adonques  ne  sot.  —  9744  y  apela.  —  9745  EF  s.  li  facent 
ce  1.  r.  —  9746  DEF  ni  a  celui;  HD  sen;  F  qui  sen  remueve;  GH  il  ni 
a  celui  qui  s.  m.  —  9747  et  9748  intervertis  dans  A.  H  du  tout  lont,  G 
tôt  li  ont;  EF  or  sen  vausist  il  repentir.  —  9748  E  len  v.  —  9749  G  si- 
vant  le  va  al  dos  d.  —  9751  D  por  c.  et  por.  —  9754  A  E.  estut  a  itant; 
F  saresta.  —  9786  GH  et  quant  T.  devant  soi  voit;  EF  devant  li  v.  — 
9757  H  une  p.  qui  iert  m.;  A  une  g.  roche.  —  9758  EF  illuec  por  bousne 
et  par  (F  por)  d.  —  9759  EF  a  ses  m.;  A  o.  —  9760  D  et  en  vait  le 
T.  r.,  EF  et  va  1.  T.  r.,  G  après  vait  Eneas  r.  —  9761  H  la  g.,  A  li  riva; 
G  par  g.  V, 


VAINCU  363 


lez  la  bocle  fiert  a  l'escu, 
que  la  pierre  s'en  resorti; 
il  nel  quassa  ne  nel  fendi, 

9765    ne  de  eel  eolp  riens  n'i  parut, 
ne  Eneas  plein  pié  n'en  mut. 
Donc  li  a  la  lance  enveiee, 
de  molt  grant  vertu  l'a  lanciee, 
l'escu  li  perça  et  fendi, 

9770    parmi  la  cuisse  le  feri, 
que  il  chaï  a  genoillons, 
veiant  sa  gent  et  ses  bâtons, 
ki  si  forment  s'en  escriërent 
que  tuit  li  bois  en  resonerent. 

9775        A  genolz  le  vit  Eneas, 

avant  ala  tôt  son  grant  pas. 
Turnus  le  vit,  ki  peor  ot; 
quant  veit  que  il  avant  ne  pot, 
andeus  ses  palmes  li  tendi, 

9780    et  puis  li  a  crié  merci. 

flSire",  fait  il,  ,a  tei  me  rent, 
veiant  tes  homes  et  ta  gent; 
bien  veient  tuit  que  m'as  vencu 
et  tôt  conquis  par  grant  vertu. 

9785    Nule  deflFense  n'ai  vers  tei, 
Lavine  est  toe,  ge  l'otrei, 


9762  GD  omettent  fiert;  D  1.  1.  be  son  e.,  G  1.  1.  b.  solonc  1.;  EF 
on  lescu,  H  de  1.  —  9763  H  et  la  p.  ariere  s.;  GEF  quant  1.  p.;  F  se  r.  — 
9764  H  nel  ne  perça,  F  que  ne  q.,  E  mais  n.  q.  —  9766  E  n.  E.  point 
ne  se  mut;  HF  ne  m.,  G  nesmut.  —  9767  H  Lors.  —  9768  E  et  de  m. 
g.  V.  l,  G  par  g.  V.  li  a  1.  —  9769  H  les  es.  —  9772  H  la  g.,  F  ses  gens; 
HD  et  les  b.  —  9773  E  qui  formentes  sen  e.,  F  qui  s.  f.  se  rescrierent, 
G  qui  si  durement  sescrierent.  —  9774  H  que  le  pales,  EF  que  les  iauues; 
GHD  retinterent.  —  9775  sans  alinéa  dans  DHGEF.  HA  g.  ala  E ,  EF 
quant  verse  (F  verser)  le  vit  E.  —  9776  E  celé  part  sen  courut  le  pas, 
F  a.  a.  cort  le  grant  pas,  H  a.  a.  plus  que  le  pas.  —  9777  Alinéa  dans 
G.  GEF  eut.  —  9778  EF  merci  li  quiert  si  com  il  peut  (E  seut);  G  peut. 
—  9779  EF  ses  mains  ambes  .n.  1.  t.,  GH  ambes  deus  ses  mains  1.  t.  — 
9780  H  et  puis  si  li  cria  m.,  EF  et  doucement  cria  m.,  G  puis  li  ala  crier 
m.  —  9781—9791  omis  dans  EF.  —  9782  GH  mes  h.  et  ma  g.  —  9784  D 
et  c.  par  ta  g.  v.,  G  par  ta  v.   —   9786  H  bien  1.,  D  ie  octroi,  G  et  io  1. 


364  ÉNÉE  LE 

0  li  te  lais  tote  la  terre; 

ja  mais  par  mei  n'i  avras  guerre, 

se  tu  m'en  laisses  vif  aler. 

9790    Ge  ne  te  puis  plus  demander, 
tes  oem  serai,  a  tei  me  rent." 
Donc  prist  son  helme,  se  li  tent. 
Eneas  en  ot  grant  pitié, 
Turnus  li  a  l'elme  baillié. 

9795    Endementres  qu'il  li  tendeit, 
en  son  dei  l'anel  Pallas  veit, 
qu'il  li  toli,  quant  il  l'ocist; 
tôt  son  grant  duel  en  refreschist, 
quant  de  Pallas  li  remembra. 

9800    Toz  teinst  d'ire,  si  sospira 

et  dist:  „Tu  m'as  crie  merci, 
tôt  m'as  laissié  et  tôt  guerpi 
cest  règne  o  la  fille  le  rei. 
Ge  eiisse  pitié  de  tei, 

9805     ne  perdissiez  vie  ne  membre, 

mais  par  cest  anel  me  remembre 
de  Pallas  que  tu  ocesis; 
el  cuer  men  as  molt  grant  duel  mis. 
Ne  t'ocirra  mie  Eneas, 

9810    mais  de  tei  se  venche  Pallas." 
A  icest  mot  passa  avant, 
si  l'a  féru  de  maintenant; 
0  le  branc  que  Vulcans  forja 
en  prist  le  chief:  Pallas  venja. 

9815    Morz  est  Tumus,  tuit  ont  veti 


9787  H  je  te  les  ci.  —  9790  A  je  ne  le  p.  ;  G  ten  p.  —  9791  EF  sire  fait 
il  a  t.  m.  r.  —  9792  EF  S.  elme  prist  et  s.  1. 1.;  H  Lors;  GH  prant.  —  9793 
GD  Alinéa  —  9794  A  laissie.  —  9795  II  Dementieres  ;  G  tendit.  —  9796 
ÏIF  1.  P.  vit  en  son  doit;  G  vit.  —  9797  E  que  li;  H  quil  t.  Pallas  q.  1.  — 
9798  H  len,  GEF  li.  -  9799  et  9800  omis  dans  GH.  —  9802  H  et  tôt  1.; 
E  tu  m.  1.  tôt  et  g.  —  9803  F  et  le  f.  le  r.  —  9804  D  Je  e.  bien  p.  — 
9805  GFDH  ni  p.  —  9806  E  de  cel;  A  men  r.  —  9808  E  en  el  c.  men 
as  g.  d.  m.;  A  mas;  F  mas  m.  g.  dolor,  D  men  as  or  g.  d.  —  9810  G 
ains  vengera  de  t.  P.,  H  de  t.  se  vengera  P.  —  9811  A  sailli.  —  9812 
GF  tôt  m.  —  9815  Alinéa  dans  GFH.    D  lont  v. 


TUE  %5 

que  Eneas  aveit  vencu, 

dont  i  ot  noise  merveillose. 

La  genz  de  Troie  fu  joiose 

et  cil  dolent  de  l'altre  part. 
9820    Mais  nequedent  donc  lor  fu  tart, 

puis  que  si  lor  est  avenu, 

qu'Eneas  aient  receii. 

Tel  sont  dolent  ki  font  semblant 

contenance  de  joie  grant. 
9825    A  lui  se  vont  li  baron  rendre, 

li  reis  li  fist  enz  el  champ  prendre 

de  ses  barons  les  feeltez 

et  rendre  li  les  fermetez. 

Grant  presse  ot  entor  lui  le  jor, 
9830    tuit  le  reçurent  a  seignor. 

Il  n'ala  pas  donc  a  Laurente, 

ainz  s'en  retorna  a  sa  tente; 

li  reis  Latins  le  conveia. 

Al  départir  le  jor  noma 
9835    que  il  esposera  Lavine; 

il  sera  reis,  ele  reïne; 

de  ce  fu  li  termes  asis 

par  lor  esguart  jusqu'à  uit  dis. 
Lavine  ot  oï  et  veti 
9840    que  Eneas  aveit  vencu 

et  veit  qu'il  retornot  ariere. 

Guide  qu'il  ne  l'ait  guaires  chiere, 

quant  il  ne  vait  a  li  parler; 

9816  EF  lavoit.  —  9817  H  joie,  G  Troie.  —  9818  GH  omettent  en.  — 
9820  GH  non  por  quant;  H  lor  leur  f.,  G  si  1.  f.  t.  —  9821  A  p.  que  1. 
e.  si  a.;  D  ce  lor.  —  9822  omis  dans  E.  —  9823  et  9824  omis  dans  HG. 
F  Gel.  —  9824  EF  et  le  contieng  de  j.  g.  —  9825  GD  sen  v.  —  9826 
F  le  f.  —  9828  DEF  et  rendent  li  lor  f.  —  9829  D  i  ot  tôt  entor.  —  9830  A 
recoillent,  D  recouuent.  —  9831  E  II  nen  a.  pas;  G  dont  pas,  H  lors  pas; 
D  mie  a  L.  —  9832  E  a.  en  ala  droit  a  s.  t.  ;  G  en  r.  —  9833  Alinéa  dans 
D.  —  9835  FH  esposeroit.  —  9836  FGH  omettent  il,  si  s.;  FH  seroit;  E  sires 
sera;  A  et  el  r.  —  9838  A  esgarz;  A  très  qua,  GF  dus  q.  —  9839  sans  alinéa 
dans  DE.  H  L.  avoit  molt  bien  v.  ;  G  a  oi.  —  9841  H  et  v.  q.  san  retome, 
D  et  V.  quest  retomez,  G  et  voloit  retomer;  EF  vit.  —  9842  D  que  n. 
1.  mie  cil.,  EF  que  il  (E  cil)  ne  1.  nient  ch.,   G  que  gaire  ne  1.  eh. 


366  LAVINIE  SE 

duel  a  grant;  el  l'en  veit  aler, 
9845    plorë  et  gient  et  plaint  et  dit: 

,Molt  par  li  est  de  mei  petit, 

de  fol  plait  me  sui  entremise, 

n'a  soing  de  mei  en  nule  guise; 

or  avra  par  ombre  de  mei 
9850    la  terre  et  le  règne  le  rei; 

se  il  en  a  tote  l'enor, 

molt  li  sera  poi  de  m'amor; 

s'il  est  saisiz  de  m'erité, 

asez  me  menra  puis  fierté, 
9855    tornera  mei  el  val  desoz, 

il  en  avra  les  chastels  toz. 

Ja  ne  m'avrai  de  quel  aidier, 

si  me  demeura  grant  dangier, 

0  s'il  m'aime  ne  poi  ne  grant. 
9860    Toz  tens  me  fera  il  semblant 

de  grant  orgoil,  de  grant  fierté; 

sovent  me  sera  reprové 

que  de  s'amor  fui  prinsaltiere 

et  me  tendra  por  noveliere; 
9865     le  dangier  avra  de  l'amor, 

il  en  ventra  al  chief  del  tor  .  . . 

Foie  Lavine,  ne  t'enuit, 

s'il  veint  le  jor  et  tu  la  nuit  . .  . 

Ne  m'enuit,  lasse?     Si  fait  veir, 

9844  DEF  quelle  len  vait  a.  —  9845  H  el  plaint  et  gient;  A  et  brait 
et  dit,  EF  g.  et  sospire,  D  p.  et  si  dist,  EF  p.  p.  g.,  G  et  p.  et  pi.  et  g. 
et  d.  —  9846  EF  por  poi  ne  muer  de  dol  et  dire.  EF  ajoutent  deux 
vers.  V.  les  notes.  —  9847  et  9848  omis  dans  E.  —  9848  F  de  m.  na  s.  — 
9849  G  le  nom,  F  nombre.  —  9850  D  omet  et;  H  r.  et  le  r.,  A  r.  de  moi, 
G  r.  de  r.  —  9851  F  s.  i.  ni  a,  G  et  se  il  a.  —  9852  F  poi  li  sera,  G  asses 
li  est  pou.  —  9853  E  sil  est  tenans,  F  il  est  s.;  G  et  sil  est  sire  del  raine; 
A  lerite.  —  9854  EF  a.  mousterra,  G  a.  mara  ;  G  tost  reprove,  H  puis  en 
vilte.  —  9855—9863  omis  dans  G.  F  en  val.  —  9857  D  par  oui  u.  — 
9858  H  il  me  merra  molt  g.  d.  —  9859  EF  et  sil;  A  ou  po  ou  gr.  — 
9860  H  assez  me  f.  vil  s.;  A  men  f.  —  9861  HEF  et  de  f.  —  9862  H 
assez.  —  9863  H  mamor;  GH  sui.  —  9864  F  si  me  t.  —  9865  A  avrai; 
GE  de  mamor.  —  9868  EF  molt  désir  le  j.  et  la  n.  EF  ajoutent  deux  vers. 
V.  les  notes. 


PLAINT  D'ÉNÉE  367 

9870    le  dangier  en  deiisse  aveir; 

il  me  dellst  preier  d'amer 

et  losengier  et  dangerer  . .  . 

Toi  ne  dire,  n'est  pas  mesure, 

femme  est  plus  faible  par  nature 
9875    que  nen  est  oem  por  mal  sofrir; 

ne  puet  mie  en  son  euer  tenir. 

Femme  est  trop  hardie  d'amer, 

moit  set  mielz  oem  son  euer  celer  . . . 

Par  fei,  cil  le  ceile  molt  bien, 
9880    car  il  ne  li  est  de  mei  rien  . . . 

De  neient  mosterreit  semblant, 

quant  ne  l'en  est  ne  poi  ne  grant  . . , 

Ne  deigna  ore  ça  venir 

ne  seul  guarder  al  départir. 
9885    Li  oilz  est  senpres  a  Famor 

et  la  mains  est  a  la  dolor: 

la  main  met  l'en  la  o  il  duelt, 

la  tome  l'oil  o  l'amors  vuelt. 

Por  ce  di  ge,  se  il  m'amast 
9890    al  départir  l'oil  me  tornast, 

mais  plus  li  fu  d'aler  ariere; 

bien  cuit  qu'il  ne  m'a  guaires  chiere. 

Or  li  est  vis,  quant  a  vencu, 

que  il  ait  tôt  escombatu 
9895    et  bien  cuidë  aveir  senz  mei 


9871  G  remplace  les  vers  9871—9893  par  4  autres.  V.  les  notes.  — 
9873—9889  omis  dans  G.  D  Fille  ne  di.  E  Toi  nel  di,  F  Tel  nel  diroie, 
H  Tes  toi  nel  di.  —  9875  D  que  nest  homme,  EF  que  nest  nus  hom.  — 
9876  F  nen.  —  9877  H  hastive.  —  9878  D  homme  set  bien,  E  hom 
set  trop  m.  —  9879  A  cist;  D  cela.  —  9880  D  car  li  nen  est  de 
m.  de  r.,  EF  que  il  d.  m.  de  lui  est  r.  —  9882  DF  q.  li  nen  est,  H 
q.  ne  lui  cest,  E  quant  il  ne  lest  petit  ne  g.  —  9883  H  cil.  —  9884 
H  ne  regarder.  —  9885  F  Li  oel  sont.  —  9886  et  9887  omis  dans  F, 
intervertis  dans  E.  H  len  met  1.  m.  ou  len  se  d. ,  A  la  mal  mètre  la 
ou  il  doit,  E  et  li  mains  la  u  il  se  d.  —  9888  A  la  torner  1.  ou  amor 
voit.  —  9890  H  ca  1.  t.  —  9892  H  b.  se  ;  D  mie  ch.  —  9893  G  Eesgarde 
quant  ot  v.  —  9894  H  quil  a  le  tout  e.,  G  bien  quide  avoir  e.  —  9895 
HD  et  très  bien  c.  a.  s.  m.,  EF  lounor  c.  a.  s.  m.,  G  ceste  contrée  et 
tôt  s.  m. 


368  DOULEUR  AMOUREUSE 

l'enor;  il  s'en  vuelt  faire  rei. 
Il  ne  crient  guaires  mon  ehalenge, 
ne  n'os  mais  creire  qu'il  me  prenge; 
quant  de  la  bataille  est  estors, 

9900     bien  me  cuide  mètre  defors  . . . 

Que  ai  ge  dit?     Trop  me  despeir, 
icé  ne  sera  ja  por  veir 
que  li  baron  de  ceste  enor 
le  reçoivent  ja  a  seignor, 

9905     s'il  ne  me  vuelt  prendre  a  moillier; 
ainz  en  morront  mil  chevalier 
qu'ainsi  seie  deseritee. 
En  mal  leu  ai  m'amor  donee, 
se  il  me  vuelt  boisier  d'amer 

9910     et  si  en  fin  deseriter. 

Poi  pris  la  deseriteison, 
ge  ne  désir  se  la  mort  non. 
S'il  ne  m'en  fait  bien  tost  setire, 
de  ma  vie  n'avrai  mais  cure." 

9915        La  pucele  forment  plorot, 
ki  de  son  dru  se  dementot 
que  il  ne  la  deignast  amer. 
Mais  n'en  peiist  neient  doter, 
s'ele  setist  certainement 

9920    com  il  la  regretot  forment, 


9896  HD  1.  (D  lavoir)  du  roiaume  le  rei  ;  EF  omettent  il,  si  sen  fera 
signor  etr.;  G  quide  il  quon  len  face  rei.  —  9897  HDG  ne  prise  g;  D  p. 
mie.  —  9898  H  je  nos  mes  dire,  A  ne  ne  li  chalt,  D  ne  seul  mais  c, 
G  jo  ne  croi  ja;  A  cornent  quil  p.  —  9899—9907  omis  dans  G.  —  9900 
HE  men;  E  quit;  F  m.  au  defors.  —  9901  E  quit.  —  9902  H  ja  ne  cui- 
deroie  p.  v.,  A  i.  ne  estera  ja  v.,  EF  de  ce  aim  jou  molt  mal  savoir.  — 
9903  F  et  li  b.  —  9904  H  recoillirent  a  s.,  F  recoillent  ja  a  s.  —  9905  F 
il  ne.  —  9906  D  a.  i  m.;  H  morroit.  —  9907  A  que  si,  D  que  je;  G  ains 
en  serai  d.  —  9908  HDEF  tornee.  —  9909  D  tachier.  —  9910  D  et  se  jen 
sui  deseritee.  —  9911  et  9912  omis  dans  G.  A  p.  plain;  H  p.  p.  la  terre 
et  le  roion.  —  9912  A  rien  ne  me  faut  se  samor  non.  —  9913  G  poi  pris 
ma  vie  qui  tant  dure;  F  me  fait.  —  9914  G  nen  a.  mais  de  vivre  c;  F 
navera  c.  —  9915  sans  alinéa  dans  E.  —  9916  A  car  de;  EF  molt  se 
cremoit,  A  forment  dotot.  —  9918  H  m.  ne  len  convenist  d.,  A  m.  il  ne 
len  estuet  d.;  EF  de  rien  d.;  D  ne.  —  9920  DE  souvent. 


D'ÉNÉE  369 


com  il  esteit  por  li  destreiz. 
Le  jor  n'aveit  bien  nule  feiz, 
la  nuit  veillot  et  ert  en  plor 
et  apelot  le  deu  d'amor 

9925     et  li  priot  molt  dolcement 

qu'il  nel  menast  si  aigrement. 
Degetot  sei,  puis  se  plaigneit, 
soef  entre  ses  denz  diseit: 
,Que  ai  ge  fait,  dolenz,  chaitis, 

9930     quant  ge  si  lonc  terme  ai  asis 
d'aveir  m'amie,  de  li  prendre? 
Ge  ne  puis  mie  tant  atendre; 
le  terme  estuet  molt  abregier, 
car  l'atendre  ne  m'est  legier. 

9935    Plus  d'un  an  a  ore  en  un  jor! 
Ki  angoisse  a,  mal  ne  dolor, 
molt  desirë  aveir  santé, 
et  ge  me  sui  si  afolé, 
quant  mes  mais  est  de  tel  orine 

9940    que  n'i  valt  fors  une  meeine, 
que  de  cel  n'ai  nul  respit  pris. 
L'amors  m'angoisse  molt  toz  dis, 
que  ne  me  lait  repos  aveir. 
Molt  voldreie  de  fi  saveir 


9921  A  la  nuit  d.,  G  le  jor  d.  —  9922  G  il  nen  a.  —  9923  G  et  la 
n.  ;  EF  V.  a  dolor.  —  9924  H  et  regretoit,  EF  si  a.  —  9925  GEF  et  p.  lui. 
—  9927  H  et  s.  p.,  G  si  se  p.  —  9930  D  tenz;  F  i  ai  mis.  —  9931  y 
et  de  1.  p.  —  9932  H  Ne  porre  mie.  —  9933  et  9934  omis  dans  H,  D 
mestuet  a.,  G  convient  a.  —  9934  EF  nel  soufierroie  de  1.,  G  car  de  1. 
nai  mestier.  —  9935  H  Or  dure  plus  dun  an  un  jor,  D  II  a  plus  dun  an 
et  dun  jor,  G  Plus  dun  an  dureroit  uns  jors;  E  a  nul  j.,  F  en  cest  j., 
A  en  .u.  jors.  —  9936  D  qui  a  mal  ne  d.,  EF  qui  angoissos  est  par  d.,  G 
a  un  home  qui  a  dolors.  —  9937  H  m.  en  d.,  DEGF  m.  par  désir  (DE  de- 
sire);  A  d.  a  a.  —  9938  A  me  sant,  G  men  sui;  EF  vers  moi  meisme 
ai  mal  este;  DG  porfole.  —  9939  et  9940  intervertis  dans  A.  EF  que  m. 
m.;  G  ditel.  —  9940  A  molt  désir  a  avoir  m.;  D  fors  que  u.  m.  —  9941 
H  et  ge  de  ce  ai  r.  p.,  E  et  de  cel  ai  .i.  r.  p.,  F  et  de  co  nai  n.  r.  p.,  G 
quant  ensi  ma  amors  sopris;  AD  ai  n.  r.  p.  —  9942  H  amors;  D  et  1. 
mangoissoit  t.  d.,  G  qui  ensi  mangoisse  tos  dis;  F  amors  mangossent.  — 
9943  EF  ne  repos  ne  me  lait  a.;  G  quil  ne  mi  1. 

Bibliotbeca  Normaimica.  IV.  24 


370  IL  PARLE 

9945     s'el  se  tient  encor  en  l'amor 

dont  esprise  estait  l'altre  jor, 

et  el  setist  corne  ge  l'aim. 

Ja  m'a  Amors  pris  a  son  aim; 

il  m'aescha  de  la  pucele; 
9950    puis  que  primes  vi  la  donsele, 

ne  poi  mon  cuer  de  li  oster. 

Ne  fui  mais  destreiz  por  amer. 

Molt  par  i  a  estrange  chose: 

ki  bien  aime,  pas  ne  repose; 
9955    jo  ai  achaté  chierement 

lot  le  délit  que  g'en  atent. 

Molt  me  tarde,  molt  me  demore 

que  ja  la  bêle  me  secore. 

Or  est  l'ore,  s'est  repentue, 
9960     car  cuers  de  femme  tost  se  mue. 

Por  quant  ne  fait  mie  a  blasmer, 

s'el  se  tarde  de  mei  amer, 

que  ne  li  fis  pro  de  senblant 

que  de  li  me  fust  tant  ne  quant. 
9965     Forment  li  ai  mesfait  senz  faille 

que  senpres  enprés  la  bataille 

en  es  le  pas  n'alai  a  li; 

9945  GEF  sencor  se  tient;  E  en  tele  a.,  F  en  cel  a.,  G  en  li  a.  — 
9946  G  d.  ert  e.,  D  d.  destroite  ert,  E  d.  sousprise  fui.  —  9947  A  et  el 
resaust  com;  G  et  sel,  H  et  si,  D  et  elle;  EF  or  puet  (F  voel)  savoir  que 
atant  (F  quen  tel  io)  laim.  —  9948  E  Amors  ma  bien  prise  en  sa  main,  F  Or 
ma  amor  bien  en  sa  main.  —  9949  H  il  ma  aeschie  d.  1.  bêle,  D  il  la  sacha 
d.  1.  p.,  E  que  puis  que  le  pucele  vi,  F  il  la  casse  d.  1.,  G  il  ma  si  sopris 
de  la  bêle;  A  il  aescha.  —  9950  E  men  cuer  de  li  ne  départi;  GFH  pucele.  — 
9951  GH  puis;  GEF  torner.  —  9952  H  d.  ne  sui  m.,  A  une  ne  fui  d.  — 
9953  G  i  par  a.  —  9954  H  petit  r.,  D  point  ne  r.,  F  ne  se  r.  —  9955—9959 
omis  dans  H.    GFD  gen.  —  9956  GF  qui  men  apent.  —  9957  D  dévore. 

—  9959  D  a  cest  ore  s.  r. ,  E  or  sest  ore  puet  r.,  F  or  sest  or  sest  re- 
penteue,  G  or  ceste  eure  sa  r.  ;  H  repentie.  —  9960  GH  omettent  car. 
GH  f.  molt  t.,  F  t.  remue,  D  tantost  m.  —  9961  G  nen  f.;  H  pas,  F  trop. 

—  9962  G  s.  satarde,  F  ne  se  tarje.  —  9963  GFDH  car;  H  point;  G  c. 
nai  mie  fait  grant  s.  —  9964  HDEF  de  li  me  l  ne  t.  ne  q.  (DEF  ne  poi 
ne  grant),  G  que  il  de  li  me  fust  niant.  —  9965  H  Molt  fis  g.  folie  s. 
f.,  DEF  je  (E  ne)  li  forfis  (D  meffis)  f.  s.  f.,  G  molt  grant  folie  fis  s.  f.  — 
9966  H  quant  tantost,  G  que  jo  loes;  EF  me  b.  —  9967  omis  dans  H. 


DE  l'amour  371 

mesfait  l'en  ai,  pardon  l'en  pri. 

Ne  m'en  deit  porter  maltalent, 
0970     corroz  ne  ire  longuement. 

Amors  n'a  soing  de  longue  guerre, 

mais  ki  mesfait,  merci  deit  querre;' 

se  l'en  li  meine  un  poi  dangier, 

et  l'en  s'i  laist  alkes  preier, 
9975     se  li  redeit  on  pardoner, 

quant  on  li  ot  merci  crier. 

Molt  par  est  buene  l'acordance, 

quant  il  i  a  eii  meslance, 

et  molt  est  grant  ravivement 
9980    d'amor  un  poi  de  maltalent. 

Corroz  ki  trop  ne  dure  mie 

est  a  amor  eschamonie, 

molt  l'aguisë  et  enasprist; 

quant  l'uns  des  amanz  se  marrist, 
9985     molt  valt  après  l'acordemenz: 

ce  est  uns  renovelemenz. 

Mielz  valt  uns  seuls  baisiers  apruef 

que  ne  faiseient  devant  nuef: 

se  n'esteit  l'ire  et  li  corroz, 
9990    ne  sereit  si  buens  ne  si  proz. 

Ki  torment  a  eii  en  mer, 

plus  se  fait  liez  a  l'ariver 

que  s'il  l'aveit  seiirement 

9968  D  m.  li  ai,  EF  meflfais  en  sui,  GH  meffais  li  sui;  H  merci  1.  p.; 
y  li  p.  —  9973  et  9974  intervertis  dans  H.  EF  son  li  m.  un  p.  de  d.; 
Gr  alques  d.  —  9974  H  qui  meffait  a  et  velt  prier,  EF  ele  sen  laist  un 
poi  p.,  G  et  el  se  1.  longes  p.  —  9975  DE  se  li  doit  on  bien,  F  et  se  11 
doit  bien.  —  9977  D  m.  e.  b.  la  concordance.  —  9978  A  méfiance;  F 
q.  il  i  a  humelianche.  —  9979  A  angenement,  D  raunement;  G  bons.  — 
9981  Alinéa  dans  G.  —  9982  H  eschauferie;  EF  met  en  a.  grant  druerie. 
—  9983  EF  m.  fort,  G  forment;  yD  langoisse  (EF  angoise).  —  9984  A  uns; 
FD  sesm.  —  9985  et  9986  omis  dans  D.  H  m.  i  v.  li  recorderaenz,  EF  puis 
V.  li  reconciliemens.  -  9987  et  9988  omis  dans  H.  A  Mes  v.  —  9989  EF 
se  nert  li  ire.  —  9990  H  donc  ne  seroit  lor  amor  p.,  G  ne  seroient  si  sa- 
voros.  —  9991  DGEF  qui  tormente  a  en  celé  mer,  H  qui  t.  la  en  grant 
mer.  —  9992  GH  p.  sen  f.  —  9993  et  9994  omis  dans  G.  D  omet  que, 
se  il;  H  avoit. 

24* 


372 


IL  SE  REPROCHE 


passée  senz  altre  torment; 
9995    quant  a  eti  peor  de  mort, 

se  li  plaist  molt,  quant  vient  a  port. 
Si  fait  amors;  molt  plaist  forment 
'    enprés  un  poi  de  maltalent; 
bien  l'en  conois  dreit  a  m'amie, 

10000     se  ele  s'est  un  poi  marrie, 
car  grant  desmesuranee  fis 
que  demaneis  ne  la  requis, 
quant  la  bataille  fu  finee; 
maie  amistié  li  ai  mostree, 

10005    bien  le  conois  que  tort  en  oi. 
Noalz  fis  puis,  se  noalz  poi, 
que  ge  pris  terme  si  lointaing! 
S'il  m'en  peisë  et  ge  m'en  plaing, 
c'est  a  buen  dreit,  car  ge  mesfis 

10010    que  a  uitave  jor  en  pris; 

il  me  petist  trop  loin  sembler 
seul  a  demain  a  demorer; 
molt  est  bien  dreiz  que  m'en  repente, 
se  mal  en  ai,  que  plus  en  sente: 

10015     Onkes  puis  ne  me  repenti 
del  terme  qu'otreiai  issi 
fors  une  feiz;  celé  a  duré 
toz  tens  puis,  ki  molt  m'a  grevé. 
Molt  me  tornë  a  grant  enui. 


9995  G  quant  il  em  puet  venir  a  port.  —  9996  G  et  il  se  sent  gari 
de  mort,  HI  joie  fait  grant  quant  est  al  port.  —  9997  —  10001  omis  dans 
G.  A  ce  vers  D  s'arrête.  V.  l'Appendice  I.  —  9998  HI  avoir  joie  après 
m.  —  9999  HI  certes  donques  a  droit  m.;  F  le  c.  —  10000  A  que  el  san 
soit;  HI  vers  moi  m.  —  10001  HI  que;  G  molt  grant  tort  a  mamie  fis.  — 
10002  G  quant  jo  damor  ne  li  r.;  H  que  lors  manoirs,  I  que  lors  tantost. 
—  10003  HI  que;  G  q.  vi  1.  b.  f.  —  10005  I  b.  c.  q.  le  tort;  F  bien  re- 
conois;  G  se  t.  —  10006  I  noient  fis  puis  se  noient  p.;  F  sor  n.  p.,  E 
qui  n.  p.  —  10007  GHI  mis.  —  10008  y  se  (G  que)  ie  men  duel.  — 
10009  E  c.  la  m.  —  10010  HI  quant  ge  terme  duit  jors  i  mis,  G  que  a 
.vin.  jors  le  terme  mis.  —  1001 1  GHI  deust.  —  10012  I  a  d.  seul  ci  d.; 
GEF  s.  el  d.  —  10013  omis  dans  GEHI.  —  10015  E  men  r.  —  10016 
E  sotriai,  A  que  trovai.  —  10018  GHI  1. 1.  qui  molt  mara  (I  men  a)  g.  — 
10019  EF  Forment  me  t.;  GHI  M.  m.  t.  a  enui  ma  vie. 


d'avoir  différé  son  mariage 


373 


10020    quant  chascun  jor  pens:  „ee  n'iert  hui 
que  saisiz  seie  de  s'amor"; 
donc  ne  me  puis  tenir  de  plor. 
Molt  m'en  est  mal  a  eonsirrer; 
tant  devreie  plus  desirrer 

10025     que  li  termes  fnst  aeompliz 
et  que  de  li  fusse  saisiz. 
Mais  icist  jor  merveilles  durent, 
onkes  mais  si  lonc  jor  ne  furent, 
ge  pens  qu'il  en  a  en  un  treis: 

10030    cist  set  jor  valdront  bien  un  meis. 
Li  firmamenz  ne  puet  torner, 
molt  demorë  a  avesprer; 
li  solelz  ne  se  puet  eolehier, 
merveilles  tarde  a  anuitier, 

10035     et  donc  redure  la  nuiz  tant 
que  un  enui  i  a  molt  grant. 
Quant  li  solelz  est  resconsez, 
anceis  que  il  reseit  levez, 
pens  ge  mil  feiz  qu'il  seit  perduz, 

10040    criem  qu'il  ne  seit  ja  mais  veiiz, 
car  molt  tarde  et  molt  demore; 
ja  ne  cuit  puis  veeir  celé  ore 
que  il  reviegne  ça  desus. 
Quant  il  revient  tote  jor  m'us 

10045    por  esguarder  et  por  veeir 


10020  E  j.  que  dentre  wi,  GHI  j.  désir  mamie.  —  10021  F  mamor.  — 
10022  H  ne  p.  —  10023  A  M.  par  est.  —  10024  GHI  molt  d.;  EF  deiisse; 
GI  d.  dont  d.  —  10026  I  omet  et,  que  je;  EFHI  f.  de  li.  —  10028  HI  m.  jors 
s.  1.  —  10029  HI  ge  cuit,  E  ce  p.;  III  quen  un  i  en  a  trois,  E  que  il  a  en 
un  t.,  G  quen  .i.  ior  en  ait  .m.  —  10030  y  huit.  —  10032  EF  forment  d., 
GHI  molt  me  d.  —  10033  et  10034  omis  dans  EF.  —  10034  HI  molt  me 
demore,  G  forment  me  targe.  —  10035  F  adont,  HI  et  lors.  —  10036  y  si 
grant.  —  1 0037—10047  omis  dans  E.  GF  esconses.  —  10038  HI  jusqua 
matin  quil  soit  1.  —  10039  HI  crien  ge;  If.  ne  soit  p.  —  10040  HI 
lors  c.  que  mes  ne  soit  v.,  F  c.  que  jamais  ne  s.  v.  —  10041  F  c.  m. 
matarge  et  d. ,  G  car  forment  me  t.  et  d.,  HI  c.  m.  me  t.  et  me  d.  — 
10042  F  jo  n.  c;  GHI  ja  mais  ne  c.  v.  —  10044  F  et  très  que  il  est 
aparus;  A  q.  il  ne  vient;  HI  t.  nuit  m.  —  10045  F  si  met  grant  paine  a 
esgarder;  G  et  p.  savoir. 


374 


SUITE 


se  gel  verreie  ja  moveir, 
vis  m'est  qu'il  espleite  molt  poi. 
Mal  escient  et  fol  sens  oi 
qu'onkes  cest  respit  otreiai; 

10050     a  buen  dreit  est  ce  que  ge  ai 
et  a  noalz  me  puet  torner; 
tost  ai  veii  un  tens  muer. 
Quant  peiisse  prendre  m'amie 
donc  mis  ge  terme;  ne  fis  mie; 

10055    bien  tost  me  porreit  esloignier: 
il  nuist  sovent  a  porloignier 
chose,  quant  ele  est  aprestee, 
car  en  poi  d'ore  est  tost  muëe. 
Ce  face  l'en  que  l'en  puet  faire: 

10060    tost  tome  uns  respiz  a  contraire. 
Tôt  peusse  aveir  espleitié, 
por  dreit  neient  fu  respitié  ; 
se  fusse  or  toz  aseurez, 
si  eUsse  mes  volentez, 

10065     ne  me  fust  or  neient  si  fort, 
ainz  etisse  molt  bel  déport. 
Ki  bien  puet  aveir  et  sel  lait, 
dreiz  est  que  tote  honte  en  ait. 
Ce  dont  petisse  estre  saisiz 

10070    atent  encor,  si'n  sui  marriz; 


10046  F  se  je  veroie  un  point  torner,  G  se  jo  len  v.  m.;  HI  v.  aparoir. 
—  10047  A  qiiele  e,,  E  que  lesploite,  I  q.  sesploite.  —  10048  III  Mal  s.  et 
fol  (1  mal)  e.  G.  ;  E  M.  scient;  G  et  mal  s.  oi.  —  10040  111  quant  je  tel  r.  o.  — 
10050  HI  ai  (II  oi)  ce  que  jen  ai,  G  est  quanque  jeu  ai.  —  1 0051  I  et  a  noiant; 
A  pot.  —  10052  III  len  a  tel  fait  vcu  m  ,  G  tost  a  on  tans  veu  m.  EF 
ajoutent  4  vers.  V.  les  notes.  —  10053—10057  omis  dans  HI.  —  10054 
EF  jel  respitai  si  nen  fis  mie,  G  dont  mes  jo  t.  nen  pris  mie.  —  10057 
et  10058  omis  dans  F,  intervertis  dans  HI.  E  omet  les  vss.  10057—10079. 
III  ch.  qui  près  e.  a.  —  10058  HI  omettent  car,  en  molt  p.  d.  est  m.  — 
10059  HI  com  il  p.  f.  ;  F  doit  f.  —  10060  G  omet  uns.  —  10061  F  molt 
eusses  bien  esplotiet;  HI  bien  p.  —  10062  HI  ce  que  jai  si  lonc  r.;  G  n. 
a  r.  —  10063  F  omet  se,  or  f .  ;  HIG  et  se  f.  or  a.  —  10064  HI  davoir 
toutes,  F  et  fesisse,  G  et  seusse.  —  10065  A  mi;  HI  or  mie,  F  ore 
pas.  —  10066  I  trop  e.  plus  b.  d.;  F  grant  d.  —  10067  A  il  1.,  HI  le  let 
(I  lest),  F  si  lait.  —  10069—10077  omis  dans  HI     A  si  s. 


SON  MARIAGE 


375 


issi  en  sui  en  grant  dotanee; 
en  tel  leu  ai  vett  fiance 
0  l'en  fait  tost,  quant  vient  al  prendre. 
Sofrir  m'estuet  or  et  atendre; 

10075    il  i  a  molt,  n'en  pnis  or  mais. 
Toz  en  petisse  or  estre  a  pais: 
de  son  pro  s'estort  l'en  sovent; 
si  sui  ge  faiz,  molt  m'en  repent." 
Eneas  ert  en  grant  freor, 

10080    forment  par  desirrot  le  jor 
que  il  deveit  s'amie  prendre, 
molt  li  enuiot  a  atendre, 
et  a  li  resteit  il  molt  tari 
Chaseuns  le  voleit  de  sa  part; 

10085     angoissos  erent  entre  tant, 

S'altres  set  jors  durast  avant 
li  respiz  de  lor  asenbler, 
a  l'un  l'estetist  comparer, 
0  bien  tost  en  mesavenist 

10090    a  anbesdeus,  se  devenist. 

Quant  vint  al  terme  ki  mis  fu, 
qu'a  grant  peine  orent  atendu, 
li  reis  ot  ses  amis  semons 
et  mandé  ot  toz  ses  barons. 

10095     Contre  Eneas  est  fors  issuz; 
a  grant  joie  fu  recetiz, 


10071  F  et  molt  en  sui,  G  et  sui  enfin.  —  10072  GF  car  en  t.  1.  a 
on  f.  —  10074  A  antandre,  GF  aprendre.  —  1U0T5  F  molt  lonc  i  a.  — 
10076  F  tols,  G  tote.  —  10077  GF  se  tort.  —  10078  HI  si  ai  je  fait  or 
men  repent;  F  si  m.  r.  —  10079  sans  alinéa  datis  D.  HI  Heneas  desirre 
forment;  GEF  esror.  —  10080  A  granment;  HI  de  ses  noces  lassenble- 
ment.  —  10081  et  10082  intervertis  dans  HI.  IH  sa  famé.  —  10082  A  m. 
1.  enuie;  EF  en  grant  travail  ert  a  latendre.  —  10083  HI  omettent  et,  a 
la  pucele  r.  t.,  G  et  a  li  par  estoit  m.  t.  —  10084  HI  vosist.  —  10085  I 
santretant.  —  10086  I  d.  un  j.  com  .vni.  ou  tant,  E  se  a.  .viii.  j.  durassant; 
y  huit  j.  —  10087  GFHI  li  termes;  A  daus  .n.  asanbler.  —  10088  I  a  lun 
len  estent  c.  —  10089—10090  omis  dans  HI.  E  a  mesvenir.  —  10090  F 
avenist.  —  10091  sans  alinéa  dans  GEF.  —  10092  E  a  g.  p.  o.  entendu.  — 
1 0094  I  et  mande  trestouz,  F  et  asamble,  E  et  assambles,  G  et  a  m.  — 
I0o96  GHI  paine. 


376 


SES 


a  Laurente  l'en  a  mené. 
Veiant  els  toz  l'a  erité 
de  son  reialme,  de  s'enor; 

10100    tôt  li  a  otreié  le  jor, 

quant  sa  fille  fu  esposee. 
Grant  leeee  i  ot  démenée, 
molt  i  sonerent  istrument, 
molt  i  ot  esbaneiement. 

10105        Eneas  fu  a  rei  levez, 
a  grant  joie  fu  coronez, 
et  coronee  fu  Lavine, 
reis  fu  d'Itaile  et  el  reine. 
Onkes  Paris  n'ot  graignor  joie, 

10110    quant  Eleine  tint  dedenz  Troie, 
qu'Eneas  ot,  quant  tint  s'amie 
en  Laurente;  ne  cuida  mie 
qu'onkes  deiist  aveir  nus  oem 
en  tôt  le  mont  tant  de  son  buen. 

10115     Et  Lavine  recuidot  bien 

que  nule  femme  n'eust  bien 
fors  li  seule;  ne  poeit  dire 
nule  chose  ki  fust  a  dire, 
qu'ele  n'ettst  tôt  acompli. 

10120    Quant  li  reis  l'ot  de  lui  saisi, 
et  el  de  lui  se  fist  molt  liée, 
la  feste  fu  molt  eshaleiee; 
les  noces  durèrent  un  meis. 


10097  y  en  L.;  IIIE  la  amené.  —  10099  AI  de  samor.  —  lOlOl  A 
que  il  s.  f.  a  e.;  F  et  se  f.  —  10102  y  molt  g.  1.  i  ot  menée.  —  10103  EF 
il  i  ot  pluisours  istrumens. —  10104  EF  et  divers  esbanoiemens.  —  10105 
sans  alinéa  dans  A.  GUI  est.  —  10106  EF  molt  richement  f.  c.  — 
10107  G  rois  fu  et  ele  fu  roine.  —  10108  G  quant  coronee  fu  Lavine; 
EF  d.  ele  r.  —  10109  G  plus  granl.  —  10110  GEF  q.  tint  H.  d.  T.,  H  q. 
amena  H.  a  T.  —  10111  E  omet  ot,  que  E.  —  10112  G  ne  quidies  mie.  — 
10113  F  q.  peust.  —  10115  et  10116  omis  dans  A.  —  10116  III  rien.  — 
10117  G  f.  1.  nus  hom  ne  peust  d.;  EF  savoit  dire.  —  10118  GHI  que 
n.  c.  en  fust  a  d.  ;  F  li  f.  —  10119  indistinct  dans  A.  —  10120  E  de  li 
lot.  —  10121  et  10122  omis  dam  A.  HI  et  il  délie,  GEF  et  li  de  lui.  — 
10122  EF  la  ot  feste. 


DESCENDANTS 


377 


De  sa  terre  esguarda  li  reis 

10125     del  mielz  une  molt  grant  partie, 
la  0  Eneas  l'ot  choisie; 
en  son  vivant  li  otreia. 
Tote  sa  terre  li  dona 
que  sire  en  seit  après  sa  mort, 

10130     senz  ce  que  nus  l'en  face  tort. 
Eneas  ot  le  mielz  d'Itaire, 
une  cité  comence  a  faire, 
buens  murs  i  fist  et  fort  donjon. 
Albe  mist  a  sa  cité  nom; 

10135    molt  par  fu  riche,  molt  fu  granz, 
ses  enpires  dura  molt  anz. 
Longues  l'a  Eneas  tenue, 
puis  est  en  sa  main  revertue 
tote  la  terre  al  rei  Latin, 

10140    et  quant  il  râla  a  sa  fin, 
Aschaniiis  régna  après, 
et  puis  fu  si  com  Anchisès 
a  Eneas  l'ot  acontè 
en  enfer,  et  bien  demostrè 

10145    les  reis  ki  après  lui  vendreient, 
si  com  il  dist  que  il  naisti-eient  : 
l'uns  avant  l'altre  ainsi  sont  ne, 
com  a  son  fil  l'ot  acontè. 
Molt  furent  tuit  de  grant  poeir 

10150    et  descendirent  d'eir  en  eir, 


10124  GEF  garda.  —  10125  I  et  la  graignor  p.,  G  une  grande  p.  — 
10126  F  la  E.  lavoit  ch.;  G  la  saisie.  —  10127  H  a  s.  v.  —  10128  111 
et  sautre  t.,  A  tote  la  t.,  G  s.  terre  tote;  EF  de  toute  se  t.  (F  de  tote 
lautre)  lireta.  —  10129  G  omet  en;  GEF  quil  s.  —  1U130  Ici  s'arrête 
E.  —  10132  I  u.  c.  de  bonne  taille.  —  10133  F  bone  le  fist;  I  et 
fist  et  bons  murs  et  d.  —  10134  HI  la  c.  —  10135  F  r.  et  vaillans.  — 
10136  F  ses  barnages  d.  lontans;  HI  mainz  a.  —  10138  GIII  revenue.  — 
10141  I  la  tint  a.  —  10143  HI  lot  a  E.  a.  —  10144  I  e.  e.  est  bien  d., 
GF  et  en  e.  bien  d.  ;  HI  devise.  —  10145  HI  tout  ceus,  F  li  roi,  G  de 
cels.  —  10146  F  quil  naisteroient.  —  10147  GIII  si  s.  n.,  HI  furent  n.  — 
10148  F  omet  a,  si  com;  HI  tout  si  com  il  (I  t.  ainsi  com)  li  ot  mostre; 
G  demostrè.  —  10149  F  fort. 


378  FIN 

des  i  que  nez  en  fu  Reraus, 
de  eel  lignage,  et  Romolus  ; 
frère  furent  et  molt  fort  home. 
Cil  firent  la  cité  de  Rome 
10155     et  Romolus  H  enposa 
^  son  nom,  quant  primes  la  fonda. 

10152  HI  et  son  frère  dant  E.  —  10153  F  et  bien  f.  h.  —  10154  HI 
li  uns  fist  rains  et  lautre  R.  —  10155  A  li  col  posa.  —  10156  A  que 
primes  li  dona.  —  Après  ce  vers  GFHI  ajoutent  6  vers,  et  puis  F  en- 
core 4.     V.  les  notes. 


i 


Appendice  I. 


Voïct  la  fin  de  VEnéas  dans  D,  qui  depuis  le  vers  gççy 
s'écarte  des  autres  manuscrits  : 


Por  ce  se  la  belle  maime 
se  biau  samblant  de  moi  aie 
cil  comme  ie  vousisse 
saucun  contraire  ne  cremisse 
dont  mult  avient  a  finz  amis 
por  ce  sil  plaist  aus  diex  na  miz 
en  li  nature  ne  raison 
que  ne  maine  en  toute  saison 
mais  pour  oster  le  soupecon 
dont  mon  cuer  est  en  tel  façon 
car  iai  ainsi  lonc  terme  pris 
que  nulz  ne  la  saroit  penser 
qtien  li  seule  puet  on  puisier 
senz  valor  soulaz  et  mesure 
plus  quen  mille  autre  certure 
manderai  li  com  fins  amis 
en  quel  destroit  elle  ma  mis 
en  sa  douce  prison  serrée 
et  quant  vendra  la  désirée 
hore  du  jour  que  la  doi  prendre 
je  qui  si  sui  pris  sanz  reprendre 
que  ia  nul  jor  partir  nen  quier 
ice  seulement  li  requier 
(juelle  me  pardoinst  le  méfait 
que  si  poy  samblant  li  ai  fait 
dont  ie  croi  bien  quelle  se  deult 
et  ie  si  com  amor  le  veult 
et  me  commande  que  le  face 
<iue  de  biaute  na  sa  pareille 
li  pri  et  requier  et  conseille 
quelle  tiengue  son  cuer  en  ioie 
et  soit  certaine  que  ie  soie 
des  celle  heure  partiz  en  .11. 
quelle  mot  lancie  ses  vers  yex 


quant  la  saiete  descoicha 
o  son  douz  escrit  macroicha 
que  quel  part  que  mon  cors  soit 
elle  a  le  cuer  et  bien  le  doit 
avoir  car  sanz  lui  ne  porroie 
estre  en  espérance  de  ioie 
et  mes  ioies  lors  doubles  sont 
au  terme  mis  quasambleront 
li  cuers  et  les  membres  ensamble 
Eneas  qui  de  chalor  tramble 
appel  la  tost  un  mesagier 
por  ses  dolors  asuagier 
Malpriant  dist  il  vien  avant 
en  celle  cite  la  devant 
iras  parler  a  ma  pluuie 
la  belle  Lavine  mamie 
et  li  di  que  ne  li  desplaise 
que  nay  eu  ne  lieu  ne  aise 
de  mamor  li  faire  samblance 
cart  moi  mon  cuer  en  espérance 
du  cor(?)  qui  revenir  li  doit 
au  terme  de  ses  .vin.  jors  droit 
acorde  en  ai  a  son  père 
a  sa  douce  loyauté  père 
com  elle  mon  cuer  esgarda 
mon  cors  com  amis  et  espoz 
la  doi  a  lonnor  des  diex  prendre 
en  sa  belle  gentilz  main  tendre 
cest  anel  et  que  li  envoie 
porter  le  veuille  en  amor  moie 
en  ramembrance  pardurable 
de  fine  amor  toz  tens  estable 
et  de  cuer  amorous  et  fin 
li  aneles  na  point  de  fin 


380 


APPENDICE  I 


mais  roons  est  et  ferme  entor 
por  ce  senefie  quentor 
de  loyal  cuer  amor  enclose 
nen  puet  estre  por  voir  desclose 
ne  prendre  por  terme  termine 
si  coche  la  belle  Lavine 
quaveuc  cest  anel  li  envoie 
mamor  quella  le  cuer  de  moi 
por  moi  ne  face  jusqua  terme 
ne  sonspir  nangoisse  ne  lerme 
que  faire  seulent  amorous 
mais  dun  ramembrer  savorous 
paisse  son  cuer  en  douz  désir 
ie  voi  bien  le  vostre  plaisir 
et  entens,  ce  dist  Mauprianz 
as  diex  soiez  por  moi  prianz 
car  ie  menvois  tout  celle  part 
a  ces  mos  d'Eneas  se  part 
et  a  briement  dire  chemine 
tant  quil  vint  a  la  tor  Lavine. 

Or  a  Maupria  tant  tenu 
son  chemin  qui  est  la  venu 
ou  la  belle  Lavine  estoit 
quamors  tienent  en  lor  destroit 
et  dissoit  gentilz  Eneas 
se  oubliée  Lavine  as 
elle  por  ce  point  ne  toublie 
he  les  haus  diex  ie  vous  supplie 
que  par  tens  nouuelles  en  oie 
dont  plus  joyeuse  por  vous  soie 
por  mes  dolors  asouagier. 
atant  ez  vous  le  messagier 
qui  ceque  désire  li  porte, 
entrer  en  la  tor  par  la  porte 
li  portiers  li  a  tost  enquis 
qui  il  est  et  que  il  a  quis 
ie  sui  dist  ce  de  la  grant  Troie 
Eneas  par  deçà  menvoie 
que  paroUes  mande  a  Lavine. 
li  portiers  humlement  lencline 
bien  ait  dist  il  qui  vous  envoie 
et  vous  si  soiez  a  grant  joie 
par  .M.  fois  li  très  bien  venus 
ne  vous  yert  hui  contretenuz 
ne  de  torneile  ne  de  chambre, 
en  la  grant  salle  pointe  a  lambre 
len  a  mené  sanz  plus  atendre 


ou  la  gente  pucelle  tendre 
sarestoit  a  une  fenestre 
ou  mult  li  delitoit  a  estre 
car  Eneas  en  ot  veu, 
quant  ot  la  flèche  receu 
ou  elle  avoit  mis  lescrit 
si  com  devant  avons  descrit. 

Li  portiers  salue  la  belle 
franche  dame  gentilz  pucelle 
cest  homme  que  tien  par  la  main 
por  ce  dist  il  le  vous  amain 
quil  est  ou  meilleur  qui  puist  estre 
bons  cons  est  de  bon  ancestre 
ce  est  Eneas  li  cortois 
a  ma  porte  ie  men  reiois 
et  0  vous  lais  ie  franc  mesaie 
tantost  se  départ  comme  saie 
et  la  gente  pucelle  franche 
le  mesaie  prist  par  la  manche 
quant  que  rienz  li  peust  dire 
et  lanelet  du  doi  remire 
que  onques  mais  navoit  veu 
vous  soiez  le  bien  recheu 
ce  li  dist  la  belle  des  belles 
or  nous  dites  de  vous  nouvelles 

Dame  dist  il  a  vous  menvoie 
vos  amis  Eneas  de  Troie 
cui  cuer  avez  en  vostre  garde 
la  pucelle  lors  le  regarde 
et  respont  comment  Eneas 
tu  mon  cuer  de  mon  cors  ravi 
Eneas  puis  que  la  vous  vi 
ou  la  flèche  de  ceste  tor 
cheu  ne  fist  a  moi  retor 
li  mienz  cuer  ainz  est  o  vous 
li  mesaies  cortois  et  prous 
Mauprianz  respont  humlement 
dame  dist  tant  humblement 
com  plus  puet  Eneas  vous  prie 
et  com  a  sa  mie  sil  plie 
que  ne  tenes  a  mesprisance 
que  ne  vous  fist  autre  samblance 
quant  la  flèche  feistes  traire 
ne  puis  encor  car  de  contraire 
que  souuent  fait  amor  nuisance 
a  ades  este  en  doutance 
car  cuer  amorous  niert  ia  quites 


APPENDICE  I 


381 


de  douter  et  si  corn  vous  dites 
quil  a  vostre  cuer  si  sachiez 
que  li  sienz  cuers  est  atachiez 
dedenz  vous  et  quil  nen  a  point 
fors  si  comme  amor  le  ioint 
et  por  ce  que  ia  nen  desioigne 
comment  que  li  cors  saloinge 
vous  envoie  cest  anelet 
quainsi  comme  il  ne  sentremet 
ainz  sentretent  partot  et  ioint 
soiez  en  vostre  ai.  cuer  conioint 
en  fine  amor  si  faitement 
qua  touz  jours  soit  parfaitement 
de  vous  faite  con  .  . .  ance  (?) 
en  amor  sanz  point  desloiance 
Lavine  lanelet  esgarde 
la  main  i  tent  ne  plus  ni  tarde 
et  cil  li  baille  bonnement 
amor  sanz  amesurement 
la  lors  si  tresportee  toute 
et  ravie  que  dune  route 
plus  de  .c.  fois  lanelet  baise 
douz  amis  dist  elle  or  sui  aise 
et  de  toute  joie  remplie 
quant  de  vostre  amor  sui  certaine 
vostre  loyal  cuer  ma  garie 
je  ne  puis  mais  estre  marie 
por  delance  ne  por  terme 
failli  sont  mi  soupir  et  lerme 
ne  puet  mais  issir  de  mes  yex. 
quant  mont  octroie  les  haus  diex 
de  cel  seigneur  ce  que  prloie 
honnor  de  lui  et  damor  ioie 
lors  a  mis  lanel  en  son  doi 
et  dist  douz  amiz  ie  vous  vol 
mon  cuer  douz  amis  fait  lie  as 
douz  amis  gentilz  Eneas 

Or  ni  a  plus  dit  lors  Lavine 
a  mon  segnor  tante  mencline 
bien  sai  que  sa  graut  loyauté 
ne  li  laisseroit  cruauté 
penser  ne  faire  contre  moi 
de  riens  ne  sui  mais  en  esmoi 
for  de  faire  son  douz  plesir 
en  ce  seul  est  tout  mon  désir 
il  ma  a  soy  toute  ravie 
samera  ie  sui  sa  pluuie 


or  moctroient  li  haut  dieu  grâce 
que  le  sorplus  briement  parface 

Lavine  qui  mult  fu  ioieuse 
com  fine  loyaus  amoureuse 
dun  safir  et  dun  diamant 
refait  présent  a  son  amant 
en  .u.  anelez  afermez 
cist  safir  qui  ci  est  fermez 
dist  la  pucelle  a  Maupriant 
.m.  choses  va  senefiant 
roy  chaste  et  loyauté 
a  mon  seignor  la  royauté 
et  toute  lonnor  de  Laurente 
avec  ma  chastee  présente 
pour  la  loiaute  quen  lui  est 
neis  li  haut  dieu  sont  tôt  prest 
a  li  faire  honnor  ce  me  samble 
et  por  ce  li  envoie  ensamble 
o  le  safir  .i.  diamant 
que  a  vertu  que  li  amant 
que  loyaument  lesgarderont 
de  touz  perilz  le  garderont, 
après  a  la  pucelle  pris 
autres  iouiaus  de  noble  pris 
dont  largement  donne  a  mesaie 
et  li  prent  congie  comme  sage 
a  la  pucelle  de  bo  viaire 
et  a  son  seignor  sen  repaire 

Mauprians  de  la  riche  tor 
sem  part  et  est  mis  an  retor 
vers  son  seignor  qui  damor  art 
mult  li  demeure  et  est  tart 
que  de  celle  nouuelle  oie 
qui  de  lui  seul  atent  sa  joie 
le  messagier  a  tant  tenu 
son  chemin  que  la  est  venu 
ou  len  mult  forment  le  désire. 
a  briement  parler  va  tant  dire 
a  Eneas  quil  sesioisse 
celui  nestoit  ne  fol  ne  nice 
molt  grandement  sest  esioi 
du  mesagier  quant  il  loi 
de  Lavine  le  mandement 
et  tout  le  senefiement 
quelle  li  fait  en  son  présent 
gariz  sui  dit  il  mal  ne  sent 
car  pris  en  a  mult  bonne  cure 


382 


APPENDICE  I 


celle  i  a  honnor  procure 
dont  les  haus  diex  doi  lionnerer 
or  ni  a  mais  que  demorer. 
a  faire  la  vostre  besoigne 
que  cil  manaies  se  ioigne 
Eneas  li  preus  li  gentilz 
a  sa  besoigne  est  ententiz 
et  si  noblement  se  porvoit 
com  faire  devoit  et  savoit 

et  esponsa  ou (?) 

la  belle  cui  estoit  avis 
dedenz  la  cite  de  Laurenfe 
quant  pris  ot  la  pucelle  gente 
li  baron  de  terre  Latine 
qui  estoit  au  père  Lavine 
sacorderent  grant  et  menor 
a  lui  recevoir  a  scignor 
après  le  decez  de  lor  roi 
Eneas  qui  fu  sanz  desroi 
a  mesurez  cortois  et  saiges 


par  son  sens  par  ses  vasselaies 

conquist  il  des  barons  lamor 

quaprez  la  mort  de  lor  seignor 

paisiblement  la  terre  tint 

et  les  honnors  totes  maintint 

rois  en  fu  et  belle  Lavine 

sa  cortoise  monillier  roine 

et  vesquirent  en  bonne  pais 

tant  com  de  lor  jors  i  ot  mais 

sanz  anui  sanz  destor  de  guerre 

ainssi  vint  la  Latine  terre 

a  Eneas  qui  premerains 

des  royaus  la  tint  en  ses  mainz 

puis  que  il  ot  conquis  Turnus 

listoire  faut  il  ni  a  plus 

qua  mètre  face  en  mémoire 

or  nous  doinst  diex  du  ciel  la  gloire 

ou  cerubira  o  serafim 

ci  est  li  romans  a  la  fin. 


E  X  p  1  i  c  i  t. 


Appendice  II. 

Bien  que  nous  n'ayons  pas  cru  devoir  instituer  une  com- 
paraison suivie  entre  le  ms.  C  et  les  attires,  nous  trafiscrirmis 
ici  deux  interpolations  d'une  certaine  importance.  Pour  la 
première  (après  le  vs.  2çç6).  qu'on  compare  ce  qui  en  a  été 
dit  dans  l'Introduction;  l'autre  se  trouve  après  le  vers  iço2, 
et  se  retrouve  en  partie  au  vers  i8oy  suiv.  du  poème. 


I. 
Molt  volsist  estre  en  la  contre 
que  li  dieu  li  ount  destine 
son  piere  en  ad  araisone 
sire  di  mei  por  amour  de 
corne  ie  conoistrai  la  pais 
que  molt  y  ai  grant  travail  mis. 
filz  de  iout  ces  ne  deis  doter 
les  entresignes  te  puisse  counter 
quant  en  la  terre  arriveras 
tes  tables  de  faim  mangeras 
quant  ceo  te  sera  avenu 
des  tables  donc  me  creras  tu 
ja  mar  puisse  avant  irras 
illoec  endreit  te  resteras 
tant  irras  par  mie  la  contre 
que  une  lehe  auras  troue 
cile  lehe  blanche  serra 
douze  porceals  alaitera 
li  porcel  serount  tout  blaunc 
râlez  ja  puis  dilloec  avant 
enz  illoec  un  chastel  fermeras 
dont  tout  la  pais  conqueras. 


II. 

Lasse  fait  cel  vait  sen  il 
molt  sui  foie  par  foi  oil 
et  si  ne  parole  avec  mei 


dice  ne  prent  il  nul  conrei 
ahi  lasse  que  di  ge  mais 
quant  ie  nel  puisse  aver  sil  lais 
por  quei  por  ceo  quant  il  ne  mot 
ne  il  ne  bien  ne  respont  mot 
de  ma  mort  aprisme  li  termes 
onc  nel  porrent  flécher  mes  lermes 
ne  un  sospir  ne  ma  parole 
que  di  ge  mais  molt  par  sui  foie 
onc  ne  moit  tant  dementer 
qonqes  peust  por  ceo  plorer 
ne  ne  tourna  vers  mei  son  oil 
ne  li  est  gaires  si  men  doil 
onc  ne  me  fist  de  rien  semblant 
de  mei  ne  fust  ne  tant  ne  quant 
quant  il  de  rien  ne  me  comforte 
lasse  por  quei  ne  sui  ie  morte 
nous  sûmes  molt  diversement 
je  mure  damour  il  ne  sen  sent 
il  est  en  pais  ien  ai  les  maus 
amour  nest  pas  vers  mei  égals 
quant  ne  sen  sent  comunalment 
se  il  sentist  ceo  que  ie  sent 
quil  amast  mei  corne  ie  lui 
ne  partissons  iamais  nous  dui 
ses  divinailes  vait  disant 
et  ses  mensanges  vait  traiant 
dit  que  li  dieu  li  ont  mande 
qui  ount  sorti  et  destine 


384 


APPENDICE  II 


cornent  il  deit  mener  sa  vie 
et  quil  sen  aut  en  Lombardie 
dice  ont  ore  li  de  grant  cure 
molt  se  travaille  sanz  mesure 
et  molt  tienent  dice  grant  plet 
demandent  li  ceo  que  il  fait 
mais  par  ma  foie  a  eux  ne  chaut 
dont  il  vienge  ne  ou  il  aut 
ore  dit  que  de  lui  lor  est  tant 
quil  ne  fait  rien  sanz  lor  cornant 
por  quel  lont  il  donc  tant  coitie 
par  mer  par  terre  traveillie 
onques  ne  li  failli  lour  guerre  (fo.  169) 
ainz  que  il  venist  en  cest  terre 
quant  arriva  en  cest  pais 
esguarez  ert  que  foie  fis 
que  iel  rétine  ensemble  oue  mei 


ore  men  repent  et  faire  el  dei 
tout  son  talent  a  de  mei  fait 
ne  remandreit  hui  par  nul  plait 
quant  je  nel  puisse  mais  retenir 
Aie  sen  mestoet  morir 
donc  se  clame  maleure 
a  ycest  mot  se  rest  pasme 
quant  el  revint  si  sospira 
et  en  ploraunt  molt  se  blâma 
parle  comme  femme  desvee 
lasse  fait  el  quel  destine 
li  dieu  mont  fait  cest  dolour 
por  le  non  fei  de  mon  seignour 
a  qui  menti  ma  leaute 
molt  le  mont  bien  gueredone 
del  Troien  mont  fait  sevrer 
ore  sen  vait  par  haut  mier. 


Notes. 

25.    D  remj)lace  les  vers  25—55  par  les  vers  suivants: 

Dans  Eneas  estoit  en  Troie 

ne  li  membroit  mie  de  joie 

quant  la  cite  vit  degaster 

les  murs  et  lès  tors  eraventer 

et  detrenchier  les  Troiens 

en  conseil  prist  et  en  porpens 

sil  sen  pouoit  estordre  vis 

dentre  les  Grius  ses  anemis 

qui  tout  gastoient  par  lor  guerre 

encor  guarroit  en  autre  terre 

quant  vit  que  ne  monteroit  gare 

deffension  que  seust  faire 

eschapa  sen  si  com  il  pot 

par  les  destornees  que  sot. 
92.    Après  ce  vers  D  en  intercale  8  autres  que  voici: 

Danz  Eneas  par  mer  sen  fuit 

grant  gent  a  pris  en  son  conduit 

naigent  et  singlent  a  effors 

esloingnie  se  sont  bien  des  pors 

en  Lombardie  voult  aler 

illuec  voult  Troie  restorer 

et  la  cite  et  les  muraulz 

molt  soufferra  ainz  granz  cruaulz. 
100.     Comme  D  fait  défaut,  nous  aurons  un  choix  à  faire  entre  la 
leçon  de  A  et  celle  de  y.    Nov^  signalons  ce  premier  cas  où  nous  nous  dé- 
clarons franchement  en  faveur  de  A,  bien  que  le  nombre  des  autres  manu- 
scrits donne  quelque  poids  à  la  leçon  qu'ils  préfèrent. 

117.    Entre  les  vers  116  et  117  A  intercale  ces  deux  vers: 

vont  eles  trois  comunaument 

por  oir  an  lo  iuiement. 
199.    D  intercale  entre  les  vers  198  et  199  ces  quatre  vers: 

ondes  les  lievent  vers  les  nues 

et  quant  dilluec  sont  descendues 

de  desouz  eulz  voient  la  mer 

plus  que  ne  puet  .i.  arc  ieter. 

Bibliotbeca  Normannioa  IV.  25 


386  NOTES 

206.    La  forme  certan  au  lieu  de  certain  est  surprenante.  Pourtant  la 
classification  des  mss.  de  nous  permet  pas  d'éloigner  les  deux  vers. 

238.    M.  Paris  (Rom.  XVIII.  138)  préfère  la  le^on  de  G.     Nous  ne 

croyons  pas  que  la  faute  de  grammaire  que  contient  celle  des  autres  soit 

une  raison  suffisante  pour  ne  pas  suivre  la  classification.     Au  vs.  2949  il 

y  a,  avec  le  même  mot  dus,  une  faute  pareille  que  présentent  tous  les  mss. 

242.    Est-ce  que  la  bonne  leçon  est  cachée  dans  celle  de  A  ou  de  D? 

263.    D  intercale  les  deux  vers  suivants: 

de  tantes  nez  com  ie  liui  oy 

quant  ie  mui  ca  molt  en  ai  po)'. 
26.5.    D  intercale  les  deux  vers  suivants: 

ne  de  mengier  ne  de  dormir 

nerent  seur  fors  de  inorir. 
272.    D  intercale  les  deux  vers  suivants: 

»si  voit  de  Libe  le  rivaige 

cest  une  terre  molt  sauage. 
279.    D  intercale  les  vers  que  voici: 

des  nez  saillent  a  terre  fors 

de  grant  péril  furent  estors 

danz  Eneas  molt  liez  se  fet 

de  ses  .xx.  nez  nen  a  que  set  (Cp.  le  vs.  278) 

celiez  a  argent  el  grenier 

ainsi  vont  fors  esbanoier. 
291.    D  remplace  les  vers  291— 304  par  d'autres: 

Quant  preste  fu  par  le  gravier 

si  sont  tuit  assis  au  mengier 

la  char  mengierent  et  vin  burent 

que  fu  es  nez  quant  il  sesmurent 
Quant  beu  orent  et  mengie 

chascuns  se  fist  ioieus  et  lie 

de  ce  querent  venu  a  port 

mais  molt  lor  estoit  descontort 

quil  navoient  lor  compaignie 

que  en  la  mer  fu  départie 

en  doubte  erent  que  ne  savoient 

sil  erent  mort  ou  il  vivoient. 

448.    Depuis  ce  vers  jusqu'au  vers  471  D  présente  une  autre  version, 
que  nous  copions  id: 

Li  mur  sont  haut  espez  assez 
ainsi  est  close  la  citez 
tout  li  quarrel  sont  seelez 
a  fer  et  a  plom  bien  soudez 
a  sanc  fu  fais  touz  li  mortiers 
nen  abateroit  fers  naciers 


NOTES  387 

une  pierre  ne  un  quarrel 

par  icois  ne  hoc  ne  cisel 

H  mur  sont  assez  fort  et  dur 

a  .III.  perchiez  de  plain  mur 

assise  i  ot  une  fort  ter 

tiex  est  li  murs  fait  tout  entor 

en  la  cite  a  .un.  portes 

dolifant  sont  roides  et  fortes 

entaillies  a  desmesure 

des  ais  ne  choisist  on  iointure 

tout  sont  dargent  et  gon  et  lune 

aus  .iiii.  portes  a  chascune 

a  une  tor  et  .i.  donion 

les  tors  gardent  .iiii.  baron 

lor  terre  en  tiennent  et  lor  fie 

as  portes  sont  lor  maistre  sie 

a  chascun  deuls  estuet  avoir  {Cp.  4»i9,  470) 

.M.  chevaliers  par  estavoir 

devant  sa  porte  a  herbergie 

chascun  des  contes  sa  mesnie 

en  la  cite  sont  li  palais 

aus  citeainz  de  marbre  fin 

tel  mil  en  a  en  la  cite 

que  ne  criement  .i.  ost  mande^ 

se  uns  en  ert  au  plain  assis 

ja  par  assaut  ne  sera  pris 

molt  par  sont  riches  li  boriois  (Cp.  401) 

de  leur  avoir  ne  set  nulz  prois 

bien  est  la  ville  replanne 

assez  i  a  marcheandise 

illuec  vent  on  le  vair  le  gris  (=  450) 

que  len  aporte  en  cez  pays. 

coûtes  de  pailes  couuertoirs  (=  451) 

les  dras  de  soie  de  colours  (=  452) 

les  chiers  dossez  et  les  tapis 

et  les  cendaulz  et  les  tamis 

et  les  pailes  empereaus 

les  ehieres  porpres  naturaus 

nés  set  licheche  homme  penser  (=  45G) 

quil  ne  puisse  illuec  trouuer  (=  455). 

470.    Apres  ce  vers  GF,  et  après  le  vers  486  D,  intercalent  les  vers 
suivants: 

qui  de  defors  voit  la  cite 

les  murs  les  tors  la  fermeté   \ 

les  cheminées  del  palais  >  sont  omis  dans  D 

ja  si  rices  ne  verra  mais         ) 

25* 


388  NOTES 

un  teatre  ot  en  la  cite  (omis  dans  D) 

et  grant  et  large  et  bien  quarre  (D  omet  bien) 

de  murs  fu  clos  tôt  environ  (D  de  mur  ert  close  e.) 

desor  lentree  a  un  donion 

dedens  sont  li  degré  de  marbre 

ni  avoit  rien  qui  fust  fait  darbre  (F  il  ni  ot  riens  ki  ains  ftist  d. 

D  ne  ni  ot  r.  q.  onc  fust  d.) 
bien  i  a  plus  de  .m.  degrés 
aval  el  fons  si  est  li  près 
la  ou  on  jue  a  le  paleste  (FD  omettent  la) 
as  gius  paiens  quant  il  vient  feste  (D  out  f.) 
iloc  se  soient  assambler  (F  i.  soloient) 
cil  de  la  ville  por  joer. 

486.    D  ajoute  6  vers: 

moult  par  est  riche  la  cites 
de  toutes  riens  y  a  plentes 
de  la  coite  ne  uine(?)  gaire 
et  il  par  mer  et  il  par  terre 
de  toutes  pars  y  vient  le  bien 
nont  sorfrete  de  nulle  rien 

Pîiis  D  se  joint  à  l'interpolation  que  placent  GF  après  le  vers  470  ; 
après  quoi  D  ajoute  les  vers  suivants  qu'il  fait  suive  de  l'interpolation  de 
GF  après  ^14: 

A  un  des  cors  de  la  cite 

assist  Dido  sa  fermeté 

de  haut  mur  fu  clos  li  chastiaus 

molt  i  ot  tors  et  mangonnaus 

sous  lentree  de  ce  chastel 

dont  la  cite  de  Monmirel 

les  portes  sont  toutes  divuire 

lentaille  y  est  toute  tassire 

mis  y  a  or  en  tel  mesure 

quil  pert  par  mi  lentailleure 

molt  par  est  richiez  li  portiers 

de  son  fie  a  mil  chevaliers 

touz  temps  vest  vair  gris  et  ermin 

sériant  pert  mie  a  frarin 

la  principaus  tour  est  assise 

desor  une  faloise  bise 

haus  et  espes  en  est  li  murs 

qui  dedens  est  molt  est  seurs 

ne  crient  ne  siège  ni  assaut 

ne  vitaille  ne  li  defifaut 

dessus  el  souuerain  estauge 

la  maint  la  dame  de  Cartauge. 


NOTES  389 

ri  14.    AB  font  suivre  ces  vers: 
ot  grisolnes  et  sardoines 
esmeraudes  et  calcédoines 
agates  i  ot  et  iaspltes 
et  allectorres  (?)  et  safires 
et  autres  precioses  pierres 
de  plus  de  .m.(?)  manières 
tant  en  i  ot  que  tel  clarté 
giete  par  nuit  celé  cite 
que  de  set  liues  anviron 
pooit  an  choisir  lo  donion. 

GFD  intercalent  les  vers  suivants: 
Molt  par  est  rices  li  palais 
par  grant  nobilité  est  fais  (G  fu  f.) 
pains  est  a  or  de  totes  pars 
bien  i  sont  paintes  les  .vu.  ars 
li  cils  et  la  tere  et  la  mer 
et  qanques  on  set  porpenser 
des  cites  (DF  de  cipres)  est  tote  la  frame 
bien  fait  tex  sale  a  itel  dame 
tel  not  Daire  noteviens 
Nourons  César  ne  Juliens 

el  sable  (F  gable,  D  ganble)  sist  li  maistre  dois 
il  not  tel  amirax  ne  rois 
li  piler  furent  debenus 
qui  sostiennent  le  dois  dessus 
a  or  taillie  divoire  blanc 
et  de  meisme  sont  li  banc, 
en  mi  fu  li  sièges  roiax 
taillies  a  or  fais  de  cristals 
dargent  i  a  .i.  escamel 
sel  sostienent  doi  lioncel 
sens  ot  al  siège  apareillier 
la  siet  li  dame  a  sen  mangier 
Les  la  maisiere  très  son  dos 
naissoit  (D  restoit)  .i.  ceps  qui  molt  ert  gros 
onques  ne  fu  trancies  en  vigne 
ains  li  fist  faire  la  roine 
li  ceps  fu  dor  et  les  corgies 
et  les  brances  bien  entaillies 
li  rain  naissent  molt  soltilment 
del  cep  molt  ordenement 
les  crapes  (DF  grapes)  en  sont  mervilloses 
faites  de  pieres  precioses 
pieres  i  a  de  mil  manières 
forment  en  sont  les  crapes  (DF  grapes)  chieres 


390  NOTES 

bien  est  la  vigne  mise  eu  trolle 

desor  le  dois  a  grant  mervelle 

Il  escaillon  sont  fait  dargent 

qui  sus  sostiennent  le  sarment 

.XM.  oisiaus  a  en  la  trelle 

grans  et  petis  a  grant  mervelle 

de  fin  or  sont  bien  esmere 

li  menres  valt  une  cite 

li  ceps  est  gros  et  croes  (F  couers)  trestos 

et  li  flarabail  sont  par  desos 

quant  il  vente  si  font  canter 

les  oisiax  tos  et  voleter 

lonc  sa  grandor  cascuns  i  cante 

qui  cel  son  ot  por  nient  demande 

harpe  viele  son  de  corde 

nul  estrument  nen  dolc  orge  (D  ne  si  acorde,  F  ne  nul  dorloge) 

cascuns  oisiax  cante  a  sa  guise 

quant  li  dame  est  al  dois  asise 

onques  ni  finent  de  canter 

al  aseir  et  al  lever 

nis  uns  oisiax  ni  est  a  pais 

tos  en  retinte  (DF  retentist)  le  palais 

quant  si  cantent  ni  ot  on  gote 

dun  arbre  dont  lencens  dégoûte 

i  sont  les  tables  de  manières 

par  la  sale  grans  et  plenieres 

quant  Dido  siet  a  son  mangier 

ja  ni  ara  nis  .1.  huissier 

mius  vauroit  estre  prise  u  morte 

qui  eust  clos  ne  huis  ne  porte. 

515.    D  suit  une  autre  version  depuis  le  vers  515  jusqu'au  vs.  544. 
quen  deffendist  sa  garisson 
ne  a  verge  ne  a  baston 
en  la  sale  ot  mainte  verrine 
encor  mainte  chambre  perrine 
et  dedessouz  ert  li  celiers 
moult  y  avoit  autres  mestiers 
celle  cite  ferma  Dydo 
et  ce  voulout  dame  Juno 
pour  ce  quilluec  fu  coultiveè 
Cartaige  fu  molt  renommée 
touz  li  mons  fu  a  lui  enclin  (=  52;5) 
de  son  empire  ne  fust  fin  (=  524) 
la  capitoille  et  le  senne 
y  avoit  ja  tant  ordene 
qui  esgardent  les  iuiemens 


NOTES  391 

et  les  lois  donnaissent  aus  gens 

puis  fu  a  Rome  transporte  (Cp.  542) 

li  capitoille  et  li  senne 

encore  dont  ne  par  ert  mie  (=  545) 

celle  cite  toute  fomie  (==  546) 

encor  faisoit  Dido  ouurer  (=  547) 

aus  murs  aus  tors  pour  araser  (=  548) 

tant  ont  li  messaigier  eire  (=  549) 

que  il  vindrent  a  la  cite 

qui  Enea  envoia  qiierre 

lestre  de  lui  et  de  la  terre 

.1.  grant  temple  faisoit  Dido  (=  515) 

ou  coultivee  fust  Juno  (=  516) 

très  en  milieu  de  la  cite 

molt  i  avoyt  de  richete 

molt  y  avoit  or  et  argent 

molt  y  metoit  de  son  entent. 

544.     GFD  intercalent  ici  les  vers  suivants: 
devant  le  temple  est  li  roine 
dune  vermelle  alexandrine 
tôt  singlement  a  sa  char  nue 
estroitement  estoit  vestue 
afublee  fu  la  roine 
dun  chier  mantel  de  blanc  hermine 
covers  fu  dun  tyret  porprin 
et  lorle  fu  dun  sebelin 
od  un  fresel  ert  galonee 

dun  cercle  dor  fu  coronee  (G  dun  chier  fresel  molt  bien  olvree) 
la  loine  fu  gente  et  bêle 
et  tenoit  dor  une  vergele 
cels  qui  oevrent  amonestoit 
as  citeains  preceps  donoit 
molt  par  estoit  cortoise  et  sage 
et  molt  par  demeuoit  barnage. 

563.    D  2}^ésente  une  autre  version  jusqu'au  vs.  599: 
dame  fait  il  a  celle  rive 
est  arivee  la  gent  chaitive 
qui  de  Troie  sont  eschape 
li  Grieu  ont  prise  la  cite 
destruit  les  murs  et  les  donions 
lor  roy  occis  et  les  barons 
eschapames  nous  en  par  nuit 
illuec  nous  prist  en  son  conduit 
danz  Eneas  cest  nostre  roys 
preus  est  et  saiges  et  cortois 


392  NOTES 

uicsticr  avons  grant  de  sccors 

en  Lombardie  est  nostre  cors 

la  vouliommes  nous  aler 

mais  la  dedenz  en  celé  mer 

nous  accueilli  une  tormente 

qui  nous  livra  tout  de  entente 

li  vens  nous  fist  si  grant  rancune 

de  nous  .xx.  nés  en  mena  une 

des  autres  a  une  partie 

seure  de  nostre  compaignie 

se  ne  savions  ou  il  vertirent 

sil  naierent  ou  il  garirent  {Gp.  588) 

tant  nous  chaca  li  vens  a  rage 

que  venismes  en  cest  rivage 

por  garison  nos  a  tramis  {Cp.  593) 

danz  Eneas  en  cest  pais 

nous  navons  mestier  de  guerre 

si  nous  prions  en  ceste  terre 

nous  consentes  a  seiorner 

nos  nez  restraindre  et  afremer 

seur  soions  de  nostre  gent 

tant  que  aions  ore  et  vent. 

599.    D  rend  ainsi  les  vers  599 — 611: 

bien  say  laventure  Troiaine 
comfaitement  li  Grieu  lont  prise 
toute  la  terre  a  essil  mise 
car  ce  ai  je  tout  assaie. 

611.    D  remplace  les  vers  611 — 648  par  les  vers  suivants: 
Soiez  seur  en  cest  pays 
ne  trouuerres  ce  vous  plevis 
qui  vous  forface  de  noient 
tuit  soiez  seuz  de  ma  gent 
se  venir  veult  ca  vostre  sire 
de  moie  part  li  pouez  dire 
ne  mon  seiour  ne  mon  conroy 
nen  faudra  plus  que  a  moy 
li  mossaigier  quant  ce  virent 
ens  en  lor  cuer  sen  esioirent 
de  la  royne  ont  pris  congie  (Caj).  641) 
vers  la  rive  sont  repairie. 

662.    D  intercale  ces  vers: 

danz  Eneas  quant  ce  oy 
enz  en  son  cuer  sen  esioy 
les  diex  mercie  et  aore 
dun  sacrefice  les  honnore. 


NOTES  393 

687.     D  remplace  les  vers  687— '00  par  les  vers  suivants: 

Eneas  prent  les  chevaliers 

.XL.  estre  les  messaigiers 

les  autres  laissa  ou  rivage 

tant  quil  reviegne  de  Cartage. 
696.     F  intercale  ces  deux  vers: 

Avon(?)  molt  cri  se  vos  voles 

nient  nen  ferai  se  nel  loes. 

700.  Voici  les  vers  qu'intercalent  GFD: 
Askanius  remest  ses  fils 

qui  valles  est  biax  et  gentix 

Eneas  ert  .i.  gens  .i.  grans 

et  chevaliers  pros  et  vaillans  (D  ch.  p.  et  avenans) 

le  cors  ot  gent  et  bien  molle 

le  cief  a  blont  recercele 

clcr  ot  le  vis  et  la  figure  (D  faiture) 

et  bêle  la  regardeure  (FD  molt  fiere  1.  r.  ;  D  omet  et) 

le  pis  ot  gros  et  les  costes 

bien  Ions  et  deugies  et  molles  (D  1.  et  d.  et  bien  m.) 

dun  cendal  dandre  estoit  vestus 

qui  dun  fil  dor  estoit  coussus  (F  et  d.  f.  d.  molt  bien  c;  D  a  un  f.) 

un  mantel  gris  a  afuble 

calcies  fu  dun  paile  roe. 

701.  D  remplace  les  vers  701 — 706  par  les  suivants: 

les  mulz  amblans  traient  des  bariez 

adont  monte  et  son  barnages 

la  voie  prenent  ver  Cartage 

qui  uert  mie  loing  du  rivaige 

tant  ont  erre  et  mont  et  val 

que  il  virent  la  tor  royal 

les  murs  les  tours  et  les  palays 

ne  samble  pas  ville  de  pais. 
7U6.    A2)rès  ce  vers  GFD  intercalent  4  vers: 

Quant  la  cite  vit  Eneas 

de  lambleure  entra  el  pas 

.1.  poi  sest  atargie  derrer  (D  derrier) 

por  mius  la  cite  esgarder. 
707.    J'ai  pris  la  leçon  de  y,  parce  qti'elle  est  appuyée  par  ce  vers 
de  D:  „li  Troien  ont  tant  erre"  {(V.  c^-dessous). 
D  remplace  les  vers  707—722  par  ces  vers: 

li  Troien  ont  tant  erre 

quil  entrèrent  en  la  cite 

les  rues  passent  si  parvindrent 

enz  el  chastel  puis  descendirent 

devant  la  tor  par  les  degrés 

est  Eneas  amont  alez. 


394  NOTES 

T22.     Interpolation  de  D  âpre»  ce  vers: 
diex  sault  la  dame  Tyriane 
qui  la  chaîtive  gent  Troiaine 
a  receu  en  ses  muraulz 
et  ain  raliege  lor  travaulz 
puisque  nous  fumes  essilie 
premere  avez  eu  pitié 
de  nous  alianz  de  nostre  perte 
li  dieu  nous  en  rendent  déserte. 
Puis  D  se  rallie  à   GF  pour  V interpolation  que  ceux-ci  intercalent 
après  le  vers  722: 

el  lemmena  amont  la  tor 

en  lestage  superior  (D  enz  el  palais  empereor) 

Eneas  entra  el  palais 

onc  ainsi  bel  nen  entra  mais 

esgarde  lor  et  les  paintures 

les  maistres  dois  et  les  figures 

et  les  grapes  et  la  mervelle 

doisiax  qui  furent  en  la  trelle 

perçut  que  celé  est  molt  cortoise  (D  ert) 

qui  ert  dame  de  cel  ricoise 
li  Troien  molt  sen  mervellent 

entrax  le  dient  et  consellent 

molt  est  la  dame  prox  et  sage 

qui  se  déduit  a  tel  barnage 

voies  corn  a  bêle  maisnie 

gentil  cortoise  et  afaitie 

bien  doit  celé  tere  tenir 

qui  tel  gent  a  a  li  servir 

quant  Eneas  ot  esgarde  (  manquent  dans  D. 

le  pais  et  la  ricete  /  (F  palais). 

723.    D  remplace  les  vers  723—730  par  les  suivants: 

en  .1.  banc  sistrent  ambedui 

danz  Eneas  elle  les  lui 

sire  fait  elle  quel  destinée 

vous  amaine  en  ceste  contrée 

plus  que  vous  ont  greue  li  dieu 

pourquoy  vous  mainent  a  tel  rage 

ja  estes  vous  de  lor  lignage 

ja  fustes  vous  filz  Anchisen 

jouste  le  fluve  ïroien 

vous  ot  Venuz  quest  vostre  mère 

et  Cupydo  est  vostre  frère 

qui  est  damour  sire  et  maistre 

de  ces  dous  diex  vous  doit  miex  estre 

pieca  que  vous  oy  nommer 


NOTES  395 


et  que  i  ay  oy  pkjer 
de  vous  et  de  vostre  lignage 
bien  sai  questes  de  haut  paraie 
je  ray  souffert  molt  granz  ahanz 
mal  et  travail  et  paine  grant 
ainz  que  venisse  en  cest  pays 
par  moy  meisme  lai  apris 
comment  je  doy  avoir  pitié  (=  619) 
dôme  sel  voy  desconseillie  (=  d'io) 
se  vous  voulez  ci  remanoir 
une  chose  pouez  savoir 
je  tendray  vous  molt  richement 
et  vous  et  toute  vostre  gent 
naurai  plus  chier  le  Tirieu  (=  fi35) 
que  je  aurai  le  Troien  (=  636) 
danz  Eneas  forment  sesiot 
de  la  proumesse  que  il  ot 
que  la  royne  li  octrie 
de  tous  les  diex  molt  le  mercie 
a  ceulz  qui  erent  au  rivaige 
trammist  la  dame  de  Cartaie 
et  pain  et  vin  a  grant  foison 
char  et  oisiaus  et  venoison. 
730.    D  remplace  les  vers  730—764  par  les  suivants: 
Eneas  prent  .i.  sien  mesaige 
que  il  tramet  vers  le  rivaige 
son  fil  li  aille  amener 
et  si  commanda  aporter 
une  nosche  faite  a  esmaux  (Cp.  739) 
a  la  femme  Emphyorax 
danz  PoUinices  la  donna 
pour  son  seigneur  quelle  enseigna 
que  se  muoit  pour  la  bataille 
car  il  savoit  très  bien  sanz  faille 
sil  y  aloit  quil  y  morroit 
ja  de  Tebes  ne  revendroit 
la  nosche  vaut  .i.  grant  tressor 
une  corronne  de  fin  or 

aporter  et  .i.  chier  paille 

qui  aportez  fu  de  Tessaille 

a  or  cousu  et  bien  broude 

quant  Eneas  lot  commande 

li  mez  sen  tome  de  Cartaige 

onc  ne  fina  tresqua  rivaige 

ou  li  enfes  estoit  remez 

o  les  barons  son  père  auz  nez 

Aneas  est  enz  en  cartage 

Dydo  li  fait  molt  bel  estage.  {Cp.  738) 


396  NOTES 

764.    D  présente  une  autre  vers^n  des  vers  764—825: 
Venuz  sa  mère  i^dt  en  doubtance 
de  son  fil  nert  mie  a  fiance 
cel  estaige  forment  doutoit 
pour  ce  que  Juno  ne  lamoit 
de  lui  avoit  moult  grant  poour 
a  son  fil  vint  le  dieu  damour 
filz  Eneas  est  en  Cartaige 
en  Libe  une  terre  sauvaige 
m  oit  crient  elle  sauuaige  gent 
qu'il  ne  le  mainent  malement  (=  707) 
il  est  o  la  dame  remez 
por  son  fil  Ascanus  as  nez 
se  tu  euz  onques  de  moi  cure 
va  pren  son  vol  et  sa  figure 
ses  vestemens  et  son  samblant 
je  retendray  o  moy  lenfant 
touz  fait  prendre  ses  garnemenz 
dont  il  doit  faire  ses  presenz 
ensamble  o  toy  les  fay  porter 
et  a  la  dame  présenter 
et  avant  elle  tacollera 
et  doucement  te  baisera 
de  ta  flambe  de  ta  doucor 
lespireras  et  de  tamor 
molt  se  faindra  por  les  presenz 
et  plus  pour  ces  espiremenz 
li  diex  damors  fait  les  commanz 
del  varllet  a  pris  les  samblanz 
tel  cors  tel  voult  telle  figure 
tel  vestement  tel  aleure 
Venus  en  a  lenfant  porte 
celle  nuit  la  o  soy  garde. 

Li  diex  sen  tome  o  le  messaige 
o  les  presenz  droit  a  Cartaige 
enz  en  la  salle  en  est  entrez 
devant  son  fans  père  est  alez 
il  la  baisie  si  li  acline 
et  puis  le  baisse  la  rayne 
il  li  donne  les  garnemenz 
molt  par  fu  riches  li  presenz 
la  dame  molt  les  esgardoit 
nulle  richece  mais  ne  voit 
ne  nulle  rien  quelle  amast  tant 
des  garnemens  et  de  lenfant 
ne  de  tenir  ne  desgarder 
ne  se  pot  la  dame  soûler 


I 


NOTES  397 

tant  entendoit  as  garnemenz 
et  a  lenfant  qui  molt  ert  genz. 
815.    J'ai  cm  devoir  remplacer  cors  que  donnent  les  manuscrits  par 
cuer,  qui  me  paraît  offrir  un  sens  plus  suffisant. 

820.  Bien  que  nous  ayons  ici  le  groupe  A  contre  le  groupe  y,  nous 
préférons  la  leçon  de  ce  dernier;  il  est  évident  que  la  leçon  ae  K  provient 
d'une  confusion  avec  le  vers  précédent. 

826.    Apres  ce  vers  DGF  intercalent  les  vers  suivants  : 
En  la  sale  devant  lentree 

ot  une  image  tresgetee 

entaillie  de  blanc  argent 

faite  par  grant  encantement 

a  sa  bouce  tenoit  .i.  çor 

dyvoire  blanc  taillie  dor 

laige  comence  a  corner  (G  comencent) 

quant  la  roine  dut  laver 

ce  ert  ensaigne  a  ses  maisnies 

qui  fors  al  bore  sont  herbergies 

de  totes  pars  sont  assanble 

porte  ne  huis  ni  ot  gaite 

quant  la  maisnie  fu  venue 

molt  est  li  sale  comeue 

oirent  servant  et  dépensier 

et  senescal  et  botellier 

.c.  damoisiax  i  ot  de  prois 

qui  metent  napes  par  ces  dois') 

.1.  bacin  dor  ont  aporte 

et  la  roine  i  a  lave 

ses  mains  qui  molt  par  erent  blances 

Eneas  li  sostint  ses  mances 

quant  il  lava  a  son  service 
•    ot  i  serjans  de  mainte  guise 

pros  saives  vaillant  et  cortois  (FD  contes  et  dus  et  filz  de  rois) 

puis  lont  assis  al  maistre  dois  (FD  il  est  montes) 

la  dame  en  son  siège  lasist 

et  dautre  part  le  vallet  mist  (D  en  son  devant) 

qui  ia  lavoit  damors  esprise 

encontre  lui  se  rest  assise 

après  sasisent  li  baron  (F  environ) 

li  Troien  tôt  environ  (F  et  si  baron)  j    omis  dans  D 

quant  assis  sont  al  dois  roial 

as  autres  tables  la  aval 


1)  Après  ce  vers  D  en  intercale  deux  autres: 
aportent  pain  les  despensiers 
couuens(?)  salières  et  cuilliers. 


398  NOTES 

des  chevaliers  sont  assegies    i 

■la  sisent  les  gentix  maisnies  >  omis  dans  D 

il  i  ot  gent  de  mainte  guise    I 

si  comencent  a  voleter 

tôt  li  oisel  et  a  canter 

qui  sus  estoient  en  la  trelle 

dans  .E.  molt  se  mervelle 

asses  prisa  cel  déduit  mes 

que  quanques  il  vit  el  pales 

al  mangier  servent  la  roine 

.Lx.  enfant  de  la  cuisine 

et  altretant  portoient  vin 

es  nés  et  es  copes  dor  fin 

portent  plument  et  bon  clare 

et  bon  gerostre  (F  et  vin  flori,  D  burietas)  et  ysope 

a  son  dois  ot  riche  vaisele 

ni  ot  cope  ne  escuele 

ne  fust  de  fin  or  entaillie  (FD  qui  n.  f.  dor  bien  e.) 

et  dargent  servent  li  maisnic. 
83 1 .    D  remplace  les  vss.  881 — 845  2)ar  les  vers  suivants  : 

Ne  fu  a  dire  du  souper 

mengier  que  hom  seust  penser 

ainz  que  il  faillent  tant  y  ot 

sol  le  uoer  lor  amn(?)  ot 

et  quant  finez  fu  li  mengiers 

Dydo  commence  a  merveiller 

les  garnemenz  et  lor  bonté 

et  le  varlet  et  sa  biaute 

auques  estoit  commeue 

li  diex  lavoit  bien  enleue 

el  le  tenoit  en  son  devant 

de  lui  faisoit  ioie  raolt  grant 

elle  le  baise  et  acolle 

de  lui  amer  est  toute  folle 

de  lui  baisier  ne  set  finer 

molt  sen  puet  bien  consirer 

elle  ne  set  qui  il  estoit 

cuidoit  que  homme  mortel  soit 

mais  ce  estoit  le  dieu  damor 

qui  molt  la  mise  en  grant  freour 

quant  el  le  baisse  estroitement 

de  la  flambe  damor  lesprent 

il  i  tresperce  le  corraige 

par  la  bouche  li  met  la  raigc. 
837.    Apres  ce  vers  AB  placent  ces  vers: 

li  pales  fu  bien  portanduz 

dun  drap  qui  nest  mie  tissuz 


NOTES  399 

por  quarante  mars  dor  chargiez 
ne  fust  pas  li  dras  eslegiez 
chieres  pierres  i  ot  asez 
et  a  nonces  dor  tresgitez 
celé  quil  fist  nert  pas  vilaine 
ele  i  mist  plus  dune  semaine 
voire  set  anz  trestoz  passez 
ainz  que  il  fust  sol  compassez 
la  toile  ne  fu  pas  filée 
ainz  fu  o  molle  tresgetee 
ele  ni  valt  pas  .m.  U.  dargent 
car  trop  estoit  chier  garnement 
la  sale  estoit  très  bien  ionchiee 
mais  ce  niert  pas  derve  mailliee 
ainz  fu  despices  et  de  flors 
qui  m  oit  gitoient  granz  flairors 
hom  qui  an  cel  pales  autrast 
de  grant  dolcor  li  remanbrast 
an  tel  meison  orent  mangie 
li  Troien  a  grant  deintie. 
860.    A  intercale  après  ce  vers  les  six  vers  suivants: 
planteive  de  trestoz  biens 
de  li  nestoit  a,  dire  riens 
qui  deust  estre  en  riche  vile 
torz  i  avoit  près  de  mile 
ni  ot  celé  ne  fust  de  marbre 
onc  ni  ot  rien  qui  fust  fait  darbre 
(on  retrouve  ce  vers  dans  l'interpolation  de  GFD  après  le  vers  470). 

1196.    Après  ce  vers  D  intercale  les  sauvants: 
La  royne  ne  sapercoit 
de  la  poison  quelle  veoit 
molt  li  mue  ja  son  talent 
et  la  regardoit  molt  souvent 
li  Troyenz  par  grant  douceur 
ja  entroublie  son  seigneur 
quant  li  servises  fu  finiz 
et  des  oysiaus  li  chanz  f;iillis 
la  royne  remaint  au  doys 
ni  ot  se  barons  non  de  proys 
lautre  maisnie  ert  départie 
son  oste  prie  quil  li  die 
de  Troie  la  destrussion 
et  si  11  cont  la  traison. 

Ou  palais  ot  molt  grant  silence 
et  Eneas  la  li  commence 
tout  le  siège  a  aconter 


400  NOTES 

et  les  barons  toiiz  a  nommer 

et  ceulz  defors  et  ceuz  dedenz 

et  wistes(?)  de  tornoiemens 

et  les  assaulz  et  les  occises 

et  desconfitures  et  prises 

compta  comment  fii  mors  Hector 

et  racheté  son  .m.  pois  dor. 
Quant  .111.  fois  lorent  traine 

environ  Troie  la  cite. 

la  traison  dist  du  cheval 

ou  enclos  furent  li  vassal 

comme  li  Grieu  sen  destolirent 

et  cil  de  ïroye  li  ciuellirent 

par  ire  fu  la  cite  prise 

destruite  et  arse  et  malmise 

il  li  conte  ses  vasselaiges 

ses  prouesses  et  ses  barnages 

confaitement  se  deffendi 

et  en  quel  manière  il  gari 

com  eschapa  dentre  les  Griex 

par  le  commandement  aus  diex 

il  afaita  .i.  poy  son  compte 

que  len  ne  li  tornast  a  honte 

que  mie  deist  quil  sen  emblast 

par  coardise  sen  alast 

puis  li  compte  les  travaus  granz 

les  maux  les  paines  les  ahanz 

quil  a  souffert  et  anz  et  dis 

ainz  quil  venist  en  ce  pays 

conta  com  son  père  fu  mort 

ainz  quil  venist  a  Sichainz  port. 
1274.    Après  ce  vers  D  intercale  les  deux  vers  suivants: 

avez  vous  mal  toute  sui  saine 

quest  ce  donc  damor  sui  value 
et  F  intercale:         je  morai  certes  ne  vivrai 

que  ferai  jou  iel  vos  dirai. 
1320.    D  intercale  deux,  vers:  ^ 

nay  mais  que  faire  de  cestui  \ 

onc  nel  vi  mais  nen  conui. 
1025.    On  aurait  pu  prendre  la  leçon  appuyée  par  les  mss.  (ADF)      - 
et  accepter  une  faute  de  flexion.  ' 

1677.    F  remplace  les  vers  1677  et  1678  par  les  vers  suivants:  \ 

dites  ore  sire  vassal 

fis  ie  onques  vers  vos  null  mal 

percoi  me  deusies  ocire 

nenil  dame  cil  prist  a  dire. 


NOTES  401 

1684.    F  ajoute  les  deux  vers  suivants: 

je  ne  puis  mais  chi  remanoir 

ains  men  remu  par  estevoir. 
1706.    F  ajoute  les  deux  vers  suivants: 

Ne  vos  puis  mais  chi  retenir 

vos  en  lorai  très  bien  partir. 
1798.    Après  ce  vers  y  ajoute: 

aine  ne  fustes  fius  a  deuesse 
ains  fustes  nés  de  lyonesse  (HI  a.  f.  filz  a  1.) 
1899.    EF  remplacent  les  vers  1899 — 1903  par  les  six  vers  suivants: 

Anna  voit  bien  quil  na  mestier 

car  cil  na  soing  de  repairier 

se  li  dist  dame  naies  cure 

de  vostre  doel  faites  mesure 

co  mete  on  en  nonchaloir 

con  ne  puet  querre  ne  avoir. 
1 902.     Voici  les  vers  que  A  intercale  après  ce  vers  : 

quant  Dido  voit  en  mer  les  nés, 

et  lever  sus  sigles  et  très 

lors  a  tel  duel  par  po  nanrage 

sovant  regarde  le  rivage 

ne  diluée  pas  ne  se  remue 

les  nés  con  voie  a  sa  venue 

et  dit  ce  que  morir  lestnet 

quant  altremant  garir  ne  puet. 
1960,    y  ajoute: 

li  cuers  li  meut  sait  et  pantoise 

ce  que  tant  vit  forment  li  poise  (HI  quele  t.  v.,  EF  e.  q.  v.  t.). 
1978.    DGEF  ajoutent: 

quant  li  deu  nont  de  moi  merci  {Alinéa  dans  D) 
que  demor  jo  (F  que  ne  muir  jo)  que  (GD  qui)  ne  moci. 
2055.    EF  remplacent  les  vers  2055  et  2056  par  les  4  vers  que  voici  : 

comes  foies  amours  acont 

en  pluisours  lius  et  si  diront 

se  iou  amai  trop  folement 

je  men  veniai  molt  asprement. 
2068.    EF  ajoutent: 

a  cel  baisier  samour  lafole 

se  li  a  tolu  se  parole. 
2144.    EF  ajoutent: 

el  palais  a  molt  grant  silence 

et  Eneas  de  lesrer  pense 

ses  estirmains  crie  sovent 

ne  soies  nient  del  nagier  lent. 
2150.    Je  me  suis  décidé  pour  la  leçon  de  HI,  parce  que,  après  A, 
H  est  le  plus  ancien  mamiscHt  de  notre  roman. 

Bibliotbeca  Normannica  lY.  26 


402  NOTES 

2178.    GEF  ajoutent: 

de  sofrir  les  batailles  grans 
et  les  paines  et  les  ahans. 
(EF  intervertissent  ces  vers.) 

2226.    GEF  ajoutent: 

quil  (F  que)  set  que  lui  estuet  sofrir 
ains  que  il  puisse  a  ce  venir. 
2768.  La  classification  exigerait  très,  mais  les  deiix  vers  suivants  et 
la  leçon  de  D  nous  forcent  à  accepter  la  leçon  de  HI,  car  le  sens  est  évidem- 
ment: „les  mortels,  du  moment  qu'ils  souffrent  le  tourment,  perdent  la  peur, 
mais  ces  habitants  de  l'enfer  souffrent  à  la  fois  des  tourments  et  de  la  peur". 
Cp.  2778. 

2789.    J'hésite  â  accepter  cette  leçon  de  AHI  qui  n'est  pas  satisfai- 
sante, mais  celle  de  DGEF  non  plus.     On  s'attendrait  à  voldrent. 
2915.    A  remplace  les  vers  2915 — 2919  par  les  suivants: 

Lethes  a  non  cil  la  bevront 

qui  de  caus  laissus  iront. 
3021.    A  remplace  les  vers  8021— 3105  par  les  suivants: 

Et  Eneas  se  mist  an  mer 

detries  comence  a  vanter 

bnen  ore  ot  et  bien  vantant 

al  quart  jor  au  soloil  levant 

ditalie  a  choisi  la  terre 

molt  liemant  lo  vait  requerre 

la  ou  11  Toivres  chiet  an  mer 

fait  ses  nés  totes  ariver. 
3114.    G  ajoute: 

mais  sor  est  issus  de  grant  paine 

grignor  fortune  li  amaine. 
3148.    La  classification  exigerait  dejoste;  cependant  la  leçon  de  la 
famille  y  me  paraît  meilleure. 

3348.    D  ajoute: 

et  moree  ont  vee  ja  dis 

que  ne  laist  hom  de  son  pays. 
3665.    D  remplace  les  vers  3365  et  3366  par  les  vers  suivants  : 

sil  eust  point  de  hardement 

morir  vousist  miex  o  sa  gent 

quen  tel  manière  de  foir 

preudom  doit  a  honnor  morir 

mais  icil  vit  comme  mauvais 

ja  pris  ne  loz  ni  aura  mais. 
3586.    F  ajoute: 

le  cerf  doint  je  vous  ai  dit 
qui  uestoit  mie  bels  petit. 


NOTES  403 

3602.    D  ajoute: 

de  la  herde  se  part  a  taire 
veuit  sen  servir  a  son  repaire. 

3792.    F  ajoute: 

et  se  maison  tote  robee 
sa  garison  en  ont  portée. 

3952.    D'GF  ajoutent: 

li  Genevois  et  li  Pisan  (G  li  Negien  el  li  Puillan) 
et  li  Hongrois  et  li  Toscan. 
4273.    Les  vers  4273—4395  sont  remplacés  dans  HI  par  les  suivants  : 
Entre  Venus  et  son  seignor 
ot  mautalent  eu  maint  jor 
de  son  filz  Heneas  doutoit 
et  jour  et  nuit  molt  i  pensoit  (I  et  n.  et  j.) 
set  soufrir  li  convient  grant  guerre 
ainz  quil  ioisse  de  la  terre 
bien  vosist  enginier  cornent 
eust  armes  dor  et  dargent 
si  fort  fêtes  et  si  ovrees 
quil  ne  puisent  estre  fausees 
bien  set  par  el  passer  ne  puet  (I  nen  p.) 
son  seigneur  blandir  li  esteut 
Venus  sen  est  molt  entremise 
la  nuit  en  fu  lacorde  prise  (I  li  acort) 
quant  el  se  senti  de  lui  bien 
si  li  pria  seur  toute  rien 
reiaume  et  hauberc  tel  11  feist 
qui  par  nule  ame  ne  fausist. 
4378.    GD  ajoutent  deux  vers: 

que  li  proia  des  armes  faire 
encor  sel  sem  peust  retraire. 
4403.    Gignor.    J'ai  gardé  ce  mot  {écrit  iingnor  dans  A)   bienque  je 
ne  sache  pas  l'expliquer.    Est -il  un  dérivé  de  ingenium?     Cp.   Diez 
s.  v.  ingegno. 

4430.    GD  ajoutent: 

molt  par  estoit  bien  a  mesure 
et  molt  fu  de  bêle  faiture. 
4441.  Ce  vers  et  le  suivant  devraient  être  rejetés  à  cause  de  la  classi- 
fication, comme  ne  se  trouvant  ni  dans  A  ni  dans  D.  Cependant  le 
vers  4443  montre  que  ce  n'est  que  par  inadvertance  que  A  les  a  omis; 
les  foi-mes  féminines  dans  4443  ne  peuvent  se  rapporter  qu'à  „pierre" 
(V.  4442). 

4860.    DGEF  ajoutent: 

savoir  si  li  poroit  (D  se  il  y  peust)  choisir 
nul  feble  lin  por  assalir. 

26* 


404  NOTES 

4966.    HI  ajoutent: 

dant  Heneas  la  querre  irons 

et  avec  nos  len  amerrons. 
5192.    y  ajoute: 

ou  il  aloit  cui  il  estoit 

esbahiz  ert  si  se  tesoit  (G  il  taisoit  mot  ne  disoit). 
5320.    GFD  ajoutent: 

cil  del  chastel  atendent  tant 

que  il  i  fièrent  (F  quil  ferirent  de)  maintenant. 
5376.    F  ajoute: 

dont  se  commence  a  porpenser 

coment  il  i  poroient  entrer. 
5716.    Apres  ce  vers  A  intercale  les  vers  suivants: 

cant  Turnus  oi  qui  il  ère 

et  sot  queuander  ert  ses  père 

qui  le  soahoit  de  lonc  tens 

et  maintenoit  les  Troyens 

dist  li  ci  a  foie  ahatesce 

et  ne  me  seroit  pas  proesce 

ansorquetot  de  vos  ocirre 

ne  dun  tel  home  desconsire 

mes  se  cronoie  vostre  roi 

qui  ca  sest  anbatuz  sor  moi 

et  dit  li  deu  lunt  ca  tramis 

qui  cest  règne  li  unt  pramis 

si  lor  le  venoit  desraisnier 

et  de  moi  se  volsist  vengier 

ja  seroit  tost  finiz  la  guerre 

au  plus  fort  remeindroit  la  terre 

Paulas  sirasquast  un  petit 

de  ce  que  Turnus  li  ot  dit 

vassaus  fait  il  trop  vos  hastez 

cant  vos  Eneas  demandez 

ni  querroiz  autre  compaignon 

einz  que  de  cest  chanp  departon. 
5777.    y  intercale  les  deux  vers  suivants: 

a  grant  merveille  len  (G  li)  pesa 

tendu  a  lare  bien  lavisa  (F  si  lentesa;  HI  bien  1.  son  arc  tendu). 
5792.     y  ajoute: 

ains  commença  aval  aler  (HI  aincois  c.  a  entrer) 

esmeue  est  enmi  la  mer  (III  et  plus  et  plus  dedonz  la  mer, 

F  et  mieus  et  mieus  ens  en  le  mer). 
5824.    y  ajoute  les  vers  suivants: 

que  ceste  grant  dolor  sofrir  (F  q.  cest  g.  d.  longes  s.) 

et  ceste  peine  a  maintenir  (HI  il  mest  trop  grief  a  m., 

F  que  c.  p.). 


NOTES  405 

et  puis  GF  contirment: 

car  désormais  ni  penserai 
ne  de  cest  siècle  soing  narai. 
5996.    Apres  ce  vers  y  (sauf  Ej  ajoute: 

ou  champ  ne  volt  il  laissier  mie  (F  il  ne  v.  au  ch.  1.  m.) 

nis  un  sol  de  sa  compagnie. 
6056.    y  ajoute  les  detix  vers  suiva7its: 

por  faire  fu  as  tiens  ardoir  (GD  fai  fere  rez) 

asses  empren  et  main  et  soir  (GD  et  pren  du  bos). 
2niis  HI  co7itinuent  : 

pren  en  car  assez  en  avons 

et  nos  ensement  si  ferons. 
6088.    GEF  ajoutent: 

el  fu  les  misent  por  ardoir 

tos  les  ont  ars  en  es  le  soir. 
6130.    La  leçon  de  A  qtie  nous  avons  acceptée  dans  le  texte  pour  ce 
vers  est  confirmée  par  B  (C  sidt  ici  D);  celle  des  vers  suivants  se  trouve 
dans  ABC. 

6132.    Après  ce  vers  y  intercale  les  vers  suivants: 

puis  fist  les  (G  ses)  armes  aporter 

et  ses  despoilles  aprester  (HI  et  les  destriers  fist  enseller). 
6157.    A  intercale  les  vers  suivants: 

com  ele  est  gries  mortax  et  dure 

amis  tant  bêle  créature. 
6194.    y  ajoute  six  vers: 

car  puis  que  le  rose  est  coillîe 

li  solax  la  molt  tost  matie  (HI  flestrie,  E  brullie,  F  brusellie) 

petitet  a  puis  de  durée 

car  li  solax  la  tost  brullee 


omis  dans  EF 


si  est  de  toi  la  cars  noircie  \ 

des  puis  que  tu  perdis  la  vie  /  ^"^^^  ^^  ^^ 
6250.    y  ajoute: 

que  Eneas  renvoie  ariere 

tôt  mort  gisant  en  une  bière. 
6276.    y  ajoute: 

assis  les  ont  entor  le  bière  (HI  et  a.  tôt  e.  1.  b.) 

en  la  sale  ot  molt  grant  lumière  (EF  en  la  s.  en  ot  g.  l). 
6290.    y  ajoute: 

tôles  (HIE  ostez)  fait  il  nel  puis  veir 

ja  me  verrez  de  duel  morir  (G  v.  ne  quit  m.). 
6315.    GEFD  ajoutent: 

Menrai  (E  vivrai)  en  dol  et  en  tristor 

jamais  joie  narai  nul  jor. 


406  NOTES 

6324.    GEF  ajoutent: 

bien  sevent  pêne  par  oel  traire 

quant  ont  mestier  de  lome  (G  daucun)  afaire, 

bien  sevent  guerre  altrui  manaide 

mais  la  lor  est  malvaise  et  laide 

molt  bien  sevent  fol  losengier  (G  b.  s.  home  eslos.)  \    omis 

et  si  (G  sen)  rendent  malvais  loier  /  dans  F 

molt  mauvais  conquest  ai  de  Troie 

(G  mal  soit  que  il  vindrent  de  T.) 

car  il  (E  quil)  mont  tôt  tolu  (E  tolu  toute,  F  molt  tolu)  men  joie. 
6330.     GEF  ajoutent: 

tôt  (G  tost)  lot  soduit  dans  Eneas 

Pallas  biax  fils  biax  fils  Pallas 

et  père  et  fil  tant  enmiela  (EF  endnlla) 

dans  Eneas  (E  quensamble  li,  F  que  avoec  li)  quil  vos  mena 

a  son  chastel  por  lui  aidier 

car  il  en  ot  molt  (G  c.  molt  en  avoit)  grant  mestier. 
6374.    y  intercale  6  vers: 

plorent  baron  plorent  case 

li  chevalier  et  li  barne  (F  cil  b.,  E  li  c.  cil  baceler) 

et  (HI  li)  escuier  et  li  boriois  (EF  cil  b.) 

les  grant  dames  a  halte  vois 

(HI  et  li  vilain  et  li  courtois,  E  serjant  d.)- 

et  grant  dol  mainent  ces  puceles  (HI  g.  d.  demainent) 

gentils  et  frances  et  anceles  (HI  franches  dames  et  damoiseles). 
6489.    y  ajoute: 

qui  molt  fu  noble  et  molt  fu  fiere 

iloc  firent  .ii.  vers  escrire  (F  i.  si  fist). 
6496.    Peut-être  faut- il  écrire  Asfalte,  et  doit-on  voir  dans  ce  nom 
propre  une  place  fictive,  nommée  d'après  le  lac  d'Asphaltite,   d'où  provient 
l'asphalte.    „Bitume  d'asphalte"  serait  une  tautologie. 

6585.    On  remarquera  le  changement  apporté  dans  la  leçon  de  A. 
On  sait  que  A  est  très  inexact  quant  à  V  1. 
6608.    G  ajoute: 

et  esprove  et  coneu 

et  ai  ja  en  maint  liu  veu. 
6664.    J'ai  corrigé  ce  vers,  où  il  manque  une  syllabe,  en  y  insérant 
molt  qui  se  trouve  dans  HI  (V.  Erratum). 
6722.     Voici  ces  deux  vers: 

or  i  aves  io  croi  asses 

bataille  a  faire  nest  sautes. 
6756.    y  ajoute: 

Il  (HI  si)  li  respont  par  grant  contraire 

comme  cil  qui  bien  le  sot  faire. 
6860.    y  ajoute: 

grant  presse  i  ot  (G  a  molt)  a  fors  issir 

(HI  grant  p.  avoit  molt  (I  trouvent)  a  lissir) 

car  ni  quident  a  tens  venir  (G  car  a  t.  n.  q.  v.). 


NOTES  407 

6864.    y  ajoute: 

par  grant  ramprone  (HI  ramposne)  li  a  dit 

parles  a  moi  un  sol  petit. 
7008.    A  ajoute: 

que  le  champ  lor  firent  guerpir 

si  comancierent  a  foir. 
7022.    y  ajoute: 

venoit  si  près  de  la  cite 

a  halte  vois  sont  (I  ont)  escrie 

par  ces  murs  montent  (E  monte)  a  pooir 

tôt  sont  cargie  li  (F  cil)  aleoir. 
7068.    y  ajoute: 

molt  pueent  estre  hontos  cil  (HI  cil  dolent,  F  icil  vil) 

qui  (HIF  que)  femes  cacent  (E  cache)  issi  vil  (HI  si  vilment). 
7171.    y  ajoute: 

que  tos  les  els  estailissoit  (HIE  ebloisoit,  F  estinceloit) 

sus  en  lagu  ot  une  pierre. 

7203.  y  ajoute: 

morte    fu   loes    ce   fu    grans  dois    (G   intervertit  le  second 

hémistiche  du  vers  7203  et  celui  de  ce  vers-ci) 
car  jamais  ne  sera  pucele 
qui  mius  sace  seir  en  sele 
ni  mius  face  cevalerie 

ce  est  grans  dels  quant  (HI  quele)  est  finie 
dolant  en  furent  si  ami  (HI  en  sont  tuit  s.  a.) 
et  molt  liet  sont  si  anemi  (G  et  lie  en  s.  s.  a.) 
li  Troien  [molt  lie  sen  firent]. 

7204.  y  ajoute: 

issi  vet  li  un  en  sont  lie  (G  tôt  ensi  vaut  quant  un  sont  lie  ; 
E  issi  en  vait  que;  F  ensi  sen  v.) 

et  li  autre  en  sont  corocie  (G  si  sont  li  altre  c. ,  E  dont  1. 
s.  c,  F  dont  s.  1.  a.  c). 
7224.    GEF  ajoutent: 

li  tomois  est  del  tôt  remes 

grant  dol  demaine  li  barnes. 
puis  GHI  ajoutent: 

molt  sont  dolent  (G  grant  dol  font  tôt)  grant  et  menor 

ne  si  pueent  (G  porent)  tenir  de  plor. 
7240.    y  ajoute: 

Eneas  vait  a  (E  en)  son  repaire 

Turnus  plore  ne  set  que  faire 

a  Laurente  tôt  droit  sen  (G  en)  vait 

il  plore  et  crie  grant  duel  fait  (GH  omettent  et,  G  c.  dolor  f.). 
7242.    y  ajoute: 

li  chevalier  et  li  baron 

ne  faisoient  se  plorer  non. 


408  NOTES 

7297.    J'ai  tâché  de  corriger  ainsi  ce  vers  que  pas  un  des  mss.  ne 
donne  correct. 

7372.    D  ajoute: 

ne  onques  puis  que  li  Troien 

vindrent  par  deçà  seur  le  mien. 
7408.    GEF  ajoutent: 

et  daltre  home  et  daltre  feme 

on  nel  trova  en  tôt  cest  (G  le)  règne. 
7508.    y  ajoute: 

les  conveia  Turnus  a  pie 

puis  si  a  pris  dels  le  congie  (G  de  lui  congie). 
7535.     Voici  la  rédaction  de  y: 

(Près  del  temple)  ert  (E  est)  la  sépulture 

molt  fu  bien  faite  par  nature 

enz  el  mileu  dune  planece  (EF  car  faite  fu  toute  en  p., 
G  car  ele  fu  faite  et  planée). 
7567.    J'aurais  mieux  fait  d'accepter  dans  ce  vers  et  dans  le  suivant 
la  leçon  de  D;  également  au  vers  7570  (dis  piez);   au  vers  7576  la  leçon 
de  GEF  donne  un  sens  plus  satisfaisant  (premiers  au  lieu  de  pilers). 
7592.    GEFD  ajoutent: 

al  double  qui  venoit  desos  (D  quil  navoit  d.) 

arches  i  ot  trifoires  (G  divoire)  tos. 
7642.    EF  ajoutent: 

et  un  anel  tient  en  son  doit 

que  a  tel  dame  covenoit. 
7694.     GEF  ajoutent: 

le  destorbier  vos  voel  conter 

qui  auques  fait  (G  fait  a.)  a  redouter. 
7708.    GEF  remplacent  les  vers  7708 — 7713  par  les  suivants: 

se  uns  las  nel  (G  ne)  destent  premiers 

quest  par  engin  aparillies 

cil  las  ert  fais  de  bone  soie 

ne  quit  (E  croi)  que  on  ja  mais  tel  voie 

a  rejetoire  ert  afaities 

et  estoit  si  aparillies 

quil  tenoit  lare  tendu  tostens 

mais  sil  venist  un  po  de  vens. 
7718.    GEF  ajoutent: 

or  convient  le  vent  si  garder 

que  on  nel  (EF  ne)  laist  laiens  entrer 

et  quon  ni  laist  nului  sofler 

ne  cose  del  mont  adeser  (E  ne  nis  une  c.  a.,  F  et  nule  c.  a.) 

car  se  li  boions  destendoit  (EF  descendoit) 

et  li  colons  férus  estoit 

la  lampe  seroit  lues  (F  molt  tost)  keue 

si  esteroit  tote  perdue. 


NOTES  409 

7724.    y  ajoute: 

or  ont  ensi  tôt  afaitie  (HI  pour  ce  ont  si  t.  a.) 

que  nus  nira  sans  bon  congie  (G  q.  n.  rara;  HI  q.  n.  ni  aille  s.  c). 
7820.    „  Vous  me  conseillez  de  chercher  ailleurs  une  femme  et  de  vous 
rendre  votre  parole  {„et  que  je  rende")". 
8856.    EF  ajoutent: 

ce  ont  très  bien  acreante 

dambesdeus  pars  et  afie. 
7937.     J'ai  gardé  buens,  bien  que  cette  leçon  ne  se  trouve  que  dans 
A,  2}our  conserver  l'opposition  voulue  de  bon  et  mal. 
7992.    GEFD  ajoutent: 

molt  dois  estre  de  li  privée 

desor  te  puet  bien  caindre  espee  (G  d.  te  pues  c.  despee). 
Puis  EF  continuent: 

or  ce  puet  bien  mais  adouber 

comment  du  dois  armes  porter. 
8004.    EF  ajoutent: 

por  amor  doit  on  molt  soflfrir 

car  il  le  puet  très  bien  merir. 
8056.    EF  ajoutent: 

si  la  amours  traite  dun  dart 

que  il  le  plaie  bruist  et  art. 
8132.     C'est  un   dialogue  fictif  de   Lavinie  avec  elle  même.     Pou/r 
l'indiquer,  j'ai  séparé  les  vers  où  elle  parle  de  ceux  où  elle  se  repond  à 
elle-même   par    des  points    de    suspension.      Même    remarque  pour    les 
vers  8347  suiv. 

8347.     Comparez  la  note  au  vers  8132. 
8366.    EF  ajoutent: 

ja  ne  laurai  que  ne  vos  die 

nel  lais  par  autre  félonie. 
8454.    H  ajoute: 

car  sa  face  quele  avoit  tendre 

estoit  plus  pale  que  nest  cendre. 
8590.    il  dans  ce  vers  et  les  deux  suivants  c'est  „le  dru"  du  vers  8587. 
8900.    EF  ajoutent: 

luns  ne  lautre  pense  aillors 

molt  tost  lor  escapa  cis  iours. 
9130.    EF  ajoutent: 

quensi  li  ai  men  cuer  mande 

ensi  certes  par  vérité. 
9176.    EF  ajoutent: 

et  se  je  laim  tôt  a  en  vis 

contre  mon  cuer  mestoit  tout  dis. 
9188.    F  ajoute: 

car  dont  aroie  maie  vie 

se  sans  ami  estoie  amie. 


410  NOTES 

9362.    G  ajoute: 

destruite  sui  tote  par  Greus 

de  la  lignie  sui  as  dex. 
9640.    J'ai  pris  la  leçon  de  EF,  parce  qu'elle  me  semble  préférable 
à  celle  de  A. 

9846.    EF  ajoutent: 

et  dist  molt  li  est  poi  de  moi 

bien  le  conois  et  bien  le  voi. 
9868.     EF  ajoutent: 

que  estre  puis  avoeques  lui. 

ja  puis  naroie  nul  anui. 
9871.     G  remplace  les  vers  9871 — 9893  par  les  4  suivants: 

mais  ce  mest  tart  a  recovrcr 

car  ne  daigna  ca  regarder 

quant  il  se  parti  de  lestor 

bien  me  deust  al  cief  del  tor. 
10052.    EF  ajoutent: 

en  poi  deure  uns  signorages 

est  tresmues  et  uns  courages 

ensorquetout  ceste  amistcs 

si  ne  mestoit  mie  hérites. 
10156.    Ajirès  ce  vers  GFHI  ajoutent: 

Rome  fu  granz  et  bien  enclose 

a  merveille  fu  puis  grant  chose 

trestot  le  mont  ot  cm  baillie 

li  oir  en  orent  signorie 

qui  deneas  descendu  sont 

signor  furent  par  tôt  le  mont. 
Puis  F  continue: 

Li  contes  faut  nen  dirai  mes 

Eneas  ot  et  tôt  en  pais 

en  sa  vie  dusca  la  fin 

tote  le  terre  au  roi  Latin. 
Voici  ce  que  les  divers  manuscrits  mettent  à  la  fin  du  poènie: 

A    Qui  cest  romanz  aura 
.M.  sols  man  donra. 

H    Ci  fenist  le  romanz  deneas 
et  commence  Brutus  après. 

I     Explicit  le  roumans  de  Heneas. 

F     Chi  fini  Eneas. 


GLOSSAIRE. 


Les  noms  sont  cités  dans  la  forme  de  l'ace,  sing. ,  les  verbes  à 
l'infinitif. 

Pour  designer  les  déclinaisons  et  les  conjugaisons  auxquelles  appar- 
tiennent les  mots  cités,  j'ai  employé  les  signes  suivants  (à  l'exemple  de 
M.  Warnke,  Lais  de  Marie  de  France,  Bibliotheca  Normannica  III)  : 

m.  I  première  déclinaison  masculine  (père). 

m.  II         deuxième  déclinaison  masculine  (mur). 

m.  III       troisième  déclinaison  masculine  (seignor). 

f.  I  première  déclinaison  féminine  (fille). 

f.  II  deuxième  déclinaison  féminine  (amor). 

f.  III        troisième  déclinaison  féminine  (seror). 

V.  f.  I        première  conjugaison  faible  (guarder). 

V.  f.  II       deuxième  conjugaison  faible  (perdre). 

V.  f.  Illa   troisième  conjugaison  faible  (partir). 

V.  f.  Illb   troisième  conjugaison  faible  (inchoative)  (guarir). 

V.  fo.  I       première  conjugaison  forte  (fis). 

V.  fo.  II     deuxième  conjugaison  forte  (ars). 

V.  fo.  III<^  troisième  conjugaison  forte      I  oi  (Jiabui). 

V.  fo.  III^  troisième  conjugaison  forte    II  dui  (debui). 

V.  fo.  III"  troisième  conjugaison  forte  117  voil  (volui). 

V.  fo.  III<i  troisième  conjugaison  forte   IV  valui. 

h  initial  n'est  pas  compté  dans  les  mots  dérivant  du  latin;  on  les 
trouvera  sous  la  voyelle  qui  suit  h. 

ue  au  commencement  d'un  mot  est  marqué  par  oe,  mais  ces  mots 
sont  placés  sous  u. 


A. 

a  désigne  le  datif  120;  le  génitif 
694  ;  le  lieu  25  ;  la  direction  696  ; 
l'occupation  103;  le  but  1950;  le 
moyen  9431;  l'instrument  274;  la 
manière  89;  le  temps  101;  ^Zacé 
devant  le  complément  d'un  adjec- 
tif 162Q;  jusqu'à  622. 

aage  m.  II  âge  543. 

a  a  mer  v.  f.  I  aimer  1365. 

aancrerv.  f.  I  ancrer  3031;  (réf..) 
667. 

aate  agile  4068, 

aatir  r.  /".  Ilh  jn-ovoquer  4328; 
fré^.j  s'a.  contre  provoquer  quel- 
qu'un 5712. 

abaissier  v.  f.  I  abaisser,  ravaler 
1429;  (intr.)  3215;  ^ré^.j  se  baisser 
5769. 

abandon  m.  IZ  abandon,  risque; 
se  mètre  en  a.  s'engager  dans  un 
péril  963,  9054. 

abandoner  v.  f.  I  abandonner  614; 
laisser  4756  ;  (réfl.)  se  livrer  5223  ; 
se  laisser  aller  2629. 

abatre  v.  f  II  abattre  3181,  5736. 

abevrer  v.  f.  I  abeuvrer  2498. 

abiter  v.  f.  I  habiter  2517,  6575. 

aboier  v.f.I  aboyer  2579. 

abondos,  e  ayant  à  foison  860. 

abregier  v.  f.  I  abréger  9933. 

absent  absent  1245. 

acenerv.  /".  I  faire  signe  à,  appeler 
par  un  signe  1967. 

acerer  V.  /!  J  garnir  (V acier  4515. 

achater  v.  /".  I  acheter  4177,  6729. 

a  c  h  e  i  s  o  n /!  JI  occoMow  I401;cat*se 
99,  1115. 


acier  m.  II  acier  2317,  4304. 
aclasser  V.  f.  I    se  reposer  4924, 

5020;  Cȴ^.;  4903. 
aclin,  e  soumis,  incliné  523,  4808. 
acoillir  v.  f.  Illa  257;    attaquer 

1363,  4566;  rassembler  3773. 
acoler  r.  /".  J  embrasser  804,  7124. 
acomplir  v.  f.  IID  accomplir  762; 

expirer  (d'un  délai)  10025  ;  acompli 

ewfier  3780,  4349. 
aconita  f.  I  aconit  2584. 
aconsiure    v.  f.  II la     atteindre 

5652. 
aconter  v.  f  I  raconter  729. 
acordance/".  I  réconciliation  4391 . 
acorde  f.  I  paix,  amitié  6010. 
acordement  m.  II  réconciliation 

2065;  accord  6615. 
acorder   v.f.I   réconcilier   1055; 

s'accorder    6589;     ajuster    7596; 

fre^.;  7727. 
acorerv.  /^.  I  arrache^'  les  entrailles 

4635. 
acorre   v.fo.III"^    accowir   2455, 

6831. 
acostumerv.  /".  I s'habituei' à  7958. 
a cr e ir e  v.  f.  II  croire  1553. 
acreistrev.  /b.  Ili  *  /oire  accroître 

1556. 
adamas  m.  II  diamant  426. 
adenz  la  face  contre  la  terre,  sw 

le  ventre  1254,  5921. 
adeser  v.  f.  I  toucher  2752,  5174. 
adober  v.  f.  I  armer  4813. 
adonc  alors  4804. 
adoser  v.  f.  I  (refl.)  s'adosser  5946. 
adrecierv.  f.  I  rendre  droit  4251. 
aé  m.  II  vie  6314, 


414 


GLOSSAIRE 


aerdre  v.  f'o.  II  attirer  440. 

aeschier  i\  /!  I  amorcer  9949. 

afaire  m.  II  affaire  6759,  6871. 

afebleier  v.  f.  I  affaiblir  5979; 
(intrans.)  6344. 

afermer  u  f.  I  affermir  4248,  7327. 

afichier  v.  f.  I  affirmer,  déclarer 
143,  7342;  fixer  8897. 

afiër  v.  f.  1  promettre,  jurer  ()()67, 
8844. 

afiner  v.  f.  I  intr.  finir  7779. 

afoïr  V.  f.  II I<^  se  réfugier  3612. 

afoler  i7.  /".  I  blesser  6764,  9938. 

afonder  v.  f.  I  enfoncer  dans  Veau 
252. 

afubler  v.  f.  I  se  revêtir  de  1471. 

agenoillier  v.  f.  I  (réfl.)  s'age- 
nouiller 3546. 

agréer  v.  f.  I  agréer  7740. 

agu,  e  aigu  2569,  4235. 

aguait  m.  II  embûche  7225;  estre 
en  a.  guetter  7154. 

a  g  u  a  i  t  i  e  r  V.  /.  I  guetter  1548, 4S59. 

aguille  f.  I  aiguille  6431,  7544. 

agnillon  m.  II  aiguillon  8651. 

aguilloner  v.  f.  I  piquer  2593 

aguisier  v.  f.  I  aiguiser  9983. 

ah  an  m.  II  douleur,  peine  331, 
2196. 

ahi  interjection  1807. 

aidier  V.  /:  I  aiderUSS,  9654;  (réfl.) 
se  défendre  9117;  se  servir  de  5674. 

aïe  /:  I  aide  3426,  5844. 

aigle  f.  I  aigle  (enseigne)  7321. 

aignel  m.  U  agneau  5375. 

aigrement  durement  9926. 

aillors  ailleurs  1247. 

ainsi,  issi  aiwsi  263,  4243. 

ainz  adv.  ^/ws  foi  4592;  auparavant 
5760.  —  ^rep.  avant  70(1,  5757.  — 
conj.  marquant  l'opposition-  382, 
1681;  a.  que  (suivi  du  subj.)  avant 
que  37;  a.  ainz  le  plus  tôt  possible 
6840. 

ainzné  aîné  3649. 

air  m.  II  air  2936. 

ai  s  /".Il  ais,  planche  5411. 


aise  /!  I  occasion  5278,  7150;  ^iai- 

sir  1654. 
ai  s  il  m.  II  vinaigre  5350. 
aissele  f.  I  aisselle  5895,  7201. 
aive  m.  II  grand  père  9306. 
aj  ornée  f.  I  pointe  du  jour  5450. 
aj  orner    v.  f.  I  faire  jour   265, 

5082. 
ajosterv.  /".  I  réunir  5253,  6207. 
alaitier  v.  f.  I  têter  2610. 
albe  f.  I  aube  1267. 
albor  m.  II  aubour  1479. 
alcun,  e  quelqu'un  2425,  2767;  quel- 
conque 1802. 
alegier  v.  f.  I  alléger  8204. 
aleine  f.  I  haleine  2074,  3614. 
alemele  f.  I  alumélle,  fer  d'arme 

tranchante  4479,  5896. 
aler  v.  f  I  aller  39,  59;  (réf,.  avec 

en)  5466.  —  avec  le  partie,  prés. 

pour  périphraser  1831,  9583. 
aie  or  m.  II  galerie  4252,  7721. 
aie  lire  f.  I  train,  marche;  grant  a. 

5627. 
aliance  f.  I  alliance  1715. 
a  lier    v.   f.  I    réunir    63;    (réfl.) 

7269. 
alkes  M»  peu  336,  6383. 
alketes  un  peu  4516. 
alongier  v.  f.  I  allonger  1059. 
al  quant  quelqu'un  2805;  lia.  quel- 
ques-uns 1874. 
altel  m.  II  autel  1039,  6855. 
altre  autre  8509;  wewfre  awiremenf 

1190.  —  altrui  (gén.)  6623,   6898; 

(dat.)  1315. 
altrement  autrement  495,  8258. 
altresi  de  mêwte,  également  1553, 

1997. 
altretant   autant  1142,    4581.   — 

adv.  également  1995. 
altre  tel  ia  wême  c/iose  3308.    — 

adv.  également  5170. 
altr'ier  (1')  l'autre  jour  Si\b,  4147. 
alumer  V.  /".  I  allumer  289. 
alve  /".  I  wnfnère  de  la  selle  4061; 

C.?;  4259. 


GLOSSAIRE 


415 


amant  m.  II  amant  1306. 
ambesdeus,  andeus  tous  les  deux 

6067;  nomin.,  au  masc,  ambedui, 

andiii  286,  2373. 
ambler  v.  /".  I  aller  à  l'amble;  am- 
biant 4069. 
ame  f.I  âme  2120,  4947. 
amender  V.  /".  I  aller  mietix  9106. 
amener  v.f.I  amener  733,  2304. 
amer  v.  f.  I  aimer  1 OSO,  1 784. 
amer,  e  amer  8004. 
amertume  f.  I  amertume  8220. 
ametiste  /.  J  améthyste  6487. 
ami  m.  II  ami  236,  3492. 
amie  f.  I  amante  9095. 
amistié  f.  II  amitié  1705,  9072. 
amonester  r.  f.  I  instruire  1 647 ; 

exciter  1390. 
amont  en  haut  419,  2291. 
amonter  v.f.I  s'élever  (en  par- 
lant d'un  poids)  4434. 
a  m  o  r  f.  II  amour  32  ;  masc.  comme 

dieu  de  l'amour  8647. 
ampleis  davantage  4407. 
an  m.  II  an  332. 
anceis  adv.  auparavant  1383,  1584. 

—  conj.  mais  5197;  a.  que  avant 

que  417. 
ancessor  m.  III ancêtre  hi2,  2813; 

notn.  ancestre  1189. 
ancien,   e   âgé  3529,  4127;   vieux 

2414. 
ancre  f.I  ancre  1873,  57S9. 
andeus  v.  ambesdeus. 
anel  m.  II  anneau  3136. 
angoisse  f.  I peine  7909;  angoisse 

1443. 
angoissier  v.f.  I  tourmenter  1211, 

3047;  (réfi.)  s'efforcer  4405. 
angoisses,  e  enpeine  1632,  4861. 
angoissosement       terriblement 

8969. 
anniversaire  m.  II  anniversaire 

2160. 
anombrer  t?.  /".  I  compter  2819. 
anoncier  v.  f.  I  annoncer  1920. 
antidot  m.  II  antidote  8228. 


antiquité  f.  II;  estre  d'à.  être  âgé 

3123. 
anuitier  r.  /".  I  devenir  nuit  10034. 
aombrail  m.  Il  ce  qui  sert  à  abri- 
ter contre  le  soleil,  parasol,  bâche 

6131. 
aorer  v.  f.  I  adorer  3066,  3097. 
aovrir  v.  f.  III<^  ouvrir  1157. 
apaier  v.  f.  I  calmer,  réconcilier, 

contenter  1017,  8295. 
apaisier  v.  f.  I   (réfl.)    s'apaiser 

2549. 
apareillieri;.  f.  I  appareiller 2S2\; 

orner  7446;  préparer  1106,  1206; 

(réfl.)  s'équiper  700. 
apareir    v.   fo.   III^    apparaître 

2166.' 
aparler  v.fl  aborder  2838,  5966. 
aparté  ni  r  v.  fo.  III<'   appartenir 

1797. 
ap  e  1  e  r  v.f.I  appeler  730  ;  nommer 

4716. 
a  p  e  n  d  r  e  t\  /".  JJ  (impers.)  dépendre, 

convenir;  dont  li  n'apent  dont  elle 

n'a  que  faire  1400. 
a  p  e  r  c  e  V  e  i  r  v.  /b.  III^  apercevoir; 

(trans.)  2507;    (réfl.)   s'apercevoir 

812,  1953. 
apert  évident;   en   apert   ouverte- 
ment 1444. 
apertement    ouvertement     2106, 

6503. 
aplaneier  v.  f.  I  aplanir,  démolir 

23. 
aporter  v.f.I  apporter  734,  5936. 
a  p  r  e  n  d  r  e  r.  fo.  IJ  apprendre  2986  ; 

faire  l'expérience  618. 
après  adv.  plus   tard  330;    en  a. 

2168,  6060.  —  prépos.  après  6218. 
apresser  v.f.I  opprimer  2119. 
aprester  v.  f.  I  apprêter  290, 1045; 

(réfl.)  4840. 
aprismier  v.  f.  I  approcher  1060; 

s'approcher  46,  2506;  (réfl.)  2661. 
aprochier  v.  f.  I  approcher  4262, 

5491. 
apruef  après  799,  9987. 


416 


GLOSSAIRE 


apuier  v.f.l  s'appuyer  6922, 
aquiterv.  /".  J  acquitter  1 026 ;  céder 

5813. 
arachier  v.f.l  arracher  6255. 
araisoner  v.f.l  adresser  la  parole 

à,  aborder  953,  3627. 
aramir  v.f.III^  racoler  6883. 
arbaleste  f.I  arbalète  7287. 
arbalestier    m.    II    arbalétier 

4291. 
arbre  m.  II  arbre  62,  2413. 
arc  tn.  II  arc  286;   voûte   en   arc 

536,  7542. 
archet  m.  II  dim.  de  arc,  voûte  en 

arc  6440,  7568. 
archier  m.II  archer  3922^8812. 
arçon  m.II  arçon  4075,  5952. 
ardeir  v.fo.II  brûler  7,  567. 
ardor  f.  II  chaleur  8087. 
aresterv.  /".  I  (réfl.)  s'arrêter  1405, 

2711. 
argent  m.  II  argent  390,  4304. 
arguer  v.  f.  I   aiguillonner   1203, 

8935;  (réfl.)  s'efforcer  4405. 
a  ri  ère  de  retour  138,  731;  en  arrière 

1918;  auparavant  2503. 
ariver  V.  f.  I  aborder  306,  3029. 
arme  f.I  arme  899,  1945. 
armer  v.f.l  armer  437. 
arme  lire  f.I  armure  6982. 
aromatisierv.  /".  J embaumer 6386, 

7436. 
aronde  f.  I  hirondelle  5798. 
arteil  m.II  orteil  2566. 
asaier  Y.  essaier. 
a  saillir  v.  f.  III'^    assaillir   410, 

1418. 
a  s  ait  m.  II  assaut  442,  2182. 
asaoleri;.  /.  /  rassasier  5697. 
aseeir  v.  fo.  II  assiéger  1,  3894; 

bâtir  402,   421;   placer  509;   fixer 

9930;  fré/?.;  s'asseoir  725,  3039. 
asegier     u  /".  I     assiéger    4568, 

6564. 
a  s  e  m  b  1  e  r  t>.  /■.  I  (trans.)  rassembler 

305,    2229;    réwnir    3018;     (réfl.) 

s'assembler  49. 


aserir  v.  /*.  Illb  faire  nuit;  aseri 
tranquille  1219. 

aserrer  r.  /!  I  enfermer,  assiéger 
4323. 

aseiireement  avec  assurance 5\  16. 

aseiirer  v.  f.  I  assurer  3113;  ras- 
surer 658,  3695  ;  (réfl.)  se  rassurer 
5207. 

asez  pron.  indéf.  beaucoup  288.  — 
adv.  très  100;  èiew  3317;  avec  em- 
pressement  8590.  —  d'asez  1126. 

asfalte  aspfeaZ^e  6496. 

asoagier  v.f.  I  calmer  269. 

aspreme-nt  âprement  3730;  /br- 
tement  4403. 

atache  /".  J  attache  (ornetnent  de 
vêtement)  750. 

atachier  v.  f.  I  attacher  279, 
4261. 

atargier  v.  f.  I  (réfl.)  tarder  169, 


ateindre  v.fo.  II  frapper  9194. 
atendre    v.  f.  II    attendre    298, 

592. 
atente/".  I  attente  1332;  expectance 

670,  2762. 
aterminer  ■?;.  /".  J  ^er  irt  rfrtfe  de 

7831,  7853. 
a  tir  î?. /".  III f>  provoquer  7840. 
atoehier  v. /!  J  toucher  807,  2428. 
atorner  îj.  f  I  préparer  1645;  or- 

ranger    86,    8624;    tourner  2550; 

pousser,  porter  7947;  imputer  8717; 

fré^.j    se  ^OJ^ser,     se  persuader 

7888. 
a  traire  v.  /b.  Il  (trans.)    attirer 

3474,  3596;  apporter  6078;   ^ré^.j 

se  rendre  60. 
atrait  m.  II  avance   8371;    action 

d'attirer  3789,  3802. 
a  u  g  u  i  r  e  /".  I  augure  1920  ;  ar^  d'ew- 

c/i«nfer  1924,  1938. 
aiiner  v.  f.  I  réunir  4321;   ^ré/î.^ 

2487. 
aval  en  bas  692,  2378. 
avaler  v.  /".  I  descendre  1480;  /«ire 

descendre,  faire  tomber  9163. 


GLOSSAIRE 


417 


avant  en  avant  208;  auparavant 
134;  plus  loin  1547;  plttë  tard 
Mb;  plus  8550. 

aveier  v.  f.  I  guider,  montrer  le 
chemin  4684. 

a  veine  /.  I  avoine  355. 

aveir  avoir  1184.  —  &  =  il  y  a  i3, 
110.  —  n'i  a  neient  de  il  ne  faut 
pas  351.  —  molt  i  &  il  y  a  (dans 
lui),  il  est  1487.  —  employé  sui)st. 
avoir,  richesse  51,  7810. 

avenalment  gracietisenient  3996. 

avenant  gracieux  717. 

avènement  m.  II  arrivée  3096. 

a  V  e  n  i  r  V.  /b.  III<:  (impers.)  arriver, 
avenir  985,  8269.  —  avenant  arri- 
vant (sv^st.)  2438. 

aventiz  m.  II  étranger  5953. 

aventure  f.  I  événement  funeste 
1686,  5176.  —  mètre  en  a.  mettre 
en  péril,  abandonner  au  hasard 
209;  (réfl.)  se  risquer  962. 

avesprer  v.  f.  I  faire  nuit  4612, 
7271. 

aviron  m.  II  aviron  274. 

avironer  v.  f.  I  environner  2354; 
faire  le  tour  de  3191. 

avis  m.  II  avis.  —  ce  m'est  a.  il 
me  semble  329. 

aviser  v.f.I  dévisager  124. 

avoltire  f.  I  adultère  3295,  4370. 

avuec  avec  5548,  6139. 

azur  m.  II  azur  432. 

B. 

baaillier  v.fl bâiller  1231,  7923. 

bac  in  m.  II  bassin  4772. 

baer  v.  f.  I  ouvrir  largement.   — 

gole  baee  gueule  béante  490. 
bai,  e  bai  4053. 

baïf,  ve  ébahi,  bouche  béante  957. 
bai  le  m.  II  pallissade  9632. 
baiilie  f.  I  pouvoir.    —   aveir  b. 

de  avoir  en  son  pouvoir,   saisir 

5126. 
baillier  v.  f  I  donner  3223,  3260; 

saisir  5138,  5772;  manier  9515. 

Bibliotheca  Normannica  lY. 


baillir  v.  f.  III<*  gouverner.  — 
guerre  b.  commander  une  g.  1354, 
1410.  —  mal  bailli  tourmenté,  agité 
1235. 

baisier  v.f.I  embrasser  772. 

baisier  m.  II  baiser  773,  7963. 

baldekin  m.  II  nom  d'une  étoffe 
7639. 

b  a  1  d  0  r  /.  77  courage,  hardiesse  1130. 

bandon  —  a  b.  sans  ordre,  préci- 
pitamment 3742.  —  se  mettre  a  b. 
combattre  à  outrance  5330. 

banir  v.  f.  III^  proclamer  6071, 
7357. 

barbacane  f.  I  barbacane  413. 

barbe  fl  barbe  2450,  6387. 

b  a  r  b  6 1  é ,  e  barbelé,  garni  de  pointes 
5313. 

bargaigne  f.  I  marché  7121. 

barge  f.I  barque  84,  242. 

b  a  r  n  a  g  e  »».  77  Zes  barons  589, 3900  ; 
vaillance  6350;  puissance  2051, 
9360;  fait  d'armes  6294. 

barre  f.I  barrière  416,  923;  pièce 
de  bois,  de  fer  etc.  étroite  et  longue, 
barre  6111,  7443. 

baron  m.  777  nom.  ber  baron  406, 
2229. 

bas,  se  bas.  —  en  bas  5331.  —  par- 
ler en  b.  parler  bas  537.  —  porter 
b.  baisser  5870.  —  b.  vespre  avant 
dans  la  soirée  7239. 

base  f.  I  base  7551. 

bas  me  m.  77  baume  6472,  6512. 

bataille  f  I  combat  147,  873; 
meurtrière,  créneau  7334. 

batel  m.  II  bateau  2553. 

batement  m.  II  action  de  battre 
2707. 

batre  î;.  /".  77  battre  4401.  —  batu 
a  or  couvert  de  feuilles  d'or  749. 

beivre  v.  (o.  III^  boire  819,  2586. 

bel,  e  beau  AS,,  1487;  (neutre)  3867. 
—  en  aveir  le  plus  b.  avoir  le 
dessus  5994. 

bêlement  doucement  2599. 

bêler  v.f.I  bêler  5375. 
27 


418 


GLOSSAIRE 


bel  té  t-ll  beauté  3987;  ^i.  130. 

b  e  n  d  e  f.I  bande,  raie  4458. 

hender  v.f.  I  environner  1 474 ;  ga- 
lonner  1468. 

beneiiré  bienheuretix  2808. 

berbiz  f.  Il  brebis  5374. 

beril  m.  II  béryl  6428. 

berser  v.  f.  I  atteindre  avec  des 
flèches  287,  3569. 

berserez  m.  II  carquois  3576. 

besaguë  f.  I  hache  à  deux  tran- 
chants 4257.  Voir  Du  Gange  s.  v. 
bisacuta. 

besaive  m.  I  bisaïeul  9366. 

b  e  s  a  n  t  m.  II  besant  4430. 

besoing  m.  II  besoing  9148;  né- 
cessité, crise,  occasion  où  l'on  a 
besoin  de  quelqu'un  ou  de  quelque 
chose  1728,  4294;  secours  4971. 

besoigne  f.I  besogne  4393,  7068. 

h  este  f.I  bête  1802,  4049. 

b  es  ton  m.  II  béton  6514. 

b  e  t  u  m  e  i  m.  II  bitume  6496,  6498. 

biche  fl  biche  287,  743^   8570. 

bien  adv.  bien  618;  très  27. 

bien  m.  II  bonheur  651;  richesse, 
avoir  3319;  prospérité  66,  1124; 
vaillance  3928.  —  voleir  b.  vouloir 
du  bien  4227. 

bière  f.I  bière  5256,  6214. 

bis,  e  d'un  gris  brun  422. 

bise  fl  bise  4278. 

blanc,  che  blanc  423,  1962. 

b  1  an  ch  or  f.  II  ôtowc/ieMr  3996, 6191. 

blandir  v.  f.  IIIf>  flatter,  caresser 
4307,  6650. 

blasme  m.  II  blâme  9217. 

blasmer  v.  f.  I  accuser  6268;  blâ- 
mer 7355. 

blastengier  v.  f.  I  accuser  8765. 

ble  m.  II  blé  347,  3775. 

blecier  v.  f.  I  blesser  7083. 

b  liait  m.  II  tunique  ajustée  6393, 
7639. 

bloi,  e  blond  6385,  7091. 

bobant,  boban  m.  II  or^eii  2734, 
6648. 


boce  fl  bosse  3936. 

boche  f.I  bouche  808. 

bochete  fl   diminitif  de  boche 

3997. 
b  0  c  1  e  f.I  pointe  au  milieu  du  bou- 
clier 4463. 
b  o  f  u  m.  II  sorte  d'étoffe  6396. 
boiel  m.  II  boyau  491. 
bois,  bos  m.  II  bois  116,  2164. 
boisdie  f.I  félonie  6155. 
b  o  i  s  i  e  r  v.  f.  I  tromper  495 1  ;  faire 

faux  bond  7735;  faire  obstacle  996. 
bois  te  fl  boîte  7978,  9560. 
b  o  1  d  o  n  m.  II  grosse  flèche,  boujon 

7701. 
bondonos,  e  dont  les  trous  sont 

bouchés  par  des  bondons  2154. 
boner  v.f.I  borner  9758. 
bonté  fil  bonté  4005. 
bore  m.  II  bourg  282,  6592. 
borde  f.I  ferme,  cabane  281. 
borgeis  m.  II  bourgeois  461. 
bort  m.  II  bord  248,  5785. 
bos  V.  bois. 

boschage  m.  II  bocage  366,  3539. 
boschage  adj.  de  forêt  1802. 
bossu,  e  couvert  de  bosses  2446. 
bot  m.  II  coup.  —  de  bot  tout  de 

suite  3861,  7703. 
boter  V.  f.  I  bouter,  pousser  2152, 

5049. 
boton  m.  II  bouton  751. 
botoner  v.f.I  boutonner  4024. 
braie  f.I  (plur.)  braies  9157. 
braire   v.  f.  III<*   crier,   vociférer 

1879,  8079. 
brait  m.  II  cri  2706. 
branc  m.  II  épée  4498,  5247. 
branchu,  e  branchu  2413. 
b  r  a  s  m  e ,  prasme  /.  II  sorte  de  pierre 

précieuse  6454,  6521. 
braz  m.  II  bras  771,  2573. 
bretesche   f.  I   parapet    crénelé 

3157. 
bric  on  m.  II  sot  3637,  6900. 
b  r  i  e  f  m.  II  lettre  avec  son  enveloppe 

8779. 


GLOSSAIRE 


410 


brief  ve  court  4738. 

brie  ment  brièvement  100,  3335. 

brie  V et  m.  II  dim.  de  brief  8769. 

briser  f.  I  briser  (intrans.)  203, 
243. 

brocaille  f.I  broussailles  5128. 

brochier  v.f.  I  éperonner  7109. 

broigne  f.I  cuirasse  5779. 

brosder  v.f.I  broder  40 1 3. 

brosdeiire  f.I  bordure  69 1 8. 

bruire  v.fo.  II  être  rempli  de  bruit 
1461,  6846. 

bruit  m.  II  bniit  792.  —  a  un  bruit 
à  la  fois  1166. 

brun,  e  bnm  4058. 

brusler  v.f.I  brûler  2760. 

buef  boeuf  am. 

buen,  e  bon  J872  4507;  neutre  agré- 
able 317.  —  employé  substantive- 
ment, volonté  3284,  4114. 

b  u  e  r  adv.pour  son  bonheur  211,9141. 

buisine  f.I  trompette  5594. 

buisnart  m.  II  niais  6723. 

b  u  i  s  s  o  n  m.  IJ  buisson  5135.  —  tirer 
le  serpent  de!  b.  tirer  les  marrons 
du  feu  6899. 

b  u  s  c  h  a  i  1  m.  II  tapis  (?)  6132  (Cp. 
Godefroi  „toiles  et  buschaus"). 

b  u  s  c  h  e  f.I  bûche  6056. 

C. 

ça,  çai  adv.  ici  593,  612.  —  ç.  avant 
à  l'avenir  315.  —  ç.  sus  d'en  bas 
jusqu'ici  2328.  —  ç.  jus  ici  bas 
2502. 

cafe(?)  7458. 

c  a  1  a  d  e  m.  II  nom  d'un  oiseau  mer- 
veilleux 7467. 

calcédoine  f.  I  calcédoine  7653. 

Capitoile  m.II  Capitole  527. 

car  car  617. 

casser  v.f.I  casser  4443. 

catablati  lihb.  V.  DuGange  s.  v. 
catablattion. 

ce,  ço  pron.  dém.  neutr.  cela,  ce  38, 
875.  —  ce  que  qu^i  que,  combien 
que  8623. 


ceindre  v.fo.  II  ceindre  4814. 
ceinture  f.I  ceinture  3764. 
cel  pron.  dém.;  masc.   ace.  s  g.  391; 
nom.  sg.  cil  212,  2889;   fém.  celé 
28,  387  ;  ace.  plur.  masc.  cela  297  ; 
nom.  cil  58. 
célébrer  v.f.I  célébrer  4645. 
celeement  en  secret  1562,  3391. 
celer  v.f  I  cacher  1532,  2892. 
celestiël  céleste  572. 
celui  jprOTO.  absolu  788,  1276,  1307; 

nom.  cil. 
cembeler  attirer,  amorcer  5379. 
cendal  m.  II  demi-soie  7485. 
cendre  fl  cendre  1041,  2129. 
cengle  /.  I  sangle  4081;    clôture 

416. 
cent  cent  430,  6282. 
ceptre  v.  esceptre. 
cerchier  v.f.I  explorer  83,  359. 
cercle  m.  II  cercle  du  casque  4439. 
cercler    m.  II    cercle    du   casque 

6928. 
cerf  m.II  cerf  287,  3533. 
cerne  m.II  cerne  9301. 
certain,  e  certan  certain  206, 1394. 
certainement  certainement  934; 

d^une  façon  certaine  8506. 
cesser  v.f.I  cesser  266,  2365. 
cest  pron.  dém.;  masc.  ace.  sing.  ce- 
lui-ci; nom.  cist  3342;  fem.  ceste 
616;  nmsc.pl.  accus,  cez  164,  480; 
fém.  cez  6480. 
cestui^row.  absolu,  celui-ci  1308, 

3346. 
c  e  t  u  s  m.  II  nom.  d'un  monstre  ma- 
rin (Grec  xfjzoç)  4446. 
chace  f  I  châsse(?)  6130. 
chaceor  m.  II  cheval  de   chasse 

1458. 
chacier  v.f.I  chasser  385,  1446. 
chaeine  f.I  chaîne  2708,  6511. 
chaeir  v.  f  III<^  tomber  193,  3615. 
—  c.  malement,  c.  bien  (impers.) 
aller  mal,  bien  5942,  7816. 
chainsil  m.  II  toile  blanche  et  fine 
6391. 

27* 


420 


GLOSSAIRE 


c  h  a  i  t  i  f ,  ve  prisonnier  6279  ;  misé- 
rable 82,  1058. 
c  h  a  1  c  e  f.I  genouillière  4545. 
chalcier  v.  f.  I  chausser  6397.  — 
estre  chalcié  porter  un  vêtement 
autour  des  jambes  4025. 

chaleir  v.  impers,  il  importe  1417, 
6691. 

chalemel  chalumeau  6467. 

chalenge  m.  II  contestation  7752, 
8329. 

chalengier,  ch&longieT  v.  f.  I  exi- 
ger, disputer  6670,  6895. 

chalor  f.  II  chaleur  4042. 

chalt  de  chaud  4040,  8126. 

ch&mhcllenc m. II chambellan  730. 

chamberiere  /.  I  femme  de  cham- 
bre 1269,  3978. 

chambre  f.  I  chambre  1214. 

champ  m.  II  champ  2164,  5858. 

champaigne  f.  I  campagne  366, 
3539. 

c  h  a  m  p  e  1  qui  se  passe  dans  la  plaine 
2182. 

chanceler  v.  /".  I  chanceler  5737. 

chandeliers.  II chandelier  3554. 

chane  f.  I  vase  2131. 

c  h  a  n  g  e  w.  JI  échange  8622.  —  estre 
a  ch.  aimer  à  changer  8307. 

changeor  variable  8282. 

changier  v.  f.  I  changer  6196.  — 
ch.  la  vie  v.  vie. 

chanter  v.  f.  I  chanter  1147. 

chapele  f.I  chapelle  6854. 

chapitel    m.  II   chapiteau    6445, 
7554. 

chaple  m.  II  carnage  bOôi;  combat 
5962. 

chapleïz  m.  II  combat  5989. 

chapler  v.  f.  I  combattre  3513. 

char  f  II  chair  2121,  4012. 

char  m.  II  char;  machine  de  guerre 
4261,  5335. 

characte  m.  II  signe  1038. 

charbon  m.  II  charbon  2449. 

c  h  ar  g  i  e  r  V.  /".  J  charger  2749,  3759  ; 
se  charger  de  3767;  confier  4547. 


charme  m.  II  formule  d'enchante- 
ment 2600. 
charnel  charnel  8923. 
charoigne  f.I  charogne  5699. 
charriere  f.I  charrière  6952. 
chascun,  e  chacun  111,  832. 
chasé  m.  II  les  vassaux  7527. 
chasiz,  chassiz  m.  II  châssis  514, 

6424. 
chasne  m.  II  chêne  1921. 
chas  tel  m.  II  château  256,  4316. 
chastelet  m.  II  dim.   de  chastel 

3721. 
chasti  m.  II  avertissement  8545. 
chastiër  v.  f.  I  instruire,  avertir 

8543,  8549. 
chemin  m.  II  chemin  448,  6958. 
chemise  f.I  chemise  7638,  9161. 
chenu,  e  chenu  2268. 
cheval  m.  II  cheval  ."^57. 
chevalchier  v.f.  I  aller  à  cheval 

703,  3581;  (actif)  monter  4047. 
chevalerie  f.  I  chevalerie  2667.  — 

faire  c.  agir  en  chevalier,  être  vail- 
lant 6285. 
chevalier  m.  II  chevalier  311. 
cheveçal  m.II  têtière  4071. 
chevel  m.II  cheveu  2011,  4009. 
chevetaigne  m.  II  capitaine  il  09. 
cheville  f.I  cheville  249. 
chevrol  m.  II  chevreuil  9567. 
chief  m.  II  tête  1040,  5906;  bout 

4670;  maître  521.  —  el  premier  ch. 

d'abord  8780.  —  al  ch.  del  tor  à 

la  fin  8675,  9866. 
chien  m.  II  chien  1460,  4752. 
chier,  e  cher  741.  —  avekch.  aimer 

635.    —    employé   adverbialement 

3636,  5756. 
chiere  f.I  figure  6257. 
chierement  cher  5508. 
chierté  f.  I  amour  4197. 
chois  w.  II  choix.  —  a  ch.  6055. 
choisir  v.f.  III^  choisir  357,  4852; 

voir  293,  2009. 
chose  f.  I chose  1908,  4804;  affaire 

9439. 


GLOSSAIRE 


421 


(t  h  o  s  e  r  v.f.I  invectiver  6268. 

ci  adv.  ici  218,  590. 

ciel  m.  II  ciel  93,  2638. 

cierge  m.  II  cierge  837,  3557. 

cimaise  f.I  cymaise  6445,  7555. 

cinc  cinq  443,  5396. 

cinquante  cinquante  890. 

citaain  m.  II  habitant  de  ville  11. 

cité  f.II  ville  forte  5,  348. 

ci  voire  ciboire  446. 

clamer  v.  f.  I  réclamer  6698;  (réfl.) 
s'appeler  en  se  plaignant  232  ;  avan- 
cer des  prétentions  6612;  se  plain- 
dre 8199.  —  c.  quite  v.  quite. 

clam  or  f.  II  réclamation  3797, 
8195. 

cl  are  m.  II  espèce  de  vin  de  miel 
6382. 

clarté  f.  II  clarté  836,  2433;  lu- 
mière 197, 

cler,  e  clair  4476;  neutre  5132, 

clignier  m.  II  clignement  7881. 

clore  v.fo.II  fenner  1436,  5544. 

closture  f.I  ce  qui  sert  à  fermer, 
à  boucher  249;  enceinte  5407. 

clou  m.  JJ  cZott  4522. 

c  o  a  r  d  i  s  e ,  coardie  f.  I  lâcheté  2406, 
5679. 

coart  lâche  3367,  5564. 

cocadrille  m.  II  crocodille  485. 

coe  f.  I  gttewe  4065,  5899, 

coé,  e  pourvu  d'une  queue  2568. 

coe  te  f.  I  petite  queue  475. 

coife  m,.  II  coiffe  6929, 
I*     coillir  V.  f.  Illa  saisir  5425;  ac- 
aieillir  9627.  —  c.  en  he  prendre 
en  haine  95, 

coin  m.  II  coin  419. 

coissin  m.  II  coussin  7459, 

coitier  v.  f.  I  serrer,  presser  1356, 
3433,  8029. 

col  m.  II  cou  1042,  2575. 

colcliier  v.  f  I  se  coucher  1205; 
faire  coucher  1987;  (réfl.)  1210. 

colee  f.  I  coup  (sur  le  col)  3514, 
9336. 

coler  v.f.I  glisser  4498,  5912. 


colombe  f.I  colombe,  solive  placée 

à  plomb.  513, 
colon  m.  II  pigeon  7688, 
color    f  II   couleur   430;    teint 

6192, 
colovre  f.I  couleuvre  2576, 
colp  m.  II  coup  2033,  6874. 
colpe,  corpe  f.  I  faute  2634,  6152, 
coite  f.  I  lit  de  plume,  matelas  45 1 ,       ^ 

6117, 
c  o  1 1  e  1  e  r    aiguiser  (?)    4516     (Q^. 

Godefroi  i.  v.  costelé), 
coltiver  v.f.I  exercer  le  culte  de 

516,  1089. 
corn,  e  comme  277,  5808;  comment 

4800.  —  tant  c.  v.  tant.  —  si  c. 

V.  si, 
comandement  m.  II  ordre  579, 

1351, 
0  0 mander  v.  f.  I  commander  36; 

recommander  6269. 
combatre  v.  f.  II  combattre  72; 

fré^.;  se  battre  4724,  6028. 
començaille   f.  I  commencement 

3519. 
comencement  m.  II  commence- 
ment 2044,  2401. 
comencier  v.f.I  commencer  190. 
coment  comment  4797,  9317. 
comfaitement     comment     3291, 

7975. 
comfort  m.  II  consolation   1346, 

6367;  soidagement,  secours  1720. 
comfortement  w.  II  consolation 

6347. 
comforter   v.  f.  I    consoler   309, 

1387;  ^ré^.;  7254, 
c  0  m  o  V  e  i  r  V.  /b.  III*  agiter,  exciter 

189,   1465;  ^re^.;  2591,  4652. 
compaigne  f.  I  compagnie  4110, 

6983. 
compaignie  f.I  compagnie,  suite 

307,  3067. 
compaignon    m.  II   compagnon 

239. 
comparer   v.  f.  I  acheter,   expier 

4181,  5860. 


422 


GLOSSAIRE 


compas  m.  II.    —    a  c.  à  point, 

symétriquement  425. 
compasser  v.  f.  I  mesurer  2245. 
complaignement  m.  II  plainte 

1787. 
complaindre    v.  f.  II   (réfl.)    se 

plaindre  987,  6018. 
complaint  m.  II  plainte  3386. 
comun,   e  commun  6593;    général 

530. 
corn  une  f.I  communauté  634. 
coniunement,  comunalment  com- 
munément 64;  ensemble  9  i  S,  6040. 
conceveir  v.  fo.  III'>  concevoir, 

devenir  enceinte  8599. 
conchilion  m.  II  conchyle  479. 
concile  m.  II  assemblée  986,  2471. 
concorde  f.  I  concorde  3131. 
concorder  v.f.  I  s'accorder  6610. 
conduire  v.  fo.  II  conduire  2287; 

diriger  5896. 
conduit  m.  II  conduite,  action  de 

conduire  1503. 
concstable  m.  II connétable  4832. 
confondrez.  /.  II  perdre,  détruire 

1364,  4196.  —  confondu  hâlé  2445. 
c  0  n  g  e  e  r  v.f.I  congédier  42 1 0. 
congié  m.  II  permission  2834.  — 

prendre  c.  641.  —  prendre  le  c. 

5038. 
conin  m.  II  nature  de  la  femme 

8595. 
conoissance  f.  I  marque,  signe 

2934,  6912. 
conoistre  v.  fo.  III^  reconnaître 

122. 
c  0  n  q  u  e  r  r  e  v.  fo.  II  conquérir  255, 

2240;  obtenir  403,  1788;   vaincre 

5566,  9537. 
conreer  v.f.I  équiper  1495;  j;ré- 

parer  7438;  (réfl.)  se  préparer  4552. 
conrei  m.  II  équipage  3918;   pré- 

paratif  1461;  train  3165.  —  pren- 
dre c.  prendre   soin,    se  soucier 

6053,  8346. 
conseil  m.  II  conseil,  sagesse  424, 

3286;  délibération  secrète  8316.  — 


ne  saveir  nul  c.    être  à  bout  de 

ressources  198.   —    a  c.  en  secret 

1562,  6504. 
conseillier  v.f.I  conseiller  5079  ; 

tenir  conseil  4980;  (réfl.)  demander 

conseil  4926,  6621. 
consentira.  /!  Illa  accorder  1 525  ; 

admettre  3198,  9369. 
consirer,  consirrer  v.  f.  I  (réfl.) 

se  priver,  s'abstenir  1343,  7193. 
consiure  v.  f.  III»  atteindre  4265. 
conte  m.  III  comte  14,  217;  nomin. 

cuens  378. 
conte  m. II  récit  l'îl.   —  estre  c. 

être  question  2496. 
conte  m.  II compte.  —  tenir  c.  1423. 

—  dire  c.  4775. 

contenance  f.I  contenance  9824. 

contençon  f.  II  combat  3508. 

contenir  v.  fo.  III"  (réfl.)  se  con- 
duire 3982,  5107. 

conter  v.f.I  raconter  854,  1667. 
conter  v.f.I  compter  829. 
contor  m.  II  comte  1583. 
contraire    contraire,    défavorable 

998. 
contraire  m.  II  contrariété  1099. 

—  torner  a  c.  être  funeste  1637, 
2048.  —  venir  a  c.  idem  1868.  — 
moveir  c.  soulever  des  difficultés 
7747.  —  estre  a  c.  être  funeste 
5716. 

contraliër  v.f.I  agacer  5287. 
contre  contre  4296;  à  la  rencontre 

644. 
contrecengle  f.  I  contre  -  sangle 

4082. 
c  o  n  t  r  e  d  i  r  e  V.  /b.  II  s'opposer  8648. 
c  0  n  t  r  e  d  i  t  wi.  II  opposition,  défense 

1030.  —   senz  c.  sans  opposition 

6015. 
contrée  f.I  contrée  616. 
contremont  en  haut  5667,  7564. 
con trépan    m.  II    compensation 

4340,  7391. 
contrester  v.  f.  I  s'opposer  2022, 

9491. 


GLOSSAIRE 


423 


contreval  en  bas  5736. 
conveierv.  /".  I accompagner  5039, 

7495. 
c  on  vent  m.  II  promesse  3493. 
c  0  n  V  e  r  s  w.  JJ  lieu  où  l'on  séjourne 

2197. 
converser   v.  f.  I  séjourner   221, 

2193. 
cope  f.I  coupe  3139. 
c  0  p  e  r  v.f.I  couper  4067. 
c  o  p  1  e  m.  II couple  8175  ;  fétn.  18608. 
cor  m.  II  cor  de  chasse  1459,  4754. 
cor  m.  II  coin,  bout  6120,  6459. 
corage  m.  II  courage  6161;  cœur 

766;    disposition    d'esprit    1734; 

désir  6623;  intention  1901. 
coraille  f.  I  entrailles  2743. 
corajos,  e  courageux  5008. 
corde  f.I  corde  202,  1140. 
cordeïz  m.  II  sangle  6113, 
c  0  r  1  e  u  m.  II  courrier  3899. 
cormier  m.  II  cormier  1478. 
corner  v.  f.  I  sonner  de  la  trom- 
pette. —   c.  l'eue  sonner  le  laver 

des  mains  826. 
cornin,  e  de  corne  3000. 
corone  f.I  couronne  3135,  6403. 
coroner  v.  f.  I  couronner  758,  760. 
corpe  V.  colpe. 
corporel  corporel  2518,  2803. 
corre  v.f.II  courir  909.  —  laissier 

c.  [sousentetidu  „les  nés")  naviguer 

3024.  —  corant  avec  hâte  6244. 
correcier  v.f.I  fâcher  8653. 
correços,  e  fâché  296. 
correete  f.I  petite  courroie  399. 
corre  or  m.  II  coureur  6939. 
c  o  r  r  o  z  m.  II  courrova:  83 1 8. 
cors  m.  II  direction,  cours  206. 
cors   m.  II  corps  492,    1158;  per- 

sonne  6822,  8991. 
cort  f.II  cour  3796. 
cort,  e  court  7346,  8319. 
corteis,  e  courtois  1288. 
cortine  f.I  rideau  7087. 
cosdre  v.f.II  coiwire  7086  ;  clouer 

5430. 


cosin  m.  II  cousin  2412. 

c  o  s  t  e  f.I  côte  4445. 

costé  m.  II  côté  3601,  4058. 

costel  m.  II  coteau  6585. 

co  s  te  ment  tu.  II  dépense  6603. 

c  0  s  t  e  r  y.  f.  J  coûter  6684. 

costume  f.  i  coutume  2579;  ce  gtti 

est  dtî  2460, 
costumier,  e  qui   a   la  coutume 

9167. 
costure  f.I  couture  3972. 
coton  m.  II  ouate  7449. 
coveitier  v.f.I  désirer  165,  3518. 
coveitise  f.I  convoitise  7190. 
coveitos,  e  désireiix  4940. 
covenable  convenable  4331. 
covenance    /!  J   promesse    3396; 

convention  3424. 
co  venant  m.  II  convention  4153, 

6668. 
co  venir   v.  f.  III<»  convenir  754; 

être  nécessaire   1139.  —  mètre  el 

c.   laisser  à  la  discrétion  de  99, 

3877,  4156. 
cover  v.f.I  couver  4038. 
c  0  V  e  r  c  1  e  »t.  I  couvercle  6476,  7651, 
covert  lieu  couvert  4621, 
covertement  à  la  dérobée  5612. 
covertor   m.  II   couverture   451, 

1209. 
coverture  f.I  couverture   6429; 

couvercle  6486. 
co  vrir  V.  /".  III<»  couvrir  1211, 5743; 

cacher  1240,  1377. 
craventer  v.f.I  renverser  6,  567, 
creanter   v.  f.  I  approuver,    con- 
firmer 4237,  7854. 
créature,  criature  /".  I  créature  39 1 5. 
creire  v.  f.  II  croire  1054;   ('ré^.^ 

se  ^er  8362. 
creissence  /'.  I  croissance  2776. 
creistre  v.  /b.  III*  croître    1375, 

6865. 
crenel  m.  II  créneau  5316. 
crespi,  e  crêpé  4066. 
creste  /!  I  sommet,  crête  6488. 
crevace  /".  I  crevasse  2556. 


424 


GLOSSAIRE 


cri  m.  II  clameur  3701. 

crie  me  f.I  crainte  6572. 

c  r  i  e  n  d  r  e  v.f.  II  craindre  254,  652. 

crier  v.f.I  crier  1879,  7500;  pro- 
clamer 9577. 

crin  m.  II  cheveux  2576;  crinière 
4054. 

crine  f.I  cheveux  1961,  6931. 

cristal  m.II  cristal  6448. 

croc  m.II  crQC  2574. 

croce  f.I  crosse  1006. 

crochu,  e  crochu  2566. 

croissir  v.  f  III<^  craquer,  faire 
du  bruit  4406. 

croiz  f.  II  croix  7543. 

c  r  o  1 1  e  r  V.  /".  J  branler,  secouer  2295. 

c  r  o  p  e  f.I  croupe  4060. 

crostele  f.I  croutille  3041. 

crote  f.I  grotte  1519. 

c  r  u  c  i  ë  m  e  n  t  m.  II  tourment  273 1 . 

cruciër  v.f.I  tourmenter  2764. 

cruëlté  f.  II  cruauté  5173. 

cru  eus,  e  cruel  1714. 

cuer  m.  II  coeur  814;  courage  5311. 

cuidier,  cuier  v.  f.  J  penser  261, 
4242. 

cuir  m.  JJ  jjeaw  395,  8974. 

cuire  v.fo.  II  cuire  3664. 

cuiriee  f.I  curée  3641. 

cuisse  f.I  cuisse  5871. 

c  u  i  t  i  e  r  v.f.I  v.  coitier. 

cuivert  m.  II  perfide  1065,  1121. 

cuivre  m.  II  cuivre  6432. 

cuivre  ni.  II  carquois  1464. 

c  u  r  e  /'.  J  souci  2407;  soin,  garde  491 0. 
—  estre  en  c.  s'occuper  2821.  — 
aveir  c.  se  soucier  de,  vouloir  1685. 

curios,  e  curieux  293. 

I). 

daarain,  e  dernier  3599. 
damage,  domage  m.  II  dommage 

600,  5358. 
damagier,  domagier  v.  f.  I  nuire 

4860,  6732. 
dam  e  /".  J  reine,  maîtresse  157;  (iame 

1501;  comme  titre  377. 


damedeu  m.  II  seigneur  Dieu 
6856. 

d  a  m  e  i  8  e  1  w.  II  jeune  homme  3580. 

dameisele  /".  J  demoiselle  7227. 

damesse  /".  I  cZawe (?)  6987. 

dangerer  t;.  /!  I  2)rendre  soin  de 
9872. 

dangier  m.  II  domination  7266, 
8654. 

danner,  dampner  v.  f.  I  condamner 
1023,  2760. 

dant  m.  II  seigneur  210,  2165. 

d  art  m.  II  fieche  1464,  4655. 

de  exprime  le  génitif  4;  l'origine 
381;  la  cause  97;  to  matière  77; 
ia  mesMre  691;  depuis  44  ;  à  l'égard 
de  24,  3859;  gitaw^  à  175;  après 
la  comparatif  153;  Véloignement 
90;  comme  complément  d'adjectif 
295. 

debatre  v. /".  II  tafitre  2011,  6257. 

deboter  v.f.I  repousser  2481, 

de  ce  ivre  v.  fo.  III>>  décevoir, 
tromper  939,  1682. 

decoler  v.f.I  décajnter  568,  1044. 

deconoistrev./b.  III<=  reconnaître 
4190. 

dedenz  adv.  au  dedans  8,  464.  — 
prép.  dans  1615.  —  cil  d.  les  assié- 
gés 3644. 

déduire  v.  fo.  II  (rcfl.)  s'amuser 
2806. 

d  e  d  u  i  t  m.  II  joie,  déduit  1 146,  2800. 

déesse  f.I  déesse  32. 

défaillir  v.  f.  III<*  (réfl.)  se  sous- 
traire, manquer  7744;  (impers.) 
manquer  7770,  9116.  —  d.  de  co- 
venant  manquer  à  sa  j)arole  6668. 

d  e  f  a  m  e  r  v.f.I  déshonorer,  décrier 
1579. 

deffendre  v.f.  II  défendre  17. 

deffens  m.II  défense  7046. 

deffen sable  par  lequel  on  peut 
se  défendre  4332. 

deffension  fil  défense  3214. 

definement  m.II  fin  2774. 

defors    adv.    dehors  62.    —  prép. 


GLOSSAIRE 


425 


au  dehors  de  6409.  —  cil  d.  les 
assiégeants  5543. 

defraindre  v.fo.II  briser  2453. 

d  e  g  e  t  e  r  y.  f.I  agiter  9470  ;  s'agiter 
7925;  (réfl.)  8077. 

degré  m.  II  degré  1491. 

deguaster  v.f.I  dévaster  9,  4633; 
détruire  3085. 

déguerpir  v./\ Illb  quitter, laisser, 
abaiulonner  1630,  2052. 

dei  m.  II doigt  716;  plur.  deie  5378. 

deignierv.  /!  J  daigtier  8 1 67;  juger 
digne  de  1359. 

d  e  i  s  m.  II  table  839,  3408. 

dejoste  à  côté  de  2875. 

de  jus  en  dessous  7626. 

AqX  =  de  le  1074. 

delgié,  e  fin  3991,  4362. 

délit  m.  JI  volupté  1946;  amuse- 
ment 2806. 

delitier  v. /".  I  réjouir  315,  8915. 

délivre  iiôre  7016.  —  a.  d.  libre- 
ment 9724. 

délivrer  v.  f.  I  délivrer  1451; 
évacuer  202f,  7724;  î;i(fer  9490. 

demain  demain  4230. 

demain  sm6s^.  ïe  lendemain  1011. 

demander  v.  /".  J  demander  2233, 
4811. 

demaneis  a(Zy.  tow^  de  suite  5571, 
10002. 

d  e  m  e  i  n  e  m.  II propriété  4524,  8656. 

d  e  m  e  i  n  e  pri-ncipal  444. 

démener  v.  /".  J  mener  par  ci  par 
tà  186;  conduire  1395;  manifester, 
montrer  907,  3966;  (réfl.)  se  dé- 
mener 1232,  1257. 

dementer  v.  f.  I  lamenter  1815-, 
(réfl.)  idem  5804. 

dementiers  que  pendant  que  2896. 

dementre  que  pendant  que  663. 

dementres pendant  ce  tenips  5789. 

demi  denn  9539. 

demorance  /".  I  délai  3395. 

demorer  v.  /".  I  demeurer,  rester 
2217;  torcher  92,  5162;  (act.)  re- 
tarder, arrêter  1643,  6938. 


demostrance/".  J  révélation  2339. 
demostrer  v.  f.  I  montrer  4018; 

révéler,  annoncer  1009,  4113;  ra- 
conter 4354. 
denier  m.  II  denier  6734,  7092. 
dent  f.II  dent  5379. 
départie  /!  J  départ  1635,  9265. 
départir   v.  f.  III»  partir   8830; 

séparer  294,  5990;  se  séparer  1516; 

se  disputer  quelque  chose  6700. 
depecier  y. /".  I  (intr.)  briser  258; 

(trans.)  déchirer  6260. 
dépendre  v.f.  II  pendre  2749. 
depercier  v.f.I  percer  3640. 
deperdre    v.   /;   JJ   perdre   586, 

1183. 
d  e  p  0  r  t  m.  JJ  amusement,  joie  7384, 

7962.  —  faire  son  d.  de  s'amttser 

avec  1340. 
déporter  v.  f  I  (réfl.)    s'amuser 

6646. 
depreier  v.f.  I  prier  3095. 
dequasser  v.f.I  briser  248,  2453. 
d  e  r  0  m  p  r  e  v.  f.II  briser.  —  d.  sa 

crine  s'arracher  les  cheveux  1961. 
derrière,    derriers,    derriés    adv. 

derrière  1 142,  5485,  6933.  —  prép. 

3708.  —  et  en  d.  et  en  devant  à 

tous  égards  1537,  3983. 
des  depuis,  dès  9031.  —  des  que 

dès  que  1266.   —    des  i  que  jus- 
qu'à ce  que  980.  —   des  i  jusque 

45,  985. 
desaancrer    v.  f.  I  lever  l'ancre 

4611. 
desarmer  v.f.I  désarmer  9289. 
descendre  v.  f.  II  descendre  1921; 

descendre  de  cheval  720;  (trans.) 

déposer  6274. 
descendement    m.  II    descente 

2376. 
deschalcier   v.  f.  I   déchausser 

6380. 
d  e  s  c  1  o  r  e  v.fo.II  ouvrir  4803. 
descolorer  v.f.I  décolorer  6190. 
desconfire   v.  fo.  I  défaire  3712, 

5006. 


426 


GLOSSAIRE 


desconfiture  f.  I  défaite  3800, 
5628. 

desconforter  v.f.I  (réfl.)  se  dé- 
sespérer 7214. 

desconseillié  à  bout  de  ressour- 
ces 620,  4676. 

descovrirv.  /".  III<*  découvrir  1 527; 
(réfl.)  8402.  —  a  descovert  ouver- 
tement 4370. 

descreistre  v.  fo.  III''  diminuer 
9389. 

descrire  v.  fo.  II  décrire  7891. 

desenor  f.  II  action  honteuse 
2002. 

deseriter  v.  f.  I  déposséder  1725, 
2736. 

deseriteison  f.  II  dépossession 
d'héritage  9911. 

deservir  v.  f.  Illa  mériter  1702, 
2618;  gagner  9164. 

de  sevrer  v.  f.  I  se  séparer  1695; 
(act.)  séjyarer  2916. 

des  faire  v.f.II  séparer  3677;  dé- 
molir 7721;  tailler  en  pièces  3767; 
tuer  ^^2^;  se  cowswmer  6518;  (réfl.) 
se  consumer  2124. 

desfiance  f.I  défi  4224. 

desfiër  v.  f.  I  provoquer  4209. 

desforcierv.  f.  I  ôter par  violence 
9386. 

desirrer,  désirer  v.  f.  I  désirer 
166,  240. 

des  joindre  v.  f.  II  couper  3652; 
s'écroider  5408. 

deslacier  v.f.I  délacer  7188. 

desliër  v.  f  I  délier  1069,  3765. 

desloer  v.f.I  déconseiller  8542. 

desmaillier  v.  f.  I  rompre  les 
mailles  5721. 

desmesurance  f.I  chose  qui  dé- 
passe les  limites.  —  faire  d.  3447, 
4223. 

desmesure  f.I  démesure.  —  ad. 
démesurément ,  énormément  487, 
6412. 

desmesuré  démesu/ré  1138. 

de  s  or,  desore  adv.  au  dessus  246, 


2360.   —  prép.  sur  890,  1040.  — 
de  d.  6267. 

desoz  adv.  dessous  746.  —  par  d. 
448.  —  ^;rep.  sov^  62. 

despendre  v.f.II  dépenser  623. 

desperer  v.  f.  I  désespérer  677; 
(réfl.)  9901. 

desplaire  v.fo.  III<^  déplaire  4371, 
8524. 

despoillier  v.f.I  dépouiller  1033, 
6379. 

desrais  nier  v.f.I  énumérer  828; 
réciter  9311;  sow^ewir  8853  ;  défen- 
dre llVl  ;  gagner  en  luttant  8266. 

desrei  m.  II  désordre,  confusion 
1462,  4605;  précipitation  8658, 
8193.  —  a  d.  à  ia  hâte  4853. 

dessemblable  différent  7406. 

dessentir  v.  f.  III<*  désapprouver 
3281. 

dessoter  v.  f.  I  surprendre  5746, 
6287. 

destemprer  v.  f.  I  tremper,  mé- 
langer 7656,  9561. 

de  s  tendre  v.  f.  II  se  détendre 
7708. 

destinée  f.I  destinée  1299,  7369. 

destiner  v.  f.  I  résoudre  1084, 
1760.  —  estre  destiné  être  résolu 
par  le  destin  525. 

destorbert?.  /!  J  troubler,  déranger, 
empêcher  2023,  9639. 

d  e  s  t  o  r  b  i  e  r  m.  II  vexation  6559. 

de  s  tordre  v.f.II  déployer  9485. 

destorner  v.f.I  détourner,  faire 
changer  d'avis  3354;  (réfl.)  se  dé- 
rober 9604. 

destre  droit  723,  2783.  —  a  d.  à 
droite  528.  J 

destrece  f.  I  détresse  822,  4553;      *j 
péril  6741. 

destreindre  v.fo.  II  tourmenter, 
serrer  1202,  1958,  3059. 

d  e  s  t  r  e  i  t  adj.  serré,  tourmenté  3059, 
8124. 

destreit  subst.  m.  II  détroit  418; 
rigueur,  embarras,  peine  882,  3059. 


GLOSSAIRE 


427 


—  aveir  en  d.  maltraiter,   tour- 
menter 956;  dominer  4806. 

destrier  m.  Il  cheval  de  bataille 
3934,  9198. 

destrucion  f.  II  destruction  30, 
843;  souffrance  984. 

destruiement  m.  II  destruction 
1177. 

destruire  v.  fo.  II  détruire  1937; 
ravager  7;  exterminer  876. 

destruit  m.  II  destruction  601, 
9495. 

desus  dessus  689,  2418.  —  aler  d. 
vaincre  7268.  —  de  d.  desus  2668, 
7461. 

des  ver,  derver  v.  f  I  (réfi.)  deve- 
nir fou  1391,  2750.  —  desvé  fou 
2015. 

desverie  f  I  folie  2027. 

desvestir  v.  f.  III»  dévêtir  7432. 

detorner  v.f.I  (rêfl.)  se  retourner 
1253. 

de  traire  v.f.II  arracher  2082. 

d  e  t  r  e  n  c  h  i  e  r  V.  /".  J  couper  en  mor- 
ceaux, tuer  213,  5046. 

deu,  de  m.  II  dieu  35,  4356. 

deus  deux  43;  nom.  dui  708.  — 
dui  et  dui  deux  à  deux  708. 

dévaler  V.  /".  J  descendre  1 491  ;  (réfl. 
accompagné  de  en)  5043. 

devancir  v.  f.  III<*  précéder 
5510. 

devant  adv.  devatit  9102]  aupara- 
vant 494.  —  prép.  devant  707; 
avant  2492.  —  employé  substan- 
tivement 7416. 

deveer  v.f.I  défendre  8251. 

deveir  v.fo.IID  devoir  619,  758. 

—  que  deit?  pourquoi?  1075. 
devenir  arriver  10090. 
devers  du  côté  de  78,  419. 
devin  m.  II  devin,  prophète  1012, 

5059. 
devinaille  f.  I  supposition  9:51; 

parole  digne  de  peu  de  foi  1831. 
deviner  v.f.I  prédire  2204,  5057. 
devineresse/".  2  devineresse  2201 . 


devise  f.I  séparation  9758. 

devise  f.I  plaisir,  volonté.  —  ad. 
à  souhait  6911. 

deviser  v.  f.  I  arranger,  régler 
9404. 

dévorer  v.f.I  dévorer  489. 

d  i  m.  II  jour.  —  molt  a  ja  dis  il  y 
a  déjà  longtemps  2964.  —  toz  dis 
toujours  6064. 

dialectique  f.I  dialectique  2209. 

diaspre  m.  II  drap  de  soie  4511. 

dignité  f.  II  principauté  376. 

dire  v.fo.  II  dire  627;  raconter  842. 
—  estre  a  d.manquer  3251. 

dis  dix  358,  879. 

discorde  f.I  discorde  2410;  Dis- 
corde, personnification  de  la  dis- 
corde 104. 

dis  me  dixième  1172. 

disner  v.  f.  I  dîner  3664. 

dit  m.  II  parole  1226;  ordre  1634. 

ditan  m.  II  dictame  9561. 

diva  =  di  va  2511. 

divers,  e  divers  488,  7589. 

diversement  diversement  1823, 
7981. 

do  aire  m.  II  douaire  3320. 

doble  dovJile  7100. 

do b  1er  v.  f.  I  (réfi.)  se  dédoubler 
8298. 

dolcement  doucement  6145;  hum- 
blement 3095;  cordialement  5028. 

dolçor  f.  II  douceur  1201. 

doleir  v.  fo.  III^  faire  mal  9475; 
(réfi.)  se  plaindre  1818,  8215. 

dolent  triste  4861,  8343. 

doleoire  f.I  doloire  4258. 

dolor  f.  II  douleur  314,  8214. 

doloser  v.f.I  se  désoler  8710. 

dolz,  ce  doux  1334. 

domage  v.  damage. 

domagier  v.  damagier. 

don  m.  II  don  109,  1894. 

donc  adv.  alors  130.  —  conj.  do7ic 
5759. 

d  o  n  e  i  e  r  v.  f.  I  faire  l'amour  7 1 24. 

doner  v.f.I  donner  118. 


428 


GLOSSAIRE 


donjon  m.  II  donjon  6. 

donkes  alors  2000. 

dont  dont   6547;    d'où  40;    de  qui 

298. 
donter  v.  f.  I  dompter  1922,  8139. 
d  o  n  z  e  1  m.  II  jeune  homme  5191. 
donzele  f.I  jeune  femme  1147. 
dorer  V.  /!  I  dorer;  doré  7166,  7603. 
dormir  v.  f.  III^  dormir  4905.  — 

en  son  dormant  pendant  qu'il  dort 

493. 
dos  m.  II  dos  1034,  2569. 
dotance  f.I  crainte  1663;   doute 

3061. 
dote  fl  crainte  303,  9383. 
doter  V.  f.  I  hésiter  172;  craindre 

611,  2223;    (réfl.)   se  douter  2890; 

craindre  657,  1731. 
dotos,  e  craintif  1631. 
drap  m.  II  d/rap  390,  9156. 
drecier  v.  f.  I  dresser  1105,  9630. 
dreit  m.  II  droit,  justice  532.  — 

a  d.  au  hon  moment  3591;  à  raison 

6033;  en  vérité  7530;  tout  de  son 

long  8422.    —    dire  d.  porter  un 

jugement  115. 
dreit,  e  droit  206;   comme  il  faut 

4952.   —   neutre   employé  comme 

adv.,  droit  556,  2660;  jt*sie  6532; 

justement  9999.   —  por  d.  neient 

tout  à  fait  inutilement  8399. 
dreitement  justement  9203. 
dreiture  /".  /  justice  28 1 0  ;  ce  ç ui 

convient  2460,  2493.  —  ad.  ciirec- 

tement  9568. 
dru  wi.  U  amoureux,  amant  1483, 

9123. 
drue  f.I  amie,  amante  8988. 
druërie  f.  I  amitié,   amour  3137, 

4525. 
duc  m.  II  dm  238,  1481. 
duel  m.  II  malheur  812.   —  faire 

d.    manifester   sa    douleur    1251, 

1878. 
dni  V.  deus. 
du  ire  v.  fo.  II  instruire  3560,  7351. 

duit  a  exercé  pour  .3674. 


dur,  e  dur  1805;  fort  8760. 
durée  /!  I.  —  ad.  toujours  7680. 
durement  grièvement  5929;    (i!ow- 

loureusement  9474. 
durer  v.  /".  I  fïwrer  684;  vivre  3941. 
dusque  jttsgtie  5527;  jusqu'à  ce  que 

3747. 

E. 

e  bon  us  m.  17  é6è«e  6430. 

eborin,  e  en  ivoire  2999. 

e  défier  v.  f.  1  (réfl.)  s'établir  9354. 

eir  m.  II  héritier  2052,  6310. 

eirre  m.  II  voyage  1610,  6330. 

eissir,  issir  v.  f.  III<*  sortir  914; 
(réfl.  avec  en)  53,  910. 

el,  en  le  279,  457. 

el  autre  chose  1752,  3779. 

el,  ele  elle  139,  1277;  plur.  els,  eles 
114,  119. 

ele  f.I  aile  1544. 

electre  m.  II  ambre  jaune  7645. 

elme  v.  helme. 

empereor  m.  III  empereur  2882. 

empire,  empere  m.  II  gouverne- 
ment, domination  2380,  2942. 

en  2>fép.  en  26,  284. 

en  de  ià  52;  de  cela  519,  3383;  par 
cela  110,  3448.  —  en  après  après 
848. 

enaise  près  7149,  7690. 

enamer  v.f.I  prendre  en  affection 
6124. 

enasprir  v.  f  III^  exciter  9062, 
9983. 

enbafe(?)  7458. 

enbatre  v.  f.  I  entrer  précipitam- 
ment 817;  (actif)  7013;  (réfl.)  se 
précipiter  2513,  4186. 

enbelir  v.  f.  III'>  plaire  7999. 

enbler  v.  f.  I  voler  1095.  —  s'en  e. 
s'en  aller  à  la  dérobée  2683.  —  en 
enblé  à  la  dérobée  1642. 

e  n  b  r  a  c  e  m  e  n  t  m.  II  embrassement 
7964. 

e  n  b  r  a  c  i  e  r  v.f.I  embrasser  1 742. 

enbraser  v.f.I  embraser  9634. 


i 


GLOSSAIRE 


429 


enbuschicr  v.  f.  I  (réfi.)  se  mettre 
en  embûche  6957. 

enchalciert;.  /".  I pmirsuivre  6994. 

e  n  c  h  a  1  z  w.  JJ  poursuite  3648,  5493. 

enchanteor  m.  II  chant&ur  4782. 

enchantement  m.  II  incantation 
2600. 

enchanter  v.f.I  enchanter  1924. 

enchargier  v.  f.  I  charger  de,  con- 
fier 3129,  3389. 

enchastoner  v.  f.  I  enchâsser 
5766. 

enclin,  e  soumis  2989. 

enclin  er  v.  f.  I  s'incliner  3174. 

enclore  v.fo.II  enfermer  4301. 

enclume  f.I  enclume  4406. 

encochier  v.f.  I  mettre  dans  l'en- 
taille 7701. 

encombrer  v.  f.  I  encombrer.  — 
encombré  de  passage  difficile  6954. 

encontre  prép.  contre  1373,  3234. 

encontrer  v.  f.I  rencontrer  1168, 
5663. 

encor,  encore  encore  545,  1036. 

encorreier  v.  f.  I  attacher  par  des 
courroies  6398. 

encoste  adv.  —  e.  de  à  côté  de 
1043. 

encre  m.  II  encre  8777. 

e  n  c  u  s  e  r  v.f.I  accuser,  en  vouloir 
à  9210. 

endemain.  —  l'e.  le  lendemain 
3171. 

endevuentiers  pendant  7725. 

endice  f.I  indication  556. 

e  n  d  o  b  1  e  r  v.  f.  1  4y>'iser  par  le  mi- 
lieu 4444. 

endormir  v.f.III^^  (réfl.)  s'endor- 
mir 490,  1154. 

endrecier  v.f.I  disposer,  dresser 
4254. 

endreit  m.  II  manière  163,  1298. 

e  n  d  r  e  i  t  adv.  pour  préciser,  auprès 
de  la,  iluec  4589,  6889.  —  prép. 
vis  à  vis  de  7697,  8895;  près  de 
4694. 

endurer  v.f.I  endurer  678,  1320. 


e  n  e  m  i ,  e  adj.  ennemi  3653.  —  m.  II 

1358. 
enemistié  f.  II  hostilité  2410. 
enfance   f.I  enfantillage,  parole 

d'enfant  7813. 
enfant  m.  III  enfant   20,    2609; 

nom.  enfes  1260. 
enfer  m.  //  enfer  2192,  6204. 
enfernal,  infernal  infernal  1919. 
en  fermeté,  enferté  f.  II  maladie 

7907,  7916. 
enflamer  v.f.I  enflammsr  1385. 
enfler  v.f.I  enfler  2570;    s'enfler 

9472. 
enfoïr  v.f.IID  enterrer  6044. 
e  n  f  0  ï  r  v.  f.  III<*  (réfl.)  s'enfuir  2654. 
enforcier  v.f.I  renforcer  3702. 
enfraindre    v.  fo.  II   enfreindre 

8824. 
engendrer  v.f.I  engendrer  1799. 
engigneor  m.  II  architecte  1111. 
engignier  v.f.I  tromper  par  ruse 

952,  1660;  imaginer  8998. 
engignos,  e  adroit,  rusé  6641. 
engin  m.  II  ruse  131  ;  machine  de 

guerre  504. 
engoler  v.  f.  I  orner  d'tme  gole 

(collet)  7482. 
e  n  g  r  o  t  e  r  v.f.I  rendre  malade.  — 

engroté  malade  5019. 
enhalcier  v.f.I  rehausser,  répan- 
dre 1563. 
enhanster  v.f.I  garnir  d'une  hampe 

4257. 
enleveiire  f.  I  relief  4460. 
enmaillierv.  /!  I  envelopper  4367. 
en  mi  adv.  au  milieu  3149,  7545.  — 

prép.  au  milieu  de  1405,  7643. 
en  ne    conj.   pour   commencer   une 

phrase  interrogative  négative  6664. 
enocire  v.  fo.  II  tuer  7313. 
e  n  o  r  f.  II  honneur  6354  ;  flef,  roy- 
aume 380,  1360. 
enorer  v.  f.I  honorer  1090,  2810. 
enpaindre  v.  fo.  II  pousser.  — 

(réfl.)  e.  en  mer  mettre  à  la  voile 

91,  1957. 


430 


GLOSSAIRE 


enpalir  v.f.IID  rendre  pâle.  — 

enpali  pâle  8234. 
enparlerv.  /!J  haranguer  6715.  — 

enparlé  disert  6634. 
e  n  p  1  e  i  e  riJ.  /'.  J  employer  9334  ;  ac- 
corder 6662. 
enplir  v.f.IIIt»  remplir  251,   897. 
enpoisoner    v.  f.  I  emprisonner 

8954. 
enpor  pour  1430. 
e  n  p  0  s  e  r    v.  f.  I   donner,    imposer 

9358. 
enprendre  v.  fo.  II  prendre  1006; 

entreprendre,  s'engager  dans  2320, 

7802.  —  au  figuré  8019. 
en  pré  s  adv.  ensuite  515.  —  prép. 

après  775. 
enquerre  v.  fo.  II  enquérir,  de- 
mander 551;  examiner  1008,  2616; 

(avec    le    datif)    interroger    726, 

1074. 
enragier  v.  f.  1  enrager  5800. 
ensanglanter  v.  f.  I  ensanglanter 

6744,  7433. 
enseigne  f.  I signe  2bi&;  enseigne 

4523;  cri  de  guerre  5569. 
e  n  s  e  i  g  n  i  e  r  v.  f.  I  instruire  8094. 
enseler  v.  f.  I  seller  1 458,  3420. 
ensemble  adv.  ensemble  660,  6149. 
ensement  adv.  (Ze même  1470,  1914. 
ensevelir  î;.  /".  IIIf>  ensevelir  7440. 
ensorquetot  en  outre  3421. 
entablement   m.  II  entablement 

7562. 
entaille/".  I  ouverture  de  la  fenêtre 

724;  ciselure  4078. 
entailleiire   f.  I   cntaillure  511, 

4459. 
entaillier  v.  f.  I  incruster  4510, 

6112. 
entalenter  v.  f.I  exciter,  donner 

envie  1386. 
entamer  v.  f  I  entamer  4453. 
enteuçon.  —  a  e.  en  concurrence 

4533. 
entendable  intelligent  3564. 
entendre  v.f.II  apprendre  8867; 


comprenâ/re   8878;    avoir   en  vue 

4118.    —    e.  a  écoiiter  564,  2169; 

o&éir    5000;    songer   à,    s'occuper 

de  823,  1455',    faire   attention   à 

9259. 
entente  f  I  pensée  1310;  habileté 

4014;  occupation  1454.  —  mètre 

s'e.     s'appliquer    à    4538,    7258; 

placer  son  affection  5160. 
e  n  t  e  n  t  i  f ,  ve  attentif  958. 
enterin,  e  ewfier  7565. 
enterrera.  /■.  I  enterrer  2134,  2466. 
enteser  v. /".  J  tendre  7699. 
entier,  e  entier  6217;    d'une  pièce 

6426. 
entistre  v.f.II  tisser  6395. 
entomberv.  /;  J  enfermer  en  tombe 

7719. 
entor  a<iv.  alentour  539.  —  jjrep. 

awfoM»-  2675,  4363. 
entrabatre  v.f.II  (réfl.)  s'abattre 

l'un  l'autre  9708. 
entraille  /".  I  ies  entrailles  2746. 
entrait  m.  IJ  onguent  3683,   7971. 
entre  a<iv.  ensemble  2371.  —  jjrép. 

ewfre  5268;  ^armi  1082;  d'entre  12, 

2684. 
entrechoisir  v.  /'.  J77*   (Vé^.^   se 
voir  l'un  l'autre  7235. 
entredeus  m.  II  coup  donné  .9wr 

ie  milieu  de  la  tête  9731. 
entrée  fl  entrée  1137,  2364. 
entreferirv./".  II la  (réfl.)  se  frap- 
per l'un  Vautre  5731,  5864. 
entrehaïr  v.  f.  IIIf>  (réfl.)  se  haïr 

l'un  l'autre  4358. 
entremesler    v.  f.  I   entremêler 

3995. 
entremetre   v.  fo.  II  placer   au 

milieu  4462;    (réfl.)  s'occuper,  se 

peiner  4219,  4414;  se  mêler  9287. 
entreprendre  v.  fo.  II  surprendre 

6965.  —  entrepris  embarrassé  5547. 
entrer  v.  f.  I  entrer  250,  2552.  — 

entrant  celui  qui  entre  2301. 
entrerompre  v.f.II  interrompre 

1424. 


GLOSSAIRE 


431 


entreseigne  f.  I  signe  9339. 
entretor    m.  II    fusée    de    Vépée 

4484. 
entrobliër   v.  f.  I   oublier    1448; 

(ré.fl.)  s'otiblier  1236. 
entrocire  v.  fo.  II  (réfl.)  se  tuer 

l'un  l'autre  9544. 
entrovrir    v.  f.  III"    entr' ouvrir 

4045. 
enui  m.  II  ennui  518,  —  torner  a 

e.  être  désagréable  968. 
enuier  v.  f.  I  ennuyer  1263. 
enuit  cette  nuit  7776. 
envaïe  f.I  attaque  3659. 
envaïr    v.  f.  IID   attaquer    3633, 

3690. 
enveier  v.  f.  I  envoyer  731,  6003. 
envers  adv.  à  la  renverse  2740.  — 

prép.  envers  2682. 
envers,  e  renversé  7125. 
envie  f.  I  envie  3986,  4530. 
environ  environ  433,  2125. 
enviz.  —  a  e.  à  regret  3008,  4379. 
enz  adv.  en  dedans  67,  5443.  —  lai 

enz  là  dedans  1944. 
epitafe  m.  I  épitaphe  2138. 
erbe  f.I  herbe  2581,  7969. 
erbet  diminutif  de  herbe  831. 
eritage  m.  II  succession  par  héri- 
tage 6312. 
erité  /".  II  propriété,  domaine  26, 

3074. 
eriter  V.  /'.  I  faire  héritier  3849, 6798. 
errer  v.  f.  I  marcher  4836;    errer 

365,  728.  —  errant  avec  hâte  1272. 
erreiire  f.I  marche  6580. 
error  f.  II  peine  3795,  4981. 
es  voici  1625;   plur.  estes  les  vos 

les  voici  1521. 
e  a  en  les  89. 
es  même.    —   en  es  le  pas  sur  le 

champ   145,  5555.   —    en  es  l'ore 

tout  de  suite  7714. 
esbaldir   v.  f.  IIl^   égayer    1650; 

encourager  675. 
esbanei  m.  II  amusement.  —  aller 

en  e.  a.  en  promenade  9200. 


esbaneiement  m.  II  amttëement 
10104. 

esbatre  v.f.II  se  distraire  1447. 

escarboclew.  JJ  escarboucle  4464. 

esceptre,  ceptre  m. II sceptre  3136, 
6404,  7641. 

eschalcheT V.  f. I regimber,  se  rai- 
dir 5751,  8651. 

eschamonie  f.  I scammonée,  médi- 
cament 9982. 

eschanteler  v.f.I  ébrécher  9721. 

eschaper  v.f.I  échapper  12,  233; 
(réfl.)  3183. 

e  s  c  h  a  q  u  i  e  r  m.  II  (plur.)  can-és 
d'un  échiquier.  —  a  e.  =  bariolé 
comme  un  échiquier  742,  4030. 

escharnir  v.f.  IID  se  i^oquer  de 
1977. 

eschars,  se  chiche,  mesquin  9542. 

eschec  m.  II  butin  3777. 

esche  le  f.I  échelle  9630. 

eschevelé,  e  échevelé  2268. 

eschine  f.I  échine  2571. 

eschiper  v.  f.  I  s' embarquer-  90; 
équiper  4819. 

eschipre  m.  II  tnatelot  205. 

eschiver,  eschiuer  v.f.I  échapper 
5695;  éviter  7938. 

escient  m.  II  intelligence  9169.  — 
a  e.  sciemment  2090,  8012. 

esclairier  v.  f.  I  éclairer  191. 

escole  f.  I  école  8183. 

escoler  v.f.I  (réfl.)  glisser  5723, 
5867. 

escolorgier  v.  f,  I  (réfl,)  glisser 
9525. 

escolter  v.f.I  escouter  846,  2470. 

escombatre  v.  f.  II  délivrer,  ob- 
tenir en  combattant  3440,  9894. 

escorchier  v.f.I  écoreher  3662. 

e  s  c  o  r  r  e  v.  fo.  IIL'  se  dissiper.  — 
escoru  vide  2069. 

e  s  c  0  z  m.  II  giron  3548. 

escremir  v.  f.  III^  faire  de  l'es- 
crime 9517. 

escriër  v.f.II  (réfl.)  s'écrier  210. 

escrit  m.  II  écrit  6490,  8773. 


432 


GLOSSAIRE 


escrire  v.  fo.II  écrire  3057,  4482. 

escu  m.  II  bouclier  1109;  chevalier 
portant  Vécu  54. 

es  eue  le  f.  I  écuelle  3042. 

escuier  m.  II  écuyer  3260. 

escume  f.I  écume  2580. 

e  s  f  a  i  1 1  i  r  v.  /'.  II la  faire  faux  bond 
3499. 

esforcier  v.f.I  forcer  8023. 

esforz  m.  II  force  5944;  troupe 
armée  5262.  —  a.  e.  de  toutes  for- 
ces, avec  empressement  6080.  — 
a  esfort  idem  2151. 

e  s  f  r  e  e  r  v.  /".  I  (réfl.)  s'effrayer  3806, 
7502. 

esfrei  m.  II  effroi  3795,  4653. 

esgruner  v.  f.  I  s'ébrécher  4432, 
9733. 

esguarder  v.  f.  I  regarder  123, 
271;  réfléchir  6609,  6826;  imaginer 
1906;  choisir  541,  \0124\  ordonner, 
décider  526. 

esguarer  v.  f.  I  égarer.  —  esguaré 
pauvre,  abandonné  615,  1850;  in- 
certain 1640. 

esguart  m.  II regard  8 1 59 ;  délibé- 
ration, conseil  530  ;  réflexion,  juge- 
ment 424  ;  expédient  2094  ;  conduite, 
plan  1618.  —  par  e.  par  résolu- 
tion (?)  9392. 

eshalcier  v.f.I  rehausser  3350; 
illustrer  10122. 

esjoïr  V.  f.  III^  (féfl.)  re  réjouir 
671,  3052. 

eslaisîer  v.  f.  I  s'étendre  7628; 
(refl.)  idem  7556. 

eslaissier  v.  f.  I  (réfl.)  aller  à 
toute  bride  5972,  9425. 

eslargir  v.f.III^  élargir  9301. 

esleecier  v.f.I  (intr.)  se  réjouir 
4765. 

esloignier  v.f.I  (réfl.)  s'éloigner 
1980,  5137;  se  défaire  1453. 

e  s  m  a  i  e  r  u.  /'.  I  (réfl.)  s'effrayer  239, 
681. 

6  s  m  a  1  m.  JJ  plaque  de  métal  émaillé 
510,  6120. 


e  s  m  e  f.  I.  —  faire  e.  tnser,  ajuster 
2424. 

es  mer  v.f.I  évaluer  4818. 

esmeraMe  f.I  émeraude  4489. 

e  s  m  o  1  d  r  e  v.  f.  II  aiguiser  4258. 

e  s  m  0  V  e  i  r  t).  /b.  IIIf>  soulever  4298  ; 
(réfl.)  se  mettre  en  mouvement  319. 

es  pâlir  v.  f.  III'>  pâlir  7926. 

espalle  f.I  épaule  2573,  4055. 

e  s  p  a  n  d  r  e  V.  f.  II  (réfl.)  se  répandre 
3783.  —  a  espandant  à  foison  4900. 

espargnier  v.  f.  I  épargner  14, 
9145. 

esparpeillier  v.  f. I  disperser  259, 
5005. 

espartir  v.flll"  séparer  3673. 

e  s  p  a  s  m  i  r  V.  /".  III^  s'évanouir  8243. 

espèce  f.I  épice  453. 

especiël  épicé  6480. 

espee  f.I  épée  1935,  2509. 

espeir  m.  II  espoir  8758. 

espeisse  f.I  bois  fourré  3586. 

espeissier  v.  f.  I  augmenter,  de- 
venir plus  fort  3701. 

espeneïr  v.  f.  IIB>  expier  604, 
8010. 

espérance  f.  I  espérance  300.  — 
aveir  en  e.  espérer  2844. 

e  s  p  e  r  d  r  e  V.  /".  II.  —  esperdu  éperdu 
8090. 

esperitel  spirituel  2804. 

espermenter  v.  f.  I  mettre  à 
l'épreuve  7469;  éprouver  324. 

esperon  m.  II  éperon  5975. 

espés,  se  épais  441,  6847. —  adv. 
en  grande  quantité  830. 

espessement  épaissement  193. 

espié  m.  f.  II  épieu  4254,  5241. 

e  s  p  i  e  f.I  espion  4826,  6950. 

e  s  p  1  e  i  t  m.  li  profit,  volonté  1 606.  — 
a  e.  avec  empressement  1902,  6229. 

espleitier  v.  f  I  agir  8834,  9208; 
exécuter,  terminer  377 1 ,  6343  ;  effec- 
tuer 9462;  être  efficace  886;  se 
hâter  549,  10047. 

e  s  p  o  s  m.  II  époux  1 304. 

espose  f.I  épouse  1534. 


GLOSSAIRE 


433 


esposer  v.f.I  épouser  3852. 

esprendre  v.  fo.II  enflammer  776, 
2116;  être  en  extase  2985;  s'en- 
flammer 6708. 

esprover  v.f.I  éprouver  8501. 

e s p u r g e r  v.f.I  (réfl.)  se  pttrger 
495. 

esrachier  v.f.I  arracher  2323. 

esragier   v.  f.  I  devenir  enragé 
7229. 

essaier  v.f.I  essayer  885  ;  (réfl.) 
40J7. 

essart  m.  II  massacre  5862. 

essemple  m.  II  exemple  3928. 

e  s  s  i  1  m.  II  exil  385  ;  tourment  58  ; 
destruction  6546. 

essilier  v. /".  I  ravager  571,  2278. 

essoigne  /".  J  excuse  4394 ;  j?eiwe, 
embarras  5795. 

estachier  v.  f.  I  (réfl.)  s'arrêter 
9678.  —  s'e.  en  sei  se  borner  à 
lui-même,  défendre  sa  propre  cause 
7756. 

estage  m.  II  échafaudage  893; 
habitation  8056;  séjour  989,  1430. 

estandart  m.  II  étendard  4102. 

e  stature  /".  I  stature  1114. 

esté  /'.Il  éfé  4002. 

esteile  fl  étoile  79,  2206. 

esteindre  v.f.II  éteindre  5351, 
6517. 

esteler  v.f.I  étoiler  755. 

estencele  f.I  étincelle  9730. 

estendre  v.f.II  étendre  2041; 
Cré/?.;  1230,  7559. 

ester  v.f.I  se  tenir  debout  5482; 
s'arrêter,  rester  3010,  5104;  (réfl.) 
3814.    —   laissier  e.   cesser  7806; 
laisser,  abandonner,  9676.  —  em- 
jîZot/é  substantivement  :  séjour,  ac- 
tion de  rester  1653.  —  en  estant 
debout  4669. 
estole  fl  étale  1006. 
estoltie  f.I  audace,  témérité  965. 
estoper  v.f.I  boucher  6i7b,  7015. 
estor  m.  II  combat  3685,  6966.  — 
rendre  e.  v.  rendre. 

Bibliotheoa  Normaunica  lY. 


estorcier  v.  f.  I  (réfl.)  se  défendre, 

refuser  1524,  4207. 
estordi,  e  fatigué  4928. 
estordre  v.  fo.  II  s'échapper  61, 
3186;  (réfl.)  10077.  —  e.  un  colp 
asséner  un  coup  par  un  tour  de 
bras  5913. 
estormirv.  /".  IIIf>  mettre  en  alar- 
me 3812,  5551;  (réfl.)  s'agiter,  s'a- 
larmer 6246. 
e  s  1 0  V  e  i  r  V.  /b.  IIIf>  falloir  1 3,  469. 

—  par  e.  par  nécessité  1628. 
es  traie  r  errant  sans  maître  7052. 
estrange    étrange    346;    étranger 

3241,  8308. 
estrangier  v.f.I  écarter,  éloigner 

8116. 
estre  être  8,  18.  —  pris  substan- 
tivement: état,  disposition,  condi- 
tion 726,  8382. 
estre  m.  II  appartement  1875,  4091. 
estre  outre  444.  —  e.  mon  gré  mal- 
gré moi  2635. 
e  s  t  r  e  i  n  d  r  e  V.  /b.  II  étreindre  1 239, 

2870. 
estreit,  e  étroit.  —  adv.  8794.  —  e. 
vestu  vêtu  d'un  habit  collant  401 1 . 
estreitement     étroitement     772, 
4305;    sérieusement,     intimetnent 
4980. 
es  trier  m.  II  étrier  4083. 
estrif  m.  II  guerre  6554. 
estros.  —  a  e.  certainement  1303, 

5573. 
estrosser  v.f.I  briser  7132. 
estrume  f.I  goitre  2571. 
esturman  m.  II  pilote  205. 
e  s  vanir  î7. /!  III*  s'évanouir,  dis- 
paraître 2220;  (réfl.)  3013. 
esvasement  m.  II évasementlbdl. 
et  et  passim. 

eu  âge  qui  vit  dans  l'eau  484. 
eue  f.I  eau  88. 
eiir  m.  II  sort  3316. 
e  u  r  é ,  e.,  —  buen  e.,  beneiiré  heu/reux 
2059,  2808.  —  mal  e.  malheureux 
2083. 


434 


GLOSSAIRE 


F. 

fable  f.I  mensonge  7405. 

face  f.I  figure  2269;  au  plur.  7220. 

façon  f.  II  façon  7582. 

f  a  e  r  v.f.I  enchanter  —  faé,  e  sor- 
cier, iere  4015. 

faillance  f.I  faute.  —  senz  f. 
sans  faute  4fi83.  —  a  f.  en  man- 
quant le  but  5323. 

faille  f.  I  faute.  —  senz  f.  sans 
faute,  certainement  1087. 

faillir  v.  f.  III^  manquer  148, 1728; 
défaillir  1234;  bnser  5411;  cesser 
266,  834.  —  f.  a  échouer,  ne  pas 
réussir  6030.  —  f.  de  manquer  à 
4120,  8752,  —  petit  en  fait  ii  s'en 
faut  peu  5436. 

faim  fil  faim  2404. 

faire  V.  fo.  I  faire  774;  impers.  7349. 

—  f.  oscur  195.  —  f.  lait  tens  192. 

—  (réfl.)  devenir  2341;  comme  „ver- 
hum  vicarium"  890";  dans  l'emploi 
periphrastique  de  l'anglais  to  do 
6141.  —  f.  a  mériter  de  5154.  — 
ne  f.  plus  ne  pas  faire  davantage, 
faire  une  seule  chose  3352. 

fais  m.  II  charge  1353,  2555.  —  se 
mètre  en  f.  se  donner  de  la  peine 
0000. 

f&it  m.  II  action,  fait.  —  par  mon 
f.  à  cause  de  moi,  par  ma  faute 
2102.  —  en  f.  en  réalité  3984. 

faiture  /'.  I  façon  518,  1077;  forme 
2564. 

falde  f.I  bergerie  5372. 

faleise  f.I  falaise  301,  3146. 

fais,  e  faux  1554. 

falser  v.f.I  rompre  4424,  9705. 

falve  fauve  4062. 

faûie  f.I  famé  1539. 

fameillos,  e  famélique  5373. 

fanjos,  e  fangeux  2355. 

fantosme  m.  II  fantôme  2416. 

farine  f.I  farine  1041. 

feelment  fidèlement  7422. 

feelté  f.  II  Jiommage  9827. 

fei  /;  II  foi,  serment  1988.  —  par  f. 


650.  —  porter  f.  être  fidèle  3318. 

—  guarder  f.  idem  131 1.  —  tenir  f. 

1311. 
feible  faible  2234,  5369. 
feiee  f.I  fois  4473,  7511. 
fein  m.  II  foin  355. 
feindre  v.f.II  dissimuler   1240; 

(réfi.)  hésiter  5570. 
feintié  f.II  dissimulation  2409. 
feire  f.I  foire  2439. 
feiz  fil  fois  995,  1916. 
{qXoti  perfide  1116;  nom.  fel  1077, 

1798. 
felonesse/!  I méchante,  cruelle  94. 
félonie  f.I  infidélité  1535;   faus- 

seté-jM^Q. 
feltre  m.II  feutre,  tapis  6115. 
feltreiire  f.I  pièce  de  feutre  4080. 
femme  f.I  femme  178;  épouse  4. 
fendre  v.f.II  fendre  5720,  9156; 

(intr.)  9716. 
fenestre  f.I  fenêtre  724,  4092. 
fenestril  m.  II  meneau  513. 
fenir  v.  f  Illb  finir  2049. 
fer  m.  II  fer  4304;   pointe  de  fer 

4218. 
ferir  v.f.  Illa  frapper  247,  1250. 
ferme  ferme  7856. 
fermement  fermement  8289. 
fermer,  fremer  v.f.I  fermer  548; 

construire    3526;     attacher   4522; 

apprendre    d'une   manière   solide 

2974,  8435. 
fermeté  fil  forteresse  498,  3160. 
ferrement  m.II  outil  de  fer  9557. 
feste  /".I  fête  2158,  2802. 
feu  m.  II  feu  10,  289. 
feu  m.II  fief  340,  3323. 
fi.  —  de  fi  certainement  3830,  4830. 
fi&nce  f.  I  confiance   299;  seiTnent 

de  fidélité  1597,  3404;  ce  en  quoi 

l'on  peut  se  fier  4877. 
fichier  v.  f  I  fixer,  planter,  placer 

2786,  4102. 
fiel  m.  iZ  fi^l  8221. 
fier  v.fl  (réfi.)  se  fier  1600,  5498. 
fier,  e  vaillant  562,  8758. 


GLOSSAIRE 


435 


fièrement  avec  fierté  5115;  d'une 
manière  sauvage   2293;    vaillam- 
ment 9711. 
fierté  f.  II  cruauté  8206. 
fievrey.  J  fièvre  7918. 
figure  f.  I  personne  1225.   —   par 

f.  en  personne  7983. 
fil  m.  II  fils  57,  1288. 
fil  m.  II  fil  1473,   4010.   —   f.   de 

l'albe  point  du  jour  1267. 
fil  a  ce  f.I  filasse  4542. 
filer  V.  /:  I  filer  3972,  4539. 
fillastre  f.I  belle-fille  2586. 
fille  f.I  filU  7859. 
fin,  e  fin  4071. 

fin  f.  II  fin  971,  2775;  accommode- 
ment, arrangement  USAI. —  mètre 
f.  venir  à  bout  524,  7797.  —  pren- 
dre f.  cesser  5596.  —  eu  f.  pour 
toujours  628,  3156. 
finer   v.  f  I   terminer   253,    1392; 

cesser  4540;  mourir  2457. 
firmament  m.  J/^rmame»^  10031. 
flael  m.  II  flagellation  2732;  fléau 

d'atines  5579. 
flambeier  v.  f  I  flamboyer  5101. 
flame  f.  I  flamme  10. 
flanc  m.  II  flanc  3607,  4046. 
flèche  fl  bois  de  la  flèche  1478, 

8808. 
fléchi er  (peut-être  à  corriger  en 

fléchir;  V.  f  I  fléchir  1812. 
flestrir  v.  f  Illb  flétrir  6194. 
floc  m.  II  flocon,   touffe  de  poils 

4054. 
flor  /:  II  fleur  429,  6147. 
f  1  o r er  v.  f  I  garnir  de  fleurs  4509. 
florir  v.f  Illb  être  en  fleur  2799. 
floter  v.fl  flotter  5672;  mettre  à 

flot  1873. 
flueve  m.  II  fleuve  2484,  6578. 
flum  m.  II  fleuve  2818. 
foil  m.  II  feuille,  feuillet  8216. 
foi  lie  fl  feuille  2415,  9570. 
f  o  i  1 1  e  t  w.  JJ  diminutif  de  foil  8770. 
foïr  v.fllla  fuir  60,  5111. 
fol,  e/oM  820,  1590;  ignorant  7896. 


foldre  fn  foudre  193,  500. 
foleier  v.  /".  I  /aire  (Zes  folies,  agir 

en  fou  8173;  (réfl.)  1578. 
foie  ment  follement  2143,  7976. 
folie  /:  I  /biie  3985. 
folor  fil  folie  9224. 
fondement  m.  II  lat.  anus  496. 
fonder  v.f.I  fonder  41,  4717. 
fontaine  f.I  fontaine  3149. 
fonz  m.  JJ  fond  4037,  5337. 
forbir  V.  /:  III*  fo^irbir  4254,  7056. 
fore  m.  II  bifurcation  d'un  chemin 

2786. 
force  fl  force  3690,  3887. 
forchié   m.  II  fourche  à  laquelle 
on  attache  le  foie  et  les  poumons 
du  cerf  3768. 
for  est  fil  forêt  284,  1446. 
for  faire  v.fo.I  faire  du  mal  503, 
4456;  perdre  par  un  forfait  1029. 
forfait  m.  II  forfait  864,  2662. 
forge  fl  forge  4399. 
forgier  v.fl  forger  4303,  9813. 
foriere/!  I  lisière  d'un  champ  3832. 
forment  beaucoup,   très  9.5,   1503; 
fortement  5529.  —  s'escrier  f.  crier 
d'une  voix  forte  210. 
f  o  r  n  a  i  s  e  f  I  fournaise  4400.    • 
f  ornir  v.f  IIH>  fournir  546,  4971. 

—  forni  robuste  718. 
forreiire  f.I  doublure  lAl. 
fors  adv.  dehors  277,  2368.  —  prép. 
excepté  673,  1401.  —  de  f.  v.  de- 
fors, 
fort  fort  499,  865;   puissant  981; 
difficile  5641;    désagréable  10065; 
weit^re  employé  comme  adv.  2612, 
5403.  —  a  f.  avec  /bree  274,  2255. 
forterece  f  I  forteresse  4554. 
fortune  f  I  hasard,  fortune  230; 

Fortune  685. 
fosse  /:  I  /bsse  2351. 
fossé  m.  II  fossé  413,  3156. 
frai  le  frêle  6186. 
fraindre  «.  /b.  II  briser   248.    — 
frait   celui  qui  est  brisé  par    la 
fatigue  2175, 

28*   ^ 


436 


GLOSSAIRE 


fraite  f.  I  brèche  1092. 
franc,  che  franc  311. 
franchise  f.  I -noblesse ,  sincérité 

4168. 
frein  m.  II  frein  3251,  3258. 
freis.  —  or  freis  brodure  d'or  1474. 
freise  /".  I  fraise,  tripe  8576. 
freit,  de  froid  6765;  triste  6172. 
frémir  v.  f.  Illb  frémir  1233,  3357. 
freor  fil  frayeur  1222,  2227. 
frère  m.I  frère  384,  5532. 
fresc,  che  frais  6388,  7966. 
fresel  m.  II  garniture  7463. 
frestel  m.  II  fréteau  5594. 
froment  m.  II  froment  88. 
froncir  v.flll^  rider  im,  2444. 
front  m.  U  front  3989. 
frut  4502,  9716  (peut-être  3.  sg.  du 
parf  de  fraindre,  ailleurs  frainst). 
fuer  m.  II  prix  9153. 
fuerre  m.  II  fourreau  4507. 
fuie  fl  fuite  9585. 
fuitif,  ve  fugitif  2^^,  2683. 
fumer  v.f.I  fumer  4400. 
funain  m.  Il  cordage  4887. 
fusique  f.I  médecine  2207. 
fust  m.  II  bois  889,  2998;     arbre 
3595. 

G. 
gab  m.  II  raillerie  8629. 
gabeis  m.  II  raillerie  3046. 
gaignon  m.  II  dogue  2568. 
gage  TO.  II  (/a^fe  6807.  —  en  g.  en- 
gagé 6867. 
galoner  v.f.I  galonner  1473. 
galt  w.  II(?)  {V.  h.  a.  geili.  fr.  gale, 

galer  ou  lat.  gaudium?)  9139. 
garçon  m.  II  garçon  8572. 
ge,  jo  pronom,  pers.  P  pers.  855, 

1275. 
gehir  v.f.  III^  avouer  1442. 
gehui  adv.  aujourd'hui  5450,  8141. 
gelde  f  I  soldat  à  pied,  paysan 

levé  par  conscription  3922. 
gelos,  jalos,  e  convoiteux  5374; 

jaloux  7096. 
g  en  0  il  m.  II  genou  9775. 


genoilliere  f.  I  genouillière  ii2â. 
genoillon  m.  II  (pi)  genou  Qn\. 
gent  fil  gens  595;  suivi  du  verbe 

au  plur.  2012,  2475. 
gent,  e  beau  2135,  4049. 
gentil  beau  1287,  3914. 
gésir  v.flllf>  coucher  1237  2737; 

(réfl.)  5928. 
geste  f.I  race  187,  2157. 
geter  v.f  I  jeter  105;  firer  1910; 

frapper  5741;  éjaculer  6222. 
geu  m.  II  jew  2159.  —  torner  a  g. 
prendre  à  la  légère  5471.  —  tenir 
a  g.  idem  4863.  —  g.  parti  c^ioix 
ewfre  deux  éventualités  7754. 
geiiner  v.f.I  jeûner  334. 
giendre  v.flll^  gémir  7927. 
giens  avec  la  négation:  rien  8288; 

nullement  5897. 
gignor    w.  II    ingénieur (?),    ou- 
vrier (?)  4403. 
giron  m.  II  i^aw  d'étoffe,  à  l'aide 
duquel  on  formait  les  tentes  7317. 
glace  fl  glace  3994. 
glaive  w.  II  épée  3719. 
glat  w.  II  aboiement  1462. 
glatir  v./".  III*  a&oyer  2588. 
g  1 0  ir  e  /".  I  i^^oire  2053,  3925  ;  pompe, 

magnificence  4645. 
godel  m.  II  {.Cp.  prov.  goda,  v. 
fr.  godon)  garçon  d'un  pédéraste 
8585. 
g  oie  f  I  gueule  490;    collet  2748, 

5484. 
gonfanon  m.  II  gonfanon   4268, 

4534. 
gorge  f.I  gorge  3654,  4036. 
gosier  v.f  I  goûter  2583,  5379. 
g  0 1  e  /".  1 5^0 w«e.  —  ne  veeir  gote  1 95. 
go  ter  u  /:  I  tacheter.  —  goté  a  or 

1472. 
go  te  te  fl  petite  goutte  476. 
governail  m.  II  gouvernail  203, 

243. 
governer  v.  f.  I  gouverner  1771, 

2557. 
grâce  f.I  reconnaissance;  pi.  785. 


GLOSSAIRE 


437 


graignor  plus  grand  144. 

grain  m.  Il  grain  362. 

graisle  m.  II  trompette  4835. 

graisle  grêle,  mince  2573. 

graisle t  diminutif  de  graisle  400. 

gramaire  f.I  gramtnaire  2209. 

gramaire  m.  II grammairien  1100. 

grant  grand  21,  27;  en  grand  nom- 
bre 343  ;  neutre  la  grandeur  7336. 
—  adv.  ne  poi  ne  grant  3716.  — 
se  mètre  et  grande  se  mettre  en 
peine  4392. 

gravier  m.  II  plage  289,  3167. 

gre  m.  II  (plur.)  reconnaissance 
1701,  9008.  —  saveir  buen  g.,  mal 
g.  7876,  8267.  —  de  mon  g. 
8645. 

grenat  m.  II  grenat  7682. 

grenon  m.  II  moustache  2450. 

grève  f.I  raie  3990. 

grever  v./". I  tourmenter  1 84 ;  peser, 
être  disagréable  987. 

grief  lourd,  désagréable  1449;  au 
neutre  5240. 

griement  grièvement  5945,  7368. 

grifon  m.  III  griffon  2567. 

gris,  e  gris  450. 

grisle  gris  4056. 

gros,  se  gros  2573,  9472. 

guaaigne  f  I  gain  7122. 

guaaignier  v.fl  labourer  6576. 

g u aire,  guaires  (avec  la  négation) 
nullement  474,  961. 

g  u  a  i  t  e  f.I  sentinelle  5588, 

guaitier  v.  f.  I  guetter  4881;  garder 
5998. 

gualdine  f.I  forêt  370. 

guarantm.  JI protecteur  5854 ;  ga- 
rant 7794  ;  protection  9446. 

guarantie  f  I  protection  1335. 

gu  a  r  an  t  ir  r. /■.  III&  ^'^'o^^â'^^j  ô^^- 

rantir  576,  3196. 
guardant,  guardenc  m.  II gardien 

4893,  9236. 
guarde  /".  I  ^arde  4136;    gardien 

2451,  4138;   sit/ef  de  crainte  595; 

attention  8122. 


guarder  v. /".  I  regarder  78,  292; 
prendre  garde  2387;  garder  2442; 
conserver  757;  fré^.^  prendre  garde 
à,  se  préserver  contre  398,  8140. 

—  g.  fei  V.  fei. 

guarir  v.  f.  IIIf>  guérir  1132, 1439; 
préserver  6481;  (Vé/Ï.^  se  guérir 
6647.  —  g.  de  échapper  à  570, 
603. 

guarisonf. II provisions  345, 3037. 

guarnement  m.  II garniture,  habit 
de  luxe  735,  1933. 

g  u  a  r  n  i  r  v.  f.  III*  pourvoir,  munir 
86,  5350;  atJerfir  4232;  (Vé^.j  s'ar- 
mer 7612.  —  gu&Tmprêt,  préparé 
7155. 

g  u  a  s  t  m.  fil  carnage  6870. 

guaster  v.  f.  1   dévaster  3,  1415. 

—  estre    guasté    être   en   friche 
6574. 

guenchir  v.flll^  faillir,  aban- 
donner 3393.  —  g.  de  dreit  man- 
quer à  sa  parole  3859. 

gueredoner  v.  f.  I  récompenser 
176,  1781. 

guerfil  m.II(?)  6446. 

guerpir  v.f.III^  abandonner  85, 
1050;  quitter  7215. 

guerre  f.I  guerre  468,  1410. 

guerreier  v.f.  I  guerroyer  3498, 
4722. 

guerrier  m.  II  guerrier  7064. 

guichet  m.  II  petite  porte;  pris 
dans  un  sens  équivoque  8575. 

guige  f.I  anse  de  Vécu  4467. 

guimple  f.  I  ornement  de  tête 
9334. 

gui  on  m.  II  guide  2282. 

guise  f.I  manière  414,  1257. 

H. 

haïr  v.flllb  haïr  98,  1925. 

h  a  i  t  i  e  r  t'.  /".  I  (réfl.)  se  réjouir  5273, 

8763. 
h  a  1  b  e  r  c  m.  II  cotte  de  mailles  439, 

4381. 
balcier  v.f.I  hausser,  lever  5221. 


438 


GLOSSAIRE 


hait,  e  haut  441;  neutre  5887.  — 
halte  mer  91,  2145. 

haltement  avec  beaueaup  de  céré- 
monie 4628,  6358. 

haltor  f.  II  hauteur  7550,  7591, 

hanap  m.  II  coupe  3535. 

hanche  f.I  hanche  1469. 

hanste  f.I  bois  de  lance,  hampe 
4521,  5630. 

hanter  v.f.I  fréquenter  2298. 

haraz  m.  II  haras  3937. 

hardement  m.  II  courage  16;  ac- 
tion courageuse  4938. 

hardi,  e  hardi  358,  898. 

hardiëment  avec  hardiesse  3729. 

harpe  f.I  harpe  1148. 

hastele  f.I  éclat,  morceau  de  bois 
5732. 

haster  v.f.I  (trans.)  presser  959, 
2218;  (réf,.)  se  hâter  5608. 

hastivement  avec  hâte  126,  698. 

haterel  m.  II  nuque  5580. 

he  m.  II  haine  95.  —  coillir  en  he 
V.  coillir. 

helme,  elme  m.  JIcasgMe 4427, 4433. 

helt  m.  II  poignée  4483. 

herberge  fl  logis  919,  4106. 

herbergier  v.f  I  demewrer  639; 
(réft.)  s'établir  4100. 

herde  f.I  troupeau  3587. 

hericier  v.f.I  (réfl.)  hérisser  son 
poil  2590. 

h  e  r  i  ç  o  n  m.  II  poutre  armée  d'une 
pointe  de  fer  3725. 

hermine  m.  II  hermine  iOil;  vête- 
ment d'hermine  1962. 

h  0  n  i  r  v.  f.  IIIt>  honnir,  déshonorer 
2050,  2527. 

h  ont  âge  m.  II  action  honteuse 
1529. 

honte  f.  I  honte  13,  204.  —  ah. 
dans  la  misère  (?)  1327. 

huchiert;.  f.I  appeler  à  haute  voix 
1967;  crier  7063. 

huer  v.f.I  lancer  en  excitant  par 
des  cris  6889,  6892. 

hurter  v.f.I  frapper  5743. 


I. 

i  adv.  y,  là  19,  439.  —  des  i  v.  des. 

ice  ceci  1931. 

icel  pron.  dém.  ce,  celui  1294,  2893. 

i  c  e  s  t  pron.  dém.  ce  2795. 

idonc,  idonkes  alors  545,  2160. 

idre  f  I  idole  9307. 

ier  hier  1284. 

igal  égal  3987;  juste  1826.  —  par  i. 

également  5904,  7960. 
igalment  également  8271. 
il  nom  du  pron.  pers.  masc.  au  sg. 

et  au  pi.  2,  6700. 
iluec,  iluekes  là  591,  2198.  —  d'i. 

de  là  342.  —  adv.  de  temps  9402. 
image  f.I  statue  1 089  ;  image  2861 . 
impérial,  enperial  impérial  4033, 

7483. 
in  de  bleu  d'indigo  423,  4054. 
infernal  v.  enfernal. 
iraigne  f.  I  araignée  4536. 
ire  f.I  fureur  3870;  tristesse  852. 
irié,  e  fâché  1098,  5220. 
iris  m.  II  pierre  d'iris  6448. 
isle,  ille  fl  île  227,  903. 
isnel,  e  rapide,  vif  3946,  5123. 
isnelece  f.I  rapidité  6742. 
isnelement  rapidement  3593. 
issue  f.I  issue  4892. 
i  s  t  r  u  m  e  n  t  m.  JJ  instrument  1 0103. 
itant  tant  3875,  9187. 
itel  tel  218. 
ive  f  I  jument  3942. 
iver  m.  II  hiver  1378,  1709. 
ivoire  m.  II  ivoire  4077,  6109. 
ivre  ivre  4928. 
ivrece  f.I  ivresse  821.  » 

J. 

ja  déjà  565;  pour  sûr  410;  explétif 
1020.  —  ja  mais  jamais  335, 
1080. 

3  &dia  jadis  2283,  8229. 

jafur  m.  II  bonne  chère,  joie  4898. 

jaiant  m.  II  géant  2733,  5494. 

jagonce  m.  II  pierre  précieuse 
(hyacinthe)  4513,  7682. 


GLOSSAIRE 


439 


jale  f.I  gale  (une  sorte  de  rogne 

qui  vient  aux  chevaux)  3936. 
jalos,  e  V.  gelos. 
jambe  f .  I  jambe  2565,  4U62. 
jaspe  f.I  jaspe  4512. 
javelot  m.  II  javelot  5314. 
joer  f .  I  jouer  2801;  chanter  4791; 

faire  l'amour  8574. 
joie  f.I  joie  264,  907. 
joindre    v.  f.  II  joindre,    souder 

7652.  —  se  j.  a.  attaquer  7110. 
jointure  f.  I  jointure  250,  7547. 
joïr  v.flll^  jouir  4335,  8617;  se 

réjouir  3543. 
joios,  e  joyeux  1533. 
jor  m.  II  jour  101,  760.  —  tozjors 

7680.    —    tote  j.   ()940,    9190.    — 

nul  j.  jamais  1847.  —  prendre  j. 

fixer  le  jour,  donner  rendez-vous 

10010. 
jornee  f.I  journée  862,  4964. 
joste  à  côté  de  471,  2604. 
joste  f.I  joute,  assaut  4272. 
joster  v.  f.  I  réunir  3710,    4112; 

jouter  3974,  5967. 
jostise  f.  I  justice  8197. 
j  o  V  e  n  t  m.  II  jeunesse  4747. 
jo  vente  f.  I  jeunesse  1331. 
juefne,  jone  jeune  2177. 
jugement    m.   II   jugement    97, 

6640. 
j  u  g  i  e  r  v.f.I  juger  1 2 1  ;  faire  droit 

531;  condamner  1028. 
jurer  v.fl  jurer  2637,  9282. 
jus  en  bas  690,  2362.  —  laj.  là  en 

bas  2379,  2417. 
jusque  jtisque  5040. 

K. 

kl  pron.  rel.  qui,  masc.  41;  fém.  33; 
ace.  cui  935;  datif  cui  113;  gé- 
nitif cui  2062  ;  après  prép.  3242  ; 
avec  la  signification  „quand  on^' 
1112;  suivi  du  subjonctif,  afin 
que  359. 

kil  =  A;i  le  111,  5231. 

k\B  =  M.  les  2915. 


L. 

1'  =t  le  la.  —  l'en  =  li  en. 

la  article  3;  pron. pers.  ace.  sg.  fém. 

2,  7650. 
la,  lai  adv.  là  44,  4102.  —  cil  de  la 

ceux  de  Vautre  côté  9422. 
labor  m.  II  travail  4336. 
laborer  v.f.I  labourer  6576. 
laceïz   m.  II  réseau   de  fil  6114, 

7448. 
lacier  v.f.I  enlacer  4374. 
laidement  ignominieusement  1035. 
laidengier   v.  f.  I   insulter   975, 

5458. 
laissierv.  /".  I laisser  2242  ;  négliger 

1633;  cesser  9685;  s'abstenir  1691. 
lait,  laie   laid  687;    mauvais   192, 

2101. 
lampe  f.I  lampe  6510. 
lance  f.I  lance  1109,  4454. 
lanceiire  f.I  5408  fi?. -ê.  à  corri- 

en  laceiire  rainure). 
lancier  v.  /".  J  jeter  des  javelots  502, 

3512. 
lanciere  f.I  catapulte  4260. 
langage  m.  II  langage  5056. 
langue  /".  J  langue  6746. 
languir    v.  /".  III6    languir   3684, 

7043. 
large  tor^^e  535. 

larrecin  —  en  1.  .à  la  dérobée  1646. 
larron  m.  JJ.  —  a  1.  à  ^  dérobée 

1694,  4895. 
las,    se    malheureux   232;    fatigué 

1210. 
laschement    d'une   manière  peu 

serrée  4022. 
lasniere  f.I  lanière  9158. 
lasser  v.  f.  I  fatiguer  640,  3112; 

(réfl.)  1185. 
laver  v.  f.  I  laver  5876;    se  iatJer 

ies  mains  4773. 
\a.z  m.  II  lacs  4366,  7709. 
le  article    ace.  sg.  masc.  3;  pron. 

pers.   ace.  sg.  masc.  7751;  neuire 

131. 
le,  e  large  861,  4495. 


440 


GLOSSAIRE 


leçon  f.I  leçon  8185. 

leece  f.I  joie  1149,  2802. 

leecier  f.I  se  réjouir  682. 

legier,  e  léger,  facile  1908,  7614. 

legierement  légèrement  2342, 
6683. 

\ei  f  II  loi  120,  8296;  culte  \000, 
1037.  —  tenir  1.  professer  une  reli- 
gion 3290. 

leial  loyal  6066,  8284. 

leisir  v.  fo.  III<*  être  permis,  avoir 
le  temps  3680,  3841. 

leisir  m.  II  occasion,  loisir  48. 

leisomer  ne  rien  faire  (?)  1450. 

léonin,  e  léonin  4060. 

leporin,  e  de  lièvre  4059. 

lerme  m. II  larme  1812,  8320. 

les  article  ace.  pi.  7;  pron.  pers. 
ace.  pi.  9300. 

letre  fl  lettre  4481, 

leu  m.  II  lieu  458;  occasion  17, 
7156.  —  par  leus  par  ci  par  là 
4461.  —  mètre  en  1.  payer,  rendre 
7390,  8321.  —  en  1.  de  au  lieu  de 
3554. 

lever  v.  f.  I  lever,  se  lever  79,  1507; 
ériger  927;  (réfl.)  3562. 

levier  m.  II  levier  1143. 

lévrier  m.  II  lévrier  1459. 

lez  m.  II  côté  247. 

lez  à  côté  de  1675,  5895. 

li  article  nom.  sg.  5956. 

li  pron.  pers.  3  pers.  datif  masc. 
33,  148. 

li  ace.  sg.  f.  (après  les  prép.  et  de- 
vant l'infinitif)  159. 

liart  d'une  couleur  voisine  du  gris 
9198. 

lice  f.  I  palissade,  barrière  923. 

lie  or  f  II  liqueur  6480,  7649. 

lié,  e  joyeux  642,  1533. 

lieement  gaîment  914. 

liëmier  m.  II  limier  1460. 

lier  v.f.I  lier  950,  1034;  garrotter 
6280. 

lignage  m.  II  race  1286,  3206. 


ligniee  fl  race  572,  2189. 

limon  m.  II  limon  6109,  7443. 

linçuel  m.  II  drap  du  lit  1252. 

lion  m.  II  lion  3923. 

lioncel  m.  II  lionceau  5767,  6456. 

lire  v.fo.II  enseigner  8186. 

liste  f.  I  raie  4269;  ornement  d'ar- 
chitecture, plaque  à  inscription 
(v.  Godefroy)  6488,  7297. 

lister  v.f.I  rayer  4419,  4436. 

lit  m.  II  lit  1206,  1936. 

litière  f.I  litière  6125,  7452. 

Hue  fl  lieue  43,  6217. 

livre  f.I  livre  (poids)  3550. 

livrer  v.f.I  livrer  10,  3259. 

lou  m.  II  loup  5371. 

loement  m.  II  conseil,   avis  2241. 

loer  v.f.I  louer,  racoler  4289. 

loer  v.  f.  I  conseiller  697,  3889; 
louer  6351;  (réfi.)  se  louer  de  quel- 
qu'un 2529. 

1 G  i  e  r  m.  II  salaire  3682,  4970. 

loigne  f.I  rein  5780. 

loing,  loin  loing  62,  643. 

loin  tain  g,  loingtain  lointain  543, 
580. 

lonc,  gue  long  565,  2450.  —  de  1. 
tens  âgé  4128. 

longuement  longtemps  124,  3684. 

longue,  longues  adv.  longtemps 
1349,  2179. 

1 0  r  pron.  poss.  3.  pers.  pi.  12  ;  pron. 
pers.  3.  pers.  dat.  pi.  6173. 

lorier  m.  II  lormier,  sellier  4106. 

lorier  m.  II  laurier  4626. 

los  m.  II  conseil  3897;  ^rtoire  5660; 
louange  8046. 

losenge  f.I  flatterie  6784. 

1  o  s  e  n  g  i  e  r  V.  /:  I  flatter  4307,  9872. 

1  ovine  de  loup  4057. 

lues  tout  de  suite  440. 

lui  forme  accentuée  du  pron.  pers. 
3.  pers.  sg.  ace.  824,  7797. 

luire  v.fll  luire  4429. 

lune  fl  lune  201,  1914. 

luxure  f.I  luxure  1573. 


GLOSSAIRE* 


441 


M. 

m'  =  me,  ma. 

ma  V.  mon. 

maçue  f.I  massue  3629. 

maigre  maigre  2445. 

maille  f.I  maille  4420. 

maillier  u /!  J  garnir  de  mailles 
4416. 

main  m.  II  matin  686,  4239. 

main  f.  II  main  12,  1143.  —  pren- 
dre en  m.  s'emparer  de  3821. 

maint,  e  maint  163,  1330. 

maintenant.  —  de  m.  tout  de 
suite  5332. 

maintenement  m.  IJ  soutien  1 420, 
3133;  secours  4732. 

m  a  i  n  t  e  n  i  r  v.  /b.  III"  soutenir  1087, 
2180;  observer  3970;  gouverner, 
posséder  552;  garder  1612;  tenir 
en  mains  3439. 

Maior  v.  Lombardie  dans  le  glos- 
saire des  noms  propres. 

mais  plus  1979;  désormais  1419.  — 
onc  m.  21.  —  ja  m.  v.  ja.  —  ne 
m.  excepté  668.  —  m.  que  pourvu 
que  142.  —  n'en  poeir  m.  10075. 

maisiere  f.I  mur  6425,  7300. 

maisniee  f.  I  suite,  famille  841, 
1650. 

maison  fil  44,  3726. 

maistre  m.  II  maître  1101;  haut 
dignitaire  1000;  chef  77;  pris  ad- 
jectivement, principal  465,  839. 

maistrement  avec  maîtrise  6122. 

maistrie  f.I  maîtrise,  art  4470, 
7672;  pouvoir  de  maître  5500. 

mal,  e  mauvais  2272;  désagréable 
9611. 

mal  adv.  mal  5608  ;  mal  à  propos  6356. 

mal  m.  II  mal  66,  310;  méchanceté 
1117. 

malade  malade  7468. 

m  al  dire  v.  fo.  II  maudire  3802, 
6323. 

maie  f.I  malle  9559. 

m  a  le  ment  adv.  mal  767. 

maleiiros  v.  etir. 


m  al  fa  ire  v.  fo.  II  méfaire  9466. 
malmener  v.  f.  I  malmener  1790, 

6184. 
mal  mètre  v.  fo.  II  pourrir  6482. 
maltalent  m. II fureur,  dépit  1 792, 

3357. 
m  a  1 1  r  a  i  r  e  V.  /b.  Il  maltraiter  7783. 
mal  vais,  e  mauvais  1420,  5854. 
malvaistié  fil  lâcheté  5680. 
mamele  f.  I  mamelle  2032,  7004. 
manage  f.I  construction  894;  (Ze- 

meure  463. 
manaie  /".  I  assistance  4122,  8114. 
manaier  f . /!  J  airfer  6308. 
manant  riche  461. 
manantise  f  I  richesses  5 1  ;  ^; wis- 

sance  8198. 
manche  /.  I  manche  1470,  1962. 
mander  V.  /".  J man^fer,  faire  savoir 

695,  1759',  /aire  venir  1457,  3891. 
manece  /".  I  (?)  7599. 
maneir  v.  fo.  II  se  tenir  466.  — 

m.  sor  quelqu'un  relever  de  8197, 
mangier  v.f.I  manger  494,  2742. 
mangnete  f.I  aimant  434. 
manière  f.I  nature  ^1^.  —  d'une 

m.  d'une  certaine  nature  473. 
mantel  m.  II  manteau  741,  2548. 
mar   mal  à  propos   623    („il   fera 

mal  en  dépensant .  .  .");  pour  mon 

(ton,  son)  malheur  1688,  3310;  en 

vain  2316;  à  tort  3080;  mare  7247. 
marage  de  m^er  3932,  4019. 
marastre  f.I  belle-mère  2585. 
marbre  m.  II  marbre  422,  7538. 
marcheandise,  marcheandie /!  I 

marchandise  454,  8292. 
marchié  m.  II  marché  449. 
marchis  m.  II  marquis  378,  3236. 
mareis  m.  II  marais  412. 
mariage  m.  II  mariage  3280,  6663. 
marier  v.f.I  marier  3278,  3382. 
marrir  v.f.III^  (trans.)  attrister 

676;  (réil.)  se  fâcher  179,  4375. 
martel  m.  II  marteau  4406. 
martire    m.  II  martyre,   supplice 

2724,  3719. 


442 


'GLOSSAIRE 


martrin,  e  de  martre  4032. 

masle  mâle  9134. 

masloD  mâle  8571. 

masse  f.I  quantité  871. 

mast  m.  II  mât  203,  244. 

mat,  e  triste,  abattu  1631. 

mater  v.f.I  tuer  8947. 

matin  m.  II matin  687;  pris  adver- 
bialement, de  bonne  heure  4395. 

matin  et  m.  II  matin  6234;  ptis 
comme  adverbe:  de  grand  matin 
9120. 

m  e  pron.  pers.  1.  pers.  dat.  ace.  sg. 
2641,  2647. 

me  ce  f.I  mèche  6514. 

mecine  f.I  médicament  7970. 

mediciner  f.I  médeciner  3681. 

m  eh  ai  n  g  m.  II  défaut  3936. 

m  e  i  forme  ton.  du  pron.  pers.  1.  p. 
sg.  224. 

meie  fém.  de  mien  1750. 

meillor  meilleur  153;  nominatif 
mieldre  2141. 

me  in  s  moins  5448,  6508. 

mais  m.  II  mois  870,  4408. 

m  e  ï  s  m  e ,  meesme  même  1 780.  — 
a  meïsme,  a  meïsmes  près  de  928, 
2423. 

moitié  fil  moitié  4948,  5409. 

membre  m.  II  mem&re  2116,  9805. 

membrer  v.f.I  (impers.)  se  sou- 
venir 5139. 

mémoire  f.I  mémoire  2054. 

menace  f.I  menace  8650,  9699. 

menacier    v.  f.  I   menacer    650, 
5986. 

m  e  n  ç  0  n  g  e  m.  II  mensonge  1 557, 
2416. 

mener  v.f.I  mener  57,  285;  pour- 
suivre 5381,  5559;  passer  4792; 
traiter  "ifîl,  8164  (Cp.  malmener); 
manifester  (m.  esfrei  4048,  m.  tris- 
tor  5923,  m.  jafur  4924  etc.);  (réfl.) 
se  conduire  806.  —  en  mener 
emmener  3005. 

m  en  or  moindre  3182;  nom.  mendre 
589. 


mentir  v.f.III"  mentir  8247;  être 

infidèle  1309;  violer  (un  serment) 

1597;  défaillir  1234. 
menu,  e  faible  3193.  —  adv.  à  de 

petits  intervalles  3999. 
menue  ment  finement  1472,  4024. 
mer  f.  II  mer  2145,  4037. 
merci    f.  II  merci,    remerciement 

1701;  grâce  1780,  3616.  —  vostre 

m.  grâce  à  vous  1778. 
mercier  v.f.I  remercier  4170. 
mère  f.I  mère  33,  2611. 
merci  m.  II  marelle  428. 
merveille  f.I  étonnement  711.  — 

a  m.  à  merveille  6920  ;  énormément 

482,   5645.   —   merveilles  à  mer- 
veille, très  3556,  4417. 
merveillier  v.  f.I  s'étonner  1 878  ; 

(réfi.)  260,  1198. 
merveillos,    e    merveilleux    739, 

859;  terrible  9817. 
mes  m.  II  messager  3491,  4550. 
mes  m.  II  mets  3043,  4775. 
mesaaisié,  e  qui  est  dans  le  ma- 
laise 1067. 
mesage  m.  II  messager  hA^,  1616; 

mission  3142. 
mesagier  w.  J-Tmessa^rer  363,  373. 
mesaise  f.I  infortune  327. 
m  es  a  venir   v.  fo.  III''   (impers.) 

aller  mal  7248,  10089. 
mésaventure    f.  I   mésaventure, 

malheur  6158,  8746. 
m  e  s  c  h  a  e  i  r  V.  /.  III<*  (impers.)  aUer 

mal  7804. 
meschever  v.  f.  I  échouer  5622. 
meschin  m.  II  jeune  homme  285, 

6188. 
meschine   f.  I  jeune  fille    1217, 

7241. 
mescreance  f.I  soupçon  5113. 
mescreire  v.f.II  se  méfier  1662; 

soupçonner  5118. 
me  s  dire  v.  fo.  II  médire  9211. 
mesfaire    v.  fo.  I   méfaire    1751, 

4680. 
mesfait  m.  II  méfait  4204. 


GLOSSAIRE 


443 


meslance  f.I  querelle  9978. 
meslee  f.I  mêlée  1046,  3632. 
mesler  v.f.I  engager  9439,  9450. 

—  se  m.  o  se  brouiller  avec  977; 
s'engager  dans  un   combat   3509. 

—  j)art.  meslé  grisâtre  2446. 
mesparler  v.  f.I  médire  9224. 
mestier  m,.  II  usage  2088;  métier 

2562,  4359  ;  service  4334  ;  nécessité 
5325  ;  (?)  8569.  —  aveir  m.  servir, 
être  utile  15,  3477;  avoir  besoin 
606,  626.  —  estre  m.  être  néces- 
saire 1659,  5549. 

V 

mesure  f.  I  mesure  1882.  —  faire 

m.    se   modérer    4201.    —    a  m. 

6506. 
m  e  t  e  i  e  r  qui  n'a  que  la  moitié  3827. 
mètre   v.  fo.  II  mettre    18,   3398; 

(réf..)  352;  se  mêler  de  9695. 
mi,  e  demi.   —  mie  nuit   1154.   — 

en    mi    v.    enmi.    —   par    mi    v. 

parmi, 
midi  m.  II  midi  1506,  4616. 
mie.  —  ne  m.  aucunement  73 ;  rien 

1992. 
miel  m.  II  tniel  8222. 
mieldre  v.  meillor. 
mielz  adv.  mieux  2650;  plutôt  75. 
mien  pron.  poss.  subst.  614,  625. 
mier,  e  pur  1477. 
mil,  milie  mille  510,  3523. 
m  il  eu  m.  II  milieu  4268,  5198. 
mi  lier  millier  3906. 
mire  m.  II  médecin  3680,  7044. 
m  i  r  e  0  r  m.  II  miroir  7604. 
mirre  f.I  myrrhe  7437. 
mo illier  f.  II  femme,  épouse  1180, 

1999. 
moillierv.  /".  J  (intr.)  se  mouiller 

1252. 
moisson  f.  II  moisson  6904. 
moldre  v.f.II  aiguiser  4471. 
molt  adj.  beaucoup  227;   adv.  très 

56,  5998. 
moltepliër  v.f.I  augmenter  1559. 
moment  m.  II  moment  252. 
mon  pron.  poss.  ace.  sg.  7780;  nom. 


s.masc.  mes  1196;  fém.  ma  7819; 

nom.  pi.  mes  1812. 
moncel  m.  II  colline  2874. 
montai gne  f.I  montagne  365. 
mont  m.  II  monde  161,  3191. 
mont  m.  II  montagne  1921.   —  a 

monz  en  piles  5338.  —  en  un  m. 

l'un  sur  l'autre  5908. 
monte  or  jjenfe,  montée  4251. 
monter  v.  f.  I  monter  701,  8691; 

importer    1328,    5694;    être   utile 

1964,  2384. 
m  o  r  f.  II  (plur.)  moeurs  4005. 
m  0  ri  r  v.  fo.  III^  mourir  1 3  ;  (réfl.) 

8700;  (trans.)  tuer  976,  2089. 
morne  morne  8398. 
mors  m.  II  agrafe,  fermait  750. 
moTt  fil  mort  68  ;  substantif  6073. 

—  ferir  a  m.  2113. 
mortel,  mortal  mor^ei  821;  (subst.) 

homme  2285. 
mortier  m.  II  mortier  7343,  7657. 
m  os  su,  e  moussu  2414. 
mostre  m.  II  monstre  2421. 
mostrer  v.  f.  I  montrer  80,  917. 
mot  m.  II  mot  1810,  8227. 
moveir  v.fo.III^  soulever,  agiter 

188,  3373;   se   mettre  en  marche 

3898,  4799  ;  commencer  3522;  (réf,.) 

s'éloigner  805S.  —  movant  alerte 

9701. 
mucier  v.f.I  cacher  1152,  3763. 
muer   V.  f.  I   changer   1204,  1490; 

s'empêcher  de  1263;  ^ré^.j  9960. 
mui  wmd  509,  5654. 
muire  v.f.II  mugir  1923. 
mur  m.  II  mulet  6607. 
mur  m.ll  mur  7,  431. 
mur  ail  m.  II  muraille  421. 
m  u  s  e  u.  —  a  or  m.  6438  v.  DuCange 

s.  V.  musivus. 
musique  f.I  musique  2208. 

N. 
nacele  f.I  nacelle  2452. 
nage  non  (avec  1. pers.)  8523. 
nage.  —  aler  a  n."  mettre  à  la  voile, 


444 


GLOSSAIRE 


à  la  rame  904.  —  a  n.  à  ia  rame 

5620. 
nagier    v.f.I   ramer    274,    2478; 

transporter  à  la  rame  2461. 
naïf,  ve  natif  mU;  brut  420. 
naistre  v.f.II  naître  211,  3942. 
nape  f.I  nappe  835. 
nasal     m.  II    nasal    du     casque 

4442. 
naturalment  naturellement  3151. 
nature  f.I  nature  436,  3916. 
naturel  naturel  508. 
navie     f.  I    les    vaisseaux     1620, 

2451. 
n a V i ë r  v.f.I  naviguer  640. 
navire  m.  II  vaisseau  3313. 
navrer  v.f.I  blesser  3524,  5883. 
n  e  conjonction,  ni  14,  5819  ;  dans  une 

phrase  de  négation  ou  de  doute,  ou 

362;  et  3462.  —  ne  .  .  .  ne  «i .  .  . 

m  16;  suivi  du  subj.,  qui  ne  13. 

—  ne  onc  2.  —  ne  pas  42.  —  ne 
mais  21. 

ne  adv.  de  négation  31,  92.  —  nen 
devant  voyelles  8. 
neel,  nielle.,  a  n.  2136. 
née  1er  v.f.I  orner  de  nielles  6458. 
nef  f.  II  vaisseau  89. 
negun,  e  aucun  326,  1332. 
n  e  i  e  n  t  rien  2 1 44  ;  aucunement  6651 , 
7421.  —  por  n.  en  vain  1809,  5986. 

—  de  n.  aucunement  3209.  — 
n'aveir  n.  de,  n'estre  n.  de  ne  pas 
être  question  de  351.  —  tenir  a  n. 
ne  faire  aucun  cas  de  798. 

neier  v.  f.I  nier  8535. 

neier  v.f.I  se  noyer  297. 

n  e  if  /:  II  neige  3994,  6926. 

neir,  e  noir  2270,  4012. 

ne!  ne  le  438. 

nen  V.  ne. 

nenil  non  647,  1753. 

nequodent  pourtant  1 638. 

nercir  u  /".  III^  noircir  1324,  6191. 

nés  ne  les  304,  6045. 

nés,  nis  ni  même  5302. 


nés  m.  II  nez  3993;  pi.  les  narines 
6468. 

n  e  V  o  m.  III  descendant,  progéniture 
2819;  nomin.  niés  2953. 

nigremance/".  I  nécromancie  2207. 

nis  V.  nés. 

no  m.  II  nage  5671. 

noaillor  ^ire.  —  aveir  le  n.  avoir 
le  dessous  5342. 

no &lz  pis  222,  8727. 

noblece  f.I  noblesse  9497. 

noce  f.I  noce  10123. 

noise  fl  bruit  28,  2613. 

nom  m.  II  nom  955,  3204.  —  par  n. 
de  comme  signe  de  2065. 

n  ombrer  v.f.I  compter  2846. 

n  orner  v.f.I  nommer  479,  2214. 

non  non  588. 

noncier  v.  f.  I  annoncer  33,  6075. 

nonchaleir.  —  mètre  en  n.  né- 
gliger 1411,  1427. 

n  o  n  e  f.I  trois  heures  de  l'après- 
midi  706. 

n  o  r  r  i  r  î7.  /!  IIIt>  nourrir  1 801  ;  élever 
3533,  8577. 

nos  pron.  pers.  1.  pers.  pi,  nous  352. 

nosche  f.I  boucle  739,  799. 

nostre  pron.  poss.  notre;  ace.  pi. 
noz;  abs.  li  n.  6035,  6568. 

noter  v.f.I  écrire  8055,  8919;  re- 
procher 3985;  accuser  6755. 

notonage  m.  II  marine  2442. 

notonier  m.  II  nautonier  2477. 

novel,  e  nouveau  1915.—  de  n.  à 
neuf  3266;  de  nouveau  8212. 

n  o  V  e  I  e  f.I  nouvelle  672. 

novelment  récemment  3413. 

n  o  V  e  1 1  é  f.  II  nouveauté  8205. 

novelier,  e  qui  aime  le  change- 
ment 8374. 

nu,  e  nu  950,  4012.  —  nu  a  nu  à 
nu  5202. 

nuef  neuf  3948,  9988. 

nuire  v.f.II  nuire  2538,  5616. 

nuit  /".Il  nuit  824,  7077. 

n  u  1 ,  e  aucun,  nul  8,  114. 


GLOSSAIRE 


445 


0. 

0 ,  od  prép.  avec  20,  285.   —   o  tôt 

V.  tôt. 
0  conj.  ou  67. 

o  adv.  où  44;   en  quoi  1677;   en  le- 
quel 9307. 
oan  cette  année-ci  1699. 
obli  m.  II  oubli.  —  mètre  en  o. 

oublier,  négliger  1412,  1609. 
obliance/".  J action  d'oublier,  oubli 

2504. 
obliër  v.f.l  oublier  1413. 
ocirev.fo.II  tuer  2 1 3,  4933 ;  (réfl.) 

1636. 
ocise  f.I  tuerie  21,  1170. 
o  ci  s  ion  f.II  tuerie  574,  1770. 
odor  f.  II  odeur,  puanteur  2395, 

6477. 
oe  V.  ue. 

ofre  f.I  offre  184. 
ofrir  v.fllla  offrir  659,  7786. 
oignoment  m.  II  onguent   2393, 

7971. 
oïl  oui  649,  8716. 
0 il  m.  II  œil  1436,  1544. 
o  i  1  e  m.  II  huile  7675. 
oindre  v.fo.II  oindre  6388. 
oïr  V.  f  III<i  entendre  228,  2710.  — 

oiant  les  barons  en  présence  des 

barons  7788. 
oisel  m.  II  oiseau  429,  1917. 
olive  f.I  olivier  4686. 
olivier  w.  II  olivier  6008. 
oltrage  m.  II  outrage,  tort  4673, 

6558. 
o  1 1  r  e  prép.  outre,  de  l'autre  côté  2461 . 
omage  m.  II  hommage  3858. 
ombre  f.I  ombre  7486;  prétexte 

9849. 
ome  m.  III  homme  114;  nom.  oem 

56,  319. 
on,  l'en  on  455,  472. 
o  n  c ,  onkes  avec  la  négation,  jamais^ 

347,  1291. 
once  f.I  once  4514,  5768. 
oncle  m.  I  oncle  976. 
onde  f  I  eau  2436. 


ongle  m.  II  ongle  2567. 

onicle  onyx  6401. 

or  m.  Il  extrémité  7113,  9530;  bord 
8837. 

or  m.  II  or  390,  7636. 

or,  ore  à  présent  331,  1735.  —  or 
...  or  tantôt  . .  .  tantôt  8125.  — 
des  or  désormais,  dès  à  présent 
4950,  8657.  —  des  or  mais  désor- 
mais 6569. 

orage  m.  II  vent  990. 

ordeneement  en  ordre  2823. 

ordenerv.  /".  I  disposer  1 834,  2826 ; 
arranger  4288. 

ordenement  m. II  commandement 
1765. 

ordre  m.  II  ordre.  —  en  o.  954, 
2928. 

ore  f.I  heure  245,  685.  —  d'ores 
en  altre  de  temps  en  temps  5382. 

—  en  es  l'ore  sur  le  champ  994. 

—  en  poi  d'ore  en  peu  de  temps 
245. 

oré  m.  II  orage  254;  vent  favorable 

596,  1648. 
oreille  f.I  oreille  1545,  4051. 
oreillier     m.    II    oreiller     1243, 

6465. 
oreillier  v.f.l  écouter  1545. 
o  r  g  o  i  1  m.  II  orgueil  2734  ;  témérité 

6552. 
orgoillos,  e  orgueilleux  8696. 
orgue nal  vital,  organique  3653. 
orient  m.  II  orient  1913. 
oriental  de  l'Est  946. 
orine  f.I  origine  3552. 
o  r  1  e  f  I  bordure  4035  ;   bord  4464, 

5483. 
or  1er  v.  f.  I  ourler  745,  4043. 
orrible  horrible  2357. 
os  m.  II  os  3652,  4636. 
os  osé,  hardi  3442. 
oscur,  e  obscur  195. 
oscurer  u /".  I  obscurer  2761. 
oscurté  f.II  obscurité  2399. 
oser  r.  f.I  oser  1438,  8016. 
ost  f.  II  armée  906,  1047. 


446 


GLOSSAIRE 


0 stage  m.  II  hospitalité  738,  1689; 

séjour  3310. 
h  o  s  t  e  m.I  hôte  842. 
ostel,  ostal  m.  II  demeure  1955. 
oster  v.f.I  ôter  6503. 
otrei  m.  II  autorisation  4154.  — 

faire  otreiz  accorder  6675. 
otreier  v.  f.  I  accorder  142,  2319. 
ovraigne  m.  II  ouvrage  4398. 
0  V  r  e  0  r  m.  II  atelier  462 
ovrer  v.f.I  travailler  547,  1144. 
ovrier  m.  II  ouvrier  4396,  7344. 
ovrir  v.f.  III"  ouvrir  909-,  5519. 

P. 

paain,  e,  paien  ^aiew  2141,  4688. 

paile  m.  II  étoffe  de  soie  390,  6117; 
tapisserie  de  cette  étoffe  452,  9305. 

pain  m.  II  pain  3041. 

paire  pi.  (latin  paria^  paire  890. 

pais  f.  II  paix  3131;  tranquillité 
268,  846.  —  a  p.  ew  repos  10()16. 

païs  m.  II  pays  7,  6548. 

païsant  m.II  paysan  3631,  7263. 

paisible  tranquille  1712. 

paistre  v.  fo.  III^  nourrir  3534, 
5700. 

palais  m.  II  palais  460,  7406. 

pale  pâle  6263. 

palefrei  m.  II  palefroi  701,  6607. 

palestre  f.  I  palestre  2801. 

pâlir  V.  f.  Illb  pâlir  7927,  8244.  — 
pâli  pâle  2269,  6190. 

paliz  m.  II  clôture,  palissade  3157, 
4253. 

palme  f.  I  paume  3358. 

palu  /".  //  marécage  2485. 

pan  w.  7J  ^aw  4045,  4422. 

panteisier  v.f.I  haleter  8125. 

par  adv.  d'intensité  141,  545.  — 
prép.  de  lieu  53,  1846;  de  temps 
5595;  de  manière  5,  57;  d'impré- 
cation 211;   de   ca?^e    1767,   1776. 

—  de  par  de  la  part  1014,  1187. 

—  par  sei  individuellement  4558. 
par  âge   m.  II  naissance   illustre, 

noblesse  ib,  1285. 


parchemin  m.  II parchemin  8777. 

parçonier  m.  I  celui  qui  partage 
3828,  8304. 

pardon  m.  II  pardon  9968. 

pardoner  v.f.I  pardonner  2064; 
accorder  1071.  —  p.  son  maltalent 
renoncer  au  ressentiment  qu'on  a 
contre  quelqu'un  4385. 

pardurable  éternel  2757,  2780. 

pareee  f.  I  paresse  2406. 

pareir  v.  fo.  III'^  paraître  1287, 
4046. 

parent  m.  II  parent  68,  3901. 

■ç z,xî\tQ m Qnt  parfaitement  2781. 

parfondement  profondément  3174. 

parfont,  de  ^ro/bnd  304,  2351. — 
en  p.  au  fond  4039. 

parlement  m.  II  entretien   103; 
.  délibération  6836. 

parleor  m.  II  salle  d'audience  462, 
558. 

parler  v.f.  I  parler  537,  2055. 

parleiire  f.I  façon  de  parler  1 226. 

parmi  adv.  au  milieu  9734.  —  prép. 
parmi,  au  milieu  de  54S1,  5871; 
à  travers  2192,  5016. 

parole  f.  I  parole,  discours  3810; 
inscription  117. 

parsiure  f.  111^  poursuivre  7147. 

part  f.  II  côté  497,  4831.  —  a  une 
p.  à  part,  à  un  endroit  isolé  3368. 
—  de  maie  p.  d'enfer  2272.  —  de 
nule  p.  nullepart  199.  —  altre  p. 
ailleu/rs  1051. 

partie  f .  I  partie  308,  2247;  cause 
7394;  part  409.  —  nule  p.  nulle- 
part  2147.  —  une  p.  en  partie 
4065. 

p artir  V.  /.  III<*  partir  5857;  parta- 
ger 5904;  se  séparer  1611,  1830; 
reculer  1312;  (réfl,.  accompagné  de 
en)  partir  906,  1020.  —  geu  parti 
V.  geu.  —  li  cuers  part  le  cœur 
brise  2112. 

p  a  r  t  o  t  partout  2956. 

p  a  r  V  e  n  i  r  V.  /b.  III"  parvenir 

parvirer  v.  f.  I  traverser  2485. 


GLOSSAIRE 


447 


pas  m.  II  pas  2596.  —  en  es  le  pas 
V.  es. 

pas  avec  négation  3215. 

pasmeison  f.  II  pâmoison  1279, 
1859. 

pasmer  v.f.I  tomber  en  pâmoison 
1278,  6211. 

passage  m.  II  passage,  voie  par 
où  Von  passe  418. 

passera. f. I passer  1 380 ;  surpasser 
8042  ;  faire  passer  2482  ;  désobéir 
à  1966;  avaler  9562.  —  il  a  passé 
(impers.)  il  y  a  7793.  —  p.  avant 
s'avancer  9811. 

passible  sujet  aux  passions,  sen- 
sible 2888. 

p  a  s  t  o  r  m.  II  pâtre  948. 

pasturer  v.f.I  se  nourrir  493. 

paveillon  m.  II  pavillon,  tente 
901,  5054. 

pavement  m.  II  pavement  7538. 

paver  v.f.I  paver  1862. 

peceierv.  /".  J  mettre  en  pièces  5893. 

pechié  m.  II  péché  1718. 

peindre  v.  fo. II peindre7983,SlS7 . 

peine  f.  I  peine  337.  —  a  p.  avec 
peine  356,  3613. 

peinturer  v.  f.  I  peindre  431. 

peior  pire  5696;  (nomin.)   pire. 

p  e  i  s  m.  IJ  poids  4434. 

peisson  m.  JZ  poisson  478. 

p  e  i  s  s  o  n  e  t  m.  JI  dimin.  de  peisson 
473. 

peitral  m.  II  poitrail  3258,  4084. 

peitrine  f.  I  poitrine  2572,  6260, 

p  e  1  m.  II  pieu  4255,  5327. 

pel  /;  II  peau  5384,  7306. 

p  e  1  i  c  i  e  r  arracher  la  peau  5382. 

p  e  n  d  r  e  V.  /".  II  (trans.)  pendre  4570  ; 
(intr.)  1424;  êfre  courbé  par  le 
poids  2415;  pencher  6466;  êfre 
siispendu  5292,  5412;  fré^.j  se 
^encAer,  êfre  favorable  3818. 

pener  v.  f.  I  (ré^.j  se  donner  de  la 
peine  184;  se  soMcier  1574.  — 
pené  fatigué  7278. 

penne  f.I  fourrure  742. 


p  e  n  o  n  m.  II  pennon  4276. 

pensé  m.  II  pensée  8064.  —  estre 
en  p.  5934. 

pensée  f.I  sollicitude  3332. 

penser  v.  f.  I  penser  1223,  2221; 
imaginer  1692;  (réfl.)  3288. 

pensif,  ve  pensif  1631,  2993. 

peor  fil  peur  31,  313. 

peoros,  e  peureux  2765;  terrible 
2771. 

per  m.  II  pair,  égal  153,  357. 

p  e  r  c  i  e  r  v.f.I  percer  5245,  5629. 

perdre  v.f.II  perdre  666. 

père  m.  I  père  1196,  2825. 

péril  m.  II  péril  2832,  6882. 

périr  v.f.III^  périr  944,  1085. 

permanable  permanant  2758. 

permaneir  v.fo.II  durer  2755. 

perron  grosse  pierre  7539. 

per  s,  e  bleuâtre  1792. 

per  sir  v.f.III  devenir  bleu  6192. 

perte  f.I  perte  5520. 

pesance  f .  I  peine  7814. 

peser  v.f.I  peser,  être  désagréable 
1128,  3479;  pesant  4434. 

petit,  e  2)e^tf.  —  un  p.  un  peu  847; 
Mw  instant  1066;  neutre,  pris  ad- 
verbialement, peu  5238;  ^e«  fîe 
feiwps  5184.  —  jusqu'à  p.  soms 
jjew  8774. 

petitet  diminutif  de  petit  474, 
2610.  —  un  p.  «n  pew  5831. 

peture  9541  (p.  ê.  pour  peuture 
tisane). 

pevree  f.I  poivrade  3666. 

pié  m.  II pied  1923;  (mesure)  1136, 
7560. 

pie  ça  depuis  longtemps  1526. 

p  i  e  c  e  /".  I  fewtps  5598  ;  qu,elquetemps 
3312;  6oMi  de  chemin  7506.  —  a 
p.  à  quelque  temps  de  là  8555.  — 
en  p.  dans  longtemps  4384. 

pierre  f.  I  pierre  9757;  pierrerie 
1493. 

pieté  fil  pitié  1806;  ^siéfé  2841, 
pileret  m.  II  diminutif  de   piler 
428. 


448 


GLOSSAIRE 


piler  m.  II  pilier  447. 

pîlet  m.  II  javelot  5312. 

pis  pis  6572. 

pitié  f.  II  pitié  224,  619;  atten- 
drissement 2252. 

piz  m.  II  poitrine  2011,  7642. 

place  f.I  place  7065,  9692. 

plaie  f.I  plaie  3681,  5877. 

plaier  o.  f.I  blesser  5980. 

plain  plain  5717. 

plain  m.  II  plaine  7234.  —  a.  p. 
tout -à- fait  (?),  dans  la  plaine 
(c'est-à-dire  „hors  de  la  forêt")  (?) 
3718. 

plaindre  v.f.II  (réfl.)  &e plaindre 
1428,  7927. 

plaine,  plaigne  f.  I  plaine  3147, 
8034. 

plainement  clairement  6179. 

plaint  m.  II  plainte  2408. 

plainte  f.  I  plainte  4744. 

plaire  v.  fo.  III<^  plaire  167,  2040. 

plaisir  m.  II  volonté  69,  679.  — 
a  p.  6606. 

p  1  a  i  s  s  e  ï  z  m.  II  parc,  terrain  en- 
clos 3605. 

plaissier  v.  f.  I  détruire  5006; 
abattre  6195,  8696;  vaincre  4758; 

plait  m.  II  procès  533;  affaire, 
cause  7802  ;  convention  3460  ;  com- 
bat 9450.  —  tenir  p.  délibérer 
1839.   —  por  nul  p.  aucunement. 

planece  f.I  plaine,  surface  plane 
7286,  7535. 

plat,  e  plat  4067. 

plege  f.I  caution  982. 

pleier  v.  f.  I  plier  4502,  8794. 

plein,  e  plein  1915;  entier  185, 
5745;  (?)  8569. 

pleinement  pleinement  5565. 

plenier,  e  étendu  412,  6583.  — 
chemin  p.  grand  route  372. 

pi  en  té  f.  II  abondance.  —  a  p.  à 
foison  89,  6602. 

p  1  e  V  i  r  V.  /!  IIIi>  promettre  609, 1 599  ; 
assurer  1369,  8552. 

plom  m.  II  plomb  4456,  7980. 


plomee  f.I  projectile   de  plomb 

5314. 
plongier  v.  f.  I  sombrer  244. 
p  1 0  r  m.  II  pleurs  2408. 
p  1 0  r  e  r  v.f.I  pleurer  686,  960. 
ploveir  v.  fo.  IIIf>  pleuvoir   191, 

267. 
pluie  f.  I  pluie  5315. 
plume  f.I  plume  7464. 
plus  plus  332;  le  plus  277.  —  le  p. 

la  plupart  5582.  —  faire  p.  v.  faire. 

—  estre  p.  (impers.)  aimer  mieux 

9891. 
■çlvi^ox  plusieurs  186.   —   li  pi.  la 

plupart  929. 
poeir  v.  fo.  Illa  pouvoir  47,  2330. 

pris  substantivement  3229.  —  puet 

estre  9003. 
poeste  f.I  force  3770. 
poesté  f.  II  pouvoir  542,  769. 
poi  peu  478.  —  un  p.  un  peu  2873; 

un  instant  6025.  —  a  p.  que  il 

s'en  faut  peu   1325.  —    a  p.  ne 

idem  2112.  —  por  p.  idem  4659, 

5738.  —  estre  p.  de  (avec  le  datif 

de  la  personne)  se  soucier  peu  de 

8356. 
poin  m.  II  poing  1034,  1961. 
poindre  v.fo. II piquer  1203,  7982; 

(sous-entendu  „le  cheval"),  galoper 

4871,  5960. 
point  m.  II  point  (avec  la  néga- 
tion) 300. 
poison  fil  poison  811,  2107. 
poldre  V.  poivre, 
poldrier  m.  II  poussière  7006. 
polie  f .  I  poulie  7671. 
polir  v.f.  IIIi»  polir  6458. 
Tp oU en t  ptmnt  2357. 
poltrel  m.  II  poulain  3935. 
poivre  fl  poudre  2130,  6083. 
pome  f .  I  pomme  109. 
p  0  m  e  1  m.  II  pommeau,  petite  boule 

placée  au  sommet  4437,  6433. 
pondre  v.f  II  pondre  4037. 
pont    m.  II  pommeau    de    l'épée 

4489. 


GLOSSAIRE 


449 


pont  m.  II  pont  3723. 

popler  v.f.I peupler  6582. 

por  prép.  pour  4,   24;  par  4732; 

comme  5770;  à  cause  de  98,  1221. 

—  por    ce  677.  —   por   ce   que 

(suivi   de]  Vindicatif)  parce   que 

233  ;  (suivi  du  subjonctif)  afin  que 

234,  891. 
porchacier    v.  f.  I  pourchasser, 

tâcher  d'obtenir  8754;  (réfl.)  3395. 
porche  m.  I  porche  6264. 
porfil  m.  II  bordure  746. 
porloignier  v.f  I remettre  à  plus 

tard  10056. 
porparlerîJ./".  I  discuter  61^3, 7739; 

convenir  9284. 
porpens    m.  II   méditation    127; 

pensée  1440.  —  estre  de  buen  p. 

être  prévoyant  9330. 
porpenser  v.  f.  I  imaginer  1696; 

(réfl,.)  penser  3503;    réfléchir  129, 

163;  s'aviser  125,  736;  s'imaginer 

456. 
porpre  f.  I  pourpre,  habit  de  pour- 
pre 452,  478. 
porprendre   v.  fo.  II  embrasser, 

comprendre    395,     7628;    occuper 

3725. 
TpoTqvL&nt  pourtant  5681. 
p  orrir  V.  /".  Illf'  pourrir  2452,  6389. 
porsiure  v.  f. III^ poursuivre 5V22. 
port  m.  II  port  199,  9996. 
porte  fl  porte  946,  2997. 
portendre  v.f.  II  couvrir  7294  ; 

tapisser  7305. 
porter  v.f.I  porter  50,  288.  —  p. 

fei  v.  fei. 
portier  m.  II  portier  2561,  6012. 
p  o  r  t  r  a  i  r  e  f .  /b.  II  ressembler  2944. 
porveance  /".  I  intention  1 624. 
p  o  r  V  e  e  i  r  ï7.  /b.  I prévoir  1 834,  1 904; 

imaginer  2096;  examiner  5368. 
posnee  /".  I  insolence  6775. 
posterel  m.  II  pilier,  poteau  427. 
postiz  m.  II  porte  53,  3743. 
povre  pauvre  4803. 
draerie  f.I  praerie  6584. 

Bibliotheca  Noimannica  lY. 


pramesse,  promesse/".  I  promesse 
158. 

prametre,  prometre  v.  /b.  II  ^ro- 
me^ire  139,  5023. 

p  ras  me  v.  brasme. 

pre  m.  II  pré  9305. 

precept  »w.  II  ordonnance  8296. 

precios,  e  ^réciewa;  740. 

preer  v.f.I  piller  3839. 

preie  f.I  proie  489,  3773. 

preier,  prier  f .  I  prier  148,  842. 

preiere  f .  I  prière  1884. 

preis,  pris  w.  II  valeur  3249; 
gloire  151.  —  tenir  p.  /aire  cas 
8428. 

preisier,  prisier  v.  f.  I  estimer, 
apprécier  329,  7180. 

premerain,  e,  primerain  premier 
2977,  5045. 

premier,  q  premier  137,  953. 

premièrement  préalablement,  d'a- 
bord 5761. 

prendre  v.fo.II  prendre  37, 1440  ; 
(réfl.)  commencer  4869,  5940;  (im- 
pers.) il  va  9378.  —  s'i  p.  8766. 
—  pris  prisonnier  2522. 

près  adv.  près  1907.  —  ne  p.  ne 
loing  aucunement  1727.  —  p.  de  883. 

présent  présent  1 246. 

présent  m.  Il  cadeau  1934,  3134. 

présenter  v.f.I  présenter,  offrir 
784,  3272. 

presse  /".  I  foule  1183,  2366. 

presser  v.  f.  I  presser  2114. 

prest,  G  prêt  5714,  6414. 

prestement  vite  5965. 

prestre  v.  proveire. 

prestresse  f.  I  prétresse  2202. 

primerain  v.  premerain. 

primes  d'abord  1561.  —  idonc  a  p. 
alors  seulement  2076. 

prince  m.  II  prince  392,  3235. 

prinsaltier,  e  primesautier  8367. 

pris  V.  preis. 

p  r  i  s  i  e  r  v.  preisier. 

prison  f.II  prison  983. 

prison  m.  II  prisonnier  6339. 
29 


450 


GLOSSAIRE 


privé  apprivoisé  3588;  intime  3492, 

8948  (privez  mal  achate  „un  ami 

intime  achète  à  son  désavantage", 

c'est-à  dire  „on  n'est  pas  bien  servi 

par  ses  amis"). 
priveement  en  secret  6504,  9012. 
pro  m.  II  avantage  135,  6866. 
pro  vaillant  358,   2057.  —  être  p. 

avoir  de  la  valeur  9227. 
pro  beaucoup.  —  ne  —  p.  nullement 

1591,  5074. 
prochain,  e  prochain  1 648  ;  proche 

parent  2217. 
prochainementsoMS|jewl60, 8732. 
p  r  0  d  0  m  m.  III  homme  de  bien  7079. 
proece  f.I  vaillance  166,  2127. 
profetisier  v.  f.I  prédire  3077. 
profetiseresse   f.I  prophétesse 

2257. " 
profite  m.  Il  prophète,  un  prêtre 

qui  sait  prédire  l'avenir  1004. 
promesse  v.  pramesse. 
promettre  v.  pramettre. 
proposer  v.f.I  prendre  une  réso- 
lution, se  promettre  9320. 
p  r  0  s  p  r  e  propice  674,  3096. 
provement  m.  II  preuve  8515. 
proveire  m.  II  prêtre  1037;  nom. 

prestre  7162. 
prover    v.  f.  I  prouver   8514.    — 

prové  convaincu  5564. 
pucele  fl  pucelle  1861,  2126. 
puïr  V.  f.  III<^  puer  6482. 
puis  adv.  plus  tard  176;    puis  78, 

1184.  —  p.   que  après  que    1291; 

puisque  dH2i. — prép.  après  1528, 

5757. 
puisier  v.f.I  faire  eau  2555. 
pu  or  f.II  imanteur  2358. 
putage  m.  II prostitution,  débauche 

1572,  7118. 
putain  f.  II  putain  9134. 

quant  lorsque  I,  616. 
quant  pron.  rel.  et  interr.  combien 
de  3371.  —  q.  que  tout  ce  que  2203; 


à  mesure  que  1552,  1564.  —  ne 
tant  ne  q.  v.  tant. 

quarante  quarante  5836. 

quarel  m.  II  grosse  pierre  carrée 
422,  5312. 

quarré,  e  car7'é  7299. 

quart,  e  quatrième  265,  2943. 

quartain,  e.  —  fièvre  q.  7918. 

quartier  m.  II  un  des  quatre  côtés 
du  casque,  qui  avait  la  forme  d'une 
pyramide  quadrangulaire  4436. 

quasser  v.f.I  casser  9764. 

quatre  quatre  1213,  1916. 

que  ^row.  interr.  326,  645;  neutre 
avec  le  sens  de  „pourquoi"  6743, 
8133.  —  pron.  rel.  97,  566.  — 
faire  q.  agir  en  807. 

que  conj.  que  84;  parce  que,  car 
1852,  2725;  de  sorte  que  442,  5868; 
afin  que  6271;  pourvu  que  7846; 
pour  continuer  quant  1323;  pour 
annoncer  un  discours  (comme  le 
grec  on)  2139.  —  que  .  .  .  que  et 
.  .  .  et  3779.  —  que  que  combien 
que  172;  quoi  que  283.  —  ce  que 
quoi  que  8623.  —  mais  que  v. 
mais.  —  ne  .  .  .  que  seulement  278. 

q  u  e  i  pron.  abs.  rel.  quoi  3370  ;  pron. 
interr.  quoi  645.  —  por  quei  1113. 

quel  pron.  interr.  207,  361.  —  quel 
la  ferai  qu'y  ferai-je  1013,  5145. 

quel  =1  que  le  37. 

querre  v.  fo.  II  chercher  39,  579; 
prier,  demander  393.  —  q.  congié 
demander  la  permission  de  partir 
1697. 

ques  =  que  les  6562. 

question  f.  II  qxiestion  8499. 

quinze  quinze  3515,  6042. 

qui  te  quitte,  exempt  6169.  —  lais- 
sier,  clamer  q.  abandonner,  renon- 
cer à  7749,  8584. 

quitement  librement  9399. 

B. 

racener  v.  f.  I  faire  des  signes 
1963. 


GLOSSAIRE 


451 


racine  f.I  racine  7969. 

racluter  v.f.I  rapiécer  2454. 

racoillir  v.  recoillir. 

raconter  v.  reconter. 

rados  m.  II  so^itien,  garantie  3441, 
4317. 

raençon  m. II  raclmt,  rançon  1169. 

T&ge  f.  I  rage  8 1 3  ;  action  folle  1 707; 
hostilité  4674. 

rai  m.  II  flot,  jet  2078. 

rai  m  m.  II  branche  2314. 

raisnablement  raisonnablement 
6639. 

raison  f.  II  raison  368;  discours 
1 280,  4705.  —  mètre  a  r.  adresser 
la  parole  à,  aborder  1402,  1674.  — 
rendre  r.  v.  s.  v.  rendre. 

râler  v.f.I  retourner  1002;  (réf,. 
avec  en)  8799. 

raliër  f.  I  rassembler  5539. 

rameissel  m.  II  branche  2547. 

ramener  v.  f.  I  reconduire  2308, 
7033. 

ramet  m.  II  branche  2312. 

ramor  m.  II  ramure  3537. 

rancune  f.I  vengeance  3904. 

rasaillir  v.  f.  III<*  assaillir  dere- 
chef 5540. 

rasoagement  m.  II  soulagement 
8101. 

T&soa,gieT  V.  f.  I  soulager  8208. 

ratorner  v.f.I  raccommoder  608. 

raveir  v.  sous  re. 

ravigorer  v.f.I  (réf,.)  reprendre 
courage  3709. 

ravine  f.I  violence  4180. 

ravir  v.  f.  Illb  enlever  5816. 

ravivement  m.  II  renouvellement 
9979. 

re.  —  Ce  préfixe  indique  souvent 
que  l'action  du  verbe  auquel  il 
est  joint  est  dans  un  rapport  de 
succession  ou  d'opposition  avec 
l'action  précédente.  Il  est  diffi- 
cile de  rendre  la  signification  de 
ce  préfixe  en  langage  moderne. 
Ainsi  raveir  871;   rebaisier  815; 


se  recovrir  8402;  recuidier  10115; 
redeveir  8187;  redire  8554;  redo- 
ner  8222;  redurer  10035;  refaire 
483,  8319;  referir  5658;  reporter 
7620  ;  resaner  7990;  restre  615, 2079  ; 
retenir  7631;  retorner  690;  reveeir 
797;  revenir  155. 

re  m.  II  bûcher  1932. 

rebaisier  v.f.I  v.  sous  re. 

r  e  c  e  t  m.  Il  refuge,  place  forte  3837, 
4144.  --        - 

receveir  v.  fo.  IIIi>  recevoir,  ac- 
cueillir 785,  9238. 

r  e  c  h  i  e  f.  —  de  r.  de  nouveau  2004, 
2921. 

reclaim  m.  II.  —  venir  en  r.  faire 
parler  de  soi  8098. 

reclamer  v./". I invoquer 2336, 3093. 

recoillir,  racoillir  v.  f.  III"  recevoir 
2553,  3711. 

recolchier  v.f.I  (réfi.)  se  coucher 
de  nouveau  8422. 

recomencier  v.f.I  recommencer 
1280,  9428. 

r  e  c  0  n  f  o  r  t  e  r  v.  f.  I  réconforter 
1326,  2013. 

reconreer  v.f.I  restaurer  7362. 

r  e  c  0  n  o  i  s  t  r  e  v.fo.  III>>  reconnaître 
5269. 

reconter,  raconter  v.  f.  I  raconter 
844,  6284. 

recorber  v.f.I  recourber  2569. 

recorder  v.fl  rappeler  6794;  se 
rappeler  1224,  3076. 

recovrement  m.  II  recouvrement 
1341. 

recovrer  v.f.I  aider  5653;  répa- 
rer 6520. 

recovrier  m.  II  guérison  298. 

recovrirv.  /".  JJI"  (réfi.)  v.  sous  re. 

r  e  c  r  e  i  r  e  t7.  /".  U  renoncer  à  la  lutte, 
se  déclarer  vaincu  9508.  —  recré- 
ant épuisé,  vaincu  de  son  propre 
aveu  3469,  7078. 

recuidier  v.f.I  v.  sous  re. 

recuire  v.fo.  II  cuire  de  nouveau 
4474. 

29* 


452 


GLOSSAIRE 


reculer  v.f.I  reculer  5572. 
redeveir  v.f.III^  v.  sous  re. 
redire  v.fo.II  v.  sous  re. 
redoner  v.  f.  I  v.  sous  re. 
redoter  î;./".!  redouter  766,  6993. 
redrecier    v.  f.  I   restaurer    597; 

(réfl.)  se  relever  9706. 
refaire  v./b.  I  V.  sous  re. 
re  durer  v.f.Iv.  sous  re. 
referir  v.f.III^^  v.  sous  re. 
refermer  v.f.I  rebâtir  656,  1379. 
reflambeier  v.  f.  I  flamboyer,  res- 
plendir 2509,  4650. 
refondre  v.f.II  fondre  de  nou- 
veau 4472. 
refreidir  v.f.III^  refroidir  1960, 

7922. 
refreschir    v.  f.  III^   rafraîchir 

7277. 
refuser  v.fl  refuser  1586,  9129. 
règne  m.  II  royauté,  gouvernement 

3S0,  2188;  royaume  3,  320. 
régner  v.  f.  I  régner  2990. 
regort  m.  II  golfe  3168. 
regoteore    f.I    trébuchet    7709, 

7713. 
regreter    v.  f  I   regretter   2127, 

G241. 
regroui  ratatiné  2443. 
reguarderv./:  I  regarder  29  ;  (réfl.) 

regarder  5618. 
reguart  m.II  regard  2294,  7881; 

crainte  8028. 
rehaitierv.  /:  I  é^fayer,  encourager 

273. 
rei  w.  II  roi  19,  2214. 
rei  fil  filet  4361. 
reial  royal  2189,  6462. 
reialme  m.II  royaume  4152. 
reide  roide  9066. 
reidement  roidement  5744. 
reie  /".  I  raie  2225. 
reïne  /".  I  reine  1524. 
relever  V.  /".  I  ("ré^.^  se  relever  5340, 

6212. 
relief  m.  II  les  restes  qu'on  enlève 
de  la  table  3049. 


relire  v.fo.II  v.  sous  re. 
reluire  v.fo.II  reluire  4000. 
remaindre  v.  remaneir. 
remanable  fixe,  permanent  3086. 
remanance    f.  I    domicile    3055, 

3081.  —  a  r.  pour  de  bon  1123. 
remaneir,  remaindre  v.  fo.  II  rester 
591,  628;  cesser  7224;  ne  pas  faire 
8963;  ne  pas  se  faire  3500,  3854. 
—  r.  en  tenir  à  3488.  —  rema- 
nant celui  qui  reste  2251. 
remembrance  f.I  souvenir  2503, 

3056. 
remembrer  v.f.I  (trans.)  rappeler 
à  quelqu'un  quelquechose  850;  (im- 
pers.) il  me  remembre  je  me  sou- 
viens 316,  853. 
remoil  m.II  mouillure  8412. 
r  e  m  0  V  e  i  r  f .  /b.  III>'  soulever  808 1  ; 

V.  sous  re. 
remuer  v.f.I  (réfl.)  se  remuer  3 1 94; 

s'éloigner  6226. 
renc  m.II  rang  433,  7035. 
rendre  v.f.II  rendre  1176;  (réfl.) 
5459.  —  r.  raison  donner  des  ren- 
seignements 368.  —   r.  estor  soïi- 
tenir  le  combat  5530,  6966.  —  r. 
l'ame  mourir  2042. 
renge  f.I  baudrier  4511. 
renoncier  v.f.I  apprendre  (act.) 

360. 
renovelement  m.II  renouvelle- 
ment 9986. 
renoveler  v.  f.  I  renouveller  7bl8. 
renveier  v.f.I  renvoyer  6250. 
reoller  v.f.I  rouler  5446. 
reondece  f.I  forme  ronde  7536. 
reondement  en  rond  7558. 
reont  rond  4490,  5392. 
reorte/".  I  lien  formé  d'une  branche 

tordue  sur  elle-même  2603. 
repaire  m.II  retour  2496.  —  se 

mètre  el  r.  retourner  136. 
repairier  v.f.I  retourner  71, 5030. 
reparer  v.f.I  réparer  7284. 
repasmer  v.f.I  (réfl.)  7428.     V. 
sou^  re. 


GLOSSAIRE 


453 


repentir  v./!  III<*  (réfl.)  se  repentir 
1852,  5461. 

replenir  v.f.III^  retnplir  4"281. 

r  e  p  0  e  i  r  v.  fo.  1II<*  5355,  82 1 0  v. 
sous  re. 

repondre  v.fo.II  (réfl.)  se  cacher 
905,  5194. 

reporter  v.  f.  I  v.  soias  re. 

repos  m.  II  repos  1435. 

reposer  v.f.I  (intr.)  cesser  1404; 
se  reposer  3104;  (réfl.)  4123. 

reprendre  v.  fo.  II  prendre  de 
nouveau  1859;  blâmer  2848. 

reprover  v.f.I  reprocher  9862. 

reprovier  m.  II  reproche  7116. 

requei  m.  II  lieu  isolé  3166. 

requerre  v.  fo.  II  chercher  353, 
h2A2\  s' adresser  à,  prier  4155,  4309; 
demander  606 1  ;  attaquer  5865, 9737; 
(réfl.)  s'attaquer  9431. 

resalener  v.  f.  I  (réfl.)  reprendre 
haleine  8209. 

resaner  v.f.I  V.  sous  re, 

r  e  s  a  V  e  i  r  V.  /o.  III<*  v.  sous  re.  8280. 

resbaldirv.  /".  7JJ*  réjouir,  encou- 
rager 3067. 

resconser  v.  f.  I  cacher  1911;  se 
cacTter  7272;  ("ré^.;  2681. 

r  e  s  c  o  r  r  e  v.fo.  III<^  délivrer,  sou- 
lager 4738,  6748. 

rescosse  f.I  secours  5703.  —  a  la 
r.  au  secours  5873,  7131. 

re  s  crier  v.  f.  I  (réfl.)  se  récrier 
3749. 

resenbler  v.f.  sembler  1488. 

resne  f.I  rêne  1501,  4073. 

resoner  v.f.I  résonner  2589,  5593. 

r  e  s  0  r  d  r  e  v.fo.  II  échapper  4266. 

resortir  v.  f.  III"  échapper  8687, 
9589;  se  rétracter  9092;  (réfl.)  re- 
bondir 9763. 

respasser  v.f.I  guérir  7470. 

respit  m.  II  délai  1737,  3854. 

respitier  v.  f.  I  remettre  à  plus 
tard  10062. 

resplendir  v.  f.  IIIf>  resplendir 
5100, 


r  e  s  p  0  n  d  r  e  v.  fo.  II  répondre  599, 
1014. 

respons  m.  II  réponse  694. 

restif,  ve  rétif  Q~S8. 

restorementm.  JJ  rétablissement 
2777;  compensation  6338, 

r  e  s  t  o  r  e  r  v.f.I  rébâtir  6598. 

restre  615  v.  sowsre.;  être  de  noti- 
veau  1060. 

r  e  s  tr  e  i  n  d  r  e  f.  /b.  IJ  réparer  608, 
656. 

resusciter  v.f.I  ressusciter  1 909. 

retenement  m.  JI  resf /-icfion  41 32  ; 
action  de  retenir  9641. 

retenir  v.  fo.  III'  retenir  13S1, 
1570;  garder  1947;  7631  v.  sous  re. 

reter  r.  f.  I  accuser,  blâmer  4204, 

r  e  1 0 1  i  r  v.  f.  JIJ»  reprendre  quelque- 
chose  qu'on  a  donné  3394, 

r  e  1 0  r  m.  II  guérison  7920, 

retorique  f.I  rhétorique  2208. 

retorneier  v.  f  I  combattre  de 
nouveau  6031, 

retorner  v.  f.  I  aller  en  amère 
208;  se  retourner  8928;  retomber 
7374;  Cré^.;  67,  7071;  690  V.  sous  re. 

re  traire  v.fo.II  retirer  4153;  dé- 
tourner 7834;  (réfl.)  se  retirer  3778. 

reveeir  v.fo.II  revoir  5846;  797 
V.  sous  re. 

revenir  v.  fo.  111'=  revenir  3356; 
('ré^.j  se  retourner  Al \\;  155  v.  soitô 
re,  —  r.  a  valoir  3478, 

revertir  v.f.  III<^  retotirner  3205  ; 
retomber  6761,  9416, 

r  e  V  0 1  e  i  r  V.  /b.  IJJc  vouloir  de  nou- 
veau 5684;  6786  v.  sous  re, 

riche  riche  141. 

riche  ce,  richeise  /!  I pouvoir  1367; 
richesse  165;  trésor  52. 

richement  Hchement  1778,   4085, 

richeté  /".Il  richesse  1396. 

rien  /!  II  c^ose  624,  2518;  ('(faws  ««e 
phrase  de  doute)  quelque  peu  835, 
4583;  (^at'ec  ia  négation)  rien  1745; 
nullement  1328.  —  de  r.  aweiwe- 
me«i  1S21,  5193. 


454 


GLOSSAIRE 


rire  v.  fo.  II  rire  3045;   (réfl.)  se 

moquer  8699. 
ris  m.  II  ris,  sourire  7961. 
rivage  m.  II  rivage  83. 
rive  f.I  rivage  81,  419. 
rivière  f.  I  contrée  sur  les  bords 

d'une  rivière,  bonne  pour  la  chasse 

6584. 
rober  V.  /'.  I  voler  3212; piller  3757, 

4143. 
roche  f.I  roche  420. 
rochier  m.  II  rocher  3168. 
r  0  e  f.I  roue  890. 
roele  fl  roue  688;  (?)  4480. 
roge  rouge  4063. 
rogor  f.  II  rougeur  3995. 
rois  te  raide,  escarpé  7598. 
rompre  v.  fil  rompre  202.   —  r. 

les  chevels  arracher  les   cheveux 

2011. 
ronfler  v.f.I  ronfler  2071. 
Torev.f  II  ronger  impf.  roeit  4636. 
r  0  s  a  t ,  de  rosat,  aromatisé  avec  des 

roses  7434. 
rose  f.I  rose  6194. 
rote  f.I  route  196,  2399. 
roter  v.  f.  I  lat.  ructari.  —  r.  l'arme 

rendre  l'âme  (cp.  expirer)  5050. 
royer  v.f  I  demander,  prier  127;  733. 
rue  f.I  rue  459,  7325. 
ruer  v.f.I  lancer  7023. 
ruisel  m.  II  ruisseau  3150. 
mit  m.  II  rut  9137. 

S. 
s'  =  se,  sa. 
s»  V.  son. 

sachier  v.f.I  tirer  9710. 
s  a  c  r  e  f  i  ë  r  V.  /".  /  sacrifier  1018,  2349. 
sacrefiseOT.7Jsam;^ce  1007, 1949. 
sage  sage  1296;  instruit  8182.  — 

faire  s.  instruire  2473. 
sagement  sagement  3982. 
s  a  i  e  t  e  /".  I  flèche  8066  ;  (spécialement 

la  pointe)  1477. 
saigniee  f.I  saignée  3650. 
saignier  v.f.I  saigner  Mdl,  5877. 


s  a  i  1 1  i  r  v.  /!  Illf^  saillir  2078  ;  sauter 

2033,  2805. 
sain,   e  sain,   valide  5178;    intact 

9246. 
saintuaire  f.I  force  divine  1120. 
sairement    m.  II   serment    3494, 

9311. 
saisir  V.  /".  JIJ*.  —  s.  quelqu'un  de 

3481.  —  estre  saisi  de  3455,  8376. 

—  se  faire  saisi  de  se  saisir  de  3445. 
saldaire  fl  6396. 

sale  fl  salle  461,  1481. 

salf,  ve  sûr  8495. 

sait  m.  II  saut  3604,  4922.  —  pren- 
dre s.  sauter  692. 

saluer  v.f.I  saluer  722,  3173. 

salut  m.  II  salut  8780. 

s  al  V  âge  sauvage  280,  349. 

salvagine  f.I  bête  sauvage  369. 

salvement  sain  et  sauf  2307. 

s  al  ver  v.f.I  sauver  6361. 

sanc  m.  II  sang  480,  2037.  —  chien 
a  s.  3608. 

sandaire  f.I  sandale  6396. 

saner  v.f.  I  guérir  7972,  9564. 

sanglent,  e  sanglant  3617,  5444. 

santé  fl  santé  79S9,  9937. 

saoler  v.f.I  rassasier  7106. 

sapeie  f.I  sapinière  5188,  6953. 

sardine,  sardoine  quartz  -  agate, 
sardonyx  6473,  7654. 

sarqueu  m.  II  cercueil  6414,  7645. 

saveir  v.  fo.  III"  savoir  46,   115. 

—  s.  mal  (impers.)  déplaire  3479.  — 
a  s.  c'est-à-dire  8500.  —  pris  sub- 
stantivement, sagesse  2128,  8147. 

SSLV  or  fil  saveur  8224,  8881. 
saziër  v.f.I  rassasier  1290. 
se  pron.  réfl.  47. 
s  e  conj.  si  208.  —  se  . . .  non  rien 

que  240;  excepté  1170. 
séant  m.  II  séant.  —  en  sons.  8937. 
sebeline  fl  zibeline  7480. 
sec,  che  sec  2572. 
sechier  v.f.I  sécher  6499. 
s  e  c  0  r  r  e  v.fo.  II1<^  secourir  4734, 

5532. 


GLOSSAIRE 


455 


secors  m.  II  secours  1335,  1421. 
seeir  v.fo.II  être  assis  2267;   être 

situé  408;  demeurer  920;    reposer 

sur    6456,   6437    („était  soutenue 

par  peu  de  piliers"). 
seeler  v.  f.  I  sceller  6476. 
segont,  de  second  7587. 
segrei  m.  II  secret  1078. 
segur  V.  seiir. 
sei  f 0)7*16  tonique  du  pron.  réfl.  125, 

153. 
seie  f.  I  soie  6113. 
soif  f.  II  soif  2750. 
s  e  i  g  n  0  r  m.  III  seigneur  77;  époux 

4376;  nominatif  sire  383,  713. 
seignorie  f.I  souveraineté  4742. 
sein  Ht.  iï  sein  8351. 
s eir  m.  II  soir  686. 
seissante  soixante  890,  3550. 
sejor  m.  II  repos  606,  871, 
sej  orner    v.  f.  I    demeurer    351, 

1378. 
sel  m.  II  sel  1040. 
sel,  sil  =  se  le,  si  le  858,  7188; 

8740. 
se  le  f.I  selle  3258. 
selonc  selon  6092. 
selve  f.  I  forêt  2164,  2939. 
semaine  f.I  semaine  1434,  5066. 
semblant  m.  II  signe  8246;  mine 

1334,  8358.  —  en  s.  e«  apparence 

3984.  —  faire  s.,  mostrer  s.  9iJ0, 

1297. 
sembler  v.f.I  sembler  719,  1499; 

ressembler  1740,  2344.  —  ce  que 

li  s.  ce  qu'il  veut  1522. 
s  e  m  0  n  d  r  e  v.fo.II  exhorter  1 888  ; 

inviter  3571. 
sempres  aussitôt  2369. 
senator  m.  il  sénateur  531. 
séné  m.  II  sénai  2962. 
séné,  e  sensé  2230. 
senefiance  f.I  signe  de  la  part 

des  dieux  2340,  3344. 
senestre  gauche  78,  2784. 
senglement  séparément,   simple- 
ment 8286. 


senglotirv. /".  111^  sangloter 207 1 , 
5751. 

sens  m.  II sens,  sagesse  1407,  5061; 
art  434;  direction  7560. 

sente  /.  I  sentier  3584. 

sentier  w.  II  sentier  371. 

s  e  n  t  i  r  r.  f.  III<»  se«fir  1 823  ;  (Ve'j^.^ 
se  ressentir  1824. 

senz  ^rep.  sans  36,  432.  —  s.  ce 
que  sans  que  714.  —  s.  son  gré 
contre  sa  volonté  3885. 

s  e  p  e  1  i  r  v.  f.  IIIf>  ensevelir  6043. 

sepolture  f.  Isépidture  2459,6411. 

s  e  r  j  an  t  m.  II  serviteur  3905,  6375. 

seror  f.  III  sœur  385,  1272;  tiotn. 
suer  1273. 

serorge  w.  II  beau-frère  5453. 

serpent  m.  II  serpent  484,  1922. 
—  traire  le  s.  del  buisson  tirer  les 
marrons  du  feu  6899. 

serpentin,  e  de  la  façon  d'un 
serpent  2575. 

serreement  serré  3698. 

serrer  v.f.I  serrer  3999.  —  serré 
fermé,  inaccessible  1805. 

ser viable  serviable  3563, 

servir  v.f.  III»  servir  469,  6 1 3. 

servise  m.  H  service  661,  1269; 
service  funèbre  6089;  service  reli- 
gieux 1950. 

ses,  sis  =  se  les  6339. 

sestier  m.II  sétier  6471. 

set  sept  278,  3188. 

set  me  septième  2951. 

seul,  e  seul  285,  1050;  neutre,  seu- 
lement 750,  4330. 

seïïTement  seulement  2025. 

seiir,  segur,  e  sûr  8,  42.  —  adv.  - 
a  s.  assuré  3328;  en  sûreté  1510; 
en  repos  2162. 

seiirement,  segurement  saws dan- 
ger 2542,  6142. 

s  e  li  r  t  é  f.  II  sûreté,  assurance  34 1 7, 
8025. 

sevrer  v.f.I  séparer  2120;  se  sé- 
parer 2367. 

seze  seize  3537. 


456 


GLOSSAIRE 


si  adv.  si  195;  ainsi  699,  2054.  — 
si  com  ainsi  que  688;  à  mesure 
que  1794;  puisque  4160.  —  si  fait 
9023. 

si,  se  conj.  et  129;  (explétif)  343, 
490. 

s  i  b  1  e  r  v.  f.  I  siffler  2594. 

s  i  c  a  m  or'  m.  II  sycomore  4521. 

s  iém.  II  résidence  2701. 

siècle,  siegle  m.  II  monde  4807. 

siège  m.  II siège  880,  3108;  empla- 
cement 7282. 

siegle  v.  siècle. 

siglaton  m.  II  espèce  d'étoffe  pré- 
cieuse 4025. 

sigle  fl  voile  244,  3030. 

sigler  v.f.I  cingler  275,  2008. 

signe  m.  II  emblème  3926,  4688. 

s  il  =  si  le. 

sillebe  f.I  syllabe  8558. 

sis  V.  son. 

sis  =  si  les. 

si  lire  V.  f.  Il  la  suivre  1181,  3609; 
imiter  6052. 

soatume  f.I  tranquillité  7957. 

s  0  a  V  e  t  doucement  8424. 

sodainement  tout  à  coup  1507. 

sodement,  sodeement  subitement 
251,  5816. 

s  o  do  mite  m.  II  sodomite  8583. 

soef  doux  2619,  9222;  adv.  douce- 
ment 771. 

s  centre  après  59,  1482. 

sofire  v.f  III^  suffire  7103. 

sofle  m.  II  souffle  7712. 

sofler  V. /:  I  soM/^r  1231,  2698. 

s  0  frai  te  fl  disette  2404,  8600. 

sofrir  v.fllla  souffrir  66,  2181; 
résister  7059. 

seing  »i.  II  soing.  —  aveir  s.  se 
soucier  1930. 

soldée  f.I  salaire  7387,  9164. 

soldeier  m.  II  soldat  3431. 

solder  v.f.I  souder  4474,  7546. 

soleil  m.  II  soleil  197. 

s  o  1  e  i  r  avoir  accoutumé  9126. 

S  0 11  e  r  m.  II  soulier  4026, 


s  0 1 1  i  e  r  m.  /J  plate-forme  7 1 0. 

soltain,  e  solitaire  2142. 

som  m.  II  sommet.  —  en  s.  adv. 
en  haut  7321;  prép.  sur  3148.  — 
par  s.  par  dessus  5899. 

s  orne  f.I  sommeil  2412. 

s  0  m  e  i  1  m.  II  sommeil  8929. 

somier  m.  II  bête  de  somme  3759. 

son  m.  II  son  2708. 

son  pron.  poss.  55  ;  nom.  sing.  masc. 
ses  6926;  fém.  sa  4;  nom.  jpZttr. 
masc.  si  239;  /em.  ses  2080;  ace. 
plur.  ses  50. 

sonc  selon  2618,  2895. 

soner  v.f.  sonner  1148,  4835. 

songe  m.  JJ  songe  1558,  2415. 

soper  V.  /!  J  souper  825. 

sople  suppliant,  soumis  8176. 

sopleier  v.  /".  J  supplier  4390. 

sor,  e  ôZond  4009. 

s  or,  sore  adv.  par  dessus.  —  corre 
s.  se  ruer  sur  5250,  9430.  —  prép. 
sur  301;  au  dessus  de  1784;  outre 
7987.  —  s.  ce  puis  4139.  —  mètre 
s.  charger  de  1005. 

sorceinte  f.I  ceinture  4023. 

sorcière  f.I  sorcière  1907. 

sorcil  m.  II  sourcil  3991. 

sorcille  /".  J  sourcil  2291. 

sordire  v.fo.II  calomnier  9212. 

s  0  r  d  r  e  v.f.  II  surgir,  être  soulevé, 
naître  468,  1046;  sourdre  3149. 

sormonter  v.f.  I  vaincre  154. 

sororer  v.f.I  dorer  6432. 

sorplus  res^e  6314. 

s  0  r  p  o  e  i  r  v.  /b.  JJJ«  ('re'^.^  être  ca- 
pable 6364,  6745. 

sorprendre  v.  fo.  II  surprendre 
1258,  5048. 

sort  m.  II  sort.  —  par  s.  à  la  suite 
d'un  tirage  au  sort  2380.  —  geter 
s.  tirer  au  sort  1024;  prédire 
l'avenir  1910,  5058. 

sortir  v.  fo.  III^  donner  en  par- 
tage 1760,  3239. 

sorveintrev.  /!  JJ surpasser  2960. 

sorvenir  v.f.  III<=  survenir  104, 


GLOSSAIRE 


457 


sorvenue  f.l  survenue  6323. 
sospir  m.  Il  soupir  18 13,  7965. 
sospirer    v.  f.  I    soupirer    1204, 

7923. 
s  os  tenir  v.f.III<*  soutenir  7618. 
sotil  iin  4361. 

sotilment  finement  4416,  6112. 
sovenir  v.fo.IIh  (impers.)  il  me 

souvient  1293,  1456. 
s 0 vent  souvent  292. 
soverain,  e  supérieur  2S30,  7634. 
soviner  v.f.I  se  renverser  1254. 
soz  prép.  sous,  au-dessous  de  1312, 

2032. 
sozcriembre    v.  f.  II    craindre 

5091. 
sozleverv.  f.  J  soulever  6464,  7460. 
soz  m  être  v.fo.II  soumettre  406. 
soz  rire  v.f.II  sourire  847,  9253. 
sozterrain  m. II  souterrain  2829. 
suer  V.  seror. 
suer  V.  f.  I  suer  7920. 
su  en  pron.  poss.  adj.  son  384;  fém. 

soe.  —   pr.  p.  subst.   le  sien  48; 

fém.  633,  1614. 
suie  f.l  suie  8221. 
sur,  e  âpre  8004. 
sus  ew  dessus.  —  traire  sus  hisser 

1874,  2254.  —  et  sus  et  jus  partout 

1552.  —  lai  sus  là  en  haut  1876, 

2501.  —  en  sus  en  arrière  4867, 

9300. 

T. 

tabernacle  m.  II  petite  armoire 

dans  les  églises  6440. 
table  fl  table  3042,  3048. 
tabor  m.  II  tambour  4899. 
taie  f.l  taie  7462. 
taille  f.l  impôt  8078. 
taillier  v.  f.  I  couper  475,  4444; 

tailler  l(i^&\.  sculpter  4077. 
taire  v.fo.  III^  (réfl.)  se  taire  845, 

1066. 
talent  m.  II  volonté,   désir  1342, 

3284.  —  aveir  en  t.  désirer  1388. 
tant  adjectif,  tant  217,  1726.  —  cel 


t.  tout  ce  que  3038.  —  t.  com  idem 
3243.  —  altre  t.  v.  altretant.  —  ad- 
verbe si,  tant  21,  2896.  —  por  t. 
pourtant  1 09  \;  dans  la  mesure  que 
9515.  —  par  t.^rtrZà  5121.  —  fors  t. 
excepté  que  4S?Q.  —  entre  t.  pen- 
dant ce  temps  13^;s^47.  —  a  t. 
alors  1003.  —  t.  què^-fsuivi  du 
subj.)  jusqu'à  ce  que  596.  —  t. 
com  aussi  longtemps  que  662.  — 
ne  t.  ne  quant  le  moins  du  monde 
1740;  (avec  la  négation)  nullement 
1532,  rien  1560. 

tantost  aussitôt  5728. 

tapinage.  m.  II.  —  en  t.  en  ca- 
chette 5294. 

tapir  V.  /".  JJJ6  (réfl.)  se  cacher  1052, 
5318. 

tapiz  m.  II  tapis  6116. 

tardif,  ve  tardif  1644. 

targe  f.l  targe  (espèce  de  bouclier) 
5629;  bord  du  bouclier  (?)  4450. 

targier  v.  f.  I tarder  2A\,  199;  (act) 
2288. 

tart.  —  a  t.  2093.  —  estre  t.  (im- 
pers.) tarder  1062.  —  sembler  t. 
idem  9294. 

tas  m.  II  tas.  —  a  t.  en  masse  5673. 

tas  sel  m.  II  frange  751,  4034. 

tasterv.  /!  I  tâtonner  1249 ;  essayer 
8218. 

t  a  V  e  1  m.  II  carreau  73 1 8  ;  carreau 
d'un  échiquier  4031. 

t  e  pron.  pers.  ace.  et  dat.  8525,  8628. 

teche  f.l  mauvaise  qualité  6888. 

tei  forme  tonique  du  pron.  pers.  593. 

teile  fl  toile  4539. 

teindre  v.fo.  II  teindre  477;  chan- 
ger de  couleur  9800.  —  teint  pâle 
9193. 

teint  m.  II  teinture  4451. 

t  e  i  s  e  f.l  toise  4039. 

tel  tel  151,  436;  si  grand  894.  —  tels 
ore  esteit  parfois  870. 

temolte  fl  tumulte  2469,  9276. 

tempeste  f.l  tempête  188. 

temple  m.  II  temple  515,  2133. 


458 


GLOSSAIRE 


temprer  v.  f.I  tremper  4401. 

tenaille  f.I  tenaille  9557. 

tenant.  —  d'un  t.  sans  interruption 
6579. 

t  e  n  ç  0  n  f.II  querelle  110. 

tendre  tendre  2121. 

tendre  v.f.II  tendre  4690. 

tenebros,  e  ténébreux  2311. 

tenir  \k  fo.  III<'  tenir  1238;    avoir 
en  son  pouvoir  1608;  posséder  377 
gouverner  3967,  4129;  retenir  4519 
occuper  4104;   (réfi.)  se  tenir  65 
se  maintenir  5013;  résister  9704 
(impers.)  ne  li  tient  de  ii  we  se 
soticiepas  de  891 3.  —  set. o  se  fenir 
à  149.  —  ta  tenir  pour  5707.  — 
se  t.  por  se  considérer  comme  1585. 

t  e  n  s  m.  II  temps  92.  —  toz  t.  tou- 
jours 323.  —  a  t.  4240.  —  lonc  t. 
1439. 

tenser  v.f.I  défendre  6362. 

tente  fl  tente  916,  7844. 

terbentine  f.I  térébenthine  6474. 

terdre  v.fo.II  essuyer  6384. 

terme  m.  II  tetnps  825;  moment 
1811;  terme,  temps  préfix  170.  — 
mètre  le  t.  fixer  le  temps  132. 

terre  f.I  pjays  3,  394;  terre  221, 
1923. 

terrible  terrible  2422. 

tertre  m.  II  tertre  4316. 

teste  f.I  tête  270. 

tiere  f.  I  rangée  4426. 

tierz,  ce  le  troisième  128.  —  la 
tierce  la  troisième  heure  du  jour 
5449. 

tigre  f.  I  tigre  1801. 

tirer  v.f.I  tirer  5144. 

tistre  v.fll  tisser  4016,  4527. 

tochier  v.f.I  toucher  5225,  5897. 

toi  8720,9873  interj.  tollé! 

tolir  V.  f.  Illa  enlever,  ôter  2528, 
6156. 

tombe  fl  tombe  2159,  7637. 

tombel  m.  II  tombeau  2135,  6491. 

tombe  or  m.  II  jongleur  4781. 

ton  ^ron.  poss.  2.  pers.  594;  nom. 


tes  2306;  /em.  ta  6201;  plur.  tes 
2930. 

toner  v.f.I  tonner  191. 

tonicle  wi.  JJ  tunique  6402. 

top  w.  JI  toupet  4051. 

1 0  p  a  c  e  wi.  JI  topaze  4463. 

tor  /".Il  four  6,  1175. 

tor  m.  II  tour  245,  7148.  —  el  chief 
del  t.  V.  chief. 

tor  m.  II  taureau  395. 

torb  e  f.I  foule  5543. 

torchier  v.f.I  frotter  3547. 

tordre  v.fo.II  tordre  1961. 

torment  m.  II  tourment  2767; 
orage  583,  9991. 

tormente  /".  J  orage  669. 

tornei  m.  JI  combat  à  deux  867, 
6494. 

torneiement  m.  II  combat  4295, 
7215. 

torneierv. /".I  jouter,  se  battre  dans 
un  tournoi  3974. 

torneïz.  —  pont  t.  pont  tournant 
416. 

tornerv.  /".  J  tourner  2680  ;  se  tour- 
ner 8928;  partir  6334;  retourner 
1081;  t.  a  la  fuie  mettre  en  fuite 
9591;  am^-er  276,  2153;  détourner 
7872;  changer  GSb  :,  (réfi.)  s'en  aller 
37;  se  retourner  8415.  —  t.  a  im- 
jjttfer  à  9348. 

torsel  m.  IJ  trousse  4529. 

tort  w.  IJ  iori,  injustice  6062,  6152. 
—  a.  t.  injustement  6033,  8164. 

tost  w^e  74,  277;  bientôt  1553. 

tôt,  e  fottKi;  «ow.  plur.  tuit  1037; 
avec  to  signification  d'un  adv. 
185;  neutre  6;  employé  substan- 
tivement le  tôt  3829.  —  de  t.,  del 
t.  tout  à  fait  266,  1488.  —  o  t., 
a  t.  avec  559.  —  de  tôt  en  tôt 

■     (avec  la  négation)  nullement  1895. 

traïr  v.flll^  trahir  878,  1749. 

traire  v.  fo.  II  tirer  des  flèches 
4866,  7023;  attirer  438;  arriver 
7775;  (réfi.)  se  rendre,  s'avancer 
3595,  6936;   éprouver  9014,   9223. 


GLOSSAIRE 


459 


—  t.  ariere  se  retirer  9679.  —  mal 
t.  avoir  des  revers  1193,  8711; 
souffrir  1338. 

traïson  f.  II  trahison  5,  844. 

trait  m.  II  trait  de  caractère,  parti- 
cularité 8003;  gorgée  3549. 

traitlee  f.  I  portée  d'arc  7287, 
8804. 

traitier  V. /.  J  traiter  1035;  gou- 
verner S18;  instituer,  régler  1835. 

traitiz  long  8468;  bien  fait,  beau 
3989. 

traïtor  m.  III  traître  6155,  8583. 

tram  être  v.  fo.  II  envoyer  593, 
1056. 

transgloter  v.f.I  engloutir  304, 
1313. 

travail  m.  II  peine  204,  2179. 

travaillier  v.f.  I  travailler  2176; 
tourmenter  185,  1232;  souffrir  333, 
3300;  (réfl.)  se  tourmenter  1838. 

travers.  —  de  t.  862,  2151.  —  en 
t.  1791,  4045. 

traverse  f.  I.  —  a  la  t.  en  atta- 
quant par  le  côté  (m.-h.-a.  ze  tre- 
viers)  7126. 

trebuch  m.  II  faux  pas  (?)  1970. 

trebuchance  f.I  défaite  2694.  ' 

trebuchier  v.f.  I  défaire  S4;  ren- 
verser 5900;  s'écrouler  4174. 

trecier  v.f.I  tresser  4010,  4074. 

tref  m.  Il  poutre  258;  pavillon, 
tente  901;  voile  1874. 

treis  trois  106,  752. 

trembler  v.  f.  I  trembler  1233, 
1513. 

trenchant  m.  II  arme  tranchante 
2317. 

trencheïz  m.II  tranchée  415. 

trenchiee  f.I  tranchée  3156. 

trenchier  v.f.  I  couper  399,2316. 

—  trenchant  4475. 
trente  trente  3128. 

trepeil  m.  II  agitation  6837,8930. 
très  prép.  derrière  1034. 
tresgeter    v.  f.  I   sculpter    6433, 
7696. 


tresli  à  mailles  4415,  7055. 

trésor  m.II  trésor  50,  4084. 

t  r  e  s  p  a  s  m.II  trépas  622  ;  passage 
6978. 

trespasser  /'.  J  traverser  2486, 
4099  ;  jj«sser  8898  ;  violer  (une pro- 
messe, un  traité)  1598,  1988. 

trespenser  v.f.I  réfléchir  893 1. 

trespercier  v.f.  I  percer  9099. 

très  (\\\Q  jusqu'à  ce  que  2,  3068. 

tressaillir  v.  f.  III<^  tressaillir 
1233,  7925. 

très  suer  v.  f.  I  transpirer  1960, 
8073. 

t  r  e  s  t  o  r  m.  II  tour  d'adresse,  finesse 
7880. 

trestorner  v.  f.  I  tourner  7133; 
changer  7370. 

trestot,  e  tout  1314,  6055 ;^i.  tres- 
tuit  715. 

treze  treize  5734. 

tribola  V.  DuCange  s.  v.  triblatton 
7459. 

tribler  v.f.I  broyer  7655. 

tributaire  tributaire  9420. 

tricherie  f.I  tromperie  2407. 

triés  derrière  6886. 

trifoire  adj.  ornementé  en  forme 
de  portique  445,  4078,  7571. 

triste  triste  2405. 

tris  t  or  f.II  tristesse  850. 

triue  fl  trêve  869,  6004. 

trobler  v.f  I  troubler  5061,  8231; 
violer  9459. 

trop  trop  680,  2143. 

trosser  v.f.I  charger  3776. 

troter  v.f.I  chevaucher  (dans  un 
sens  obscène)  8594. 

trouer  v.f.I  excaver,  creuser  892. 

trover  v.f.I  trouver  84,  114;  in- 
venter à  plaisir  1831. 

tu  8537. 

tu  en  forme  tonique  du  pron.  pers. 
2.  pers.  2953;  fem.  toe  6207. 

tuer  v.f.I.  —  (réfl.)  de  venir  ivre- 
mort  à  force  de  boire  4901,  4929, 

tus,  tu  les  3835, 


460 


GLOSSAIRE 


u. 

oeim.II  œuf  SOO,  4041. 

oël  en  même  temps  que  2228,  9120. 

oem  V.  orne. 

oés.  —  par  o.  par  nécessité  3044. 
—  &  o.  en  faveur  de,  au  service  de 
4332,  6051.  —  a  mon  o.  à  mon 
égard  8708. 

oevre  f.I  oeuvre  3971,  6441. 

ui,  hui  aujourd'hui  8431. 

uime  huitième  7837. 

uis  m.  II  porte  6273. 

uiserie  f.I  huisserie  512. 

uit  huit  5836. 

uitave  f.I  semaine  10010. 

umain  humain  2516. 

umblement  humblement  2350. 

un,  e  un  252,  6804. 

u  s  m.  II  usage.  —  aveir  en  us  4787. 

user  v.f.I  user  1331. 

y. 

vagier  v.f.I  errer  2491. 
vaillance  f.I  vaillance  3976. 
vaillant  ^réciewx  3939. 
vain,  e  faible  8507.  —  en  v.  7041. 
vair,  e  gris  bleu  450,  6915. 
vairié,  e  bariolé  4027. 
vaissel  m.  II  vase  6469. 
vaissele  f.I  vaisselle  453. 
val  /:  II  vallée  2435;  m.  11  2622, 

8203. 
valeir  v.fo.III<^  valoir  174,4583; 

aider,  être  utile  ITàl. 
val  or  f.  II  valeur  787;    vaillance 

5661. 
vantance  f.  I  vanterie  7212. 
va  s  al  m.  II  vassal,  guerrier  1282, 

1438.   —    employé    adjectivement, 

vaillant  1513. 
vasalage  m.  II  fait  d'armes  16, 

6293;  vaillance  5456,  6162. 
vas  le  t  m.  II  jeune  homme   3565, 

8576. 
vavasor  m.  II  vavasseur  7 263. 
veeir  v.fo.I  voir  346,  1779. 
veer  v.f.I  défendre  4721,  6013. 


veie  f.  I  voie  80,  2226.  —  mètre  a 

la  V.  congédier  6215.  —  mètre  en 

V.  encourager  84S5.  —  totes  veies 

toujours  4578. 
veile  fl  voile  202,  3023. 
veillier  v.fl  veiller  334,  4919. 
veine  f.I  veine  3653. 
V  e  i  n  t  r  e  v.f.II  vaincre,  subjuguer 

1990,  2185. 
veir,  e  juste,  vrai  2884,  3004;  adv. 

en  vérité  1750.  —  penser  v.  137. 

—  par  V.  véritablement  3830. 
veire  adv.  d' affirmation,  en  vérité 

1680;  veire  veir  idem  8561. 
veirement  en  vérité  2089. 
veisdie  f.I  félonie  9009. 
veisin  m.II  voisin  3892. 
vels  du  moins  2056. 
velu,  e  velu  2447,  2565. 
venaison  fil  venaison  1505. 
vendre  v.  f.  II  vendre  394,  450; 

faire  expier  5882. 
vener  v.f.I  chasser  3579. 
veneor  m.II  chasseur  1457. 
veneresse  f.I  chasseuse  1487. 
vengement  m.  II  vengeance  %\\1 . 
vengier,  venchier   v.  f  I  venger 

68,  5422;  (réfi.)  5218. 
venir  v.f.  III<^  venir  417,  2845.  — 

V.    a    (impers.)    on    en    vient    à 

6221. 
venjance  f.I  vengeance  4,  22. 
vent  m.  II  vent  294,  3944. 
venteler  v.f.I  voltiger  au  vent, 

flotter  4278. 
venter  v.f.I  venter  191,  5831. 
ventre  m.  I  ventre  2570. 
ventrière  f.I  ventrière  5334. 
veraiement  vraiment  5166. 
vergier  m.II  verger  4112. 
vergoigne  f.I  honte  7067. 
vergonder  v.  f.  I  deshonorer  1540; 

(réfl.)  rougir  2682. 
vérité  fil  vérité  1010. 
vermeil,  le  rouge  423,  1467. 
vermeillon  m.II  rouge  432. 
verrière  f.I  vitre  6421. 


GLOSSAIRE 


461 


verrine  f.l  vitre  514,  7566. 
vers  prép.   vers  29;    contre  4725; 

envers  566. 
vers  m.  II  vers  8432. 
verser  v.  f.l  tomber  9429.  —  faire 

V.  renverser  5336,  7037. 
vert  vert  4054,  7485. 
verte  f.II  vérité  7404. 
vertiz  /".  JI  colonne  vertébrale  3990. 
vertu  f.  II  vaillance  3927,   5528; 

force  5740,  7048. 
vespre  m.  II  soir  4868. 
vestement  m.  II  vêtement   753, 

6121. 
vestir  v.  f.  IIU  vêter  6121,  8041; 

(réfl.)  se  vêtir  1466. 
V  e  ii  e  f.l  lumière  2389,  6509  ;   vue 

6225.  —  une  veiie  à  longueur  de 

vue,  à  perte  de  vue  {Cp.  une  trai- 

tiee  à  portée  d'arc  8804)  5821.  — 

a  v.  ouvertement  1681. 
viaire  m.  II  visage  8237. 
viande  fl  provisions  4281. 
victoire  f.l  victoire  3926. 
vie  f.l  vie  152,  2429.   —  changier 

la  v.  mourir  7378. 
vieil,  le  vieux  2453;  nom.  vielz  56. 
vieillece  f.l  vieilesse  2405. 
vie  le  f.l  vielle  1148. 
vieltre    m.  II    chien    de    chasse 

1460. 
vif,  ve  vivant  938,  6038.  —  ne  se 

saveir  v.  conseillier  ne  savoir  nul 

conseil  3505,  4983. 
vigne  f.l  vigne  6505. 
vigor  f.II  vigueur  5892. 
vil,  e  bas,  vil,  méprisable  8726. 
vilain  m.  II  paysan  3672,    5372; 

homme  de  basse  condition   1498; 

homme  qui,  n'étant  pas  chevalier, 

ne  s'entend  pas  à  l'amour  cheva- 
leresque 9036. 
vile  f.l  ville  9. 
vilenaille  f.l  canaille  3673. 
vilenie  f.l  vilenie  2902,  8720. 
vilment  vilement  8944. 


viltage  m.  II  vilenie  8722. 
vilté  f.  II  mépris  6313.  —  aveir 

en  V.  mépriser  1361. 
vin  m.  II  vin  88. 
vint  vingt  84,  702. 
violer  v.  f.  I  violer  1308. 
vis  m.  II  avis.    —    ce  est  vis   il 

semble  294,  1486. 
vis  m.  II  figure  1225,  6260.  —  de- 
vant son  V.  devant  ses  yeux  271. 
viser  v.f.l  viser  5428,  7700. 
vit  aille  f.l  vivres  344,  3034. 
vivant.  —  a  mon  v.,  en  mon  v. 

pour  toute  ma  vie  1305. 
vivier  m.  II  étang  411. 
vivre  v.  fo.  II  vivre  356,  1783.  — 

employé  substantivement,  les  vivres 

350. 
yoe  f.  I  du  lat.  vota.  —  maie  v. 

malédiction,  perte  1613. 
voiz  f.  II  voix.  —  a  halte  v.  3619. 
volatil  léger  (?)  6130. 
voldre   v.  fo.  II  garnir,    couvrir 

4033,  7543. 
voleir  v.  fo.  Ilh  vouloir  65,  100. 
vo lente  f  II  volonté  323,    1764; 

plur.  10064. 
volentiers  volontiers  1032,  8882. 
voler  v.f.l  voler  1544. 

V  o  1  s  w.  JI  garniture,  corniche  7572. 
volsure  f.l  voûte  512,  748. 
volte  fl  voûte  536,  6411. 
voltor  m.II  vautour  2741. 
voltrer  v.  f.  I  (réfl.)   se   vautrer 

2037. 
vos  pron.  pers.  2.  pers.  1061. 
vostre  pron.  poss.  2.  pers.    1342; 

pi.  voz  1358,  6729. 
vuel.  —  mon  v.  selon  mon  désir, 

quant  à  moi  6370. 

V  u  i  d  i  e  r  v.f.l  vider  7050. 

W. 

wague  f.l  vague  246. 
w  a  1  c  r  e  r  V.  /".  J  errer,  aller  à  l'aven- 
ture 190. 


Noms  Propres. 


A. 

Acestés  2155,  2237. 
Achatés  2263. 
Achillés  215,  919,  2689. 
Adrastus  2669. 
Agameinnon  2689. 
Aiaus,  Aïaus  920,  2687. 
Albe  2942,  10134. 
Almarie ,    Almeria    en 

Espagne  7439. 
Amphiaraus  2672. 
Anchisés  56,  2826. 
Anna  1905. 
Arannes  4532. 
Arcade  4576. 
Arrons  7139. 
Aventinus  3919,  6023. 

B. 

Bicias  5497. 

C. 

Cacus  4638. 
Calchas  1003. 
Camille  3961. 
Capadoce  3935. 
Capaneus  2672. 
Caro  2441,  2462. 
Cartage  375,  407.     * 
Cerberus  2561,  2587. 
Cesar  Augustus  2965. 
Chastelain,  de  Castille 

6897. 
Chloreus  7161. 
Claudus  3949. 
Creusa  1180. 


Cumain,  de  Cume  2372. 
Cumes  2201,  2256. 
Cupido  8630. 

D. 

Dardanus  40,  1189. 
Daumus  5841. 
Deïphobus  2678. 
Diane  1486,  2738. 
Dido  376,  498;  la  Tiri- 

ane  1621;  la  dame  de 

Cartage  2627. 
la  Discorde  104. 
Drancés  6633. 

E. 

Ecuba  759. 

Elenor  5417. 

Elisiëns    (cbans)    2195, 

2792. 
Eneas    26,    42,    83;    le 

Troïën  1495,  1606. 
Eolus  1016. 
Euander  4575. 
Eurialus  4912. 

F. 

Febus  1499. 
Flegeton  2704. 
Faire,  Furie  1919. 

(J. 

Galaciën,  e  de  la  Oala- 

tie  6116. 
Galessus  3675. 
Ganimedes  9135. 


Grèce  967,  988. 

li  Greu,  Gre  11,  37,  45. 

Grezeis ,     esche    Grec 

(peuple)  1174,  3178; 

(langue)  1159;  (adj.) 

2686. 
Grieis  v.  Grezeis. 

H. 

Hector  237,  2677. 
Heleine  177,  1175. 
Hercules  2284,  2521. 

I. 

lapis  9552. 
Uioneus  561,  3175. 
Ipomedon  2671. 
Itaile  580. 

J. 

Juliiis  2958. 
Juliiis  Cesar  2959. 
Juno  93,  101. 
Jupiter  2319,  3028. 

L. 

Larine  7004. 
Latin  2938,  3277. 
Latin    (peuple)     3952; 

(langue)  8778. 
Laurente  3124,  3170. 
Lausus  3913. 
Lavinia    2937;    Lavine 

3232. 
Lethes  2504. 
Libe  271,  276. 


GLOSSAIRE 


463 


Libican,  e  Lybien  414, 

1622. 
Liens  5417. 

Lombardie  1761,   1836. 
L.  la  Maior  341. 

M. 

Mars  4356. 
Menelaus  1,  22. 
Mesapus  3931. 
Mesencius  3909. 
Minos  2615. 
Montalban  4286. 

N. 
Naples  3953. 
Naptanabus  9496. 
Neptun  3932. 

Nisus  4909. 

0. 

Orpheiis  2283. 
Orsilocus  7000. 

P. 

Palantee  4590. 
Palestine  3930. 
Palladem.  II  Palladium 

1086. 
Pallas  (lefilsd'Euander) 

4654,  4699. 
Pal  las    (Mine')  ve)    101, 

146. 


Pandarus  5496. 
Paris  97,  116. 
Partenopeus  2671. 
Piritoiis  2526. 
Pluto  2380. 
Polinicés  2670. 
Prenestine  3929. 
Priam  19;  Priamus  237. 
Proserpine  2381. 
Protheselaus  2688, 4271. 
li  Puillain  3952  (les  habi- 
tant d'Apulie). 

R. 

Radamantus  2729. 
Rannes  5055. 
Rome  527,  542. 
Romulus,  beau-frère  de 

Turnus  5454. 
Romulus  2957. 

S. 
li  Sabarin  3951, 
li  Sabiën  3950. 
Salemon  4076. 
Salerne  3953. 
Sebilla,    Sibilla    2199, 

2258. 
Sicane  6578. 
Sichains  porz  1 195, 2 1 53. 
Sicheiis  383,  1292. 
Silvia  3531. 
Silviiis  2940. 


Silvius  Eneas  2947. 
Synon  1152. 

T. 

Tantalus  2747. 
Tarcon  7061. 
Tarpee  7130. 
Teivre  3029,  3099. 
Tessaile  6118. 
Theseus  2284,  2525. 
Thesiphone  2727. 
Ticiiis  2739. 
Tydeiis  2670. 
Tire  382,  1291. 
Tiriën,  Tirian,  e  de  Tyre 

635,  1485. —  HT.  635, 

789. 
Tirus  3527. 
Titidcs  216,  1094. 
Toscane  6577. 
Troie  1,  41. 
Troïën,  de  Troie  2157. 

—  li  T.  34,  566. 
Turnus  3236,  3328. 

U. 

Ulixés,  Ulissés  920,  972. 

V. 

Venus  32,  102. 
Volcens  5094. 
Volterne  3954. 
Vulcan  4302. 
Vulcane  3960. 


Errata. 


V.  37  l.  Gre  {leçon  de  A).  v.  1352 

„  38  „  de  {aussi  aux  vers 'SS9,  1657,      „  1372 

2232)  (leçon  de  A). 

„  103  l.  au  lieu  de  (;)  mettez  (.).            „  1376 

„  104  „  au  lieu  de  (.)  mettez  (;). 

„  180  „  icels  et  Troie.  „  1418 

„  264  „  jors   {aussi  aux  vers  2218,       „  1450 

7742).  „  1474 

„  272  „  se    {aussi    aux    vers  1354, 

2700).  „  1494 

„  2^7  „  bisches  {aussi  aux  vers  429,      „  1504 

3585).  „  1545 

„  319  ,  biffez  (,).  „  1547 

„  366  „  boschages.  „  1551 

„  367  „  om.  „  1552 

„  383  „  nom.  „  1601 

„  417  „  anceis.  „  1602 

„  451  „  coites  {aussi  7451,  7453).  „  1611 

„  557  „  .  .  .  dreit  „  1632 

sus  e.  c.  „  1698 

astrent.  „  1704 

s'en  fin.  „  1721 

644  „  si  (leçon  de  A).  „  1791 

728  „  eirrë.  „  1801 

733  „  l'i. 

762  „  acompli.  „  1812 

897,  915,  968  L  sans  (,).  „  1960 

996  l.  l'i.  „  1970 

1004  l  enorez.  „  1995 

1019  „  un.  „  2141 

1026  „  (.)  au  lieu  de  (,).  „  2314 
1029  „  (,)    „       „•    „    (.). 

1053  „  voldrent.  „  2409 

1072  „  sans  (,)  après  11.  „  2443 

li  P.  „  2573 

lai   enz   {aussi   aux   vers      „  2585 

1126,   1131,  1944).  „  2654 

Li  Pallades.  „  2695 
a  traire. 
„  1146  „  granz. 

„  1285  „  sans  (,).  „  2776 

„  1351   „  (;)  au  lieu  de  (,).  •  „  2915 


567 
628 


1086 
1119 

1125 
1135 


(,)  au  lieu  de  (;). 
(?)  après  veintre.    Suppri- 
mez le  (;). 

eshalciee   {aussi  aux  vers 
2190,  2952,  2988). 
asalt. 
on. 

or    freis   {aussi   avac   vers 
4082,  4467,  6119,  6398). 
(.)  au  lieu  de  (;). 
Errant. 
(,)  au  lieu  de  (;). 


(;) 
(,) 
(.) 
(,) 
(;) 


(;)• 
(;)• 


li. 

(0  „     .     .  (•). 

(!)    „       „      „    (?)• 

cui. 

vostre. 

reguarde. 

boschages  {aussi  au  vers 

3539). 

fléchir. 

refreidir. 

trebuch  {leçon  de  A.) 

valt  {leçon  de  AG). 

meillor. 

raim  {aussi  aux  vers  2327, 

2329). 

feintiez. 

regrouiz. 

graisle  {aussi  au  vers  4835). 

ço. 

foïe. 

foïr  {aussi  37 14, 4249,  4848, 

4874,     5111,     6739,     7060, 

7352). 

definemenz. 

kis. 


ERRATA 


465 


V.  2940 
„  3096 
„  3193 

„  3357 
„  3767 
„  3810 
,  4023 
„  4035 
„  4040 
„  4076, 
„  4061 
„  4177 
„  4211 
„  4326 
„  4352 
„  4426 
„  4460 
„  4475 
„  4493 
„  4571 
„  4590 
„  4781 
„  4866 
„  4949, 
„  5006 
„  5025 
„  5080, 
,  5191, 
„  5688 
„  5751 
„  5766 
„  5836, 
„  5950 
„  5984 
„  6043 
„  6067 
„  6142 
r,  6217 
„  6305 
„  5396 
„  6402 
„  6445 


l  Silviiis. 

„  prospre. 

,  reniés  {aussi  aux  vers  3195, 

5626). 
,  maltalent. 
„  desfait. 
„  cez. 
„  sorceinte. 
„  orles. 

„  . . .  sont  que,  se  . .  . 
6441  l.  oevre. 
l.  desoz. 
„  acbata. 
„  merveilles. 
„  mettez  (;). 
„  qu'entr'els. 
„  par  tieres. 
„  molt. 
„  trenchanz. 
,  faiseit. 
,  raençon. 
„  Polantee. 
„  se  {leçon  de  A). 
,  a  traire. 
4968  l.  çai  enz. 
l.  plaissiee. 

„  .  .  .  1.  n.,  k.  a  m.  1.  f.  b.  ; 
7489  l.  soef. 
f>213  „  donzel. 
,  fier. 
„  sengloti. 
„  enchastoné. 
6096  l  uit. 


buen. 

l'en  bat. 

sepelir. 

d'anbesdeus. 

segurement. 

liue. 

reialme. 

sandaires. 

tonicle. 

piler. 


V.  6464 
„  6478 
„  6650 
„  6784 
„  7051 
„  7055 
„  7221 
„  7341 
„  7459 
„  7460 
„  7461 
„  7480 
,  7543 
„  7622 
„  7626 
,  7957 
„  8084 
„  8114 
„  8318 
„  8372 
„  8578 
„  8585 
„  9950 


l.  sozlevee. 

„  fistre. 

„  mettez  (,). 

„  losenge. 

„  font. 

„  espié. 

„  muëe. 

„  som. 

,  paile. 

„  que. 

„  de  desus. 

„  covertor. 

„  en  c.  e.,  v.  a.  a  a.,  t.  r. 

„  desor. 

„  dejus. 

„  tôt  s. 

„  sorprise. 

„  manaie. 

„  corroz. 

„  j'aveie. 

„  freise. 

„  godel. 

„  donzele. 


A  corriger  oë  au  lieu  de  oe  1582,  ce 
au  lieu,  de  oë  avac  vers  3889,  4091, 
4093,  4289,  4480,  4557,  4596,  4620, 
4649,  4650,  4785,  4786,  4788,  5011, 
5294. 

mesler  avac  vers  977,  1046,  2446, 
3509;  meslee  3632,  3677,  4798, 
5636;  entremesler  3995;  vaslet 
3565,  3575;  esforz  5262,  5525, 
5944,  6080;  esfort  2149;  esfrei 
5933;  esfreer  6990,  7354,  7502, 
7523. 


A  ajouter  au  Glossaire: 
ai  m  m.  Il  hameçon  9948. 
fistre  m.  II  tuyau  6478. 
malvaisement  honteusement 
7180;  mul  6748. 


Halle,  Drnck  von  Ehrbardt  Karras. 


m 


403 


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